Question de méthode

La formule لَا أُقْسِمُ (lā uqsimu) est traduite quasi-unanimement par « Non ! Je jure par… ». Cette étude examine si cette lecture est cohérente avec le texte coranique lui-même — sans recours à aucun tafsīr, aucun ḥadīth, aucune école juridique.


I · La grammaire du — fonctions attestées en arabe classique

La séquence lā uqsimu bi contient devant un verbe à l’indicatif (marfūʿ). En arabe classique, peut exercer quatre fonctions :

Fonction Forme verbale Sens Applicable ici ?
Lā nafiyya — négation indicatif « ne jure pas » Grammaticalement possible
Lā nāhiyya — interdiction jussif (majzūm) « n’ois pas ! » Exclu — verbe au jussif requis
Réponse isolée « Non ! » indépendant réfutation + phrase nouvelle Grammaticalement possible
Lā tawkīdiyya — renforcement indicatif renforce l’affirmation Attestée en grammaire classique

La grammaire seule ne tranche pas. C’est le contexte textuel et intra-coranique qui doit décider.


II · Lecture A — négation du serment

La lecture A prend dans sa fonction primaire : lā uqsimu bi X = « Je ne jure pas par X ».

Argument rhétorique pour la lecture A : en poésie arabe classique, nier le serment peut être une figure de surenchère — « même X ne suffit pas comme garant, tant ce qui suit est évident ».

Argument textuel décisif · S.56:75–76

Après fa-lā uqsimu bi-mawāqiʿi n-nujūm (S.56:75), le verset suivant dit : وَإِنَّهُۥ لَقَسَمٌ لَّوْ تَعْلَمُونَ عَظِيمٌwa-innahu la-qasamun law taʿlamūna ʿaẓīm — « et c’est là un qasam d’une portée immense, si seulement vous saviez ». Le texte nomme lui-même l’acte accompli en S.56:75 un qasam. Si lā uqsimu signifiait « je ne jure pas », ce verset contiendrait une contradiction interne immédiate. C’est dans le dit — non une inférence.

Non-dit

Le Coran ne formule nulle part une interdiction de jurer par les entités invoquées dans ces passages. La lecture A comme surenchère rhétorique est une inférence — non un dit.


III · Lecture B — renforcement ou réfutation isolée

Variante B1 — lā tawkīdiyya (renforcement)

Le annonce l’acte avec force, sans le nier. Séquence : « Qu’X en témoigne — et c’est un témoignage immense. » Soutenue par S.56:76 qui confirme que l’acte est un qasam.

Honnêteté sur la *lā zāʾida*

Qualifier un terme de zāʾid (surnuméraire, sans effet de sens) est un aveu d’analyse incomplète. La désignation tawkīdiyya est plus honnête : elle attribue une fonction rhétorique réelle au terme — renforcement, non absence de sens.

Variante B2 — comme réfutation isolée (« Non ! »)

Dans cette lecture, réfute une affirmation implicite du verset précédent — un radd. La séquence : « Non [tu as tort] ! — Qu’X en témoigne. » Cette variante est testée exhaustivement dans la section suivante.

Dit — structure grammaticale constante

Dans les quatre occurrences de lā uqsimu bi X, la structure qui suit est celle d’un jawāb al-qasam complet — la proposition affirmée après un serment. L’appareil grammatical du serment est présent dans les quatre cas.


IV · Le problème du découpage — le appartient-il au verset précédent ?

La variante B2 traite le comme une réfutation du verset précédent placée en tête du verset suivant. Cela soulève une question légitime : y aurait-il un problème de marqueur de fin de verset — un découpage artificiel qui aurait séparé du verset auquel il répond ?

Méthode : rattacher systématiquement le au verset précédent dans chacune des quatre occurrences et vérifier la cohérence sémantique et syntaxique.

Occurrence 1 — S.56:74–75 · La fāʾ exclut la réfutation

S.56:74 → S.56:75
فَسَبِّحْ بِٱسْمِ رَبِّكَ ٱلْعَظِيمِ ۝ فَلَا أُقْسِمُ بِمَوَٰقِعِ ٱلنُّجُومِ
Fa-sabbiḥ bi-smi rabbika l-ʿaẓīm · fa-lā uqsimu bi-mawāqiʿi n-nujūm Exprime le tasbīḥ par le nom de ton Seigneur, Ce qui est d’une portée immense — [et que les positions des astres en témoignent —]

S.56:74 est une injonction positive : fa-sabbiḥ. Le fa initial de S.56:75 est une fāʾ de suite — non un marqueur de réfutation. On ne réfute pas une injonction par « Non ! » suivi d’une fāʾ de suite.

Dit

Le rattachement du au verset précédent en S.56 est sémantiquement incohérent. La fāʾ de suite qui précède exclut la lecture réfutation.

Occurrence 2 — S.74:56 → S.75:1 · Frontière de sourate infranchissable

S.74:56 (fin de sourate) → S.75:1 (début de sourate)
هُوَ أَهْلُ ٱلتَّقْوَىٰ وَأَهْلُ ٱلْمَغْفِرَةِ ۝ لَا أُقْسِمُ بِيَوْمِ ٱلْقِيَٰمَةِ
Huwa ahlu t-taqwā wa-ahlu l-maghfira · Lā uqsimu bi-yawmi l-qiyāma Ce qui est digne de la crainte révérencielle et digne du pardon. [S.75:1 — nouvelle sourate — Que le Jour de la résurrection en témoigne —]

S.75:1 commence une nouvelle sourate. Rattacher le au dernier verset de S.74 exigerait de traverser une frontière de sourate que rien dans le texte n’autorise.

