Structure du Bloc II — le récit de Nūḥ. Six ensembles. D’abord Nūḥ envoyé à son peuple, le rejet de l’assemblée (al-malaʾ) qui n’y voit qu’un homme ordinaire suivi seulement par les plus vils, et la défense de Nūḥ — ni salaire demandé, ni prétention aux trésors d’Allaah, au ghayb ou au rang d’ange (S11:25–31). Puis le défi lancé par le peuple, la réponse de Nūḥ, l’accusation de forgerie et son rejet, la révélation qu’aucun de plus ne croira (S11:32–36). Puis l’ordre de construire l’arche et la moquerie de ceux qui passent (S11:37–39). Puis le déluge : l’embarquement, le fils resté à l’écart, la noyade, l’accalmie et le repos de l’arche sur le Jūdī (S11:40–44). Puis l’intercession de Nūḥ pour son fils, le refus et la leçon reçue (S11:45–47). Enfin le débarquement béni et la clôture du récit sur le ghayb (S11:48–49).
Point de méthode — S11:37, bi-aʿyuninā. L’ordre donné à Nūḥ de construire l’arche est accompagné de cette expression, appliquée à Allaah, dont la racine (ʿ-y-n, l’œil) désigne en premier lieu un organe physique. Même méthode que pour Yad (voir S5:64) : la construction bi-aʿyuninā est un idiome arabe attesté indépendamment de toute anatomie — l’arabe classique dit d’une chose ou d’une personne qu’elle est « bi-ʿaynī fulān » (« sous l’œil d’un tel ») pour signifier qu’elle se trouve sous sa protection attentive, non qu’un organe la fixe littéralement. Mais le mot français « œil »/« yeux », une fois posé sur Allaah, réintroduirait une image corporelle qu’aucune glose ne peut entièrement neutraliser. Le terme aʿyun est donc conservé en translittération dans le corps même de la traduction, plutôt que rendu par « yeux ».
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.11:25–26 | Nūḥ envoyé à son peuple — nadhīr manifeste |
| S.11:27 | L’assemblée : « un homme ordinaire, suivi des plus vils » |
| S.11:28 | La réponse de Nūḥ — la bayyina, la raḥma restée obscure |
| S.11:29 | Nul salaire demandé — ceux qui ont cru vont à la rencontre de leur Rabb |
| S.11:30 | « Qui me secourrait contre Allaah si je les repoussais ? » |
| S.11:31 | Ni trésors, ni ghayb, ni rang d’ange — Allaah connaît les nafs |
| S.11:32 | « Tu as multiplié la dispute — apporte ce que tu promets » |
| S.11:33 | « C’est Allaah seul qui vous l’apportera, s’Il veut » |
| S.11:34 | Le conseil sans utilité si Allaah veut égarer |
| S.11:35 | « S’il l’a forgé » — le crime retombe sur qui le commet |
| S.11:36 | La révélation : nul autre ne croira |
| S.11:37 | Construire l’arche sous Nos aʿyun — ne plus M’interpeller |
| S.11:38 | La construction et la moquerie — retournée en miroir |
| S.11:39 | « Vous saurez sur qui vient le châtiment » |
| S.11:40 | Le tannūr déborde — l’embarquement du couple de chaque espèce |
| S.11:41 | « Au nom d’Allaah sa course et son mouillage » |
| S.11:42 | Le fils resté à l’écart — l’appel de Nūḥ |
| S.11:43 | « Nul protecteur aujourd’hui, sinon celui à qui Il fait miséricorde » |
| S.11:44 | L’eau se retire — l’arche se pose sur le Jūdī |
| S.11:45 | L’appel de Nūḥ — « mon fils est de ma famille » |
| S.11:46 | Le refus — « il n’est pas de ta famille » |
| S.11:47 | Le repentir de Nūḥ — se réfugier de demander sans savoir |
| S.11:48 | Le débarquement béni — salām et barakāt |
| S.11:49 | Clôture : un récit du ghayb — patienter, la fin pour les muttaqīn |
Nūḥ envoyé à son peuple — le rejet de l’assemblée · S11:25–31
S.11:25–26 · Nūḥ envoyé à son peuple — nadhīr manifeste
- nadhīrun mubīn
- *nadhīr* : voir S2:119 et S11:2. Cohérence intra-coranique : la formule de crainte qui suit (« je crains pour vous le châtiment d'un jour... ») reprend presque à l'identique celle de Hūd (S7:59, *innī akhāfu ʿalaykum ʿadhāba yawmin ʿaẓīm*, « immense ») — ici l'adjectif change (*alīm*, douloureux, racine *ʾ-l-m*), sans que ce seul écart ne modifie la structure de l'appel.
