Structure du Bloc IV. Ce bloc marque un tournant dans la sourate : du récit des descendants d’Isrāʾīl, le texte passe à l’adresse directe aux croyants et introduit les grandes balises de la qibla, du wajhu llāh, et du lignage d’Ibrāhīm comme fondement de la Maison et de l’imāma.


Adresse aux croyants · S2:104–113

S.2:104–107 · L’adresse · Le naskh · La souveraineté

S.2:104–105
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَقُولُوا رَاعِنَا وَقُولُوا انظُرْنَا وَاسْمَعُوا ۗ وَلِلْكَافِرِينَ عَذَابٌ أَلِيمٌ ۝ مَّا يَوَدُّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَلَا الْمُشْرِكِينَ أَن يُنَزَّلَ عَلَيْكُم مِّنْ خَيْرٍ مِّن رَّبِّكُمْ
Yā ayyuhā lladhīna āmanū lā taqūlū rāʿinā wa-qūlū unẓurnā wa-smaʿū · Mā yawaddu lladhīna kafarū min ahli l-kitābi wa-lā l-mushrikīna an yunazzala ʿalaykum min khayrin min rabbikum Ô vous qui avez cru, ne dites pas rāʿinā — dites unẓurnā et écoutez. Aux kāfirīn un châtiment douloureux. — Ceux qui ont commis le kufr parmi les gens du Livre, ni les mushrikīn, ne souhaitent que descende sur vous le moindre bien de la part de votre Rabb — Allaah réserve Sa raḥma à qui Il veut, et Allaah est le Détenteur de la faveur immense.

Note lexicale

  • rāʿinā — équivoque lexicale : en arabe, « prends soin de nous / regarde-nous avec attention » ; mais la forme rāʿin peut être retournée en un terme péjoratif dans d’autres langues sémitiques. Le texte ordonne de substituer unẓurnā (regarde-nous, prends-nous en considération) pour éviter toute équivoque.
S.2:106–107
مَا نَنسَخْ مِنْ آيَةٍ أَوْ نُنسِهَا نَأْتِ بِخَيْرٍ مِّنْهَا أَوْ مِثْلِهَا ۗ أَلَمْ تَعْلَمْ أَنَّ اللَّهَ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ ۝ أَلَمْ تَعْلَمْ أَنَّ اللَّهَ لَهُ مُلْكُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ ۗ وَمَا لَكُم مِّن دُونِ اللَّهِ مِن وَلِيٍّ وَلَا نَصِيرٍ
Mā nansakh min āyatin aw nunsihā naʾti bi-khayrin minhā aw mithlihā a-lam taʿlam anna llāha ʿalā kulli shayʾin qadīr · A-lam taʿlam anna llāha lahu mulku s-samāwāti wa-l-arḍi wa-mā lakum min dūni llāhi min walīyin wa-lā naṣīr Toute āya que Nous nansakh ou que Nous faisons oublier, Nous en apportons une meilleure ou une semblable — ne sais-tu pas qu’Allaah est capable de toute chose ? — Ne sais-tu pas qu’à Allaah appartient le mulk des cieux et de la terre ? Vous n’avez en dehors d’Allaah ni walī ni naṣīr.

Note lexicale

  • nansakh — racine n-s-kh : copier, transcrire, puis par extension : remplacer, substituer. Le naskh coranique ici : toute āya que Nous nansakh — Nous en apportons une meilleure ou semblable. → Voir l’étude dédiée Le Naskh.