Occurrence 3 — S.84:15–16 · La réfutation est déjà dans le texte par balā

S.84:14–16
إِنَّهُۥ ظَنَّ أَن لَّن يَحُورَ ۝ بَلَىٰٓ إِنَّ رَبَّهُۥ كَانَ بِهِۦ بَصِيرًا ۝ فَلَا أُقْسِمُ بِٱلشَّفَقِ
Innahu ẓanna an lan yaḥūr · balā — inna rabbahu kāna bihi baṣīrā · fa-lā uqsimu bi-sh-shafaq Il a cru qu’il ne retournerait jamais vers Allaah — Bien au contraire — son Seigneur le voyait sans ignorance. [Et que l’aurore du crépuscule en témoigne —]

S.84:15 contient déjà une réfutation explicite par balā. La réfutation est dans le texte, nommée par le texte. Le fa-lā de S.84:16 vient après cette réfutation, introduit par une fāʾ de suite.

Dit

Le de S.84:16 ne peut pas être une deuxième réfutation — elle est déjà accomplie en S.84:15 par balā. La fāʾ de suite qui suit balā indique une conséquence, non un retournement.

Occurrence 4 — S.89:30 → S.90:1 · Frontière de sourate infranchissable

S.89:30 (fin de sourate) → S.90:1 (début de sourate)
وَٱدْخُلِى جَنَّتِى ۝ لَا أُقْسِمُ بِهَٰذَا ٱلْبَلَدِ
Wa-dkhulī jannatī · Lā uqsimu bi-hādhā l-balad Entre dans Mon jardin. [S.90:1 — nouvelle sourate — Que cette cité en témoigne —]

Même configuration qu’en S.75 : frontière de sourate infranchissable.

Bilan du test de découpage — résultat exhaustif

Sur les quatre occurrences de lā uqsimu : S.56:75 — la fāʾ de suite exclut la réfutation. S.75:1 — frontière de sourate infranchissable. S.84:16 — réfutation déjà accomplie par balā + fāʾ de suite. S.90:1 — frontière de sourate infranchissable. Dans aucune des quatre occurrences le rattachement du au verset précédent comme réfutation n’est cohérent. La variante B2 est à écarter sur l’ensemble du corpus — pour des raisons grammaticales et textuelles internes, non théologiques.


V · Les quatre occurrences de lā uqsimu — texte complet

Occurrence 1 · S.56:75–78 — Authenticité du Coran

S.56:75–78 · Al-Wāqiʿa — Authenticité du Coran
فَلَا أُقْسِمُ بِمَوَٰقِعِ ٱلنُّجُومِ ۝ وَإِنَّهُۥ لَقَسَمٌ لَّوْ تَعْلَمُونَ عَظِيمٌ ۝ إِنَّهُۥ لَقُرْءَانٌ كَرِيمٌ ۝ فِى كِتَٰبٍ مَّكْنُونٍ
Fa-lā uqsimu bi-mawāqiʿi n-nujūm · wa-innahu la-qasamun law taʿlamūna ʿaẓīm · innahu la-qurʾānun karīm · fī kitābin maknūn Que les positions des astres en témoignent — et c’est là un témoignage d’une portée immense, si seulement vous saviez : c’est bien une récitation noble — dans un écrit préservé.

Notes lexicales : Mawāqiʿ al-nujūm — racine w-q-ʿ : positions définies et ordonnées des astres, points d’établissement. · Qasamun ʿaẓīm — autoréférence : le texte nomme lui-même ce qu’il vient d’accomplir. · Kitāb maknūn — écrit caché, préservé, à l’abri.

Jawāb al-qasam : les positions des astres témoignent que le Coran est une récitation noble inscrite dans un écrit préservé.

Occurrence 2 · S.75:1–6 — Réalité de la résurrection

S.75:1–6 · Al-Qiyāma — Réalité de la résurrection
لَا أُقْسِمُ بِيَوْمِ ٱلْقِيَٰمَةِ ۝ وَلَا أُقْسِمُ بِٱلنَّفْسِ ٱللَّوَّامَةِ ۝ أَيَحْسَبُ ٱلْإِنسَٰنُ أَلَّن نَّجْمَعَ عِظَامَهُۥ ۝ بَلَىٰ قَٰدِرِينَ عَلَىٰٓ أَن نُّسَوِّىَ بَنَانَهُۥ ۝ بَلْ يُرِيدُ ٱلْإِنسَٰنُ لِيَفْجُرَ أَمَامَهُۥ ۝ يَسْـَٔلُ أَيَّانَ يَوْمُ ٱلْقِيَٰمَةِ
Lā uqsimu bi-yawmi l-qiyāma · wa-lā uqsimu bi-n-nafsi l-lawwāma · a-yaḥsabu l-insānu an lan najmaʿa ʿiẓāmah · balā qādirīna ʿalā an nusawwiya banānah · bal yurīdu l-insānu li-yafjura amāmah · yasʾalu ayyāna yawmu l-qiyāma Que le Jour de la résurrection en témoigne — et que l’âme qui se blâme sans relâche en témoigne : l’être humain croit-il que Nous ne rassemblerons jamais ses os ? Bien au contraire — capables de reconstituer jusqu’aux extrémités de ses doigts. Mais l’être humain veut transgresser devant lui — il demande : « Quand donc le Jour de la résurrection ? »

