Structure du Bloc IX. Ensemble law dense sur le régime du ṭalāq et ses conséquences : ʿidda et déroulement du ṭalāq (S2:228–230) ; obligation de traiter avec maʿrūf, remariage entre ex-époux (S2:231–232) ; allaitement (S2:233) ; veuvage et code de la demande en mariage pendant l’ʿidda (S2:234–235) ; ṭalāq avant consommation — mutʿa et moitié de dot (S2:236–237) ; rappel bref de la ṣalāt, y compris en contexte de crainte (S2:238–239) ; legs de la veuve et clôture (S2:240–242).

Avertissement méthodologique. S2:228 contient un terme (quruʾ) dont le sens précis — période de règles ou période de pureté entre les règles — a fait l’objet d’une divergence lexicale ancienne, documentée par les lexicographes eux-mêmes et non résolue par un consensus philologique univoque. La méthode ne tranche pas arbitrairement : elle expose les deux lectures et leurs fondements, conformément au principe déjà appliqué en cas de polysémie intra-coranique réelle.


ʿIdda, déroulement du ṭalāq · S2:228–230

S.2:228
وَالْمُطَلَّقَاتُ يَتَرَبَّصْنَ بِأَنفُسِهِنَّ ثَلَاثَةَ قُرُوءٍ ۚ وَلَا يَحِلُّ لَهُنَّ أَن يَكْتُمْنَ مَا خَلَقَ اللَّهُ فِي أَرْحَامِهِنَّ إِن كُنَّ يُؤْمِنَّ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ ۚ وَبُعُولَتُهُنَّ أَحَقُّ بِرَدِّهِنَّ فِي ذَٰلِكَ إِنْ أَرَادُوا إِصْلَاحًا ۚ وَلَهُنَّ مِثْلُ الَّذِي عَلَيْهِنَّ بِالْمَعْرُوفِ ۚ وَلِلرِّجَالِ عَلَيْهِنَّ دَرَجَةٌ ۗ وَاللَّهُ عَزِيزٌ حَكِيمٌ
Wa-l-muṭallaqātu yatarabbaṣna bi-anfusihinna thalāthata qurūʾ — wa-lā yaḥillu lahunna an yaktumna mā khalaqa llāhu fī arḥāmihinna in kunna yuʾminna bi-llāhi wa-l-yawmi l-ākhir — wa-buʿūlatuhunna aḥaqqu bi-raddihinna fī dhālika in arādū iṣlāḥā — wa-lahunna mithlu lladhī ʿalayhinna bi-l-maʿrūf — wa-li-l-rijāli ʿalayhinna darajah — wa-llāhu ʿAzīzun Ḥakīm Les femmes répudiées observent une attente de trois qurūʾ — il ne leur est pas licite de dissimuler ce qu’Allaah a créé dans leurs matrices, si elles croient en Allaah et au Jour dernier. Leurs époux ont, dans cet intervalle, un droit plus fondé à les reprendre s’ils veulent rectifier l’ordre. Elles ont un droit égal à leur devoir, selon ce que la raison droite reconnaît comme juste — les hommes ayant sur elles un degré. Allaah est al-ʿAzīz, al-Ḥakīm.
S.2:229
الطَّلَاقُ مَرَّتَانِ ۖ فَإِمْسَاكٌ بِمَعْرُوفٍ أَوْ تَسْرِيحٌ بِإِحْسَانٍ ۗ وَلَا يَحِلُّ لَكُمْ أَن تَأْخُذُوا مِمَّا آتَيْتُمُوهُنَّ شَيْئًا إِلَّا أَن يَخَافَا أَلَّا يُقِيمَا حُدُودَ اللَّهِ ۖ فَإِنْ خِفْتُمْ أَلَّا يُقِيمَا حُدُودَ اللَّهِ فَلَا جُنَاحَ عَلَيْهِمَا فِيمَا افْتَدَتْ بِهِ ۗ تِلْكَ حُدُودُ اللَّهِ فَلَا تَعْتَدُوهَا ۚ وَمَن يَتَعَدَّ حُدُودَ اللَّهِ فَأُولَٰئِكَ هُمُ الظَّالِمُونَ
Al-ṭalāqu marratān — fa-imsākun bi-maʿrūfin aw tasrīḥun bi-iḥsān — wa-lā yaḥillu lakum an taʾkhudhū mimmā ātaytumūhunna shayʾan illā an yakhāfā allā yuqīmā ḥudūda llāh — fa-in khiftum allā yuqīmā ḥudūda llāhi fa-lā junāḥa ʿalayhimā fīmā ftadat bih — tilka ḥudūdu llāhi fa-lā taʿtadūhā — wa-man yataʿadda ḥudūda llāhi fa-ulāʾika humu l-ẓālimūn Le ṭalāq se répète deux fois — puis c’est retenue selon ce que la raison droite reconnaît comme juste, ou libération accomplie avec iḥsān. Il ne vous est pas licite de reprendre quoi que ce soit de ce que vous leur avez donné, sauf si tous deux craignent de ne pas tenir les limites d’Allaah. Et si vous craignez qu’ils ne tiennent pas les limites d’Allaah, nulle faute sur eux dans ce dont elle se rachète. Voilà les limites d’Allaah — ne les transgressez pas. Et quiconque transgresse les limites d’Allaah, ceux-là sont les ẓālimūn.
S.2:230
فَإِن طَلَّقَهَا فَلَا تَحِلُّ لَهُ مِن بَعْدُ حَتَّىٰ تَنكِحَ زَوْجًا غَيْرَهُ ۗ فَإِن طَلَّقَهَا فَلَا جُنَاحَ عَلَيْهِمَا أَن يَتَرَاجَعَا إِن ظَنَّا أَن يُقِيمَا حُدُودَ اللَّهِ ۗ وَتِلْكَ حُدُودُ اللَّهِ يُبَيِّنُهَا لِقَوْمٍ يَعْلَمُونَ
Fa-in ṭallaqahā fa-lā taḥillu lahu min baʿdu ḥattā tankiḥa zawjan ghayrah — fa-in ṭallaqahā fa-lā junāḥa ʿalayhimā an yatarājaʿā in ẓannā an yuqīmā ḥudūda llāh — wa-tilka ḥudūdu llāhi yubayyinuhā li-qawmin yaʿlamūn S’il la répudie une troisième fois, elle ne lui est plus licite ensuite, jusqu’à ce qu’elle épouse un autre époux qu’elle. Si celui-ci la répudie à son tour, nulle faute sur eux deux à se reprendre mutuellement, s’ils estiment tenir les limites d’Allaah. Voilà les limites d’Allaah — Il les explicite pour un peuple qui sait.

