Structure du Bloc I — ouverture de la Sourate 11. Huit ensembles. D’abord l’exorde : le Kitāb dont les signes ont été rendus fermes (uḥkimat) puis détaillés (fuṣṣilat), l’appel à ne servir qu’Allaah, l’istighfār et le retour (tawba), le retour final vers Allaah (S11:1–4). Puis ce que les hommes dissimulent dans leur poitrine et qu’Allaah connaît, la subsistance (rizq) de toute créature qui Lui incombe et Sa science exhaustive, la création des cieux et de la terre en six jours et l’ʿArsh sur l’eau, l’accusation de magie (S11:5–8). Puis le portrait de l’humain : désespéré quand le bienfait se retire, jubilant et vantard quand il revient, sauf ceux qui patientent et agissent avec droiture (S11:9–11). Puis l’éventuelle détresse du nabī devant la demande d’un trésor ou d’un ange, le défi des dix sūra forgées, la clause de non-réponse (S11:12–14). Puis ceux qui ne veulent que la vie d’ici-bas et sa parure, opposés à celui qui se tient sur une bayyina de son Rabb, que suit un shāhid, et devant qui il y a déjà le Kitāb de Mūsā (S11:15–17). Puis le plus grand ẓālim — celui qui forge un mensonge contre Allaah —, les témoins au Jour, la malédiction sur ceux qui barrent la voie d’Allaah (S11:18–20). Puis ceux qui se sont perdus eux-mêmes, opposés à ceux qui croient, agissent avec droiture et s’abaissent avec humilité (akhbatū) devant leur Rabb (S11:21–23). Enfin la parabole des deux groupes : l’aveugle et le sourd, comparés au voyant et à l’entendant (S11:24).
Point de méthode — S11:7, wa-kāna ʿarshuhu ʿalā l-māʾ (« et Son ʿArsh était sur l’eau »). Cette construction est distincte de la formule thumma stawā ʿalā l-ʿarsh (voir S7:54 et S10:3) : ici le verbe est kāna (un état, non un mouvement d’accession à une pleine maîtrise), et le sujet grammatical de la préposition ʿalā est ʿarshuhu — Son ʿArsh —, non Allaah Lui-même. Le texte n’affirme donc pas qu’Allaah était sur l’eau, mais que l’ʿArsh — réalité conservée en translittération, sans que sa nature soit précisée au-delà de ce que le texte affirme — s’y trouvait, à un moment que ce même verset situe en lien avec la création des cieux et de la terre en six jours. Ce Bloc ne tranche ni la nature de cette antériorité (temporelle, ou de préséance), ni celle de « l’eau » elle-même (une réalité antérieure à la création achevée, ou une image) : ce que le texte n’explicite pas au-delà de cette seule affirmation reste un non-dit.
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.11:1 | Le Kitāb dont les signes ont été rendus fermes, puis détaillés |
| S.11:2–4 | Ne servir qu’Allaah — nadhīr et bashīr — istighfār et tawba — le retour vers Allaah |
| S.11:5 | Ce qu’ils replient dans leur poitrine, qu’Allaah connaît |
| S.11:6 | Nulle créature dont la subsistance n’incombe à Allaah |
| S.11:7 | La création en six jours — l’ʿArsh sur l’eau — l’épreuve |
| S.11:8 | Le châtiment ajourné — « qu’est-ce qui le retient ? » |
| S.11:9–10 | Le bienfait retiré, le bienfait rendu — désespoir et jubilation |
| S.11:11 | Sauf ceux qui patientent et agissent avec droiture |
| S.11:12 | La détresse possible du nabī devant la demande d’un trésor ou d’un ange |
| S.11:13 | « Il l’a forgé » — le défi de dix sūra semblables |
| S.11:14 | La clause de non-réponse — « allez-vous vous soumettre ? » |
| S.11:15–16 | Qui veut la vie d’ici-bas — le Feu seul dans l’ākhira |
| S.11:17 | Celui qui se tient sur une bayyina, le shāhid, le Kitāb de Mūsā |
| S.11:18 | Le plus grand ẓālim — les témoins — la malédiction d’Allaah |
| S.11:19–20 | Ceux qui barrent la voie d’Allaah — nul walī, châtiment doublé |
| S.11:21–22 | Ceux qui se sont perdus eux-mêmes — les plus grands perdants |
| S.11:23 | Ceux qui croient, agissent avec droiture, s’abaissent avec humilité |
| S.11:24 | La parabole des deux groupes — aveugle/sourd, voyant/entendant |
Le Kitāb rendu ferme, puis détaillé · S11:1
S.11:1 · Alif-Lām-Rāʾ — un Livre dont les signes ont été rendus fermes
- Alif-Lām-Rāʾ
- lettres séparées (al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿah) ouvrant la sourate (voir S10:1) et traitées dans l'étude Les Muqaṭṭaʿāt — Lettres séparées du Coran : leur signification reste, du strict point de vue de la langue, un *non-dit* du texte lui-même — aucune racine ni construction grammaticale ne permet de leur assigner un sens univoque.
