Poser correctement la question

Le calendrier exclusivement lunaire est pratiqué par la grande majorité du monde musulman. Ses défenseurs s'appuient sur trois versets coraniques. Cette étude les examine un à un, avec la même méthode appliquée à tous les textes sur islamducoran.fr : ce que le verset dit, ce qu'il ne dit pas, et si l'inférence qu'on en tire est exigée par le texte ou ajoutée par le lecteur.

La question n'est pas : « Qui a raison ? » La question est : « Que dit le texte — et seulement lui ? »

Nous poserons également l'argument positif : les versets que le lunaire pur ne peut pas rendre compte, et une analogie méthodologique depuis un autre débat coranique — celui du ribā — qui éclaire la même erreur herméneutique.

Section I · Les cinq versets que le texte pose

Avant d’examiner les objections, il faut poser l’ensemble du corpus coranique sur le temps. Ces cinq versets doivent être lus ensemble — aucune position calendaire n’est cohérente si elle en exclut certains.

Sourate Al-Baqara · 2:189 — Les croissants comme indicateurs
يَسْأَلُونَكَ عَنِ الْأَهِلَّةِ ۖ قُلْ هِيَ مَوَاقِيتُ لِلنَّاسِ وَالْحَجِّ
yasʾalūnaka ʿani l-ahillati · qul · hiya mawāqītu li-n-nāsi wa-l-ḥajji Ils t’interrogent sur les croissants de lune. Dis : ce sont des indicateurs de temps précis pour les hommes et pour le Pèlerinage.
Sourate At-Tawba · 9:36 — Le nombre douze
إِنَّ عِدَّةَ الشُّهُورِ عِندَ اللَّهِ اثْنَا عَشَرَ شَهْرًا فِي كِتَابِ اللَّهِ يَوْمَ خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ مِنْهَا أَرْبَعَةٌ حُرُمٌ ۚ ذَٰلِكَ الدِّينُ الْقَيِّمُ
inna ʿiddata l-shuhūri ʿinda llāhi ithnā ʿashara shahran · fī kitābi llāhi yawma khalaqa l-samāwāti wa-l-arḍa · minhā arbaʿatun ḥurum · dhālika l-dīnu l-qayyimu Le nombre des mois, auprès d’Allaah, est de douze mois, inscrit dans le Livre d’Allaah le jour où Il créa les cieux et la terre. Parmi eux, quatre sont sacrés. Tel est l’ordre droit.
Sourate At-Tawba · 9:37 — Ce qu'est le nasīʾ
إِنَّمَا النَّسِيءُ زِيَادَةٌ فِي الْكُفْرِ ۖ يُضَلُّ بِهِ الَّذِينَ كَفَرُوا يُحِلُّونَهُ عَامًا وَيُحَرِّمُونَهُ عَامًا لِّيُوَاطِئُوا عِدَّةَ مَا حَرَّمَ اللَّهُ فَيُحِلُّوا مَا حَرَّمَ اللَّهُ
innamā l-nasīʾu ziyādatun fi-l-kufri · yuḍallu bihi lladhīna kafarū · yuḥillūnahu ʿāman wa-yuḥarrimūnahu ʿāman · li-yuwāṭiʾū ʿiddata mā ḥarrama llāhu · fa-yuḥillū mā ḥarrama llāhu En vérité, le nasīʾ n’est qu’un surplus de kufr par lequel sont égarés ceux qui font le kufr : ils le déclarent licite une année et illicite une autre afin de faire artificiellement coïncider le nombre de ce qu’Allaah a déclaré sacré et ainsi rendre licite ce qu’Allaah a interdit.
Sourate Yūnus · 10:5 — Le soleil et la lune pour les années
هُوَ الَّذِي جَعَلَ الشَّمْسَ ضِيَاءً وَالْقَمَرَ نُورًا وَقَدَّرَهُ مَنَازِلَ لِتَعْلَمُوا عَدَدَ السِّنِينَ وَالْحِسَابَ
huwa lladhī jaʿala l-shamsa ḍiyāʾan wa-l-qamara nūran wa-qaddarahu manāzila · li-taʿlamū ʿadada l-sinīna wa-l-ḥisāba C’est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il lui a assigné des étapes afin que vous connaissiez le nombre des années et le calcul.
Sourate Ar-Raḥmān · 55:5 et Sourate Al-Anʿām · 6:96 — Un seul calcul pour les deux astres
الشَّمْسُ وَالْقَمَرُ بِحُسْبَانٍ
al-shamsu wa-l-qamaru** bi-**ḥusbānin Le soleil et la lune suivent un calcul précis.
Ce que ces versets disent / ne disent pas

