Structure du Bloc III. Ce bloc poursuit l’adresse aux descendants d’Isrāʾīl en documentant trois comportements : la falsification délibérée de la parole d’Allaah (S.2:75–86), le refus répété des envoyés (S.2:87–103), et l’épisode de la sorcellerie à Bābil comme exemple de ce qui nuit.
Falsification et maladie du cœur · S2:75–86
S.2:75–77 · La falsification consciente
S.2:75
أَفَتَطْمَعُونَ أَن يُؤْمِنُوا لَكُمْ وَقَدْ كَانَ فَرِيقٌ مِّنْهُمْ يَسْمَعُونَ كَلَامَ اللَّهِ ثُمَّ يُحَرِّفُونَهُ مِن بَعْدِ مَا عَقَلُوهُ وَهُمْ يَعْلَمُونَ
A-fa-taṭmaʿūna an yuʾminū lakum wa-qad kāna farīqun minhum yasmaʿūna kalāma llāhi thumma yuḥarrifūnahu min baʿdi mā ʿaqalūhu wa-hum yaʿlamūn
Espérez-vous qu’ils vous croient alors qu’un groupe d’entre eux entendait la parole d’Allaah puis la déformait après l’avoir pleinement intégré par leur raison, en pleine conscience ?
Notes lexicales
- yuḥarrifūna
- racine *ḥ-r-f* : dévier, faire pencher vers un bord. *Taḥrīf* : déplacement du sens vers une lisière, altération qui conserve l'apparence de l'original tout en le déviant. Distinct de la suppression (*ikhfāʾ*) et de la fabrication (*iftirāʾ*).
S.2:76–77
وَإِذَا لَقُوا الَّذِينَ آمَنُوا قَالُوا آمَنَّا وَإِذَا خَلَا بَعْضُهُمْ إِلَىٰ بَعْضٍ قَالُوا أَتُحَدِّثُونَهُم بِمَا فَتَحَ اللَّهُ عَلَيْكُمْ لِيُحَاجُّوكُم بِهِ عِندَ رَبِّكُمْ ۚ أَفَلَا تَعْقِلُونَ أَوَلَا يَعْلَمُونَ أَنَّ اللَّهَ يَعْلَمُ مَا يُسِرُّونَ وَمَا يُعْلِنُونَ
Wa-idhā laqū lladhīna āmanū qālū āmannā wa-idhā khalā baʿḍuhum ilā baʿḍin qālū a-tuḥaddithūnahum bi-mā fataḥa llāhu ʿalaykum li-yuḥājjūkum bihi ʿinda rabbikum a-fa-lā taʿqilūn · A-wa-lā yaʿlamūna anna llāha yaʿlamu mā yusirrūna wa-mā yuʿlinūn
Quand ils rencontrent ceux qui croient, ils disent : « Nous croyons » ; mais quand certains se retirent avec d’autres, ils disent : « Leur parlez-vous de ce qu’Allaah vous a dévoilé, pour qu’ils vous en fassent argument auprès de votre Rabb ? Ne raisonnez-vous pas ! » — Ne savent-ils pas qu’Allaah sait ce qu’ils taisent et ce qu’ils proclament ?
Notes lexicales
- fataḥa ʿalaykum
- racine *f-t-ḥ* : ouvrir ce qui était fermé. Avec la préposition *ʿalā* et Allaah pour sujet, le verbe dit qu'Allaah ouvre devant quelqu'un ce qui lui était clos : il lui met à découvert ce qui était caché. D'où « dévoiler », plutôt que « ouvrir sur vous », qui ne dit rien de ce qui est ouvert. Le verset ne précise pas ce qui a été ainsi dévoilé : un **non-dit**.
S.2:78–86 · Ummiyyūn, falsification écrite, contradiction du Livre
S.2:78
وَمِنْهُمْ أُمِّيُّونَ لَا يَعْلَمُونَ الْكِتَابَ إِلَّا أَمَانِيَّ وَإِنْ هُمْ إِلَّا يَظُنُّونَ
Wa-minhum ummiyyūna lā yaʿlamūna l-kitāba illā amāniyya wa-in hum illā yaẓunnūn
Parmi eux des ummiyyūn qui ne connaissent le Livre que par des amānī — ils ne font que conjecturer.