- uḥkimat āyātuhu thumma fuṣṣilat
- racine *ḥ-k-m* : Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) en ramène le sens premier à *al-manʿ*, empêcher, retenir — d'où *aḥkama ash-shayʾa*, rendre une chose ferme et solide, en empêcher la dislocation ; ce n'est pas le sens de « rendre clair ». Racine *f-ṣ-l* : séparer nettement, détailler partie par partie. Cohérence intra-coranique : ce verset est l'exemple retenu par l'étude Muḥkam et Mutashābih pour établir que *muḥkam* qualifie ici l'intégralité du Livre — non une sous-catégorie de versets « clairs » par opposition à des versets « ambigus » — puisqu'il serait incohérent que la totalité des signes soit dite *muḥkam* si ce mot désignait une portion distincte du texte. La traduction retenue est celle de cette étude : « rendus fermes, puis détaillés ».
- ḥakīm, khabīr
- ce que l'on peut dire d'Allaah — conservés en translittération. *Ḥakīm* : même racine que *uḥkimat* ci-dessus, la fermeté et la solidité de ce qui procède de Sa décision. *Khabīr* : racine *kh-b-r*, l'information exacte et détaillée, par opposition à une connaissance superficielle.
Ne servir qu’Allaah — nadhīr et bashīr — istighfār et tawba — le retour · S11:2–4
S.11:2–4 · L’appel, l’istighfār, le retour vers Allaah
- nadhīr, bashīr
- voir S2:119 : « Nous t'avons envoyé avec le *ḥaqq*, *bashīr* et *nadhīr* ». Conservés en translittération.
- istaghfirū ... tūbū
- deux racines distinctes accolées : *gh-f-r* (*istighfār*, demander que soit recouverte/effacée la faute) et *t-w-b* (*tawba*, le retour). Dit : le texte les distingue par deux verbes successifs (« puis », *thumma*) — la demande précède le retour effectif, sans que ce seul verset ne détaille davantage l'articulation des deux actes.
- ajalin musamman
- « un terme fixé, nommé » — racine *s-m-w* à la forme II (nommer précisément). Non-dit : la durée exacte ou la nature de ce terme (une échéance individuelle, ou collective) n'est pas précisée par ce seul verset.
- dhī faḍlin faḍlahu
- racine *f-ḍ-l* (voir S3:73–74, S9:58, S9:74) : le surcroît, ce qui dépasse la stricte mesure due.
- marjiʿukum
- racine *r-j-ʿ*, le retour — voir S3:28, S5:105.
- qadīr
- ce que l'on peut dire d'Allaah — la capacité sans limite, conservé en translittération.
Ce qu’ils dissimulent — la subsistance de toute créature — création et ʿArsh · S11:5–8
S.11:5 · Ce qu’ils replient dans leur poitrine
- yathnūna ṣudūrahum
- racine *th-n-y* : replier, courber sur soi-même — image concrète d'un geste humain de dissimulation (se recroqueviller pour cacher son intention). Le sujet du geste est les hommes eux-mêmes.
- ʿalīmun bi-dhāti ṣ-ṣudūr
- formule présente sous des variantes proches en S3:119, S3:154, S5:7 : la connaissance exhaustive de ce que la poitrine contient, au-delà de ce qui s'exprime.
S.11:6 · Nulle créature dont la subsistance n’incombe à Allaah
- dābba
- racine *d-b-b* (voir S8:22, S8:55) : *ad-dābba*, tout ce qui se meut parmi ce qui vit (*Lisān al-ʿArab*) — terme générique, ici sans la restriction contextuelle qui, en S8:22, orientait le sens vers les humains ; ce verset l'emploie dans son extension la plus large.
- ʿalā llāhi rizquhā
- la préposition *ʿalā* marque ici, comme dans *kataba ʿalā nafsihi* (S6:12, S6:54 : « Il s'est prescrit à Lui-même »), une incombance — ce qu'Allaah S'engage à assumer — non une position spatiale : un usage attesté et courant de la langue arabe classique (« *ʿalā fulānin kadhā* », « telle chose incombe à un tel »), indépendant de tout lieu.