S.11:27 · L’assemblée : « un homme ordinaire, suivi des plus vils »
- al-malaʾ
- voir S2:246, S7:60 : l'assemblée des notables, ceux qui « remplissent » le corps dirigeant par leur rang.
- bashar
- racine *b-sh-r* : l'humain dans sa condition ordinaire, extérieure (par contraste avec *malak*, l'ange, ou *rasūl* en tant que fonction). Le terme est ici appliqué en reproche : les notables refusent à Nūḥ tout autre statut que celui d'un homme quelconque.
- arādhilunā
- racine *r-dh-l* (Ibn Fāris, *Maqāyīs al-Lugha*) : ce qui est mis au rebut, tenu pour vil ou de peu de valeur. Dit : l'assemblée dénigre non l'argument de Nūḥ lui-même, mais le rang social de ceux qui l'ont suivi.
- bādiya r-raʾyi
- racine *b-d-w* (ce qui apparaît d'emblée, sans creuser) et racine *r-ʾ-y* (l'opinion, le jugement porté). Dit : l'assemblée accuse les partisans de Nūḥ d'avoir jugé sur une impression superficielle, non sur une réflexion mûrie.
- faḑl
- voir S3:73–74, S9:58, S9:74, S11:2 : le surcroît, ce qui dépasse la stricte égalité. Cohérence intra-sourate : ce reproche fait écho, en négatif, à la détresse signalée pour le *nabī* Muḥammad en S11:12 devant une exigence semblable (un trésor, un ange) — un même motif de rejet du messager humain ordinaire, appliqué ici à Nūḥ.
S.11:28 · La réponse de Nūḥ — la bayyina, la raḥma restée obscure
- bayyinatin ... raḥmatan
- *bayyina* : voir S2:211 et S11:17 ; *raḥma* : notion fréquente dans le Coran.
- fa-ʿummiyat ʿalaykum
- racine *ʿ-m-y* (la cécité), même racine que *qawman ʿamīn* (S7:64, à propos du peuple de Nūḥ précisément), où une double lecture est possible (cécité physique ou morale). Dit : ici, la forme passive (« rendue obscure ») porte sur la *raḥma* elle-même, non sur les yeux du peuple — le texte affirme que cette *raḥma* leur est demeurée invisible, sans préciser si la cause en est leur propre refus ou la nature même de ce qui leur échappe : ce point est un non-dit.
- a-nulzimukumūhā
- racine *l-z-m* : attacher fermement, imposer sans échappatoire.
- kārihūn
- racine *k-r-h* (voir S9:46, S9:81) : ici appliquée aux hommes eux-mêmes (leur propre aversion), sans aucun rapport avec l'emploi distinct de cette même racine appliqué à Allaah.
S.11:29 · Nul salaire demandé — ceux qui ont cru vont à la rencontre de leur Rabb
- in ajriya illā ʿalā llāh
- formule identique, mot pour mot, à celle du même récit de Nūḥ dans une autre sourate (S10:72 : « *in ajriya illā ʿalā llāhi* »).
- bi-ṭāridi
- racine *ṭ-r-d* : chasser, repousser.
- mulāqū rabbihim
- même racine *l-q-y* que *liqāʾu llāh* (voir S6:31). Dit : Nūḥ fonde son refus de repousser les croyants sur ce seul fait — leur rencontre à venir avec leur Rabb —, sans qu'aucune précision supplémentaire ne soit apportée par ce verset sur la nature de cette rencontre.
- tajhalūn
- racine *j-h-l*, l'ignorance — ici non l'absence de savoir, mais une disposition (« vous êtes un peuple qui... ») : une ignorance entretenue, non un simple manque d'information.
S.11:30 · « Qui me secourrait contre Allaah si je les repoussais ? »
- yanṣurunī ... ṭaradtuhum
- *naṣara* : secourir ; *ṭarada* : même racine que le verset précédent.
S.11:31 · Ni trésors, ni ghayb, ni rang d’ange — Allaah connaît les nafs
- khazāʾinu llāh
- racine *kh-z-n* : ce qui est mis en réserve, thésaurisé — à rapprocher du champ sémantique de *kanz* (le trésor, S11:12) sans en être la racine.