Notes lexicales

قُرُوء qurūʾ — polysémie lexicale non résolue par la seule philologie. Racine q-r-ʾ : rassembler, recueillir — la même racine que qurʾān. Les lexicographes classiques eux-mêmes rapportent deux sens opposés pour ce terme au pluriel : (1) les périodes de règles elles-mêmes (le sang « rassemblé » et évacué), ou (2) les périodes de pureté entre deux règles (le sang « rassemblé » dans la matrice avant son évacuation suivante). Ibn Manẓūr rapporte les deux lectures sans trancher lexicalement entre elles — la langue seule ne permet pas de départager. Conservé en translittération ; toute traduction par « règles » ou par « périodes de pureté » de façon univoque irait au-delà de ce que l’arabe seul autorise à trancher. خَلَقَ khalaqa — créer, ici au sens direct : ce qu’Allaah a formé dans la matrice (la grossesse), distinct du sens dérivé « mesure/part » rencontré en khalāq (S2:200). بُعُولَة buʿūla — pluriel de baʿl : l’époux au sens de maître du foyer — terme distinct de zawj déjà rencontré ailleurs. أَحَقّ aḥaqq — comparatif de ḥaqq : plus fondé en droit — un droit de priorité, non un droit exclusif ni automatique (conditionné par in arādū iṣlāḥan, s’ils veulent rectifier l’ordre). دَرَجَة daraja — racine d-r-j : gradation, degré, échelon. Note de dit/non-dit essentielle. Le texte affirme un degré des hommes sur les femmes dans le contexte précis de ce verset — celui du droit de reprise pendant l’ʿidda et de l’équilibre droits/devoirs dans le mariage — sans qu’aucune extension généralisée de ce daraja à d’autres domaines ne soit formulée ici. Le lire comme une hiérarchie ontologique générale ajouterait au texte ce qu’il ne dit pas dans ce verset précis. إِمْسَاك / تَسْرِيح imsāk / tasrīḥ — racines m-s-k (saisir, retenir) et s-r-ḥ (relâcher, laisser aller librement, image pastorale du troupeau lâché au pâturage) : les deux issues possibles après chaque ṭalāq, explicitement égalisées en dignité — l’une par le maʿrūf, l’autre par l’iḥsān. افْتَدَتْ iftadat — même racine que fidya déjà rencontrée (S2:184, S2:196) : se racheter en cédant quelque chose — ici, la femme se libère du lien en restituant ce qu’elle avait reçu, lorsque le maintien des limites d’Allaah est en jeu pour les deux parties. حُدُود Allaah ḥudūd Allaah — déjà validé (ḥ-d-d, S2:187) : limites fixées, à ne pas approcher ni transgresser. تَنكِحَ زَوْجًا غَيْرَه tankiḥa zawjan ghayrahu — non-dit à respecter. Le texte pose une condition factuelle (un remariage réel avec un autre époux, puis une éventuelle séparation) sans indiquer d’intention ni de procédure au-delà de cette condition elle-même ; toute lecture qui y ajouterait une intention spécifique irait au-delà du texte. Ce que le texte dit : trois répudiations marquent un seuil ; avant ce seuil, la retenue ou la libération doivent se faire selon le maʿrūf/iḥsān sans reprise de ce qui a été donné, sauf rachat mutuel motivé par la crainte de ne pas tenir les limites d’Allaah. Ce que le texte ne dit pas : il ne précise pas la durée exacte des qurūʾ en jours, ni la nature du sens exact du terme lui-même, comme indiqué ci-dessus.