- mustaqarrahā wa-mustawdaʿahā
- voir S6:98 (« *fa-mustaqarrun wa-mustawdaʿun* ») — racine *q-r-r* (l'établissement stable) et racine *w-d-ʿ* (le dépôt confié, destiné à être repris). Appliqué ici à toute créature, non plus seulement à l'origine humaine.
- kullun fī kitābin mubīn
- même formule de clôture qu'en S6:59 et S10:61 (« *illā fī kitābin mubīn* ») pour désigner l'exhaustivité de ce qu'Allaah consigne.
S.11:7 · La création en six jours — l’ʿArsh sur l’eau — l’épreuve
- khalaqa s-samāwāti wa-l-arḍa fī sittati ayyāmin
- formule identique à S7:54 (« *inna rabbakumu llāhu lladhī khalaqa s-samāwāti wa-l-arḍa fī sittati ayyāmin* »). Dit : ce seul verset ne précise pas la nature exacte de ces « jours » (une durée mesurée à l'échelle humaine, ou une autre unité) — question laissée ouverte.
- kāna ʿarshuhu ʿalā l-māʾi
- voir le point de méthode en tête de Bloc. *ʿArsh* est conservé en translittération.
- li-yabluwakum ayyukum aḥsanu ʿamalan
- racine *b-l-w* : mettre à l'épreuve, éprouver. Dit : le texte pose l'épreuve (*ibtilāʾ*) comme la finalité même de la création, non comme un événement second.
- in hādhā illā siḥrun mubīn
- même formule qu'en S6:7 (« *in hādhā illā siḥrun mubīn* », à propos d'une écriture tangible) et en S5:110 (à propos des signes d'ʿĪsā) — accusation récurrente opposée à toute annonce jugée surnaturelle.
S.11:8 · Le châtiment ajourné — « qu’est-ce qui le retient ? »
- ummatin maʿdūdatin
- racine *ʿ-d-d* : compter, dénombrer — une échéance dont la durée est fixée et connue (d'Allaah), non arbitraire.
- ḥāqa bihim
- racine *ḥ-w-q* : envelopper, cerner de toutes parts.
- yastahziʾūn
- racine *h-z-ʾ*. **Point de méthode, par contraste** : pour cette même racine appliquée à Allaah (S2:15, *Allāhu yastahziʾu bihim*), la lecture retenue est celle d'une rétribution en miroir plutôt que d'une émotion de moquerie prêtée à Allaah. Ici, à l'inverse, le sujet du verbe est humain — ceux qui ont réellement tourné en dérision l'annonce du châtiment — et le mot est pris dans son registre ordinaire. Un même terme, deux registres selon le sujet grammatical.
Le portrait de l’humain : bienfait retiré, bienfait rendu · S11:9–11
S.11:9–10 · Désespoir et jubilation
- yaʾūs
- racine *y-ʾ-s* : le désespoir, la perte de tout espoir. Dit : le texte relie ce trait à l'oubli du bienfait antérieur au moment de sa perte, non à la perte elle-même isolément.
- kafūr
- forme intensive de *k-f-r* : un dénégateur radical du bienfait reçu, non seulement de la foi.
- fariḥun fakhūr
- racines *f-r-ḥ* (la jubilation) et *f-kh-r* (se vanter, tirer gloire). Dit : ce trait humain, tout comme le précédent, est présenté comme le sort commun (« l'humain », générique), hors l'exception nommée au verset suivant.
S.11:11 · Sauf ceux qui patientent et agissent avec droiture
- ṣabarū wa-ʿamilū ṣ-ṣāliḥāti
- formule fréquente dans le Coran — l'exception nommée ici couvre les deux traits opposés des versets précédents (le désespoir comme la jubilation vantarde), par une même stabilité intérieure.
La détresse possible du nabī — le défi des dix sūra — la clause de non-réponse · S11:12–14
S.11:12 · « Se pourrait-il que tu délaisses une partie de ce qui t’est révélé ? »
- fa-laʿallaka tārikun ... wa-ḍāʾiqun bihi ṣadruka
- *laʿalla* : particule d'éventualité (« il se pourrait que »). Dit : le texte pose une possibilité, sous forme de question rhétorique adressée au *nabī*, non un fait accompli — il ne rapporte pas que le *nabī* ait effectivement délaissé une partie de la révélation, mais nomme la pression psychologique (la poitrine resserrée) que la demande insistante des dénégateurs pourrait exercer. Non-dit : ce que serait cette « partie » n'est précisé par aucun élément du verset.
