Structure du Bloc X — dernier bloc de la sourate. Ce qu’ont demandé les gens du Livre, le veau, le rejet du mīthāq (S4:153–155) ; le buhtān immense contre Maryam, et le point le plus lourd du bloc — ce que le texte dit et ne dit pas sur la mort du Messie (S4:156–159) ; l’injustice de ceux qui pratiquent le judaïsme, le ribā interdit, ceux enracinés dans le savoir (S4:160–162) ; la waḥy accordée à une longue liste de nabiyyīn, et rusul non nommés (S4:163–165) ; le témoignage d’Allaah et des anges (S4:166) ; ceux qui se détournent, sans pardon ni guidance (S4:167–169) ; l’appel adressé à l’humanité entière (S4:170) ; le second point le plus lourd du bloc — l’interdiction de dire « trois », et le statut d’ʿĪsā comme rasūl, kalima et rūḥ venant de Lui (S4:171–172) ; la rétribution de ceux qui croient et de ceux qui se détournent avec orgueil (S4:173) ; le burhān et le nūr manifeste envoyés à l’humanité (S4:174–175) ; la clôture de la sourate sur la kalāla, en écho direct à S4:12 (S4:176).

Sommaire du bloc

Réf. Titre thématique
S.4:153–155 Ce qu’ont demandé les gens du Livre — le veau, le rejet du mīthāq
S.4:156 Le buhtān immense contre Maryam
S.4:157–158 Ce que le texte dit — et ne dit pas — sur la mort du Messie
S.4:159 Le témoignage attendu au Jour de la Résurrection
S.4:160–162 L’injustice, le ribā interdit, ceux enracinés dans le savoir
S.4:163–165 La waḥy — une longue liste de nabiyyīn, et des rusul non nommés
S.4:166 Le témoignage d’Allaah et des anges
S.4:167–169 Ceux qui se détournent — sans pardon ni guidance
S.4:170 L’appel adressé à l’humanité entière
S.4:171–172 Ne pas dire « trois » — ʿĪsā, rasūl, kalima, rūḥ venant de Lui
S.4:173 La rétribution de ceux qui croient et de ceux qui se détournent avec orgueil
S.4:174–175 Le burhān et le nūr manifeste
S.4:176 La clôture de la sourate — la kalāla, en écho à S4:12

Ce qu’ont demandé les gens du Livre — le veau, le rejet du mīthāq · S4:153–155

S.4:153 · Un Livre du ciel, et ce que Mūsā a déjà demandé de plus grand

S.4:153
يَسْأَلُكَ أَهْلُ الْكِتَابِ أَن تُنَزِّلَ عَلَيْهِمْ كِتَابًا مِنَ السَّمَاءِ ۚ فَقَدْ سَأَلُوا مُوسَىٰ أَكْبَرَ مِنْ ذَٰلِكَ فَقَالُوا أَرِنَا اللَّهَ جَهْرَةً فَأَخَذَتْهُمُ الصَّاعِقَةُ بِظُلْمِهِمْ ۚ ثُمَّ اتَّخَذُوا الْعِجْلَ مِنْ بَعْدِ مَا جَاءَتْهُمُ الْبَيِّنَاتُ فَعَفَوْنَا عَنْ ذَٰلِكَ ۚ وَآتَيْنَا مُوسَىٰ سُلْطَانًا مُبِينًا
Yasʾaluka ahlu l-kitābi an tunazzila ʿalayhim kitāban mina s-samāʾi — fa-qad saʾalū mūsā akbara min dhālika fa-qālū arinā llāha jahratan fa-akhadhathumu ṣ-ṣāʿiqatu bi-ẓulmihim — thumma ttakhadhū l-ʿijla min baʿdi mā jāʾathumu l-bayyinātu fa-ʿafawnā ʿan dhālika — wa-ātaynā mūsā sulṭānan mubīnā Les gens du Livre te demandent de faire descendre sur eux un Livre du ciel — or ils ont demandé à Mūsā plus grand que cela : ils ont dit : « Montre-nous Allaah ouvertement (jahratan) » — la ṣāʿiqa les saisit alors pour leur injustice. Puis ils prirent le veau après que les preuves manifestes (al-bayyināt) leur furent venues — Nous avons pardonné cela — et Nous avons donné à Mūsā un sulṭān manifeste.
Notes lexicales
arinā llāha jahratan
« Montre-nous Allaah ouvertement » — le texte rapporte cette demande au discours direct, comme celle d'un groupe précis à un moment précis, sans en faire ici une affirmation générale sur la possibilité ou l'impossibilité de voir Allaah.
aṣ-ṣāʿiqa
racine ṣ-ʿ-q : la foudre, le choc violent qui frappe et assomme — un événement nommé sans détail circonstanciel supplémentaire dans ce verset.

