Structure du Bloc II. Le Bloc s’ouvre sur l’installation de Yūsuf en Égypte, chez celui qui l’a acheté et qui recommande à sa femme de lui réserver un séjour digne — le texte y voit un affermissement voulu par Allaah, qui lui enseignera aussi l’aboutissement des récits déjà annoncé au Bloc I ; puis, une fois Yūsuf parvenu à sa pleine maturité, le don du ḥukm et de l’ʿilm (S12:21–22). Vient ensuite l’épisode central de la tentation : la femme de la maison cherche à le détourner de lui-même, il s’y refuse au nom de ce qu’il nomme « rabbī » — un point de méthode s’impose ici (voir le callout dédié) —, la scène de la course à la porte, la chemise déchirée par-derrière comme preuve matérielle, le témoignage qui tranche selon le sens de la déchirure, et le jugement du maître de maison, qui reconnaît la manœuvre des femmes et demande pardon pour son épouse (S12:23–29). Le Bloc se poursuit avec la rumeur qui circule dans la cité, l’assemblée organisée par la femme pour confondre ses détractrices, l’émerveillement de celles-ci à la vue de Yūsuf, puis sa confrontation avec elle et la menace explicite de prison si Yūsuf ne se plie pas à ce qu’elle exige (S12:30–32). Le Bloc se referme sur la prière de Yūsuf, qui préfère la prison à la faute, la réponse d’Allaah qui détourne de lui la manœuvre des femmes, et la décision — prise par d’autres que par Yūsuf lui-même — de l’emprisonner malgré les signes déjà vus (S12:33–35).
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.12:21 | L’achat en Égypte, la recommandation d’un séjour digne |
| S.12:22 | La pleine maturité — le don du ḥukm et de l’ʿilm |
| S.12:23 | La tentation — le refus de Yūsuf |
| S.12:24 | La preuve de son Rabb |
| S.12:25 | La course à la porte, la chemise déchirée |
| S.12:26–27 | Le témoignage qui tranche |
| S.12:28–29 | Le jugement du maître de maison |
| S.12:30 | La rumeur des femmes de la cité |
| S.12:31 | L’assemblée aux couteaux, l’émerveillement |
| S.12:32 | La confrontation, la menace de prison |
| S.12:33 | La prière de Yūsuf — la prison plutôt que la faute |
| S.12:34 | La réponse d’Allaah |
| S.12:35 | La décision de l’emprisonner |
L’achat en Égypte, la maturité et le don du ḥukm · S12:21–22
S.12:21 · L’achat en Égypte, la recommandation d’un séjour digne
- akrimī mathwāhu
- racine *k-r-m* (l'honneur, la noblesse) à l'impératif féminin — « traite-le noblement dans son séjour ». *Mathwā*, lieu de résidence temporaire, racine *th-w-y* ; le terme sera repris presque à l'identique par Yūsuf lui-même (S12:23, ce Bloc) — voir la note qui y est posée.
- nattakhidhahu waladan
- *walad* (l'enfant, indépendamment du sexe) — même terme que dans le rejet d'un *walad* attribué à Allaah (S4:171, S10:68) : ici, appliqué à un couple humain sans enfant biologique, l'emploi est ordinaire et sans aucune portée théologique — signalé uniquement pour la traçabilité du terme.
- makkannā li-yūsufa fi l-arḍi
- racine *m-k-n* (affermir, établir solidement une position) ; **dit** : le texte présente cet achat par un notable égyptien comme la modalité même par laquelle Allaah affermit Yūsuf sur cette terre — non un événement séparé de cet affermissement.
- taʾwīli l-aḥādīth
- même expression qu'en S12:6 (Bloc I) — voir le callout de méthode qui y est posé : « l'aboutissement des récits », jamais « l'interprétation ».
- wa-llāhu ghālibun ʿalā amrihi
- racine *gh-l-b* (l'emporter sur, prévaloir malgré une résistance). **Dit** : rien ne peut faire obstacle au dessein (*amr*) qu'Allaah a formé pour Yūsuf — ce Bloc rend *ghālib* par « a pleine maîtrise », pour exprimer la prévalence sans introduire aucune image de lutte physique. **Non-dit** : la nature précise de ce dessein n'est pas détaillée par ce seul verset ; la suite du récit en manifestera l'aboutissement.
