Structure du Bloc I, ouverture de la Sourate 17. Six ensembles. D’abord l’isrāʾ nocturne — le voyage de nuit (asrā) du ʿabd d’Allaah, du Masjid al-Ḥarām jusqu’au Masjid al-Aqṣā, dont les alentours ont reçu la baraka, pour lui montrer certains signes (S17:1). Puis le Kitāb donné à Mūsā comme guidance pour les Banū Isrāʾīl, l’adresse à leur descendance — celle des rescapés de l’arche de Nūḥ — et le double fasād annoncé dans le Kitāb, avec ses deux répliques successives (S17:2–8). Puis ce Qurʾān-ci, qui guide vers ce qui est le plus droit (aqwam), et la hâte propre à l’humain (S17:9–11). Puis les deux signes du jour et de la nuit, le ṭāʾir attaché au cou de chaque humain, le livre déployé au Jour de la Résurrection, et le principe que nul ne porte le fardeau d’un autre, ni n’est châtié avant qu’un rasūl ne soit envoyé (S17:12–15). Puis la cité détruite après l’ordre donné à ses gens aisés, et la mise en balance de ceux qui veulent cette vie immédiate et de ceux qui veulent l’Ākhira — un don de leur Rabb, jamais retenu (S17:16–21). Enfin l’ordre bref qui clôt ce premier ensemble : ne pas placer, avec Allaah, un autre ilāh (S17:22).
Point de méthode, signalé pour transparence — S17:1, l’identité du Masjid al-Aqṣā et du ʿabd. Ce seul verset ne nomme ni le ʿabd qui accomplit ce voyage nocturne, ni le lieu géographique précis du « Masjid al-Aqṣā » (littéralement : le sanctuaire le plus éloigné, superlatif de la racine q-ṣ-w, l’éloignement) — il le désigne uniquement par sa position relative au Masjid al-Ḥarām. L’identification traditionnelle du ʿabd avec le nabī Muḥammad, et celle du lieu avec un site précis à Jérusalem, reposent sur des éléments extérieurs à ce seul verset (l’ensemble du contexte coranique pour la première, le ḥadīth et la sīra pour la seconde) — une lecture strictement linguistique de ce seul verset relève cette désignation comme fonctionnelle et relative, sans elle-même situer géographiquement le lieu. Ce Bloc ne tranche pas cette question, conformément à sa méthode : il signale ce que le texte affirme (une désignation relative entre deux sanctuaires) et ce qu’il ne précise pas (le nom du ʿabd, la localisation exacte du second sanctuaire), sans importer ni confirmer ni infirmer l’identification traditionnelle.
Note de méthode — renvois. Bāraknā ḥawlahu (S17:1) : voir l’étude Baraka et tabarruk, qui cite nommément ce verset — Allaah y est la source qui place la baraka alentour d’un lieu, jamais le récipiendaire d’une baraka qui Lui serait offerte. Wakīl (S17:2) : le statut de garant ultime, réservé sans réserve à Allaah (voir S6:66/102/107, S10:108, S11:12, S12:66), ici comme ce que les Banū Isrāʾīl ne doivent prendre en aucun autre. Wa-lā taziru wāziratun wizra ukhrā (S17:15) reprend, mot pour mot, S6:164 (« nulle âme chargée ne porte le fardeau d’une autre »). Khabīran baṣīrā (S17:17) : ce que l’on peut dire d’Allaah, conservé en translittération.
