Structure du Bloc I. Ouverture de la Sourate 4 (An-Nisāʾ). Quatre ensembles : l’origine unique de l’espèce humaine et l’appel à la taqwā envers Allaah et envers les arḥām (S4:1) ; la protection des biens des orphelins — remise, gestion, mise à l’épreuve du rushd (S4:2–10) ; les farāʾiḍ de l’héritage et les ḥudūd d’Allaah qui les encadrent (S4:11–14) ; la fāḥisha, les conditions du retour (tawba), le respect dû aux femmes dans le mariage, et la clôture sur les unions interdites — les maḥārim (S4:15–23).
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.4:1 | Origine unique, taqwā, les arḥām |
| S.4:2 | Remettre aux orphelins leurs biens |
| S.4:3 | Crainte d’iniquité envers les orphelines — le mariage jusqu’à quatre |
| S.4:4 | La dot des femmes comme niḥla |
| S.4:5 | Les biens confiés aux sufahāʾ |
| S.4:6 | L’épreuve du rushd et la remise des biens |
| S.4:7 | La part des hommes et des femmes dans l’héritage |
| S.4:8 | Les proches, orphelins et indigents présents au partage |
| S.4:9 | La crainte pour sa propre descendance vulnérable |
| S.4:10 | Dévorer les biens des orphelins — le feu dans les ventres |
| S.4:11 | Les parts fixées — enfants et parents |
| S.4:12 | Les parts fixées — époux, épouses, kalāla |
| S.4:13–14 | Les ḥudūd d’Allaah — obéissance et transgression |
| S.4:15 | La fāḥisha chez les femmes — quatre témoins |
| S.4:16 | Les deux qui la commettent — la voie du retour |
| S.4:17–18 | Les conditions du retour accueilli |
| S.4:19 | Ne pas hériter des femmes contre leur gré |
| S.4:20–21 | La substitution d’épouse — le mīthāq ghalīẓ |
| S.4:22 | Les unions déjà contractées par les pères |
| S.4:23 | La liste des unions interdites — les maḥārim |
Origine unique, taqwā, les arḥām · S4:1
S.4:1 · L’appel d’ouverture
- ttaqū
- racine *w-q-y*, déjà établie (étude dédiée Les muttaqūn) : « ceux qui se constituent une protection, une mise à l'abri » — non simplement « les pieux ». Selon la méthode retenue ici, *taqwā* est conservé en translittération ; la forme verbale est rendue par « se constituer une taqwā », non par « se prémunir », afin de garder visible en français le nom d'action *taqwā* lui-même.
- nafs wāḥida
- racine n-f-s : un principe vivant unique, non genré par le terme lui-même. Le texte ne précise pas ici la modalité de la création du *zawj* « à partir » de ce *nafs* (*minhā*) ; toute précision sur un mode opératoire (par exemple une côte) est une importation extérieure au texte — non-dit.
- zawj
- terme non genré en arabe : désigne l'élément appareillé, qu'il s'agisse de l'époux ou de l'épouse. Le contexte seul (ici, le fait que *minhā* soit issu du *nafs* premier) oriente la lecture.
- tasāʾalūna bihi
- racine s-ʾ-l, forme réciproque : vous vous interpellez, vous vous adressez des demandes les uns aux autres en invoquant Son nom — pratique langagière d'engagement mutuel par le nom d'Allaah.
- al-arḥām
- pluriel de *raḥim* : les liens de matrice, la parenté utérine. Le texte place la *taqwā* envers Allaah et l'égard dû aux *arḥām* dans la même structure grammaticale, sans les confondre — inférence : cette juxtaposition, plusieurs fois reprise dans la sourate (cf. S4:7 et suivants), inscrit la protection des liens de parenté comme un fil directeur du texte à venir.
- raqīb
- racine r-q-b : ce qui observe de près, veille sans relâche — au-delà du simple « témoin ».
Les orphelins et la protection de leurs biens · S4:2–10
S.4:2 · Remettre aux orphelins leurs biens
- al-yatāmā
- pluriel de *yatīm*, racine y-t-m : l'état de solitude, d'isolement — appliqué à l'enfant privé de son père avant l'âge adulte.
- al-khabīth / al-ṭayyib
- opposition qualitative entre le vicié et le sain — racines kh-b-th et ṭ-y-b. Le verset vise l'échange frauduleux : substituer aux biens des orphelins ce qui est de moindre valeur.