S.12:22 · La pleine maturité — le don du ḥukm et de l’ʿilm
- ashuddahu
- racine *sh-d-d* (la force, la solidité) : le point où la constitution physique et le jugement atteignent leur plein développement, sans âge précis fixé par ce seul mot.
- ḥukman wa-ʿilman
- *ḥukm*, conservé en translittération — une étude dédiée de ce site établit, à partir d'Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*, racine *ḥ-k-m* : empêcher, contenir), que ce terme désigne une décision qui s'impose, une capacité de trancher et de délimiter le permis et l'interdit — non le seul « jugement » au sens judiciaire restreint. *ʿIlm*, conservé de même en translittération.
- al-muḥsinīn
- racine *ḥ-s-n*, conservée en translittération (voir S3:133–134, où Allaah honore les *muḥsinūn*) — ceux qui agissent avec *iḥsān*, l'excellence de l'acte au-delà du strict devoir. Ce terme reviendra à plusieurs reprises dans la suite de cette sourate.
La tentation — le refus de Yūsuf, la preuve de son Rabb · S12:23–24
Point de méthode — l’identité de « rabbī » en S12:23 (« innahu rabbī aḥsana mathwāya »). Le terme Rabb (conservé en translittération) désigne le plus souvent Allaah. Ici, cependant, le pronom innahu (« il », sujet du verbe aḥsana) admet grammaticalement deux antécédents également défendables, et ce Bloc les nomme tous deux plutôt que d’en écraser un sans justification textuelle. Première lecture : rabbī désigne le maître de maison (« celui qui l’acheta », S12:21) — cette lecture s’appuie sur un écho lexical direct et volontaire entre les deux versets : c’est le maître lui-même qui, en S12:21, avait ordonné « akrimī mathwāhu » (« réserve-lui un séjour digne »), et Yūsuf reprend ici, mot pour mot, la même racine et le même terme (aḥsana mathwāya, « il a rendu digne mon séjour ») — l’argument de Yūsuf serait alors d’ordre social et moral : trahir la confiance de celui qui l’a si bien traité serait une injustice (ẓulm). Seconde lecture, majoritaire dans une partie de la tradition : rabbī désigne Allaah Lui-même, dans la continuité immédiate de l’invocation qui précède (maʿādha llāh) — l’argument serait alors directement théologique : c’est Allaah qui a rendu digne son séjour ici-bas, et s’y opposer par la faute serait ingratitude envers Lui. Ce Bloc ne tranche pas entre les deux : la cohérence intra-coranique ne permet pas de trancher, la structure de la phrase autorisant l’une comme l’autre lecture. Il retient, pour le seul champ trad=, la première lecture (l’écho lexical direct avec S12:21 étant l’indice le plus immédiatement disponible dans le texte lui-même), et signale explicitement la seconde comme égale en légitimité.
S.12:23 · La tentation, le refus de Yūsuf
- rāwadathu ... ʿan nafsihi
- racine *r-w-d*, forme III (chercher à obtenir quelque chose de quelqu'un par une approche insistante et progressive, sans violence déclarée) ; ce même verbe structure l'ensemble de cet épisode et reviendra à plusieurs reprises dans ce Bloc (S12:26, S12:30, S12:32).
- hayta laka
- expression figée et rare, dont l'étymologie même est discutée par les lexicographes classiques (Ibn Manẓūr, *Lisān al-ʿArab*, rapporte plusieurs lectures et hypothèses, dont une origine non arabe pour certains grammairiens) — un appel pressant à l'approche, « viens, hâte-toi ». Ce Bloc retient la traduction fonctionnelle la plus large sans trancher la question philologique de l'origine du terme.
- maʿādha llāh
- racine *ʿ-w-dh* (chercher refuge), même famille que *aʿūdhu bi-llāh* (voir S2:67 : « Je cherche refuge en Allaah pour ne pas être du nombre des *jāhilīn* ») — ici sous forme d'exclamation figée, littéralement « [je cherche] refuge en Allaah ».
- innahu rabbī aḥsana mathwāya
- voir le callout de méthode ci-dessus pour l'identité de *rabbī*. *Mathwāya*, même terme et même racine qu'en S12:21 (ce Bloc) — l'écho est volontaire et sert d'indice principal à la première lecture retenue.
