Structure du Bloc I, ouverture de la Sourate 16. Quatre ensembles. D’abord l’exorde : l’amr d’Allaah qui vient, la descente des anges porteurs du rūḥ, l’affirmation de l’unicité, et la création des cieux, de la terre et de l’humain (S16:1–4). Puis une longue série de bienfaits terrestres présentés comme āyāt (signes) : les anʿām (troupeaux) et leurs utilités, le chemin dont la rectitude incombe à Allaah, l’eau, les cultures, les astres assujettis, la mer, les montagnes — close par la question rhétorique opposant ce qui crée à ce qui ne crée pas (S16:5–17). Puis le bienfait incalculable d’Allaah, Son savoir du caché et du manifeste, et la description des entités invoquées hors d’Allaah comme mortes et non créatrices, avant l’affirmation de l’ilāh unique et la description des cœurs qui nient l’Ākhira (S16:18–23). Enfin le rejet moqueur de la révélation qualifiée de « légendes des anciens », le rappel du sort des peuples antérieurs qui usèrent de manœuvre, et la scène du Jour de la Résurrection pour les dénégateurs et pour ceux qui meurent en s’étant fait tort à eux-mêmes (S16:24–29).

Note de méthode — renvois. Raʾūf (S16:7) : voir S2:143 et S3:30 (translittération conservée, sans projection d’affect humain). Musakhkhar/sakhkhara (S16:12/14) : voir S2:164 (assujetti, mis au service, non agent autonome). Tatawaffāhumu l-malāʾikatu ẓālimī anfusihim (S16:28) : voir S4:97. Asāṭīru l-awwalīn (S16:24) : voir l’étude Ummī — l’illettrisme du nabī, qui traite S25:5. Shurakāʾ (S16:27) : voir l’étude Le Shirk. Rabb est conservé en translittération plutôt que traduit par « Seigneur » (voir S3:7, S3:26). Wa-law shāʾa … la-hadākum ajmaʿīn (S16:9) relève de la famille mashīʾa/qadar, laissée ouverte (voir S6, S8 à S11, S13 à S15).

Sommaire du bloc

Réf. Titre thématique
S.16:1 L’amr d’Allaah vient — ne pas le hâter
S.16:2 La descente des anges avec le rūḥ — nul ilāh que Moi
S.16:3 La création des cieux et de la terre par le ḥaqq
S.16:4 L’humain créé d’une nuṭfa, puis disputeur manifeste
S.16:5 Les anʿām créés : chaleur et utilités
S.16:6 Une beauté en elles, au soir et au matin
S.16:7 Elles portent vos charges — votre Rabb, Raʾūf, Raḥīm
S.16:8 Chevaux, mulets, ânes — et ce que vous ne savez pas
S.16:9 La rectitude du chemin incombe à Allaah — et certains s’en écartent
S.16:10–11 L’eau du ciel, le pâturage, les cultures et les fruits
S.16:12–13 La nuit, le jour, les astres assujettis ; les couleurs disséminées
S.16:14 La mer assujettie : chair fraîche, parure, vaisseaux
S.16:15–16 Les montagnes ancrées, rivières, chemins, l’étoile qui guide
S.16:17 Ce qui crée est-il comme ce qui ne crée pas ?
S.16:18 Compter le bienfait d’Allaah — impossible ; Ghafūr, Raḥīm
S.16:19 Allaah sait ce que vous cachez et ce que vous divulguez
S.16:20–21 Ce qu’ils invoquent hors d’Allaah : créé, non créateur, mort, non vivant
S.16:22–23 Votre ilāh est un ilāh unique — les cœurs qui nient — Allaah n’honore pas les orgueilleux
S.16:24–25 « Des légendes des anciens » — porter des fardeaux entiers, et une part de ceux qu’ils égarent
S.16:26–27 La manœuvre déjouée — l’ignominie au Jour de la Résurrection
S.16:28 Ceux que les anges font mourir, injustes envers eux-mêmes
S.16:29 Entrez par les portes de Jahannam — quel mauvais séjour pour les orgueilleux

Exorde — l’amr d’Allaah et la création · S16:1–4

S.16:1 · L’amr d’Allaah vient — ne pas le hâter

S.16:1
أَتَىٰ أَمْرُ اللَّهِ فَلَا تَسْتَعْجِلُوهُ ۚ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَىٰ عَمَّا يُشْرِكُونَ
Atā amru llāhi fa-lā tastaʿjilūhu — subḥānahu wa-taʿālā ʿammā yushrikūn L’amr (l’ordre, ce qui doit advenir) d’Allaah vient — ne cherchez donc pas à le hâter. Il est dégagé de toute imperfection (subḥānahu), et Il transcende (taʿālā) ce qu’ils Lui associent.
Notes lexicales
amr
racine *ʾ-m-r* : l'ordre, l'affaire, ce qui est décrété et mis en mouvement — conservé en translittération. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas la nature exacte de cet *amr* qui « vient » — ni s'il s'agit de l'Heure, d'un châtiment déterminé, ou de l'aboutissement du message lui-même ; la suite immédiate du verset (le reproche adressé à ceux qui associent à Allaah) situe seulement cet *amr* dans le registre d'une échéance que ses destinataires voudraient voir différée.
subḥānahu
racine *s-b-ḥ* : nager, se mouvoir librement dans un vaste espace. Voir S2:32 : « *subḥāna llāh* : ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah comme entièrement dégagé de toute limitation, entièrement au-delà de toute imperfection ». La formule n'est donc pas rendue par « gloire à », mais fonctionnellement : « Il est dégagé de toute imperfection ».
taʿālā
racine *ʿ-l-w* : rendu par « transcender », sans aucun vocabulaire de hauteur ni de lieu à propos d'Allaah (voir aussi S13:9, *al-Mutaʿāl*).

