Structure du Bloc X. Trois ensembles : ceux qui sont sortis par crainte de la mort, le qitāl et le prêt à Allaah (S2:243–245) ; le récit de Ṭālūt et Jālūt, de la demande d’un roi à la victoire de Dāwūd (S2:246–251) ; la clôture — les āyāt récitées avec le ḥaqq, et les rusul distingués les uns des autres (S2:252–253).


Ceux qui sont sortis, le qitāl, le prêt à Allaah · S2:243–245

S.2:243
أَلَمْ تَرَ إِلَى الَّذِينَ خَرَجُوا مِن دِيَارِهِمْ وَهُمْ أُلُوفٌ حَذَرَ الْمَوْتِ فَقَالَ لَهُمُ اللَّهُ مُوتُوا ثُمَّ أَحْيَاهُمْ ۚ إِنَّ اللَّهَ لَذُو فَضْلٍ عَلَى النَّاسِ وَلَٰكِنَّ أَكْثَرَ النَّاسِ لَا يَشْكُرُونَ
A-lam tara ilā lladhīna kharajū min diyārihim wa-hum ulūfun ḥadhara l-mawti fa-qāla lahumu llāhu mūtū thumma aḥyāhum — inna llāha la-dhū faḍlin ʿalā l-nāsi wa-lākinna akthara l-nāsi lā yashkurūn N’as-tu pas considéré ceux qui sont sortis de leurs demeures — ils étaient des milliers — par crainte de la mort ? Allaah leur dit : « Mourez » — puis Il les a fait revivre. Allaah est certes pourvu de faḍl envers les gens, mais la plupart des gens ne reconnaissent pas le bienfait.
S.2:244
وَقَاتِلُوا فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَاعْلَمُوا أَنَّ اللَّهَ سَمِيعٌ عَلِيمٌ
Wa-qātilū fī sabīli llāhi wa-ʿlamū anna llāha Samīʿun ʿAlīm Combattez sur la voie d’Allaah, et sachez qu’Allaah est al-Samīʿ, al-ʿAlīm.
S.2:245
مَّن ذَا الَّذِي يُقْرِضُ اللَّهَ قَرْضًا حَسَنًا فَيُضَاعِفَهُ لَهُ أَضْعَافًا كَثِيرَةً ۚ وَاللَّهُ يَقْبِضُ وَيَبْسُطُ وَإِلَيْهِ تُرْجَعُونَ
Man dhā lladhī yuqriḍu llāha qarḍan ḥasanan fa-yuḍāʿifahu lahu aḍʿāfan kathīrah — wa-llāhu yaqbiḍu wa-yabsuṭu wa-ilayhi turjaʿūn Qui est celui qui fait à Allaah un prêt bon, qu’Il lui multiplie en maints multiples ? Allaah resserre et déploie, et c’est vers Lui que vous ferez retour.

Notes lexicales

دِيَار diyār — pluriel de dār, la demeure. حَذَرَ الْمَوْت ḥadhara l-mawt — déjà validé (ḥ-dh-r, S2:235) au sens de vigilance anticipée : ici, la crainte qui pousse à fuir. مُوتُوا ثُمَّ أَحْيَاهُمْ mūtū thumma aḥyāhum — racines m-w-t et ḥ-y-y (déjà validée, S2:154, S2:179 : mouvement/animation, opposé de m-w-t). Non-dit assumé. Le texte ne précise ni les circonstances historiques de cet épisode ni les modalités de la mort puis de la remise en vie — aucune inférence narrative n’est ajoutée ici. فَضْل faḍl — déjà validé (f-ḍ-l). لَا يَشْكُرُون lā yashkurūn — déjà validé (sh-k-r). يُقْرِضُ yuqriḍu — racine q-r-ḍ : détacher une portion de son bien pour la donner, avec l’attente d’un retour — le prêt au sens propre, ici appliqué métaphoriquement à Allaah. يُضَاعِفَ yuḍāʿifu — racine ḍ-ʿ-f : redoubler, multiplier. يَقْبِضُ / يَبْسُطُ yaqbiḍu / yabsuṭu — racines q-b-ḍ (resserrer, saisir) et b-s-ṭ (étendre, déployer) : deux mouvements opposés associés à Allaah dans le contexte de la subsistance — note de vigilance méthodologique : ces deux verbes ne sont pas traduits par une image de main qui se ferme ou s’ouvre (anthropomorphisme), mais compris comme deux modes d’action opposés et complémentaires, conservés dans leur portée fonctionnelle. Ce que le texte dit : un épisode de sortie collective par crainte de la mort, suivi d’un appel au qitāl et d’une image du prêt fait à Allaah, multiplié en retour. Ce que le texte ne dit pas : il ne nomme ni le peuple ni l’époque de l’épisode de S2:243.

