Structure du Bloc III. Huit ensembles. D’abord le Kitāb envoyé pour clarifier le désaccord, l’eau qui fait revivre la terre, le lait pur tiré des anʿām, et les fruits du palmier et de la vigne dont on tire un sakar et une bonne subsistance (S16:64–67). Puis l’abeille inspirée par son Rabb, le miel aux couleurs variées porteur de guérison, la création humaine suivie de la mort et du grand âge qui efface le savoir (S16:68–70). Puis la disparité voulue du rizq entre les humains, les épouses et la descendance, l’impuissance totale de ce qui est adoré en dehors d’Allaah, et l’interdiction de dresser des comparaisons pour Lui (S16:71–74). Puis deux paraboles en miroir — l’esclave sans aucun pouvoir face à celui qui dépense librement, l’homme muet à charge de son tuteur face à celui qui commande le ʿadl (S16:75–76). Puis le ghayb des cieux et de la terre, la naissance sans savoir, les oiseaux assujettis dans l’espace du ciel, les maisons, les tentes et les vêtements comme bienfaits d’installation et de protection (S16:77–81). Puis le bienfait reconnu puis renié, le témoin suscité de chaque umma, le châtiment qui redouble pour ceux qui ont fait obstacle et répandu le fasād, et la clôture sur le Kitāb, clarification pour toute chose (S16:82–89). Puis le commandement du ʿadl et de l’iḥsān, l’interdiction du faḥshāʾ, du munkar et du baghy, la fidélité au pacte et aux serments affermis illustrée par la parabole du fil détissé, et l’umma unique que la mashīʾa d’Allaah n’a pas voulu imposer (S16:90–93). Enfin la mise en garde répétée contre le serment comme moyen de tromperie, le pacte qu’on ne doit pas vendre à bas prix, ce qui s’épuise face à ce qui demeure auprès d’Allaah, et la vie bonne promise à qui agit avec droiture, homme ou femme (S16:94–97).
Note de méthode — renvois. Fa-aḥyā bihi l-arḍa baʿda mawtihā (S16:65) : voir S2:164. Mā malakat aymānuhum (S16:71) : translittération conservée. Al-balāgh al-mubīn (S16:82) : voir S3:20 et S16:35. Wa-ḍalla ʿanhum mā kānū yaftarūn (S16:87) : voir S6:24 et S16:33. Al-faḥshāʾ, al-munkar et al-baghy (S16:90) : voir respectivement S2:169/268, S3:104 et S2:90. Thamanan qalīlan (S16:95) : voir S3:77 et S3:187. Min dhakarin aw unthā (S16:97) : « homme ou femme », voir S3:195 et S4:124. Law shāʾa llāhu la-jaʿalakum ummatan wāḥidatan (S16:93) relève de la famille mashīʾa/qadar, laissée ouverte. Point de vigilance sur le registre du terme waḥy — S16:68, awḥā rabbuka ilā n-naḥl : voir l’avertissement de méthode dédié à cet endroit. ʿAbdan mamlūkan (S16:75) : voir l’étude L’esclavage dans le Coran, qui traite nommément ce verset.
