Structure du Bloc III. Quatre ensembles. D’abord le vœu de Mūsā de marcher jusqu’au confluent des deux mers, la perte du poisson oubliée durant la halte au rocher, et la rencontre d’un serviteur à qui Allaah avait donné une raḥma et une science reçue directement de Lui (S18:60–65). Puis la demande de Mūsā de le suivre, la mise en garde sur l’impossibilité de garder patience devant ce qu’on n’embrasse pas par une connaissance directe, et la condition posée : ne rien demander avant que l’explication ne vienne d’elle-même (S18:66–70). Puis les trois actes énigmatiques du serviteur — le bateau percé, le jeune garçon tué, le mur redressé sans salaire — chacun suivi de l’objection de Mūsā, jusqu’à la séparation annoncée avant que ne soit donné le taʾwīl de ce qu’il n’a pu supporter (S18:71–78). Enfin ce taʾwīl lui-même : la raison de chacun des trois actes, exposée l’une après l’autre, et la clôture sur la déclaration du serviteur — il n’a agi d’aucun de ces actes de son propre chef (S18:79–82).

Point de méthode — l’identité du serviteur n’est pas donnée par le texte. Ce récit est universellement connu, dans la tradition, sous le nom d’« al-Khiḍr ». Ce nom n’apparaît nulle part dans le Coran. Le texte dit seulement ʿabdan min ʿibādinā — « un serviteur parmi Nos serviteurs » (S18:65) — sans jamais le nommer, à aucun moment du récit, y compris dans sa propre bouche. Comme pour chaque identité que le texte ne donne pas (S17:1, l’identité du ʿabd de l’isrāʾ ; S18:9, ar-Raqīm ; S18:22, le nombre des Compagnons de la Caverne), ce Bloc ne reprend à aucun moment le nom « al-Khiḍr » et parle du « serviteur » ou du « compagnon », strictement sur la base de ce que le texte nomme. De même, le jeune serviteur de Mūsā (fatāhu, S18:60) n’est pas davantage nommé par ce seul texte.

Sommaire du bloc

Réf. Titre thématique
S.18:60 Le vœu de Mūsā — marcher jusqu’au confluent des deux mers
S.18:61 Le poisson oublié, qui se fraie un passage dans la mer
S.18:62 La fatigue du voyage, la demande du repas
S.18:63 Le souvenir du rocher — seul le Shayṭān a fait oublier
S.18:64 « Voilà ce que nous cherchions » — retour sur leurs pas
S.18:65 Le serviteur à qui fut donnée une raḥma et une science reçue directement
S.18:66 La demande de Mūsā : le suivre pour apprendre un juste discernement
S.18:67–68 « Tu ne pourras pas garder patience avec moi »
S.18:69 « Tu me trouveras patient, si Allaah le veut »
S.18:70 La condition posée : ne rien demander avant que l’explication ne vienne
S.18:71 Le bateau percé — « une chose grave »
S.18:72 Premier rappel : « Ne t’avais-je pas dit… »
S.18:73 « Ne me tiens pas rigueur de mon oubli »
S.18:74 Le jeune garçon tué — « une âme pure, qui n’a tué personne »
S.18:75 Second rappel, identique au premier
S.18:76 La clause ultime — la dernière question avant la séparation
S.18:77 Le mur redressé sans salaire, dans la cité inhospitalière
S.18:78 La séparation annoncée — « je t’annoncerai l’aboutissement »
S.18:79 Taʾwīl I — le bateau rendu défectueux pour échapper au roi accapareur
S.18:80–81 Taʾwīl II — le garçon, la crainte pour ses parents, l’échange voulu
S.18:82 Taʾwīl III — le mur, le trésor des deux orphelins, la clôture

Le vœu de Mūsā, la perte du poisson, la rencontre du serviteur · S18:60–65

S.18:60 · Le vœu de Mūsā — marcher jusqu’au confluent des deux mers

S.18:60
وَإِذْ قَالَ مُوسَىٰ لِفَتَاهُ لَا أَبْرَحُ حَتَّىٰ أَبْلُغَ مَجْمَعَ الْبَحْرَيْنِ أَوْ أَمْضِيَ حُقُبًا
Wa-idh qāla mūsā li-fatāhu lā abraḥu ḥattā ablugha majmaʿa l-baḥrayni aw amḍiya ḥuqubā Et [rappelle] quand Mūsā dit à son jeune serviteur (fatā) : « Je ne cesserai [de marcher] (lā abraḥu) avant d’atteindre le confluent des deux mers (majmaʿ al-baḥrayn), ou de poursuivre ma route (amḍiya) durant de longues années (ḥuqub). »
Notes lexicales
fatāhu
racine *f-t-y* : le jeune homme, celui qui sert et accompagne. Non-dit : ce seul verset ne nomme pas ce jeune serviteur — aucun nom n'est importé.
lā abraḥu
racine *b-r-ḥ* : quitter, s'éloigner. La négation de ce verbe forme une locution figée d'insistance (« je ne cesse pas de… », « je ne renonce pas avant que… »).
majmaʿa l-baḥrayn
racine *j-m-ʿ* (rassembler) : le lieu où se rassemblent, se rejoignent les deux mers. Non-dit : ce seul verset ne précise ni la nature ni la localisation exacte de ces « deux mers » — aucune identification géographique n'est importée d'une tradition extérieure au texte, comme pour l'identité du Masjid al-Aqṣā (S17:1).
ḥuqubā
racine *ḥ-q-b* : une longue période de temps. Crux lexical, sans trancher : Ibn Manẓūr rapporte plusieurs évaluations lexicographiques anciennes de la durée exacte d'un *ḥuqub* (parmi lesquelles quatre-vingts ans est la plus citée), sans qu'aucune ne relève d'une définition fixée par le texte lui-même — ce Bloc retient le sens générique d'une durée très longue et indéterminée.

