Structure du Bloc VII — clôture de la Sourate 3. Six ensembles : la parole rapportée « Allaah est pauvre, nous sommes riches » et le meurtre des nabiyyūn (S3:181–184) ; chaque âme goûte la mort, la vie d'ici-bas comme jouissance trompeuse, l'épreuve par les biens et les personnes (S3:185–186) ; le mīthāq pris des Gens du Livre de rendre le Kitāb manifeste et de ne pas le dissimuler (S3:187), suivi de la mise en garde contre ceux qui se réjouissent d'être loués pour ce qu'ils n'ont pas fait (S3:188) ; les signes de la création pour les ūlū l-albāb et leur invocation (S3:189–194) ; la réponse d'Allaah à cette invocation (S3:195) ; la clôture — l'aisance passagère des kāfirūn, le sort des muttaqūn, ceux des Gens du Livre qui croient, et l'exhortation finale à la patience (S3:196–200). S3:187 est le verset-pivot du fil « Al-Tabyīn » (la clarification), annoncé depuis S3:71, S3:103, S3:118 et S3:137–138 : avec ce verset et S3:141/154 (Al-Tamḥīṣ) et S3:103 (Al-Iʿtiṣām), les trois ancrages du titre provisoire de la sourate sont désormais traduits.

« Allaah est pauvre, nous sommes riches », le meurtre des nabiyyūn · S3:181–184

S.3:181–182
لَّقَدْ سَمِعَ ٱللَّهُ قَوْلَ ٱلَّذِينَ قَالُوٓا۟ إِنَّ ٱللَّهَ فَقِيرٌ وَنَحْنُ أَغْنِيَآءُ ۘ سَنَكْتُبُ مَا قَالُوا۟ وَقَتْلَهُمُ ٱلْأَنۢبِيَآءَ بِغَيْرِ حَقٍّ وَنَقُولُ ذُوقُوا۟ عَذَابَ ٱلْحَرِيقِ ۝ ذَٰلِكَ بِمَا قَدَّمَتْ أَيْدِيكُمْ وَأَنَّ ٱللَّهَ لَيْسَ بِظَلَّامٍ لِّلْعَبِيدِ
La-qad samiʿa llāhu qawla lladhīna qālū inna llāha faqīrun wa-naḥnu aghniyāʾ — sa-naktubu mā qālū wa-qatlahumu l-anbiyāʾa bi-ghayri ḥaqqin wa-naqūlu dhūqū ʿadhāba l-ḥarīq — dhālika bi-mā qaddamat aydīkum wa-anna llāha laysa bi-ẓallāmin li-l-ʿabīd Allaah a certes entendu la parole de ceux qui ont dit : « Allaah est pauvre, et nous sommes riches. » Nous consignerons ce qu’ils ont dit, ainsi que leur meurtre des nabiyyūn sans droit, et Nous dirons : « Goûtez le châtiment de l’embrasement. » Cela, à cause de ce que vos mains ont avancé — Allaah n’est en rien injuste envers les serviteurs.
S.3:183–184
ٱلَّذِينَ قَالُوٓا۟ إِنَّ ٱللَّهَ عَهِدَ إِلَيْنَآ أَلَّا نُؤْمِنَ لِرَسُولٍ حَتَّىٰ يَأْتِيَنَا بِقُرْبَانٍ تَأْكُلُهُ ٱلنَّارُ ۗ قُلْ قَدْ جَآءَكُمْ رُسُلٌ مِّن قَبْلِى بِٱلْبَيِّنَـٰتِ وَبِٱلَّذِى قُلْتُمْ فَلِمَ قَتَلْتُمُوهُمْ إِن كُنتُمْ صَـٰدِقِينَ ۝ فَإِن كَذَّبُوكَ فَقَدْ كُذِّبَ رُسُلٌ مِّن قَبْلِكَ جَآءُو بِٱلْبَيِّنَـٰتِ وَٱلزُّبُرِ وَٱلْكِتَـٰبِ ٱلْمُنِيرِ
Alladhīna qālū inna llāha ʿahida ilaynā allā nuʾmina li-rasūlin ḥattā yaʾtiyanā bi-qurbānin taʾkuluhu l-nār — qul qad jāʾakum rusulun min qablī bi-l-bayyināti wa-bi-lladhī qultum fa-lima qataltumūhum in kuntum ṣādiqīn — fa-in kadhdhabūka fa-qad kudhdhiba rusulun min qablika jāʾū bi-l-bayyināti wa-l-zuburi wa-l-kitābi l-munīr Ceux qui ont dit : « Allaah nous a engagés à ne croire aucun rasūl avant qu’il ne nous apporte une offrande que le feu consume. » Dis : « Des rusul sont venus avant moi avec les bayyināt, et avec ce que vous dites — pourquoi donc les avez-vous tués, si vous êtes véridiques ? » S’ils te démentent, des rusul avant toi ont été démentis, qui étaient venus avec les bayyināt, les zubur et le kitāb éclairant.