- ḥūb kabīr
- racine ḥ-w-b : faute grave, lourde à porter — terme peu fréquent dans le corpus coranique, qui marque la sévérité particulière attachée à cette transgression.
S.4:3 · Crainte d’iniquité envers les orphelines — le mariage jusqu’à quatre
Avertissement de méthode — S4:3. Ce verset est parmi les plus lus et les plus déformés du Coran. Trois points exigent l’honnêteté que la méthode impose. (1) Le lien logique entre la première et la seconde clause n’est pas explicité par le texte. La syntaxe juxtapose « si vous craignez de ne pas agir avec qisṭ envers les orphelines » et « épousez alors, parmi les femmes… » sans marqueur causal qui dise pourquoi la seconde suit la première. Deux lectures intra-linguistiques coexistent : (a) le verset autorise d’épouser les orphelines elles-mêmes, à condition de leur assurer l’équité qu’on craint de ne pas tenir ; (b) le verset invite, en cas de crainte d’iniquité envers les orphelines placées sous sa charge, à épouser d’autres femmes plutôt qu’elles. Le texte seul, sans apport extérieur, ne tranche pas entre ces deux lectures — les deux sont présentées ici, aucune n’est retenue comme la seule légitime. (2) « mā ṭāba lakum » (ce qui vous est bon) qualifie la femme comme sujet de choix, non comme objet passif — la racine ṭ-y-b (le sain, l’agréable) porte sur la disposition du choix, non sur une évaluation de la femme elle-même. (3) Aʿdilū (racine ʿ-d-l, équilibre) diffère de tuqsiṭū (racine q-s-ṭ, répartition juste) employé dans la première clause — le texte n’emploie pas deux fois le même mot ; cette distinction lexicale est dite, sa portée exacte reste inférence.
- taʿūlū
- racine ʿ-w-l : deux lectures attestées chez les lexicographes anciens, non tranchées ici. (1) Ibn Fāris rattache le sens premier au *mayl* — dévier, s'écarter de la droiture — d'où « ne pas verser dans l'injustice ». (2) Une seconde lecture, également attestée, relie le terme à la charge de nombreuses personnes à sa charge — « ne pas se surcharger de dépendants ». Le texte seul ne permet pas de choisir entre les deux ; les deux sont retenues comme possibles.
- mā malakat aymānukum
- littéralement « ce que vos mains droites possèdent ». Le texte emploie cette expression sans la définir ni en préciser ici le statut juridique au-delà de la formule elle-même — non-dit : toute reconstruction du cadre social qu'elle recouvrait est extérieure à ce verset.
S.4:4 · La dot des femmes comme niḥla
- ṣaduqāt
- racine ṣ-d-q : la vérité, la sincérité, la conformité entre la parole et l'acte. *Ṣaduqa* (dot) : ce qui atteste par un acte tangible la sincérité de l'engagement pris — non un prix d'acquisition de la femme, mais un don qui vérifie l'engagement. Conservé en translittération : « dot » vient du latin *dos/dotare* et ne porte pas ce lien étymologique à la sincérité.
- niḥla
- racine n-ḥ-l : don pur, gratuit, sans contrepartie attendue. Le terme souligne que la *ṣaduqa* n'est pas un prix d'acquisition mais un don dû, remis à la femme elle-même — non à sa famille.
- ṭibna lakum ʿan shayʾin minhu nafsan
- consentement provenant explicitement du *nafs* — de la disposition intérieure de la femme, non d'une pression extérieure. Le texte fait de ce consentement la condition unique pour que l'homme puisse légitimement recevoir une partie de la dot en retour.
S.4:5 · Les biens confiés aux sufahāʾ
- sufahāʾ
- racine s-f-h : légèreté, absence de solidité de jugement. Ici, le référent visé est financier — ceux dont le discernement en matière de gestion des biens n'est pas mûr. Non-dit : le texte ne fusionne pas ce référent avec celui de S2:13 (où *sufahāʾ* qualifiait un refus de croire) ; seul le contexte distingue les deux emplois.
- qiyām
- racine q-w-m : ce qui tient debout, base sur laquelle repose la subsistance collective. Les biens sont désignés comme l'assise même de la stabilité du groupe, non comme une propriété purement individuelle.
- qawlan maʿrūfan
- racine ʿ-r-f : une parole reconnue comme bonne par l'usage commun. Cette expression reviendra à plusieurs reprises dans la sourate.
