Structure du Bloc II. Quatre ensembles : la suite de la liste des unions interdites — les muḥṣanāt — et la question de qui n’a pas les moyens d’épouser une femme libre croyante (S4:24–25) ; trois versets sur la volonté d’Allaah de clarifier, alléger, et accueillir le retour, suivis de la protection des biens et de la vie (S4:26–31) ; le rapport entre hommes et femmes — acquisitions respectives, héritage, et le verset dense sur la qiwāma et le nushūz — puis l’iḥsān envers l’entourage (S4:32–39) ; la justice absolue d’Allaah, le témoignage au Jour, et la clôture sur les conditions de la ṣalāt — état d’ivresse, impureté, tayammum (S4:40–43).
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.4:24 | Les muḥṣanāt — suite de la liste, et la farīḍa des ujūr |
| S.4:25 | Épouser une fatāt croyante à défaut de moyens |
| S.4:26–28 | Clarifier, guider, accueillir le retour — l’humain créé faible |
| S.4:29 | Ne pas dévorer les biens par al-bāṭil — ne pas se tuer |
| S.4:30 | La transgression et l’injustice — le feu |
| S.4:31 | Éviter les grandes fautes — effacement et entrée noble |
| S.4:32 | Ne pas convoiter — une part selon ce qu’on acquiert |
| S.4:33 | Les mawālī et ceux liés par pacte |
| S.4:34 | Qawwāmūn — la qiwāma et le nushūz |
| S.4:35 | La rupture entre époux — les deux arbitres |
| S.4:36 | Iḥsān envers parents, proches, voisins, voyageur |
| S.4:37–38 | Avarice et ostentation — le shayṭān comme qarīn |
| S.4:39 | Qu’auraient-ils perdu à croire ? |
| S.4:40 | Allaah ne lèse pas, même du poids d’une dharra |
| S.4:41–42 | Le témoignage au Jour — le souhait des kāfirūn |
| S.4:43 | La ṣalāt en état d’ivresse ou d’impureté — le tayammum |
Les muḥṣanāt et le mariage sans moyens · S4:24–25
S.4:24 · Les muḥṣanāt — suite de la liste, et la farīḍa des ujūr
- muḥṣanāt / muḥṣinīn / musāfiḥīn
- opposition de racines : ḥ-ṣ-n (fortifier, protéger — d'où l'engagement qui met à l'abri) contre s-f-ḥ (verser librement, d'où la débauche sans engagement). Le texte qualifie l'intention derrière la recherche d'une épouse, non les femmes elles-mêmes.
- istamtaʿtum
- racine m-t-ʿ : jouir de, tirer un bénéfice ou un plaisir de. Non-dit : le texte ne nomme ici aucune forme contractuelle particulière — il décrit la relation conjugale consommée en général et lie les *ujūr* à ce qui en a été vécu.
- ujūr
- pluriel d'*ajr*, racine ʾ-j-r : la rétribution due pour un service ou un engagement rendu. Conservé en translittération lorsqu'il est mis en relief comme ici : « rétribution » couvre le sens général sans marquer le lien de dû qui caractérise l'*ajr*.
S.4:25 · Épouser une fatāt croyante à défaut de moyens
- ṭawlan
- racine ṭ-w-l : aisance, capacité — ici d'ordre matériel.
- fatayāt
- pluriel de *fatāt*, racine f-t-y : la jeunesse, la vigueur du début de l'âge adulte. Conservé en translittération : « jeune femme » traduit le sens général sans le lien de la racine à l'entrée dans la pleine capacité (cf. *fatwā*, l'avis qui tranche avec autorité, même racine).
- akhdān
- pluriel de *khidn*, racine kh-d-n : le compagnon secret, l'ami dissimulé aux autres. Le texte oppose ce lien caché au lien conjugal déclaré et assumé publiquement (*muḥṣanāt*).
- baʿḍukum min baʿḍ
- « vous êtes les uns des autres » — rappel de l'égalité de statut humain par-delà la différence de condition sociale, en écho direct à l'unicité d'origine posée en S4:1.
- al-ʿanat
- racine ʿ-n-t : la détresse, la difficulté qui expose à la faute — distinct d'un simple désir non satisfait.
Clarifier, alléger, accueillir le retour · S4:26–31
S.4:26–28 · La volonté d’Allaah et la faiblesse de l’humain
- li-yubayyina lakum
- racine b-y-n : la clarté, ce qui rend visible et distinct, ce qui sépare pour rendre reconnaissable. *Bayyana* (forme II) : rendre manifeste par un acte de clarification. Le même mouvement de racine porte *bayyina* (preuve manifeste, déjà rencontrée) et *mubayyina* (une *fāḥisha* « rendue manifeste », S.4:19).