Notes lexicales. فَقِيرٌ / أَغْنِيَآءُ faqīr / aghniyāʾ — pauvreté et richesse, opposition binaire simple. قُرْبَانٍ qurbān — racine q-r-b (proximité) : ce qui est rapproché/offert en offrande. ٱلزُّبُرِ al-zubur — pluriel de zabūr : écrits, feuillets consignés. ٱلْكِتَـٰبِ ٱلْمُنِيرِ al-kitāb al-munīr — racine n-w-r : ce qui éclaire, répand la lumière — à ne pas confondre avec la racine b-y-n (bayyināt, dans le même verset) : deux images distinctes pour la clarté — l'une par la lumière, l'autre par ce qui se détache et se distingue. Ce que le texte dit : la demande d'une preuve matérielle précise (une offrande consumée par le feu) est présentée comme une exigence déjà refusée par ceux-là mêmes qui ont tué des nabiyyūn venus avec des bayyināt correspondant à cette exigence — une incohérence relevée par le texte lui-même, non par inférence extérieure.

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Chaque âme goûte la mort, l'épreuve par les biens et les personnes · S3:185–186

S.3:185
كُلُّ نَفْسٍ ذَآئِقَةُ ٱلْمَوْتِ ۗ وَإِنَّمَا تُوَفَّوْنَ أُجُورَكُمْ يَوْمَ ٱلْقِيَـٰمَةِ ۖ فَمَن زُحْزِحَ عَنِ ٱلنَّارِ وَأُدْخِلَ ٱلْجَنَّةَ فَقَدْ فَازَ ۗ وَمَا ٱلْحَيَوٰةُ ٱلدُّنْيَآ إِلَّا مَتَـٰعُ ٱلْغُرُورِ
Kullu nafsin dhāʾiqatu l-mawt — wa-innamā tuwaffawna ujūrakum yawma l-qiyāmah — fa-man zuḥziḥa ʿani l-nāri wa-udkhila l-jannata fa-qad fāz — wa-mā l-ḥayātu l-dunyā illā matāʿu l-ghurūr Toute âme goûte la mort — vous recevrez vos rétributions en plein, au jour de la résurrection. Quiconque est écarté du Feu et introduit dans le jardin a certes réussi — la vie d’ici-bas n’est que jouissance qui leurre.
S.3:186
لَتُبْلَوُنَّ فِىٓ أَمْوَٰلِكُمْ وَأَنفُسِكُمْ وَلَتَسْمَعُنَّ مِنَ ٱلَّذِينَ أُوتُوا۟ ٱلْكِتَـٰبَ مِن قَبْلِكُمْ وَمِنَ ٱلَّذِينَ أَشْرَكُوٓا۟ أَذًى كَثِيرًا ۚ وَإِن تَصْبِرُوا۟ وَتَتَّقُوا۟ فَإِنَّ ذَٰلِكَ مِنْ عَزْمِ ٱلْأُمُورِ
La-tublawunna fī amwālikum wa-anfusikum wa-la-tasmaʿunna mina lladhīna ūtu l-kitāba min qablikum wa-mina lladhīna ashrakū adhan kathīrā — wa-in taṣbirū wa-tattaqū fa-inna dhālika min ʿazmi l-umūr Vous serez certainement éprouvés dans vos biens et vos personnes, et vous entendrez certainement, de la part de ceux à qui le Kitāb a été donné avant vous et de la part de ceux qui ont associé, un tort abondant. Mais si vous êtes ṣābirūn et vous prémunissez, cela relève des affaires qui exigent une résolution ferme.