S.4:154–155 · Le mīthāq et son rejet

S.4:154–155
وَرَفَعْنَا فَوْقَهُمُ الطُّورَ بِمِيثَاقِهِمْ وَقُلْنَا لَهُمُ ادْخُلُوا الْبَابَ سُجَّدًا وَقُلْنَا لَهُمْ لَا تَعْدُوا فِي السَّبْتِ وَأَخَذْنَا مِنْهُمْ مِيثَاقًا غَلِيظًا * فَبِمَا نَقْضِهِمْ مِيثَاقَهُمْ وَكُفْرِهِمْ بِآيَاتِ اللَّهِ وَقَتْلِهِمُ الْأَنْبِيَاءَ بِغَيْرِ حَقٍّ وَقَوْلِهِمْ قُلُوبُنَا غُلْفٌ ۚ بَلْ طَبَعَ اللَّهُ عَلَيْهَا بِكُفْرِهِمْ فَلَا يُؤْمِنُونَ إِلَّا قَلِيلًا
Wa-rafaʿnā fawqahumu ṭ-ṭūra bi-mīthāqihim wa-qulnā lahumu dkhulū l-bāba sujjadan wa-qulnā lahum lā taʿdū fi s-sabti wa-akhadhnā minhum mīthāqan ghalīẓā * Fa-bimā naqḍihim mīthāqahum wa-kufrihim bi-āyāti llāhi wa-qatlihimu l-anbiyāʾa bi-ghayri ḥaqqin wa-qawlihim qulūbunā ghulfun — bal ṭabaʿa llāhu ʿalayhā bi-kufrihim fa-lā yuʾminūna illā qalīlā Et Nous avons élevé au-dessus d’eux le Mont, pour leur mīthāq, et Nous leur avons dit : « Entrez par la porte en vous prosternant (sujjadan) », et Nous leur avons dit : « Ne transgressez pas (lā taʿdū) le sabt » — et Nous avons pris d’eux un mīthāq ferme (ghalīẓ). Alors, pour avoir rompu leur mīthāq, rejeté (kufr) les āyāt d’Allaah, tué les anbiyāʾ sans droit (bi-ghayri ḥaqq), et dit : « Nos cœurs sont ghulf » — c’est plutôt qu’Allaah les a scellés (ṭabaʿa) pour leur kufr : ils ne croient que peu.
Notes lexicales
as-sabt
déjà rencontré en S4:47 (Bloc III), référence allusive au groupe qui a transgressé le *sabt* (*aṣḥāb as-sabt*) — voir la note posée à cet endroit.
qulūbunā ghulf
racine gh-l-f : enveloppé, recouvert, muni d'une gaine — la prétention rapportée (« nos cœurs sont recouverts », donc incapables de recevoir le message) est directement corrigée par le texte lui-même (*bal ṭabaʿa llāhu ʿalayhā bi-kufrihim* : « c'est plutôt qu'Allaah les a scellés pour leur *kufr* ») — le texte inverse la cause invoquée par les locuteurs eux-mêmes.

Le buhtān immense contre Maryam · S4:156

S.4:156 · Une calomnie immense

S.4:156
وَبِكُفْرِهِمْ وَقَوْلِهِمْ عَلَىٰ مَرْيَمَ بُهْتَانًا عَظِيمًا
Wa-bi-kufrihim wa-qawlihim ʿalā maryama buhtānan ʿaẓīmā Et pour leur kufr, et pour avoir dit sur Maryam un buhtān immense.
Notes lexicales
buhtān
même terme qu'en S4:112 (Bloc VII) — racine b-h-t, la calomnie qui laisse celui qui la reçoit stupéfait, sans mot. Dit : le texte qualifie l'accusation portée contre Maryam de *buhtān* — sans en détailler ici le contenu précis, qui n'est pas nommé dans ce seul verset.

Ce que le texte dit — et ne dit pas — sur la mort du Messie · S4:157–158

S.4:157 · Ils ne l’ont pas tué avec certitude

S.4:157
وَقَوْلِهِمْ إِنَّا قَتَلْنَا الْمَسِيحَ عِيسَى ابْنَ مَرْيَمَ رَسُولَ اللَّهِ وَمَا قَتَلُوهُ وَمَا صَلَبُوهُ وَلَٰكِنْ شُبِّهَ لَهُمْ ۚ وَإِنَّ الَّذِينَ اخْتَلَفُوا فِيهِ لَفِي شَكٍّ مِنْهُ ۚ مَا لَهُمْ بِهِ مِنْ عِلْمٍ إِلَّا اتِّبَاعَ الظَّنِّ ۚ وَمَا قَتَلُوهُ يَقِينًا
Wa-qawlihim innā qatalnā l-masīḥa ʿīsā bna maryama rasūla llāhi wa-mā qatalūhu wa-mā ṣalabūhu wa-lākin shubbiha lahum — wa-inna lladhīna khtalafū fīhi la-fī shakkin minhu — mā lahum bihi min ʿilmin illā ttibāʿa ẓ-ẓanni — wa-mā qatalūhu yaqīnā Et pour avoir dit : « Nous avons tué le Messie, ʿĪsā fils de Maryam, rasūl d’Allaah » — alors qu’ils ne l’ont pas tué et ne l’ont pas crucifié, mais cela leur a été rendu semblable (shubbiha lahum). Et ceux qui divergent à son sujet sont, certes, dans le doute (shakk) à son égard — ils n’en ont aucune connaissance, sinon de suivre la conjecture (ẓann) — et ils ne l’ont assurément pas tué (yaqīnan).