Note lexicale — al-lawwāma : racine l-w-m, blâmer. Forme d’intensité fawwāla : l’âme qui revient en boucle sur elle-même pour se blâmer, sans relâche — non simplement « qui se blâme » mais qui ne cesse de le faire.

Jawāb al-qasam : le Jour de la résurrection et l’âme qui se blâme témoignent de la réalité de la résurrection des corps, précise jusqu’aux extrémités des doigts.

Occurrence 3 · S.84:16–19 — Passage inévitable par états successifs

S.84:16–19 · Al-Inshiqāq — États successifs inévitables
فَلَا أُقْسِمُ بِٱلشَّفَقِ ۝ وَٱللَّيْلِ وَمَا وَسَقَ ۝ وَٱلْقَمَرِ إِذَا ٱتَّسَقَ ۝ لَتَرْكَبُنَّ طَبَقًا عَن طَبَقٍ
Fa-lā uqsimu bi-sh-shafaq · wa-l-layli wa-mā wasaq · wa-l-qamari idhā ttasaq · la-tarkabunna ṭabaqan ʿan ṭabaq Que l’aurore du crépuscule en témoigne — et la nuit et ce qu’elle rassemble dans son obscurité — et la lune quand elle atteint sa plénitude : vous passerez assurément par états après états.

Notes lexicales : Al-shafaq — la lueur rouge du crépuscule, moment de bascule entre jour et nuit. · Wasaqa — racine w-s-q : rassembler, envelopper, contenir. · Ittasaqa — forme VIII, même racine : s’assembler complètement, atteindre la plénitude — la lune pleine. · Ṭabaqan ʿan ṭabaq — états, couches, strates successives : naissance, vie, mort, résurrection — une progression par paliers que rien n’arrête.

Jawāb al-qasam : le crépuscule, la nuit et la lune pleine témoignent que l’être humain traversera des états successifs sans pouvoir s’y soustraire.

Occurrence 4 · S.90:1–4 — L’être humain créé dans la peine

S.90:1–4 · Al-Balad — L'être humain créé dans l'effort
لَا أُقْسِمُ بِهَٰذَا ٱلْبَلَدِ ۝ وَأَنتَ حِلٌّ بِهَٰذَا ٱلْبَلَدِ ۝ وَوَالِدٍ وَمَا وَلَدَ ۝ لَقَدْ خَلَقْنَا ٱلْإِنسَٰنَ فِى كَبَدٍ
Lā uqsimu bi-hādhā l-balad · wa-anta ḥillun bi-hādhā l-balad · wa-wālidin wa-mā walad · la-qad khalaqnā l-insāna fī kabad Que cette cité en témoigne — et toi, tu es libre de contrainte dans cette cité — et le géniteur et ce qu’il engendre : Nous avons bien créé l’être humain dans l’effort et la peine.

Notes lexicales : Ḥillun — racine ḥ-l-l : ce qui est dénoué, libéré de toute restriction. · Kabad — racine k-b-d : la peine, l’effort, la douleur du foie (siège de la souffrance en arabe) — l’être humain créé dans un état de tension constitutif, non accidentel.

Jawāb al-qasam : la cité et le géniteur avec ce qu’il engendre témoignent que l’être humain a été créé dans l’effort et la peine — fait constitutif de la condition humaine.


VI · Le qasam positif sans — inventaire complet

S.36:2–3 · Yā Sīn — Statut du nabī Muḥammad

S.36:2–3 · Yā Sīn — Le nabī Muḥammad est parmi les envoyés
وَٱلْقُرْءَانِ ٱلْحَكِيمِ ۝ إِنَّكَ لَمِنَ ٱلْمُرْسَلِينَ
Wa-l-qurʾāni l-ḥakīm · innaka la-mina l-mursalīn Que la récitation porteuse de sagesse ordonnée en témoigne : tu es bien parmi les envoyés.

Al-ḥakīm — racine ḥ-k-m : ce qui est consolidé, rendu précis, organisé avec maîtrise.

S.37:1–5 · Al-Ṣāffāt — Unicité d’Allaah

S.37:1–5 · Al-Ṣāffāt — Votre ilāh est unique
وَٱلصَّٰٓفَّٰتِ صَفًّا ۝ فَٱلزَّٰجِرَٰتِ زَجْرًا ۝ فَٱلتَّٰلِيَٰتِ ذِكْرًا ۝ إِنَّ إِلَٰهَكُمْ لَوَٰحِدٌ
Wa-ṣ-ṣāffāti ṣaffā · fa-z-zājirāti zajrā · fa-t-tāliyāti dhikrā · inna ilāhakum la-wāḥid Que celles qui se rangent en rangs en témoignent — et celles qui réprimandent avec vigueur — et celles qui récitent le rappel : votre ilāh est bien unique.
Non-dit

L’identité de ces trois catégories d’entités (ṣāffāt, zājirāt, tāliyāt) n’est pas précisée dans le texte. Toute identification est une inférence.

