Structure du Bloc II. Ce bloc s’articule en deux grands ensembles : le récit de la création de l’humain et la mise à l’épreuve d’Ādam (S.2:30–39), puis le long discours adressé aux descendants d’Isrāʾīl rappelant les bienfaits d’Allaah et les manquements répétés (S.2:40–74).
Ādam, les malāʾika, Iblīs · S2:30–39
S.2:30 · L’instauration du khalīfa sur terre
S.2:30
وَإِذْ قَالَ رَبُّكَ لِلْمَلَائِكَةِ إِنِّي جَاعِلٌ فِي الْأَرْضِ خَلِيفَةً ۖ قَالُوا أَتَجْعَلُ فِيهَا مَن يُفْسِدُ فِيهَا وَيَسْفِكُ الدِّمَاءَ وَنَحْنُ نُسَبِّحُ بِحَمْدِكَ وَنُقَدِّسُ لَكَ ۖ قَالَ إِنِّي أَعْلَمُ مَا لَا تَعْلَمُونَ
Wa-idh qāla rabbuka li-l-malāʾikati innī jāʿilun fī l-arḍi khalīfatan · qālū a-tajʿalu fīhā man yufsidu fīhā wa-yasfiku d-dimāʾa wa-naḥnu nusabbiḥu bi-ḥamdika wa-nuqaddisu laka · qāla innī aʿlamu mā lā taʿlamūn
Et quand ton Rabb dit aux malāʾika : « Je vais établir sur la terre un khalīfa » — ils dirent : « Vas-Tu y établir des êtres qui y répandront la corruption et verseront le sang, alors que nous accomplissons le tasbīḥ en Ta ḥamd et Te sanctifions ? » — Il dit : « Je sais ce que vous ne savez pas. »
Notes lexicales
- khalīfa — racine kh-l-f : celui qui vient après, qui succède, qui représente. Inférence : le khalīfa est souvent interprété comme « vicaire de Dieu sur terre ». Le texte dit seulement khalīfa fī l-arḍ — un successeur/représentant sur la terre. La nature précise de cette succession n’est pas explicitée.
- malāʾika — racine l-ʾ-k : les envoyés, ceux qui portent un message. Conservé en translittération.
- man yufsidu fīhā — man : pronom collectif englobant une catégorie, non un individu. Les malāʾika anticipent un comportement général. Le texte dit : un être qui répandrait la corruption. Non-dit : que tous les humains corrompent.
S.2:31–34 · Les noms · L’aveu · La prosternation
S.2:31
وَعَلَّمَ آدَمَ الْأَسْمَاءَ كُلَّهَا ثُمَّ عَرَضَهُمْ عَلَى الْمَلَائِكَةِ فَقَالَ أَنبِئُونِي بِأَسْمَاءِ هَٰؤُلَاءِ إِن كُنتُمْ صَادِقِينَ
Wa-ʿallama Ādama l-asmāʾa kullahā thumma ʿaraḍahum ʿalā l-malāʾikati fa-qāla anbiʾūnī bi-asmāʾi hāʾulāʾi in kuntum ṣādiqīn
Et Il enseigna à Ādam tous les noms ; puis Il les présenta aux malāʾika et dit : « Informez-moi des noms de ceux-là, si vous êtes véridiques. »
S.2:32
قَالُوا سُبْحَانَكَ لَا عِلْمَ لَنَا إِلَّا مَا عَلَّمْتَنَا ۖ إِنَّكَ أَنتَ الْعَلِيمُ الْحَكِيمُ
Qālū subḥānaka lā ʿilma lanā illā mā ʿallamtanā innaka anta l-ʿalīmu l-ḥakīm
Ils dirent : « Subḥānaka — nulle connaissance pour nous sinon ce que Tu nous as enseigné — Tu es al-ʿalīmu l-ḥakīm. »
Note lexicale
- subḥāna — racine s-b-ḥ : nager, se mouvoir librement dans un vaste espace. Subḥāna llāh : ce que l’on peut dire lorsqu’on parle d’Allaah comme entièrement dégagé de toute limitation, entièrement au-delà de toute imperfection. Non traduit : « gloire à » introduit une connotation de laudatio étrangère à la racine.