S.2:79
فَوَيْلٌ لِلَّذِينَ يَكْتُبُونَ الْكِتَابَ بِأَيْدِيهِمْ ثُمَّ يَقُولُونَ هَٰذَا مِنْ عِنْدِ اللَّهِ لِيَشْتَرُوا بِهِ ثَمَنًا قَلِيلًا ۖ فَوَيْلٌ لَهُمْ مِمَّا كَتَبَتْ أَيْدِيهِمْ وَوَيْلٌ لَهُمْ مِمَّا يَكْسِبُونَ
Fa-waylun li-lladhīna yaktubūna l-kitāba bi-aydīhim thumma yaqūlūna hādhā min ʿindi llāhi li-yashtarū bihi thamanan qalīlan fa-waylun lahum mimmā katabat aydīhim wa-waylun lahum mimmā yaksibūn
Waylun à ceux qui écrivent le Livre de leurs propres mains puis disent : « Ceci vient d’Allaah Lui-même » pour en tirer un prix dérisoire. Waylun à eux pour ce que leurs mains ont écrit, et waylun à eux pour ce qu’ils acquièrent.
Notes lexicales
- wayl / waylun
- racine *w-y-l* : interjection de malheur, adressée à quelqu'un pour dire sa perte ou sa ruine. Ibn Fāris (Maqāyīs) rattache la racine à l'idée de chute et de perte irrémédiable — non à un simple regret, mais à une déploration qui vaut constat de perte. Conservé en translittération : aucun mot français unique ne porte à la fois cette plainte et cette sanction — « malheur à » s'en approche sans en couvrir tout le champ. Voir aussi son emploi dans l'étude Les muttaqūn.
Notes lexicales
- ummiyyūn
- racine *ʾ-m-m* : les gens de l'*umma* non scripturaire, ceux qui n'ont pas reçu de Livre. Dans ce contexte, les *ummiyyūn* parmi les descendants d'Isrāʾīl sont ceux qui ne connaissent pas directement le Livre — contrairement aux savants qui le falsifient en connaissance de cause. → Voir l'étude dédiée Ummī dans le Coran.
S.2:80
وَقَالُوا لَنْ تَمَسَّنَا النَّارُ إِلَّا أَيَّامًا مَعْدُودَةً ۚ قُلْ أَتَّخَذْتُمْ عِنْدَ اللَّهِ عَهْدًا فَلَنْ يُخْلِفَ اللَّهُ عَهْدَهُ ۖ أَمْ تَقُولُونَ عَلَى اللَّهِ مَا لَا تَعْلَمُونَ
Wa-qālū lan tamassanā n-nāru illā ayyāman maʿdūdatan · qul a-ttakhadhtum ʿinda llāhi ʿahdan fa-lan yukhlifa llāhu ʿahdahu am taqūlūna ʿalā llāhi mā lā taʿlamūn
Et ils dirent : « Le feu ne nous touchera que quelques jours comptés. » — Dis : « Avez-vous pris auprès d’Allaah un ʿahd — car Allaah ne manquera pas à Son ʿahd — ou dites-vous sur Allaah ce que vous ne savez pas ? »
Notes lexicales
- ʿahd
- racine *ʿ-h-d* : engagement pris, garantie donnée, ce à quoi on s'astreint envers un autre. Le verset ne dit pas la nature exacte de cet *ʿahd* que ce groupe prétend avoir pris auprès d'Allaah : un **non-dit**. Conservé en translittération : « pacte » ou « alliance » restreignent la racine à un seul registre (politique ou religieux), quand *ʿahd* couvre l'un et l'autre.
S.2:81
بَلَىٰ مَنْ كَسَبَ سَيِّئَةً وَأَحَاطَتْ بِهِ خَطِيئَتُهُ فَأُولَٰئِكَ أَصْحَابُ النَّارِ ۖ هُمْ فِيهَا خَالِدُونَ
Balā man kasaba sayyiʾatan wa-aḥāṭat bihi khaṭīʾatuhu fa-ulāʾika aṣḥābu n-nāri hum fīhā khālidūn
Bien au contraire : quiconque acquiert une mauvaise action et que sa khaṭīʾa l’a encerclé — ceux-là sont les gens du feu, ils y demeureront éternellement.
S.2:82
وَالَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ أُولَٰئِكَ أَصْحَابُ الْجَنَّةِ ۖ هُمْ فِيهَا خَالِدُونَ
Wa-lladhīna āmanū wa-ʿamilū ṣ-ṣāliḥāti ulāʾika aṣḥābu l-jannati hum fīhā khālidūn
Ceux qui ont cru et accompli des actes droits — ceux-là sont les gens de la janna, ils y demeureront éternellement.
