Structure du Bloc IV, dernier Bloc de la Sourate 18. Trois ensembles. D’abord le récit de Dhū l-Qarnayn, introduit par une question qui lui est posée : son établissement sur la terre et les moyens qui lui furent donnés, son premier voyage jusqu’au lieu où se couche le soleil et le choix qui lui est proposé, son second voyage jusqu’au lieu où il se lève, son troisième voyage entre deux montagnes où un peuple lui demande un rempart contre Yaʾjūj et Maʾjūj, et la construction de ce rempart de fer, qu’il attribue lui-même à une raḥma et non à son propre exploit (S18:83–98). Puis la scène du Jour où ce rempart sera nivelé, où la Trompe sera soufflée et l’humanité rassemblée, où Jahannam sera présentée à découvert aux kāfirūn, et où sera posée la question de ceux qui prennent des awliyāʾ en dehors d’Allaah, des plus grands perdants en œuvres, et de la pesée refusée à qui a nié la Rencontre (S18:99–106). Enfin la clôture de la sourate : les jardins du Firdaws promis aux croyants, l’image de la mer épuisée avant les Paroles du Rabb, et la déclaration finale du nabī — un être humain comme les autres, à qui il est seulement révélé que l’ilāh est unique, et qui rappelle l’exigence de n’associer personne dans le culte rendu à son Rabb (S18:107–110).
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.18:83 | La question sur Dhū l-Qarnayn — « je vais vous réciter un rappel » |
| S.18:84 | L’établissement sur la terre, un moyen donné pour toute chose |
| S.18:85–86 | Premier voyage — le lieu où se couche le soleil, un peuple trouvé là |
| S.18:87–88 | Le choix posé : châtier l’injuste, ou bien traiter le croyant |
| S.18:89–91 | Second voyage — le lieu où se lève le soleil, un peuple sans abri |
| S.18:92–94 | Troisième voyage — entre les deux montagnes, un peuple qui comprend à peine un discours ; la demande contre Yaʾjūj et Maʾjūj |
| S.18:95–96 | Le refus du tribut — la construction du rempart de fer |
| S.18:97–98 | Ni franchi ni percé — une raḥma, non un exploit personnel |
| S.18:99 | Le Jour où ils déferleront les uns dans les autres — la Trompe soufflée |
| S.18:100–101 | Jahannam présentée aux kāfirūn — les yeux dans un voile loin de Mon dhikr |
| S.18:102 | La question rhétorique — prendre Mes ʿibād comme awliyāʾ en dehors de Moi |
| S.18:103–104 | Les plus grands perdants en œuvres — l’illusion de bien agir |
| S.18:105 | Nulle pesée pour qui a nié les āyāt et la Rencontre |
| S.18:106 | Leur rétribution — Mes āyāt et Mes rusul pris en dérision |
| S.18:107–108 | Les jardins du Firdaws — une demeure sans changement voulu |
| S.18:109 | La mer épuisée avant les Paroles de mon Rabb |
| S.18:110 | Clôture — « je suis un être humain comme vous » ; nul associé dans le culte de son Rabb |
Le récit de Dhū l-Qarnayn · S18:83–98
Point de méthode — l’identité de Dhū l-Qarnayn n’est pas donnée par le texte. Comme pour chaque identité que le texte ne nomme pas explicitement (S17:1, le ʿabd de l’isrāʾ ; S18:9, ar-Raqīm ; S18:22, le nombre des Compagnons de la Caverne ; S18:65, le serviteur de Mūsā), ce Bloc ne rattache ce récit à aucune figure historique précise. Le texte ne dit ni son nom propre, ni son peuple, ni son époque — il le désigne uniquement par ce surnom descriptif, Dhū l-Qarnayn, « celui aux deux qarn ». Aucune identification (souverain perse, grec, ou autre) n’est importée d’une tradition extérieure au texte.
S.18:83 · La question sur Dhū l-Qarnayn — « je vais vous réciter un rappel »
- dhi l-qarnayni
- racine *q-r-n* : ce qui est joint, contemporain — au sens de génération ou de peuple d'une même époque (*qarn*/*qurūn*, S6:6, S10:13, S17:17), mais aussi, dans son sens le plus concret, la corne. Crux lexical, deux lectures attestées, sans trancher : Ibn Manẓūr rapporte, sans les départager, deux lectures anciennes du duel *qarnayn* appliqué à ce personnage : (1) au sens concret, « aux deux cornes » — un signe distinctif rapporté à sa personne ou à sa coiffe ; (2) au sens de *qarn* évoqué plus haut, « aux deux qarn » — ayant atteint, ou gouverné, les deux extrémités temporelles ou spatiales du monde alors connu (l'occident et l'orient, précisément les deux voyages que ce récit rapporte aux versets suivants). Ce Bloc retient ce surnom tel quel, en translittération, sans trancher entre ces deux lectures.