S.18:61 · Le poisson oublié, qui se fraie un passage dans la mer

S.18:61
فَلَمَّا بَلَغَا مَجْمَعَ بَيْنِهِمَا نَسِيَا حُوتَهُمَا فَاتَّخَذَ سَبِيلَهُ فِي الْبَحْرِ سَرَبًا
Fa-lammā balaghā majmaʿa baynihimā nasiyā ḥūtahumā fa-ttakhadha sabīlahu fi l-baḥri sarabā Puis, lorsqu’ils eurent atteint le confluent entre les deux (mers), ils oublièrent leur poisson (ḥūt), qui prit son propre chemin dans la mer comme un passage (sarab).
Notes lexicales
ḥūtahumā
racine *ḥ-w-t* : le poisson, pris ici comme provision de voyage.
sarabā
racine *s-r-b* : le passage, la voie frayée, le conduit — d'où *sarab*, un chemin souterrain ou aquatique qui reste ouvert. Dit : le texte affirme que le poisson prit un chemin propre dans la mer, décrit comme un passage. Non-dit : la nature exacte de cet événement (le poisson redevenu vivant, ou tout autre mécanisme) n'est pas précisée par ce seul mot ; ce Bloc n'importe aucune explication supplémentaire.

S.18:62 · La fatigue du voyage, la demande du repas

S.18:62
فَلَمَّا جَاوَزَا قَالَ لِفَتَاهُ آتِنَا غَدَاءَنَا لَقَدْ لَقِينَا مِنْ سَفَرِنَا هَٰذَا نَصَبًا
Fa-lammā jāwazā qāla li-fatāhu ātinā ghadāʾanā la-qad laqīnā min safarinā hādhā naṣabā Puis, lorsqu’ils eurent dépassé (ce lieu), il dit à son jeune serviteur : « Apporte-nous notre repas (ghadāʾ) ; nous avons certes rencontré, dans ce voyage-ci, une grande fatigue (naṣab). »
Notes lexicales
ghadāʾanā
racine *gh-d-w* : le repas pris tôt dans la journée. Même racine que *bi-l-ghadāti* (S18:28), employé au sens temporel du matin — ici au sens concret du repas propre à ce moment.
naṣabā
racine *n-ṣ-b* : la fatigue, la peine physique de l'effort.

S.18:63 · Le souvenir du rocher — seul le Shayṭān a fait oublier

S.18:63
قَالَ أَرَأَيْتَ إِذْ أَوَيْنَا إِلَى الصَّخْرَةِ فَإِنِّي نَسِيتُ الْحُوتَ وَمَا أَنْسَانِيهُ إِلَّا الشَّيْطَانُ أَنْ أَذْكُرَهُ ۚ وَاتَّخَذَ سَبِيلَهُ فِي الْبَحْرِ عَجَبًا
Qāla a-raʾayta idh awaynā ila ṣ-ṣakhrati fa-innī nasītu l-ḥūta wa-mā ansānīhu illā sh-shayṭānu an adhkurahu wa-ttakhadha sabīlahu fi l-baḥri ʿajabā Il dit : « As-tu vu ? Quand nous nous sommes réfugiés (awaynā) près du rocher (ṣakhra), j’ai oublié le poisson — et seul le Shayṭān m’a fait oublier de le mentionner (an adhkurahu) — il a pris son propre chemin dans la mer, chose étonnante (ʿajab). »
Notes lexicales
aṣ-ṣakhrati
racine *ṣ-kh-r* : le rocher, la roche massive.
ash-shayṭānu
voir le récit d'Iblīs, S7:11–18, S15:26–44, S18:50. Dit : le texte impute cet oubli précis au Shayṭān — non à une négligence ordinaire.
ʿajabā
même racine *ʿ-j-b* que dans plusieurs occurrences (l'étonnement). Note de style : le verset répète presque mot pour mot la fin du verset précédent (*wa-ttakhadha sabīlahu fi l-baḥri*), en substituant le simple constat objectif (*sarab*, un passage, S18:61) par l'expression du souvenir étonné de Mūsā (*ʿajab*, une chose étonnante) — un même fait, rapporté deux fois sous deux éclairages distincts.