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.16:64 | Le Kitāb envoyé pour clarifier le désaccord — guidance et miséricorde |
| S.16:65 | L’eau qui fait revivre la terre après sa mort |
| S.16:66 | Le lait pur tiré du ventre des anʿām |
| S.16:67 | Les fruits du palmier et de la vigne — sakar et bonne subsistance |
| S.16:68 | L’abeille inspirée — demeures dans les montagnes, les arbres, les treilles |
| S.16:69 | Le miel aux couleurs variées, guérison pour les humains |
| S.16:70 | La création, la mort, le grand âge qui efface le savoir |
| S.16:71 | La disparité du rizq — le refus de la partager avec « leurs mains droites » |
| S.16:72 | Les épouses, les fils et les ḥafada — le faux et le bienfait renié |
| S.16:73 | L’impuissance totale de ce qui est adoré hors d’Allaah |
| S.16:74 | Ne dressez pas de comparaisons pour Allaah |
| S.16:75 | Parabole — l’esclave sans pouvoir face à celui qui dépense librement |
| S.16:76 | Parabole — l’homme muet à charge face à celui qui commande le ʿadl |
| S.16:77 | Le ghayb des cieux et de la terre — l’Heure, plus rapide qu’un clin d’œil |
| S.16:78 | La sortie du ventre des mères — l’ouïe, les regards, les afʾida |
| S.16:79 | Les oiseaux assujettis dans l’espace du ciel |
| S.16:80 | Les maisons comme sakan — les tentes de peau, la laine, le poil, le crin |
| S.16:81 | Les ombres, les abris des montagnes, les vêtements contre la chaleur et la violence |
| S.16:82 | S’ils se détournent — seule incombe la transmission manifeste |
| S.16:83 | Ils reconnaissent le bienfait d’Allaah, puis le renient |
| S.16:84 | Le témoin suscité de chaque umma — plus d’excuse, plus de satisfaction à offrir |
| S.16:85 | Le châtiment vu par les injustes — ni allégement, ni délai |
| S.16:86 | Les mushrikūn et leurs associés — le désaveu et l’accusation de mensonge |
| S.16:87 | La soumission totale offerte à Allaah — ce qu’ils inventaient s’égare |
| S.16:88 | Un châtiment par-dessus le châtiment, pour le fasād commis |
| S.16:89 | Le témoin issu de chaque umma — le Kitāb, clarification pour toute chose |
| S.16:90 | Le commandement du ʿadl et de l’iḥsān — l’interdiction du faḥshāʾ, du munkar, du baghy |
| S.16:91 | Honorer le pacte d’Allaah — ne pas rompre les serments affermis |
| S.16:92 | La parabole du fil détissé — les serments comme moyen de tromperie |
| S.16:93 | L’umma unique qu’Allaah n’a pas voulu imposer — Il égare et guide qui Il veut |
| S.16:94 | Le pied qui glisse — le mal goûté pour avoir fait obstacle |
| S.16:95 | Ne pas échanger le pacte d’Allaah contre un prix dérisoire |
| S.16:96 | Ce qui s’épuise, ce qui demeure auprès d’Allaah |
| S.16:97 | La vie bonne promise à qui agit avec droiture, homme ou femme |
Le Kitāb qui clarifie, l’eau, le lait, les fruits · S16:64–67
S.16:64 · Le Kitāb envoyé pour clarifier le désaccord
- li-tubayyina
- racine *b-y-n* : rendre manifeste, séparer nettement une chose d'une autre pour la rendre claire — même racine que *al-bayān*, *al-bayyināt*, et même fonction confiée au nabī à l'égard du Dhikr en S16:44.
- alladhī khtalafū fīhi
- Non-dit : ce seul verset ne précise pas la nature exacte du désaccord visé (entre les gens du Livre entre eux, entre eux et les mushrikūn, ou plus largement toute divergence humaine sur ce qui a été révélé) — toute identification plus précise relèverait de l'inférence.
S.16:65 · L’eau qui fait revivre la terre après sa mort
- fa-aḥyā bihi l-arḍa baʿda mawtihā
- repris mot pour mot de S2:164 : « ce qu'Allaah a fait descendre du ciel comme eau — par laquelle Il fait revivre la terre après sa mort ».
S.16:66 · Le lait pur tiré du ventre des anʿām
- al-anʿām
- voir S5:1 : le bétail (chameaux, bovins, ovins et caprins). Le pronom singulier masculin de *buṭūnihi* (« son ventre », non « leur ventre ») s'explique par la grammaire arabe : *al-anʿām*, bien que pluriel par le sens, est traité ici comme un nom collectif (*ism jins*) au singulier grammatical.
- ʿibra
- racine *ʿ-b-r* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : traverser, passer d'un état à un autre. L'*ʿibra* est l'enseignement qu'on tire en « traversant » le fait observé pour atteindre sa signification — non un simple constat.
- farth
- racine *f-r-th* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : la matière alimentaire en cours de digestion dans la panse, avant excrétion.