S.2:33
قَالَ يَا آدَمُ أَنبِئْهُم بِأَسْمَائِهِمْ ۖ فَلَمَّا أَنبَأَهُم بِأَسْمَائِهِمْ قَالَ أَلَمْ أَقُل لَّكُمْ إِنِّي أَعْلَمُ غَيْبَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَأَعْلَمُ مَا تُبْدُونَ وَمَا كُنتُمْ تَكْتُمُونَ
Qāla yā Ādamu anbiʾhum bi-asmāʾihim · fa-lammā anbaʾahum bi-asmāʾihim qāla a-lam aqul lakum innī aʿlamu ghayba s-samāwāti wa-l-arḍi wa-aʿlamu mā tubdūna wa-mā kuntum taktumūn
Il dit : « Ô Ādam, informe-les de leurs noms. » Quand il les eut informés de leurs noms, Il dit : « Ne vous ai-Je pas dit que Je connais le ghayb des cieux et de la terre, et que Je sais ce que vous exprimez et ce que vous dissimuliez ? »
S.2:34
وَإِذْ قُلْنَا لِلْمَلَائِكَةِ اسْجُدُوا لِآدَمَ فَسَجَدُوا إِلَّا إِبْلِيسَ أَبَىٰ وَاسْتَكْبَرَ وَكَانَ مِنَ الْكَافِرِينَ
Wa-idh qulnā li-l-malāʾikati sjudū li-Ādama fa-sajadū illā Iblīsa abā wa-stakbara wa-kāna mina l-kāfirīn
Et quand Nous dîmes aux malāʾika : « Prosternez-vous devant Ādam » — ils se prosternèrent, sauf Iblīs : il refusa, s’enorgueillit, et il fut parmi les kāfirīn.
S.2:35–39 · La demeure · La chute · Le repentir · La guidance
S.2:35
وَقُلْنَا يَا آدَمُ اسْكُنْ أَنتَ وَزَوْجُكَ الْجَنَّةَ وَكُلَا مِنْهَا رَغَدًا حَيْثُ شِئْتُمَا وَلَا تَقْرَبَا هَٰذِهِ الشَّجَرَةَ فَتَكُونَا مِنَ الظَّالِمِينَ
Wa-qulnā yā Ādamu skun anta wa-zawjuka l-jannata wa-kulā minhā raghadam ḥaythu shiʾtumā wa-lā taqrabā hādhihi sh-shajarata fa-takūnā mina ẓ-ẓālimīn
Nous dîmes : « Ô Ādam, demeure toi et ton épouse dans la janna et mangez-en librement où vous voudrez — mais n’approchez pas cet arbre, autrement vous seriez des ẓālimīn. »
Note lexicale
- ẓālimīn — racine ẓ-l-m : obscurité, déplacement d’une chose hors de sa place juste. Al-Farāhīdī : waḍʿ al-shayʾ fī ghayri mawḍiʿihi — placer une chose là où elle n’a pas sa place. Non simplement « injustes » : le ẓulm est un désordre ontologique, un déséquilibre.
S.2:36
فَأَزَلَّهُمَا الشَّيْطَانُ عَنْهَا فَأَخْرَجَهُمَا مِمَّا كَانَا فِيهِ ۖ وَقُلْنَا اهْبِطُوا بَعْضُكُمْ لِبَعْضٍ عَدُوٌّ ۖ وَلَكُمْ فِي الْأَرْضِ مُسْتَقَرٌّ وَمَتَاعٌ إِلَىٰ حِينٍ
Fa-azallahumā sh-shayṭānu ʿanhā fa-akhrajahumā mimmā kānā fīhi wa-qulnā hbiṭū baʿḍukum li-baʿḍin ʿaduwwun wa-lakum fī l-arḍi mustaqarrun wa-matāʿun ilā ḥīn
Alors le shayṭān les fit glisser hors d’elle et les fit sortir de là où ils se trouvaient. Nous dîmes : « Descendez — vous serez mutuellement ennemis. À vous sur la terre une demeure et une jouissance jusqu’à un terme fixé. »
S.2:37
فَتَلَقَّىٰ آدَمُ مِن رَّبِّهِ كَلِمَاتٍ فَتَابَ عَلَيْهِ ۚ إِنَّهُ هُوَ التَّوَّابُ الرَّحِيمُ
Fa-talaqqā Ādamu min rabbihi kalimātin fa-tāba ʿalayhi innahu huwa t-tawwābu r-raḥīm
Alors Ādam reçut de son Rabb des kalimāt, et Il (Allaah) accueillit son retour — Il est at-Tawwāb, le raḥīm.