- ḍaʿīf
- racine ḍ-ʿ-f : la faiblesse, le manque de force propre à soutenir seul une charge. Le texte pose cette faiblesse comme un fait de création (*khuliqa*), non comme une déficience morale.
- sunan
- pluriel de *sunna* : voies suivies, pratiques répétées — emploi descriptif ici, non un sens juridique technique.
- shahawāt
- pluriel de *shahwa*, racine sh-h-w : l'attrait, l'inclination forte vers une chose — sans jugement porté par la racine elle-même sur la légitimité de cet attrait ; c'est l'emploi qui en est fait (« suivre » les *shahawāt* au point de dévier) que le verset qualifie.
- lladhīna yattabiʿūna sh-shahawāt
- Non-dit : le texte ne nomme pas précisément qui sont « ceux qui suivent les désirs » — le contexte immédiat (versets sur les unions et les biens) invite à y lire, par inférence, ceux qui chercheraient à détourner les croyants des prescriptions qui précèdent, sans que le texte ne le formule ainsi.
- khuliqa l-insānu ḍaʿīfan
- déclaration anthropologique générale, énoncée sans restriction au contexte immédiat.
S.4:29–30 · Ne pas dévorer les biens par al-bāṭil — ne pas se tuer
- tijāra
- racine t-j-r : le commerce, l'échange organisé en vue d'un profit. Le texte l'exempte explicitement de l'interdit qui précède, à la condition du consentement mutuel qui suit.
- lā taqtulū anfusakum
- littéralement « ne tuez pas vos *nafs* [propres] ». La grammaire admet ici deux lectures légitimes, non tranchées par le texte seul : (1) lecture réciproque — « ne vous entretuez pas les uns les autres », cohérente avec l'adresse collective *baynakum* (entre vous) qui ouvre le verset ; (2) lecture individuelle — « ne mettez pas fin à votre propre vie ». Les deux sont retenues.
S.4:31 · Éviter les grandes fautes
- kabāʾir
- pluriel de *kabīra*, racine k-b-r : ce qui est grand, lourd, considérable. Appliqué à la faute : une faute dont le poids dépasse la mesure ordinaire. Non-dit : le texte ne fournit pas ici de liste close des « grandes fautes » — leur identification précise n'est pas donnée par ce verset seul.
- sayyiʾāt
- pluriel de *sayyiʾa*, racine s-w-ʾ : ce qui est mauvais, ce qui fait du mal. Distinct de *kabāʾir* : la *sayyiʾa* n'est pas nécessairement une faute majeure — le verset promet leur effacement en échange de l'évitement des *kabāʾir*.
- mudkhal
- racine d-kh-l : nom de lieu de l'entrée, l'endroit et l'acte par lequel on pénètre. Conservé en translittération : « entrée » en français désigne surtout le seuil, quand le terme arabe porte aussi l'acte même d'entrer.
Qawwāmūn, nushūz, et l’iḥsān envers l’entourage · S4:32–39
S.4:32 · Ne pas convoiter — une part selon ce qu’on acquiert
- tatamannaw
- racine m-n-y : souhaiter, désirer une chose non acquise — le même mouvement de racine que *munya* (le souhait) et *maniyy* (ce qui est mesuré, versé). *Tamannī* : se figurer et désirer ce qui n'est pas à soi, par contraste avec l'acquis effectif (*iktasabū*/*iktasabna*) mentionné juste après.
- iktasabū / iktasabna
- même racine (k-s-b, acquérir) appliquée symétriquement aux deux sexes, sous la même forme verbale (Form VIII) — le texte ne pose ici aucune distinction de nature entre ce que les hommes acquièrent et ce que les femmes acquièrent.
S.4:33 · Les mawālī et ceux liés par pacte
- mawālī
- racine w-l-y : ceux qui sont liés, proches — terme polysémique dans le Coran (ayant droit, allié, proche parent selon le contexte).
- ʿaqadat aymānukum
- pacte scellé par serment (racine ʿ-q-d, nouer). Non-dit : le texte ne détaille pas ici la nature exacte de ce pacte.