- kanzun ... malakun
- *kanz* (trésor, racine *k-n-z*) et *malak* (ange) : les deux conditions posées par les dénégateurs pour accorder crédit à l'annonce — le texte les nomme sans y répondre autrement qu'en rappelant la fonction unique du *nabī* (*nadhīr*).
- wakīl
- ce que l'on peut dire d'Allaah (voir S3:173, S6:66, S6:102, S6:107, S8:62, S8:64, S10:108) : garant ultime, statut explicitement refusé au *nabī* lui-même. Conservé en translittération.
S.11:13 · « Il l’a forgé » — le défi de dix sūra semblables
- iftarāhu
- racine *f-r-y* (voir S4:48, S6:21, S6:93, S6:144, S7:37, S10:17, S10:30, S10:37–38, S10:60, S10:69) : forger, fabriquer de toutes pièces.
- fa-ʾtū bi-ʿashri suwarin mithlihi
- Cohérence intra-coranique : ce défi (dix *sūra*) diffère de celui portant sur une seule *sūra* (S2:23–24 ; S10:38 : « *fa-ʾtū bi-sūratin mithlihi* »). Non-dit : ce seul verset ne précise pas l'ordre chronologique entre les deux formulations du défi, ni la raison de cette différence de nombre — aucune thèse extérieure au texte n'est importée (ni gradation, ni *naskh*) : les deux formulations sont constatées telles qu'elles se lisent, chacune dans son propre contexte.
S.11:14 · La clause de non-réponse
- lā ilāha illā huwa
- formule fréquente (voir S2:255, S3:2, S3:6, S3:18, S9:129).
- muslimūn
- racine *s-l-m*, forme IV : celui qui remet, qui se soumet — ici dans la question rhétorique finale, à valeur d'impératif implicite.
Qui veut la vie d’ici-bas — celui qui se tient sur une bayyina · S11:15–17
S.11:15–16 · Qui veut la vie d’ici-bas — le Feu seul dans l’ākhira
- al-ḥayāt ad-dunyā wa-zīnatahā
- *zīna* (la parure) : voir S10:24, la parure de la vie d'ici-bas dans la parabole de l'eau.
- nuwaffi ... lā yubkhasūn
- racine *w-f-y* (régler pleinement, sans manque) et racine *b-kh-s* (léser, rogner une part due). Dit : le texte pose un règlement intégral et sans lésion — mais borné à cette seule vie, non prolongé dans l'ākhira, comme le verset suivant l'établit aussitôt.
- ḥabiṭa ... bāṭilun
- *ḥabiṭa* : voir S2:217 (« *ḥabiṭat aʿmāluhum* », l'annulation des œuvres — racine *ḥ-b-ṭ*, la dissolution d'une substance qui se vide).
S.11:17 · Celui qui se tient sur une bayyina — le shāhid — le Kitāb de Mūsā
- afa-man kāna ʿalā bayyinatin ... [comparaison sous-entendue]
- Note de syntaxe française : la construction arabe « *afa-man ...* » (« est-ce que celui qui... ») pose une question rhétorique dont le second terme de comparaison (« ... serait-il comme celui qui ne l'a pas ? ») n'est pas énoncé — une ellipse (*ḥadhf*) fréquente dans le style coranique. Le crochet ajouté en français explicite ce que la syntaxe arabe laisse à compléter par le contexte, sans ajouter de contenu au texte : c'est une inférence syntaxique, non une addition de sens.
- bayyinatin
- racine *b-y-n* : ce qui rend une chose distincte, manifeste (voir S2:211, *āyatun bayyinah*).
- yatlūhu shāhidun minhu
- Crux lexical, deux lectures attestées : la racine *t-l-w* porte, chez les lexicographes classiques (Ibn Fāris, *Maqāyīs al-Lugha*), un sens premier de succession, de venue immédiatement après (*at-tawālī*) — dont dérive le sens de « réciter » (faire se succéder les mots d'un texte). Ce verbe admet donc deux lectures ici : (1) « que suit un témoin » (un témoin qui vient après, qui accompagne et corrobore), ou (2) « que récite un témoin » (un témoin qui énonce ce Kitāb). Non-dit : ce seul verset ne nomme pas ce *shāhid* — ni sa nature (une révélation, un témoignage humain, une réalité distincte du Kitāb de Mūsā mentionné juste après), ni son identité. Aucune des identifications qu'une partie de la tradition propose n'est retenue ici, faute de fondement dans la seule lettre de ce verset ; ce silence est nommé comme tel plutôt que comblé.