Note lexicale
- at-Tawwāb — racine t-w-b : revenir, retourner. Tawwāb : forme d’intensité — Ce qui accueille sans cesse le retour, Ce vers qui le retour est toujours possible. Non « le Très-Repentant » (attribut du croyant) mais at-Tawwāb d’Allaah : Ce qui accueille le retour du serviteur.
S.2:38–39
قُلْنَا اهْبِطُوا مِنْهَا جَمِيعًا ۖ فَإِمَّا يَأْتِيَنَّكُم مِّنِّي هُدًى فَمَن تَبِعَ هُدَايَ فَلَا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُونَ وَالَّذِينَ كَفَرُوا وَكَذَّبُوا بِآيَاتِنَا أُولَٰئِكَ أَصْحَابُ النَّارِ ۖ هُمْ فِيهَا خَالِدُونَ
Qulnā hbiṭū minhā jamīʿan fa-immā yaʾtiyannakum minnī hudan fa-man tabiʿa hudāya fa-lā khawfun ʿalayhim wa-lā hum yaḥzanūn · Wa-lladhīna kafarū wa-kadhdhabū bi-āyātinā ulāʾika aṣḥābu n-nār hum fīhā khālidūn
Nous dîmes : « Descendez-en tous — si un guide venant de Moi vous parvient, ceux qui suivront Mon guide n’auront nulle crainte et ne seront pas attristés. » — Et ceux qui ont commis le kufr et démenti Nos āyāt — ceux-là sont les compagnons du feu, ils y demeureront en permanence.
L’appel aux descendants d’Isrāʾīl · S2:40–74
S.2:40–48 · Le pacte — les commandements — le Jour
S.2:40–41
يَا بَنِي إِسْرَائِيلَ اذْكُرُوا نِعْمَتِيَ الَّتِي أَنْعَمْتُ عَلَيْكُمْ وَأَوْفُوا بِعَهْدِي أُوفِ بِعَهْدِكُمْ وَإِيَّايَ فَارْهَبُونِ وَآمِنُوا بِمَا أَنزَلْتُ مُصَدِّقًا لِّمَا مَعَكُمْ وَلَا تَكُونُوا أَوَّلَ كَافِرٍ بِهِ ۖ وَلَا تَشْتَرُوا بِآيَاتِي ثَمَنًا قَلِيلًا وَإِيَّايَ فَاتَّقُونِ
Yā banī Isrāʾīla dhkurū niʿmatiya llatī anʿamtu ʿalaykum wa-awfū bi-ʿahdī ūfi bi-ʿahdikum wa-iyyāya fa-rhbūn · Wa-āminū bi-mā anzaltu muṣaddiqan li-mā maʿakum wa-lā takūnū awwala kāfirin bihi wa-lā tashtarū bi-āyātī thamanan qalīlan wa-iyyāya fa-ttaqūn
Ô descendants d’Isrāʾīl, rappelez-vous Mon bienfait dont Je vous ai comblés : respectez Mon pacte, Je respecterai votre pacte — et ne redoutez que Moi. — Et croyez en ce que J’ai révélé, confirmant ce qui est avec vous — ne soyez pas les premiers à le renier — et ne vendez pas Mes āyāt pour un prix dérisoire — et ne craignez que Moi.