S.16:2 · La descente des anges avec le rūḥ — nul ilāh que Moi

S.16:2
يُنَزِّلُ الْمَلَائِكَةَ بِالرُّوحِ مِنْ أَمْرِهِ عَلَىٰ مَنْ يَشَاءُ مِنْ عِبَادِهِ أَنْ أَنْذِرُوا أَنَّهُ لَا إِلَٰهَ إِلَّا أَنَا فَاتَّقُونِ
Yunazzilu l-malāʾikata bi-r-rūḥi min amrihi ʿalā man yashāʾu min ʿibādihi an andhirū annahu lā ilāha illā anā fa-ttaqūni Il fait descendre les anges (al-malāʾika), avec le rūḥ, par Son amr, sur qui Il veut parmi Ses ʿibād (Ses serviteurs) : « Avertissez qu’il n’y a nul ilāh sinon Moi — craignez-Moi donc (fa-ttaqūni). »
Notes lexicales
bi-r-rūḥi
racine *r-w-ḥ* : voir S2:87 (*rūḥ al-qudus*), S4:171 (*rūḥun minhu*), S15:29 (*rūḥī*) — chaque fois, le texte ne précise pas la nature de ce *rūḥ*, et toute identification à une entité particulière excède ce que le texte dit. **Non-dit** : ce verset ne nomme aucune entité précise portée par ce *rūḥ* — il relie seulement sa descente à la fonction d'avertissement (*indhār*) confiée à certains *ʿibād* d'Allaah. **Inférence, non affirmation de ce seul verset** : une partie de la tradition identifie ce *rūḥ* à la révélation elle-même ou à l'ange qui la porte ; ce Bloc rapporte ce que le texte affirme — une descente liée à l'*amr* d'Allaah, sur qui Il veut — sans trancher davantage.
ʿibādihi
racine *ʿ-b-d* : les *ʿibād*, ceux qui se tiennent en position de servitude envers Allaah ; ici, ceux parmi eux que Sa volonté choisit pour recevoir la descente évoquée.
lā ilāha illā anā
*ilāh*, conservé en translittération. **Dit** : Allaah parle ici à la première personne, énonçant Lui-même l'unicité comme contenu explicite de l'avertissement confié aux *rusul*.

S.16:3 · La création des cieux et de la terre par le ḥaqq

S.16:3
خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ بِالْحَقِّ ۚ تَعَالَىٰ عَمَّا يُشْرِكُونَ
Khalaqa s-samāwāti wa-l-arḍa bi-l-ḥaqqi — taʿālā ʿammā yushrikūn Il a créé les cieux et la terre par le ḥaqq — Il transcende ce qu’ils Lui associent.
Notes lexicales
bi-l-ḥaqqi
*ḥaqq* (voir S15:85) — la création n'est pas présentée comme un fait gratuit, mais reliée, comme cause de sa raison d'être, à ce qui est juste et fondé.

S.16:4 · L’humain créé d’une nuṭfa, puis disputeur manifeste

S.16:4
خَلَقَ الْإِنْسَانَ مِنْ نُطْفَةٍ فَإِذَا هُوَ خَصِيمٌ مُبِينٌ
Khalaqa l-insāna min nuṭfatin fa-idhā huwa khaṣīmun mubīn Il a créé l’humain (al-insān) d’une nuṭfa (une goutte de liquide) — et le voici, disputeur (khaṣīm) manifeste.
Notes lexicales
nuṭfa
racine *n-ṭ-f* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : une petite quantité de liquide clair, une goutte. Conservé en translittération, faute d'un seul mot français équivalent qui ne réduise ni n'élargisse ce que le mot arabe désigne.
khaṣīmun mubīn
racine *kh-ṣ-m* : la partie en litige, l'adversaire dans un différend (voir S4:105, où *khaṣīman* prend le sens contextuel de « défenseur » d'un coupable). Ici, le sens est celui d'un disputeur qui s'oppose ouvertement — l'humain, issu d'une origine aussi ténue qu'une goutte, devenant capable de contester avec assurance. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas l'objet exact de cette dispute — le texte pose le constat (l'origine infime, puis l'assurance disputeuse) sans le développer davantage à cet endroit.