Avertissement de méthode — S4:157, verset exigeant l’honnêteté la plus stricte. Ce verset est l’un des plus discutés du Coran, et d’innombrables constructions narratives lui ont été ajoutées à travers l’histoire de l’exégèse (substitution par un sosie, un volontaire, etc.). La méthode de ce site impose de dire précisément ce que le texte affirme, et rien de plus. (1) Ce que le texte affirme positivement, trois fois répété sous des formes différentes : mā qatalūhu (ils ne l’ont pas tué), mā ṣalabūhu (ils ne l’ont pas crucifié), mā qatalūhu yaqīnan (ils ne l’ont assurément pas tué). Le texte nie donc, avec insistance répétée, que ceux visés (hum, les gens du Livre du passage) l’aient tué ou crucifié. (2) Le terme clé, shubbiha lahum, est de forme passive et n’identifie aucun agent ni aucun mécanisme. Racine sh-b-h (ressembler) — littéralement : « cela leur a été rendu semblable » ou « cela leur est apparu de façon ambiguë ». Le texte ne dit pas qui ou quoi a été rendu semblable à quoi, ni par quel moyen. Toute reconstruction narrative précise (un autre homme substitué, une apparence trompeuse, etc.) est une inférence ajoutée au texte, non une donnée du texte lui-même. (3) Le texte signale lui-même l’incertitude de ceux qui en discutent : inna lladhīna khtalafū fīhi la-fī shakkin minhu — « ceux qui divergent à son sujet sont dans le doute » — mā lahum bihi min ʿilmin illā ttibāʿa ẓ-ẓann — « ils n’en ont aucune connaissance, sinon de suivre la conjecture ». Dit : une négation ferme et répétée de la mort par mise à mort ou crucifixion, telle que revendiquée par les locuteurs du verset. Non-dit : le mécanisme exact de ce qui s’est produit à la place — ce verset, pris seul, ne le fournit pas, et le signale même explicitement comme objet de doute pour ceux qui en discutent.

Notes lexicales
shubbiha lahum
forme II passive de sh-b-h (ressembler, être semblable) : « cela leur a été rendu semblable ». Verbe impersonnel, sans sujet nommé dans le texte — la question de savoir *quoi* a été rendu semblable à *quoi* n'est pas résolue par ce seul verset.
ẓann
racine ẓ-n-n : l'opinion, la conjecture, par opposition au *ʿilm* (le savoir assuré) — terme récurrent dans le Coran pour qualifier une croyance non fondée sur une connaissance certaine.

S.4:158 · Allaah l’a élevé vers Lui

S.4:158
بَلْ رَفَعَهُ اللَّهُ إِلَيْهِ ۚ وَكَانَ اللَّهُ عَزِيزًا حَكِيمًا
Bal rafaʿahu llāhu ilayhi — wa-kāna llāhu ʿazīzan ḥakīmā C’est plutôt qu’Allaah l’a élevé (rafaʿahu) vers Lui (ilayhi) — Allaah est ʿAzīz, Ḥakīm.
Notes lexicales
rafaʿahu llāhu ilayhi
racine r-f-ʿ (élever) suivie de la préposition *ilā* (vers) rattachée à un pronom référant à Allaah. Note de méthode impérative : conformément à la règle du site sur tout terme pouvant suggérer un lieu ou une direction spatiale pour Allaah, cette expression n'est traduite ici par aucune formulation qui laisserait entendre un déplacement vers un « endroit » où Allaah résiderait. « Vers Lui » (*ilayhi*) est conservé tel quel, sans glose spatiale ajoutée. Dit : le texte pose un acte — élever — attribué à Allaah, en opposition explicite à la mise à mort revendiquée au verset précédent (*bal*, « c'est plutôt que »). Non-dit : le texte ne précise ni la nature de cet acte (physique, ou d'un autre ordre), ni son moment, ni son mécanisme — en faire des affirmations relève de l'inférence, non de ce verset seul.

Le témoignage attendu au Jour de la Résurrection · S4:159

S.4:159 · Avant sa mort

S.4:159
وَإِنْ مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ إِلَّا لَيُؤْمِنَنَّ بِهِ قَبْلَ مَوْتِهِ ۖ وَيَوْمَ الْقِيَامَةِ يَكُونُ عَلَيْهِمْ شَهِيدًا
Wa-in min ahli l-kitābi illā la-yuʾminanna bihi qabla mawtihi — wa-yawma l-qiyāmati yakūnu ʿalayhim shahīdā Et il n’est personne parmi les gens du Livre qui ne croira en lui avant sa mort — et au Jour de la Résurrection il sera témoin (shahīd) contre eux.
Notes lexicales
qabla mawtihi
le pronom « sa » (*-hi*, dans *bihi* et *mawtihi*) reste grammaticalement ambigu dans ce verset pris seul : il peut renvoyer soit à la mort d'ʿĪsā lui-même (« avant la mort d'ʿĪsā », lu comme un événement futur du point de vue du locuteur), soit à la mort de chaque personne du Livre visée (« avant sa propre mort à chacun »). Dit : le texte affirme une croyance finale et un témoignage ultérieur. Non-dit : ce verset seul ne tranche pas explicitement entre les deux lectures grammaticalement possibles du pronom — les deux sont présentées ici, aucune retenue comme seule légitime.