S.4:34 · Qawwāmūn — la qiwāma et le nushūz
Avertissement de méthode — S4:34, verset exigeant l’honnêteté la plus stricte. Ce verset est l’un des plus lourds de conséquences du Coran, et la méthode de ce site — pas de tafsīr importé, pas de lissage du texte, reconnaissance explicite de toute polysémie réelle — s’y applique intégralement, sans atténuation ni aggravation. Trois points doivent être nommés avec la même rigueur.
(1) Qawwāmūn — la cause posée par le texte est double et conditionnelle. La qiwāma (le fait d’être qawwāmūn) est rattachée par le texte à deux éléments explicitement nommés : « ce par quoi Allaah a favorisé certains d’entre eux » (bimā faḍḍala llāhu baʿḍahum ʿalā baʿḍin — non-dit : le texte ne précise pas en quoi consiste ce faḍl) et « ce qu’ils dépensent de leurs biens » (bimā anfaqū min amwālihim — un verbe à l’accompli, une dépense effectivement réalisée, non une simple capacité). Le texte pose ainsi deux causes, l’une non précisée, l’autre conditionnée à un fait accompli.
(2) Qānitāt — l’objet de la dévotion n’est pas nommé. Le texte dit qānitāt (racine q-n-t, dévotion active) sans préciser envers qui — Allaah, ou l’époux, ou les deux. Ailleurs dans le Coran (S2:238, S33:35), qānitīn/qānitāt est employé sans complément pour la dévotion envers Allaah spécifiquement. Le texte ne tranche pas ici explicitement lequel de ces emplois est visé — non-dit.
(3) Iḍribūhunna — le terme le plus grave du verset. La racine ḍ-r-b couvre, en arabe classique, un champ sémantique très large : frapper, mais aussi partir en voyage (ḍaraba fī l-arḍ), donner un exemple (ḍaraba mathalan), apposer un sceau. Cependant, la construction grammaticale employée ici — un verbe transitif direct suivi d’un pronom-objet humain (ḍaraba-hunna, « les frapper elles »), dans la même série syntaxique que ʿiẓūhunna (« les admonester ») et uhjurūhunna (« les délaisser ») — est, chez les lexicographes anciens eux-mêmes, celle qui porte le sens premier de frappe physique lorsqu’elle est construite ainsi, avec un objet animé direct ; les emplois idiomatiques (« voyager », « donner en exemple ») requièrent d’autres constructions (avec fī, ou un complément d’objet différent). Une lecture minoritaire, plus récente, propose d’y lire « séparez-vous d’elles » ou « repoussez-les » ; elle est linguistiquement possible en théorie mais faiblement soutenue par la construction grammaticale précise employée dans ce verset. Les deux lectures sont nommées ici ; la première reste la plus fondée sur la construction syntaxique effective. Ce qui doit être dit avec la plus grande clarté : le texte lui-même ne qualifie cet acte d’aucun adjectif — ni « léger », ni « sans marque », ni « symbolique ». Toute qualification de ce type appartient à des sources extérieures au texte coranique (exégèse, ḥadīth, fiqh) que la méthode de ce site exclut par principe. Le texte, pris seul, ne dit que le mot lui-même — sans intensité précisée, sans limite énoncée au-delà de la séquence qui le précède et de la clause finale.
(4) La clause finale limite explicitement la séquence. Fa-in aṭaʿnakum fa-lā tabghū ʿalayhinna sabīlā (« si elles vous obéissent, ne cherchez pas de voie contre elles ») pose une borne claire : la séquence des trois mesures n’a de fondement, selon le texte, qu’en présence d’un nushūz constaté et tant qu’il persiste — elle cesse dès l’obéissance revenue. Le texte ne prévoit ici aucune mesure symétrique nommée pour le nushūz de l’époux ; ce cas est traité séparément, par une procédure différente, en S4:128 (hors de ce bloc).
- qawwāmūn
- racine q-w-m : se tenir debout, se tenir fermement en charge de. *Qawwām* (forme intensive) : celui qui assume une charge avec constance, qui la « tient debout ». Rendu par « en charge » plutôt que par un terme d'autorité pure : la racine porte le maintien actif d'une chose, non la simple domination. Voir l'analyse détaillée ci-dessus (point 1) sur les deux causes que le texte rattache à cette charge.
- anfaqū
- racine n-f-q : dépenser, faire sortir un bien de sa possession vers un usage. Verbe à l'accompli ici : une dépense effectivement réalisée, non une simple capacité à dépenser — voir point 1 ci-dessus.
- ḥāfiẓāt
- racine ḥ-f-ẓ : garder, préserver de l'altération ou de la perte. Participe actif féminin pluriel : celles qui gardent activement — ici, « ce qui est absent » (*al-ghayb*), c'est-à-dire ce qui échappe au regard direct d'autrui.