S.4:6 · L’épreuve du rushd et la remise des biens
- balaghu n-nikāḥ
- *balagha* (racine b-l-gh) : atteindre, parvenir à un terme. *Nikāḥ* (racine n-k-ḥ) : l'union conjugale. « Atteindre le *nikāḥ* » : parvenir à l'âge où l'union devient concevable — le texte pose ce repère physiologique sans le chiffrer, et le distingue du *rushd* qui suit, critère de maturité de jugement, non d'âge.
- rushd
- racine r-sh-d : maturité de jugement droit, capacité avérée à gérer sagement. Le texte pose ce seul critère — constaté, non présumé — pour la remise des biens, sans mention d'un âge chiffré.
- isrāf / bidār
- deux fautes distinctes nommées ensemble : le gaspillage excessif (*isrāf*, racine s-r-f) et la précipitation calculée (*bidār*, racine b-d-r) — consommer les biens de l'orphelin avant qu'il n'atteigne l'âge de les réclamer.
- yastaʿfif
- racine ʿ-f-f : s'abstenir par une retenue volontaire et active, non par simple absence de besoin.
- ḥasīb
- racine ḥ-s-b : Ce qui tient un compte exact, Ce qui suffit à calculer sans reste.
S.4:7 · La part des hommes et des femmes dans l’héritage
- naṣīb
- racine n-ṣ-b : ce qui est dressé, planté, assigné en un lieu fixe — d'où la part attribuée, fixée. Conservé en translittération : « part » en français ne porte pas cette image d'une chose dressée, assignée à demeure.
- naṣīban mafrūḍan / farḍ
- racine f-r-ḍ : une fraction légale fixée, contraignante — non laissée à l'appréciation des héritiers. Le verset pose le principe général (une part pour chaque sexe) avant que S4:11–12 n'en donnent les proportions.
S.4:8 · Les proches, orphelins et indigents présents au partage
- ūlū l-qurbā
- racine q-r-b : la proximité. *Ūlū l-qurbā* : ceux qui détiennent la proximité — les proches, sans que le degré de parenté visé soit ici précisé par le texte lui-même.
- masākīn
- pluriel de *miskīn*, racine s-k-n : ce qui s'arrête, se stabilise, s'apaise (le même mouvement que *sakīna*). *Miskīn* : celui que le manque a rendu immobile, dépourvu de mouvement pour subvenir à ses besoins — distinct du *faqīr* (S4:6), dont le manque n'implique pas nécessairement cette immobilisation.
S.4:9 · La crainte pour sa propre descendance vulnérable
- dhurriyya
- racine dh-r-r : ce qui est dispersé, répandu en petites parcelles (*dharra* : la particule infime). *Dhurriyya* : la descendance, envisagée comme une dissémination continue à partir d'une souche. Conservé en translittération.
- destinataire du verset
- Non-dit : le texte ne nomme pas explicitement à qui s'adresse cette mise en garde. Sa position — immédiatement après les versets sur les biens des orphelins — suggère une analogie (traiter les orphelins d'autrui comme on voudrait que sa propre descendance soit traitée), mais ce lien reste une inférence de contexte, non une affirmation du texte lui-même.
- qawlan sadīdan
- racine s-d-d : une parole qui vise juste, sans écart — le même syntagme reparaît en S33:70.
S.4:10 · Dévorer les biens des orphelins — le feu dans les ventres
- saʿīr
- racine s-ʿ-r : attiser, embraser, porter un feu à son intensité maximale (le mot est aussi celui du prix du marché « attisé » par la demande). *Saʿīr* : le feu porté à son comble, entretenu, attisé. Conservé en translittération : « brasier » en rend l'intensité sans le lien à l'idée d'attisement actif et continu.
Les farāʾiḍ de l’héritage et les ḥudūd d’Allaah · S4:11–14
Note de méthode — S4:11–12. Ces deux versets fixent, avec une précision arithmétique rare dans le Coran, les parts d’héritage. Ils sont traités ici pour ce qu’ils disent littéralement ; toute application (ordre de priorité entre héritiers, cas non couverts explicitement) relevant du raisonnement juridique ultérieur est signalée comme telle et non intégrée au texte.