Notes lexicales. ذَآئِقَةُ dhāʾiqa — racine dh-w-q : goûter — la mort présentée par l'image du goût, non de l'anéantissement total. تُوَفَّوْنَ tuwaffawna — racine w-f-y, sens de base déjà noté S3:161 : recevoir en plein, sans lien avec le sens dérivé euphémique pour la mort. زُحْزِحَ zuḥziḥa — racine z-ḥ-z-ḥ, forme redoublée intensive : être repoussé, écarté avec insistance. غُرُور ghurūr — racine gh-r-r, déjà rencontrée S3:24 (« gharrahum », les a leurrés) : le leurre, ce qui trompe par une apparence engageante — appliqué ici à la vie d'ici-bas elle-même, non à un acteur qui trompe. أَذًى adhā — un tort, une nuisance qui atteint sans nécessairement détruire. عَزْمِ ٱلْأُمُورِ ʿazm al-umūr — racine ʿ-z-m, déjà rencontrée S2:227 : la résolution ferme — ici, la ṣabr et la taqwā sont qualifiées comme relevant des affaires qui exigent une telle résolution, non comme allant de soi.

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Le mīthāq des Gens du Livre : rendre le Kitāb manifeste, ne pas le dissimuler · S3:187

Note de vigilance méthodologique — verset-pivot du fil « Al-Tabyīn » (S3:187). لَتُبَيِّنُنَّهُۥ la-tubayyinunnahu, racine b-y-n, et لَا تَكْتُمُونَهُۥ lā taktumūnahu, racine k-t-m, sont ici juxtaposés dans un même mīthāq : rendre manifeste s'oppose directement à dissimuler. C'est le quatrième maillon du fil de la clarification déjà noté en S3:71 (kitmān), S3:103 (yubayyinu), S3:118 (bayyannā) et S3:137–138 (bayānun, forme nominale) — et son verset le plus explicite : un engagement pris, un manquement constaté (« fa-nabadhūhu warāʾa ẓuhūrihim », ils l'ont jeté derrière leur dos), une transaction dévalorisante qui s'ensuit (« ishtaraw bihi thamanan qalīlan »). Voir l'étude dédiée Kitmān et bayān, directement convoquée par ce verset. Avec S3:141/154 (Al-Tamḥīṣ) et S3:103 (Al-Iʿtiṣām), ce verset achève de fournir un ancrage textuel traduit pour les trois fils retenus comme hypothèse de titre de la sourate.

S.3:187
وَإِذْ أَخَذَ ٱللَّهُ مِيثَـٰقَ ٱلَّذِينَ أُوتُوا۟ ٱلْكِتَـٰبَ لَتُبَيِّنُنَّهُۥ لِلنَّاسِ وَلَا تَكْتُمُونَهُۥ فَنَبَذُوهُ وَرَآءَ ظُهُورِهِمْ وَٱشْتَرَوْا۟ بِهِۦ ثَمَنًا قَلِيلًا ۖ فَبِئْسَ مَا يَشْتَرُونَ
Wa-idh akhadha llāhu mīthāqa lladhīna ūtu l-kitāba la-tubayyinunnahu li-l-nāsi wa-lā taktumūnahu fa-nabadhūhu warāʾa ẓuhūrihim wa-shtaraw bihi thamanan qalīlan — fa-biʾsa mā yashtarūn Et lorsqu’Allaah a pris l’engagement de ceux à qui le Kitāb a été donné : « Vous le rendrez certainement manifeste aux gens, et vous ne le dissimulerez pas » — ils l’ont alors jeté derrière leur dos, et l’ont échangé contre un prix dérisoire : quel détestable échange.

Notes lexicales. مِيثَـٰقَ mīthāq — racine w-th-q : un lien noué avec fermeté, un engagement contracté. نَبَذُوهُ nabadhūhu — racine n-b-dh : jeter, rejeter loin de soi avec un geste de rupture. وَرَآءَ ظُهُورِهِمْ warāʾa ẓuhūrihim — littéralement « derrière leurs dos » : image d'un rejet délibéré, ce qu'on refuse de garder en vue. ٱشْتَرَوْا۟ ishtaraw — même racine sh-r-y que S2:207 et S3:177 : une transaction, ici perdante, d'un engagement contre un gain dérisoire.