S.2:42–44
وَلَا تَلْبِسُوا الْحَقَّ بِالْبَاطِلِ وَتَكْتُمُوا الْحَقَّ وَأَنتُمْ تَعْلَمُونَ وَأَقِيمُوا الصَّلَاةَ وَآتُوا الزَّكَاةَ وَارْكَعُوا مَعَ الرَّاكِعِينَ أَتَأْمُرُونَ النَّاسَ بِالْبِرِّ وَتَنسَوْنَ أَنفُسَكُمْ وَأَنتُمْ تَتْلُونَ الْكِتَابَ ۚ أَفَلَا تَعْقِلُونَ
Wa-lā talbisū l-ḥaqqa bi-l-bāṭili wa-taktumū l-ḥaqqa wa-antum taʿlamūn · Wa-aqīmū ṣ-ṣalāta wa-ātū z-zakāta wa-rkaʿū maʿa r-rākiʿīn · A-taʾmurūna n-nāsa bi-l-birri wa-tansawna anfusakum wa-antum tatlūna l-kitāba a-fa-lā taʿqilūn
Et ne recouvrez pas le ḥaqq de bāṭil et ne dissimulez pas le ḥaqq alors que vous savez. — Établissez la ṣalāt, faites parvenir la zakāt, et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent. — Commandez-vous aux gens le birr tout en vous oubliant vous-mêmes, alors que vous récitez le Livre ? Ne raisonnez-vous pas ?
S.2:45–48
وَاسْتَعِينُوا بِالصَّبْرِ وَالصَّلَاةِ ۚ وَإِنَّهَا لَكَبِيرَةٌ إِلَّا عَلَى الْخَاشِعِينَ الَّذِينَ يَظُنُّونَ أَنَّهُم مُّلَاقُو رَبِّهِمْ وَأَنَّهُمْ إِلَيْهِ رَاجِعُونَ يَا بَنِي إِسْرَائِيلَ اذْكُرُوا نِعْمَتِيَ الَّتِي أَنْعَمْتُ عَلَيْكُمْ وَأَنِّي فَضَّلْتُكُمْ عَلَى الْعَالَمِينَ وَاتَّقُوا يَوْمًا لَّا تَجْزِي نَفْسٌ عَن نَّفْسٍ شَيْئًا وَلَا يُقْبَلُ مِنْهَا شَفَاعَةٌ وَلَا يُؤْخَذُ مِنْهَا عَدْلٌ وَلَا هُمْ يُنصَرُونَ
Wa-staʿīnū bi-ṣ-ṣabri wa-ṣ-ṣalāti wa-innahā la-kabīratun illā ʿalā l-khāshiʿīn · Alladhīna yaẓunnūna annahum mulāqū rabbihim wa-annahum ilayhi rājiʿūn · Yā banī Isrāʾīla dhkurū niʿmatiya llatī anʿamtu ʿalaykum wa-annī faḍḍaltukum ʿalā l-ʿālamīn · Wa-ttaqū yawman lā tajzī nafsun ʿan nafsin shayʾan wa-lā yuqbalu minhā shafāʿatun wa-lā yuʾkhadhu minhā ʿadlun wa-lā hum yunṣarūn
Et cherchez appui dans le ṣabr et la ṣalāt — c’est certes lourd, sauf pour les khāshiʿīn : ceux qui ont la certitude intérieure qu’ils rencontreront leur Rabb et que c’est vers Lui qu’ils retourneront. — Ô descendants d’Isrāʾīl, rappelez-vous Mon bienfait dont Je vous ai comblés et que Je vous ai distingués au-dessus des ʿālamīn. — Et prémunissez-vous pour un Jour où nulle âme ne s’acquittera pour une autre de quoi que ce soit, nulle shafāʿa ne sera acceptée, nulle rançon ne sera prise, et ils ne seront pas secourus.
Note lexicale
- shafāʿa — racine sh-f-ʿ : al-Farāhīdī — al-izdiwāj, le fait de se joindre par deux, de former une paire. Non pas « intercession » au sens d’une plaidoirie qui arracherait une décision : le texte dit ici que nulle shafāʿa ne sera acceptée (yuqbal) en ce Jour. → Voir l’étude dédiée La shafāʿa dans le Coran.