- kitābu mūsā imāman wa-raḥmatan
- *imām*, racine *ʾ-m-m* : ce qui est placé devant, que l'on suit comme référence — ce mot est ici appliqué à un Kitāb. Dit : le texte pose un parallèle entre le Kitāb donné à Mūsā et le Kitāb de ce verset, tous deux qualifiés de guide et de *raḥma*, sans détailler davantage le contenu du premier.
- al-aḥzāb
- racine *ḥ-z-b* : un groupe constitué, une faction. Non-dit : l'identité précise de ces « factions » n'est pas nommée par ce seul verset.
- mirya
- racine *m-r-y* : le doute qui hésite entre deux possibilités, distinct de *shakk* (S10:94, S10:104) par la nuance d'une hésitation entretenue plutôt que d'une incertitude simple.
Le plus grand ẓālim — les témoins — la malédiction · S11:18–20
S.11:18 · Le plus grand ẓālim — les témoins — la malédiction d’Allaah
- wa-man aẓlamu mimmani ftarā ʿalā llāhi kadhiban
- voir S6:21, S6:93, S6:144, S7:37 : question rhétorique posant un plafond dans l'échelle du *ẓulm*.
- al-ashhād
- pluriel de *shāhid*, désignant ici ceux qui témoignent au Jour contre les *ẓālimūn*. Non-dit : leur identité (anges, *rusul*, ou une catégorie plus large) n'est pas précisée par ce seul verset.
- laʿnatu llāh
- racine *l-ʿ-n* : l'éloignement, l'exclusion — conservée dans son sens ordinaire (une exclusion prononcée), sans connotation affective attribuée à Allaah au-delà de ce que le mot désigne lexicalement.
S.11:19–20 · Ceux qui barrent la voie d’Allaah — nul walī, châtiment doublé
- yaṣuddūna ʿan sabīli llāh ... ʿiwajan
- voir S2:217, S4:167, S8:47 : barrer, détourner de la voie ; *ʿiwaj* (la tortuosité) : voir S3:99, S10:1 — le champ lexical du chemin droit par contraste.
- muʿjizīn
- racine *ʿ-j-z* : être incapable, faire défaut — à la forme IV, ici au sens de « rendre incapable, réduire à l'impuissance » Allaah ou Son châtiment. Dit : le texte nie toute capacité, pour les *ẓālimūn* de S11:18, à échapper au châtiment par leur seule force sur terre.
- awliyāʾa
- voir S3:150, S10:30, S10:62.
Ceux qui se sont perdus eux-mêmes — ceux qui s’abaissent avec humilité · S11:21–23
S.11:21–22 · Ceux qui se sont perdus eux-mêmes — les plus grands perdants
- khasirū anfusahum wa-ḍalla ʿanhum mā kānū yaftarūn
- formule identique, mot pour mot, à S6:24 (« *wa-ḍalla ʿanhum mā kānū yaftarūn* ») — reprise ici à l'identique.
- lā jarama
- racine *j-r-m* : trancher, couper — d'où, à l'origine, « il est tranché que... », une certitude sans appel. Locution figée.
S.11:23 · Ceux qui croient, agissent avec droiture, s’abaissent avec humilité
- akhbatū ilā rabbihim
- racine *kh-b-t* : Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) rattache ce mot à *al-khabt*, un terrain bas et plat — d'où l'image d'un être qui s'aplanit, qui se pose sans relief ni résistance devant Allaah : une humilité stable et durable, non un mouvement affectif passager.
- khālidūn
- voir S10:26–27.
La parabole des deux groupes · S11:24
S.11:24 · L’aveugle et le sourd, comparés au voyant et à l’entendant
- mathalu l-farīqayni
- *mathal* (l'image, la parabole) : voir S3:59, S10:24 ; *farīq* (le groupe, la faction), ici à la forme duelle.
- hal yastawiyāni
- racine *s-w-y*, la même que celle de *istawā* (voir le point de méthode en tête de ce Bloc, à propos de S11:7, et S5:100 : « *lā yastawī l-khabīthu wa-ṭ-ṭayyibu* »). Cohérence intra-coranique : cette occurrence confirme que le sens premier de cette racine porte sur l'égalité et l'équivalence — ici entre deux catégories humaines opposées, non sur une position physique.