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Maʿrūf obligatoire, remariage entre ex-époux · S2:231–232

S.2:231
وَإِذَا طَلَّقْتُمُ النِّسَاءَ فَبَلَغْنَ أَجَلَهُنَّ فَأَمْسِكُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ أَوْ سَرِّحُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ ۚ وَلَا تُمْسِكُوهُنَّ ضِرَارًا لِّتَعْتَدُوا ۚ وَمَن يَفْعَلْ ذَٰلِكَ فَقَدْ ظَلَمَ نَفْسَهُ ۚ وَلَا تَتَّخِذُوا آيَاتِ اللَّهِ هُزُوًا ۚ وَاذْكُرُوا نِعْمَتَ اللَّهِ عَلَيْكُمْ وَمَا أَنزَلَ عَلَيْكُم مِّنَ الْكِتَابِ وَالْحِكْمَةِ يَعِظُكُم بِهِ ۚ وَاتَّقُوا اللَّهَ وَاعْلَمُوا أَنَّ اللَّهَ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمٌ
Wa-idhā ṭallaqtumu l-nisāʾa fa-balaghna ajalahunna fa-amsikūhunna bi-maʿrūfin aw sarriḥūhunna bi-maʿrūf — wa-lā tumsikūhunna ḍirāran li-taʿtadū — wa-man yafʿal dhālika fa-qad ẓalama nafsah — wa-lā tattakhidhū āyāti llāhi huzuwā — wa-dhkurū niʿmata llāhi ʿalaykum wa-mā anzala ʿalaykum mina l-kitābi wa-l-ḥikmati yaʿiẓukum bih — wa-ttaqū llāha wa-ʿlamū anna llāha bi-kulli shayʾin ʿalīm Et quand vous répudiez les femmes et qu’elles atteignent leur terme, retenez-les selon le maʿrūf ou libérez-les selon le maʿrūf. Ne les retenez pas pour leur nuire, en transgression — quiconque agit ainsi place son âme hors de sa juste place. Ne prenez pas les āyāt d’Allaah en dérision. Convoquez le bienfait d’Allaah sur vous, et ce qu’Il a fait descendre sur vous de Kitāb et de ḥikma, par quoi Il vous exhorte. Constituez-vous une taqwā envers Allaah, et sachez qu’Allaah est connaissant de toute chose.
S.2:232
وَإِذَا طَلَّقْتُمُ النِّسَاءَ فَبَلَغْنَ أَجَلَهُنَّ فَلَا تَعْضُلُوهُنَّ أَن يَنكِحْنَ أَزْوَاجَهُنَّ إِذَا تَرَاضَوْا بَيْنَهُم بِالْمَعْرُوفِ ۗ ذَٰلِكَ يُوعَظُ بِهِ مَن كَانَ مِنكُمْ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ ۗ ذَٰلِكُمْ أَزْكَىٰ لَكُمْ وَأَطْهَرُ ۗ وَاللَّهُ يَعْلَمُ وَأَنتُمْ لَا تَعْلَمُونَ
Wa-idhā ṭallaqtumu l-nisāʾa fa-balaghna ajalahunna fa-lā taʿḍulūhunna an yankiḥna azwājahunna idhā tarāḍaw baynahum bi-l-maʿrūf — dhālika yūʿaẓu bihi man kāna minkum yuʾminu bi-llāhi wa-l-yawmi l-ākhir — dhālikum azkā lakum wa-aṭhar — wa-llāhu yaʿlamu wa-antum lā taʿlamūn Et quand vous répudiez les femmes et qu’elles atteignent leur terme, ne leur faites pas obstacle à épouser leurs [anciens] époux, dès lors qu’ils s’accordent mutuellement selon le maʿrūf. Voilà ce par quoi est exhorté quiconque parmi vous croit en Allaah et au Jour dernier — c’est plus pur et plus intègre pour vous. Allaah sait, alors que vous ne savez pas.