S.18:64 · « Voilà ce que nous cherchions » — retour sur leurs pas

S.18:64
قَالَ ذَٰلِكَ مَا كُنَّا نَبْغِ ۚ فَارْتَدَّا عَلَىٰ آثَارِهِمَا قَصَصًا
Qāla dhālika mā kunnā nabghi fa-rtaddā ʿalā āthārihimā qaṣaṣā Il dit : « Voilà ce que nous cherchions (nabghi) ! » — et ils rebroussèrent chemin sur leurs propres traces (āthārihimā), en revenant pas à pas (qaṣaṣ).
Notes lexicales
nabghi
racine *b-gh-y* : chercher, désirer atteindre.
qaṣaṣā
racine *q-ṣ-ṣ* : suivre une trace pas à pas, au sens le plus concret ici — le point de départ d'un sens dérivé bien distinct, *qaṣaṣ* (le récit qui rapporte les faits point par point : *naḥnu naquṣṣu ʿalayka*, S12:3). Ce Bloc ne fusionne pas les deux emplois : ici, un déplacement physique sur des empreintes réelles.

S.18:65 · Le serviteur à qui fut donnée une raḥma et une science reçue directement

S.18:65
فَوَجَدَا عَبْدًا مِنْ عِبَادِنَا آتَيْنَاهُ رَحْمَةً مِنْ عِنْدِنَا وَعَلَّمْنَاهُ مِنْ لَدُنَّا عِلْمًا
Fa-wajadā ʿabdan min ʿibādinā ātaynāhu raḥmatan min ʿindinā wa-ʿallamnāhu min ladunnā ʿilmā Ils trouvèrent alors un serviteur (ʿabd) parmi Nos serviteurs, à qui Nous avions donné une raḥma venue de Nous (min ʿindinā), et à qui Nous avions enseigné, directement de Nous (min ladunnā), une science (ʿilm).
Notes lexicales
ʿabdan min ʿibādinā
voir l'étude Al-ʿIlm — La saisie certaine du réel, qui traite ce verset et affirme explicitement, en note de méthode : le texte ne donne aucun nom à ce serviteur, et le nom « al-Khiḍr » n'appartient qu'à la tradition, non au Coran.
min ladunnā ʿilmā
racine *l-d-n* : la présence immédiate, la proximité directe. Même construction que *min ladunka raḥmatan* (S3:8) ; voir aussi l'étude Al-ʿIlm : *min ladunnā* désigne une transmission de savoir qui court-circuite tout intermédiaire humain — le serviteur n'a pas appris par étude, il a reçu directement. Dit : le texte affirme cette provenance immédiate. Non-dit : le mécanisme précis de cette transmission (waḥy, ilhām, ou toute autre modalité) n'est pas nommé par ce seul verset ; ce Bloc n'importe aucune précision au-delà de ce que le texte affirme.

Le pacte de patience et l’interdiction de questionner · S18:66–70

S.18:66 · La demande de Mūsā : le suivre pour apprendre un juste discernement

S.18:66
قَالَ لَهُ مُوسَىٰ هَلْ أَتَّبِعُكَ عَلَىٰ أَنْ تُعَلِّمَنِ مِمَّا عُلِّمْتَ رُشْدًا
Qāla lahu mūsā hal attabiʿuka ʿalā an tuʿallimani mimmā ʿullimta rushdā Mūsā lui dit : « Puis-je te suivre, à condition que tu m’enseignes, de ce qui t’a été enseigné, un juste discernement (rushd) ? »
Notes lexicales
rushdā
racine *r-sh-d* : le discernement droit, la maturité de jugement qui conduit vers la voie juste — distincte du seul *bulūgh* (la maturité biologique) : voir l'étude Le Yatīm (S4:6 : la restitution des biens de l'orphelin est conditionnée à la perception, en lui, de ce *rushd*, distinct de la simple puberté).

S.18:67–68 · « Tu ne pourras pas garder patience avec moi »

S.18:67–68
قَالَ إِنَّكَ لَنْ تَسْتَطِيعَ مَعِيَ صَبْرًا وَكَيْفَ تَصْبِرُ عَلَىٰ مَا لَمْ تُحِطْ بِهِ خُبْرًا
Qāla innaka lan tastaṭīʿa maʿiya ṣabrā — wa-kayfa taṣbiru ʿalā mā lam tuḥiṭ bihi khubrā Il dit : « Tu ne pourras pas, avec moi, garder patience (ṣabr). Et comment endurerais-tu (taṣbiru) ce que tu n’embrasses pas par une connaissance directe (khubr) ? »
Notes lexicales
ṣabrā
racine *ṣ-b-r* : l'endurance, la constance qui retient devant l'épreuve. Ce mot revient sept fois dans ce seul récit (S18:67, 68, 69, 72, 75, 78, 82) — l'épreuve même que Mūsā a acceptée, et qu'il échoue à tenir jusqu'au bout par trois fois.
khubrā
racine *kh-b-r* : la connaissance acquise par expérience directe et par observation avertie — distincte du seul *ʿilm* (le savoir en général). Même racine que *Khabīr* (S17:17 : « Khabīr, Baṣīr » — une pleine information sur tout). Dit : le texte affirme que Mūsā ne possède pas ce type de connaissance expérientielle des actes à venir — sans porter aucun jugement sur son *ʿilm* en tant que nabī.