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Se réjouir d'être loué pour ce qu'on n'a pas fait · S3:188

S.3:188
لَا تَحْسَبَنَّ ٱلَّذِينَ يَفْرَحُونَ بِمَآ أَتَوا۟ وَّيُحِبُّونَ أَن يُحْمَدُوا۟ بِمَا لَمْ يَفْعَلُوا۟ فَلَا تَحْسَبَنَّهُم بِمَفَازَةٍ مِّنَ ٱلْعَذَابِ ۖ وَلَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ
Lā taḥsabanna lladhīna yafraḥūna bi-mā ataw wa-yuḥibbūna an yuḥmadū bi-mā lam yafʿalū fa-lā taḥsabannahum bi-mafāzatin mina l-ʿadhāb — wa-lahum ʿadhābun alīm Ne pense pas que ceux qui se réjouissent de ce qu’ils ont apporté et aiment être loués pour ce qu’ils n’ont pas fait — ne pense pas qu’ils échapperont au châtiment : pour eux un châtiment douloureux.

Notes lexicales. يَفْرَحُونَ yafraḥūn — se réjouir, distinct de farihīn déjà rencontré S3:170 dans un contexte positif. يُحْمَدُوا۟ yuḥmadū — racine ḥ-m-d : être loué — même racine que al-ḥamd. مَفَازَةٍ mafāza — racine f-w-z, même racine que fāza (S3:185) : un lieu de réussite, d'échappée — nié ici. Ce que le texte dit : c'est la discordance entre l'action réelle et la louange recherchée qui est visée, non la satisfaction en elle-même.

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Les signes pour les ūlū l-albāb, leur invocation · S3:189–194

Note de renvoi méthodologique. S3:190–191 fait partie des versets fondateurs de la notion d'ūlū l-albāb (ceux qui possèdent le noyau/l'intelligence intacte), qui fait l'objet d'une étude dédiée — voir Ūlū l-albāb. Le verset est donné ici dans son intégralité pour la continuité du bloc.

S.3:189–191
وَلِلَّهِ مُلْكُ ٱلسَّمَـٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضِ ۗ وَٱللَّهُ عَلَىٰ كُلِّ شَىْءٍ قَدِيرٌ ۝ إِنَّ فِى خَلْقِ ٱلسَّمَـٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضِ وَٱخْتِلَـٰفِ ٱلَّيْلِ وَٱلنَّهَارِ لَـَٔايَـٰتٍ لِّأُو۟لِى ٱلْأَلْبَـٰبِ ۝ ٱلَّذِينَ يَذْكُرُونَ ٱللَّهَ قِيَـٰمًا وَقُعُودًا وَعَلَىٰ جُنُوبِهِمْ وَيَتَفَكَّرُونَ فِى خَلْقِ ٱلسَّمَـٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضِ رَبَّنَا مَا خَلَقْتَ هَـٰذَا بَـٰطِلًا سُبْحَـٰنَكَ فَقِنَا عَذَابَ ٱلنَّارِ
Wa-li-llāhi mulku l-samāwāti wa-l-arḍ — wa-llāhu ʿalā kulli shayʾin qadīr — inna fī khalqi l-samāwāti wa-l-arḍi wa-khtilāfi l-layli wa-l-nahāri la-āyātin li-ulī l-albāb — alladhīna yadhkurūna llāha qiyāman wa-quʿūdan wa-ʿalā junūbihim wa-yatafakkarūna fī khalqi l-samāwāti wa-l-arḍ rabbanā mā khalaqta hādhā bāṭilan subḥānaka fa-qinā ʿadhāba l-nār À Allaah appartient le mulk des cieux et de la terre — Allaah a pouvoir sur toute chose. Dans la création des cieux et de la terre, et l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les ūlū l-albāb — ceux qui se souviennent d’Allaah debout, assis, et sur leurs côtés, et qui réfléchissent sur la création des cieux et de la terre : « Notre Seigneur, Tu n’as pas créé cela en vain — gloire à Toi, préserve-nous du châtiment du Feu. »
S.3:192–194
رَبَّنَآ إِنَّكَ مَن تُدْخِلِ ٱلنَّارَ فَقَدْ أَخْزَيْتَهُۥ ۖ وَمَا لِلظَّـٰلِمِينَ مِنْ أَنصَارٍ ۝ رَّبَّنَآ إِنَّنَا سَمِعْنَا مُنَادِيًا يُنَادِى لِلْإِيمَـٰنِ أَنْ ءَامِنُوا۟ بِرَبِّكُمْ فَـَٔامَنَّا ۚ رَبَّنَا فَٱغْفِرْ لَنَا ذُنُوبَنَا وَكَفِّرْ عَنَّا سَيِّـَٔاتِنَا وَتَوَفَّنَا مَعَ ٱلْأَبْرَارِ ۝ رَبَّنَا وَءَاتِنَا مَا وَعَدتَّنَا عَلَىٰ رُسُلِكَ وَلَا تُخْزِنَا يَوْمَ ٱلْقِيَـٰمَةِ ۗ إِنَّكَ لَا تُخْلِفُ ٱلْمِيعَادَ
Rabbanā innaka man tudkhili l-nāra fa-qad akhzaytah — wa-mā li-l-ẓālimīna min anṣār — rabbanā innanā samiʿnā munādiyan yunādī li-l-īmāni an āminū bi-rabbikum fa-āmannā — rabbanā fa-ghfir lanā dhunūbanā wa-kaffir ʿannā sayyiʾātinā wa-tawaffanā maʿa l-abrār — rabbanā wa-ātinā mā waʿadtanā ʿalā rusulika wa-lā tukhzinā yawma l-qiyāmah — innaka lā tukhlifu l-mīʿād « Notre Seigneur, quiconque Tu fais entrer dans le Feu, Tu l’as certes couvert de honte — et pour les ẓālimūn, aucun secoureur. Notre Seigneur, nous avons entendu un appelant qui appelait à la foi : ‹ Croyez en votre Seigneur › — et nous avons cru. Notre Seigneur, pardonne-nous nos fautes, efface de nous nos mauvaises actions, et fais-nous mourir avec les abrār. Notre Seigneur, donne-nous ce que Tu nous as promis par Tes rusul, et ne nous couvre pas de honte au jour de la résurrection — Tu ne manques jamais à Ta promesse. »