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Ṭālūt et Jālūt · S2:246–251

S.2:246
أَلَمْ تَرَ إِلَى الْمَلَإِ مِن بَنِي إِسْرَائِيلَ مِن بَعْدِ مُوسَىٰ إِذْ قَالُوا لِنَبِيٍّ لَّهُمُ ابْعَثْ لَنَا مَلِكًا نُّقَاتِلْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ ۖ قَالَ هَلْ عَسَيْتُمْ إِن كُتِبَ عَلَيْكُمُ الْقِتَالُ أَلَّا تُقَاتِلُوا ۖ قَالُوا وَمَا لَنَا أَلَّا نُقَاتِلَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَقَدْ أُخْرِجْنَا مِن دِيَارِنَا وَأَبْنَائِنَا ۖ فَلَمَّا كُتِبَ عَلَيْهِمُ الْقِتَالُ تَوَلَّوْا إِلَّا قَلِيلًا مِّنْهُمْ ۗ وَاللَّهُ عَلِيمٌ بِالظَّالِمِينَ
A-lam tara ilā l-malaʾi min banī isrāʾīla min baʿdi mūsā idh qālū li-nabiyyin lahumu bʿath lanā malikan nuqātil fī sabīli llāh — qāla hal ʿasaytum in kutiba ʿalaykumu l-qitālu allā tuqātilū — qālū wa-mā lanā allā nuqātila fī sabīli llāhi wa-qad ukhrijnā min diyārinā wa-abnāʾinā — fa-lammā kutiba ʿalayhimu l-qitālu tawallaw illā qalīlan minhum — wa-llāhu ʿalīmun bi-l-ẓālimīn N’as-tu pas considéré les notables des Banī Isrāʾīl, après Mūsā, quand ils dirent à un nabī qui était le leur : « Suscite-nous un roi, nous combattrons sur la voie d’Allaah » ? Il dit : « Se pourrait-il, si le qitāl vous est prescrit, que vous ne combattiez pas ? » Ils dirent : « Et pourquoi ne combattrions-nous pas sur la voie d’Allaah, alors que nous avons été expulsés de nos demeures et séparés de nos enfants ? » Puis, quand le qitāl leur fut prescrit, ils se détournèrent, sauf un petit nombre d’entre eux. Allaah est connaissant des ẓālimīn.
S.2:247
وَقَالَ لَهُمْ نَبِيُّهُمْ إِنَّ اللَّهَ قَدْ بَعَثَ لَكُمْ طَالُوتَ مَلِكًا ۚ قَالُوا أَنَّىٰ يَكُونُ لَهُ الْمُلْكُ عَلَيْنَا وَنَحْنُ أَحَقُّ بِالْمُلْكِ مِنْهُ وَلَمْ يُؤْتَ سَعَةً مِّنَ الْمَالِ ۚ قَالَ إِنَّ اللَّهَ اصْطَفَاهُ عَلَيْكُمْ وَزَادَهُ بَسْطَةً فِي الْعِلْمِ وَالْجِسْمِ ۖ وَاللَّهُ يُؤْتِي مُلْكَهُ مَن يَشَاءُ ۚ وَاللَّهُ وَاسِعٌ عَلِيمٌ