S.18:69 · « Tu me trouveras patient, si Allaah le veut »

S.18:69
قَالَ سَتَجِدُنِي إِنْ شَاءَ اللَّهُ صَابِرًا وَلَا أَعْصِي لَكَ أَمْرًا
Qāla sa-tajidunī in shāʾa llāhu ṣābiran wa-lā aʿṣī laka amrā Il dit : « Tu me trouveras, si Allaah le veut (in shāʾa llāh), patient, et je ne désobéirai à aucun de tes ordres (amr). »
Notes lexicales
in shāʾa llāhu
formule de la famille des versets sur le vouloir d'Allaah (*mashīʾa*/*qadar*), dont le rapport exact avec l'action humaine n'est pas tranché ici (voir S18:23–24, où cette même formule est prescrite comme la parole que tout engagement futur devrait porter). Dit : Mūsā applique ici, sans qu'on le lui demande, le principe de langage prescrit en S18:23–24.

S.18:70 · La condition posée : ne rien demander avant que l’explication ne vienne

S.18:70
قَالَ فَإِنِ اتَّبَعْتَنِي فَلَا تَسْأَلْنِي عَنْ شَيْءٍ حَتَّىٰ أُحْدِثَ لَكَ مِنْهُ ذِكْرًا
Qāla fa-ini ttabaʿtanī fa-lā tasʾalnī ʿan shayʾin ḥattā uḥditha laka minhu dhikrā Il dit : « Si donc tu me suis, ne m’interroge sur rien, jusqu’à ce que moi-même je t’en fasse mention (uḥditha laka minhu dhikrā). »
Notes lexicales
uḥditha laka minhu dhikrā
Dit : la condition posée n'est pas un silence définitif, mais un ordre d'exposition — l'explication viendra, mais seulement de l'initiative du serviteur lui-même, jamais sur demande anticipée.

Les trois actes énigmatiques et les objections de Mūsā · S18:71–78

S.18:71 · Le bateau percé — « une chose grave »

S.18:71
فَانْطَلَقَا حَتَّىٰ إِذَا رَكِبَا فِي السَّفِينَةِ خَرَقَهَا ۖ قَالَ أَخَرَقْتَهَا لِتُغْرِقَ أَهْلَهَا لَقَدْ جِئْتَ شَيْئًا إِمْرًا
Fa-nṭalaqā ḥattā idhā rakibā fi s-safīnati kharaqahā qāla a-kharaqtahā li-tughriqa ahlahā la-qad jiʾta shayʾan imrā Ils partirent tous deux ; puis, lorsqu’ils furent montés sur le bateau (safīna), il y fit un trou (kharaqahā). [Mūsā] dit : « L’as-tu percé pour noyer (li-tughriqa) ses occupants ? Tu as fait là une chose grave (imr). »
Notes lexicales
as-safīnati
racine *s-f-n* : le bateau.
imrā
racine *ʾ-m-r* : Ibn Manẓūr y range *al-imr* — une chose grave, extraordinaire, qui pousse à un profond étonnement. Point de style, sans portée théologique : cette même racine reviendra, sous une autre vocalisation et un tout autre sens (*amr*, l'ordre ou l'affaire), à la toute fin de ce récit (S18:82 : *ʿan amrī*, « de mon propre chef ») — une même racine consonantique qui qualifie d'abord, aux yeux de Mūsā, la gravité apparente de l'acte, puis, dans la bouche du serviteur, l'absence de tout ordre personnel derrière lui.

S.18:72 · Premier rappel : « Ne t’avais-je pas dit… »

S.18:72
قَالَ أَلَمْ أَقُلْ إِنَّكَ لَنْ تَسْتَطِيعَ مَعِيَ صَبْرًا
Qāla a-lam aqul innaka lan tastaṭīʿa maʿiya ṣabrā Il dit : « Ne t’avais-je pas dit que tu ne pourrais pas, avec moi, garder patience ? »

S.18:73 · « Ne me tiens pas rigueur de mon oubli »