S.38:1–2 · Ṣād — Le Coran comme rappel face à l’orgueil

S.38:1–2 · Ṣād — Résistance de ceux qui refusent de reconnaître
صٓ ۚ وَٱلْقُرْءَانِ ذِى ٱلذِّكْرِ ۝ بَلِ ٱلَّذِينَ كَفَرُوا۟ فِى عِزَّةٍ وَشِقَاقٍ
Ṣād — wa-l-qurʾāni dhī dh-dhikr · bal alladhīna kafarū fī ʿizzatin wa-shiqāq Ṣād. Que la récitation porteuse du rappel en témoigne : ceux qui refusent de reconnaître sont dans l’orgueil et la fracture.

S.43:1–3 · Al-Zukhruf — Le Coran rendu accessible en arabe

S.43:1–3 · Al-Zukhruf — Une récitation arabe pour raisonner
حمٓ ۝ وَٱلْكِتَٰبِ ٱلْمُبِينِ ۝ إِنَّا جَعَلْنَٰهُ قُرْءَانًا عَرَبِيًّا لَّعَلَّكُمْ تَعْقِلُونَ
Ḥā Mīm — wa-l-kitābi l-mubīn · innā jaʿalnāhu qurʾānan ʿarabiyyan laʿallakum taʿqilūn Ḥā Mīm. Que l’écrit qui rend clair en témoigne : Nous en avons fait une récitation en arabe pour que vous raisonniez.

S.44:1–4 · Al-Dukhān — La nuit bénie de la descente

S.44:1–4 · Al-Dukhān — Descente lors d'une nuit bénie
حمٓ ۝ وَٱلْكِتَٰبِ ٱلْمُبِينِ ۝ إِنَّآ أَنزَلْنَٰهُ فِى لَيْلَةٍ مُّبَٰرَكَةٍ ۝ فِيهَا يُفْرَقُ كُلُّ أَمْرٍ حَكِيمٍ
Ḥā Mīm — wa-l-kitābi l-mubīn · innā anzalnāhu fī laylatin mubāraka · fīhā yufraqu kullu amrin ḥakīm Ḥā Mīm. Que l’écrit qui rend clair en témoigne : Nous l’avons fait descendre lors d’une nuit bénie — en elle se séparent toutes les affaires portées par la sagesse ordonnée.

S.50:1–2 · Qāf — Étonnement face à la résurrection

S.50:1–2 · Qāf — L'étonnement devant la résurrection
قٓ ۚ وَٱلْقُرْءَانِ ٱلْمَجِيدِ ۝ بَلْ عَجِبُوٓا۟ أَن جَآءَهُم مُّنذِرٌ مِّنْهُمْ
Qāf — wa-l-qurʾāni l-majīd · bal ʿajibū an jāʾahum mundhirun minhum Qāf. Que la récitation d’une gloire accomplie en témoigne : ils s’étonnent qu’un avertisseur venu d’eux-mêmes leur soit venu.

Al-majīd — racine m-j-d : gloire totale et accomplie.

S.51:1–6 · Al-Dhāriyāt — Vérité de la promesse et accomplissement du dīn

S.51:1–6 · Al-Dhāriyāt — La promesse est véridique, le dīn s'accomplira
وَٱلذَّٰرِيَٰتِ ذَرْوًا ۝ فَٱلْحَٰمِلَٰتِ وِقْرًا ۝ فَٱلْجَٰرِيَٰتِ يُسْرًا ۝ فَٱلْمُقَسِّمَٰتِ أَمْرًا ۝ إِنَّمَا تُوعَدُونَ لَصَادِقٌ ۝ وَإِنَّ ٱلدِّينَ لَوَٰقِعٌ
Wa-dh-dhāriyāti dharwā · fa-l-ḥāmilāti wiqrā · fa-l-jāriyāti yusrā · fa-l-muqassimāti amrā · innamā tūʿadūna la-ṣādiq · wa-inna d-dīna la-wāqiʿ Que celles qui dispersent en éparpillant en témoignent — et celles qui portent une charge lourde — et celles qui glissent avec aisance — et celles qui répartissent un commandement : ce qu’on vous promet est bien véridique — et le dīn s’accomplira assurément.

S.52:1–7 · Al-Ṭūr — L’accomplissement de la sanction

S.52:1–7 · Al-Ṭūr — La sanction s'accomplira
وَٱلطُّورِ ۝ وَكِتَٰبٍ مَّسْطُورٍ ۝ فِى رَقٍّ مَّنشُورٍ ۝ وَٱلْبَيْتِ ٱلْمَعْمُورِ ۝ وَٱلسَّقْفِ ٱلْمَرْفُوعِ ۝ وَٱلْبَحْرِ ٱلْمَسْجُورِ ۝ إِنَّ عَذَابَ رَبِّكَ لَوَٰقِعٌ
Wa-ṭ-ṭūr · wa-kitābin masṭūr · fī raqqin manshūr · wa-l-bayti l-maʿmūr · wa-s-saqfi l-marfūʿ · wa-l-baḥri l-masjūr · inna ʿadhāba rabbika la-wāqiʿ Que le mont en témoigne — et un écrit inscrit ligne à ligne — sur un parchemin déployé — et la demeure constamment fréquentée — et le toit élevé — et la mer embrasée : la sanction de ton Seigneur s’accomplira assurément.