L’injustice, le ribā interdit, ceux enracinés dans le savoir · S4:160–162

S.4:160–161 · Ce qui leur a été interdit pour leur injustice

S.4:160–161
فَبِظُلْمٍ مِنَ الَّذِينَ هَادُوا حَرَّمْنَا عَلَيْهِمْ طَيِّبَاتٍ أُحِلَّتْ لَهُمْ وَبِصَدِّهِمْ عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ كَثِيرًا * وَأَخْذِهِمُ الرِّبَا وَقَدْ نُهُوا عَنْهُ وَأَكْلِهِمْ أَمْوَالَ النَّاسِ بِالْبَاطِلِ ۚ وَأَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ مِنْهُمْ عَذَابًا أَلِيمًا
Fa-bi-ẓulmin mina lladhīna hādū ḥarramnā ʿalayhim ṭayyibātin uḥillat lahum wa-bi-ṣaddihim ʿan sabīli llāhi kathīrā * Wa-akhdhihimu r-ribā wa-qad nuhū ʿanhu wa-aklihim amwāla n-nāsi bi-l-bāṭili — wa-aʿtadnā li-l-kāfirīna minhum ʿadhāban alīmā Pour l’injustice de ceux qui pratiquent le judaïsme, Nous leur avons interdit des choses bonnes (ṭayyibāt) qui leur étaient permises, et pour avoir beaucoup détourné (ṣadd) du sabīl d’Allaah — et pour avoir pris le ribā alors qu’il leur avait été interdit, et pour avoir consommé les biens des gens par le bāṭil — Nous avons préparé, pour les kāfirūn parmi eux, un châtiment douloureux.
Notes lexicales
ṣaddihim ʿan sabīli llāh
même racine ṣ-d-d déjà rencontrée en S4:55–57 (Bloc III) pour la problématique du « détournement du *sabīl* d'Allaah » — voir la note posée à cet endroit.
ar-ribā
conservé en translittération, conformément à l'étude dédiée [Le ribā dans le Coran](/etudes/riba/). Le texte précise ici que l'interdiction leur avait déjà été signifiée (*wa-qad nuhū ʿanhu*, « alors qu'il leur avait été interdit »).
al-bāṭil
racine b-ṭ-l : ce qui est sans fondement, vain, nul — par opposition au *ḥaqq*. Déjà rencontré en S4:29 (Bloc I) pour la consommation des biens entre croyants.

S.4:162 · Ceux enracinés dans le savoir

S.4:162
لَٰكِنِ الرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ مِنْهُمْ وَالْمُؤْمِنُونَ يُؤْمِنُونَ بِمَا أُنْزِلَ إِلَيْكَ وَمَا أُنْزِلَ مِنْ قَبْلِكَ ۚ وَالْمُقِيمِينَ الصَّلَاةَ ۚ وَالْمُؤْتُونَ الزَّكَاةَ وَالْمُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ أُولَٰئِكَ سَنُؤْتِيهِمْ أَجْرًا عَظِيمًا
Lākini r-rāsikhūna fi l-ʿilmi minhum wa-l-muʾminūna yuʾminūna bimā unzila ilayka wa-mā unzila min qablika — wa-l-muqīmīna ṣ-ṣalāta — wa-l-muʾtūna z-zakāta wa-l-muʾminūna bi-llāhi wa-l-yawmi l-ākhiri ulāʾika sa-nuʾtīhim ajran ʿaẓīmā Mais ceux qui sont enracinés (rāsikhūn) dans le savoir parmi eux, et les croyants, croient en ce qui t’a été révélé et en ce qui a été révélé avant toi — ceux qui établissent la ṣalāt, ceux qui donnent la zakāt, et les croyants en Allaah et au Jour dernier — à ceux-là Nous donnerons une immense rétribution.
Notes lexicales
ar-rāsikhūn fi l-ʿilm
racine r-s-kh : être fermement enraciné, stable comme une racine profonde — appliqué ici au savoir (*al-ʿilm*), par opposition implicite à ceux qui, dans les versets précédents, ont agi par *ẓann* (conjecture) plutôt que par *ʿilm*.

La waḥy — une longue liste de nabiyyīn, et des rusul non nommés · S4:163–165

S.4:163 · La révélation à Nūḥ et aux nabiyyīn après lui

S.4:163
إِنَّا أَوْحَيْنَا إِلَيْكَ كَمَا أَوْحَيْنَا إِلَىٰ نُوحٍ وَالنَّبِيِّينَ مِنْ بَعْدِهِ ۚ وَأَوْحَيْنَا إِلَىٰ إِبْرَاهِيمَ وَإِسْمَاعِيلَ وَإِسْحَاقَ وَيَعْقُوبَ وَالْأَسْبَاطِ وَعِيسَىٰ وَأَيُّوبَ وَيُونُسَ وَهَارُونَ وَسُلَيْمَانَ ۚ وَآتَيْنَا دَاوُودَ زَبُورًا
Innā awḥaynā ilayka kamā awḥaynā ilā nūḥin wa-n-nabiyyīna min baʿdihi — wa-awḥaynā ilā ibrāhīma wa-ismāʿīla wa-isḥāqa wa-yaʿqūba wa-l-asbāṭi wa-ʿīsā wa-ayyūba wa-yūnusa wa-hārūna wa-sulaymāna — wa-ātaynā dāwūda zabūrā Nous t’avons certes révélé, comme Nous avons révélé à Nūḥ et aux nabiyyīn après lui — et Nous avons révélé à Ibrāhīm, Ismāʿīl, Isḥāq, Yaʿqūb, les asbāṭ, ʿĪsā, Ayyūb, Yūnus, Hārūn et Sulaymān — et Nous avons donné à Dāwūd le Zabūr.
Notes lexicales
al-asbāṭ
racine s-b-ṭ : les tribus (d'Isrāʾīl) — désigne ici les descendants directs de Yaʿqūb constitués en tribus, receveurs de la *waḥy* selon ce verset.
nabiyyīn
voir l'étude dédiée [Khātam an-Nabiyyīn](/etudes/khatam-nabiyyin/) sur la distinction entre *nabī* et *rasūl* — cette liste mêle des figures désignées ailleurs comme *rusul* et d'autres comme *nabiyyīn*, sans que ce verset seul n'opère cette distinction terminologique.