- ʿiẓūhunna
- racine w-ʿ-ẓ : exhorter, rappeler par la parole ce qui devrait être su ou fait. Premier terme de la séquence de trois mesures — un acte de langage, non un acte physique.
- ḍribūhunna
- racine ḍ-r-b. Voir l'analyse de méthode ci-dessus (point 3) : la construction grammaticale employée ici (verbe transitif direct + pronom-objet humain, dans la même série que *ʿiẓūhunna* et *uhjurūhunna*) porte, chez les lexicographes anciens, le sens premier de frappe physique ; une lecture minoritaire propose « séparez-vous d'elles », linguistiquement possible mais faiblement soutenue par cette construction précise. Le texte ne qualifie l'acte d'aucun adjectif d'intensité ou de retenue — ce qui n'est pas dit ne doit pas être ajouté par une source extérieure au texte.
- ʿAliyy · Kabīr
- ce que l'on peut dire d'Allaah ici : deux termes de grandeur — *ʿAliyy* (racine ʿ-l-w) et *Kabīr* (racine k-b-r, déjà rencontrée dans *kabāʾir*, les fautes majeures, S4:31) — désignant l'un et l'autre une prééminence absolue, sans commune mesure avec ce qui est créé. Conservés en translittération : « le Très-Haut » ou « le Grand » installeraient, en français, une connotation de position dans l'espace ou de taille physique que ces termes ne portent pas lorsqu'ils qualifient Allaah.
- nushūz
- racine n-sh-z : s'élever, faire saillie — d'où, au sens figuré, une rupture ou un refus du lien dû dans la relation conjugale. Le texte ne définit pas ici précisément l'acte visé au-delà de ce terme. Voir aussi le cas symétrique du *nushūz* de l'époux, traité par une procédure distincte en S4:128.
S.4:35 · La rupture entre époux — les deux arbitres
- ḥakam
- racine ḥ-k-m : celui qui tranche, qui rend un jugement — même mouvement de racine que *ḥukm* (jugement) et *ḥakīm* (l'un des noms d'Allaah). Le *ḥakam* ici est désigné dans chaque famille : le texte ne précise pas son mode de désignation ni l'étendue exacte de son mandat — non-dit.
- iṣlāḥ
- racine ṣ-l-ḥ, déjà rencontrée dans l'opposition *muṣliḥūn / mufsidūn* (cf. note S.2:11-12) : remettre en état ce qui était rompu ou dégradé. Ici appliqué à la relation conjugale elle-même.
S.4:36 · Iḥsān envers parents, proches, voisins, voyageur
- yuḥibbu / lā yuḥibbu
- racine *ḥ-b-b* : rendue par « honorer » lorsqu'Allaah est concerné, comme sujet ou comme objet. « Aimer » installerait un sentiment de type humain que le texte ne pose pas à propos d'Allaah. Le verset ne dit pas en quoi consiste cet honneur : un **non-dit**.
- al-jāri l-junub / aṣ-ṣāḥib bi-l-janb
- Non-dit : le texte distingue deux catégories de proximité (le voisin « éloigné » et le « compagnon proche ») sans préciser davantage leur identité exacte — voisinage géographique, lien de circonstance, ou compagnon de route, plusieurs lectures coexistent chez les linguistes.
- ibn as-sabīl
- littéralement « le fils du chemin » : celui qui est en déplacement, hors de son lieu d'attache — le voyageur, quelle que soit sa condition de fortune par ailleurs.
- mukhtāl / fakhūr
- mukhtāl : racine kh-y-l, celui qui se déplace avec une démarche affectée par l'idée qu'il se fait de lui-même. fakhūr : racine f-kh-r, celui qui affiche et proclame ses mérites. Les deux termes qualifient un même mouvement — l'affichage de soi — l'un dans le port du corps, l'autre dans la parole.
S.4:37–38 · Avarice et ostentation — le shayṭān comme qarīn
- yabkhalūn
- racine b-kh-l : retenir ce que l'on possède, refuser de le faire sortir vers autrui. Le texte associe cette rétention au fait d'en faire une injonction pour autrui (*yaʾmurūna n-nāsa bi-l-bukhl*) et à la dissimulation de ce qui a été reçu.
- riʾāʾ
- racine r-ʾ-y, celle de la vue : faire un acte pour qu'il soit vu — l'acte accompli non pour lui-même mais pour le regard d'autrui qu'il capte.