Ce qu'ils disent : Les croissants (ahilla) délimitent les temps — 2:189 · Le nombre des mois est douze — 9:36 · Quatre mois sont sacrés et inviolables — 9:36 · Le nasīʾ est un excès de kufr — 9:37 · Le soleil et la lune ensemble servent à connaître les années et le calcul — 10:5 · Soleil et lune fonctionnent dans un ḥusbān unique — 55:5 · 6:96

Ce qu'ils ne disent pas : Aucun ne prescrit un calendrier exclusivement lunaire · Aucun ne dit que le soleil n'a pas de rôle calendaire · Aucun ne définit le nasīʾ comme « tout ancrage solaire ».

Section II · Objection 1 · S.9:36 : « le Coran dit douze mois »

Objection formulée

« Le Coran déclare que le nombre des mois est douze. Le calendrier lunaire a exactement douze mois par année. Tout système qui ne garantit pas douze mois par année viole ce verset. »

Note lexicale · Racine ع-د-د — عِدَّة

Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) : racine ʿ-d-d — dénombrer, compter avec exactitude. ʿIdda est le décompte précis, le nombre fixé. L'affirmation de S.9:36 est catégorique : ce nombre est douze — ni onze, ni treize. Ce nombre est qualifié de fī kitābi llāhi yawma khalaqa l-samāwāti wa-l-arḍainscrit dans le Livre d'Allaah dès la Création. Ce n'est pas une convention humaine : c'est une donnée cosmologique antérieure à l'humanité.

La confusion logique à l’œuvre confond deux propositions distinctes :

Proposition Statut textuel Note
A. Le nombre des mois est douze Dit textuel — S.9:36 Incontestable
B. Ces douze mois doivent être exclusivement lunaires Non-dit — absent du texte Ajout au verset
C. Tout système luni-solaire crée un 13ᵉ mois Faux en fait Confusion de méthodes

Réponse textuelle : Un système luni-solaire peut compter exactement douze mois par année — de Muḥarram à Dhū l-Ḥijja. Il ne crée jamais de treizième mois. Il détermine lequel des douze croissants constitue le début de Ramaḍān, par ancrage au solstice — mais le compte de douze est rigoureusement respecté. Le verset dit que le nombre est douze. Il ne dit pas que ce décompte implique une dérive annuelle des saisons. Ces deux affirmations sont indépendantes.

Verdict

S.9:36 ne prescrit pas le calendrier lunaire pur. Il prescrit le nombre douze. Un système luni-solaire maintenant exactement douze mois respecte S.9:36 aussi bien que le lunaire pur.

Section III · Objection 2 · S.9:37 : « le nasīʾ interdit tout ancrage solaire »

Objection formulée

« Le Coran condamne le nasīʾ comme un surplus de mécréance. Toute tentative d'ancrer le calendrier dans les saisons — y compris un ancrage solsticial — est un nasīʾ. Donc tout ancrage solaire est condamné par S.9:37. »

Ce verset ne condamne pas une catégorie abstraite. Il décrit une pratique précise avec quatre marqueurs structurels. Chaque marqueur doit être lu.

Marqueur 1 — يُحِلُّونَهُ عَامًا وَيُحَرِّمُونَهُ عَامًا

yuḥillūnahu ʿāman wa-yuḥarrimūnahu ʿāmanils le déclarent licite une année et illicite une autre. ʿĀman … ʿāman : la structure répétée signale une alternance arbitraire et irrégulière. Non un système prévisible — une décision changeante d’une année à l’autre, sans règle fixe.