S.4:164–165 · Rusul nommés et non nommés — Allaah a parlé à Mūsā

S.4:164–165
وَرُسُلًا قَدْ قَصَصْنَاهُمْ عَلَيْكَ مِنْ قَبْلُ وَرُسُلًا لَمْ نَقْصُصْهُمْ عَلَيْكَ ۚ وَكَلَّمَ اللَّهُ مُوسَىٰ تَكْلِيمًا * رُسُلًا مُبَشِّرِينَ وَمُنْذِرِينَ لِئَلَّا يَكُونَ لِلنَّاسِ عَلَى اللَّهِ حُجَّةٌ بَعْدَ الرُّسُلِ ۚ وَكَانَ اللَّهُ عَزِيزًا حَكِيمًا
Wa-rusulan qad qaṣaṣnāhum ʿalayka min qablu wa-rusulan lam naqṣuṣhum ʿalayka — wa-kallama llāhu mūsā taklīmā * Rusulan mubashshirīna wa-mundhirīna li-allā yakūna li-n-nāsi ʿalā llāhi ḥujjatun baʿda r-rusuli — wa-kāna llāhu ʿazīzan ḥakīmā Et des rusul dont Nous t’avons déjà fait le récit auparavant, et des rusul dont Nous ne t’avons pas fait le récit — et Allaah a parlé (kallama) à Mūsā d’une parole directe (taklīmā). Des rusul annonciateurs (mubashshirīn) et avertisseurs (mundhirīn), afin qu’il n’y ait pas, pour les gens, d’argument (ḥujja) contre Allaah après les rusul — Allaah est ʿAzīz, Ḥakīm.
Notes lexicales
kallama llāhu mūsā taklīmā
racine k-l-m à la forme II (*kallama*), renforcée par le complément absolu (*taklīmā*) qui insiste sur la réalité directe de l'acte, sans détailler par quel moyen. Non-dit : le texte ne précise pas ici la modalité de cette parole.
ḥujja
racine ḥ-j-j : l'argument opposable, la preuve qu'on peut faire valoir. Le texte pose ici la fonction des *rusul* comme retirant tout argument possible à ceux qui n'auraient pas cru faute d'avertissement.

Le témoignage d’Allaah et des anges · S4:166

S.4:166 · Allaah suffit comme témoin

S.4:166
لَٰكِنِ اللَّهُ يَشْهَدُ بِمَا أَنْزَلَ إِلَيْكَ ۖ أَنْزَلَهُ بِعِلْمِهِ ۖ وَالْمَلَائِكَةُ يَشْهَدُونَ ۚ وَكَفَىٰ بِاللَّهِ شَهِيدًا
Lākini llāhu yashhadu bimā anzala ilayka — anzalahu bi-ʿilmihi — wa-l-malāʾikatu yashhadūna — wa-kafā bi-llāhi shahīdā Mais Allaah témoigne (yashhadu) de ce qu’Il a fait descendre vers toi — Il l’a fait descendre avec Sa science (bi-ʿilmihi) — et les anges témoignent — Allaah suffit comme Shahīd (Ce qui témoigne).
Notes lexicales
anzalahu bi-ʿilmihi
« Il l'a fait descendre avec Sa science » — le texte relie explicitement l'acte de révélation à l'attribut de savoir, sans détailler davantage la nature de ce lien.

Ceux qui se détournent — sans pardon ni guidance · S4:167–169

S.4:167–169 · Le chemin de Jahannam, facile pour Allaah

S.4:167–169
إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ قَدْ ضَلُّوا ضَلَالًا بَعِيدًا * إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَظَلَمُوا لَمْ يَكُنِ اللَّهُ لِيَغْفِرَ لَهُمْ وَلَا لِيَهْدِيَهُمْ طَرِيقًا * إِلَّا طَرِيقَ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا ۚ وَكَانَ ذَٰلِكَ عَلَى اللَّهِ يَسِيرًا
Inna lladhīna kafarū wa-ṣaddū ʿan sabīli llāhi qad ḍallū ḍalālan baʿīdā * Inna lladhīna kafarū wa-ẓalamū lam yakuni llāhu li-yaghfira lahum wa-lā li-yahdiyahum ṭarīqā * Illā ṭarīqa jahannama khālidīna fīhā abadan — wa-kāna dhālika ʿalā llāhi yasīrā Ceux qui ont rejeté et détourné (ṣaddū) du sabīl d’Allaah se sont égarés d’un égarement lointain. Ceux qui ont rejeté et commis l’injustice (ẓalamū), Allaah ne va pas leur pardonner, ni les guider vers un chemin — sinon le chemin de Jahannam, où ils demeurent pour toujours — et cela est, pour Allaah, chose aisée (yasīr).
Notes lexicales
yasīr
racine y-s-r : ce qui est aisé, sans effort. Note de méthode : ce terme qualifie ici l'acte (*dhālika*, l'ensemble de ce qui vient d'être décrit) comme aisé pour Allaah — ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah ici est l'absence de toute contrainte ou de tout effort dans Son action, non une facilité au sens d'un moindre engagement.