Notes lexicales. يَتَفَكَّرُونَ yatafakkarūn — racine f-k-r : réfléchir, faire circuler la pensée sur un objet — première occurrence de cette racine relevée dans ce corpus. بَـٰطِلًا bāṭilan — racine b-ṭ-l : ce qui est vain, sans fondement, sans effet réel. أَخْزَيْتَهُۥ akhzaytahu — racine kh-z-y : couvrir de honte, d'humiliation. كَفِّرْ kaffir — racine k-f-r, forme II ici au sens d'« effacer/couvrir » une faute — à distinguer nettement du sens déjà établi de kafarū (couvrir sa reconnaissance) : même racine, mais orientée ici vers l'action d'Allaah d'effacer, non vers l'attitude reprochée aux hommes — les deux emplois partagent l'image de « couvrir », appliquée à des objets opposés (la reconnaissance qu'on couvre soi-même vs la faute qu'Allaah efface). ٱلْأَبْرَارِ al-abrār — même racine b-r-r que al-birr (S2:177, S2:189 ; S3:92) : ceux dont l'espace de conduite est ouvert, sans clôture — translittéré selon l'usage déjà fixé pour cette racine. تُخْلِفُ ٱلْمِيعَادَ tukhlifu l-mīʿād — racine kh-l-f (manquer, faire défaut) et w-ʿ-d (promesse) : ne pas manquer à un rendez-vous fixé.

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La réponse d'Allaah à leur invocation · S3:195