S.2:83
وَإِذْ أَخَذْنَا مِيثَاقَ بَنِي إِسْرَائِيلَ لَا تَعْبُدُونَ إِلَّا اللَّهَ وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا وَذِي الْقُرْبَىٰ وَالْيَتَامَىٰ وَالْمَسَاكِينِ وَقُولُوا لِلنَّاسِ حُسْنًا وَأَقِيمُوا الصَّلَاةَ وَآتُوا الزَّكَاةَ ثُمَّ تَوَلَّيْتُمْ إِلَّا قَلِيلًا مِنْكُمْ وَأَنْتُمْ مُعْرِضُونَ
Wa-idh akhadhnā mīthāqa banī Isrāʾīla lā taʿbudūna illā llāha wa-bi-l-wālidayni iḥsānan wa-dhī l-qurbā wa-l-yatāmā wa-l-masākīni wa-qūlū li-n-nāsi ḥusnan wa-aqīmū ṣ-ṣalāta wa-ātū z-zakāta thumma tawallaytum illā qalīlan minkum wa-antum muʿriḍūn
Et quand Nous avons pris le mīthāq des fils d’Isrāʾīl : « Vous ne servirez qu’Allaah — et envers les deux parents, de l’iḥsān — et envers les proches, les yatāmā et les masākīn ; dites aux gens ce qui est beau ; établissez la ṣalāt et faites parvenir la zakāt. » — Puis vous avez tourné le dos, sauf un petit nombre d’entre vous, et vous vous détournez.
Notes lexicales
- iḥsān / yatāmā / masākīn
- *iḥsān* : agir avec excellence, rendre beau ce que l'on fait (racine *ḥ-s-n*) ; *yatāmā* : les orphelins ; *masākīn* : ceux que le dénuement a immobilisés (racine *s-k-n*).
- ṣalāt / zakāt
- conservés en translittération : ni « prière » ni « aumône » ne rendent le sens du texte → Voir les études dédiées sur la zakāt.
S.2:84
وَإِذْ أَخَذْنَا مِيثَاقَكُمْ لَا تَسْفِكُونَ دِمَاءَكُمْ وَلَا تُخْرِجُونَ أَنْفُسَكُمْ مِنْ دِيَارِكُمْ ثُمَّ أَقْرَرْتُمْ وَأَنْتُمْ تَشْهَدُونَ
Wa-idh akhadhnā mīthāqakum lā tasfikūna dimāʾakum wa-lā tukhrijūna anfusakum min diyārikum thumma aqrartum wa-antum tashhadūn
Et quand Nous avons pris votre mīthāq : « Vous ne verserez pas votre sang [les uns des autres] et vous ne vous expulserez pas [les uns les autres] de vos demeures. » Puis vous avez reconnu, et vous en étiez témoins.
S.2:85
ثُمَّ أَنْتُمْ هَٰؤُلَاءِ تَقْتُلُونَ أَنْفُسَكُمْ وَتُخْرِجُونَ فَرِيقًا مِنْكُمْ مِنْ دِيَارِهِمْ تَظَاهَرُونَ عَلَيْهِمْ بِالْإِثْمِ وَالْعُدْوَانِ وَإِنْ يَأْتُوكُمْ أُسَارَىٰ تُفَادُوهُمْ وَهُوَ مُحَرَّمٌ عَلَيْكُمْ إِخْرَاجُهُمْ ۚ أَفَتُؤْمِنُونَ بِبَعْضِ الْكِتَابِ وَتَكْفُرُونَ بِبَعْضٍ ۚ فَمَا جَزَاءُ مَنْ يَفْعَلُ ذَٰلِكَ مِنْكُمْ إِلَّا خِزْيٌ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا ۖ وَيَوْمَ الْقِيَامَةِ يُرَدُّونَ إِلَىٰ أَشَدِّ الْعَذَابِ ۗ وَمَا اللَّهُ بِغَافِلٍ عَمَّا تَعْمَلُونَ
Thumma antum hāʾulāʾi taqtulūna anfusakum wa-tukhrijūna farīqan minkum min diyārihim taẓāharūna ʿalayhim bi-l-ithmi wa-l-ʿudwāni wa-in yaʾtūkum usārā tufādūhum wa-huwa muḥarramun ʿalaykum ikhrājuhum a-fa-tuʾminūna bi-baʿḍi l-kitābi wa-takfurūna bi-baʿḍin fa-mā jazāʾu man yafʿalu dhālika minkum illā khizyun fī l-ḥayāti d-dunyā wa-yawma l-qiyāmati yuraddūna ilā ashaddi l-ʿadhābi wa-mā llāhu bi-ghāfilin ʿammā taʿmalūn
Puis voilà que vous vous entretuez, et vous expulsez un groupe d’entre vous de leurs demeures, en vous coalisant contre eux dans l’ithm et l’ʿudwān ; et s’ils viennent à vous captifs, vous les rachetez — alors que leur expulsion vous était interdite. Croyez-vous donc en une partie du Livre et faites-vous le kufr d’une autre ? Quelle est la rétribution de qui fait cela parmi vous, sinon une ignominie dans la vie d’ici-bas ? Et au Jour de la qiyāma, ils seront ramenés au châtiment le plus intense. Et Allaah n’est pas inattentif à ce que vous faites.
Notes lexicales
- ithm / ʿudwān
- *ithm* : la faute qui alourdit, le tort (racine *ʾ-th-m*) ; *ʿudwān* : le franchissement hostile des limites (racine *ʿ-d-w*).