Notes lexicales

بَلَغْنَ أَجَلَهُنَّ balaghna ajalahunna — atteindre leur terme : la fin de la période d’ʿidda fixée au verset précédent. ضِرَار ḍirār — même racine que al-ḍarrāʾ déjà rencontrée (S2:214) : nuire délibérément — ici, retenir l’épouse non par volonté de rectifier l’ordre mais pour lui porter préjudice. ظَلَمَ نَفْسَه ẓalama nafsahu — déjà validé (ẓ-l-m) : placer son âme hors de sa juste place. هُزُوًا huzuwan — racine h-z-ʾ : la dérision, le fait de tourner en moquerie. الْحِكْمَة al-ḥikma — déjà validée (ḥ-k-m, S2:129, S2:151) : faculté qui empêche l’erreur, maintient l’ordre correct. يَعِظُكُم yaʿiẓukum — racine w-ʿ-ẓ : exhorter, une admonestation qui vise le cœur plus que le simple énoncé d’une règle. تَعْضُلُوهُنَّ taʿḍulūhunna — racine ʿ-ḍ-l : empêcher, faire obstacle avec une contrainte physique/sociale — le texte vise ici un empêchement exercé par un tiers (la famille de l’ex-épouse, par exemple, bien que le texte ne le nomme pas) sur un remariage librement consenti entre les deux parties concernées. أَزْكَىٰ / أَطْهَر azkā / aṭhar — comparatifs de z-k-w (pureté qui croît) et ṭ-h-r (déjà validé, intégrité retrouvée) : deux qualificatifs de supériorité morale accolés à la conduite prescrite. Ce que le texte dit : deux obligations symétriques — retenir ou libérer selon le maʿrūf sans intention de nuire, et ne pas empêcher un remariage librement consenti entre deux personnes déjà mariées auparavant. Ce que le texte ne dit pas : il ne nomme pas l’auteur potentiel de l’obstacle en S2:232 — le texte reste silencieux sur qui pourrait faire ʿaḍl.

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L’allaitement · S2:233

S.2:233
وَالْوَالِدَاتُ يُرْضِعْنَ أَوْلَادَهُنَّ حَوْلَيْنِ كَامِلَيْنِ ۖ لِمَنْ أَرَادَ أَن يُتِمَّ الرَّضَاعَةَ ۚ وَعَلَى الْمَوْلُودِ لَهُ رِزْقُهُنَّ وَكِسْوَتُهُنَّ بِالْمَعْرُوفِ ۚ لَا تُكَلَّفُ نَفْسٌ إِلَّا وُسْعَهَا ۚ لَا تُضَارَّ وَالِدَةٌ بِوَلَدِهَا وَلَا مَوْلُودٌ لَّهُ بِوَلَدِهِ ۚ وَعَلَى الْوَارِثِ مِثْلُ ذَٰلِكَ ۗ فَإِنْ أَرَادَا فِصَالًا عَن تَرَاضٍ مِّنْهُمَا وَتَشَاوُرٍ فَلَا جُنَاحَ عَلَيْهِمَا ۗ وَإِنْ أَرَدتُّمْ أَن تَسْتَرْضِعُوا أَوْلَادَكُمْ فَلَا جُنَاحَ عَلَيْكُمْ إِذَا سَلَّمْتُم مَّا آتَيْتُم بِالْمَعْرُوفِ ۗ وَاتَّقُوا اللَّهَ وَاعْلَمُوا أَنَّ اللَّهَ بِمَا تَعْمَلُونَ بَصِيرٌ
Wa-l-wālidātu yurḍiʿna awlādahunna ḥawlayni kāmilayn — li-man arāda an yutimma l-raḍāʿah — wa-ʿalā l-mawlūdi lahu rizquhunna wa-kiswatuhunna bi-l-maʿrūf — lā tukallafu nafsun illā wusʿahā — lā tuḍārra wālidatun bi-waladihā wa-lā mawlūdun lahu bi-waladih — wa-ʿalā l-wārithi mithlu dhālik — fa-in arādā fiṣālan ʿan tarāḍin minhumā wa-tashāwurin fa-lā junāḥa ʿalayhimā — wa-in aradtum an tastarḍiʿū awlādakum fa-lā junāḥa ʿalaykum idhā sallamtum mā ātaytum bi-l-maʿrūf — wa-ttaqū llāha wa-ʿlamū anna llāha bi-mā taʿmalūna baṣīr Les mères allaitent leurs enfants deux années pleines, pour qui veut mener l’allaitement à son terme. Et il incombe à celui à qui l’enfant est né leur subsistance et leur habillement selon le maʿrūf. Nulle âme n’est chargée au-delà de sa capacité. Qu’aucune mère ne soit lésée à cause de son enfant, ni celui à qui l’enfant est né à cause du sien. Et sur l’héritier incombe de même. S’ils veulent tous deux un sevrage par accord mutuel et consultation, nulle faute sur eux. Et si vous voulez faire allaiter vos enfants par une nourrice, nulle faute sur vous si vous remettez ce que vous deviez selon le maʿrūf. Constituez-vous une taqwā envers Allaah, et sachez qu’Allaah est voyant de ce que vous faites.