Al-masjūr — racine s-j-r : chauffé à l’extrême, ou rempli à saturation. Plusieurs lectures lexicalement possibles.

S.53:1–4 · Al-Najm — La révélation n’est pas une opinion personnelle

S.53:1–4 · Al-Najm — Ce qu'il dit n'est qu'une révélation transmise
وَٱلنَّجْمِ إِذَا هَوَىٰ ۝ مَا ضَلَّ صَاحِبُكُمْ وَمَا غَوَىٰ ۝ وَمَا يَنطِقُ عَنِ ٱلْهَوَىٰ ۝ إِنْ هُوَ إِلَّا وَحْىٌ يُوحَىٰ
Wa-n-najmi idhā hawā · mā ḍalla ṣāḥibukum wa-mā ghawā · wa-mā yanṭiqu ʿani l-hawā · in huwa illā waḥyun yūḥā Que l’astre quand il descend et s’abaisse en témoigne : votre compagnon n’a pas dévié et ne s’est pas fourvoyé — et il ne parle pas depuis sa propre inclinaison — ce n’est là que révélation transmise.

S.68:1–2 · Al-Qalam — Le nabī Muḥammad n’est pas fou

S.68:1–2 · Al-Qalam — Pas de folie
نٓ ۚ وَٱلْقَلَمِ وَمَا يَسْطُرُونَ ۝ مَآ أَنتَ بِنِعْمَةِ رَبِّكَ بِمَجْنُونٍ
Nūn — wa-l-qalami wa-mā yasṭurūn · mā anta bi-niʿmati rabbika bi-majnūn Nūn. Que le calame et ce qu’ils tracent ligne à ligne en témoignent : tu n’es pas, par la faveur de ton Seigneur, atteint de folie.

S.79:1–6 · Al-Nāziʿāt — La résurrection

S.79:1–6 · Al-Nāziʿāt — Le jour où la secousse secouera
وَٱلنَّٰزِعَٰتِ غَرْقًا ۝ وَٱلنَّٰشِطَٰتِ نَشْطًا ۝ وَٱلسَّٰبِحَٰتِ سَبْحًا ۝ فَٱلسَّٰبِقَٰتِ سَبْقًا ۝ فَٱلْمُدَبِّرَٰتِ أَمْرًا ۝ يَوْمَ تَرْجُفُ ٱلرَّاجِفَةُ
Wa-n-nāziʿāti gharqā · wa-n-nāshiṭāti nashṭā · wa-s-sābihāti sabḥā · fa-s-sābiqāti sabqā · fa-l-mudabbirāti amrā · yawma tarjufu r-rājifa Que celles qui arrachent en plongeant jusqu’au fond en témoignent — et celles qui délient et élancent avec vigueur — et celles qui nagent et glissent sans entrave — et celles qui devancent en prenant les premières — et celles qui gèrent et conduisent un commandement : le jour où le tremblement secouera tout.

S.85:1–4 · Al-Burūj — Condamnation des persécuteurs

S.85:1–4 · Al-Burūj — Maudits soient les gens de la tranchée
وَٱلسَّمَآءِ ذَاتِ ٱلْبُرُوجِ ۝ وَٱلْيَوْمِ ٱلْمَوْعُودِ ۝ وَشَاهِدٍ وَمَشْهُودٍ ۝ قُتِلَ أَصْحَٰبُ ٱلْأُخْدُودِ
Wa-s-samāʾi dhāti l-burūj · wa-l-yawmi l-mawʿūd · wa-shāhidin wa-mashhūd · qutila aṣḥābu l-ukhdūd Que le ciel aux positions stellaires en témoigne — et le jour promis — et le témoin et ce qui est témoigné : maudits soient les gens de la tranchée.

S.86:1–4 · Al-Ṭāriq — Chaque âme a un gardien

S.86:1–4 · Al-Ṭāriq — Toute âme a un gardien
وَٱلسَّمَآءِ وَٱلطَّارِقِ ۝ وَمَآ أَدْرَىٰكَ مَا ٱلطَّارِقُ ۝ ٱلنَّجْمُ ٱلثَّاقِبُ ۝ إِن كُلُّ نَفْسٍ لَّمَّا عَلَيْهَا حَافِظٌ
Wa-s-samāʾi wa-ṭ-ṭāriq · wa-mā adrāka mā ṭ-ṭāriq · an-najmu th-thāqib · in kullu nafsin lammā ʿalayhā ḥāfiẓ Que le ciel et celui qui frappe à la nuit en témoignent — et qu’est-ce qui te fera savoir ce qu’est celui qui frappe à la nuit ? L’astre qui perce l’obscurité — toute âme a assurément un gardien sur elle.

Ṭāriq — racine ṭ-r-q : frapper, arriver la nuit. Le texte se définit lui-même en S.86:3 : l’astre perçant de la nuit.