S.2:49–66 · Les mémoires — de Firʿawn au Sabt
S.2:49–50
وَإِذْ نَجَّيْنَاكُم مِّنْ آلِ فِرْعَوْنَ يَسُومُونَكُمْ سُوءَ الْعَذَابِ يُذَبِّحُونَ أَبْنَاءَكُمْ وَيَسْتَحْيُونَ نِسَاءَكُمْ ۚ وَفِي ذَٰلِكُم بَلَاءٌ مِّن رَّبِّكُمْ عَظِيمٌ وَإِذْ فَرَقْنَا بِكُمُ الْبَحْرَ فَأَنجَيْنَاكُمْ وَأَغْرَقْنَا آلَ فِرْعَوْنَ وَأَنتُمْ تَنظُرُونَ
Wa-idh najjaynākum min āli Firʿawna yasūmūnakum sūʾa l-ʿadhābi yudhabbihūna abnāʾakum wa-yastaḥyūna nisāʾakum wa-fī dhālikum balāʾun min rabbikum ʿaẓīm · Wa-idh faraqnā bi-kumu l-baḥra fa-anjaynākum wa-aghraqnā āla Firʿawna wa-antum tanẓurūn
Et quand Nous vous avons sauvés de l’entourage de Firʿawn qui vous infligeaient le pire du châtiment — égorgeant vos fils et laissant vivre vos femmes — en cela il y avait une épreuve immense de votre Rabb. — Et quand Nous avons fendu la mer pour vous, Nous vous avons sauvés et avons noyé l’entourage de Firʿawn sous vos regards.
S.2:51–53
وَإِذْ وَاعَدْنَا مُوسَىٰ أَرْبَعِينَ لَيْلَةً ثُمَّ اتَّخَذْتُمُ الْعِجْلَ مِن بَعْدِهِ وَأَنتُمْ ظَالِمُونَ ثُمَّ عَفَوْنَا عَنكُم مِّن بَعْدِ ذَٰلِكَ لَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ وَإِذْ آتَيْنَا مُوسَى الْكِتَابَ وَالْفُرْقَانَ لَعَلَّكُمْ تَهْتَدُونَ
Wa-idh wāʿadnā Mūsā arbaʿīna laylatan thumma ttakhadhtumu l-ʿijla min baʿdihi wa-antum ẓālimūn · Thumma ʿafawnā ʿankum min baʿdi dhālika laʿallakum tashkurūn · Wa-idh ātaynā Mūsā l-kitāba wa-l-furqāna laʿallakum tahtadūn
Et quand Nous avons accordé rendez-vous à Mūsā quarante nuits — vous avez pris le ʿijl après lui, et vous étiez des ẓālimīn. — Puis Nous vous avons pardonné après cela — peut-être serez-vous reconnaissants. — Et quand Nous avons donné à Mūsā le Livre et le furqān — peut-être serez-vous guidés.
Note lexicale
- al-furqān — racine f-r-q : ce qui sépare, ce qui distingue, le critère de discernement. Ibn Fāris : al-faṣl bayna sh-shayʾayn — la séparation entre deux choses. Distinct du kitāb : le furqān est le pouvoir de discerner le vrai du faux. Conservé en translittération.