Les anʿām, le chemin, les bienfaits terrestres · S16:5–9

S.16:5 · Les anʿām créés : chaleur et utilités

S.16:5
وَالْأَنْعَامَ خَلَقَهَا ۗ لَكُمْ فِيهَا دِفْءٌ وَمَنَافِعُ وَمِنْهَا تَأْكُلُونَ
Wa-l-anʿāma khalaqahā — lakum fīhā difʾun wa-manāfiʿu wa-minhā taʾkulūn Et les anʿām (les troupeaux), Il les a créés — pour vous, il y a en eux une chaleur (difʾ) et des utilités (manāfiʿ), et vous en mangez.
Notes lexicales
al-anʿām
voir S5:1 : *bahīmat al-anʿām*, les troupeaux — chameaux, bovins, ovins, caprins.
difʾ
racine *d-f-ʾ* — Ibn Manẓūr : la chaleur que procure ce dont on se couvre ou se vêt (laine, poil, peau). Conservé en translittération faute d'un seul mot français qui rende à la fois la chaleur elle-même et sa source animale.

S.16:6 · Une beauté en elles, au soir et au matin

S.16:6
وَلَكُمْ فِيهَا جَمَالٌ حِينَ تُرِيحُونَ وَحِينَ تَسْرَحُونَ
Wa-lakum fīhā jamālun ḥīna turīḥūna wa-ḥīna tasraḥūn Et il y a pour vous, en elles, une beauté (jamāl), au moment où vous les ramenez le soir (turīḥūna) et au moment où vous les menez paître le matin (tasraḥūn).
Notes lexicales
turīḥūna / tasraḥūn
deux racines pastorales distinctes — *r-w-ḥ* (forme IV) : faire revenir le troupeau au repos, au soir ; *s-r-ḥ* : le laisser sortir librement au pâturage, au matin.

S.16:7 · Elles portent vos charges — votre Rabb, Raʾūf, Raḥīm

S.16:7
وَتَحْمِلُ أَثْقَالَكُمْ إِلَىٰ بَلَدٍ لَمْ تَكُونُوا بَالِغِيهِ إِلَّا بِشِقِّ الْأَنْفُسِ ۚ إِنَّ رَبَّكُمْ لَرَءُوفٌ رَحِيمٌ
Wa-taḥmilu athqālakum ilā baladin lam takūnū bālighīhi illā bi-shiqqi l-anfusi — inna rabbakum la-raʾūfun raḥīm Et elles portent vos charges (athqāl) vers un pays que vous n’auriez atteint qu’au prix d’une peine extrême sur vous-mêmes (bi-shiqqi l-anfus) — votre Rabb est certes Raʾūf, Raḥīm.
Notes lexicales
Rabb
racine *r-b-b* — conservé en translittération plutôt que traduit par « Seigneur » (voir S3:7, S3:26) : la racine porte à la fois l'idée d'éducation et de croissance progressive (*tarbiya*) et celle de souveraineté sur ce qui est conduit à son plein accomplissement — un champ que le seul mot français « Seigneur » ne couvre pas.
bi-shiqqi l-anfus
racine *sh-q-q* : fendre — ici une peine si extrême qu'elle « fend » la personne elle-même. À distinguer de la même racine en S16:27 (*tushāqqūna*, sens d'opposition, de rupture) : deux images liées, ce qui fend, ce qui divise.
Raʾūf
racine *r-ʾ-f* — voir S2:143 et S3:30 : la sollicitude attentive à la vulnérabilité d'autrui, conservée en translittération, sans projection d'affect humain.

S.16:8 · Chevaux, mulets, ânes — et ce que vous ne savez pas

S.16:8
وَالْخَيْلَ وَالْبِغَالَ وَالْحَمِيرَ لِتَرْكَبُوهَا وَزِينَةً ۚ وَيَخْلُقُ مَا لَا تَعْلَمُونَ
Wa-l-khayla wa-l-bighāla wa-l-ḥamīra li-tarkabūhā wa-zīnatan — wa-yakhluqu mā lā taʿlamūn Et les chevaux, les mulets, les ânes — pour que vous les montiez, et comme parure (zīna) — et Il crée ce que vous ne savez pas.
Notes lexicales
wa-yakhluqu mā lā taʿlamūn
**Non-dit** : le texte n'identifie en rien ce que ce complément désigne — ni une catégorie précise de créatures, ni une époque. Toute identification (créations futures, êtres non encore rencontrés, etc.) relèverait d'une lecture ajoutée au mot, non de ce que le mot affirme par lui-même : une ouverture délibérément non refermée par le texte.

S.16:9 · La rectitude du chemin incombe à Allaah — et certains s’en écartent

Point de méthode — ʿalā llāhi, une construction non spatiale. Wa-ʿalā llāhi qaṣdu s-sabīl : la préposition ʿalā (« sur ») construite avec Allaah ne désigne ici aucune position spatiale — elle exprime une charge, une incombance (« il revient à X de… », « c’est à X qu’il appartient de… »), un usage grammatical attesté indépendamment de tout emploi théologique. Voir S3:160 (wa-ʿalā llāhi fa-l-yatawakkali l-muʾminūn, rendu « Que les muʾminūn placent leur confiance en Allaah seul » — non « sur Allaah »). La même lecture fonctionnelle s’applique à S16:9 : la rectitude du chemin est ce qu’Allaah S’engage à indiquer, non un lieu qu’Il occuperait.