S.89:1–5 · Al-Fajr — Sort des peuples qui ont refusé

S.89:1–5 · Al-Fajr — Sort de ʿĀd, Thamūd, Firʿawn
وَٱلْفَجْرِ ۝ وَلَيَالٍ عَشْرٍ ۝ وَٱلشَّفْعِ وَٱلْوَتْرِ ۝ وَٱللَّيْلِ إِذَا يَسْرِ ۝ هَلْ فِى ذَٰلِكَ قَسَمٌ لِّذِى حِجْرٍ
Wa-l-fajr · wa-layālin ʿashr · wa-sh-shafʿi wa-l-watr · wa-l-layli idhā yasr · hal fī dhālika qasamun li-dhī ḥijr Que l’aurore en témoigne — et les dix nuits — et le pair et l’impair — et la nuit quand elle chemine : n’y a-t-il pas là un témoignage suffisant pour qui possède un esprit retenu ?
Dit — second point d'autoréférence

S.89:5 nomme lui-même les entités invoquées un qasam : « n’y a-t-il pas là un qasam pour qui possède un esprit retenu ? ». C’est le second point d’autoréférence du corpus — après S.56:76 — qui confirme que le mécanisme d’attestation est bien présent.

Dhū ḥijr — racine ḥ-j-r : retenir, contenir. L’esprit qui s’arrête et réfléchit avant d’agir.

S.91:1–8 · Al-Shams — Réussite ou perdition de l’âme

S.91:1–8 · Al-Shams — Réussit celui qui la purifie, perd celui qui l'étouffe
وَٱلشَّمْسِ وَضُحَىٰهَا ۝ وَٱلْقَمَرِ إِذَا تَلَىٰهَا ۝ وَٱلنَّهَارِ إِذَا جَلَّىٰهَا ۝ وَٱلَّيْلِ إِذَا يَغْشَىٰهَا ۝ وَٱلسَّمَآءِ وَمَا بَنَىٰهَا ۝ وَٱلْأَرْضِ وَمَا طَحَىٰهَا ۝ وَنَفْسٍ وَمَا سَوَّىٰهَا ۝ فَأَلْهَمَهَا فُجُورَهَا وَتَقْوَىٰهَا
Wa-sh-shamsi wa-ḍuḥāhā · wa-l-qamari idhā talāhā · wa-n-nahāri idhā jallāhā · wa-l-layli idhā yaghshāhā · wa-s-samāʾi wa-mā banāhā · wa-l-arḍi wa-mā ṭaḥāhā · wa-nafsin wa-mā sawwāhā · fa-alhamahā fujūrahā wa-taqwāhā Que le soleil et sa clarté matinale en témoignent — et la lune quand elle lui succède — et le jour quand il la révèle — et la nuit quand elle la couvre — et le ciel et Ce qui l’a édifié — et la terre et Ce qui l’a étalée — et l’âme et Ce qui l’a équilibrée et façonnée — et lui a insufflé son inclination à la transgression et sa taqwā :

S.92:1–4 · Al-Layl — La divergence des efforts humains

S.92:1–4 · Al-Layl — Vos efforts sont divergents
وَٱللَّيْلِ إِذَا يَغْشَىٰ ۝ وَٱلنَّهَارِ إِذَا تَجَلَّىٰ ۝ وَمَا خَلَقَ ٱلذَّكَرَ وَٱلْأُنثَىٰٓ ۝ إِنَّ سَعْيَكُمْ لَشَتَّىٰ
Wa-l-layli idhā yaghshā · wa-n-nahāri idhā tajallā · wa-mā khalaqa dh-dhakara wa-l-unthā · inna saʿyakum la-shattā Que la nuit quand elle enveloppe en témoigne — et le jour quand il se révèle dans toute sa clarté — et Ce qui a créé le mâle et la femelle : vos efforts sont assurément divergents.

S.93:1–3 · Al-Ḍuḥā — Allaah n’a pas abandonné le nabī Muḥammad

S.93:1–3 · Al-Ḍuḥā — Ton Seigneur ne t'a pas délaissé
وَٱلضُّحَىٰ ۝ وَٱللَّيْلِ إِذَا سَجَىٰ ۝ مَا وَدَّعَكَ رَبُّكَ وَمَا قَلَىٰ
Wa-ḍ-ḍuḥā · wa-l-layli idhā sajā · mā waddaʿaka rabbuka wa-mā qalā Que la clarté matinale en témoigne — et la nuit quand elle s’apaise et s’étend en calme : ton Seigneur ne t’a pas délaissé et ne te prend pas en aversion.

Sajā — racine s-j-w : la nuit qui s’étend dans une quiétude profonde.

S.95:1–4 · Al-Tīn — L’être humain dans la stature la plus accomplie

S.95:1–4 · Al-Tīn — La stature la plus accomplie
وَٱلتِّينِ وَٱلزَّيْتُونِ ۝ وَطُورِ سِينِينَ ۝ وَهَٰذَا ٱلْبَلَدِ ٱلْأَمِينِ ۝ لَقَدْ خَلَقْنَا ٱلْإِنسَٰنَ فِىٓ أَحْسَنِ تَقْوِيمٍ
Wa-t-tīni wa-z-zaytūn · wa-ṭūri Sīnīn · wa-hādhā l-baladi l-amīn · la-qad khalaqnā l-insāna fī aḥsani taqwīm Que le figuier et l’olivier en témoignent — et le mont Sīnīn — et cette cité de sécurité : Nous avons assurément créé l’être humain dans la stature la plus accomplie.