L’appel adressé à l’humanité entière · S4:170

S.4:170 · Le rasūl est venu avec le ḥaqq

S.4:170
يَا أَيُّهَا النَّاسُ قَدْ جَاءَكُمُ الرَّسُولُ بِالْحَقِّ مِنْ رَبِّكُمْ فَآمِنُوا خَيْرًا لَكُمْ ۚ وَإِنْ تَكْفُرُوا فَإِنَّ لِلَّهِ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ ۚ وَكَانَ اللَّهُ عَلِيمًا حَكِيمًا
Yā ayyuhā n-nāsu qad jāʾakumu r-rasūlu bi-l-ḥaqqi min rabbikum fa-āminū khayran lakum — wa-in takfurū fa-inna li-llāhi mā fi s-samāwāti wa-l-arḍi — wa-kāna llāhu ʿalīman ḥakīmā Ô les humains, le rasūl vous est venu avec le ḥaqq de la part de votre Rabb — croyez donc, c’est meilleur pour vous. Et si vous rejetez, à Allaah appartient ce qui est dans les cieux et la terre — Allaah est ʿAlīm, Ḥakīm.
Notes lexicales
yā ayyuhā n-nās
adresse universelle (« ô les humains »), distincte des adresses ciblées précédentes (« ô vous qui croyez », « ô gens du Livre ») — le texte élargit ici la portée de l'appel à l'ensemble de l'espèce, sans restriction de destinataire.

Ne pas dire « trois » — ʿĪsā, rasūl, kalima, rūḥ venant de Lui · S4:171–172

S.4:171 · Ne pas excéder dans le dīn

S.4:171
يَا أَهْلَ الْكِتَابِ لَا تَغْلُوا فِي دِينِكُمْ وَلَا تَقُولُوا عَلَى اللَّهِ إِلَّا الْحَقَّ ۚ إِنَّمَا الْمَسِيحُ عِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ رَسُولُ اللَّهِ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَىٰ مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ ۖ فَآمِنُوا بِاللَّهِ وَرُسُلِهِ ۖ وَلَا تَقُولُوا ثَلَاثَةٌ ۚ انْتَهُوا خَيْرًا لَكُمْ ۚ إِنَّمَا اللَّهُ إِلَٰهٌ وَاحِدٌ ۖ سُبْحَانَهُ أَنْ يَكُونَ لَهُ وَلَدٌ ۘ لَهُ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَمَا فِي الْأَرْضِ ۗ وَكَفَىٰ بِاللَّهِ وَكِيلًا
Yā ahla l-kitābi lā taghlū fī dīnikum wa-lā taqūlū ʿalā llāhi illā l-ḥaqqa — innamā l-masīḥu ʿīsā bnu maryama rasūlu llāhi wa-kalimatuhu alqāhā ilā maryama wa-rūḥun minhu — fa-āminū bi-llāhi wa-rusulihi — wa-lā taqūlū thalāthatun — ntahū khayran lakum — innamā llāhu ilāhun wāḥidun — subḥānahu an yakūna lahu waladun — lahu mā fi s-samāwāti wa-mā fi l-arḍi — wa-kafā bi-llāhi wakīlā Ô gens du Livre, n’excédez pas (lā taghlū) dans votre dīn, et ne dites sur Allaah que le ḥaqq. Le Messie, ʿĪsā fils de Maryam, n’est que rasūl d’Allaah, Sa kalima qu’Il a lancée (alqāhā) vers Maryam, et un rūḥ venant de Lui (minhu). Croyez donc en Allaah et en Ses rusul, et ne dites pas « trois ». Cessez (intahū), c’est meilleur pour vous. Allaah n’est qu’un ilāh unique (wāḥid) — gloire à Lui (subḥānahu) — Il est au-dessus d’avoir un walad. À Lui appartient ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre — Allaah suffit comme wakīl.

Avertissement de méthode — S4:171, second point exigeant l’honnêteté la plus stricte du bloc. Ce verset qualifie explicitement le statut d’ʿĪsā avec trois désignations textuelles précises, qu’il convient de rendre exactement telles que le texte les pose, sans les réduire ni les amplifier. (1) Rasūl Allāh — un rasūl parmi d’autres, terme déjà défini dans le corpus (voir Khātam an-Nabiyyīn). (2) Kalimatuhu alqāhā ilā Maryam — « Sa kalima (parole) qu’Il a lancée vers Maryam » : le texte emploie ce terme sans le développer davantage dans ce verset ; en faire une entité métaphysique distincte, ou au contraire vider le terme de tout contenu, excède également ce que porte ce seul verset. (3) Rūḥun minhu — « un rūḥ venant de Lui » : même racine et même prudence de traduction que pour rūḥ al-qudus en S2:87 (Bloc III de Sourate 2) — voir la note posée à cet endroit : « le texte ne précise pas la nature de ce rūḥ. Toute identification à une entité particulière excède ce que le texte dit. » Ce même principe s’applique ici intégralement. Ce que le texte pose ensuite, de façon centrale : l’interdiction de dire « trois » (lā taqūlū thalāthatun), l’affirmation qu’Allaah est ilāhun wāḥidun (un ilāh unique), et la négation explicite qu’Il ait un walad (subḥānahu an yakūna lahu waladun) — cette dernière négation portée avec la formule de glorification (subḥānahu) qui l’encadre directement dans le texte. Dit : trois désignations précises d’ʿĪsā, une unicité affirmée, un walad explicitement écarté. Non-dit : ce verset seul ne développe pas la doctrine précise qu’il vise à corriger au-delà du mot « trois » qu’il cite et interdit.