S.16:9
وَعَلَى اللَّهِ قَصْدُ السَّبِيلِ وَمِنْهَا جَائِرٌ ۚ وَلَوْ شَاءَ لَهَدَاكُمْ أَجْمَعِينَ
Wa-ʿalā llāhi qaṣdu s-sabīli wa-minhā jāʾirun — wa-law shāʾa la-hadākum ajmaʿīn Et il incombe à Allaah [de montrer] la rectitude du chemin (qaṣdu s-sabīl) — et parmi [les chemins], il en est qui s’écartent (jāʾir) — et s’Il avait voulu, Il vous aurait tous guidés.
Notes lexicales
qaṣdu s-sabīl
racine *q-ṣ-d* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : l'intention dirigée, le mouvement droit vers un but, sans détour ; voir des dérivés voisins en S2:182 (*janaf … ʿan al-qaṣd*). Ici au sens de la rectitude, de la ligne droite du chemin.
jāʾir
racine *j-w-r* — Ibn Manẓūr : s'écarter de la droiture, dévier ; d'où le sens second, l'injustice (*jawr*). **Dit** : parmi les chemins, certains s'écartent — le texte ne dit pas ici lesquels ni pourquoi, seulement le constat d'une pluralité de directions dont une seule est droite.
wa-law shāʾa la-hadākum ajmaʿīn
relève de la famille *mashīʾa*/*qadar*, laissée ouverte (voir S6, S8 à S11, S13 à S15) — le texte affirme la possibilité d'une guidance universelle voulue par Allaah, sans articuler ici le rapport entre cette volonté et la responsabilité humaine.

L’eau, les plantations, les astres, la mer, les montagnes · S16:10–17

S.16:10–11 · L’eau du ciel, le pâturage, les cultures et les fruits

S.16:10–11
هُوَ الَّذِي أَنْزَلَ مِنَ السَّمَاءِ مَاءً ۖ لَكُمْ مِنْهُ شَرَابٌ وَمِنْهُ شَجَرٌ فِيهِ تُسِيمُونَ ۝ يُنْبِتُ لَكُمْ بِهِ الزَّرْعَ وَالزَّيْتُونَ وَالنَّخِيلَ وَالْأَعْنَابَ وَمِنْ كُلِّ الثَّمَرَاتِ ۗ إِنَّ فِي ذَٰلِكَ لَآيَةً لِقَوْمٍ يَتَفَكَّرُونَ
Huwa lladhī anzala mina s-samāʾi māʾan — lakum minhu sharābun wa-minhu shajarun fīhi tusīmūn · Yunbitu lakum bihi z-zarʿa wa-z-zaytūna wa-n-nakhīla wa-l-aʿnāba wa-min kulli th-thamarāti — inna fī dhālika la-āyatan li-qawmin yatafakkarūn Ce qui a fait descendre du ciel une eau — pour vous il en vient une boisson, et il en vient une végétation (shajar) où vous menez paître vos troupeaux (tusīmūn). Il fait pousser pour vous, par elle, la culture (az-zarʿ), l’olivier, le palmier, les vignes, et de tout fruit — il y a certes là un signe (āya) pour un peuple qui réfléchit.
Notes lexicales
huwa lladhī
**Note de méthode.** Pour Allaah, la construction relative est rendue en français par la locution neutre « Ce qui »/« Ce que », non par un pronom de personne. Le pronom ordinaire « Il » reste employé pour les verbes dont Allaah est sujet. Même construction à S16:14.
shajarun fīhi tusīmūn
*shajar*, racine *sh-j-r* : Ibn Manẓūr précise que le mot couvre, au-delà des arbres au sens étroit, toute végétation à tige — d'où sa cohérence avec le verbe qui suit, *tusīmūn* (racine *s-y-m*, forme IV : mener paître un troupeau), qui suppose une végétation basse et non seulement des arbres.