S.18:73
قَالَ لَا تُؤَاخِذْنِي بِمَا نَسِيتُ وَلَا تُرْهِقْنِي مِنْ أَمْرِي عُسْرًا
Qāla lā tuʾākhidhnī bi-mā nasītu wa-lā turhiqnī min amrī ʿusrā [Mūsā] dit : « Ne me tiens pas rigueur (lā tuʾākhidhnī) de ce que j’ai oublié, et ne m’accable pas (lā turhiqnī), dans mon affaire (amrī), d’une difficulté excessive (ʿusr). »
Notes lexicales
turhiqnī
racine *r-h-q* : accabler, imposer une charge qui dépasse la mesure. Cohérence intra-Bloc : la même racine reviendra, appliquée cette fois à une crainte formulée pour les parents d'un enfant (*yurhiqahumā*, S18:80), reliant les deux emplois par un même motif — l'excès qui écrase.
ʿusrā
racine *ʿ-s-r* : la difficulté, l'entrave qui serre.

S.18:74 · Le jeune garçon tué — « une âme pure, qui n’a tué personne »

Point sensible, prudence de lecture. Ce verset rapporte, sans détour, la mise à mort d’un enfant (ghulām) par le serviteur, et l’objection immédiate de Mūsā, qui qualifie l’acte par les mêmes termes que ceux d’une règle posée ailleurs dans le Coran : bi-ghayri nafsin — « sans qu’elle ait tué personne » — reprend, presque mot pour mot, la clause d’exception de S5:32 (« quiconque tue une âme, sans meurtre commis par elle ou fasād fī l-arḍ, c’est comme s’il avait tué l’humanité entière »). Dit : le texte pose ici une tension explicite — un acte qui, mesuré à l’aune de la règle générale posée ailleurs, est un meurtre d’innocent. Non-dit : ce seul verset ne résout pas cette tension ; elle n’est levée, dans la suite immédiate du récit (S18:80–81), que par une explication rétrospective, énoncée comme crainte (khashīnā) plutôt que comme fait accompli. Ce Bloc n’ajoute aucune élaboration au-delà de ce que le texte affirme lui-même à cet endroit précis, et signale que l’articulation exacte entre cet acte et le principe de S5:32 reste une question de premier plan, qui demande une lecture attentive.

S.18:74
فَانْطَلَقَا حَتَّىٰ إِذَا لَقِيَا غُلَامًا فَقَتَلَهُ قَالَ أَقَتَلْتَ نَفْسًا زَكِيَّةً بِغَيْرِ نَفْسٍ لَقَدْ جِئْتَ شَيْئًا نُكْرًا
Fa-nṭalaqā ḥattā idhā laqiyā ghulāman fa-qatalahu qāla a-qatalta nafsan zakiyyatan bi-ghayri nafsin la-qad jiʾta shayʾan nukrā Ils repartirent ; puis, lorsqu’ils rencontrèrent un jeune garçon (ghulām), il le tua. [Mūsā] dit : « As-tu tué une âme pure (nafsan zakiyya), qui n’a tué personne (bi-ghayri nafs) ? Tu as fait là une chose détestable (nukr). »
Notes lexicales
bi-ghayri nafsin
précédent exact, presque mot pour mot : S5:32, « *man qatala nafsan bi-ghayri nafsin aw fasādin fī l-arḍ* » (voir l'étude Fasād et mufsidūn). Voir le callout ci-dessus.
zakiyyatan
racine *z-k-w* : la pureté et la croissance non viciée — même racine que *zakāt*. Ibn Manẓūr : appliqué à une *nafs*, ce terme désigne une âme qui n'a pas encore contracté de faute, au sens le plus concret d'un enfant qui n'est pas encore entré dans l'âge de la responsabilité. Cohérence intra-Bloc : la même racine reviendra à la toute fin de l'explication (*zakātan*, S18:81), appliquée cette fois à l'enfant de remplacement — un même mot pour la victime et pour ce qui doit la remplacer.
nukrā
racine *n-k-r*, même famille que *al-munkar* (le blâmable, avec le couple *al-maʿrūf wa-l-munkar*). *Nukr* désigne ici ce qui heurte d'emblée par son étrangeté et son caractère inadmissible — un degré de gravité perçu par Mūsā comme supérieur à *imr* (S18:71), qui qualifiait le premier acte.

S.18:75 · Second rappel, identique au premier

S.18:75
۞ قَالَ أَلَمْ أَقُلْ لَكَ إِنَّكَ لَنْ تَسْتَطِيعَ مَعِيَ صَبْرًا
Qāla a-lam aqul laka innaka lan tastaṭīʿa maʿiya ṣabrā Il dit : « Ne t’avais-je pas dit que tu ne pourrais pas, avec moi, garder patience ? »