- al-ghayb
- racine *gh-y-b* : ce qui est soustrait à la perception directe. Dit : Nūḥ dénie pour lui-même toute connaissance du *ghayb*, la réservant implicitement à Allaah seul.
- tazdarī aʿyunukum
- racine *z-d-r* (Ibn Fāris) : mépriser, tenir pour vil. Point de vigilance, par contraste : *aʿyun* (les yeux) est ici employé au sens ordinaire, appliqué aux hommes eux-mêmes — à ne pas confondre avec l'emploi distinct de la même racine appliqué à Allaah en S11:37 (voir le point de méthode en tête de Bloc). Ici, le sujet est humain.
- bimā fī anfusihim
- voir S11:5 (*ʿalīmun bi-dhāti ṣ-ṣudūr*) : la connaissance exhaustive de ce que chaque *nafs* recèle.
Le défi, la réponse, l’accusation de forgerie · S11:32–36
S.11:32 · « Tu as multiplié la dispute — apporte ce que tu promets »
- jādaltanā ... jidālanā
- racine *j-d-l* : disputer avec insistance, argumenter pied à pied.
S.11:33 · « C’est Allaah seul qui vous l’apportera, s’Il veut »
- muʿjizīn
- voir S11:20 : réduire à l'impuissance, rendre incapable d'échapper.
S.11:34 · Le conseil sans utilité si Allaah veut égarer
- an yughwiyakum
- racine *gh-w-y* : dévier, s'égarer par séduction — ici sous forme causative, avec Allaah pour sujet. Point de méthode : cette construction s'inscrit dans la famille de passages associant la *mashīʾa* (volonté) d'Allaah à l'égarement de certains (voir S6:35, S6:39, S8:17, S8:23–24, S8:53, S9:14, S9:46, S9:51, S10:88) — l'articulation exacte entre cette volonté et la responsabilité propre de ceux qui s'égarent reste un non-dit que ce Bloc ne comble pas.
S.11:35 · « S’il l’a forgé » — le crime retombe sur qui le commet
- iftarāhu
- racine *f-r-y* (voir S11:13, pour ce même défi adressé au *nabī* Muḥammad).
- ijrāmī ... tujrimūn
- racine *j-r-m* : trancher, commettre — même racine que *lā jarama* (S11:22, « il est tranché que... »). Dit : Nūḥ retourne l'accusation en posant une équivalence stricte — si forgerie il y avait, elle retomberait sur son seul auteur, non sur ceux à qui elle serait adressée.
- barīʾ
- voir S8:48 : la désolidarisation, l'innocence déclarée d'un fait ou d'un lien.
S.11:36 · La révélation : nul autre ne croira
- fa-lā tabtaʾis
- racine *b-ʾ-s* (Ibn Fāris) : la détresse, le malheur qui atteint — à la forme réfléchie, « ne t'afflige pas toi-même ».
Construire l’arche — la moquerie · S11:37–39
S.11:37 · Construire l’arche sous Nos aʿyun — ne plus M’interpeller
- bi-aʿyuninā
- voir le point de méthode en tête de Bloc. Terme conservé en translittération.
- al-fulk
- racine *f-l-k* : l'embarcation. Voir S2:164 pour l'usage générique (les embarcations qui voguent sur la mer) ; ici, l'arche précise de Nūḥ, rendue par « l'arche » pour la distinguer contextuellement.
- lā tukhāṭibnī
- racine *kh-ṭ-b* : s'adresser directement à quelqu'un, l'interpeller. Dit : Allaah met un terme, par cet ordre, à toute intercession ultérieure de Nūḥ en faveur des *ẓālimūn* — point qui prépare directement la scène de S11:45–47, où Nūḥ intercédera malgré tout pour son propre fils.
S.11:38 · La construction et la moquerie — retournée en miroir
- sakhirū ... naskharu
- racine *s-kh-r* (voir S9:79 : *sakhira llāhu minhum*, lu comme rétribution en miroir plutôt qu'émotion de moquerie prêtée à Allaah). Point de vigilance, par contraste : ici, le sujet des deux occurrences du verbe est humain de part et d'autre (le peuple, puis Nūḥ) — le mot est pris dans son registre ordinaire des deux côtés.
S.11:39 · « Vous saurez sur qui vient le châtiment »
- yukhzīhi
- racine *kh-z-y* : humilier, couvrir de honte.