S.4:11 · Les parts fixées — enfants et parents
- walad / awlād
- racine w-l-d (engendrer) : le terme n'est pas marqué au masculin dans sa forme lexicale — il désigne l'enfant, le descendant, indépendamment du sexe, à la différence d'*ibn* (fils) employé plus loin dans le même verset pour un autre usage (« vos fils », *abnāʾukum*). C'est un fait lexical dit par la langue elle-même ; ses conséquences précises sur le calcul des parts selon le sexe de ce *walad* relèvent d'un raisonnement ultérieur, non traité ici.
- dhakar
- racine dh-k-r : le mâle — distingué ici d'*unthā* (la femelle). La racine est aussi celle du souvenir et de la mention (*dhikr*) ; les lexicographes ne rattachent pas les deux champs l'un à l'autre par une dérivation directe attestée, mais notent la coïncidence des lettres. Conservé en translittération dans ce contexte de partage successoral, où il est mis en regard direct avec *unthayayn* (deux femelles).
- ikhwa
- pluriel masculin pouvant, en arabe, désigner un groupe mixte de frères et sœurs — le texte ne précise pas ici la composition exacte de ce groupe ni le nombre minimal qui déclenche le passage du tiers au sixième pour la mère.
- waṣiyya / dayn
- le texte place explicitement l'exécution du legs et le règlement de la dette *avant* la répartition des parts fixées — ordre de priorité *dit* sans ambiguïté.
- farīḍa
- racine f-r-ḍ : une prescription tranchée, fixée — le même champ lexical que *farḍ* et *mafrūḍ* en S4:7.
Résumé des parts explicitement fixées par S4:11 (à titre de synthèse de lecture, non une addition au texte) :
| Héritier | Part |
|---|---|
| Un fils, seul ou avec des filles | le double de la part d’une fille |
| Deux filles ou plus (sans fils) | deux tiers de l’ensemble |
| Une fille unique (sans fils) | la moitié |
| Chaque parent, si le défunt a un walad | un sixième chacun |
| La mère, si le défunt n’a pas de walad ni de ikhwa | un tiers |
| La mère, si le défunt a des ikhwa | un sixième |
S.4:12 · Les parts fixées — époux, épouses, kalāla
- kalāla
- racine k-l-l : ce qui entoure, ce qui ceint sans ligne directe — le terme désigne la situation d'une personne décédée sans lien d'héritage direct ascendant ou descendant. Le texte l'emploie ici sans le définir explicitement ; sa seule autre occurrence coranique est la clôture de cette même sourate (S4:176), qui traite un cas de *kalāla* précis (frère ou sœur unique) sans en donner davantage la définition générale — cohérence intra-coranique à noter, mais non-dit : aucune définition lexicale exhaustive du terme n'est fournie par le texte en dehors de ces deux emplois contextuels.
- ghayra muḍārr
- racine ḍ-r-r : « sans nuire » — condition explicitement attachée à la validité du legs ou de la dette invoqués : le testateur ne doit pas s'en servir pour léser les héritiers désignés par les parts qui précèdent.
- ḥalīm
- racine ḥ-l-m : la retenue devant ce qui provoquerait la précipitation ou la colère, la maîtrise de soi qui diffère la réaction. Ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah comme *Ḥalīm* : Ce qui ne précipite pas la sanction bien qu'Il en ait pleine capacité. Distinct de *ʿAfuww* (Ce qui efface) et de *Ghafūr* (Ce qui couvre la faute) : le *ḥilm* porte sur le délai, non sur l'effacement.
S.4:13–14 · Les ḥudūd d’Allaah — obéissance et transgression
- ḥudūd
- racine ḥ-d-d : limites fixées et tranchées. Ici, le démonstratif *tilka* (« voilà ») rattache explicitement le terme aux règles de l'héritage qui précèdent (S4:11–12) — non-dit : le texte n'étend pas ici la portée du terme à l'ensemble de la législation.
- fawz
- racine f-w-z : une réussite qui échappe à un péril, une victoire acquise en surmontant un risque.
La fāḥisha, la tawba, et le respect dû aux femmes · S4:15–21
S.4:15 · La fāḥisha chez les femmes — quatre témoins
- fāḥisha
- racine f-ḥ-sh : un acte dont la laideur dépasse la mesure — terme générique. Non-dit : le texte ne précise pas ici, par lui-même, la nature exacte de l'acte visé.
- aw yajʿala llāhu lahunna sabīlan
- le texte annonce une issue à venir sans la préciser dans ce verset — non-dit pour S4:15 pris isolément ; le verset suivant (S4:16) est généralement lu comme apportant cette précision, mais ce lien relève de la lecture en contexte, non d'une affirmation explicite de S4:15 lui-même.