Marqueur 2 — لِّيُوَاطِئُوا — Racine و-ط-أ, Forme III

li-yuwāṭiʾū — la lām indique la finalité intentionnelle. La Forme III porte une valeur de concertation active : ils agissent délibérément pour faire paraître respecté ce qui est violé. L’intention frauduleuse est textuelle, non inférée. Le verset ne décrit pas une erreur — il décrit une tromperie délibérée.

Marqueur 3 — L’objet ciblé : عِدَّةَ مَا حَرَّمَ اللَّهُ

ʿiddata mā ḥarrama llāhule décompte de ce qu’Allaah a déclaré sacré. L’objet du nasīʾ est précis : les arbaʿa ḥurum — les quatre mois sacrés. Le nasīʾ ne cible pas le calendrier en général — il manipule spécifiquement les mois sacrés pour profaner ce qu’Allaah a interdit.

Marqueur 4 — Le résultat : فَيُحِلُّوا مَا حَرَّمَ اللَّهُ

fa-yuḥillū mā ḥarrama llāhuet ainsi rendre licite ce qu’Allaah a interdit. La fāʾ de conséquence établit que le but du nasīʾ est la profanation. Ce n’est pas un ajustement technique — c’est une transgression volontaire du sacré.

Tableau de confrontation :

Critère textuel du nasīʾ Nasīʾ tribal (visé par le verset) Ancrage solsticial régulier
Arbitraire — ʿāman … ʿāman Oui — décision ad hoc Non — repère astronomique fixe
Irrégulier — imprévisible Oui — variable selon les tribus Non — prévisible à l’avance
Intention frauduleuse — li-yuwāṭiʾū Oui — tromperie délibérée Non — transparence totale
Ciblage des mois sacrés — mā ḥarrama llāhu Oui — but : profaner les ḥurum Non — les ḥurum sont intacts
But : rendre licite l’interdit Oui — guerre pendant les ḥurum Non — aucun interdit profané
Verdict

S.9:37 est l'argument le plus invoqué contre le calendrier luni-solaire. Il est aussi le moins fondé philologiquement — car le texte décrit une pratique définie par ses quatre critères, et un système d'ancrage astronomique régulier n'en satisfait aucun. L'ancrage solsticial régulier ne répond à aucun des quatre critères que le texte de S.9:37 attribue au nasīʾ. Appliquer le terme nasīʾ à ce système, c'est extraire une règle générale que le texte ne formule pas.

Section IV · Objection 3 · S.2:189 : « seule la lune est mentionnée »

Objection formulée

« En S.2:189, le Coran désigne les ahilla — les croissants lunaires — comme les mawāqīt. La lune est l'unique indicateur temporel. Le soleil n'est pas mentionné dans ce verset. Donc seul le lunaire est conforme. »

Note lexicale — الأَهِلَّة · مَوَاقِيت

Al-ahilla : pluriel brisé de hilāl — le croissant lunaire visible à l'œil nu. Ibn Fāris : racine h-l-l — briller soudainement, crier de joie. Le terme désigne précisément la lune observable, non la nouvelle lune astronomique (invisible).

Mawāqīt : pluriel de mīqāt — délimiteur de temps précis, jalon fixé. Racine w-q-t : limiter dans le temps avec exactitude. Ce terme est fort : il dit que les croissants délimitent précisément le temps — pour les hommes en général et pour le Pèlerinage en particulier.

Que S.2:189 désigne les ahilla comme mawāqīt est un dit textuel incontestable. Que ce verset exclue toute fonction calendaire du soleil est une inférence que le texte ne soutient pas.

Pourquoi ? Parce que S.2:189 coexiste dans le même Coran avec S.10:5, S.55:5 et S.6:96 — trois versets qui mentionnent explicitement le soleil et la lune ensemble comme instruments de calcul du temps et des sinīn. Lire S.2:189 comme excluant le soleil, c’est lire ce verset à la place des trois autres au lieu de le lire avec eux. Or la méthode tadabbur exige de lire le Coran dans son intégralité sans mettre certains versets en concurrence avec d’autres.