Wa-qāla lahum nabiyyuhum inna llāha qad baʿatha lakum ṭālūta malikā — qālū annā yakūnu lahu l-mulku ʿalaynā wa-naḥnu aḥaqqu bi-l-mulki minhu wa-lam yuʾta saʿatan mina l-māl — qāla inna llāha ṣṭafāhu ʿalaykum wa-zādahu basṭatan fī l-ʿilmi wa-l-jism — wa-llāhu yuʾtī mulkahu man yashāʾ — wa-llāhu Wāsiʿun ʿAlīm Et leur nabī leur dit : « Allaah a suscité pour vous Ṭālūt comme roi. » Ils dirent : « Comment aurait-il la royauté sur nous, alors que nous sommes plus fondés qu’lui à la royauté, et qu’il ne lui a pas été donné d’ampleur dans les biens ? » Il dit : « Allaah l’a élu sur vous, et Il lui a accru un surcroît dans le savoir et la constitution. Allaah donne Sa royauté à qui Il veut. Allaah est al-Wāsiʿ, al-ʿAlīm. »
S.2:248
وَقَالَ لَهُمْ نَبِيُّهُمْ إِنَّ آيَةَ مُلْكِهِ أَن يَأْتِيَكُمُ التَّابُوتُ فِيهِ سَكِينَةٌ مِّن رَّبِّكُمْ وَبَقِيَّةٌ مِّمَّا تَرَكَ آلُ مُوسَىٰ وَآلُ هَارُونَ تَحْمِلُهُ الْمَلَائِكَةُ ۚ إِنَّ فِي ذَٰلِكَ لَآيَةً لَّكُمْ إِن كُنتُم مُّؤْمِنِينَ
Wa-qāla lahum nabiyyuhum inna āyata mulkihi an yaʾtiyakumu l-tābūtu fīhi sakīnatun min rabbikum wa-baqiyyatun mimmā taraka ālu mūsā wa-ālu hārūna taḥmiluhu l-malāʾikah — inna fī dhālika la-āyatan lakum in kuntum muʾminīn Et leur nabī leur dit : « Le signe de sa royauté est que le tābūt vous viendra, contenant une sakīna venue de votre Seigneur, et un reste de ce qu’ont laissé la famille de Mūsā et la famille de Hārūn, porté par les malāʾika. En cela il y a certes un signe pour vous, si vous êtes croyants. »
S.2:249
فَلَمَّا فَصَلَ طَالُوتُ بِالْجُنُودِ قَالَ إِنَّ اللَّهَ مُبْتَلِيكُم بِنَهَرٍ فَمَن شَرِبَ مِنْهُ فَلَيْسَ مِنِّي وَمَن لَّمْ يَطْعَمْهُ فَإِنَّهُ مِنِّي إِلَّا مَنِ اغْتَرَفَ غُرْفَةً بِيَدِهِ ۚ فَشَرِبُوا مِنْهُ إِلَّا قَلِيلًا مِّنْهُمْ ۚ فَلَمَّا جَاوَزَهُ هُوَ وَالَّذِينَ آمَنُوا مَعَهُ قَالُوا لَا طَاقَةَ لَنَا الْيَوْمَ بِجَالُوتَ وَجُنُودِهِ ۚ قَالَ الَّذِينَ يَظُنُّونَ أَنَّهُم مُّلَاقُو اللَّهِ كَم مِّن فِئَةٍ قَلِيلَةٍ غَلَبَتْ فِئَةً كَثِيرَةً بِإِذْنِ اللَّهِ ۗ وَاللَّهُ مَعَ الصَّابِرِينَ