Notes lexicales
taghlū
racine gh-l-w : dépasser la juste mesure, excéder une limite — même racine que *ghuluww*, l'excès dans une pratique ou une croyance.
alqāhā
forme IV de l-q-y : lancer, projeter, faire parvenir — un verbe d'action directe, sans détail supplémentaire sur le mode de cette transmission.
ilāhun wāḥid
*ilāh* (ce qui est pris comme objet de culte ou d'adoration, racine ʾ-l-h) et *wāḥid* (unique, un seul — racine w-ḥ-d). Le texte pose ici l'unicité comme affirmation directe, en contrepoint immédiat de l'interdiction qui précède.
walad
racine w-l-d : l'enfant engendré. Note de méthode : le texte écarte explicitement cette notion pour Allaah, sans qu'il soit besoin — ni permis, selon la règle du site — d'y ajouter une glose affective ou humaine ; la négation porte sur le fait même d'engendrement, non sur un jugement de valeur.

S.4:172 · Ni le Messie ni les anges ne dédaignent d’être ʿabd

S.4:172
لَنْ يَسْتَنْكِفَ الْمَسِيحُ أَنْ يَكُونَ عَبْدًا لِلَّهِ وَلَا الْمَلَائِكَةُ الْمُقَرَّبُونَ ۚ وَمَنْ يَسْتَنْكِفْ عَنْ عِبَادَتِهِ وَيَسْتَكْبِرْ فَسَيَحْشُرُهُمْ إِلَيْهِ جَمِيعًا
Lan yastankifa l-masīḥu an yakūna ʿabdan li-llāhi wa-lā l-malāʾikatu l-muqarrabūna — wa-man yastankif ʿan ʿibādatihi wa-yastakbir fa-sa-yaḥshuruhum ilayhi jamīʿā Jamais le Messie ne dédaignera (lan yastankifa) d’être ʿabd d’Allaah, ni les anges muqarrabūn (rapprochés). Et quiconque dédaigne Son ʿibāda et s’enorgueillit (yastakbir), Il les rassemblera tous vers Lui.
Notes lexicales
yastankifa
forme X de n-k-f : refuser avec dédain, considérer indigne de soi. Le texte pose explicitement que le Messie lui-même, et les anges les plus proches, n'ont ni ce dédain ni cette prétention — le statut de *ʿabd* (serviteur, celui qui est soumis) est présenté comme non dégradant, y compris pour les figures les plus élevées nommées dans le verset.

La rétribution de ceux qui croient et de ceux qui se détournent avec orgueil · S4:173

S.4:173 · Rétribution pleine, ou châtiment douloureux

S.4:173
فَأَمَّا الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ فَيُوَفِّيهِمْ أُجُورَهُمْ وَيَزِيدُهُمْ مِنْ فَضْلِهِ ۖ وَأَمَّا الَّذِينَ اسْتَنْكَفُوا وَاسْتَكْبَرُوا فَيُعَذِّبُهُمْ عَذَابًا أَلِيمًا وَلَا يَجِدُونَ لَهُمْ مِنْ دُونِ اللَّهِ وَلِيًّا وَلَا نَصِيرًا
Fa-ammā lladhīna āmanū wa-ʿamilū ṣ-ṣāliḥāti fa-yuwaffīhim ujūrahum wa-yazīduhum min faḍlihi — wa-ammā lladhīna stankafū wa-stakbarū fa-yuʿadhdhibuhum ʿadhāban alīman wa-lā yajidūna lahum min dūni llāhi waliyyan wa-lā naṣīrā Quant à ceux qui ont cru et fait ce qui est droit, Il leur versera pleinement (yuwaffīhim) leurs rétributions, et leur ajoutera de Sa faveur (faḍl). Quant à ceux qui ont dédaigné et se sont enorgueillis, Il les châtiera d’un châtiment douloureux, et ils ne trouveront pour eux, en dehors d’Allaah, ni walī ni naṣīr.
Notes lexicales
yuwaffīhim
forme II de w-f-y : accomplir intégralement, verser sans manque — le texte insiste sur l'intégralité de la rétribution, avant même d'y ajouter un surplus (*yazīduhum min faḍlihi*).