- lā yufliḥu ẓ-ẓālimūn
- racine *f-l-ḥ* (réussir, prospérer ; voir S3:130 : « *laʿallakum tufliḥūn* ») ; *ẓālimūn*, terme extensivement attesté. **Dit** : Yūsuf énonce ce principe comme une vérité générale, non comme une menace personnelle adressée à la femme.
Point de méthode, prudence maximale — la construction grammaticale de S12:24 (« wa-laqad hammat bihi wa-hamma bihā lawlā an raʾā burhāna rabbihi »). Ce verset appelle la même rigueur que les passages les plus sensibles, tels S4:157–158 ou S9:113–114. Ce que la grammaire affirme sans ambiguïté : le désir de la femme (hammat bihi) est énoncé au mode indicatif simple, sans aucune restriction. Ce que la construction restreint : le second membre de phrase concernant Yūsuf (wa-hamma bihā) est immédiatement suivi d’une proposition en lawlā (« si ce n’était que… », « n’eût été que… »). Or lawlā suivi d’un verbe au passé forme, en arabe classique, une phrase conditionnelle dont la conséquence énoncée (ici, l’inclination de Yūsuf) est précisément niée par la réalisation de la condition qui la précède dans le texte (ici, le fait d’avoir vu la preuve). Autrement dit, la structure grammaticale elle-même — indépendamment de toute doctrine sur l’infaillibilité des nabiyyīn — présente l’inclination de Yūsuf non comme un fait advenu puis interrompu, mais comme un fait structurellement empêché par la vision de la preuve, laquelle est donnée comme concomitante ou antérieure, non postérieure. Ce Bloc traduit donc la phrase de façon à préserver cette structure conditionnelle, sans affirmer ni nier, au-delà de ce que la syntaxe permet, l’existence d’un moment d’inclination réelle chez Yūsuf. La nature exacte de cette « preuve » (burhān) n’est, par ailleurs, précisée par aucun terme du verset lui-même — ce Bloc nomme ce silence comme tel, sans importer aucun récit extérieur (vision, parole, signe matériel) sur ce que fut cette preuve.
S.12:24 · La preuve de son Rabb
- hammat bihi / hamma bihā
- voir le callout de méthode ci-dessus.
- burhāna rabbihi
- *burhān*, racine *b-r-h* — voir l'étude dédiée *Hātu burhānakum*, qui établit la traduction « preuve » (« apportez votre preuve », S2:111/S27:64), reprise ici à l'identique. Ici, *rabbihi* ne fait l'objet d'aucune ambiguïté grammaticale — contrairement à S12:23 (voir le callout dédié) —, le verset étant énoncé du point de vue du narrateur, non de Yūsuf lui-même : « Rabb » désigne ici Allaah sans réserve.
- li-naṣrifa ʿanhu s-sūʾa wa-l-faḥshāʾa
- *ṣarafa*, racine *ṣ-r-f* (détourner), reprise plus loin dans ce même Bloc (S12:34, *ṣarafa ʿanhu kaydahunna*). *Faḥshāʾ*, racine *f-ḥ-sh* (la turpitude, l'acte qui dépasse la mesure), conservée en translittération faute d'équivalent français à un seul mot qui en couvre le champ, distincte de *sūʾ* (le mal, plus général).
- al-mukhlaṣīn
- racine *kh-l-ṣ*, à la forme IV au **participe passif** (*mukhlaṣ*, « rendu pur, rendu sincère [par Allaah] ») — à distinguer de la forme active *mukhliṣ* (« qui se rend pur lui-même », voir S2:139) ; ici, c'est Allaah qui est présenté comme l'agent de cette pureté, non l'effort propre de Yūsuf seul — nuance grammaticale signalée pour la précision du sens.
La course à la porte, la chemise déchirée, le jugement du maître · S12:25–29
S.12:25 · La course à la porte, la chemise déchirée
- qamīṣahu
- même terme qu'en S12:18 (Bloc I) — la chemise, déjà annoncée comme objet reconnu, devient ici la preuve matérielle centrale de cet épisode.
- min dubur
- racine *d-b-r* (l'arrière, ce qui suit), au sens concret et directionnel : « par-derrière » — opposé, au verset suivant, à *min qubul* (racine *q-b-l*, l'avant). **Dit** : le texte fait reposer tout le jugement à venir sur ce seul indice matériel directionnel.
- sayyidahā
- *sayyid* (le maître, le chef de maison), ici au sens strictement domestique : le mari de la femme, maître de la maison où réside Yūsuf.