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.17:1 | L’isrāʾ nocturne — du Masjid al-Ḥarām au Masjid al-Aqṣā |
| S.17:2 | Le Kitāb donné à Mūsā, guidance pour les Banū Isrāʾīl |
| S.17:3 | Adresse à la descendance des rescapés avec Nūḥ |
| S.17:4 | Le double fasād annoncé dans le Kitāb |
| S.17:5 | La première réplique — des ʿibād d’une rigueur intense |
| S.17:6 | Le retour du dessus, les biens et les fils rendus |
| S.17:7 | La seconde réplique, à la mesure du mal commis |
| S.17:8 | L’espoir de la raḥma, la récidive, Jahannam en enclos |
| S.17:9 | Ce Qurʾān guide vers ce qui est le plus droit |
| S.17:10 | Le châtiment douloureux pour qui ne croit pas en l’Ākhira |
| S.17:11 | L’humain invoque le mal comme il invoque le bien — la hâte |
| S.17:12 | La nuit et le jour, deux signes — le décompte des années |
| S.17:13 | Le ṭāʾir attaché au cou de chaque humain |
| S.17:14 | Lis ton livre — toi-même, ton propre comptable |
| S.17:15 | Nul ne porte le fardeau d’un autre — nul châtiment sans rasūl envoyé |
| S.17:16 | La cité détruite après l’ordre donné à ses gens aisés |
| S.17:17 | Combien de générations détruites après Nūḥ |
| S.17:18 | Qui veut la vie immédiate — Jahannam au bout |
| S.17:19 | Qui veut l’Ākhira et s’y efforce en muʾmin |
| S.17:20 | Le don de ton Rabb, jamais retenu, pour tous |
| S.17:21 | La préférence entre certains — l’Ākhira, plus grande en degrés |
| S.17:22 | Ne pas placer, avec Allaah, un autre ilāh |
L’isrāʾ nocturne · S17:1
S.17:1 · Le voyage de nuit, du Masjid al-Ḥarām au Masjid al-Aqṣā
- subḥāna
- racine *s-b-ḥ* : nager, se mouvoir librement dans un vaste espace — voir S2:32 : « ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah comme entièrement dégagé de toute limitation, entièrement au-delà de toute imperfection ». Rendu ici fonctionnellement plutôt que par « gloire à », conformément à cette définition, comme en S16:1.
- asrā ... laylan
- racine *s-r-y*, forme IV : faire voyager de nuit. Le complément *laylan* (« de nuit ») accompagne un verbe qui porte déjà en lui-même cette notion — un renforcement (*taʾkīd*) qui insiste sur le caractère nocturne du voyage, plutôt qu'une simple redondance. Cette racine donne son nom traditionnel à la sourate (*al-Isrāʾ*).
- ʿabdihi
- racine *ʿ-b-d* : le serviteur, celui qui se tient dans la ʿibāda. Non-dit : ce seul mot ne nomme personne — voir le callout de méthode ci-dessus sur l'identité de ce ʿabd.
- al-masjidi l-ḥarāmi ... al-masjidi l-aqṣā
- *Al-Masjid al-Ḥarām* : voir S8:34, S9:28. *Al-Aqṣā*, superlatif de la racine *q-ṣ-w* (être éloigné) : « le plus éloigné » — une désignation relative au premier sanctuaire nommé, non un nom propre de lieu en lui-même. Voir le callout de méthode ci-dessus.
- bāraknā ḥawlahu
- voir l'étude Baraka et tabarruk, qui cite nommément ce verset : Allaah, source de la *baraka* placée alentour d'un lieu (comme en S21:71) — jamais récipiendaire d'une *baraka* qui Lui serait offerte (voir aussi S7:54, pour la forme *tabāraka*).
- s-samīʿu l-baṣīr
- ce que l'on peut dire d'Allaah, conservé en translittération — l'ouïe et la vue absolues.
Le Kitāb donné à Mūsā, le double fasād annoncé · S17:2–8
S.17:2 · Le Kitāb donné à Mūsā, guidance pour les Banū Isrāʾīl
- wakīl
- racine *w-k-l* : le statut de garant ultime, réservé sans réserve à Allaah (voir S6:66/102/107, S10:108, S11:12, S12:66). Ici, l'interdiction est adressée directement aux Banū Isrāʾīl.
S.17:3 · Adresse à la descendance des rescapés avec Nūḥ
- dhurriyyata man ḥamalnā maʿa nūḥin
- Dit : ce complément, en apposition à l'adresse du verset précédent, rattache les Banū Isrāʾīl (et, plus largement, l'ensemble de l'humanité) à la descendance de ceux qui furent portés dans l'arche avec Nūḥ.
- shakūrā
- racine *sh-k-r*, forme intensive : celui dont la gratitude est constante et marquée — qualifiant ici Nūḥ lui-même.
