Structure du Bloc IV, dernier Bloc de la Sourate 15. Cinq ensembles. D’abord un bref rappel de deux peuples anéantis : les gens du Fourré (aṣḥāb al-Aykah) et les gens d’al-Ḥijr, qui ont traité de menteurs les envoyés, reçu des āyāt dont ils se détournaient, taillé des demeures dans les montagnes — et que le Cri a saisis, sans que ce qu’ils avaient acquis ne leur soit d’aucune utilité (S15:78–84). Puis une affirmation sur la création par le ḥaqq, l’Heure qui vient, et l’ordre adressé au nabī Muḥammad d’accorder un détournement empreint de beauté — car son Rabb est al-Khallāq, al-ʿAlīm (S15:85–86). Puis les sept versets qui se répètent et le Qurʾān immense, l’ordre de ne pas tendre les yeux vers ce dont jouissent d’autres, et l’auto-désignation du nabī comme l’avertisseur manifeste (S15:87–89). Puis les muqtasimīn, qui ont fait du Qurʾān des parts séparées, et le serment que tous seront interrogés sur leurs actes (S15:90–93). Enfin l’ordre de proclamer ouvertement, la protection promise contre les moqueurs, le rejet du shirk, et la clôture de la sourate sur l’ordre d’adorer son Rabb jusqu’à ce que vienne la certitude (S15:94–99).
Note de méthode — des points de continuité avec d’autres versets. Aṣ-ṣayḥa (« le Cri », S15:83) reprend le rendu de S7:78/91, S11:67/94 et S15:73. Yanḥitūna l-jibāla buyūtan (S15:82) reprend, presque mot pour mot, la formule de S7:74 (tanḥitūna l-jibāla buyūtan). Mā aghnā ʿanhum (S15:84) reprend la formule de S111:2. Sabʿan mina l-mathānī (S15:87) rejoint le nom alternatif de la Sourate 1 et le sens de mathānī (« ce qui se répète », S39:23, voir l’étude Ḥadīth). Wa-khfiḍ janāḥaka (S15:88) reprend l’idiome de S17:24 (« abaisser l’aile »), commenté dans l’étude Les rapports aux parents. Al-mustahziʾīn (S15:95) est à distinguer du rendu de yastahziʾu appliqué à Allaah (S2:14–16 : « Allaah les rend dérisoires », jamais « Se moque ») — ici le mot désigne les moqueurs eux-mêmes (des humains, agents actifs de la moquerie), non Allaah : aucune restriction méthodologique ne s’applique à ce sens ordinaire. Al-yaqīn (S15:99) rejoint la définition posée dans l’étude Al-ʿIlm — La saisie certaine du réel (al-ʿilm = al-yaqīn, la connaissance certaine, opposée au ẓann).
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.15:78–79 | Les gens du Fourré (al-Aykah), injustes — la rétribution, le chemin manifeste |
| S.15:80 | Les gens d’al-Ḥijr ont traité de menteurs les envoyés |
| S.15:81 | Des āyāt données, et le détournement |
| S.15:82 | Des demeures taillées dans les montagnes, en toute sécurité |
| S.15:83 | Le Cri les saisit au matin |
| S.15:84 | Ce qu’ils avaient acquis ne leur fut d’aucune utilité |
| S.15:85 | La création par le ḥaqq, l’Heure qui vient, le détournement empreint de beauté |
| S.15:86 | Ton Rabb, al-Khallāq, al-ʿAlīm |
| S.15:87 | Sept versets qui se répètent, et le Qurʾān immense |
| S.15:88 | Ne pas tendre les yeux vers ce dont jouissent d’autres — abaisser l’aile pour les croyants |
| S.15:89 | « Je suis, moi, l’avertisseur manifeste » |
| S.15:90–91 | Les muqtasimīn, qui ont fait du Qurʾān des parts séparées |
| S.15:92–93 | Par ton Rabb — l’interrogation de tous sur leurs actes |
| S.15:94 | « Proclame ouvertement ce qui t’est ordonné » |
| S.15:95 | « Nous t’avons suffi contre les moqueurs » |
| S.15:96 | Ceux qui associent à Allaah un autre ilāh — ils sauront bientôt |
| S.15:97 | La poitrine qui se resserre à cause de ce qu’ils disent |
| S.15:98 | Glorifier par la ḥamd, être de ceux qui se prosternent |
| S.15:99 | Adorer ton Rabb jusqu’à ce que vienne la certitude |
Les gens du Fourré et les gens d’al-Ḥijr — le rappel du châtiment · S15:78–84
S.15:78–79 · Les gens du Fourré (al-Aykah), injustes — la rétribution, le chemin manifeste
- wa-in kāna … la-ẓālimīn
- *in* fonctionne ici comme particule emphatique (*mukhaffafa ʿan al-thaqīla*), non comme conditionnel « si » — le *lām* de renforcement placé devant *ẓālimīn* (*la-ẓālimīn*) confirme cette lecture, attestée par la grammaire classique. Le sens n'est donc pas « s'ils étaient injustes », mais une affirmation renforcée : « ils étaient certes injustes ».