- dhikrā
- racine *dh-k-r* : ce qui rappelle, ce qui est mentionné pour mémoire. Dit : le texte annonce ce récit comme un rappel, non comme une élaboration exhaustive de tous les détails de la vie de ce personnage.
S.18:84 · L’établissement sur la terre, un moyen donné pour toute chose
- makkannā
- racine *m-k-n* (voir S6:6, S7:10) : donner une assise stable, des moyens d'action établis.
- sababā
- racine *s-b-b* : la corde, le lien, ce par quoi on relie une chose à une autre et qu'on peut suivre pour l'atteindre — d'où le sens de moyen, de voie d'accès. Cohérence intra-Bloc : ce même mot revient trois fois encore, à l'identique, pour désigner chacun des trois voyages entrepris (*fa-atbaʿa sababan*, S18:85/89/92) — un même terme, d'abord au sens général d'un accès donné à toute chose, puis au sens concret d'un chemin emprunté successivement.
S.18:85–86 · Premier voyage — le lieu où se couche le soleil, un peuple trouvé là
Point de méthode — une perception rapportée, non une affirmation cosmologique. Ce verset ne dit pas que le soleil se couche réellement dans une source ; il rapporte ce que Dhū l-Qarnayn a trouvé (wajadahā), depuis le point extrême de son voyage vers l’occident. Le verbe wajada porte sur une perception constatée à un endroit donné, non sur une affirmation du texte concernant la nature ou la trajectoire réelle du soleil — de la même manière qu’un observateur, au bord d’une mer ou d’une étendue d’eau, voit le soleil paraître s’y enfoncer à l’horizon, sans que le texte n’affirme qu’il en soit ainsi en réalité. Ce Bloc ne lit donc pas ce verset comme une description du mouvement réel du soleil, mais comme le rapport de ce que ce voyageur a constaté au terme de sa route.
- ʿaynin ḥamiʾatin
- racine *ḥ-m-ʾ* : la boue noire, le limon. Crux lexical, variante de lecture classique attestée, sans trancher : à côté de la vocalisation *ḥamiʾah* (bourbeuse), une autre lecture classique attestée porte *ḥāmiyah* (brûlante, racine *ḥ-m-y*) — les deux lectures relevant de la même consonne écrite, vocalisée différemment. Ce Bloc retient la première, la plus répandue dans l'édition de référence utilisée, sans écarter la seconde. Voir l'étude Qirāʾāt · Les récitations sur le statut de ces variantes de lecture transmises.
- qulnā
- Non-dit : ce verset ne précise pas le canal par lequel cette parole fut adressée à Dhū l-Qarnayn (waḥy, ou toute autre modalité) — ce Bloc n'importe aucune précision au-delà de ce que le texte affirme, comme pour la conduite du serviteur de Mūsā (S18:82 : « je ne l'ai pas fait de mon propre chef », sans que le canal exact n'y soit nommé non plus).
- ḥusnā
- racine *ḥ-s-n* (la belle conduite, le bienfait). Dit : le texte pose ici un choix binaire laissé à Dhū l-Qarnayn lui-même envers ce peuple, sans indiquer par avance lequel des deux il retiendra — la suite (S18:87–88) montre qu'il retient en réalité les deux, selon la conduite propre de chacun.
S.18:87–88 · Le choix posé : châtier l’injuste, ou bien traiter le croyant
- nukrā
- même racine *n-k-r* que *shayʾan nukrā* (S18:74, à propos du jeune garçon tué) — cohérence intra-sourate directe, un même terme pour qualifier une chose détestable.
- al-ḥusnā
- voir S10:26.
- yusrā
- racine *y-s-r* : la facilité, l'aisance — opposée à *ʿusr* (la difficulté qui serre), rencontrée en S18:73 (*turhiqnī … ʿusrā*). Cohérence intra-sourate entre les deux pôles de cette même paire lexicale.