S.16:12–13 · La nuit, le jour, les astres assujettis ; les couleurs disséminées

S.16:12–13
وَسَخَّرَ لَكُمُ اللَّيْلَ وَالنَّهَارَ وَالشَّمْسَ وَالْقَمَرَ ۖ وَالنُّجُومُ مُسَخَّرَاتٌ بِأَمْرِهِ ۗ إِنَّ فِي ذَٰلِكَ لَآيَاتٍ لِقَوْمٍ يَعْقِلُونَ ۝ وَمَا ذَرَأَ لَكُمْ فِي الْأَرْضِ مُخْتَلِفًا أَلْوَانُهُ ۗ إِنَّ فِي ذَٰلِكَ لَآيَةً لِقَوْمٍ يَذَّكَّرُونَ
Wa-sakhkhara lakumu l-layla wa-n-nahāra wa-sh-shamsa wa-l-qamara — wa-n-nujūmu musakhkharātun bi-amrihi — inna fī dhālika la-āyātin li-qawmin yaʿqilūn · Wa-mā dharaʾa lakum fi l-arḍi mukhtalifan alwānuhu — inna fī dhālika la-āyatan li-qawmin yadhdhakkarūn Et Il a assujetti (sakhkhara) pour vous la nuit et le jour, le soleil et la lune ; et les étoiles sont assujetties (musakhkharāt) par Son amr — il y a certes là des signes pour un peuple qui raisonne (yaʿqilūn). Et ce qu’Il a disséminé (dharaʾa) pour vous sur la terre, aux couleurs variées — il y a certes là un signe pour un peuple qui se souvient (yadhdhakkarūn).
Notes lexicales
sakhkhara / musakhkharāt
racine *s-kh-r* — voir S2:164 : assujetti, mis au service — l'astre ou le phénomène présenté comme passif, non comme agent autonome ; à distinguer de la seconde valeur de la même racine, *yaskharūn*, tourner en dérision (S2:212).
dharaʾa
racine *dh-r-ʾ* — Ibn Fāris : disperser, répandre en grand nombre, faire proliférer.
yaʿqilūn / yadhdhakkarūn
deux facultés distinctes : *ʿaql* (voir S2:164 : la faculté qui lie causes et effets), *dhikr*/*tadhakkur* (rappel à la mémoire, faculté de se souvenir) — le texte associe ici un ensemble de signes à la raison qui relie, un autre à la mémoire qui se ressaisit.

S.16:14 · La mer assujettie : chair fraîche, parure, vaisseaux

S.16:14
وَهُوَ الَّذِي سَخَّرَ الْبَحْرَ لِتَأْكُلُوا مِنْهُ لَحْمًا طَرِيًّا وَتَسْتَخْرِجُوا مِنْهُ حِلْيَةً تَلْبَسُونَهَا وَتَرَى الْفُلْكَ مَوَاخِرَ فِيهِ وَلِتَبْتَغُوا مِنْ فَضْلِهِ وَلَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ
Wa-huwa lladhī sakhkhara l-baḥra li-taʾkulū minhu laḥman ṭariyyan wa-tastakhrijū minhu ḥilyatan talbasūnahā wa-tara l-fulka mawākhira fīhi wa-li-tabtaghū min faḍlihi wa-laʿallakum tashkurūn Et Ce qui a assujetti la mer, pour que vous en mangiez une chair fraîche (laḥman ṭariyyan), et que vous en extrayiez une parure (ḥilya) que vous portez ; et tu vois les vaisseaux (al-fulk) fendant les flots (mawākhir) en elle ; et pour que vous cherchiez de Sa faveur (faḍl) — et peut-être serez-vous reconnaissants (tashkurūn).
Notes lexicales
al-fulk
voir S2:164 : les embarcations qui voguent sur la mer.
mawākhir
racine *m-kh-r* — Ibn Manẓūr : fendre l'eau en avançant, creuser un sillon en la traversant.

S.16:15–16 · Les montagnes ancrées, rivières, chemins, l’étoile qui guide

S.16:15–16
وَأَلْقَىٰ فِي الْأَرْضِ رَوَاسِيَ أَنْ تَمِيدَ بِكُمْ وَأَنْهَارًا وَسُبُلًا لَعَلَّكُمْ تَهْتَدُونَ ۝ وَعَلَامَاتٍ ۚ وَبِالنَّجْمِ هُمْ يَهْتَدُونَ
Wa-alqā fi l-arḍi rawāsiya an tamīda bikum wa-anhāran wa-subulan laʿallakum tahtadūn · Wa-ʿalāmātin — wa-bi-n-najmi hum yahtadūn Et Il a placé (alqā) sur la terre des montagnes ancrées (rawāsiya), afin qu’elle ne vacille pas avec vous (an tamīda bikum), et des rivières, et des chemins — peut-être serez-vous guidés (tahtadūn). Et des repères (ʿalāmāt) — et par l’étoile (an-najm), ils se guident.
Notes lexicales
rawāsiya
voir S13:3 et S15:19 (*madda l-arḍ*/*rawāsiya*) — les montagnes comme ancrage, ce qui fixe et stabilise.
tamīda
racine *m-y-d* : osciller, vaciller, être ébranlé.

S.16:17 · Ce qui crée est-il comme ce qui ne crée pas ?

S.16:17
أَفَمَنْ يَخْلُقُ كَمَنْ لَا يَخْلُقُ ۗ أَفَلَا تَذَكَّرُونَ
A-fa-man yakhluqu ka-man lā yakhluqu — a-fa-lā tadhakkarūn Ce qui crée est-Il donc comparable à ce qui ne crée pas ? — Ne vous souviendrez-vous donc pas ?
Notes lexicales
a-fa-man yakhluqu
*man* (« qui », relatif indéfini) désigne ici implicitement Allaah, par contraste avec les entités invoquées hors de Lui (S16:20–21). La traduction emploie donc « Ce qui », bien que la construction grammaticale soit une comparaison rhétorique et non une désignation directe.