Fa-lammā faṣala ṭālūtu bi-l-junūdi qāla inna llāha mubtalīkum bi-naharin fa-man shariba minhu fa-laysa minnī wa-man lam yaṭʿamhu fa-innahu minnī illā mani ghtarafa ghurfatan bi-yadih — fa-sharibū minhu illā qalīlan minhum — fa-lammā jāwazahu huwa wa-lladhīna āmanū maʿahu qālū lā ṭāqata lana l-yawma bi-jālūta wa-junūdih — qāla lladhīna yaẓunnūna annahum mulāqū llāhi kam min fiʾatin qalīlatin ghalabat fiʾatan kathīratan bi-idhni llāh — wa-llāhu maʿa l-ṣābirīn Et lorsque Ṭālūt se sépara avec les troupes, il dit : « Allaah va vous éprouver par une rivière. Quiconque en boit n’est pas des miens ; quiconque n’y goûte pas est des miens — sauf celui qui en puise une poignée de sa main. » Ils en burent, sauf un petit nombre d’entre eux. Puis, lorsqu’ils l’eurent franchie, lui et ceux qui avaient cru avec lui, ils dirent : « Nulle capacité n’est nôtre aujourd’hui face à Jālūt et ses troupes. » Ceux qui pensaient avec certitude qu’ils rencontreraient Allaah dirent : « Que de fois une petite fiʾa l’a emporté sur une grande fiʾa, par la permission d’Allaah ! » Allaah est avec les ṣābirīn.
S.2:250
وَلَمَّا بَرَزُوا لِجَالُوتَ وَجُنُودِهِ قَالُوا رَبَّنَا أَفْرِغْ عَلَيْنَا صَبْرًا وَثَبِّتْ أَقْدَامَنَا وَانصُرْنَا عَلَى الْقَوْمِ الْكَافِرِينَ
Wa-lammā barazū li-jālūta wa-junūdihi qālū rabbanā afrigh ʿalaynā ṣabran wa-thabbit aqdāmanā wa-nṣurnā ʿalā l-qawmi l-kāfirīn Et lorsqu’ils se présentèrent à découvert face à Jālūt et ses troupes, ils dirent : « Notre Seigneur, déverse sur nous du ṣabr, affermis nos pas, et secours-nous contre le peuple qui couvre sa reconnaissance. »
S.2:251
فَهَزَمُوهُم بِإِذْنِ اللَّهِ وَقَتَلَ دَاوُودُ جَالُوتَ وَآتَاهُ اللَّهُ الْمُلْكَ وَالْحِكْمَةَ وَعَلَّمَهُ مِمَّا يَشَاءُ ۗ وَلَوْلَا دَفْعُ اللَّهِ النَّاسَ بَعْضَهُم بِبَعْضٍ لَّفَسَدَتِ الْأَرْضُ وَلَٰكِنَّ اللَّهَ ذُو فَضْلٍ عَلَى الْعَالَمِينَ
Fa-hazamūhum bi-idhni llāhi wa-qatala dāwūdu jālūta wa-ātāhu llāhu l-mulka wa-l-ḥikmata wa-ʿallamahu mimmā yashāʾ — wa-lawlā dafʿu llāhi l-nāsa baʿḍahum bi-baʿḍin la-fasadati l-arḍu wa-lākinna llāha dhū faḍlin ʿalā l-ʿālamīn Ils les mirent en déroute par la permission d’Allaah, et Dāwūd tua Jālūt. Allaah lui donna la royauté et la ḥikma, et lui enseigna de ce qu’Il voulut. Et si Allaah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, la terre se serait dérèglée — mais Allaah est pourvu de faḍl envers les mondes.