Verdict

S.2:189 est parfaitement compatible avec un calendrier luni-solaire — les ahilla délimitent les mois, et le soleil (solstice) fournit l'ancrage annuel. S.2:189 établit que les croissants lunaires délimitent les temps. Ce dit est réel. Il ne dit pas que le soleil n'a aucun rôle. Ce non-dit est tout aussi réel.

Section V · L’argument positif

Les trois objections précédentes montrent que le calendrier lunaire pur ne peut pas tirer du texte ce qu’il lui fait dire. Mais il y a plus : il y a des versets que le lunaire pur ne peut tout simplement pas rendre compte.

La structure grammaticale de S.10:5

Note lexicale · سِنِين — Racine س-ن-و

Sinīn : pluriel de sana. Ibn Fāris : racine s-n-w — le cycle complet, la révolution entière. Dans l'usage classique, sana désigne préférentiellement l'année solaire, par distinction avec ʿām (عام) qui est plus générique. Ibn Manẓūr (Lisān al-ʿArab) confirme : al-sana est lié au parcours du soleil.

Conséquence directe : le verset dit que le soleil et la lune servent à connaître les sinīn — les années solaires. Si seule la lune importait pour connaître les années, pourquoi le soleil est-il mentionné en premier ? La présence du soleil dans ce verset n'est pas ornementale : elle est fonctionnelle.

Structure grammaticale de S.55:5 : sujet double, prédicat unique

Al-shamsu wa-l-qamaru : sujet double — le soleil et la lune. Bi-ḥusbānin : prédicat unique — un seul ḥusbān (calcul précis). En arabe, un sujet double avec prédicat unique affirme que les deux entités partagent la même réalité désignée par le prédicat. Ici : soleil et lune forment ensemble un seul système de calcul. Ce ne sont pas deux systèmes parallèles — c’est un seul ḥusbān qui les inclut tous les deux. S.6:96 répète la même structure et la qualifie de taqdir al-ʿazīz al-ʿalīm : le décret précis du Puissant, du Savant.

Ce que le lunaire pur ne peut pas rendre compte

Si le calendrier exclusivement lunaire était la prescription coranique, pourquoi le Coran mentionne-t-il le soleil trois fois dans des contextes de computation temporelle (10:5 · 55:5 · 6:96) ? Le lunaire pur n'a pas de réponse à cette question — il doit traiter ces trois versets comme rhétoriques ou ornementaux. Mais notre méthode interdit d'effacer un dit textuel au profit d'une position préétablie. Un système luni-solaire réalise littéralement ce que ces versets décrivent : le soleil pour l'ancrage annuel (sinīn), la lune pour le découpage mensuel (ahilla). Les deux astres, dans un seul ḥusbān.

Section VI · Analogie méthodologique — Le même mécanisme d’erreur : le ribā (S.3:130)

L’erreur herméneutique commise avec S.9:37 n’est pas isolée. Elle se retrouve à l’identique dans le débat sur le ribā. L’analogie est pédagogique — elle permet de voir le mécanisme d’erreur de façon indépendante, puis de le reconnaître dans le débat calendaire.

Sourate Āl ʿImrān · 3:130 — Le ribā condamné
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَأْكُلُوا الرِّبَا أَضْعَافًا مُّضَاعَفَةً ۖ وَاتَّقُوا اللَّهَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ
yā ayyuhā lladhīna āmanū lā taʾkulū l-ribā · aḍʿāfan muḍāʿafatan · wa-ttaqū llāha laʿallakum tufliḥūna Ô vous qui croyez, ne consommez pas le ribā multiplié et cumulé et prémunissez-vous d’Allaah afin que vous réussissiez.
Note lexicale · أَضْعَافًا مُّضَاعَفَةً — Double structure morphologique

Premier mot : aḍʿāfan — Pluriel brisé de ḍiʿf (racine ض-ع-ف). Ibn Fāris : al-mithl wa-l-quwwa — l'équivalent redoublé. La règle grammaticale du pluriel brisé arabe est que le jamʿ commence à trois. Aḍʿāfan signifie donc : au moins trois doublements.