S.16:67 · Les fruits du palmier et de la vigne — sakar et bonne subsistance
- sakar
- racine *s-k-r* — Ibn Fāris : fermer, obstruer (l'esprit obstrué par l'ivresse) ; désigne ici la boisson fermentée tirée des fruits. Conservé en translittération, faute de terme français neutre équivalent. Note de dit/non-dit majeure. Ce verset se contente de décrire ce qu'on tire des fruits — un *sakar* et une bonne subsistance — sans prononcer sur le *sakar* un quelconque jugement (ni interdiction, ni permission) : il n'établit pas ici de statut légal. L'interdiction formelle relève d'autres versets du corpus (voir S2:219 : la balance faute/bénéfice sur le *khamr* et le *maysir* ; S5:90 : le *khamr* qualifié de *rijs* à éviter) — importer ici la position légale d'un autre verset serait ajouter à ce texte ce qu'il ne dit pas lui-même.
L’abeille inspirée, le miel remède, la création et la vieillesse · S16:68–70
Avertissement de méthode — « awḥā rabbuka ilā n-naḥl ». Le verbe awḥā (racine w-ḥ-y) est le même que celui employé ailleurs dans le Coran pour la révélation adressée aux rusul humains. Son emploi ici, à l’égard d’une abeille, ne désigne pas une prophétie ni un message intelligible reçu par l’insecte : le texte lui-même distingue les deux registres par leur destinataire, non par un vocabulaire distinct — la racine w-ḥ-y couvre, dans l’usage coranique, tout ce qui est déposé ou inspiré par Allaah dans une créature, du simple instinct animal (ici) jusqu’au message porté par un nabī. Ce Bloc rend donc awḥā par « a inspiré » dans ce contexte précis, sans que cela ne diminue ni n’assimile la portée du terme lorsqu’il qualifie la révélation prophétique ailleurs dans le corpus.
S.16:68 · L’abeille inspirée — demeures dans les montagnes, les arbres, les treilles
- awḥā
- voir l'avertissement de méthode ci-dessus.
- yaʿrishūn
- racine *ʿ-r-sh* : dresser une structure, une treille. Même racine que *al-ʿArsh* — sans que ce terme générique de construction humaine n'ait de rapport avec l'emploi réservé à Allaah de ce même mot ailleurs dans le corpus.
S.16:69 · Le miel aux couleurs variées, guérison pour les humains
- dhululan
- racine *dh-l-l* : rendu docile, aisé — les chemins de l'abeille sont ici rendus faciles à parcourir par ce même guidage instinctif nommé au verset précédent.
- shifāʾun li-n-nās
- Non-dit : le texte affirme une guérison présente dans le miel sans en préciser la portée exacte — pour quels maux, dans quelle mesure — toute généralisation à l'ensemble des maux, ou à l'inverse toute restriction excessive, relèverait de l'inférence et non du texte lui-même.
S.16:70 · La création, la mort, le grand âge qui efface le savoir
- ardhali l-ʿumur
- racine *r-dh-l* : ce qui est le plus bas, le rebut. Désigne ici le grand âge dégradant les facultés — mis en contraste, dans le même verset, avec la science et la capacité permanentes d'Allaah (*ʿAlīm*, *Qadīr*).
La disparité du rizq, les épouses et la descendance, l’impuissance des entités adorées hors d’Allaah · S16:71–74
S.16:71 · La disparité du rizq — le refus de la partager avec « leurs mains droites »
- mā malakat aymānuhum
- conservé en translittération, sans équivalent français fidèle en un seul mot.
- yajḥadūn
- racine *j-ḥ-d* : nier obstinément une chose tout en la sachant vraie intérieurement — distinct de *kafara* (couvrir, refuser) par cette nuance de déni conscient.
- fa-mā lladhīna fuḍḍilū bi-rāddī rizqihim...
- Non-dit : ce seul verset porte sur une inégalité de partage du *rizq* entre humains libres et « ce que possèdent leurs mains droites » ; il ne mentionne pas explicitement le *shirk*, bien qu'un verset de portée comparable ailleurs dans le corpus mobilise une image voisine à propos des associés attribués à Allaah — ce rapprochement n'est pas repris ici afin de ne pas importer dans ce verset ce qu'il ne dit pas lui-même.
S.16:72 · Les épouses, les fils et les ḥafada — le faux et le bienfait renié
- ḥafada
- Crux lexical, deux lectures attestées, non tranché. Racine *ḥ-f-d* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : se hâter à servir, s'empresser. (1) Lecture généalogique : les petits-fils, la descendance issue des fils. (2) Lecture fonctionnelle : ceux qui secondent et servent la famille (gendres, ou plus largement les proches empressés au service). Ce Bloc retient la lecture généalogique la plus large — la descendance — comme la plus cohérente avec l'énumération « épouses, fils, *ḥafada* », sans exclure la seconde lecture, signalée ici pour transparence.