- qiyāma
- racine *q-w-m* : se lever, se tenir debout ; *yawm al-qiyāma* : le Jour où l'on se lève. Le verset n'en dit ici rien de plus.
S.2:86
أُولَٰئِكَ الَّذِينَ اشْتَرَوُا الْحَيَاةَ الدُّنْيَا بِالْآخِرَةِ ۖ فَلَا يُخَفَّفُ عَنْهُمُ الْعَذَابُ وَلَا هُمْ يُنْصَرُونَ
Ulāʾika lladhīna shtarawu l-ḥayāta d-dunyā bi-l-ākhirati fa-lā yukhaffafu ʿanhumu l-ʿadhābu wa-lā hum yunṣarūn
Ceux-là sont ceux qui ont troqué la vie d’ici-bas contre l’ākhira : le châtiment ne sera pas allégé pour eux, et ils ne seront pas secourus.
Le refus répété des envoyés · S2:87–103
S.2:87–96 · Les rusul — le défi de la mort
S.2:87
وَلَقَدْ آتَيْنَا مُوسَى الْكِتَابَ وَقَفَّيْنَا مِنْ بَعْدِهِ بِالرُّسُلِ ۖ وَآتَيْنَا عِيسَى ابْنَ مَرْيَمَ الْبَيِّنَاتِ وَأَيَّدْنَاهُ بِرُوحِ الْقُدُسِ ۗ أَفَكُلَّمَا جَاءَكُمْ رَسُولٌ بِمَا لَا تَهْوَىٰ أَنْفُسُكُمُ اسْتَكْبَرْتُمْ فَفَرِيقًا كَذَّبْتُمْ وَفَرِيقًا تَقْتُلُونَ
Wa-la-qad ātaynā Mūsā l-kitāba wa-qaffaynā min baʿdihi bi-r-rusuli wa-ātaynā ʿĪsā bna Maryama l-bayyināti wa-ayyadnāhu bi-rūḥi l-qudusi a-fa-kullamā jāʾakum rasūlun bi-mā lā tahwā anfusukumu stakbartum fa-farīqan kadhdhabtum wa-farīqan taqtulūn
Et assurément Nous avons donné à Mūsā le Livre et fait suivre après lui des rusul ; et Nous avons donné à ʿĪsā fils de Maryam les preuves manifestes et l’avons soutenu par le rūḥ al-qudus. Chaque fois donc qu’un rasūl vous est venu avec ce que vos âmes ne désiraient pas, vous vous êtes montrés arrogants : un groupe, vous l’avez traité de menteur, et un autre, vous le tuez.
S.2:88
وَقَالُوا قُلُوبُنَا غُلْفٌ ۚ بَلْ لَعَنَهُمُ اللَّهُ بِكُفْرِهِمْ فَقَلِيلًا مَا يُؤْمِنُونَ
Wa-qālū qulūbunā ghulfun bal laʿanahumu llāhu bi-kufrihim fa-qalīlan mā yuʾminūn
Et ils dirent : « Nos cœurs sont ghulf. » Bien au contraire : Allaah les a maudits à cause de leur kufr — ils croient bien peu.
Notes lexicales
- ghulf
- pluriel de *aghlaf*, racine *gh-l-f* : ce qui est enveloppé dans une gaine, fermé. Conservé en translittération : l'image est celle d'un cœur qui se dit enfermé dans son étui.
- laʿanahum
- racine *l-ʿ-n* : repousser, tenir à distance.
- fa-qalīlan mā yuʾminūn
- deux lectures sont possibles : « ils sont peu nombreux à croire », ou « ce qu'ils croient est peu ». Le verset ne tranche pas.
Notes lexicales
- rūḥ al-qudus
- *rūḥ* : le souffle, la réalité spirituelle. *al-qudus* : la pureté absolue, la sainteté. Ce que l'on peut dire : le souffle de la pureté absolue. Le texte ne précise pas la nature de ce *rūḥ*. Toute identification à une entité particulière excède ce que le texte dit.
S.2:89
وَلَمَّا جَاءَهُمْ كِتَابٌ مِنْ عِنْدِ اللَّهِ مُصَدِّقٌ لِمَا مَعَهُمْ وَكَانُوا مِنْ قَبْلُ يَسْتَفْتِحُونَ عَلَى الَّذِينَ كَفَرُوا فَلَمَّا جَاءَهُمْ مَا عَرَفُوا كَفَرُوا بِهِ ۚ فَلَعْنَةُ اللَّهِ عَلَى الْكَافِرِينَ
Wa-lammā jāʾahum kitābun min ʿindi llāhi muṣaddiqun li-mā maʿahum wa-kānū min qablu yastaftiḥūna ʿalā lladhīna kafarū fa-lammā jāʾahum mā ʿarafū kafarū bihi fa-laʿnatu llāhi ʿalā l-kāfirīn
Et quand leur est venu un Livre de chez Allaah, confirmant ce qu’ils avaient avec eux — alors qu’auparavant ils demandaient l’ouverture contre ceux qui refusaient — quand ce qu’ils reconnaissaient leur est venu, ils l’ont refusé. La malédiction d’Allaah est sur les kāfirīn.