S.3:195
فَٱسْتَجَابَ لَهُمْ رَبُّهُمْ أَنِّى لَآ أُضِيعُ عَمَلَ عَـٰمِلٍ مِّنكُم مِّن ذَكَرٍ أَوْ أُنثَىٰ ۖ بَعْضُكُم مِّنۢ بَعْضٍ ۖ فَٱلَّذِينَ هَاجَرُوا۟ وَأُخْرِجُوا۟ مِن دِيَـٰرِهِمْ وَأُوذُوا۟ فِى سَبِيلِى وَقَـٰتَلُوا۟ وَقُتِلُوا۟ لَأُكَفِّرَنَّ عَنْهُمْ سَيِّـَٔاتِهِمْ وَلَأُدْخِلَنَّهُمْ جَنَّـٰتٍ تَجْرِى مِن تَحْتِهَا ٱلْأَنْهَـٰرُ ثَوَابًا مِّنْ عِندِ ٱللَّهِ ۗ وَٱللَّهُ عِندَهُۥ حُسْنُ ٱلثَّوَابِ
Fa-stajāba lahum rabbuhum annī lā uḍīʿu ʿamala ʿāmilin minkum min dhakarin aw unthā — baʿḍukum min baʿḍ — fa-lladhīna hājarū wa-ukhrijū min diyārihim wa-ūdhū fī sabīlī wa-qātalū wa-qutilū la-ukaffiranna ʿanhum sayyiʾātihim wa-la-udkhilannahum jannātin tajrī min taḥtihā l-anhāru thawāban min ʿindi llāh — wa-llāhu ʿindahu ḥusnu l-thawāb Leur Seigneur leur a répondu : « Je ne laisse se perdre l’œuvre d’aucun agissant parmi vous, homme ou femme — vous relevez les uns des autres. Ceux qui ont émigré, qui ont été expulsés de leurs demeures, qui ont subi un tort sur Mon chemin, qui ont combattu et ont été tués, J’effacerai certainement leurs mauvaises actions, et Je les ferai certainement entrer dans des jardins sous lesquels coulent les rivières, en rétribution venant d’Allaah — auprès d’Allaah se trouve la plus belle des rétributions. »

Notes lexicales. ٱسْتَجَابَ istajāba — même racine j-w-b que S3:172 et le titre de la Sourate 2, Al-Ijāba : réponse directe d'Allaah à l'invocation qui précède. بَعْضُكُم مِّنۢ بَعْضٍ baʿḍukum min baʿḍ — « vous relevez les uns des autres » : Ce que le texte dit établit explicitement une équivalence entre l'homme et la femme dans la non-perte de l'œuvre, avant même d'énumérer les situations d'épreuve. هَاجَرُوا۟ hājarū — racine h-j-r : quitter, se séparer d'un lieu. أُخْرِجُوا۟ ukhrijū — racine kh-r-j : faire sortir de force. أُوذُوا۟ ūdhū — même racine que adhā (S3:186) : subir un tort.

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Clôture de la sourate · S3:196–200

S.3:196–198
لَا يَغُرَّنَّكَ تَقَلُّبُ ٱلَّذِينَ كَفَرُوا۟ فِى ٱلْبِلَـٰدِ ۝ مَتَـٰعٌ قَلِيلٌ ثُمَّ مَأْوَىٰهُمْ جَهَنَّمُ ۚ وَبِئْسَ ٱلْمِهَادُ ۝ لَـٰكِنِ ٱلَّذِينَ ٱتَّقَوْا۟ رَبَّهُمْ لَهُمْ جَنَّـٰتٌ تَجْرِى مِن تَحْتِهَا ٱلْأَنْهَـٰرُ خَـٰلِدِينَ فِيهَا نُزُلًا مِّنْ عِندِ ٱللَّهِ ۗ وَمَا عِندَ ٱللَّهِ خَيْرٌ لِّلْأَبْرَارِ
Lā yaghurrannaka taqallubu lladhīna kafarū fi l-bilād — matāʿun qalīlun thumma maʾwāhum jahannam — wa-biʾsa l-mihād — lākini lladhīna ttaqaw rabbahum lahum jannātun tajrī min taḥtihā l-anhāru khālidīna fīhā nuzulan min ʿindi llāh — wa-mā ʿinda llāhi khayrun li-l-abrār Que ne te leurre pas l’aisance de ceux qui sont kāfirūn, allant et venant dans le pays — une jouissance passagère, puis leur refuge est jahannam : quel détestable lieu de repos. Mais ceux qui se sont prémunis envers leur Seigneur ont des jardins sous lesquels coulent les rivières, y demeurant, en accueil venant d’Allaah — ce qui est auprès d’Allaah est meilleur pour les abrār.
S.3:199
وَإِنَّ مِنْ أَهْلِ ٱلْكِتَـٰبِ لَمَن يُؤْمِنُ بِٱللَّهِ وَمَآ أُنزِلَ إِلَيْكُمْ وَمَآ أُنزِلَ إِلَيْهِمْ خَـٰشِعِينَ لِلَّهِ لَا يَشْتَرُونَ بِـَٔايَـٰتِ ٱللَّهِ ثَمَنًا قَلِيلًا ۗ أُو۟لَـٰٓئِكَ لَهُمْ أَجْرُهُمْ عِندَ رَبِّهِمْ ۗ إِنَّ ٱللَّهَ سَرِيعُ ٱلْحِسَابِ
Wa-inna min ahli l-kitābi la-man yuʾminu bi-llāhi wa-mā unzila ilaykum wa-mā unzila ilayhim khāshiʿīna li-llāhi lā yashtarūna bi-āyāti llāhi thamanan qalīlā — ulāʾika lahum ajruhum ʿinda rabbihim — inna llāha sarīʿu l-ḥisāb Et il y a certes, parmi les Gens du Livre, ceux qui croient en Allaah, à ce qui a été descendu vers vous et à ce qui a été descendu vers eux, s’inclinant devant Allaah, n’échangeant pas les āyāt d’Allaah contre un prix dérisoire — ceux-là ont leur rétribution auprès de leur Seigneur : Allaah est prompt à faire le compte.