S.16:73 · L’impuissance totale de ce qui est adoré hors d’Allaah
- lā yamliku... wa-lā yastaṭīʿūn
- Dit : double négation cumulative — ni la possession du *rizq*, ni même la capacité d'en détenir — affirmant une impuissance totale, non relative, de ce qui est adoré hors d'Allaah.
S.16:74 · Ne dressez pas de comparaisons pour Allaah
- taḍribū... l-amthāl
- racine *ḍ-r-b* dans son sens figuré : poser, présenter — *ḍaraba mathalan*, dresser une comparaison. Ce verset interdit d'assimiler Allaah à quoi que ce soit par comparaison ; les deux versets suivants inversent le procédé : c'est Allaah Lui-même qui pose des *mathal* pour instruire, non pour Se comparer à quoi que ce soit.
Deux paraboles en miroir · S16:75–76
S.16:75 · Parabole — l’esclave sans pouvoir face à celui qui dépense librement
- ʿabdan mamlūkan
- ce *mathal* s'appuie sur la réalité vécue de l'esclavage comme état d'impuissance reconnu par tous — voir l'étude L'esclavage dans le Coran, qui traite nommément ce verset et son parallèle (S30:28). Non-dit : le texte ne légifère pas ici sur l'institution elle-même — il s'appuie sur l'évidence commune d'une inégalité de capacité pour illustrer un autre propos, sans qu'aucun jugement ne soit porté sur la condition en tant que telle par ce seul verset.
- al-ḥamdu lillāh
- même formule que l'ouverture du Coran (S1:2) : la louange totale et exclusive revenant à Allaah.
S.16:76 · Parabole — l’homme muet à charge face à celui qui commande le ʿadl
- abkam
- racine *b-k-m* : muet de naissance, incapable de faire entendre sa parole — image d'une incapacité totale à agir avec discernement, distincte de l'esclave du verset précédent (impuissance de statut, non de faculté).
- kallun ʿalā mawlāhu
- racine *k-l-l* : être un poids, une charge. *Mawlā*, ici au sens du tuteur ou du protecteur qui a la charge de lui.
- al-ʿadl
- la juste mesure — même terme repris en S16:90 (*yaʾmuru bi-l-ʿadli wa-l-iḥsān*).
Le ghayb, la naissance, les oiseaux, les maisons et les vêtements · S16:77–81
S.16:77 · Le ghayb des cieux et de la terre — l’Heure, plus rapide qu’un clin d’œil
- al-ghayb
- conservé en translittération : ce qui échappe à la perception sensorielle directe.
- amru s-sāʿati
- ce qui « vient » ou survient rapidement, ce n'est pas Allaah Lui-même mais l'*amr* (l'affaire, la survenue) de l'Heure — évitant ainsi toute lecture d'une venue spatiale d'Allaah, sur le même principe que *yaʾtiya amru rabbika* (S16:33).
S.16:78 · La sortie du ventre des mères — l’ouïe, les regards, les afʾida
- al-afʾida
- pluriel de *fuʾād*, racine *f-ʾ-d* — Ibn Fāris rattache ce terme à l'idée de chaleur, d'ardeur de la perception intérieure : le siège où se conjuguent l'intellect et l'affect, distinct de *qalb* (le cœur) par cette nuance d'intensité.
S.16:79 · Les oiseaux assujettis dans l’espace du ciel
- musakhkharāt
- voir S2:164 et S16:12/14 : ce qui est assujetti, mis au service, présenté comme passif et non comme agent autonome.
- jaww as-samāʾ
- l'espace atmosphérique où évoluent les oiseaux, distinct de *as-samāʾ* elle-même (le ciel comme voûte).
S.16:80 · Les maisons comme sakan — les tentes de peau, la laine, le poil, le crin
- sakan
- racine *s-k-n* : l'apaisement, la stabilité — même racine que *sakīna* (voir S2:248).
- aṣwāf / awbār / ashʿār
- trois termes distincts pour trois types de pelage : *ṣūf* la laine (ovins, caprins à toison), *wabar* le poil fin (chameaux), *shaʿar* le crin ou poil rude (caprins). Distinction lexicale précise que le français rend par trois mots équivalents.