S.2:54–56
وَإِذْ قَالَ مُوسَىٰ لِقَوْمِهِ يَا قَوْمِ إِنَّكُمْ ظَلَمْتُمْ أَنفُسَكُم بِاتِّخَاذِكُمُ الْعِجْلَ فَتُوبُوا إِلَىٰ بَارِئِكُمْ فَاقْتُلُوا أَنفُسَكُمْ ذَٰلِكُمْ خَيْرٌ لَّكُمْ عِندَ بَارِئِكُمْ فَتَابَ عَلَيْكُمْ ۚ إِنَّهُ هُوَ التَّوَّابُ الرَّحِيمُ
Wa-idh qāla Mūsā li-qawmihi yā qawmi innakum ẓalamtum anfusakum bi-ttikhadhikumu l-ʿijla fa-tūbū ilā bāriʾikum fa-qtulū anfusakum dhālikum khayrun lakum ʿinda bāriʾikum fa-tāba ʿalaykum innahu huwa t-tawwābu r-raḥīm
Et quand Mūsā dit à son peuple : « Ô mon peuple, vous vous êtes causé le ẓulm à vous-mêmes en prenant le ʿijl — revenez vers votre Bāriʾ et tuez-vous les uns les autres — cela est meilleur pour vous auprès de votre Bāriʾ » — et Il accueillit votre retour — Il est at-Tawwāb, le raḥīm.
Note lexicale
- bāriʾ — racine b-r-ʾ : créer en séparant, en dégageant de la matière brute. Ibn Fāris : al-khalq ʿalā ghayri mithāl — créer sans modèle préalable. Ce que l’on peut dire lorsqu’on parle d’Allaah comme Bāriʾ : Ce qui crée en distinguant, en dégageant la forme de la matière.
S.2:57–61
وَظَلَّلْنَا عَلَيْكُمُ الْغَمَامَ وَأَنزَلْنَا عَلَيْكُمُ الْمَنَّ وَالسَّلْوَىٰ ۖ كُلُوا مِن طَيِّبَاتِ مَا رَزَقْنَاكُمْ ۖ وَمَا ظَلَمُونَا وَلَٰكِن كَانُوا أَنفُسَهُمْ يَظْلِمُونَ
Wa-ẓallalnā ʿalaykumu l-ghamāma wa-anzalnā ʿalaykumu l-manna wa-s-salwā kulū min ṭayyibāti mā razaqnākum wa-mā ẓalamanā wa-lākin kānū anfusahum yaẓlimūn
Nous avons étendu sur vous le nuage comme ombrage, Nous avons fait descendre sur vous le mann et la salwā — mangez des bonnes choses dont Nous vous avons pourvus — et ils ne Nous ont pas causé de ẓulm, mais c’est à eux-mêmes qu’ils causaient le ẓulm.
S.2:62
إِنَّ الَّذِينَ آمَنُوا وَالَّذِينَ هَادُوا وَالنَّصَارَىٰ وَالصَّابِئِينَ مَنْ آمَنَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ وَعَمِلَ صَالِحًا فَلَهُمْ أَجْرُهُمْ عِندَ رَبِّهِمْ وَلَا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُونَ
Inna lladhīna āmanū wa-lladhīna hādū wa-n-naṣārā wa-ṣ-ṣābiʾīna man āmana bi-llāhi wa-l-yawmi l-ākhiri wa-ʿamila ṣāliḥan fa-lahum ajruhum ʿinda rabbihim wa-lā khawfun ʿalayhim wa-lā hum yaḥzanūn
Ceux qui ont cru, ceux qui ont pratiqué le judaïsme, les naṣārā et les ṣābiʾūn — quiconque parmi eux a cru en Allaah et au Jour dernier et a accompli des actes droits — à eux leur rétribution auprès de leur Rabb : nulle crainte sur eux, et ils ne seront pas attristés.
Verset pivot — S.2:62. Ce verset énonce un principe cardinal : le critère de rétribution n’est pas l’appartenance communautaire mais la foi en Allaah et au Jour dernier et l’accomplissement d’actes droits. Quatre communautés sont nommées sans hiérarchie. Non-dit : le texte ne dit pas que toutes ces communautés sont également sur la hudā — il dit que parmi toutes, man āmana wa-ʿamila ṣāliḥan recevra sa rétribution.