S.18:89–91 · Second voyage — le lieu où se lève le soleil, un peuple sans abri
- sitrā
- racine *s-t-r* : ce qui couvre et protège. Emploi purement concret ici, sans portée théologique — le manque d'abri contre le soleil d'un peuple, non une image spirituelle.
- khubrā
- même racine que *Khabīr* (S17:17) et que *khubr* en S18:68 — la science exhaustive et directe d'Allaah, ici appliquée explicitement à Dhū l-Qarnayn et à ce qu'il possédait, non à une créature quelconque de façon générale.
S.18:92–94 · Troisième voyage — entre les deux montagnes ; la demande contre Yaʾjūj et Maʾjūj
- bayna s-saddayni
- racine *s-d-d* : ce qui obstrue, fait barrage — ici au duel, deux montagnes ou reliefs naturels. Non-dit : ce seul verset ne précise ni la localisation géographique de ces « deux montagnes », ni l'identité du peuple rencontré — comme pour *majmaʿ al-baḥrayn* (S18:60), aucune identification extérieure n'est importée.
- lā yakādūna yafqahūna qawlā
- racine *f-q-h* : comprendre en profondeur. Non-dit : la cause de cette difficulté de compréhension (une langue étrangère à celle de Dhū l-Qarnayn, ou toute autre raison) n'est pas précisée par ce seul verset.
- yaʾjūja wa-maʾjūja … mufsidūna fi l-arḍi
- première occurrence de ces deux noms dans cette série d'études. *Mufsidūn*, racine *f-s-d* : voir l'étude Fasād et mufsidūn, qui traite cette racine, étendue ici à ces deux entités.
- kharjan
- racine *kh-r-j* : ce qui sort, ce qu'on fait sortir — ici, un tribut, une contribution matérielle offerte en échange d'un service.
S.18:95–96 · Le refus du tribut — la construction du rempart de fer
- mā makkannī fīhi rabbī khayrun
- même racine *m-k-n* que S18:84 : Dhū l-Qarnayn refuse le tribut en invoquant précisément ce même établissement déjà reçu d'Allaah — cohérence intra-Bloc directe.
- radmā
- racine *r-d-m* : le rempart massif, l'obstruction compacte — distinct de *sadd* (S18:94, la simple barrière demandée par ce peuple) : Dhū l-Qarnayn propose une construction plus robuste que celle qui lui est demandée.
- zubara l-ḥadīdi … aṣ-ṣadafayni … qiṭrā
- *zubar*, racine *z-b-r* : les blocs, les masses compactes. *Ṣadafayn*, duel de *ṣadaf* : les deux flancs, les deux parois des montagnes. *Qiṭr* : le métal en fusion (cuivre ou plomb). Description technique précise du procédé : blocs de fer empilés entre les deux flancs, portés à incandescence par soufflage, puis scellés par une coulée de métal fondu.
S.18:97–98 · Ni franchi ni percé — une raḥma, non un exploit personnel
Point sensible, prudence de lecture, cohérence intra-coranique avec une étude du site. Ce verset lie explicitement l’effondrement futur de ce rempart (dakkāʾ, « nivelé, réduit en poussière ») à la venue d’une « promesse de mon Rabb » (waʿdu rabbī) — et le verset suivant (S18:99) enchaîne directement sur « ce jour-là » (yawmaʾidhin), le soufflement dans la Trompe et le rassemblement de l’humanité entière, sans qu’aucune rupture narrative ne sépare ces deux versets. La lecture traditionnelle la plus répandue situe la sortie de Yaʾjūj et Maʾjūj avant l’Heure, comme un signe parmi d’autres annonçant sa proximité, le rempart demeurant intact jusqu’à ce moment. L’étude L’Heure et ses signes relève cependant, à partir du texte seul, une lecture distincte : la construction grammaticale de ce passage rattache l’effondrement du rempart directement à l’événement eschatologique lui-même (waʿdu rabbī, la même expression que celle employée pour l’accomplissement de la Sāʿa), et non à un intervalle qui le précéderait — lecture appuyée, dans cette même étude, par le rapprochement avec S21:96–97, où Yaʾjūj et Maʾjūj appartiennent à une cité qu’Allaah a déjà détruite (ḥarāmun ʿalā qaryatin ahlaknāhā), l’ouverture de Yaʾjūj et Maʾjūj y étant elle-même immédiatement suivie de « la vraie promesse s’approche ». Ce Bloc ne tranche pas cette question de façon autonome ; il signale la cohérence directe entre ce verset et l’analyse menée dans cette étude, à laquelle il renvoie pour un traitement complet.