Notes lexicales

يُرْضِعْنَ yurḍiʿna — racine r-ḍ-ʿ : allaiter. حَوْلَيْنِ كَامِلَيْن ḥawlayni kāmilayn — deux années pleines : ḥawl (ce qui accomplit une révolution complète) renforcé par kāmilayn, déjà validé (k-m-l, S2:185). الْمَوْلُود لَه al-mawlūdu lahu — littéralement « celui à qui l’enfant est né » : désignation du père, choisie par le texte plutôt que le terme direct — note de dit/non-dit : le texte nomme la relation de filiation reconnue, sans autre précision sur d’éventuels statuts variables du lien. كِسْوَة kiswa — racine k-s-w : le vêtement, l’habillement fourni. وُسْع wusʿ — racine w-s-ʿ : la capacité, l’amplitude de ce qui est à portée — reprend le principe déjà connu lā yukallifu llāhu nafsan illā wusʿahā (S2:286, hors bloc, annoncé ici en écho anticipé). تُضَارّ tuḍārra — même racine que ḍirār (S2:231) : nuire réciproquement, forme intensive-réciproque. الْوَارِث al-wārith — racine w-r-th : celui qui hérite — le texte étend l’obligation de subsistance de l’enfant à l’héritier en cas d’absence du père, sans détailler davantage les modalités. فِصَال fiṣāl — racine f-ṣ-l : séparation, détachement — ici le sevrage, envisagé comme une décision commune (tarāḍin… wa-tashāwur, accord mutuel et consultation). تَسْتَرْضِعُوا tastarḍiʿū — forme X de r-ḍ-ʿ : chercher activement une nourrice pour l’enfant. Ce que le texte dit : une durée de référence pour l’allaitement, une obligation de subsistance conditionnée à la capacité réelle, une interdiction réciproque de nuire par l’enfant, et deux options laissées au choix concerté des parents — sevrage anticipé ou recours à une nourrice, chacune assortie d’une condition de bonne foi (bi-l-maʿrūf). Ce que le texte ne dit pas : il ne fixe pas de sanction pour le manquement à ces obligations — le cadre reste incitatif et normatif, adossé au rappel final de la vigilance d’Allaah.

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Veuvage et discrétion pendant l’ʿidda · S2:234–235

S.2:234
وَالَّذِينَ يُتَوَفَّوْنَ مِنكُمْ وَيَذَرُونَ أَزْوَاجًا يَتَرَبَّصْنَ بِأَنفُسِهِنَّ أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ وَعَشْرًا ۖ فَإِذَا بَلَغْنَ أَجَلَهُنَّ فَلَا جُنَاحَ عَلَيْكُمْ فِيمَا فَعَلْنَ فِي أَنفُسِهِنَّ بِالْمَعْرُوفِ ۗ وَاللَّهُ بِمَا تَعْمَلُونَ خَبِيرٌ
Wa-lladhīna yutawaffawna minkum wa-yadharūna azwājan yatarabbaṣna bi-anfusihinna arbaʿata ashhurin wa-ʿashrā — fa-idhā balaghna ajalahunna fa-lā junāḥa ʿalaykum fīmā faʿalna fī anfusihinna bi-l-maʿrūf — wa-llāhu bi-mā taʿmalūna khabīr Et ceux d’entre vous qui sont rappelés à leur terme et laissent des épouses — celles-ci observent une attente de quatre mois et dix jours. Puis lorsqu’elles atteignent leur terme, nulle faute sur vous en ce qu’elles font pour elles-mêmes selon le maʿrūf. Allaah est informé de ce que vous faites.
S.2:235
وَلَا جُنَاحَ عَلَيْكُمْ فِيمَا عَرَّضْتُم بِهِ مِنْ خِطْبَةِ النِّسَاءِ أَوْ أَكْنَنتُمْ فِي أَنفُسِكُمْ ۚ عَلِمَ اللَّهُ أَنَّكُمْ سَتَذْكُرُونَهُنَّ وَلَٰكِن لَّا تُوَاعِدُوهُنَّ سِرًّا إِلَّا أَن تَقُولُوا قَوْلًا مَّعْرُوفًا ۚ وَلَا تَعْزِمُوا عُقْدَةَ النِّكَاحِ حَتَّىٰ يَبْلُغَ الْكِتَابُ أَجَلَهُ ۚ وَاعْلَمُوا أَنَّ اللَّهَ يَعْلَمُ مَا فِي أَنفُسِكُمْ فَاحْذَرُوهُ ۚ وَاعْلَمُوا أَنَّ اللَّهَ غَفُورٌ حَلِيمٌ
Wa-lā junāḥa ʿalaykum fīmā ʿarraḍtum bihi min khiṭbati l-nisāʾi aw aknantum fī anfusikum — ʿalima llāhu annakum sa-tadhkurūnahunna wa-lākin lā tuwāʿidūhunna sirran illā an taqūlū qawlan maʿrūfā — wa-lā taʿzimū ʿuqdata l-nikāḥi ḥattā yablugha l-kitābu ajalah — wa-ʿlamū anna llāha yaʿlamu mā fī anfusikum fa-ḥdharūh — wa-ʿlamū anna llāha Ghafūrun Ḥalīm Nulle faute sur vous dans ce que vous suggérez indirectement comme demande en mariage, ou ce que vous tenez caché en vous-mêmes. Allaah sait que vous allez vous souvenir d’elles — mais ne leur promettez rien en secret, sinon de tenir un propos que la raison droite reconnaît comme juste. Et ne résolvez pas le nœud du mariage avant que le terme prescrit n’atteigne son échéance. Sachez qu’Allaah connaît ce qu’il y a en vous-mêmes — prémunissez-vous-en. Et sachez qu’Allaah est al-Ghafūr, al-Ḥalīm.