- intaqamnā minhum
- racine *n-q-m* : la rétribution en retour d'un tort commis. Rendu ici par « exercer la rétribution contre eux » : le verbe désigne une réponse juste à l'injustice (*ẓulm*), non une émotion.
- aṣḥāb al-Aykah
- racine *ʾ-y-k* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : *al-aykah*, un bosquet, un fourré d'arbres serrés et touffus. **Non-dit** : ce seul passage ne précise pas le lien entre ce peuple et celui de Madyan/Shuʿayb (S11:84–95, S7:85–93) — un rapprochement fréquent chez les commentateurs postérieurs, mais qu'aucun terme de ce verset ni des versets qui l'entourent ne nomme explicitement ; ce Bloc ne l'importe donc pas.
- innahumā la-bi-imāmin mubīn
- le pronom duel *humā* (« les deux ») renvoie aux deux sites ruinés évoqués dans ce passage : celui du peuple de Lūṭ (S15:61–77) et celui du Fourré, ce verset. *Imām*, racine *ʾ-m-m* : Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) le rattache au sens premier de précession, de ce qui est placé devant et suivi — d'où deux extensions attestées chez les lexicographes classiques : « ce qui sert de modèle ou de registre » (ce que l'on suit comme référence), et, par extension déjà ancienne, « une route, un chemin que l'on suit ». **Deux lectures nommées, sans trancher** : « un registre/modèle manifeste » ou « un chemin clairement tracé ». La seconde rejoint la formule presque identique employée pour le peuple de Lūṭ en S15:76 (*wa-innahā la-bi-sabīlin muqīm*, « elle est certes sur un chemin qui subsiste ») — cohérence intra-sourate qui penche vers la lecture du chemin, sans l'imposer comme seule possible.
S.15:80 · Les gens d’al-Ḥijr ont traité de menteurs les envoyés
- al-Ḥijr
- racine *ḥ-j-r* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : le rocher, la pierre, et par extension ce qui est enclos, retranché, mis à l'écart (la même racine donne *ḥijr*, le giron, et *ḥajara*, interdire). *Al-Ḥijr* est ici un toponyme, conservé en translittération comme nom de lieu. **Non-dit, inférence par cohérence intra-coranique** : ce seul verset ne nomme ni Ṣāliḥ ni Thamūd ; mais les traits qui suivent immédiatement — les demeures taillées dans les montagnes (S15:82, presque mot pour mot identique à S7:74) et le Cri (S15:83, voir S7:78/91, S11:67/94, S15:73) — sont ceux que l'on rencontre ailleurs pour le peuple de Ṣāliḥ. Ce rapprochement relève donc de la cohérence intra-textuelle entre récits parallèles, non d'une affirmation explicite de ce passage lui-même.
- al-mursalīn
- racine *r-s-l* (*rusul*/*mursalūn*, voir notamment S15:57/61). **Point de langue** : le pluriel est employé alors qu'un seul envoyé (Ṣāliḥ, par cohérence intra-coranique) s'adresse à ce peuple — le texte traite ainsi le désaveu d'un envoyé comme un désaveu de l'ensemble des envoyés, le message étant présenté comme un et le même d'un envoyé à l'autre.