S.4:16 · Les deux qui la commettent — la voie du retour
- ādhūhumā
- racine ʾ-dh-y : causer un tort ou un désagrément, sans plus de précision. Non-dit : le texte ne précise pas la nature de cette mesure, à la différence de la réclusion explicitement décrite au verset précédent.
- tāba / yatūbūn
- racine t-w-b : revenir, faire retour — verbe de mouvement avant d'être un terme technique. Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) rattache la racine à *al-rujūʿ* — le retour, exactement comme pour *mathāba*/*thawāb* (racine voisine *th-w-b*, voir S.2:125). Conservé en translittération sous la forme « faire un retour » plutôt que « se repentir » : le français « repentir » insiste sur le regret intérieur, quand la racine arabe insiste sur le mouvement même du retour.
- at-Tawwāb
- forme d'intensité (*fawwāl*) de la racine *t-w-b* : ce qui accueille sans cesse, à chaque fois, le retour de qui revient. Ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah comme *at-Tawwāb* : Ce dont l'accueil du retour ne se lasse ni ne se limite dans le nombre de fois où il est sollicité.
S.4:17–18 · Les conditions du retour accueilli
- jahāla
- racine j-h-l : l'état de méconnaissance ou d'inconscience du poids de l'acte au moment où il est commis — non nécessairement une ignorance factuelle de l'interdit lui-même.
- min qarīb
- proximité temporelle du retour. Non-dit : le texte ne fixe aucune durée chiffrée.
- kuffār
- pluriel de *kāfir* — conservé en translittération par défaut, conformément à l'étude dédiée Le kāfir dans le Coran.
S.4:19 · Ne pas hériter des femmes contre leur gré
- tarithu n-nisāʾa karhan
- « hériter des femmes contre leur gré » : le texte nomme cette pratique pour l'interdire, sans la décrire davantage — non-dit quant à ses modalités concrètes.
- taʿḍulūhunna
- racine ʿ-ḍ-l : faire obstruction, empêcher par la contrainte — ici, retenir une femme dans le lien conjugal contre son gré, dans le but de lui extorquer un bien.
- fāḥisha mubayyina
- *fāḥisha* rendue manifeste, prouvée — non simplement soupçonnée. Racine b-y-n, celle de la clarté rendue visible.
S.4:20–21 · La substitution d’épouse — le mīthāq ghalīẓ
- qinṭār
- une somme considérable — quantité non chiffrée par le texte lui-même.
- afḍā
- racine f-ḍ-y : parvenir à, s'ouvrir l'un à l'autre — désigne l'union conjugale accomplie, sans détail explicite au-delà de ce terme.
- mīthāq ghalīẓ
- un engagement d'une solidité et d'une gravité particulières. Inférence : l'expression n'est employée ailleurs dans le Coran que pour l'alliance prise des *nabiyyūn* (S3:81, S33:7) — un rapprochement lexical notable entre les deux emplois, que le texte lui-même ne commente pas.
Les unions interdites · S4:22–23
S.4:22 · Les unions déjà contractées par les pères
- mā qad salaf
- clause de non-rétroactivité explicite — ce qui a eu lieu avant l'énoncé de l'interdiction n'est pas visé par elle. La même clause reparaît en S4:23.
- maqt
- racine m-q-t : aversion intense, au-delà du simple blâme.
S.4:23 · La liste des unions interdites — les maḥārim
- rabāʾib
- racine r-b-b : les belles-filles, filles de l'épouse issues d'un lien antérieur — littéralement celles qui sont « élevées », prises en charge.
- fī ḥujūrikum
- littéralement « dans votre giron », sous votre garde. Non-dit : le texte ne précise pas si cette mention constitue une condition supplémentaire à l'interdiction, ou une simple description de la situation habituelle — question linguistique réelle, non tranchée par le verset seul.
- min aṣlābikum
- « issus de vos reins » : précise qu'il s'agit des fils biologiques. Inférence de contexte plus large : cette précision fait écho à la question du fils adoptif traitée ailleurs (S33:4–5), non abordée dans ce verset.
- akhawātukum mina r-raḍāʿa
- l'allaitement (*raḍāʿa*) crée un lien assimilé ici à la parenté de sang, sans que le texte n'en précise la durée ou le seuil.