- ma-sṭāʿū … ma-staṭāʿū
- Point de grammaire, sans portée théologique. Le même verbe *istaṭāʿa* (pouvoir) apparaît deux fois de suite sous deux formes distinctes : allégée, sans le *tāʾ* médian (*isṭāʿū*), pour l'action de franchir le rempart par-dessus ; pleine (*istaṭāʿū*), pour celle d'y percer un trou. Les grammairiens classiques relèvent cette alternance stylistique sans y attacher de différence de sens ferme.
- raḥmatun min rabbī
- Dit : Dhū l-Qarnayn attribue lui-même la réussite de cette construction à une raḥma venue de son Rabb, non à sa propre compétence ou à sa force — écho direct avec la clôture du récit précédent (S18:82 : « je ne l'ai pas fait de mon propre chef »).
- dakkāʾa
- racine *d-k-k* : aplatir, niveler, réduire une masse compacte en une surface plane. Voir le callout ci-dessus.
Le Jour de la Trompe et le rassemblement · S18:99–106
S.18:99 · Le Jour où ils déferleront les uns dans les autres — la Trompe soufflée
- yamūju
- racine *m-w-j* : l'onde, le déferlement des vagues — image d'un mouvement de foule comparé au déferlement de la mer.
- nufikha fi ṣ-ṣūri
- racine *ṣ-w-r* pour *ṣūr* (la Trompe). Dit : le texte affirme cet événement comme le signal du rassemblement — sans en préciser davantage le mécanisme au-delà de cette description.
- yawmaʾidhin
- voir le callout de méthode ci-dessus (S18:97–98) : ce « jour-là » enchaîne directement sur le verset qui annonce l'effondrement du rempart, sans rupture narrative marquée dans le texte.
S.18:100–101 · Jahannam présentée aux kāfirūn — les yeux dans un voile loin de Mon dhikr
- ghiṭāʾin
- racine *gh-ṭ-w/y* : ce qui recouvre, enveloppe entièrement. À distinguer des autres images d'obstacles à la perception ou à la compréhension (*ghishāwa*, S2:7 ; *akinna*/*waqr*, S6:25, S17:46, S18:57) — ce Bloc ne fusionne pas ces images voisines mais distinctes.
- lā yastaṭīʿūna samʿā
- Dit : le texte ne dit pas qu'ils étaient sourds au sens physique, mais qu'ils ne pouvaient — ou ne pouvaient plus — supporter d'entendre le dhikr : une incapacité rapportée à leur disposition intérieure, non à une défaillance de l'ouïe elle-même.
S.18:102 · La question rhétorique — prendre Mes ʿibād comme awliyāʾ en dehors de Moi
- nuzulā
- racine *n-z-l* (voir S3:198 : « *khālidīna fīhā nuzulan min ʿindi llāh* », l'accueil préparé aux croyants). Point de style : ce même mot, qui désigne un accueil hospitalier offert à un hôte, est ici employé de façon inversée et rétributive pour Jahannam préparée aux kāfirūn — avant de reparaître en son sens propre pour les croyants (S18:107), refermant ainsi symétriquement l'usage de ce terme sur les deux issues opposées.
S.18:103–104 · Les plus grands perdants en œuvres — l’illusion de bien agir
- saʿyuhum
- racine *s-ʿ-y* : l'effort, la démarche entreprise vers un but.
- yaḥsabūna annahum yuḥsinūna ṣunʿā
- Non-dit : ce seul verset ne nomme aucun groupe précis — ni une secte, ni une religion identifiée. Ce Bloc n'importe aucune identification extérieure. Dit : le texte pose un cas de sincérité subjective totale (« ils estiment ») conjointe à un égarement objectif de l'effort — une discordance entre l'intention perçue et le résultat réel, sans que ce seul verset n'en détaille la cause.
S.18:105 · Nulle pesée pour qui a nié les āyāt et la Rencontre
- liqāʾihi
- même racine *l-q-y* que *liqāʾu llāh* (S6:31) : la « Rencontre » porte sur la réalité effective et inéluctable de la reddition de comptes, non sur une donnée visuelle ou spatiale.