- qarīn
- racine q-r-n : ce qui est joint, accouplé à autre chose de façon durable — d'où le compagnon inséparable. Le texte ne précise pas ici la nature exacte de ce lien (compagnonnage constant, influence, ou proximité au Jour du jugement) — plusieurs lectures coexistent chez les linguistes.
S.4:39 · Qu’auraient-ils perdu à croire ?
Justice d’Allaah, témoignage, et conditions de la ṣalāt · S4:40–43
S.4:40 · Allaah ne lèse pas, même du poids d’une dharra
- dharra
- racine dh-r-r : la particule la plus infime, ce qui échappe presque à la perception — même mouvement de racine que *dhurriyya* (la descendance, déjà rencontrée), l'un et l'autre portant l'idée d'une unité minuscule qui se répand ou se disperse. Ici : une mesure d'injustice si infime qu'elle en devient le plancher absolu — Allaah n'en commet aucune, pas même à ce degré.
- ḥasana
- racine ḥ-s-n : ce qui est bon, ce qui plaît par sa qualité propre. Mise en regard, dans ce même bloc, de *sayyiʾa* (S.4:31) : les deux termes forment une paire antithétique récurrente dans le Coran, le bien et le mal comme catégories générales d'action.
S.4:41–42 · Le témoignage au Jour — le souhait des kāfirūn
- umma
- racine ʾ-m-m (celle de *umm*, la mère, et d'*imām*, celui qui va devant) : un groupe humain rassemblé autour d'un point commun — origine, temps, voie suivie, ou destinée. Conservé en translittération : « nation » ou « communauté » restreignent le terme à une seule de ses acceptions possibles, quand le texte l'emploie ici de façon générale, pour désigner chaque groupe humain qui aura eu son propre témoin.
S.4:43 · La ṣalāt en état d’ivresse ou d’impureté — le tayammum
- sukārā
- état d'ivresse. Non-dit : ce verset pose une limitation temporelle à l'approche de la *ṣalāt* dans cet état ; il ne traite pas, dans son énoncé, du statut de la consommation elle-même — question abordée ailleurs dans le Coran, hors de ce bloc.
- junub
- racine j-n-b, celle du « côté » ou du « flanc » (déjà rencontrée dans *al-jāri l-junub*, le voisin éloigné, et *aṣ-ṣāḥib bi-l-janb*, S.4:36) : ce qui est mis de côté, à l'écart. Appliqué à la personne : l'état d'impureté majeure qui la met, temporairement, à l'écart de la *ṣalāt*. Non-dit : le texte ne définit pas ici la cause exacte de cet état, au-delà de ce que le reste du verset énumère (contact avec les femmes, etc.).
- ʿābirī sabīl
- littéralement « ceux qui traversent un chemin » — simples passants, en mouvement. Non-dit : le texte ne précise pas exhaustivement à quoi s'applique cette exception (au lieu traversé, à la durée, ou aux deux) ; plusieurs lectures coexistent chez les linguistes anciens.
- taghtasilū
- racine gh-s-l : laver, faire couler l'eau sur l'ensemble du corps — distinct de *tayammum* qui suit, lequel n'intervient qu'à défaut d'eau.
- lāmastumu n-nisāʾ
- racine l-m-s : le contact physique. Les lexicographes anciens eux-mêmes divergent sur la portée du terme ici : simple contact physique (au sens le plus littéral de la racine), ou désignation pudique du rapport charnel (un procédé attesté ailleurs dans le Coran). Le texte seul, pris hors de toute exégèse, ne permet pas de trancher — les deux lectures sont retenues.
- al-ghāʾiṭ
- racine gh-y-ṭ : à l'origine, un terrain bas et creux, un lieu retiré du regard — d'où, par métonymie du lieu vers l'acte qui s'y accomplit, le besoin naturel lui-même. Le texte emploie ici la désignation la plus indirecte disponible pour cet acte.
- tayammum
- racine ʾ-m-m (celle d'*umma*, S.4:41 : ce qui rassemble, ce vers quoi l'on se dirige) : forme V, se diriger intentionnellement vers une chose. *Tayammum* : le fait de se tourner délibérément vers une surface pure pour y recourir à défaut d'eau — l'acte est nommé par l'intention qui le porte, non par le geste matériel lui-même (détaillé dans la suite du verset : « passez-en sur vos visages et vos mains »).
- ṣaʿīd ṭayyib
- surface minérale pure — non « terre » au sens restrictif, la racine *ṣ-ʿ-d* désignant plus largement une surface élevée/dégagée.