Notes lexicales. تَقَلُّبُ taqallub — même racine q-l-b que tanqalibū (S3:149), yanqalib (S3:144), fa-nqalabū (S3:174) : ici au sens d'aisance/mobilité dans le pays — la racine q-l-b (retournement) revient une nouvelle fois, appliquée à un mouvement apparemment favorable, mais présenté comme passager. مِهَادُ mihād — même racine m-h-d que al-mihād (S3:12) : ce qui est étendu pour servir d'assise. نُزُلًا nuzulan — racine n-z-l, déjà rencontrée sous forme verbale (S3:3) : ici, un accueil offert, un hébergement préparé. خَـٰشِعِينَ khāshiʿīn — racine kh-sh-ʿ : l'abaissement volontaire, la soumission qui s'incline. سَرِيعُ ٱلْحِسَابِ sarīʿu l-ḥisāb — racine ḥ-s-b déjà rencontrée : le compte est ici qualifié de rapide, sans délai.

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Clôture de la Sourate 3. Le dernier verset condense, en un seul impératif à quatre volets, l'ensemble des fils tissés dans la sourate : la ṣabr (patience/tenue ferme, déjà rencontrée à de nombreuses reprises, notamment S3:146, S3:186), la muṣābara (forme III, une patience exercée en confrontation directe, réciproque), le ribāṭ (le fait de se tenir attaché, posté fermement), et la taqwā.

S.3:200
يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ ٱصْبِرُوا۟ وَصَابِرُوا۟ وَرَابِطُوا۟ وَٱتَّقُوا۟ ٱللَّهَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ
Yā-ayyuhā lladhīna āmanū ṣbirū wa-ṣābirū wa-rābiṭū wa-ttaqu llāha laʿallakum tufliḥūn Ô vous qui avez cru, tenez ferme, tenez ferme face à l’adversité, restez attachés en position, et prémunissez-vous d’Allaah — peut-être serez-vous parmi les mufliḥūn.

Notes lexicales. ٱصْبِرُوا۟ ṣbirū — racine ṣ-b-r, déjà établie : tenue ferme, contention active face à la pression. وَصَابِرُوا۟ ṣābirū — forme III de la même racine : une ṣabr exercée face à un vis-à-vis, dans une confrontation (le format grammatical de la forme III implique une réciprocité ou une confrontation directe avec un adversaire). وَرَابِطُوا۟ rābiṭū — racine r-b-ṭ : lier, attacher fermement — au sens concret, tenir une position à laquelle on s'est attaché, ne pas quitter le poste. Ce que le texte dit : la gradation entre les trois impératifs (tenir ferme, tenir ferme face à un adversaire, rester attaché au poste) précède, et non suit, l'injonction à la taqwā — la fermeté est requise en amont de la formule de clôture déjà rencontrée à l'ouverture du Bloc V (S3:130, « wa-ttaqu llāha laʿallakum tufliḥūn »), bouclant ainsi la sourate sur la même clausule qu'à son deux-centième-et-unième verset avant la fin de ce segment.

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Barāʾa du bloc

Cette traduction est conduite selon la méthode islamducoran.fr. Elle n'est pas prescriptive. Elle est révisable à la lumière du texte. L'unique garant de la compréhension est Allaah.

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