Second mot : muḍāʿafatan — Participe passif de la Forme III. La Forme III porte une valeur intensive et répétitive. Ce qualificatif précise comment les doublements s'organisent : non pas additifs, mais compoundés — chaque doublement s'applique au résultat du précédent.

Lecture Valeur de ḍiʿf Mode de cumul Sur 100 prêtés Taux net
A — additive +1 équivalent 3 ajouts successifs 100 + 100 + 100 + 100 = 400 ≥ +300%
B — multiplicative ×2 compoundé 3 doublements compoundés 100 → ×2 → ×2 → ×2 = 800 ≥ +700%
Ce que le texte ne dit pas

Délimiter ce qui est condamné dans ce verset ne revient pas à autoriser ce qui est hors de son champ. Ce verset (3:130) ne condamne pas tout intérêt, quelle que soit sa valeur — mais il ne dit pas non plus que le ribā en dessous de ce seuil est permis. Le silence de 3:130 sur les taux faibles est un non-dit — non une permission. D'autres versets du corpus (2:275–280) traitent du ribā en termes plus larges. On s'arrête là où le texte s'arrête.

Analogie — Le même mécanisme d'erreur

Dans le débat du ribā, certains lisent S.3:130 comme interdisant tout intérêt bancaire, même minime. Or le texte dit aḍʿāfan muḍāʿafatan — une multiplication extrême, répétée et compoundée. Le passage de « multiplication extrême condamnée » à « tout intérêt interdit » est une généralisation que le texte ne soutient pas.

Dans le débat du nasīʾ, certains lisent S.9:37 comme interdisant tout ancrage solaire du calendrier. Or le texte décrit une pratique arbitraire, frauduleuse, irrégulière, ciblant les mois sacrés à des fins de profanation. Le passage de « cette pratique frauduleuse condamnée » à « tout ancrage solaire interdit » est la même généralisation abusive.

Dans les deux cas, l'erreur est identique : extraire du texte une règle générale et absolue, là où le texte condamne une forme précise et qualifiée d'une pratique. Notre méthode nomme cela : ajouter au texte ce qu'il ne dit pas.

Verdict · Cartographie du dit et du non-dit

Verset Ce que le texte dit Ce que le texte ne dit pas
S.9:36 Le nombre des mois est douze — inscrit dans la Création Que ces douze mois doivent être exclusivement lunaires
S.9:37 Le nasīʾ est arbitraire, frauduleux, ciblant les ḥurum à fins de profanation Que tout ancrage solaire régulier est un nasīʾ
S.2:189 Les croissants délimitent les temps et le Pèlerinage Que le soleil n’a aucun rôle calendaire
S.10:5 Le soleil et la lune ensemble servent à connaître les sinīn et le ḥisāb Que l’un des deux est superflu pour ce calcul
S.55:5 · S.6:96 Soleil et lune fonctionnent dans un ḥusbān unique — taqdir d’Allaah Que ce système est exclusivement lunaire
Ce que le texte coranique permet de dire

Le calendrier lunaire pur satisfait S.2:189 et S.9:36 partiellement : il utilise les croissants et compte douze mois. Mais il ne peut pas rendre compte de S.10:5, S.55:5 et S.6:96 sans traiter la mention du soleil comme ornementale, ce que la méthode interdit.

Ce que le texte coranique ne permet pas de dire

Que le calendrier lunaire pur est prescrit par le Coran. Cette prescription n'est pas dans le texte. Pas plus que le calendrier luni-solaire n'est explicitement prescrit : il s'agit d'une déduction cohérente, non d'une injonction directe.

Ce que le texte permet de conclure

Les arguments coraniques invoqués pour condamner tout ancrage solaire ne tiennent pas à l'examen morphologique et syntaxique du texte. Aucun verset ne condamne un ancrage astronomique régulier, transparent et non manipulable. Trois versets mentionnent explicitement le soleil et la lune ensemble comme instruments de la computation du temps.