S.15:81 · Des āyāt données, et le détournement
- muʿriḍīn
- racine *ʿ-r-ḍ*, forme IV : détourner son visage, se soustraire délibérément à ce qui est présenté — ici précisé par le détournement actif face aux *āyāt* elles-mêmes, après le désaveu des envoyés (S15:80).
S.15:82 · Des demeures taillées dans les montagnes, en toute sécurité
- yanḥitūna mina l-jibāli buyūtan
- racine *n-ḥ-t* : tailler, sculpter dans une matière dure — formule presque mot pour mot identique à S7:74 (*tanḥitūna l-jibāla buyūtan*, « vous taillez les montagnes en demeures »), pour un peuple successeur de ʿĀd — cohérence de motif entre les deux récits parallèles.
- āminīn
- racine *ʾ-m-n* (voir S15:46 et S12:99 : la sécurité comme absence de menace). **Dit** : ce peuple se croyait à l'abri, précisément par ces demeures taillées dans la roche — le verset suivant (S15:83) montre que cette sécurité perçue ne les a pas préservés.
S.15:83 · Le Cri les saisit au matin
- aṣ-ṣayḥatu
- racine *ṣ-y-ḥ* (voir S7:78/91, S11:67/94, S15:73 : « le Cri »). Ce même châtiment est évoqué, sous une formule identique, dans trois récits distincts.
- muṣbiḥīn
- racine *ṣ-b-ḥ* (entrer dans le matin ; voir S15:66). **Point de précision lexicale** : ce complément circonstanciel diffère de celui employé pour le peuple de Lūṭ en S15:73 (*mushriqīn*, « au lever du jour ») — deux racines distinctes (*ṣ-b-ḥ*/*sh-r-q*) pour deux peuples distincts, toutes deux situant l'événement au petit matin sans se confondre.
S.15:84 · Ce qu’ils avaient acquis ne leur fut d’aucune utilité
- mā aghnā ʿanhum
- racine *gh-n-y* (l'aisance, la suffisance) — même formule qu'en S111:2 (*mā aghnā ʿanhu māluhu*, « ni sa richesse ne lui fut d'aucune utilité »), ici appliquée non à un bien matériel nommé mais à l'ensemble de ce qu'ils avaient acquis (*yaksibūn*).
La création par le ḥaqq, l’Heure, et al-Khallāq · S15:85–86
S.15:85 · La création par le ḥaqq, l’Heure qui vient, le détournement empreint de beauté
- illā bi-l-ḥaqq
- *ḥaqq* : voir S15:55/63/64 et *passim*. **Dit** : la création des cieux et de la terre est ici directement reliée, comme cause de sa raison d'être, au *ḥaqq* — non présentée comme un fait gratuit.
- aṣ-ṣafḥa l-jamīl
- racine *ṣ-f-ḥ* (voir S2:109, S5:13 : *ṣafḥ*, tourner le visage de côté, passer outre sans poursuivre). Construction au maṣdar (nom d'action complément absolu) qui intensifie l'ordre : littéralement « détourne-toi d'un détournement beau/gracieux » — un détournement qui ne cherche pas la rancune. **Dit** : une instruction adressée au *nabī* Muḥammad. **Non-dit** : ce seul verset ne précise ni la durée ni les conditions de cette instruction, sans qu'une abrogation par un verset postérieur ne soit indiquée dans ce seul passage.
S.15:86 · Ton Rabb, al-Khallāq, al-ʿAlīm
- al-Khallāq
- racine *kh-l-q*, forme intensive *faʿʿāl* (à distinguer de *Khāliq*, la forme simple, voir S6:14 et S12:101). Conservé en translittération comme ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah, glosé « Ce qui ne cesse de créer » plutôt qu'un simple superlatif de degré (« le grand Créateur »), pour rendre l'intensité morphologique de la forme sans y importer une hiérarchie entre différents « créateurs ».
- al-ʿAlīm
- ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah, conservé en translittération.
Les sept versets répétés et l’avertisseur manifeste · S15:87–89
S.15:87 · Sept versets qui se répètent, et le Qurʾān immense
- sabʿan mina l-mathānī
- racine *th-n-y* : ce qui se répète, se correspond en ses parties — sens établi à partir de S39:23 (voir l'étude Ḥadīth : *kitāban mutashābihan mathāniya*, « un Livre dont les parties se correspondent et se répètent »). **Inférence par cohérence intra-coranique** : ce seul verset ne nomme pas les « sept » en question ; on le rapproche du nom alternatif de la Sourate 1 elle-même (*Sabʿan mina l-mathānī*, d'après S15:87), sans que ce seul verset n'affirme lui-même cette identification.