Notes lexicales

يُتَوَفَّوْنَ yutawaffawna — racine w-f-y : parachever, rappeler à complétude. Note lexicale. Le Coran désigne la mort par ce terme au passif — être rappelé/repris en plénitude — plutôt que par un terme signifiant directement « mourir » ; un euphémisme lexical du texte lui-même, non une addition du traducteur. يَذَرُونَ yadharūna — laisser derrière soi, délaisser. أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ وَعَشْرًا arbaʿata ashhurin wa-ʿashrā — quatre mois et dix jours : durée fixée sans justification donnée par le texte — un non-dit. عَرَّضْتُم ʿarraḍtum — forme II de ʿ-r-ḍ (déjà rencontré au sens d’obstacle, S2:224) : ici au sens dérivé de suggérer indirectement, allusion transversale sans énoncé direct. خِطْبَة khiṭba — racine kh-ṭ-b : l’adresse formelle, la demande en mariage. أَكْنَنتُمْ aknantum — racine k-n-n : abriter, tenir dissimulé en soi. تُوَاعِدُوهُنَّ tuwāʿidūhunna — racine w-ʿ-d : promettre mutuellement — le texte interdit la promesse secrète, non l’allusion elle-même déjà autorisée au début du verset. عُقْدَةُ النِّكَاح ʿuqdatu l-nikāḥ — le nœud du mariage : racine ʿ-q-d, nouer fermement — image du lien contractuel. حَلِيم Ḥalīm — déjà validé (Bloc VIII) : retenue qui diffère la rétribution, jamais « indulgent » au sens affectif. Ce que le texte dit : l’allusion à une intention de mariage future est permise pendant l’ʿidda de la veuve, mais toute promesse ferme et secrète est exclue jusqu’au terme prescrit. Ce que le texte ne dit pas : il ne précise pas la forme concrète que doit prendre l’allusion autorisée, au-delà de sa distinction d’avec la promesse secrète.

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Ṭalāq avant consommation — mutʿa et moitié de dot · S2:236–237

S.2:236
لَّا جُنَاحَ عَلَيْكُمْ إِن طَلَّقْتُمُ النِّسَاءَ مَا لَمْ تَمَسُّوهُنَّ أَوْ تَفْرِضُوا لَهُنَّ فَرِيضَةً ۚ وَمَتِّعُوهُنَّ عَلَى الْمُوسِعِ قَدَرُهُ وَعَلَى الْمُقْتِرِ قَدَرُهُ مَتَاعًا بِالْمَعْرُوفِ ۖ حَقًّا عَلَى الْمُحْسِنِينَ
Lā junāḥa ʿalaykum in ṭallaqtumu l-nisāʾa mā lam tamassūhunna aw tafriḍū lahunna farīḍah — wa-mattiʿūhunna ʿalā l-mūsiʿi qadaruhu wa-ʿalā l-muqtiri qadaruhu matāʿan bi-l-maʿrūf — ḥaqqan ʿalā l-muḥsinīn Nulle faute sur vous si vous répudiez les femmes avant de les avoir touchées ou de leur avoir fixé une farīḍa. Mais accordez-leur un don — à l’aisé selon sa mesure, à celui aux moyens resserrés selon sa mesure — un don selon le maʿrūf, un dû pour les muḥsinīn.
S.2:237
وَإِن طَلَّقْتُمُوهُنَّ مِن قَبْلِ أَن تَمَسُّوهُنَّ وَقَدْ فَرَضْتُمْ لَهُنَّ فَرِيضَةً فَنِصْفُ مَا فَرَضْتُمْ إِلَّا أَن يَعْفُونَ أَوْ يَعْفُوَ الَّذِي بِيَدِهِ عُقْدَةُ النِّكَاحِ ۚ وَأَن تَعْفُوا أَقْرَبُ لِلتَّقْوَىٰ ۚ وَلَا تَنسَوُا الْفَضْلَ بَيْنَكُمْ ۚ إِنَّ اللَّهَ بِمَا تَعْمَلُونَ بَصِيرٌ
Wa-in ṭallaqtumūhunna min qabli an tamassūhunna wa-qad faraḍtum lahunna farīḍatan fa-niṣfu mā faraḍtum illā an yaʿfūna aw yaʿfuwa lladhī bi-yadihi ʿuqdatu l-nikāḥ — wa-an taʿfū aqrabu li-l-taqwā — wa-lā tansawu l-faḍla baynakum — inna llāha bi-mā taʿmalūna baṣīr Et si vous les répudiez avant de les avoir touchées, alors que vous leur aviez fixé une farīḍa, la moitié de ce que vous avez fixé — sauf si elles y renoncent, ou si celui entre les mains de qui est le nœud du mariage y renonce. Et que vous renonciez est plus proche de la taqwā. N’oubliez pas le faḍl entre vous. Allaah est voyant de ce que vous faites.