- an yusjana
- racine *s-j-n* (emprisonner) ; ce terme structurera la suite de cette sourate (S12:33 et sq., hors et dans ce Bloc).
S.12:26–27 · Le témoignage qui tranche
- shāhidun min ahlihā
- *shāhid*, ici un membre de l'entourage de la femme, dont l'identité exacte n'est pas davantage précisée. **Non-dit** : ni l'âge, ni le statut, ni le lien exact de ce témoin avec la famille ne sont donnés par le texte.
- min qubul / min dubur
- voir la note posée à S12:25 — le raisonnement du témoin s'appuie sur un critère purement matériel et directionnel, sans autre élément de preuve invoqué.
S.12:28–29 · Le jugement du maître de maison
- min kaydikunna
- racine *k-y-d* (voir S12:5, Bloc I ; S3:120, S4:76, S8:18) — ici au pluriel féminin (*kaydikunna*), s'adressant à un ensemble de femmes alors que la scène ne présente qu'une seule femme : **inférence légitime**, non textuelle en ce seul point, que le maître de maison connaît déjà, ou anticipe, l'implication d'autres femmes — thème que confirmera la suite du Bloc (S12:30 et sq.).
- aʿriḍ ʿan hādhā
- racine *ʿ-r-ḍ* (se détourner de) : un ordre adressé à Yūsuf de ne pas donner suite à l'affaire, sans qu'aucune sanction ne lui soit par ailleurs infligée.
- istaghfirī li-dhanbiki
- racine *gh-f-r* (voir S2:37 et *passim*, pour *at-Tawwāb*/*istighfār*) ; *dhanb*, conservé au sens de « faute » (voir S3:135 : « pardonne-nous nos fautes/*dhunūbanā* »).
- al-khāṭiʾīn
- racine *kh-ṭ-ʾ* (commettre une faute, errer par rapport à une visée) ; forme masculine plurielle employée ici, selon un usage attesté de la grammaire classique, pour désigner une personne de sexe féminin — accord grammatical par défaut, sans portée de sens au-delà de ce point.
Les femmes de la cité, l’assemblée aux couteaux, la confrontation · S12:30–32
S.12:30 · La rumeur des femmes de la cité
- al-ʿazīz
- titre égyptien du maître de maison, jusqu'ici désigné seulement par *sayyidahā* (S12:25, ce Bloc) ou par une périphrase (S12:21, ce Bloc).
- fatāhā
- *fatā* (le jeune homme, ici au sens de jeune serviteur attaché à la maison), distinct de *ghulām* (S12:19, Bloc I).
- shaghafahā ḥubban
- racine *sh-gh-f* (Ibn Manẓūr : atteindre le *shaghāf*, l'enveloppe la plus profonde du cœur) — image d'une passion qui pénètre jusqu'au siège le plus intime de l'organe. *Ḥubban* : racine *ḥ-b-b* ; lorsque Allaah est concerné, cette racine est rendue par « honorer » (voir S5:87) — ici, il s'agit de la passion d'une femme humaine pour un homme, et la traduction ordinaire (« amour ») s'impose, comme pour S12:8 (Bloc I).
- ḍalālin mubīn
- même expression qu'en S12:8 (Bloc I) — voir la note qui y est posée ; ici, ce sont les femmes de la cité, non le texte lui-même, qui portent ce jugement.
S.12:31 · L’assemblée aux couteaux, l’émerveillement
- bi-makrihinna
- même racine *m-k-r* que S10:21 (appliquée à Allaah en miroir de la manœuvre humaine) — ici purement humaine, désignant la médisance des femmes de la cité.
- muttakaʾan
- racine *w-k-ʾ* (s'accouder, se reposer en position allongée) : un lieu ou un dispositif de repos, sans que le texte ne précise davantage sa nature exacte. **Non-dit** : la raison précise pour laquelle des couteaux sont distribués n'est pas énoncée par le texte lui-même — une inférence usuelle (un repas à préparer, des fruits à couper) n'est pas exclue mais reste extérieure à la lettre de ce seul verset.
- akbarnahu
- racine *k-b-r* (la grandeur), forme IV : « elles le trouvèrent grand », au sens de l'émerveillement devant une beauté ou une prestance hors du commun.