Notes lexicales

الْمَلَأ al-malaʾ — racine m-l-ʾ (remplir) : l’assemblée des notables, ceux qui « remplissent » le corps dirigeant par leur rang. مَلِك malik — racine m-l-k : la possession souveraine, le roi. عَسَيْتُمْ ʿasaytum — racine ʿ-s-y : probabilité, éventualité envisagée. تَوَلَّوْا tawallaw — déjà validé (w-l-y, forme V/VI : se détourner). اصْطَفَاهُ ṣṭafāhu — déjà validé (ṣ-f-w, S2:130 : extraire ce qui est pur, élire). بَسْطَة basṭa — même racine que yabsuṭu (S2:245) : surcroît, extension — ici appliqué au savoir et à la constitution physique. وَاسِع Wāsiʿ — racine w-s-ʿ (déjà validée) : ce qui embrasse une amplitude sans limite fixée. Note de vigilance : conservé sans connotation d’étendue spatiale physique appliquée à Allaah — l’amplitude désignée est fonctionnelle (portée de la connaissance, de la libéralité), non un lieu. سَكِينَة sakīna — même racine que al-masākīn (S2:215, l’immobilité par le besoin), mais sens dérivé distinct ici : un état de quiétude, de stabilité descendue — non une simple absence de mouvement par manque de moyens. التَّابُوت al-tābūt — terme ancien stabilisé désignant un coffre, une arche — conservé en translittération. فَصَلَ faṣala — même racine que fiṣāl (S2:233, sevrage) : ici, se séparer du lieu de départ, se mettre en marche. مُبْتَلِيكُم mubtalīkum — racine b-l-w : mettre à l’épreuve. اغْتَرَفَ ightarafa — forme VIII de gh-r-f : puiser pour soi, prélever avec la main. جَاوَزَهُ jāwazahu — racine j-w-z : franchir, passer au-delà. لَا طَاقَة lā ṭāqata — déjà validé (ṭ-w-q, S2:184) : absence de capacité/force. فِئَة fiʾa — racine f-ʾ-y : groupe, troupe rassemblée. غَلَبَتْ ghalabat — racine gh-l-b : l’emporter par domination. أَفْرِغْ afrigh — racine f-r-gh : déverser entièrement, vider un contenu dans un autre — image du ṣabr comme substance répandue. ثَبِّتْ thabbit — racine th-b-t : affermir, rendre stable. هَزَمُوهُم hazamūhum — racine h-z-m : mettre en déroute, briser la résistance. دَفْعُ اللَّهِ dafʿu llāh — racine d-f-ʿ : la poussée qui repousse, écarte — le texte pose un principe explicite de dissuasion réciproque entre groupes humains comme rempart contre la corruption généralisée de l’ordre terrestre. الْعَالَمِين al-ʿālamīn — racine ʿ-l-m : les mondes, ce par quoi une catégorie d’êtres se signale et se distingue. Ce que le texte dit : un récit structuré — demande d’un roi, désignation de Ṭālūt, signe du tābūt, épreuve de la rivière, bataille et victoire de Dāwūd — assorti d’un principe général sur la fonction dissuasive du rapport de force entre les gens. Ce que le texte ne dit pas : il ne date ni ne localise précisément cet épisode au-delà des repères donnés (après Mūsā, un nabī non nommé, Ṭālūt, Jālūt, Dāwūd).

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Clôture — les āyāt récitées, les rusul distingués · S2:252–253

S.2:252
تِلْكَ آيَاتُ اللَّهِ نَتْلُوهَا عَلَيْكَ بِالْحَقِّ ۚ وَإِنَّكَ لَمِنَ الْمُرْسَلِينَ
Tilka āyātu llāhi natlūhā ʿalayka bi-l-ḥaqq — wa-innaka la-mina l-mursalīn Voilà les āyāt d’Allaah — Nous te les récitons porteuses du ḥaqq. Et tu es certes parmi les mursalūn.
S.2:253
تِلْكَ الرُّسُلُ فَضَّلْنَا بَعْضَهُمْ عَلَىٰ بَعْضٍ ۘ مِّنْهُم مَّن كَلَّمَ اللَّهُ ۖ وَرَفَعَ بَعْضَهُمْ دَرَجَاتٍ ۚ وَآتَيْنَا عِيسَى ابْنَ مَرْيَمَ الْبَيِّنَاتِ وَأَيَّدْنَاهُ بِرُوحِ الْقُدُسِ ۗ وَلَوْ شَاءَ اللَّهُ مَا اقْتَتَلَ الَّذِينَ مِن بَعْدِهِم مِّن بَعْدِ مَا جَاءَتْهُمُ الْبَيِّنَاتُ وَلَٰكِنِ اخْتَلَفُوا فَمِنْهُم مَّنْ آمَنَ وَمِنْهُم مَّن كَفَرَ ۚ وَلَوْ شَاءَ اللَّهُ مَا اقْتَتَلُوا وَلَٰكِنَّ اللَّهَ يَفْعَلُ مَا يُرِيدُ
Tilka l-rusulu faḍḍalnā baʿḍahum ʿalā baʿḍ — minhum man kallama llāh — wa-rafaʿa baʿḍahum darajāt — wa-ātaynā ʿīsā bna maryama l-bayyināti wa-ayyadnāhu bi-rūḥi l-qudus — wa-law shāʾa llāhu mā qtatala lladhīna min baʿdihim min baʿdi mā jāʾathumu l-bayyinātu wa-lākini khtalafū fa-minhum man āmana wa-minhum man kafar — wa-law shāʾa llāhu mā qtatalū wa-lākinna llāha yafʿalu mā yurīd Ces rusul, Nous en avons favorisé certains sur d’autres. Parmi eux, il en est à qui Allaah a adressé la parole ; et Il en a élevé d’autres en degrés. Nous avons donné à ʿĪsā fils de Maryam les bayyināt, et Nous l’avons appuyé par rūḥ al-qudus. Et si Allaah avait voulu, ceux venus après eux ne se seraient pas combattus entre eux après que les bayyināt leur furent venues — mais ils divergèrent : parmi eux, il en est qui crurent, et parmi eux, il en est qui couvrirent leur reconnaissance. Et si Allaah avait voulu, ils ne se seraient pas combattus — mais Allaah fait ce qu’Il veut.