Notes lexicales

تَمَسُّوهُنَّ tamassūhunna — racine m-s-s : toucher — euphémisme standard du texte coranique pour le rapport conjugal, non une addition du traducteur. فَرِيضَة farīḍa — déjà validé (f-r-ḍ, S2:197 : fixer fermement) : ici la dot fixée par contrat. مَتِّعُوهُنَّ mattiʿūhunna — déjà validé (m-t-ʿ, S2:36, S2:196) : accorder une jouissance/un don compensatoire. الْمُوسِع / الْمُقْتِر al-mūsiʿ / al-muqtir — l’aisé (racine w-s-ʿ, déjà rencontrée) et celui dont les moyens sont resserrés (q-t-r : resserrement) — le don est proportionné à la capacité réelle de chacun. الْمُحْسِنِين al-muḥsinīn — déjà validé (ḥ-s-n) : ceux qui accomplissent l’excellence dans l’acte. نِصْف niṣf — la moitié, partage égal en deux. يَعْفُونَ / يَعْفُوَ yaʿfūna / yaʿfuwa — déjà validé (ʿ-f-w) : ici au sens de renoncer à sa part, lever ce qui était dû. الْفَضْل al-faḍl — déjà validé (f-ḍ-l, S2:47, S2:198) : le surplus, la faveur accordée au-delà du strict dû. Ce que le texte dit : une distinction claire entre ṭalāq avant consommation sans dot fixée (simple don compensatoire proportionné aux moyens) et ṭalāq avant consommation avec dot fixée (moitié due, sauf renoncement d’une des parties), le renoncement étant présenté comme plus proche de la taqwā. Ce que le texte ne dit pas : il ne précise pas qui, concrètement, détient « le nœud du mariage » au-delà de la formule elle-même — un point qui a suscité des lectures juridiques divergentes hors du texte lui-même.

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Rappel de la ṣalāt · S2:238–239

S.2:238
حَافِظُوا عَلَى الصَّلَوَاتِ وَالصَّلَاةِ الْوُسْطَىٰ وَقُومُوا لِلَّهِ قَانِتِينَ
Ḥāfiẓū ʿalā l-ṣalawāti wa-l-ṣalāti l-wusṭā wa-qūmū li-llāhi qānitīn Gardez avec constance les ṣalawāt, et la ṣalāt médiane, et tenez-vous devant Allaah dans la qunūt.
S.2:239
فَإِنْ خِفْتُمْ فَرِجَالًا أَوْ رُكْبَانًا ۖ فَإِذَا أَمِنتُمْ فَاذْكُرُوا اللَّهَ كَمَا عَلَّمَكُم مَّا لَمْ تَكُونُوا تَعْلَمُونَ
Fa-in khiftum fa-rijālan aw rukbānā — fa-idhā amintum fa-dhkurū llāha kamā ʿallamakum mā lam takūnū taʿlamūn Et si vous craignez, alors debout ou en chevauchant — puis lorsque vous êtes en sécurité, convoquez Allaah comme Il vous a enseigné ce que vous ne saviez pas.

Notes lexicales

حَافِظُوا ḥāfiẓū — racine ḥ-f-ẓ : garder, préserver avec une vigilance constante qui maintient intact. الصَّلَاة الْوُسْطَىٰ al-ṣalāt al-wusṭā — racine w-s-ṭ : ce qui est médian, central. Non-dit assumé. Le texte ne nomme pas laquelle des ṣalawāt est visée par « la médiane » — la question reste, à ce stade du texte lui-même, sans réponse univoque ; ce point relève d’une élaboration extérieure au verset. قَانِتِين qānitīn — déjà validé (q-n-t, S2:116) : se tenir dans la soumission constante. رِجَالًا أَوْ رُكْبَانًا rijālan aw rukbānan — debout (à pied) ou à dos de monture (r-k-b, chevaucher) : deux postures alternatives autorisées en contexte de crainte, sans détail supplémentaire sur la forme précise que prend alors la ṣalāt. Ce que le texte dit : une continuité de la ṣalāt est requise même en situation de danger, sous une forme allégée dans sa posture. Ce que le texte ne dit pas : il ne détaille ni la ṣalāt médiane ni la forme exacte de la ṣalāt en marche/à cheval au-delà de cette mention.