Taqwīm — racine q-w-m : ce qui est dressé, mis en équilibre, rendu droit dans toutes ses dimensions.

S.100:1–6 · Al-ʿĀdiyāt — L’ingratitude constitutive de l’être humain

S.100:1–6 · Al-ʿĀdiyāt — L'être humain est ingrat envers son Seigneur
وَٱلْعَٰدِيَٰتِ ضَبْحًا ۝ فَٱلْمُورِيَٰتِ قَدْحًا ۝ فَٱلْمُغِيرَٰتِ صُبْحًا ۝ فَأَثَرْنَ بِهِۦ نَقْعًا ۝ فَوَسَطْنَ بِهِۦ جَمْعًا ۝ إِنَّ ٱلْإِنسَٰنَ لِرَبِّهِۦ لَكَنُودٌ
Wa-l-ʿādiyāti ḍabḥā · fa-l-mūriyāti qadḥā · fa-l-mughīrāti ṣubḥā · fa-atharna bihi naqʿā · fa-wasaṭna bihi jamʿā · inna l-insāna li-rabbihi la-kanūd Que celles qui galopent en soufflant en témoignent — et celles qui font jaillir des étincelles en frappant — et celles qui fondent en attaque au matin — et soulèvent de la sorte un nuage de poussière — et pénètrent de la sorte au cœur d’un rassemblement : l’être humain est assurément, envers son Seigneur, ingrat et réfractaire.

Kanūd — racine k-n-d : celui qui nie le bienfait, réfractaire à la reconnaissance.

S.103:1–3 · Al-ʿAṣr — L’être humain est en perte

S.103:1–3 · Al-ʿAṣr — L'être humain est dans la perte, sauf exception
وَٱلْعَصْرِ ۝ إِنَّ ٱلْإِنسَٰنَ لَفِى خُسْرٍ ۝ إِلَّا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ وَعَمِلُوا۟ ٱلصَّٰلِحَٰتِ وَتَوَاصَوْا۟ بِٱلْحَقِّ وَتَوَاصَوْا۟ بِٱلصَّبْرِ
Wa-l-ʿaṣr · inna l-insāna la-fī khusrin · illā lladhīna āmanū wa-ʿamilū ṣ-ṣāliḥāt wa-tawāṣaw bi-l-ḥaqqi wa-tawāṣaw bi-ṣ-ṣabr Que le temps dans son déroulement en témoigne : l’être humain est assurément dans la perte — sauf ceux qui ont cru et accompli des actes justes — et qui se sont recommandés mutuellement le vrai et se sont recommandés la constance.

Al-ʿaṣr — racine ʿ-ṣ-r : presser, extraire sous pression — aussi le temps. Le temps qui dure et qui presse.


VII · La racine q-s-m — lecture lexicographique

Al-Farāhīdī · Kitāb al-ʿAyn : place la racine sous le sens premier de la division et de la répartition — qasama sh-shayʾa : diviser la chose en parts définies. Le qasam est une mise en gage d’une part de soi comme garant d’une affirmation.

Ibn Fāris · Maqāyīs al-Lugha : deux axes premiers — ḥaẓẓun wa-naṣīb : une part assignée, ce qui revient à chacun dans la répartition. Il précise : yusamma bi-hi al-qasam li-anna l-ḥālif yanṣabu shayʾan fa-yajʿaluhu nasīban min kalāmihi wa-yamīnihi — « on l’appelle qasam parce que celui qui atteste dresse quelque chose comme part de sa parole et de son attestation ».

Ibn Manẓūr · Lisān al-ʿArab : distingue le qasam du ḥalaf. Le ḥalaf est le serment personnel ordinaire. Le qasam porte en plus une dimension de témoignage devant un garant — on engage la réalité d’un tiers comme caution d’une affirmation.

Synthèse lexicographique

Les trois lexicographes convergent : le qasam n’est pas simplement un engagement de la première personne sur elle-même (ce qu’est le ḥalaf ou « je jure »). Il comporte une dimension de mise en gage d’une réalité extérieure comme garant-témoin d’une affirmation. La chose invoquée en bi après uqsimu est ce garant-témoin — convoquée pour témoigner de la vérité de ce qui va être affirmé. C’est ce sens qui fonde la traduction : lā uqsimu bi X« Que X en témoigne ».

Inférence étiquetée

La traduction « Que X en témoigne » implique une décision interprétative : que la dimension de garant-témoin dans la racine q-s-m est celle que le Coran mobilise dans ces passages. C’est une inférence soutenue par la lexicographie et par S.56:76 — mais c’est une inférence, non un dit.