Le bienfait incalculable, le su et le caché, les entités invoquées · S16:18–21

S.16:18 · Compter le bienfait d’Allaah — impossible ; Ghafūr, Raḥīm

S.16:18
وَإِنْ تَعُدُّوا نِعْمَةَ اللَّهِ لَا تُحْصُوهَا ۗ إِنَّ اللَّهَ لَغَفُورٌ رَحِيمٌ
Wa-in taʿuddū niʿmata llāhi lā tuḥṣūhā — inna llāha la-ghafūrun raḥīm Et si vous comptiez le bienfait (niʿma) d’Allaah, vous ne pourriez le dénombrer (lā tuḥṣūhā) — Allaah est certes Ghafūr, Raḥīm.
Notes lexicales
niʿma
racine *n-ʿ-m* — conservé en translittération, le bienfait accordé.

S.16:19 · Allaah sait ce que vous cachez et ce que vous divulguez

S.16:19
وَاللَّهُ يَعْلَمُ مَا تُسِرُّونَ وَمَا تُعْلِنُونَ
Wa-llāhu yaʿlamu mā tusirrūna wa-mā tuʿlinūn Et Allaah sait ce que vous cachez (tusirrūn) et ce que vous divulguez (tuʿlinūn).
Notes lexicales
tusirrūna / tuʿlinūn
racines *s-r-r* (cacher, tenir secret) et *ʿ-l-n* (rendre manifeste, publier) — un couple lexical qui revient à S16:23, appliqué cette fois à un sujet distinct.

S.16:20–21 · Ce qu’ils invoquent hors d’Allaah : créé, non créateur, mort, non vivant

S.16:20–21
وَالَّذِينَ يَدْعُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ لَا يَخْلُقُونَ شَيْئًا وَهُمْ يُخْلَقُونَ ۝ أَمْوَاتٌ غَيْرُ أَحْيَاءٍ ۖ وَمَا يَشْعُرُونَ أَيَّانَ يُبْعَثُونَ
Wa-lladhīna yadʿūna min dūni llāhi lā yakhluqūna shayʾan wa-hum yukhlaqūn · Amwātun ghayru aḥyāʾin — wa-mā yashʿurūna ayyāna yubʿathūn Et ceux qu’ils invoquent en dehors d’Allaah (min dūni llāh) ne créent rien — et ce sont eux-mêmes qui sont créés. [Ils sont] morts (amwāt), non vivants (ghayru aḥyāʾ) — et ils ne perçoivent (yashʿurūn) même pas quand ils seront ressuscités.
Notes lexicales
amwātun ghayru aḥyāʾ
racines *m-w-t* et *ḥ-y-y* — qualification directe (mort, non vivant) appliquée aux entités invoquées hors d'Allaah. **Dit** : le texte qualifie ces entités elles-mêmes de mortes et non vivantes — sans préciser ici s'il s'agit d'idoles de matière inerte, d'êtres autrefois vivants et désormais morts, ou d'une qualification générale de tout ce qui est invoqué hors d'Allaah. **Non-dit** : l'identité précise de ces entités n'est pas nommée par ce seul passage.
yashʿurūn
racine *sh-ʿ-r* : percevoir, ressentir — revient à S16:26 (*min ḥaythu lā yashʿurūn*).

L’ilāh unique, les cœurs qui nient, l’orgueil · S16:22–23

S.16:22–23 · Votre ilāh est un ilāh unique — Allaah n’honore pas les orgueilleux

S.16:22–23
إِلَٰهُكُمْ إِلَٰهٌ وَاحِدٌ ۚ فَالَّذِينَ لَا يُؤْمِنُونَ بِالْآخِرَةِ قُلُوبُهُمْ مُنْكِرَةٌ وَهُمْ مُسْتَكْبِرُونَ ۝ لَا جَرَمَ أَنَّ اللَّهَ يَعْلَمُ مَا يُسِرُّونَ وَمَا يُعْلِنُونَ ۚ إِنَّهُ لَا يُحِبُّ الْمُسْتَكْبِرِينَ
Ilāhukum ilāhun wāḥid — fa-lladhīna lā yuʾminūna bi-l-ākhirati qulūbuhum munkiratun wa-hum mustakbirūn · Lā jarama anna llāha yaʿlamu mā yusirrūna wa-mā yuʿlinūn — innahu lā yuḥibbu l-mustakbirīn Votre ilāh est un ilāh unique (wāḥid) — ceux qui ne croient pas en l’Ākhira, leurs cœurs sont dans le déni (munkira), et ils sont pleins d’orgueil (mustakbirūn). Nul doute (lā jarama) qu’Allaah sait ce qu’ils cachent et ce qu’ils divulguent — Allaah n’honore pas (lā yuḥibbu) les orgueilleux (al-mustakbirīn).
Notes lexicales
lā jarama
racine *j-r-m* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : le sens premier est de couper, de détacher un fruit de sa branche ; d'où, par extension, acquérir, commettre (*jarama*, commettre une faute). L'expression figée *lā jarama*, littéralement « pas de faute [en cela] », s'est fixée en arabe classique comme particule d'affirmation emphatique — « nul doute », « assurément ».
mustakbirūn
racine *k-b-r*, forme X (*istakbara*) : se considérer soi-même comme grand, refuser de s'abaisser devant ce qui est présenté. À rapprocher de la forme V *mutakabbirīn* (S16:29, *takabbara* : se comporter avec orgueil) — deux formes voisines de la même racine, rendues par le même mot français « orgueilleux » faute d'une distinction lexicale stable en français ; la nuance morphologique exacte entre les deux formes est signalée sans être tranchée.
lā yuḥibbu l-mustakbirīn
racine *ḥ-b-b*, rendue par « honorer » lorsqu'Allaah en est le sujet (voir S3:30–32 : « Allaah n'honore pas les kāfirūn »), ce qui évite de projeter sur ce qui est dit d'Allaah un sentiment de type humain.