Le burhān et le nūr manifeste · S4:174–175

S.4:174–175 · Une preuve, une lumière, un chemin droit

S.4:174–175
يَا أَيُّهَا النَّاسُ قَدْ جَاءَكُمْ بُرْهَانٌ مِنْ رَبِّكُمْ وَأَنْزَلْنَا إِلَيْكُمْ نُورًا مُبِينًا * فَأَمَّا الَّذِينَ آمَنُوا بِاللَّهِ وَاعْتَصَمُوا بِهِ فَسَيُدْخِلُهُمْ فِي رَحْمَةٍ مِنْهُ وَفَضْلٍ وَيَهْدِيهِمْ إِلَيْهِ صِرَاطًا مُسْتَقِيمًا
Yā ayyuhā n-nāsu qad jāʾakum burhānun min rabbikum wa-anzalnā ilaykum nūran mubīnā * Fa-ammā lladhīna āmanū bi-llāhi wa-ʿtaṣamū bihi fa-sa-yudkhiluhum fī raḥmatin minhu wa-faḍlin wa-yahdīhim ilayhi ṣirāṭan mustaqīmā Ô les humains, une preuve manifeste (burhān) vous est venue de votre Rabb, et Nous avons fait descendre vers vous une lumière (nūr) manifeste. Quant à ceux qui ont cru en Allaah et s’y sont accrochés fermement (iʿtaṣamū bihi), Il les fera entrer dans une raḥma venant de Lui et une faveur (faḍl), et les guidera vers Lui sur un chemin droit (ṣirāṭan mustaqīmā).
Notes lexicales
burhān
racine b-r-h : la preuve claire et décisive, distincte de la *ḥujja* (l'argument opposable) rencontrée en S4:165 — le texte n'identifie pas explicitement, dans ce verset, à quoi renvoie précisément ce *burhān*.
iʿtaṣamū bihi
même racine et même image qu'en S4:146 (Bloc IX) — s'accrocher fermement à ce qui protège.

La clôture de la sourate — la kalāla, en écho à S4:12 · S4:176

S.4:176 · Le dernier verset de la sourate

S.4:176
يَسْتَفْتُونَكَ قُلِ اللَّهُ يُفْتِيكُمْ فِي الْكَلَالَةِ ۚ إِنِ امْرُؤٌ هَلَكَ لَيْسَ لَهُ وَلَدٌ وَلَهُ أُخْتٌ فَلَهَا نِصْفُ مَا تَرَكَ ۚ وَهُوَ يَرِثُهَا إِنْ لَمْ يَكُنْ لَهَا وَلَدٌ ۚ فَإِنْ كَانَتَا اثْنَتَيْنِ فَلَهُمَا الثُّلُثَانِ مِمَّا تَرَكَ ۚ وَإِنْ كَانُوا إِخْوَةً رِجَالًا وَنِسَاءً فَلِلذَّكَرِ مِثْلُ حَظِّ الْأُنْثَيَيْنِ ۗ يُبَيِّنُ اللَّهُ لَكُمْ أَنْ تَضِلُّوا ۗ وَاللَّهُ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمٌ
Yastaftūnaka quli llāhu yuftīkum fi l-kalālati — ini mruʾun halaka laysa lahu waladun wa-lahu ukhtun fa-lahā niṣfu mā taraka — wa-huwa yarithuhā in lam yakun lahā waladun — fa-in kānatā thnatayni fa-lahumā th-thuluthāni mimmā taraka — wa-in kānū ikhwatan rijālan wa-nisāʾan fa-li-dh-dhakari mithlu ḥaẓẓi l-unthayayni — yubayyinu llāhu lakum an taḍillū — wa-llāhu bi-kulli shayʾin ʿalīmun Ils te demandent une fatwā. Dis : « Allaah vous éclaire (yuftīkum) au sujet de la kalāla. Si un homme meurt sans avoir de walad, et qu’il a une sœur, à elle la moitié de ce qu’il laisse ; et lui hérite d’elle si elle n’a pas de walad. S’il y en a deux [sœurs], à elles les deux tiers de ce qu’il laisse. Et s’ils sont des frères et sœurs, hommes et femmes, alors au mâle la part de deux femelles (mithlu ḥaẓẓi l-unthayayn). » Allaah vous explique clairement (yubayyinu), afin que vous ne vous égariez pas — Allaah est, de toute chose, ʿAlīm.

Note de cohérence intra-coranique — clôture de la sourate, écho direct à S4:12 (Bloc I). Ce dernier verset de la sourate reprend exactement la structure ouverte en S4:12 : la kalāla (la personne décédée sans lien d’héritage direct), déjà signalée dans ce bloc comme n’ayant que deux occurrences coraniques — S4:12 et ce verset. Le cas traité ici est plus précis : celui d’un frère ou d’une sœur unique, ou de plusieurs. La sourate se referme ainsi comme elle s’était ouverte : sur les parts fixées de l’héritage (S4:11–12) — la boucle thématique de la sourate entière, des orphelins du premier verset (S4:2–3) jusqu’à cette dernière disposition testamentaire, est ici bouclée par le texte lui-même.

Notes lexicales
al-kalāla
voir la note déjà posée en S4:12 (Bloc I) — racine k-l-l. Ce verset en donne l'unique traitement détaillé du Coran pour le cas d'un frère ou d'une sœur unique, ou de plusieurs frères et sœurs.
mithlu ḥaẓẓi l-unthayayn
même formule qu'en S4:11 (Bloc I, la part des enfants) — « la part de deux femelles » — voir la note méthodologique déjà posée à cet endroit sur cette proportion, sans reprise ici d'une glose supplémentaire au-delà de ce que ce verset répète du principe déjà énoncé.
yubayyinu llāhu lakum an taḍillū
« Allaah vous explique clairement, afin que vous ne vous égariez pas » — le texte clôt ainsi la sourate entière sur la fonction même de la clarification (*bayān*) qu'il revendique pour lui-même, en écho au verset-pivot de S4:82 (Bloc V) sur la méditation du Coran.

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