S.17:4 · Le double fasād annoncé dans le Kitāb
Point de méthode — S17:4, la nature du décret (qaḍaynā). Qaḍā ilā : Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) — la racine q-ḍ-y porte l’idée d’un aboutissement, d’une chose menée à son terme et rendue certaine. Dit : le texte annonce (au sens d’un décret informatif, une annonce rendue certaine par avance) que les Banū Isrāʾīl commettront un fasād sur la terre par deux fois, et s’élèveront dans une arrogance immense — non un ordre (amr) leur enjoignant de le faire. Non-dit : ce seul verset ne précise pas la nature exacte des deux épisodes de fasād annoncés — leur identification avec des événements historiques précis relèverait de l’inférence, non du texte lui-même.
- la-tufsidunna fi l-arḍi
- racine *f-s-d* : voir l'étude Le fasād et les mufsidūn — la sortie hors de l'équilibre, hors de la juste mesure.
- ʿuluwwan kabīrā
- racine *ʿ-l-w*, ici appliquée aux Banū Isrāʾīl eux-mêmes (une arrogance, une prétention à dominer) — à distinguer nettement de la même racine appliquée à Allaah (*taʿālā*, voir S17:43), où toute connotation de lieu est écartée : ici, l'emploi est humain et ordinaire.
S.17:5 · La première réplique — des ʿibād d’une rigueur intense
- ʿibādan lanā ūlī baʾsin shadīd
- Non-dit : ce seul verset ne nomme pas ces ʿibād — comme en S9:26 (*junūd* non identifiés aux *malāʾika*), aucune identification historique n'est importée ici.
- fa-jāsū khilāla d-diyār
- racine *j-w-s* : pénétrer, fouiller de part en part — image d'une incursion complète à travers les demeures.
S.17:6 · Le retour du dessus, les biens et les fils rendus
- al-karra
- racine *k-r-r* : le retour, le tour qui revient — ici le retournement de situation en faveur des Banū Isrāʾīl.
- nafīrā
- racine *n-f-r* : le groupe mobilisé, l'effectif rassemblé pour une cause commune.
S.17:7 · La seconde réplique, à la mesure du mal commis
Point de méthode — S17:7, le principe posé au milieu du récit. Ce verset ouvre par un principe général — le bien et le mal accomplis retombent sur celui qui les accomplit — avant de reprendre le récit de la seconde réplique. Non-dit : « al-masjid », dans ce verset, n’est pas autrement précisé ; l’écho de vocabulaire avec le Masjid al-Aqṣā de S17:1 est notable, mais ce seul verset ne confirme pas explicitement qu’il s’agit du même lieu — ce Bloc signale ce rapprochement possible sans l’ériger en identification certaine.
- in aḥsantum aḥsantum li-anfusikum wa-in asaʾtum fa-lahā
- Dit : principe de responsabilité individuelle, en écho direct avec celui qui sera repris et généralisé en S17:15, dans ce Bloc.
- li-yutabbirū mā ʿalaw tatbīrā
- racine *t-b-r* : briser, réduire en pièces, détruire jusqu'à l'anéantissement. *Mā ʿalaw*, de la racine *ʿ-l-w* vue en S17:4 : ce dont ils s'étaient rendus maîtres, ce sur quoi ils avaient pris ascendant.
S.17:8 · L’espoir de la raḥma, la récidive, Jahannam en enclos
- ḥaṣīrā
- racine *ḥ-ṣ-r* : confiner, cerner étroitement, ne laisser aucune échappée — image d'un enclos qui ne permet aucune sortie.
Le Qurʾān guide vers l’aqwam, la hâte humaine · S17:9–11
S.17:9 · Ce Qurʾān guide vers ce qui est le plus droit
- allatī hiya aqwam
- racine *q-w-m* : la rectitude, la station stable et droite — superlatif féminin (accordant avec une *ṭarīqa* ou *sabīl* sous-entendue).