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Legs de la veuve et clôture · S2:240–242

S.2:240
وَالَّذِينَ يُتَوَفَّوْنَ مِنكُمْ وَيَذَرُونَ أَزْوَاجًا وَصِيَّةً لِّأَزْوَاجِهِم مَّتَاعًا إِلَى الْحَوْلِ غَيْرَ إِخْرَاجٍ ۚ فَإِنْ خَرَجْنَ فَلَا جُنَاحَ عَلَيْكُمْ فِي مَا فَعَلْنَ فِي أَنفُسِهِنَّ مِن مَّعْرُوفٍ ۗ وَاللَّهُ عَزِيزٌ حَكِيمٌ
Wa-lladhīna yutawaffawna minkum wa-yadharūna azwājan waṣiyyatan li-azwājihim matāʿan ilā l-ḥawli ghayra ikhrāj — fa-in kharajna fa-lā junāḥa ʿalaykum fī mā faʿalna fī anfusihinna min maʿrūf — wa-llāhu ʿAzīzun Ḥakīm Et ceux d’entre vous qui sont rappelés à leur terme et laissent des épouses — une waṣiyya en faveur de leurs épouses : un don jusqu’à l’année pleine, sans les faire sortir. Si elles sortent d’elles-mêmes, nulle faute sur vous en ce qu’elles font pour elles-mêmes selon le maʿrūf. Allaah est al-ʿAzīz, al-Ḥakīm.
S.2:241
وَلِلْمُطَلَّقَاتِ مَتَاعٌ بِالْمَعْرُوفِ ۖ حَقًّا عَلَى الْمُتَّقِينَ
Wa-li-l-muṭallaqāti matāʿun bi-l-maʿrūf — ḥaqqan ʿalā l-muttaqīn Et pour les femmes répudiées, un don selon le maʿrūf — un dû pour les muttaqīn.
S.2:242
كَذَٰلِكَ يُبَيِّنُ اللَّهُ لَكُمْ آيَاتِهِ لَعَلَّكُمْ تَعْقِلُونَ
Ka-dhālika yubayyinu llāhu lakum āyātihi laʿallakum taʿqilūn Ainsi Allaah vous explicite Ses āyāt, afin que vous exerciez votre ʿaql.

Notes lexicales

وَصِيَّة waṣiyya — déjà validée (w-ṣ-y, S2:180 : relier une volonté énoncée à sa réalisation) : ici un legs en faveur de l’épouse survivante. إِلَى الْحَوْل ilā l-ḥawl — jusqu’à l’année pleine (ḥ-w-l déjà rencontré, S2:233). غَيْرَ إِخْرَاج ghayra ikhrāj — sans expulsion : la veuve n’est pas contrainte de quitter le domicile durant cette année, sans que le texte n’impose l’inverse si elle choisit de partir. مُتَاع matāʿ — déjà validé (m-t-ʿ) : don, jouissance accordée — même terme employé en S2:236 pour la femme répudiée avant consommation, ici étendu à la veuve puis, en S2:241, généralisé à toute femme répudiée. لَعَلَّكُمْ تَعْقِلُون laʿallakum taʿqilūn — lecture finaliste uniforme (voir Bloc VII, banque lexicale) : « afin que vous exerciez votre ʿaql » — racine ʿ-q-l déjà validée (S2:164, S2:170–171 : lier causes et effets). Ce que le texte dit : un droit de legs d’un an pour la veuve, et un don généralisé à toute femme répudiée, clôturant l’ensemble du passage sur le ṭalāq par un rappel de sa fonction : rendre les āyāt explicites pour que l’ʿaql s’exerce. Ce que le texte ne dit pas : il ne précise pas l’articulation exacte entre ce legs d’un an (S2:240) et l’ʿidda de quatre mois et dix jours déjà fixée en S2:234 — l’articulation entre les deux dispositions relève d’une élaboration juridique postérieure, non du texte lui-même à ce stade.


Barāʾa du bloc

Cette étude est conduite selon la méthode islamducoran.fr : lecture intra-coranique exclusive, lexicographie arabe classique (Farāhīdī, Ibn Fāris, Ibn Manẓūr), discipline du dit / non-dit / inférence. Elle n’est pas prescriptive et reste révisable à la lumière du texte. L’unique garant de la compréhension est Allaah.

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