S.16:81 · Les ombres, les abris des montagnes, les vêtements contre la chaleur et la violence
- sarābīla taqīkum baʾsakum
- Inférence signalée comme telle. Le texte nomme seulement des vêtements qui protègent « de votre *baʾs* » (votre propre violence, votre rudesse) — la lecture usuelle qui y voit l'armure ou la cotte de mailles est une inférence cohérente avec le contexte guerrier du terme *baʾs* ailleurs dans le corpus, mais ce seul verset ne nomme ni le métal ni le combat.
- tuslimūn
- racine *s-l-m*, verbe général de soumission confiante et d'abandon entier — même racine que *islām*, mais employé ici comme verbe, non comme nom d'une pratique organisée.
Le bienfait renié, le témoin de chaque umma, le Kitāb qui clarifie tout · S16:82–89
S.16:82 · S’ils se détournent — seule incombe la transmission manifeste
- al-balāgh al-mubīn
- voir S3:20 et S16:35.
S.16:83 · Ils reconnaissent le bienfait d’Allaah, puis le renient
- yaʿrifūna... thumma yunkirūnahā
- Dit : la structure verbale pose une reconnaissance suivie d'un reniement actif (*thumma*, « puis ») — le texte souligne ainsi l'intentionnalité du refus, non une simple ignorance du bienfait.
S.16:84 · Le témoin suscité de chaque umma — plus d’excuse, plus de satisfaction à offrir
- shahīdan
- Non-dit, clarifié par la suite du Bloc. Ce seul verset ne nomme pas l'identité de ce témoin par *umma* ; elle sera précisée par contexte immédiat en S16:89 (« un témoin contre elle, issu d'elle-même »), cohérente avec le rôle du *rasūl* envoyé à chaque *umma* (S16:36).
- yustaʿtabūn
- racine *ʿ-t-b*, forme X : demander ou offrir satisfaction pour regagner la faveur. Ici niée : il ne leur sera plus donné l'occasion de regagner quoi que ce soit.
S.16:85 · Le châtiment vu par les injustes — ni allégement, ni délai
- yunẓarūn
- racine *n-ẓ-r*, forme passive : obtenir un répit, un délai — même racine que la demande de délai formulée par Iblīs (voir S7:14–15 : *anẓirnī*).
S.16:86 · Les mushrikūn et leurs associés — le désaveu et l’accusation de mensonge
- shurakāʾ
- conservé en translittération — voir l'étude Le Shirk.
- fa-alqaw ilayhimu l-qawla
- Non-dit : le sujet grammatical de ce verbe reste implicite ; l'antécédent le plus proche dans la phrase est « leurs associés » eux-mêmes (ou ce qu'ils représentent), qui adressent en retour ce démenti à leurs adorateurs — scène de désaveu réciproque, sans qu'un tiers ne soit nommé.
S.16:87 · La soumission totale offerte à Allaah — ce qu’ils inventaient s’égare
- as-salam
- racine *s-l-m* : ici la reddition, l'abandon total sans résistance — Ibn Manẓūr rattache cet emploi à *al-istislām*. À distinguer de *as-salām* (la paix) comme salutation.
- wa-ḍalla ʿanhum mā kānū yaftarūn
- formule quasi identique à S6:24, déjà reprise en S16:33.
S.16:88 · Un châtiment par-dessus le châtiment, pour le fasād commis
- fawqa l-ʿadhāb
- Précision de méthode. *Fawqa* (« par-dessus ») qualifie ici une quantité de châtiment ajoutée à une autre — il porte sur *al-ʿadhāb*, une chose créée, non sur Allaah Lui-même : ce terme ne relève donc pas de la vigilance exercée à propos de *fawq* appliqué à la relation entre Allaah et Ses créatures (voir S16:50).
- yufsidūn
- racine *f-s-d* — voir l'étude Fasād et mufsidūn.
S.16:89 · Le témoin issu de chaque umma — le Kitāb, clarification pour toute chose
- shahīdan ʿalayhim min anfusihim
- clarifie rétrospectivement S16:84 : le témoin suscité par *umma* en est issu lui-même — cohérence directe avec le *rasūl* envoyé dans chaque *umma* (S16:36).