S.17:10 · Le châtiment douloureux pour qui ne croit pas en l’Ākhira
S.17:11 · L’humain invoque le mal comme il invoque le bien — la hâte
- yadʿu bi-sh-sharri duʿāʾahu bi-l-khayri
- Dit : le texte pose un parallèle de forme — l'humain appelle le mal (sur lui-même ou sur autrui, sous le coup de la contrariété ou de la colère) avec la même promptitude que celle qu'il met à appeler le bien. Non-dit : ce seul verset ne précise pas la situation concrète visée (l'invocation contre soi-même dans un moment de colère, contre un tiers, ou le souhait impatient de voir hâter un châtiment annoncé) — la suite du verset (« l'humain est ʿajūl ») en donne seulement le trait de caractère général qui l'explique.
- ʿajūlā
- racine *ʿ-j-l*, forme intensive : porté à la hâte, à l'impatience.
Les deux signes du jour et de la nuit, le ṭāʾir, nul fardeau porté pour un autre · S17:12–15
S.17:12 · La nuit et le jour, deux signes — le décompte des années
- maḥawnā āyata l-layli ... mubṣiratan
- racine *m-ḥ-w* : effacer — appliquée ici à l'obscurité de la nuit, comme l'effacement de ce qui serait visible ; en contraste direct avec *mubṣira* (racine *b-ṣ-r*, ce qui donne à voir), qualifiant le jour.
S.17:13 · Le ṭāʾir attaché au cou de chaque humain
Crux lexical — S17:13, ṭāʾir. Racine ṭ-y-r : l’oiseau, le vol. Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) et Ibn Manẓūr (Lisān al-ʿArab) attestent, à partir du sens concret, un sens second devenu idiomatique dans l’arabe classique antérieur au Coran : la pratique de la tiyara (ou ṭīra), qui consistait à tirer un présage du vol ou du cri d’un oiseau lâché — d’où ṭāʾir au sens figuré de « ce qui échoit à quelqu’un », son sort, sa part de bien ou de mal, comme s’il lui avait été assigné par cet augure. Le Coran reprend ce mot chargé de cette histoire, mais en déplace radicalement le sens : ce ṭāʾir n’est plus un présage extérieur tiré du vol d’un oiseau, mais ce qui est attaché « à son cou » — c’est-à-dire, comme le confirment les deux versets suivants (l’ordre de lire son propre livre, le principe qu’on ne se guide ou ne s’égare que pour soi-même), le registre de ses propres actes, dont chacun demeure individuellement responsable. Aucun mot français à un seul terme ne porte à la fois l’image du sort/de la part échue et ce déplacement précis vers la responsabilité individuelle — ce Bloc conserve donc ṭāʾir en translittération, glosé dans la traduction par « son sort, l’empreinte de ses actes ».
- ṭāʾirahu fī ʿunuqihi
- voir le callout dédié ci-dessus. Dit : ce qui est attaché n'est confié à aucun intermédiaire ni tiré d'aucun signe extérieur — il est fixé « à son cou », c'est-à-dire porté par la personne elle-même, en continuité directe avec le principe posé en S17:15 (ce Bloc).
- kitāban yalqāhu manshūrā
- racine *n-sh-r* : déployer, étaler — le livre trouvé grand ouvert, sans dissimulation.
S.17:14 · Lis ton livre — toi-même, ton propre comptable
- ḥasībā
- racine *ḥ-s-b* : compter, tenir un compte exact — ici appliqué à l'humain lui-même comme comptable de son propre livre, non à Allaah (dont cette même racine, sous une autre forme, qualifiera ailleurs dans le corpus la promptitude de la rétribution).
S.17:15 · Nul ne porte le fardeau d’un autre — nul châtiment sans rasūl envoyé
- wa-lā taziru wāziratun wizra ukhrā
- racine *w-z-r* : porter une charge, un fardeau — formule reprise mot pour mot de S6:164. Principe de responsabilité strictement individuelle, en cohérence directe avec S17:7 et avec le *ṭāʾir* attaché au cou de chacun (S17:13).
- wa-mā kunnā muʿadhdhibīna ḥattā nabʿatha rasūlā
- Dit : le texte pose ici un principe explicite — nul châtiment n'est infligé avant qu'un rasūl n'ait été envoyé pour avertir. Non-dit : ce seul verset ne précise pas les modalités de cet envoi pour chaque peuple ou chaque époque — question qui déborde le périmètre de ce seul verset.