S.18:76 · La clause ultime — la dernière question avant la séparation

S.18:76
قَالَ إِنْ سَأَلْتُكَ عَنْ شَيْءٍ بَعْدَهَا فَلَا تُصَاحِبْنِي ۖ قَدْ بَلَغْتَ مِنْ لَدُنِّي عُذْرًا
Qāla in saʾaltuka ʿan shayʾin baʿdahā fa-lā tuṣāḥibnī qad balaghta min ladunnī ʿudhrā [Mūsā] dit : « Si je t’interroge encore sur quoi que ce soit après cela, ne m’accompagne plus ; tu auras alors atteint, de ma part (min ladunnī), une excuse (ʿudhr). »
Notes lexicales
min ladunnī
Point de méthode. Même construction (*min ladun-*) que *min ladunnā* appliquée à Allaah pour la science donnée au serviteur (S18:65). Ici, l'expression est purement humaine et ordinaire : « de ma part », « de mon propre fait » — Mūsā offrant lui-même à son compagnon une excuse légitime de rompre l'accompagnement. Ce Bloc ne fusionne pas les deux emplois : la locution grammaticale est la même, mais l'un désigne une transmission de savoir sans intermédiaire venue d'Allaah, l'autre un simple constat humain entre deux personnes.
ʿudhrā
racine *ʿ-dh-r* : l'excuse, la justification reconnue comme légitime.

S.18:77 · Le mur redressé sans salaire, dans la cité inhospitalière

S.18:77
فَانْطَلَقَا حَتَّىٰ إِذَا أَتَيَا أَهْلَ قَرْيَةٍ اسْتَطْعَمَا أَهْلَهَا فَأَبَوْا أَنْ يُضَيِّفُوهُمَا فَوَجَدَا فِيهَا جِدَارًا يُرِيدُ أَنْ يَنْقَضَّ فَأَقَامَهُ ۖ قَالَ لَوْ شِئْتَ لَاتَّخَذْتَ عَلَيْهِ أَجْرًا
Fa-nṭalaqā ḥattā idhā atayā ahla qaryatin istaṭʿamā ahlahā fa-abaw an yuḍayyifūhumā fa-wajadā fīhā jidāran yurīdu an yanqaḍḍa fa-aqāmahu qāla law shiʾta la-ttakhadhta ʿalayhi ajrā Ils repartirent tous deux ; puis, lorsqu’ils arrivèrent auprès des gens d’une cité (qarya), ils leur demandèrent de la nourriture (istaṭʿamā), mais ceux-ci refusèrent de les recevoir en hôtes (an yuḍayyifūhumā). Ils y trouvèrent un mur (jidār) qui menaçait de s’effondrer (yurīdu an yanqaḍḍa), et il le redressa (aqāmahu). [Mūsā] dit : « Si tu l’avais voulu, tu aurais pu prendre pour cela un salaire (ajr). »
Notes lexicales
istaṭʿamā
racine *ṭ-ʿ-m* (la nourriture), à la forme demandée : solliciter à manger.
jidāran yurīdu an yanqaḍḍa
Point de méthode, sans portée théologique. Le verbe *yurīdu* (vouloir) est ici attribué, par une figure de style courante en arabe classique, à un mur inanimé sur le point de s'effondrer — un usage purement figuré (comparable au français « ce mur menace de s'écrouler »), qui ne prête au mur aucune volonté réelle. Cette occurrence est signalée pour la distinguer de l'emploi du même verbe lorsqu'Allaah en est le sujet, où il désigne une volonté véritable, jamais une simple figure.
ajrā
racine *ʾ-j-r* : le salaire, la rétribution d'un service rendu (voir *lā asʾalukum ʿalayhi ajran*, S6:90, à propos du nabī lui-même) ; ici au sens le plus concret et matériel.

S.18:78 · La séparation annoncée — « je t’annoncerai l’aboutissement »

S.18:78
قَالَ هَٰذَا فِرَاقُ بَيْنِي وَبَيْنِكَ ۚ سَأُنَبِّئُكَ بِتَأْوِيلِ مَا لَمْ تَسْتَطِعْ عَلَيْهِ صَبْرًا
Qāla hādhā firāqu baynī wa-baynika sa-unabbiʾuka bi-taʾwīli mā lam tastaṭiʿ ʿalayhi ṣabrā Il dit : « Ceci est la séparation (firāq) entre moi et toi. Je vais t’annoncer l’aboutissement (taʾwīl) de ce que tu n’as pu supporter avec patience. »
Notes lexicales
firāqā
racine *f-r-q* : la séparation, la rupture d'une compagnie.
taʾwīli
racine *ʾ-w-l*. Voir l'étude Muḥkam et Mutashābih, qui traite ce verset : dans l'usage constant du Coran, le *taʾwīl* désigne l'aboutissement effectif d'une chose — l'événement qui « vient » et accomplit ce qui restait énigmatique — non un commentaire savant du texte. Ici, ce sens s'applique très concrètement : ce que Mūsā va recevoir n'est pas une exégèse des trois actes, mais l'exposé de leur raison d'être et de leur finalité réelle.