Notes lexicales
- yastaftiḥūn
- racine *f-t-ḥ* : demander une ouverture — la victoire, ou la décision. Le verset ne dit pas ce qu'ils demandaient : un **non-dit**.
S.2:90
بِئْسَمَا اشْتَرَوْا بِهِ أَنْفُسَهُمْ أَنْ يَكْفُرُوا بِمَا أَنْزَلَ اللَّهُ بَغْيًا أَنْ يُنَزِّلَ اللَّهُ مِنْ فَضْلِهِ عَلَىٰ مَنْ يَشَاءُ مِنْ عِبَادِهِ ۖ فَبَاءُوا بِغَضَبٍ عَلَىٰ غَضَبٍ ۚ وَلِلْكَافِرِينَ عَذَابٌ مُهِينٌ
Biʾsamā shtaraw bihi anfusahum an yakfurū bi-mā anzala llāhu baghyan an yunazzila llāhu min faḍlihi ʿalā man yashāʾu min ʿibādihi fa-bāʾū bi-ghaḍabin ʿalā ghaḍabin wa-li-l-kāfirīna ʿadhābun muhīn
Quel mauvais échange que celui par lequel ils ont troqué leurs âmes : refuser ce qu’Allaah a fait descendre, par baghy, parce qu’Allaah fait descendre de Son faḍl sur qui Il veut parmi Ses serviteurs. Ils sont donc revenus avec un ghaḍab sur un ghaḍab ; et aux kāfirīn, un châtiment avilissant.
Notes lexicales
- baghy
- racine *b-gh-y* : chercher à outrepasser, désirer avec excès et hostilité ; envie qui devient tort.
- muhīn
- racine *h-w-n* : ce qui abaisse, avilit.
S.2:91
وَإِذَا قِيلَ لَهُمْ آمِنُوا بِمَا أَنْزَلَ اللَّهُ قَالُوا نُؤْمِنُ بِمَا أُنْزِلَ عَلَيْنَا وَيَكْفُرُونَ بِمَا وَرَاءَهُ وَهُوَ الْحَقُّ مُصَدِّقًا لِمَا مَعَهُمْ ۗ قُلْ فَلِمَ تَقْتُلُونَ أَنْبِيَاءَ اللَّهِ مِنْ قَبْلُ إِنْ كُنْتُمْ مُؤْمِنِينَ
Wa-idhā qīla lahum āminū bi-mā anzala llāhu qālū nuʾminu bi-mā unzila ʿalaynā wa-yakfurūna bi-mā warāʾahu wa-huwa l-ḥaqqu muṣaddiqan li-mā maʿahum qul fa-lima taqtulūna anbiyāʾa llāhi min qablu in kuntum muʾminīn
Et quand on leur dit : « Croyez à ce qu’Allaah a fait descendre », ils disent : « Nous croyons à ce qui a été fait descendre sur nous » ; et ils refusent ce qui se trouve au-delà — alors que c’est le ḥaqq, confirmant ce qu’ils ont avec eux. Dis : « Pourquoi donc tuiez-vous auparavant les anbiyāʾ d’Allaah, si vous êtes croyants ? »
S.2:92
۞ وَلَقَدْ جَاءَكُمْ مُوسَىٰ بِالْبَيِّنَاتِ ثُمَّ اتَّخَذْتُمُ الْعِجْلَ مِنْ بَعْدِهِ وَأَنْتُمْ ظَالِمُونَ
Wa-la-qad jāʾakum Mūsā bi-l-bayyināti thumma ttakhadhtumu l-ʿijla min baʿdihi wa-antum ẓālimūn
Et Mūsā est venu à vous avec les preuves manifestes ; puis vous avez pris le ʿijl après lui, alors que vous étiez des ẓālimūn.