- tibyānan li-kulli shayʾ
- Non-dit. Le texte affirme une portée forte du Kitāb — clarification pour toute chose — sans en préciser le mécanisme exact : clarification directe et exhaustive de chaque sujet, ou clarification par des principes généraux englobants. Toute élaboration au-delà de cette affirmation relève de l'inférence.
Al-ʿadl et al-iḥsān, la fidélité au pacte, l’umma unique non imposée · S16:90–93
S.16:90 · Le commandement du ʿadl et de l’iḥsān — l’interdiction du faḥshāʾ, du munkar, du baghy
- al-ʿadl
- même terme qu'en S16:76 — la juste mesure, sans excès ni défaut.
- al-iḥsān
- racine *ḥ-s-n* : l'excellence dans l'acte, au-delà de la seule justice due.
- dhī l-qurbā
- voir S2:177 et S4:36 : ceux de proche parenté.
- al-faḥshāʾ
- racine *f-ḥ-sh* — voir S2:169 et S2:268 : ce qui dépasse la mesure, l'excès manifeste.
- al-munkar
- l'opposé de *al-maʿrūf* (ce que la raison droite reconnaît comme juste) : le blâmable, ce que la raison droite désavoue.
- al-baghy
- racine *b-gh-y* — voir S2:90 et S3:19 : la rivalité, l'excès dans la revendication d'un droit qui empiète sur autrui.
S.16:91 · Honorer le pacte d’Allaah — ne pas rompre les serments affermis
- kafīl
- racine *k-f-l* : garant, répondant. Le fait d'avoir pris Allaah à témoin du serment engage, selon ce verset, une responsabilité redoublée.
S.16:92 · La parabole du fil détissé — les serments comme moyen de tromperie
- naqaḍat ghazlahā... ankāthan
- image d'une femme qui détisse son propre fil après l'avoir solidement filé — parabole de l'incohérence qu'il y a à rompre un engagement affermi.
- dakhalan baynakum
- racine *d-kh-l* : un moyen introduit pour tromper, fausser un engagement de l'intérieur. Cette même expression exacte revient au verset suivant de ce Bloc (S16:94).
- arbā
- racine *r-b-w* — même racine que *ribā* (l'intérêt), mais employée ici dans son sens premier de croissance en nombre : « plus nombreuse ». Les deux emplois de cette racine restent distincts, ce verset ne portant pas sur la finance.
S.16:93 · L’umma unique qu’Allaah n’a pas voulu imposer — Il égare et guide qui Il veut
- wa-law shāʾa llāhu la-jaʿalakum ummatan wāḥidatan
- relève de la famille *mashīʾa*/*qadar*, laissée ouverte, et rejoint une formulation voisine en S16:35 (*law shāʾa llāhu mā ʿabadnā*). Non-dit : le mécanisme reliant cette *mashīʾa* à l'égarement et à la guidance effectifs des personnes n'est pas détaillé par ce seul verset.
La tromperie par serment, le pacte, ce qui demeure, la vie bonne · S16:94–97
S.16:94 · Le pied qui glisse — le mal goûté pour avoir fait obstacle
- dakhalan baynakum
- reprise exacte de l'expression de S16:92 — le pied qui glisse fait écho, dans la même image de stabilité perdue, au fil solidement filé puis détissé.
S.16:95 · Ne pas échanger le pacte d’Allaah contre un prix dérisoire
- thamanan qalīlan
- voir S3:77 et S3:187.
S.16:96 · Ce qui s’épuise, ce qui demeure auprès d’Allaah
- yanfadu / bāqin
- contraste de deux racines : *n-f-d* (s'épuiser, s'achever) et *b-q-y* (demeurer, persister).
S.16:97 · La vie bonne promise à qui agit avec droiture, homme ou femme
- min dhakarin aw unthā
- rendu « homme ou femme », comme en S3:195 et S4:124 — le texte nomme explicitement les deux comme sujets identiques de l'acte et de la rétribution.
- ḥayātan ṭayyibatan
- Non-dit. Ce seul verset ne précise pas si cette « vie bonne » se situe dans cette existence, dans l'Ākhira, ou dans les deux — plusieurs lectures coexistent dans la tradition lexicographique sans que ce verset ne tranche lui-même la question.