VIII · Tableau exhaustif des qasam coraniques

Référence Garant(s) invoqué(s) Type Ce qui est attesté
S.36:2 La récitation porteuse de sagesse ordonnée Positif Le nabī Muḥammad est parmi les envoyés
S.37:1–3 Les ṣāffāt, zājirāt, tāliyāt Positif Votre ilāh est unique
S.38:1 La récitation porteuse du rappel Positif Ceux qui refusent sont dans l’orgueil et la fracture
S.43:2 L’écrit qui rend clair Positif Nous en avons fait une récitation arabe pour que vous raisonniez
S.44:2 L’écrit qui rend clair Positif Nous l’avons fait descendre lors d’une nuit bénie
S.50:1 La récitation d’une gloire accomplie Positif Ils s’étonnent qu’un avertisseur venu d’eux leur soit venu
S.51:1–4 Les dhāriyāt, ḥāmilāt, jāriyāt, muqassimāt Positif Ce qu’on vous promet est véridique — le dīn s’accomplira
S.52:1–6 Le mont, l’écrit, le parchemin, la demeure, le toit, la mer Positif La sanction de ton Seigneur s’accomplira
S.53:1 L’astre qui descend et s’abaisse Positif Ce n’est là que révélation transmise
S.56:75–76 Les positions des astres lā uqsimu Le Coran est une récitation noble dans un écrit préservé
S.68:1 Le calame et ce qu’ils tracent Positif Le nabī Muḥammad n’est pas atteint de folie
S.75:1–2 Le Jour de la résurrection · L’âme qui se blâme lā uqsimu Réalité de la résurrection des corps
S.79:1–5 Les nāziʿāt, nāshiṭāt, sābihāt, sābiqāt, mudabbirāt Positif La résurrection — le jour où la secousse secouera
S.84:16–19 L’aurore du crépuscule · la nuit · la lune pleine lā uqsimu Vous passerez par états après états
S.85:1–3 Le ciel aux positions stellaires · le jour promis · le témoin et le témoigné Positif Maudits soient les gens de la tranchée
S.86:1 Le ciel et l’astre qui perce la nuit Positif Toute âme a un gardien sur elle
S.89:1–4 L’aurore · les dix nuits · le pair et l’impair · la nuit qui chemine Positif Sort des peuples qui ont refusé
S.90:1 Cette cité · le géniteur et ce qu’il engendre lā uqsimu L’être humain est créé dans l’effort et la peine
S.91:1–7 Le soleil, la lune, le jour, la nuit, le ciel, la terre, l’âme Positif Réussit celui qui la purifie — perd celui qui l’étouffe
S.92:1–3 La nuit · le jour · Ce qui a créé le mâle et la femelle Positif Vos efforts sont divergents
S.93:1–2 La clarté matinale · la nuit qui s’apaise Positif Ton Seigneur ne t’a pas délaissé
S.95:1–3 Le figuier et l’olivier · le mont Sīnīn · la cité de sécurité Positif L’être humain est dans la stature la plus accomplie
S.100:1–5 Les ʿādiyāt, mūriyāt, mughīrāt Positif L’être humain est ingrat et réfractaire envers son Seigneur
S.103:1 Le temps dans son déroulement Positif L’être humain est dans la perte — sauf exception
Dit — observations du tableau

Sur 24 passages de qasam : 4 utilisent lā uqsimu, 20 utilisent la forme positive directe. Tous les garants convoqués appartiennent au monde créé. Aucun passage ne convoque Allaah comme garant dans un qasam.

Non-dit

Le Coran ne dit pas explicitement pourquoi certains passages utilisent lā uqsimu et d’autres la forme positive directe. La différence fonctionnelle entre les deux formes n’est pas nommée dans le texte.


Conclusion — Dit, non-dit, inférence

Dit — résultats établis depuis le texte

Il existe quatre occurrences de lā uqsimu bi dans le Coran : S.56:75, S.75:1–2, S.84:16, S.90:1. S.56:76 nomme explicitement l’acte accompli en S.56:75 un qasamun ʿaẓīm. La lecture de lā uqsimu comme négation du serment est contredite par ce verset. S.89:5 confirme également que les entités invoquées fonctionnent comme qasam. Dans les quatre occurrences, le rattachement du au verset précédent comme réfutation est sémantiquement ou syntaxiquement incohérent. Aucun qasam coranique ne convoque Allaah comme garant.

Non-dit

Le Coran ne dit pas explicitement quelle est la fonction de dans lā uqsimu. Il ne dit pas pourquoi certains passages utilisent lā uqsimu et d’autres la forme positive. L’identité des entités en série dans S.37, S.51, S.79, S.100 n’est pas précisée dans le texte.

Inférence étiquetée

La lecture lā tawkīdiyya (renforcement) est la plus cohérente avec S.56:76 et avec la structure grammaticale des quatre passages. La traduction « Que X en témoigne » porte le sens de garant-témoin que les trois lexicographes identifient dans la racine q-s-m, sans importer le registre de l’engagement personnel humain. La différence entre les deux formes marque peut-être une intensification rhétorique — le annonçant un témoignage de portée particulière, ce que S.56:76 confirme en qualifiant le témoignage d’ʿaẓīm.


Cette étude a été produite selon la méthode islamducoran.fr : dit / non-dit / inférence, sans recours au tafsīr, au ḥadīth, ni à aucune école juridique. Sources lexicographiques : al-Farāhīdī (Kitāb al-ʿAyn), Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha), Ibn Manẓūr (Lisān al-ʿArab).