- al-qurʾāna l-ʿaẓīm
- *ʿaẓīm*, racine *ʿ-ẓ-m* (l'immensité, la grandeur qui dépasse la mesure), ici qualificatif appliqué au Qurʾān lui-même.
S.15:88 · Ne pas tendre les yeux vers ce dont jouissent d’autres — abaisser l’aile pour les croyants
- azwājan minhum
- racine *z-w-j* — ici non au sens de « couples » ou d'« épouses », mais au sens dérivé et attesté chez les lexicographes classiques de « catégories, genres » : certaines classes de personnes parmi les dénégateurs, bénéficiaires d'une jouissance (*mattaʿnā*) de ce bas monde.
- wa-khfiḍ janāḥaka
- racine *kh-f-ḍ* (abaisser) + *janāḥ* (l'aile) — même idiome qu'en S17:24 (*wa-khfiḍ lahumā janāḥa dh-dhilli mina r-raḥma*), commenté dans l'étude Les rapports aux parents : l'image du geste par lequel un oiseau abaisse son aile en signe de protection et d'humilité — ici tournée vers les croyants, non vers les parents.
S.15:89 · « Je suis, moi, l’avertisseur manifeste »
- an-nadhīr
- racine *n-dh-r* : celui qui avertit d'une conséquence à venir, ici assumé par le *nabī* Muḥammad lui-même à la première personne.
Les muqtasimīn et l’interrogation de tous · S15:90–93
S.15:90–91 · Les muqtasimīn, qui ont fait du Qurʾān des parts séparées
Crux lexical et exégétique majeur, deux lectures nommées, sans trancher — al-muqtasimīn et ʿiḍīn. Al-muqtasimīn (racine q-s-m, forme VIII, l’action de se partager mutuellement une chose) : ce seul verset (S15:90) ne nomme pas ce groupe, et ne précise pas non plus l’objet de « ce que Nous avons fait descendre » (anzalnā) — Nous avons fait descendre [quoi ?] sur eux. Le verset suivant (S15:91) les définit : « ceux qui ont fait du Qurʾān des ʿiḍīn ». Deux lectures distinctes existent, toutes deux rapportées par les commentateurs classiques du texte, qu’aucun terme de ces deux versets ne permet à lui seul de trancher : (1) une lecture qui identifie les muqtasimīn à un groupe historique précis (des chefs de Quraysh qui se seraient partagé les routes menant à La Mecque à l’époque du pèlerinage pour décourager les visiteurs, chacun donnant une accusation différente contre le nabī) — mais cette identification s’appuie sur un récit de circonstance (sīra) extérieur au texte lui-même, qu’aucun mot de ces deux versets ne nomme ; ce Bloc la signale sans l’importer comme donnée du texte. (2) une lecture fondée sur la cohérence intra-coranique : la particule ka-mā (« de même que ») au début de S15:90 introduit une comparaison avec ce qui vient d’être dit (l’avertissement du nabī, S15:89) — Nous avertissons [ce peuple] comme Nous avons fait descendre [une révélation] sur un peuple antérieur, qui l’a ensuite partagée entre lui (crue en partie, rejetée en partie) ; cette lecture rejoint le motif de S2:85 (a-fa-tuʾminūna bi-baʿḍi l-kitābi wa-takfurūna bi-baʿḍ, « croyez-vous en une partie du Livre et faites-vous le kufr d’une autre ? »). Ce Bloc nomme les deux lectures sans en écarter aucune, faute d’indication supplémentaire dans le texte lui-même. Sur ʿiḍīn (racine ʿ-ḍ-h ou ʿ-ḍ-w selon les lexicographes) : Ibn Manẓūr (Lisān al-ʿArab) rapporte lui-même la divergence des grammairiens anciens — un premier rattachement à al-ʿiḍah (la calomnie, le sortilège, dans le parler de certaines tribus arabes anciennes), d’où « ils ont traité le Qurʾān de sortilège/mensonge » ; un second rattachement à al-ʿiḍw (le membre, la partie d’un tout), d’où « ils ont fait du Qurʾān des morceaux séparés » — l’accueillant par fragments, le désignant tour à tour de noms contradictoires. Les deux lectures convergent sur un même constat : une fragmentation ou une dénaturation du texte reçu, sans que ce Bloc ne tranche entre elles.