Le tawʾīl des trois actes · S18:79–82

Point de méthode — trois sujets grammaticaux distincts pour un même verbe. Le verbe arāda (vouloir) revient trois fois dans cette explication, avec un sujet grammatical différent à chaque acte : à la première personne du singulier pour le bateau (fa-aradtu, S18:79 — « moi, j’ai voulu »), à la première personne du pluriel pour le garçon (fa-aradnā, S18:81 — « Nous avons voulu »), et attribué explicitement au Rabb de Mūsā pour le mur (fa-arāda rabbuka, S18:82 — « ton Rabb a voulu »). Dit : le texte marque ainsi, dans sa propre grammaire, une gradation — un acte que le serviteur rapporte d’abord à sa seule initiative, un second qu’il rapporte à un « Nous » qui peut être lu comme le pluriel de majesté d’Allaah ou comme associant le serviteur à Allaah, un troisième qu’il attribue sans ambiguïté à Allaah Lui-même. Non-dit : ce que ce « Nous » recouvre exactement au verset 81 n’est pas précisé davantage par ce seul texte. La clôture du récit (S18:82 : « je ne l’ai pas fait de mon propre chef ») ramène cependant l’ensemble des trois actes à une seule et même origine — une conduite qui échappe à la seule volonté du serviteur — sans que le texte ne nomme le canal exact de cette conduite (ni waḥy, ni aucun autre terme technique de la révélation n’est employé ici). Ce Bloc n’importe aucune doctrine sur la nature de ce savoir ou sur un statut particulier du serviteur au-delà de ce que ces versets affirment eux-mêmes.

S.18:79 · Taʾwīl I — le bateau rendu défectueux pour échapper au roi accapareur

S.18:79
أَمَّا السَّفِينَةُ فَكَانَتْ لِمَسَاكِينَ يَعْمَلُونَ فِي الْبَحْرِ فَأَرَدْتُ أَنْ أَعِيبَهَا وَكَانَ وَرَاءَهُمْ مَلِكٌ يَأْخُذُ كُلَّ سَفِينَةٍ غَصْبًا
Ammā s-safīnatu fa-kānat li-masākīna yaʿmalūna fi l-baḥri fa-aradtu an aʿībahā wa-kāna warāʾahum malikun yaʾkhudhu kulla safīnatin ghaṣbā « Quant au bateau, il appartenait à des gens démunis (masākīn) qui travaillaient en mer ; j’ai voulu (aradtu) le rendre défectueux (an aʿībahā), car il y avait, au-devant d’eux (warāʾahum), un roi (malik) qui s’emparait de tout bateau [en bon état] par la force (ghaṣb). »
Notes lexicales
masākīna
racine *s-k-n* (le *miskīn*, voir S2:177, S4:36, S8:41 : celui que le dénuement immobilise). Dit : le texte motive le premier acte par le souci de préserver le seul bien de gens démunis.
warāʾahum
racine *w-r-ʾ* : ce qui se trouve derrière, ou — par un sens directionnel inversé attesté chez les lexicographes classiques pour cette racine — ce qui vient au-devant, dans le chemin à venir. Le contexte (un roi qui s'empare des bateaux) impose ici le second sens : ce roi guettait sur la route que ces gens allaient encore parcourir, non dans leur dos.
ghaṣbā
racine *gh-ṣ-b* : s'emparer d'un bien par la force, sans aucun droit.

S.18:80–81 · Taʾwīl II — le garçon, la crainte pour ses parents, l’échange voulu

Point de méthode — « khashīnā ». Le verbe khashīnā (« Nous avons craint », racine kh-sh-y) est l’un des plus délicats du passage : ailleurs, cette racine exprime la crainte révérencielle que les créatures éprouvent envers Allaah (S2:74 ; S35:28, voir l’étude Al-ʿIlm). Ici, il est dans la bouche du serviteur, à la première personne du pluriel. Ce Bloc ne lit pas ce « Nous avons craint » comme une inquiétude de type humain prêtée à Allaah, mais comme l’énoncé d’une issue prévue et à écarter ; la traduction reste toutefois proche du texte, et la formulation, fortement anthropomorphisante en apparence, est signalée ici plutôt que tranchée.