S.2:93
وَإِذْ أَخَذْنَا مِيثَاقَكُمْ وَرَفَعْنَا فَوْقَكُمُ الطُّورَ خُذُوا مَا آتَيْنَاكُمْ بِقُوَّةٍ وَاسْمَعُوا ۖ قَالُوا سَمِعْنَا وَعَصَيْنَا وَأُشْرِبُوا فِي قُلُوبِهِمُ الْعِجْلَ بِكُفْرِهِمْ ۚ قُلْ بِئْسَمَا يَأْمُرُكُمْ بِهِ إِيمَانُكُمْ إِنْ كُنْتُمْ مُؤْمِنِينَ
Wa-idh akhadhnā mīthāqakum wa-rafaʿnā fawqakumu ṭ-ṭūra khudhū mā ātaynākum bi-quwwatin wa-smaʿū qālū samiʿnā wa-ʿaṣaynā wa-ushribū fī qulūbihimu l-ʿijla bi-kufrihim qul biʾsamā yaʾmurukum bihi īmānukum in kuntum muʾminīn
Et quand Nous avons pris votre mīthāq et avons élevé le Ṭūr au-dessus de vous : « Saisissez avec force ce que Nous vous avons donné, et écoutez. » Ils dirent : « Nous avons entendu, et nous avons désobéi. » Et leurs cœurs furent abreuvés du ʿijl à cause de leur kufr. Dis : « Quel mauvais ordre que celui que votre foi vous donne, si vous êtes croyants ! »
Notes lexicales
- ushribū
- racine *sh-r-b* : faire boire, imprégner. L'image est celle d'une absorption : le *ʿijl* est décrit comme bu par les cœurs. Le verset ne dit rien de plus.
S.2:94
قُلْ إِنْ كَانَتْ لَكُمُ الدَّارُ الْآخِرَةُ عِنْدَ اللَّهِ خَالِصَةً مِنْ دُونِ النَّاسِ فَتَمَنَّوُا الْمَوْتَ إِنْ كُنْتُمْ صَادِقِينَ
Qul in kānat lakumu d-dāru l-ākhiratu ʿinda llāhi khāliṣatan min dūni n-nāsi fa-tamannaw al-mawta in kuntum ṣādiqīn
Dis : « Si la demeure de l’ākhira auprès d’Allaah vous appartient en exclusivité, à l’exclusion des autres gens — souhaitez la mort, si vous êtes véridiques. »
S.2:95
وَلَنْ يَتَمَنَّوْهُ أَبَدًا بِمَا قَدَّمَتْ أَيْدِيهِمْ ۗ وَاللَّهُ عَلِيمٌ بِالظَّالِمِينَ
Wa-lan yatamannawhu abadan bi-mā qaddamat aydīhim wa-llāhu ʿalīmun bi-ẓ-ẓālimīn
Ils ne la souhaiteront jamais, à cause de ce que leurs mains ont avancé — et rien n’échappe à Allaah au sujet des ẓālimīn.
S.2:96
وَلَتَجِدَنَّهُمْ أَحْرَصَ النَّاسِ عَلَىٰ حَيَاةٍ وَمِنَ الَّذِينَ أَشْرَكُوا ۚ يَوَدُّ أَحَدُهُمْ لَوْ يُعَمَّرُ أَلْفَ سَنَةٍ وَمَا هُوَ بِمُزَحْزِحِهِ مِنَ الْعَذَابِ أَنْ يُعَمَّرَ ۗ وَاللَّهُ بَصِيرٌ بِمَا يَعْمَلُونَ
Wa-la-tajidannahum aḥraṣa n-nāsi ʿalā ḥayātin wa-mina lladhīna ashrakū yawaddu aḥaduhum law yuʿammaru alfa sanatin wa-mā huwa bi-muzaḥziḥihi mina l-ʿadhābi an yuʿammara wa-llāhu baṣīrun bi-mā yaʿmalūn
Et tu les trouveras, plus que tous les gens, avides d’une vie — et plus encore que ceux qui ont commis le shirk. L’un d’eux voudrait qu’on lui prolonge la vie mille ans. Mais qu’on la lui prolonge ne l’éloignera pas du châtiment. Et Allaah est Baṣīr de ce qu’ils font.
Notes lexicales
- shirk
- racine *sh-r-k* : associer, partager une même part entre plusieurs. Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) : *al-shirka* — le fait d'être copropriétaire, associé dans une chose avec un autre. Le *shirk* désigne ici l'acte d'assigner à Allaah un associé, une part partagée dans ce qui Lui est propre. Cf. *[andād](/etudes/trad-s2-bloc1/#andad)* (S.2:22) : la même idée, sous un autre angle lexical — les équivalents assignés. Conservé en translittération : « polythéisme » restreint le terme à un cadre théologique construit après coup ; « association » (calque direct de la racine) reste possible mais est ici évité pour garder l'unité terminologique avec les autres occurrences du terme.
- « … et plus encore que ceux qui ont commis le shirk »
- deux lectures sont possibles : (1) ils sont plus avides de vie que tous les gens, et même que ceux qui ont commis le *shirk* ; (2) ils sont plus avides que tous les gens, et parmi ceux qui ont commis le *shirk*, l'un voudrait aussi vivre mille ans. Le verset ne tranche pas.
- Baṣīr
- racine *b-ṣ-r* : percevoir, discerner. Conservé en translittération : « voyant » installerait l'image d'un organe ; le sens retenu est que rien de ce qu'ils font ne Lui échappe.