- muqīm
- racine *q-w-m* : ce qui est établi, durable — ici qualifiant un châtiment qui s'installe sans terme annoncé, par contraste avec le châtiment ajourné à une échéance comptée (S11:8, *ummatin maʿdūdatin*).
Le déluge : embarquement, noyade, accalmie · S11:40–44
S.11:40 · Le tannūr déborde — l’embarquement du couple de chaque espèce
- fāra t-tannūr
- Crux lexical, deux lectures attestées. Racine *f-w-r* : bouillonner, jaillir avec force. *At-tannūr* désigne en premier lieu, dans les dictionnaires classiques (Lisān al-ʿArab, Kitāb al-ʿAyn), le four de terre cuite servant à la cuisson du pain — un objet ordinaire de la vie domestique. Les mêmes lexicographes rapportent cependant un second usage, attesté chez certains Arabes, où *tannūr* désigne la surface du sol à un endroit précis (*wajh al-arḑ*). Non-dit : ce seul verset ne permet pas de trancher laquelle des deux réalités est visée — un four précis dont le débordement sert de signe déclencheur, ou la terre elle-même se mettant à jaillir d'eau en cet endroit. Ce Bloc retient la lecture lexicale la plus courante (le four), en signalant l'autre, sans importer aucun récit sur l'identité ou la localisation de cet objet.
- zawjayni thnayni
- racine *z-w-j* : le couple, la paire — construction précise (« deux, formant couple »).
- ahlaka
- « ta famille » — cohérence intra-Bloc, à suivre : ce même mot sera au centre de l'échange entre Nūḥ et Allaah en S11:45–46, où l'appartenance à cet « *ahl* » sera restreinte au-delà du seul lien de sang pour l'un des fils de Nūḥ.
- sabaqa ʿalayhi l-qawl
- racine *s-b-q* (précéder) et racine *q-w-l* (la parole). Non-dit : ce seul verset ne précise pas la teneur exacte de cette « parole déjà précédée » ni son moment — l'exclusion qu'elle motive reste posée sans être détaillée davantage ici.
S.11:41 · « Au nom d’Allaah sa course et son mouillage »
- majrāhā wa-mursāhā
- racine *j-r-y* (courir, couler — d'où *tajrī*, pour les embarcations en S2:164 et pour les rivières du paradis, *passim*) et racine *r-s-w* (jeter l'ancre, se stabiliser). Couple désignant respectivement le mouvement et l'arrêt de l'arche, placés tous deux sous le nom d'Allaah.
- ghafūrun raḥīm
- ce que l'on peut dire d'Allaah, conservé en translittération.
S.11:42 · Le fils resté à l’écart — l’appel de Nūḥ
- mawj
- racine *m-w-j* : la houle, la vague qui s'élève et retombe.
- maʿzil
- racine *ʿ-z-l* : l'isolement, l'écart tenu. Dit : le texte situe ce fils physiquement à distance du groupe embarqué, sans en préciser la raison à ce stade.
- yā bunayya
- diminutif d'affection de *ibn* (le fils) — un registre de tendresse humaine, propre à Nūḥ s'adressant à son fils.
S.11:43 · « Nul protecteur aujourd’hui, sinon celui à qui Il fait miséricorde »
- sa-āwī
- racine *ʾ-w-y* : se réfugier, chercher un abri.
- yaʿṣimunī ... ʿāṣim
- racine *ʿ-ṣ-m* : protéger, mettre à l'abri. Dit : le fils cherche une protection matérielle (la montagne) ; Nūḥ lui répond que seule la *raḥma* d'Allaah protège en ce jour, opposant ainsi deux registres de protection, l'un physique et vain, l'autre venant d'Allaah seul.
- ḥāla baynahumā l-mawju
- racine *ḥ-w-l* : s'interposer. Ici le sujet de « s'interposer entre » est la houle elle-même, une réalité physique : la construction *ḥāla bayna* est un usage courant et concret de la langue arabe (s'interposer matériellement entre deux choses). Pour son emploi avec Allaah pour sujet, voir S8:24.
S.11:44 · L’eau se retire — l’arche se pose sur le Jūdī
- iblaʿī ... aqliʿī
- racine *b-l-ʿ* (avaler, absorber) et racine *q-l-ʿ* (arracher net, faire cesser), adressées symétriquement à la terre et au ciel.
- ghīḑa l-māʾu
- racine *gh-y-ḑ* : décroître, se résorber progressivement.