La cité détruite, la préférence entre cette vie et l’Ākhira · S17:16–21
S.17:16 · La cité détruite après l’ordre donné à ses gens aisés
Crux lexical — S17:16, amarnā. Racine ʾ-m-r. Sens premier, de loin le plus courant : ordonner, commander. Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) atteste cependant un second sens de cette même racine, moins fréquent mais lexicalement distinct : devenir nombreux, se multiplier, prospérer en abondance (d’où des expressions comme amira l-qawm, « le peuple s’est multiplié »). La construction du verset laisse ce complément elliptique (« Nous avons amarnā ses gens aisés » — sans préciser, si l’on retient le premier sens, ce qui leur fut ordonné), ce qui a conduit une partie des lexicographes et exégètes à envisager les deux lectures : (1) Nous avons commandé à ses gens aisés [d’obéir], mais ils ont transgressé (fa-fasaqū) au lieu d’obéir ; (2) Nous avons fait prospérer et multiplié ses gens aisés, et [dans cette abondance même] ils ont transgressé. Les deux lectures convergent sur le même constat central — la transgression des gens aisés précède et motive la destruction de la cité — sans que ce seul verset ne permette de trancher entre elles. Ce Bloc retient la première lecture dans le corps de la traduction, en signalant explicitement la seconde.
- amarnā mutrafīhā
- voir le callout dédié ci-dessus. *Mutraf* : racine *t-r-f*, celui à qui l'aisance matérielle a été donnée en abondance.
- fa-ḥaqqa ʿalayhā l-qawlu
- Non-dit : ce seul verset ne nomme aucune cité précise — comme en S16:112 (la parabole d'une cité sans identification nommée), aucune identification extérieure n'est importée ici.
S.17:17 · Combien de générations détruites après Nūḥ
- khabīran baṣīrā
- ce que l'on peut dire d'Allaah, conservé en translittération — la pleine connaissance intime (*khabīr*) et la pleine vue (*baṣīr*), couple voisin de *as-samīʿu l-baṣīr* en S17:1.
S.17:18 · Qui veut la vie immédiate — Jahannam au bout
- al-ʿājilata ... ʿajjalnā
- même racine *ʿ-j-l* que *ʿajūlā* (S17:11) : ce qui est immédiat, sans délai — appliqué ici non plus au trait de caractère humain, mais à la vie d'ici-bas elle-même, désignée par son caractère pressé et transitoire.
- mā nashāʾu li-man nurīdu
- Dit : le texte précise que cet octroi immédiat n'est ni automatique ni universel — il reste soumis à ce qu'Allaah veut, pour qui Il veut, non un droit acquis par le seul désir de la vie immédiate.
S.17:19 · Qui veut l’Ākhira et s’y efforce en muʾmin
- mashkūrā
- même racine *sh-k-r* que *shakūrā* (S17:3) — ici à la forme passive : l'effort humain qui, loin d'être perdu, trouve une reconnaissance de la part d'Allaah.
S.17:20 · Le don de ton Rabb, jamais retenu, pour tous
- ʿaṭāʾu rabbika ... maḥẓūrā
- racine *ḥ-ẓ-r* : interdire, restreindre, enclore. Dit : ce verset porte sur la subsistance et le soutien de cette vie d'ici-bas, accordés indistinctement à qui veut la vie immédiate (S17:18) et à qui veut l'Ākhira (S17:19) — un don qui n'est jamais fermé ni restreint dans cette vie, sans préjuger de la différence de rétribution posée au verset suivant.
S.17:21 · La préférence entre certains — l’Ākhira, plus grande en degrés
Ne pas placer, avec Allaah, un autre ilāh · S17:22
S.17:22 · Ne pas placer, avec Allaah, un autre ilāh
- ilāhan ākhara
- *ilāh*, conservé en translittération. Ce verset referme le premier grand ensemble de la sourate sur l'ordre le plus bref qu'il contienne — un avertissement contre le shirk qui reviendra, sous une formule presque identique, à la clôture de l'ensemble éthique suivant (S17:39).
- makhdhūlā
- racine *kh-dh-l* : abandonner, laisser sans secours celui qu'on aurait dû soutenir.