S.2:97–103 · Jibrīl · La sorcellerie · Ce qu’aurait valu la foi
S.2:97
قُلْ مَنْ كَانَ عَدُوًّا لِجِبْرِيلَ فَإِنَّهُ نَزَّلَهُ عَلَىٰ قَلْبِكَ بِإِذْنِ اللَّهِ مُصَدِّقًا لِمَا بَيْنَ يَدَيْهِ وَهُدًى وَبُشْرَىٰ لِلْمُؤْمِنِينَ
Qul man kāna ʿaduwwan li-Jibrīla fa-innahu nazzalahu ʿalā qalbika bi-idhni llāhi muṣaddiqan li-mā bayna yadayhi wa-hudan wa-bushrā li-l-muʾminīn
Dis : « Quiconque est ennemi de Jibrīl — c’est lui qui l’a fait descendre sur ton cœur avec la permission d’Allaah, confirmant ce qui est devant lui, et guidance et annonce heureuse pour les croyants. »
S.2:98
مَنْ كَانَ عَدُوًّا لِلَّهِ وَمَلَائِكَتِهِ وَرُسُلِهِ وَجِبْرِيلَ وَمِيكَالَ فَإِنَّ اللَّهَ عَدُوٌّ لِلْكَافِرِينَ
Man kāna ʿaduwwan li-llāhi wa-malāʾikatihi wa-rusulihi wa-Jibrīla wa-Mīkāla fa-inna llāha ʿaduwwun li-l-kāfirīn
Quiconque est ennemi d’Allaah, de Ses malāʾika, de Ses envoyés, de Jibrīl et de Mīkāl — Allaah est ennemi des kāfirīn.
S.2:99
وَلَقَدْ أَنْزَلْنَا إِلَيْكَ آيَاتٍ بَيِّنَاتٍ ۖ وَمَا يَكْفُرُ بِهَا إِلَّا الْفَاسِقُونَ
Wa-la-qad anzalnā ilayka āyātin bayyinātin wa-mā yakfuru bihā illā l-fāsiqūn
Et Nous avons assurément fait descendre vers toi des āyāt manifestes, et nul n’en fait le kufr sinon les fāsiqūn.
S.2:100–101
أَوَكُلَّمَا عَاهَدُوا عَهْدًا نَّبَذَهُ فَرِيقٌ مِّنْهُمْ ۚ بَلْ أَكْثَرُهُمْ لَا يُؤْمِنُونَ وَلَمَّا جَاءَهُمْ رَسُولٌ مِّنْ عِندِ اللَّهِ مُصَدِّقٌ لِّمَا مَعَهُمْ نَبَذَ فَرِيقٌ مِّنَ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ كِتَابَ اللَّهِ وَرَاءَ ظُهُورِهِمْ كَأَنَّهُمْ لَا يَعْلَمُونَ
A-wa-kullamā ʿāhadū ʿahdan nabadha-hu farīqun minhum bal aktharuhum lā yuʾminūn · Wa-lammā jāʾahum rasūlun min ʿindi llāhi muṣaddiqun li-mā maʿahum nabadha farīqun mina lladhīna ūtū l-kitāba kitāba llāhi warāʾa ẓuhūrihim ka-annahum lā yaʿlamūn
Chaque fois qu’ils concluaient un ʿahd, un groupe d’entre eux le jetait — non, la plupart d’entre eux ne croient pas. — Quand leur est venu un rasūl de chez Allaah confirmant ce qui était avec eux, un groupe parmi ceux à qui le Livre avait été donné a jeté le Livre d’Allaah derrière leur dos — comme s’ils ne savaient pas.