- wa-stawat ʿalā l-jūdiyyi
- même racine *s-w-y* que l'*istiwāʾ ʿalā l-ʿarsh* (S7:54, S10:3, S11:7) et que la comparaison d'égalité de S11:24. **Cohérence intra-coranique, par contraste** : appliquée ici à un objet physique concret (l'arche) se posant sur un lieu physique concret (une montagne), cette racine porte sans ambiguïté un sens de repos et de stabilisation — ce qui confirme que ce sens existe dans la langue pour cette racine lorsque le sujet grammatical est un objet. *Al-Jūdī* : toponyme (montagne), conservé en translittération comme nom propre.
- buʿdan
- racine *b-ʿ-d* : l'éloignement, sous forme d'invocation — proche par le sens de *laʿnatu llāh* (S11:18 : l'exclusion).
L’intercession de Nūḥ pour son fils · S11:45–47
S.11:45 · L’appel de Nūḥ — « mon fils est de ma famille »
- waʿdaka
- racine *w-ʿ-d*, la promesse. Dit : Nūḥ invoque la promesse antérieure (S11:40 : « charge... ta famille ») pour réclamer le sauvetage de son fils.
- aḥkamu l-ḥākimīn
- même racine *ḥ-k-m* que *uḥkimat* (S11:1) et que *ḥakīm* — ici au superlatif, la justice qui décide avec la plus grande fermeté. Voir aussi S10:109 : *khayru l-ḥākimīn*, « le meilleur des juges ».
S.11:46 · Le refus — « il n’est pas de ta famille »
- laysa min ahlika ... ʿamalun ghayru ṣāliḥ
- Dit / non-dit : le texte ne conteste pas, à ce stade, le lien de filiation biologique déjà affirmé par Nūḥ lui-même au verset précédent (*ibnī*, « mon fils ») — il dénie seulement l'appartenance à l'« *ahl* » au sens couvert par la promesse de S11:40, et fonde ce déni sur la conduite (*ʿamal*) de ce fils, non sur son ascendance. Ce Bloc distingue ainsi explicitement ce que le texte affirme (une filiation non remise en cause) et ce qu'il dénie (une appartenance de conduite au groupe promis au salut) — sans importer aucune identification supplémentaire (ni sur la nature exacte de cette « œuvre non droite », ni sur les circonstances de ce fils) au-delà de ce que ces deux versets énoncent.
- aʿiẕuka
- racine *w-ʿ-ẕ* : exhorter, avertir avec insistance en vue du bien.
S.11:47 · Le repentir de Nūḥ — se réfugier de demander sans savoir
- aʿūdhu bika
- racine *ʿ-w-dh* : chercher refuge.
- taghfir ... tarḥamnī
- mêmes racines que *ghafūrun raḥīm* (S11:41).
- al-khāsirīn
- voir S11:21–22 : *al-akhsarūn*, les plus grands perdants.
Le débarquement béni — clôture sur le ghayb · S11:48–49
S.11:48 · Le débarquement béni — salām et barakāt
- ihbiṭ
- racine *h-b-ṭ* : descendre.
- barakātin
- pluriel de *baraka* — racine *b-r-k*, voir l'étude Al-Baraka wa-l-Tabarruk (croissance et surplus des bienfaits). Ici au pluriel ordinaire, désignant les bienfaits accordés à Nūḥ et à sa descendance — à distinguer de la forme verbale intensive *tabāraka*, réservée à Allaah Lui-même et non employée ici.
- sa-numattiʿuhum
- même racine *m-t-ʿ* que *matāʿan ḥasanan* (S11:3) : la jouissance accordée pour un temps, non perpétuelle.
S.11:49 · Clôture : un récit du ghayb — patienter, la fin pour les muttaqīn
- anbāʾi l-ghayb
- racine *n-b-ʾ* (le récit, la nouvelle rapportée — même racine que *nabaʾ* pour ce même récit de Nūḥ en S10:71) et *al-ghayb* (voir S11:31). Dit : ce verset referme le récit en s'adressant directement au *nabī* Muḥammad — un changement de destinataire par rapport à l'ensemble narratif qui précède, le texte affirmant que ni lui ni son peuple ne détenaient ce récit avant cette révélation.
- fa-ṣbir ... al-ʿāqiba
- racines *ṣ-b-r* et *ʿ-q-b* — la clôture par l'exhortation à la patience et l'annonce de la fin heureuse pour les *muttaqīn* reprend une structure rencontrée à l'issue d'autres récits coraniques.