- ḥāsha li-llāh
- *ḥāshā*, particule grammaticale d'exception (équivalente à *illā*, « sauf », « à l'exception de » — Ibn Manẓūr, *Lisān al-ʿArab*) employée ici, figée, comme exclamation : littéralement « à l'exception d'Allaah » — c'est-à-dire qu'Allaah seul est excepté de ce que la scène pourrait laisser croire d'ordinaire ou d'imparfait. Ce Bloc porte le sens de cette exclamation par une formule française équivalente (« perfection à Allaah »), plutôt que par un calque littéral de la particule grammaticale, la traduction visant le sens porté plutôt que la structure de la langue de départ.
- malakun karīm
- *malak* (l'ange), même racine que *malāʾika* (S2:34 et *passim*) ; *karīm* (noble, généreux), racine *k-r-m* — même racine que *akrimī* (S12:21, ce Bloc). **Dit** : ce sont les femmes elles-mêmes, non le texte, qui formulent cette comparaison — une hyperbole d'admiration, non une affirmation ontologique sur la nature de Yūsuf.
S.12:32 · La confrontation, la menace de prison
- fa-staʿṣama
- racine *ʿ-ṣ-m* (se protéger, résister fermement), forme X réflexive ; **dit** : le texte affirme sans ambiguïté, à ce stade du récit, la fermeté du refus de Yūsuf, contrastant avec la construction plus prudente de S12:24 (voir le callout de méthode dédié).
- aṣ-ṣāghirīn
- racine *ṣ-gh-r* (la petitesse, l'abaissement) : l'humiliation par la contrainte, distincte de *khāsirūn* (la perte, S12:14, Bloc I) et de *ẓālimūn* (l'injustice).
La prière de Yūsuf, la réponse d’Allaah, la décision de l’emprisonner · S12:33–35
S.12:33 · La prière de Yūsuf — la prison plutôt que la faute
- rabbi
- ici, aucune ambiguïté grammaticale : il s'agit d'une invocation directe adressée à Allaah — contraste explicite avec la construction de S12:23 (voir le callout de méthode dédié).
- as-sijnu aḥabbu ilayya
- *sijn*, même racine que S12:25 (ce Bloc). *Aḥabbu*, comparatif de *ḥ-b-b* — ici une préférence humaine ordinaire entre deux situations (la prison et la faute), non un emploi concernant Allaah ; voir S12:8 et S12:30.
- aṣbu ilayhinna
- racine *ṣ-b-w* (l'inclination, l'attirance, en particulier celle de la jeunesse).
- al-jāhilīn
- même terme que S2:67 — conservé en translittération.
S.12:34 · La réponse d’Allaah
- fa-staǰāba lahu
- racine *j-w-b* (répondre), forme X : la réponse d'Allaah à l'invocation qui précède immédiatement.
- fa-ṣarafa ʿanhu kaydahunna
- même racine *ṣ-r-f* que S12:24 (ce Bloc) — l'action déjà annoncée comme finalité en S12:24 (« pour détourner de lui le mal ») trouve ici son accomplissement narratif direct.
- as-samīʿu l-ʿalīm
- couple de ṣifāt d'Allaah conservées en translittération (voir S2:32, S4:24/92, S5:38, S12:6 [Bloc I]) — ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah ici : une écoute et une connaissance sans défaut.
S.12:35 · La décision de l’emprisonner
- badā lahum
- racine *b-d-w* (apparaître, sembler bon). **Non-dit** : l'identité exacte de « eux » (*lahum*) n'est pas précisée par ce seul verset — vraisemblablement al-ʿAzīz et son entourage décisionnaire, mais ce Bloc ne l'affirme pas au-delà de ce que permet le pluriel employé.
- mā raʾawu l-āyāt
- *āyāt*, ici au sens concret des signes d'innocence déjà vus dans le récit (la chemise, le témoignage, l'émerveillement des femmes) — non un emploi théologique du terme. **Dit** : le texte affirme explicitement que l'emprisonnement survient malgré, non à cause de, ces signes — une décision dont la logique propre (opportunité sociale, apaisement de la rumeur) n'est pas davantage exposée par ce seul verset.
- ḥattā ḥīn
- *ḥīn* (un moment, une durée non spécifiée). **Non-dit** : la durée exacte de cet emprisonnement n'est pas donnée par ce seul verset ; elle se lira dans la suite de la sourate, hors de ce Bloc.