- al-muqtasimīn / ʿiḍīn
- voir le callout ci-dessus.
S.15:92–93 · Par ton Rabb — l’interrogation de tous sur leurs actes
- fa-wa-rabbika
- formule de serment par le Rabb — construction distincte du serment sur une vie humaine (*la-ʿamruka*, S15:72), ici un serment porté directement sur le Rabb lui-même.
Proclamer ouvertement, la protection promise, la clôture · S15:94–99
S.15:94 · « Proclame ouvertement ce qui t’est ordonné »
- iṣdaʿ
- racine *ṣ-d-ʿ* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) et Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : le sens premier est de fendre, de séparer nettement une chose solide (comme fendre une pierre) ; par extension, déclarer une chose avec netteté, sans ambiguïté, la faire éclater au grand jour.
- al-mushrikīn
- racine *sh-r-k* — voir l'étude Le Shirk.
S.15:95 · « Nous t’avons suffi contre les moqueurs »
- kafaynāka
- racine *k-f-y* : suffire à quelqu'un, le protéger en le dispensant d'affronter seul une chose.
- al-mustahziʾīn
- racine *h-z-ʾ* (voir S2:14–16 : *Allāhu yastahziʾu bihim*, « Allaah les rend dérisoires », jamais « Se moque », lorsque le sujet du verbe est Allaah). **Point de méthode** : ici, le mot désigne les moqueurs eux-mêmes — des humains, agents actifs de la moquerie envers le *nabī* — et non Allaah ; il est donc rendu dans son registre ordinaire (« les moqueurs »).
S.15:96 · Ceux qui associent à Allaah un autre ilāh — ils sauront bientôt
- yajʿalūna maʿa llāhi ilāhan ākhar
- poser un autre *ilāh* aux côtés d'Allaah — construction que l'on retrouve sous des formes voisines ; voir l'étude Le Shirk.
S.15:97 · La poitrine qui se resserre à cause de ce qu’ils disent
- yaḍīqu ṣadruka
- racine *ḍ-y-q* : l'étroitesse, le resserrement — ici appliqué à un état intérieur du *nabī* Muḥammad lui-même, reconnu et nommé directement par le texte.
S.15:98 · Glorifier par la ḥamd, être de ceux qui se prosternent
- sabbiḥ bi-ḥamdi rabbika
- formule que l'on rencontre sous des formes voisines — *sabbiḥ*, racine *s-b-ḥ* (déclarer exempt de toute défaillance) ; *ḥamd*, racine *ḥ-m-d* (la louange qui revient à ce qui est digne d'être loué).
- as-sājidīn
- racine *s-j-d* : se prosterner.
S.15:99 · Adorer ton Rabb jusqu’à ce que vienne la certitude
- al-yaqīn
- racine *y-q-n* — voir l'étude Al-ʿIlm — La saisie certaine du réel : *al-ʿilm = al-yaqīn*, la connaissance certaine, la saisie d'une chose telle qu'elle est réellement, opposée au *ẓann* (la conjecture). **Dit** : le texte affirme un ordre d'adoration valable jusqu'à ce que survienne cette certitude — sans nommer cette certitude elle-même. **Inférence, non affirmation du texte** : une partie majoritaire de la tradition exégétique identifie *al-yaqīn* à la mort — lecture cohérente avec la position de ce verset à la toute fin de la sourate, mais qui reste une identification ajoutée au mot, non ce que le mot dit par lui-même (*yaqīn* signifie « certitude », non « mort », et aucun terme de ce verset ne nomme la mort). Ce Bloc rapporte donc ce que le texte affirme à la lettre — une adoration prescrite jusqu'à une certitude à venir — sans trancher, au-delà de ce que le mot lui-même porte, sur la nature exacte de cette certitude.