S.2:102
وَاتَّبَعُوا مَا تَتْلُو الشَّيَاطِينُ عَلَىٰ مُلْكِ سُلَيْمَانَ ۖ وَمَا كَفَرَ سُلَيْمَانُ وَلَٰكِنَّ الشَّيَاطِينَ كَفَرُوا يُعَلِّمُونَ النَّاسَ السِّحْرَ وَمَا أُنْزِلَ عَلَى الْمَلَكَيْنِ بِبَابِلَ هَارُوتَ وَمَارُوتَ ۚ وَمَا يُعَلِّمَانِ مِنْ أَحَدٍ حَتَّىٰ يَقُولَا إِنَّمَا نَحْنُ فِتْنَةٌ فَلَا تَكْفُرْ ۖ فَيَتَعَلَّمُونَ مِنْهُمَا مَا يُفَرِّقُونَ بِهِ بَيْنَ الْمَرْءِ وَزَوْجِهِ ۚ وَمَا هُمْ بِضَارِّينَ بِهِ مِنْ أَحَدٍ إِلَّا بِإِذْنِ اللَّهِ ۚ وَيَتَعَلَّمُونَ مَا يَضُرُّهُمْ وَلَا يَنْفَعُهُمْ ۚ وَلَقَدْ عَلِمُوا لَمَنِ اشْتَرَاهُ مَا لَهُ فِي الْآخِرَةِ مِنْ خَلَاقٍ ۚ وَلَبِئْسَ مَا شَرَوْا بِهِ أَنْفُسَهُمْ ۚ لَوْ كَانُوا يَعْلَمُونَ
Wa-ttabaʿū mā tatlū sh-shayāṭīnu ʿalā mulki Sulaymāna wa-mā kafara Sulaymānu wa-lākinna sh-shayāṭīna kafarū yuʿallimūna n-nāsa s-siḥra wa-mā unzila ʿalā l-malakayni bi-Bābila Hārūta wa-Mārūta wa-mā yuʿallimāni min aḥadin ḥattā yaqūlā innamā naḥnu fitnatun fa-lā takfur fa-yataʿallamūna minhumā mā yufarriqūna bihi bayna l-marʾi wa-zawjihi wa-mā hum bi-ḍārrīna bihi min aḥadin illā bi-idhni llāhi wa-yataʿallamūna mā yaḍurruhum wa-lā yanfaʿuhum wa-la-qad ʿalimū la-mani shtarāhu mā lahu fī l-ākhirati min khalāqin wa-la-biʾsa mā sharaw bihi anfusahum law kānū yaʿlamūn
Ils ont suivi ce que les shayāṭīn récitaient sur le règne de Sulaymān — Sulaymān n’avait pas commis le kufr, mais les shayāṭīn ont commis le kufr en enseignant aux gens le siḥr et ce qui est descendu sur les deux malaks à Bābil, Hārūt et Mārūt. Ces deux-là n’enseignaient à personne sans dire : « Nous ne sommes qu’une fitna — ne commets pas le kufr. » Ils apprenaient d’eux ce par quoi ils séparaient l’homme de son épouse — mais ils ne sont nullement en mesure de nuire par cela à quiconque sinon avec la permission d’Allaah. Ils apprenaient ce qui leur nuisait et ne leur profitait pas. Ils savaient bien que celui qui acquiert cela n’a aucun khalāq dans l’ākhira. Et quel mauvais prix ils ont obtenu en troquant leurs âmes — s’ils savaient !
S.2:103
وَلَوْ أَنَّهُمْ آمَنُوا وَاتَّقَوْا لَمَثُوبَةٌ مِّنْ عِندِ اللَّهِ خَيْرٌ ۖ لَّوْ كَانُوا يَعْلَمُونَ
Wa-law annahum āmanū wa-ttaqaw la-mathūbatun min ʿindi llāhi khayrun law kānū yaʿlamūn
S’ils avaient cru et s’étaient constitués une taqwā, une mathūba venant d’Allaah aurait été meilleure — s’ils savaient.
Notes lexicales
- siḥr
- racine *s-ḥ-r*. Ibn Manẓūr (Lisān al-ʿArab) rattache le terme à l'idée de ce dont la cause est cachée, subtile, et qui se présente sous un aspect autre que sa réalité — un détournement de la perception. Conservé en translittération : « magie » et « sorcellerie » en français portent un imaginaire folklorique (formules, objets) que la racine arabe ne pose pas nécessairement ; le sens retenu ici est celui d'un art de faire percevoir autrement que ce qui est.
- fitna
- racine *f-t-n*. Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) : *al-ikhtibār wa-l-imtiḥān* — l'épreuve, la mise à l'épreuve. Le sens ancien de la racine est celui de l'épreuve du métal par le feu, qui sépare le pur de l'altéré ; d'où le sens dérivé d'épreuve qui teste et qui révèle. Conservé en translittération : « tentation » ne couvre que le versant attirance-vers-le-mal, « épreuve » que le versant test neutre — *fitna* couvre l'un et l'autre selon le contexte, ici les deux *malaks* avertissant que leur enseignement même constitue une épreuve.
- khalāq
- racine *kh-l-q*. Ibn Manẓūr (Lisān al-ʿArab) : *al-khalāq — al-naṣīb wa-l-ḥaẓẓ* — la part, la portion qui échoit. À distinguer de *khalq* (la création, la mise en forme) bien que la racine soit la même : l'idée commune est celle d'une mesure exacte, d'une part taillée, assignée. « N'avoir aucun *khalāq* dans l'*ākhira* » : n'avoir aucune part qui y soit assignée.
- mathūba
- racine *th-w-b* : le retour. Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) rattache la racine à *al-rujūʿ* — revenir à son point de départ. *Mathūba* (comme *thawāb*, même racine) : ce qui revient à quelqu'un en conséquence d'un acte — un retour, plutôt qu'un don gratuit. Conservé en translittération faute d'un mot français qui rende ce lien étymologique au retour plutôt qu'à l'octroi.