- waznā
- racine *w-z-n* (voir *al-wazn yawmaʾidhin al-ḥaqq*, S7:8–9 ; *al-mīzān*, S11:84–85) : le thème de la pesée des œuvres au jour du jugement.
- ḥabiṭat aʿmāluhum
- voir S2:217, S3:22 ; S7:147, à propos de ce même couple *āyāt*/*liqāʾ al-ākhira*.
S.18:106 · Leur rétribution — Mes āyāt et Mes rusul pris en dérision
- huzuwā
- voir S2:14–16 et S18:56.
Clôture de la sourate — les jardins du Firdaws, les Paroles du Rabb, le rejet du shirk · S18:107–110
S.18:107–108 · Les jardins du Firdaws — une demeure sans changement voulu
- jannātu l-firdawsi
- *Firdaws*, terme sans dérivation triconsonantiale arabe classique clairement établie ; les lexicographes anciens le rapportent comme un nom emprunté désignant un jardin d'une abondance particulière. Conservé en translittération.
- nuzulā
- même terme que S18:102 — voir la note à cet endroit : ici en son sens propre, l'accueil hospitalier promis aux croyants, refermant symétriquement l'usage inversé qui en était fait pour les kāfirūn.
- ḥiwalā
- racine *ḥ-w-l* : le changement, le déplacement d'un état à un autre.
S.18:109 · La mer épuisée avant les Paroles de mon Rabb
- kalimāti rabbī
- même racine *k-l-m* que *kalimātu llāh* (*lā mubaddila li-kalimātihi*, S6:115, S18:27 ; *kalimatu llāhi hiya l-ʿulyā*, S9:40, où l'adjectif « l'emporte » qualifie grammaticalement la parole, non Allaah Lui-même). Dit : l'image de ce verset — une mer entière épuisée avant que les Paroles du Rabb ne le soient — porte précisément sur le caractère non spatial et non quantifiable de ce terme : les Kalimāt ne se comptent ni ne se mesurent selon une étendue physique, aussi vaste soit-elle.
- midādan … madadā
- même racine *m-d-d* pour les deux mots : *midād*, l'encre (ce qui sert à écrire) ; *madad*, le renfort, l'apport supplémentaire.
S.18:110 · Clôture — « je suis un être humain comme vous » ; nul associé dans le culte de son Rabb
Clôture de la sourate — écho direct avec S18:26 (Bloc I). Ce dernier verset referme la Sourate 18 sur la même exigence d’exclusivité posée à son ouverture : « Il n’associe personne à Son jugement (ḥukm) » (wa-lā yushriku fī ḥukmihi aḥadā, S18:26) trouve ici son exact pendant — « qu’il n’associe personne dans le culte (ʿibāda) de son Rabb » (wa-lā yushrik bi-ʿibādati rabbihi aḥadā) — un même refus d’association (sh-r-k), étendu du domaine du décret et du jugement à celui, ici, de l’adoration elle-même. La déclaration « je ne suis qu’un être humain (bashar) comme vous » rejoint par ailleurs, dans son principe, S17:93 (la réponse du nabī aux demandes de miracles : « subḥāna rabbī hal kuntu illā basharan rasūlā ») et S17:94 (le reproche que lui adressent les dénégateurs : « a-baʿatha llāhu basharan rasūlā ») — le seul élément qui distingue le nabī des autres humains, dans ces trois occurrences, est la révélation (waḥy) qu’il reçoit, non un statut d’une autre nature.
- innamā anā basharun mithlukum … yūḥā ilayya
- voir le callout ci-dessus. Dit : le texte ne relativise en rien l'autorité du message reçu — il précise seulement la nature de celui qui le reçoit, un être humain, non un être d'une autre nature.
- ilāhun wāḥidun
- voir S4:171 et S14:52 (la clôture de la Sourate 14 sur ce même énoncé).
- liqāʾa rabbihi
- même racine et même vigilance qu'en S18:105 et S6:31.
- lā yushrik bi-ʿibādati rabbihi aḥadā
- voir le callout ci-dessus, et l'étude Le Shirk, qui traite cette racine. *ʿIbāda*, racine *ʿ-b-d* : le service rendu, le culte. Dit : la sourate se referme sur une exigence pratique et non seulement doctrinale — non un simple énoncé de l'unicité, mais l'exclusivité qu'elle commande dans l'acte même du culte.