Les « légendes des anciens », les fardeaux portés · S16:24–25

S.16:24–25 · « Des légendes des anciens » — porter des fardeaux entiers, et une part de ceux qu’ils égarent

S.16:24–25
وَإِذَا قِيلَ لَهُمْ مَاذَا أَنْزَلَ رَبُّكُمْ ۙ قَالُوا أَسَاطِيرُ الْأَوَّلِينَ ۝ لِيَحْمِلُوا أَوْزَارَهُمْ كَامِلَةً يَوْمَ الْقِيَامَةِ ۙ وَمِنْ أَوْزَارِ الَّذِينَ يُضِلُّونَهُمْ بِغَيْرِ عِلْمٍ ۗ أَلَا سَاءَ مَا يَزِرُونَ
Wa-idhā qīla lahum mādhā anzala rabbukum — qālū asāṭīru l-awwalīn · Li-yaḥmilū awzārahum kāmilatan yawma l-qiyāmati — wa-min awzāri lladhīna yuḍillūnahum bi-ghayri ʿilmin — alā sāʾa mā yazirūn Et quand on leur dit : « Qu’a fait descendre votre Rabb ? », ils disent : « Des légendes des anciens (asāṭīr al-awwalīn). » [Cela,] pour qu’ils portent leurs fardeaux (awzār) entiers (kāmila) au Jour de la Résurrection (yawm al-qiyāma), et une part des fardeaux de ceux qu’ils égarent (yuḍillūnahum) sans savoir (bi-ghayri ʿilm) — combien est mauvais ce qu’ils portent comme charge (yazirūn) !
Notes lexicales
asāṭīru l-awwalīn
voir l'étude Ummī — l'illettrisme du nabī, qui cite S25:5 pour cette même expression — l'accusation portée contre la révélation, qualifiée par ses adversaires de récits fabuleux des générations passées.
yawm al-qiyāma
racine *q-w-m* : le jour où l'on se dresse, se tient debout — conservé en translittération.
li-yaḥmilū
**Point de grammaire** : le *lām* qui introduit ce verbe (*li-yaḥmilū*, « pour qu'ils portent ») peut fonctionner ici comme *lām al-ʿāqiba* (le *lām* de la conséquence) plutôt que comme *lām al-taʿlīl* (le *lām* du but visé) — un procédé grammatical bien attesté en arabe classique, où l'action introduite n'est pas l'intention du sujet mais le résultat auquel elle aboutit : ceux qui rejettent la révélation ne visent évidemment pas, en la qualifiant de « légendes », à porter des fardeaux au Jour de la Résurrection — c'est la conséquence de leur rejet, non son but.
awzārahum / yazirūn
racine *w-z-r* — Ibn Fāris : le poids, la charge portée, d'où le fardeau de la faute.