Notes lexicales

نَتْلُوهَا natlūhā — racine t-l-w : réciter, faire suivre un énoncé — non un simple « dire » mais une transmission suivie. الْمُرْسَلِين al-mursalīn — participes de r-s-l, déjà connu (rasūl) : ceux qui sont envoyés porteurs d’un message. فَضَّلْنَا faḍḍalnā — déjà validé (f-ḍ-l) : le texte affirme lui-même une distinction de faḍl entre les rusul — une hiérarchie explicitement posée par le texte, non une inférence extérieure. كَلَّمَ اللَّه kallama llāh — racine k-l-m, la parole adressée. Note de vigilance méthodologique. Le texte attribue à Allaah l’acte de « parler » à l’un des rusul (non nommé dans ce verset précis) — le non-dit porte ici sur la modalité de cette parole, que le texte ne décrit pas ; aucune image sensorielle ou physique n’est ajoutée à ce que le verset énonce. رَفَعَ … دَرَجَات rafaʿa… darajāt — racine r-f-ʿ (élévation) appliquée au même terme daraja déjà rencontré (S2:228). رُوحِ الْقُدُس rūḥ al-qudus — r-w-ḥ (le souffle vital) et q-d-s (la sacralité, la pureté totale) : conservé en translittération, sans identification supplémentaire au-delà de ce que le texte nomme. اقْتَتَلَ qtatala — forme VIII réciproque de q-t-l (déjà connu via qitāl) : se combattre mutuellement. اخْتَلَفُوا khtalafū — déjà validé (kh-l-f, S2:213). يَفْعَلُ مَا يُرِيدُ yafʿalu mā yurīd — racine r-w-d (rechercher, vouloir activement) : clôture affirmant la portée de la volonté d’Allaah sur le cours des événements humains, y compris leurs divergences. Ce que le texte dit : une hiérarchie de faḍl entre les rusul est explicitement posée par le texte lui-même, et la divergence entre les gens après les bayyināt est rattachée à la volonté d’Allaah, sans que cela annule la responsabilité de la divergence elle-même (« mais ils divergèrent »). Ce que le texte ne dit pas : il ne nomme pas ici celui « à qui Allaah a adressé la parole » — l’identification à Mūsā, si elle est bien établie ailleurs dans le corpus, n’est pas le contenu de ce verset précis.


Barāʾa du bloc

Cette étude est conduite selon la méthode islamducoran.fr : lecture intra-coranique exclusive, lexicographie arabe classique (Farāhīdī, Ibn Fāris, Ibn Manẓūr), discipline du dit / non-dit / inférence. Elle n’est pas prescriptive et reste révisable à la lumière du texte. L’unique garant de la compréhension est Allaah.

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