S.18:80–81
وَأَمَّا الْغُلَامُ فَكَانَ أَبَوَاهُ مُؤْمِنَيْنِ فَخَشِينَا أَنْ يُرْهِقَهُمَا طُغْيَانًا وَكُفْرًا فَأَرَدْنَا أَنْ يُبْدِلَهُمَا رَبُّهُمَا خَيْرًا مِنْهُ زَكَاةً وَأَقْرَبَ رُحْمًا
Wa-ammā l-ghulāmu fa-kāna abawāhu muʾminayni fa-khashīnā an yurhiqahumā ṭughyānan wa-kufrā — fa-aradnā an yubdilahumā rabbuhumā khayran minhu zakātan wa-aqraba ruḥmā « Et quant au jeune garçon, ses parents (abawāhu) étaient croyants ; Nous avons craint (khashīnā) qu’il ne les accable (yurhiqahumā) d’une transgression insolente (ṭughyān) et d’un rejet (kufr). Nous avons donc voulu (fa-aradnā) que leur Rabb leur donne, en échange (yubdilahumā), meilleur que lui en pureté (zakāt), et plus proche en tendresse (ruḥm). »
Notes lexicales
ṭughyānan wa-kufrā
racine *ṭ-gh-y* (la transgression qui déborde toute mesure). Non-dit : le texte ne précise pas la nature exacte de ce que cet enfant aurait fait subir à ses parents — l'issue redoutée est nommée, non le détail des faits qui l'auraient produite.
zakātan
même racine *z-k-w* que *zakiyyatan* (S18:74) — voir la note à cet endroit. Cohérence intra-Bloc directe : le même mot qui désignait la pureté de l'enfant tué désigne ici, en écho, la pureté supérieure promise dans l'enfant qui doit lui succéder — un même fil lexical qui relie la perte annoncée et la compensation.
ruḥmā
racine *r-ḥ-m*, la même que celle de la *raḥma* (S18:65), mais ici à la forme substantive qui désigne, dans un contexte purement humain et familial, la tendresse et l'attachement entre proches. Ce Bloc distingue cet emploi de la *raḥma* qu'Allaah accorde (S18:65, S18:82) : le même champ sémantique, mais un registre humain ordinaire.

S.18:82 · Taʾwīl III — le mur, le trésor des deux orphelins, la clôture

S.18:82
وَأَمَّا الْجِدَارُ فَكَانَ لِغُلَامَيْنِ يَتِيمَيْنِ فِي الْمَدِينَةِ وَكَانَ تَحْتَهُ كَنْزٌ لَهُمَا وَكَانَ أَبُوهُمَا صَالِحًا فَأَرَادَ رَبُّكَ أَنْ يَبْلُغَا أَشُدَّهُمَا وَيَسْتَخْرِجَا كَنْزَهُمَا رَحْمَةً مِنْ رَبِّكَ ۚ وَمَا فَعَلْتُهُ عَنْ أَمْرِي ۚ ذَٰلِكَ تَأْوِيلُ مَا لَمْ تَسْطِعْ عَلَيْهِ صَبْرًا
Wa-ammā l-jidāru fa-kāna li-ghulāmayni yatīmayni fi l-madīnati wa-kāna taḥtahu kanzun lahumā wa-kāna abūhumā ṣāliḥan fa-arāda rabbuka an yablughā ashuddahumā wa-yastakhrijā kanzahumā raḥmatan min rabbika wa-mā faʿaltuhu ʿan amrī dhālika taʾwīlu mā lam tasṭiʿ ʿalayhi ṣabrā « Et quant au mur, il appartenait à deux jeunes garçons orphelins (yatīmayni) de la cité ; sous lui se trouvait un trésor (kanz) qui leur revenait, et leur père avait été droit (ṣāliḥ) ; ton Rabb a donc voulu (fa-arāda rabbuka) qu’ils atteignent leur pleine maturité (ashuddahumā) et qu’ils fassent sortir leur trésor — par raḥma venue de ton Rabb. Et je ne l’ai pas fait de mon propre chef (ʿan amrī). Voilà l’aboutissement (taʾwīl) de ce que tu n’as pu supporter avec patience. »
Notes lexicales
ghulāmayni yatīmayni
voir l'étude Le Yatīm, qui traite ce verset comme preuve intra-coranique décisive de la définition du *yatīm* : l'enfant dont le père est mort (*kāna abūhumā ṣāliḥan* — *kāna*, un passé révolu : leur père *était* juste, il ne l'est plus, il est mort). Dit : le texte ne nomme ni la mère, ni aucun ancêtre plus éloigné que ce seul père — ce Bloc n'importe aucune précision généalogique supplémentaire.
kanzun
racine *k-n-z* : le trésor amassé et enfoui.
ashuddahumā
racine *sh-d-d*. Voir les études Le Yatīm et Al-ʿIlm : la même expression, *balagha ashuddahu*, marque ailleurs dans le Coran l'accès de Yūsuf (S12:22) et de Mūsā lui-même (S28:14) à la pleine maturité, au moment même où chacun reçoit le *ḥukm* et le *ʿilm* — un même terme, ici employé pour la restitution d'un patrimoine matériel plutôt que pour un don de science, mais qui marque de la même façon un seuil de plein accomplissement.
wa-mā faʿaltuhu ʿan amrī
voir le callout de méthode ci-dessus, sur les trois sujets grammaticaux du verbe *arāda*. Même racine *ʾ-m-r* que *imrā* (S18:71) — voir la note à cet endroit : ce que Mūsā qualifiait, au premier acte, de « chose grave » (*imr*) reçoit ici, en clôture, sa résolution exacte — aucun de ces actes n'a procédé d'un ordre (*amr*) que le serviteur se serait donné à lui-même.

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