Le sort de ceux d’avant, l’ignominie, Jahannam · S16:26–29

S.16:26–27 · La manœuvre déjouée — l’ignominie au Jour de la Résurrection

S.16:26–27
قَدْ مَكَرَ الَّذِينَ مِنْ قَبْلِهِمْ فَأَتَى اللَّهُ بُنْيَانَهُمْ مِنَ الْقَوَاعِدِ فَخَرَّ عَلَيْهِمُ السَّقْفُ مِنْ فَوْقِهِمْ وَأَتَاهُمُ الْعَذَابُ مِنْ حَيْثُ لَا يَشْعُرُونَ ۝ ثُمَّ يَوْمَ الْقِيَامَةِ يُخْزِيهِمْ وَيَقُولُ أَيْنَ شُرَكَائِيَ الَّذِينَ كُنْتُمْ تُشَاقُّونَ فِيهِمْ ۚ قَالَ الَّذِينَ أُوتُوا الْعِلْمَ إِنَّ الْخِزْيَ الْيَوْمَ وَالسُّوءَ عَلَى الْكَافِرِينَ
Qad makara lladhīna min qablihim fa-atā llāhu bunyānahum mina l-qawāʿidi fa-kharra ʿalayhimu s-saqfu min fawqihim wa-atāhumu l-ʿadhābu min ḥaythu lā yashʿurūn · Thumma yawma l-qiyāmati yukhzīhim wa-yaqūlu ayna shurakāʾiya lladhīna kuntum tushāqqūna fīhim — qāla lladhīna ūtū l-ʿilma inna l-khizya l-yawma wa-s-sūʾa ʿalā l-kāfirīn Ceux d’avant eux ont certes usé de manœuvre (makara) — Allaah a alors atteint leur édifice (bunyān) par ses fondations (qawāʿid) : le toit s’est effondré sur eux d’en haut, et le châtiment (al-ʿadhāb) leur est venu d’où ils ne le pressentaient pas (min ḥaythu lā yashʿurūn). Puis, au Jour de la Résurrection, Il les couvre d’ignominie (yukhzīhim) et dit : « Où sont Mes associés (shurakāʾiya), au sujet desquels vous vous opposiez (tushāqqūna) ? » Ceux à qui la connaissance (al-ʿilm) a été donnée disent : « L’ignominie (al-khizy), aujourd’hui, et le mal (as-sūʾ), sont sur les kāfirīn. »
Notes lexicales
makara
racine *m-k-r* — voir S3:54 : la manœuvre indirecte visant à déjouer un dessein. **Point de méthode** : à la différence de S3:54, où le même verbe est employé pour Allaah en réponse à la manœuvre humaine (figure de style *jinās*), ce verset attribue la manœuvre aux seuls peuples antérieurs — aucune manœuvre n'est ici attribuée à Allaah ; c'est Son intervention directe (*fa-atā llāhu*) qui répond à cette manœuvre, non une manœuvre en miroir.
shurakāʾiya
racine *sh-r-k* — voir l'étude Le Shirk. **Non-dit, formule rhétorique** : le pronom possessif de la première personne (« Mes associés ») ne signifie pas qu'Allaah reconnaîtrait l'existence réelle d'associés — c'est une question adressée à ceux qui, de leur vivant, Lui en attribuaient ; le texte ne dit pas ici si les entités invoquées existent par ailleurs, seulement qu'elles font défaut à l'appel.
tushāqqūna
racine *sh-q-q* — ici au sens de l'opposition, de la rupture, du différend pris de front (« se placer dans le camp opposé ») ; à distinguer du sens de la même racine en S16:7 (*bi-shiqqi l-anfus* : la fente, la peine qui divise la personne elle-même) — deux applications d'une même image de scission.
al-kāfirīn
conservé en translittération.

S.16:28 · Ceux que les anges font mourir, injustes envers eux-mêmes

S.16:28
الَّذِينَ تَتَوَفَّاهُمُ الْمَلَائِكَةُ ظَالِمِي أَنْفُسِهِمْ ۖ فَأَلْقَوُا السَّلَمَ مَا كُنَّا نَعْمَلُ مِنْ سُوءٍ ۚ بَلَىٰ إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ بِمَا كُنْتُمْ تَعْمَلُونَ
Alladhīna tatawaffāhumu l-malāʾikatu ẓālimī anfusihim — fa-alqawi s-salama mā kunnā naʿmalu min sūʾin — balā inna llāha ʿalīmun bimā kuntum taʿmalūn Ceux que les anges font mourir (tatawaffāhumu) alors qu’ils se sont fait tort à eux-mêmes (ẓālimī anfusihim) — ils offrent alors leur soumission (fa-alqawi s-salam) : « Nous ne faisions aucun mal ! » — Que si ! (balā) Allaah est certes connaissant (ʿalīm) de ce que vous faisiez.
Notes lexicales
tatawaffāhumu l-malāʾikatu ẓālimī anfusihim
voir S4:97 (*tawaffāhumu l-malāʾikatu ẓālimī anfusihim*, à l'accompli — ici à l'inaccompli, *tatawaffāhumu*, décrivant la scène comme se répétant). Même lecture retenue : ce n'est pas la situation subie qui est en cause, mais le fait de s'être fait tort à soi-même en y demeurant.
fa-alqawi s-salam
racine *s-l-m* — voir une forme voisine en S4:90–91 (*alqā ilaykumu s-salām* : offrir la paix, dans un contexte de combat, à celui qui ne se montre pas hostile). **Point de méthode** : ici le contexte est distinct — au moment de la mort, ceux qui se sont fait tort à eux-mêmes offrent leur soumission (ou une protestation de paix/d'innocence), en affirmant n'avoir fait aucun mal ; la réponse *balā* (« que si ! ») dément directement cette protestation. Deux applications d'une même racine, dans deux contextes qui ne se confondent pas.

S.16:29 · Entrez par les portes de Jahannam — quel mauvais séjour pour les orgueilleux

S.16:29
فَادْخُلُوا أَبْوَابَ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا ۖ فَلَبِئْسَ مَثْوَى الْمُتَكَبِّرِينَ
Fa-dkhulū abwāba jahannama khālidīna fīhā — fa-la-biʾsa mathwā l-mutakabbirīn Entrez donc par les portes de Jahannam, y demeurant éternellement (khālidīna fīhā) — combien est mauvais le séjour (mathwā) des orgueilleux (al-mutakabbirīn) !
Notes lexicales
jahannam
conservé en translittération.
al-mutakabbirīn
racine *k-b-r*, forme V (*takabbara*) — voir la note posée à S16:22–23, sur la distinction morphologique avec *al-mustakbirīn* (forme X). Ce Bloc clôt ainsi sur le même champ lexical de l'orgueil qui l'a traversé depuis S16:22–23, sans que la nuance exacte entre les deux formes soit tranchée.

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