S.2:63–66
وَإِذْ أَخَذْنَا مِيثَاقَكُمْ وَرَفَعْنَا فَوْقَكُمُ الطُّورَ خُذُوا مَا آتَيْنَاكُم بِقُوَّةٍ وَاذْكُرُوا مَا فِيهِ لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ ثُمَّ تَوَلَّيْتُم مِّن بَعْدِ ذَٰلِكَ ۖ فَلَوْلَا فَضْلُ اللَّهِ عَلَيْكُمْ وَرَحْمَتُهُ لَكُنتُم مِّنَ الْخَاسِرِينَ
Wa-idh akhadhnā mīthāqakum wa-rafaʿnā fawqakumu ṭ-ṭūra khudhū mā ātaynākum bi-quwwatin wa-dhkurū mā fīhi laʿallakum tattaqūn · Thumma tawallaytum min baʿdi dhālika fa-lawlā faḍlu llāhi ʿalaykum wa-raḥmatuhu la-kuntum mina l-khāsirīn
Et quand Nous avons pris votre mīthāq et avons élevé le Ṭūr au-dessus de vous : « Saisissez ce que Nous vous avons donné avec force, et rappelez-vous ce qui s’y trouve — peut-être vous constituerez-vous une taqwā. » — Puis vous avez tourné le dos après cela — sans le faḍl d’Allaah sur vous et Sa raḥma, vous auriez été parmi les khāsirīn.
S.2:67–74 · L’épisode de la vache
S.2:67–71
وَإِذْ قَالَ مُوسَىٰ لِقَوْمِهِ إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُكُمْ أَن تَذْبَحُوا بَقَرَةً ۖ قَالُوا أَتَتَّخِذُنَا هُزُوًا ۖ قَالَ أَعُوذُ بِاللَّهِ أَنْ أَكُونَ مِنَ الْجَاهِلِينَ
Wa-idh qāla Mūsā li-qawmihi inna llāha yaʾmurukum an tadhbaḥū baqaratan · qālū a-tattakhidhu-nā huzuwan · qāla aʿūdhu bi-llāhi an akūna mina l-jāhilīn
Et quand Mūsā dit à son peuple : « Allaah vous ordonne d’égorger une vache » — ils dirent : « Nous prends-tu en moquerie ? » — Il dit : « Je cherche refuge en Allaah pour n’être point du nombre des jāhilīn. » — Ils demandèrent qu’elle soit précisée : ni trop vieille ni génisse, ʿawān entre les deux, d’un jaune pur réjouissant. — Ils faillirent ne pas la sacrifier.
S.2:72–74
وَإِذْ قَتَلْتُمْ نَفْسًا فَادَّارَأْتُمْ فِيهَا ۖ وَاللَّهُ مُخْرِجٌ مَّا كُنتُمْ تَكْتُمُونَ فَقُلْنَا اضْرِبُوهُ بِبَعْضِهَا ۚ كَذَٰلِكَ يُحْيِي اللَّهُ الْمَوْتَىٰ وَيُرِيكُمْ آيَاتِهِ لَعَلَّكُمْ تَعْقِلُونَ ثُمَّ قَسَتْ قُلُوبُكُم مِّن بَعْدِ ذَٰلِكَ فَهِيَ كَالْحِجَارَةِ أَوْ أَشَدُّ قَسْوَةً
Wa-idh qataltum nafsan fa-ddāraʾtum fīhā wa-llāhu mukhrijun mā kuntum taktumūn · Fa-qulnā iḍribūhu bi-baʿḍihā ka-dhālika yuḥyī llāhu l-mawtā wa-yurīkum āyātihi laʿallakum taʿqilūn · Thumma qasat qulūbukum min baʿdi dhālika fa-hiya ka-l-ḥijārati aw ashaddu qaswatan
Et quand vous avez tué une âme et vous en êtes rejeté la responsabilité — Allaah fait sortir ce que vous dissimuliez. — Nous avons dit : « Frappez-le avec une partie d’elle. » Ainsi Allaah redonne vie aux morts et vous montre Ses āyāt — peut-être raisonnerez-vous. — Puis vos cœurs se sont durcis après cela — ils sont comme les pierres ou encore plus durs en dureté. Or parmi les pierres il en est d’où jaillissent les fleuves, il en est qui se fendent et d’où sort l’eau, et il en est qui s’effondrent par khashya d’Allaah — et Allaah n’est pas inattentif à ce que vous faites.
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