S.2:108–113 · Les errances · Les divergences

S.2:108–110
أَمْ تُرِيدُونَ أَن تَسْأَلُوا رَسُولَكُمْ كَمَا سُئِلَ مُوسَىٰ مِن قَبْلُ ۗ وَمَن يَتَبَدَّلِ الْكُفْرَ بِالْإِيمَانِ فَقَدْ ضَلَّ سَوَاءَ السَّبِيلِ ۝ وَأَقِيمُوا الصَّلَاةَ وَآتُوا الزَّكَاةَ ۚ وَمَا تُقَدِّمُوا لِأَنفُسِكُم مِّنْ خَيْرٍ تَجِدُوهُ عِندَ اللَّهِ
Am turīdūna an tasʾalū rasūlakum kamā suʾila Mūsā min qablu · wa-man yatabaddali l-kufra bi-l-īmāni fa-qad ḍalla sawāʾa s-sabīli · Wa-aqīmū ṣ-ṣalāta wa-ātū z-zakāta wa-mā tuqaddimū li-anfusikum min khayrin tajidūhu ʿinda llāhi Voulez-vous interroger votre rasūl comme Mūsā fut interrogé auparavant ? Quiconque substitue le kufr à la foi s’est égaré loin du milieu du chemin. — Établissez la ṣalāt et faites parvenir la zakāt — tout bien que vous avancez pour vous-mêmes vous le trouverez auprès d’Allaah.
S.2:111–113
وَقَالُوا لَن يَدْخُلَ الْجَنَّةَ إِلَّا مَن كَانَ هُودًا أَوْ نَصَارَىٰ ۗ تِلْكَ أَمَانِيُّهُمْ ۗ قُلْ هَاتُوا بُرْهَانَكُمْ إِن كُنتُمْ صَادِقِينَ ۝ بَلَىٰ مَنْ أَسْلَمَ وَجْهَهُ لِلَّهِ وَهُوَ مُحْسِنٌ فَلَهُ أَجْرُهُ عِندَ رَبِّهِ
Wa-qālū lan yadkhula l-jannata illā man kāna hūdan aw naṣārā tilka amāniyyuhum qul hātū burhānakum in kuntum ṣādiqīn · Balā man aslama wajhahu li-llāhi wa-huwa muḥsinun fa-lahu ajruhu ʿinda rabbihi Et ils dirent : « Seul entrera dans la janna celui qui est Juif ou naṣrānī. » Ce sont là leurs amānī. Dis : « Apportez votre preuve si vous êtes véridiques. » — Bien au contraire : quiconque remet son wajh à Allaah tout en étant muḥsin — à lui sa rétribution auprès de son Rabb : nulle crainte sur eux et ils ne seront pas attristés.

La qibla et wajhu llāh · S2:114–118

S.2:114–115 · Les masājid · Wajhu llāh en tout lieu

S.2:114
وَمَنْ أَظْلَمُ مِمَّن مَّنَعَ مَسَاجِدَ اللَّهِ أَن يُذْكَرَ فِيهَا اسْمُهُ وَسَعَىٰ فِي خَرَابِهَا
Wa-man aẓlamu mimman manaʿa masājida llāhi an yudhkara fīha smuhu wa-saʿā fī kharābihā Qui est plus ẓālim que celui qui prive les masājid d’Allaah de l’invocation de Son nom et qui s’emploie activement à les désoler ? Ceux-là n’avaient pas à y entrer sinon dans la crainte — à eux dans cette vie une humiliation, et pour eux dans l’ākhira un châtiment immense.
S.2:115
وَلِلَّهِ الْمَشْرِقُ وَالْمَغْرِبُ ۚ فَأَيْنَمَا تُوَلُّوا فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ ۚ إِنَّ اللَّهَ وَاسِعٌ عَلِيمٌ
Wa-li-llāhi l-mashriqu wa-l-maghribu fa-ayynamā tuwallū fa-thamma wajhu llāhi inna llāha wāsiʿun ʿalīm À Allaah appartient le mashriq et le maghrib — en quelque direction que vous vous tourniez, le wajhu llāh est là — Allaah est wāsiʿ, ʿalīm.

Note sur wajhu llāh · S.2:115. Dans ce contexte de qibla et d’orientation, wajhu llāh doit être lu selon l’axe direction/orientation de la racine w-j-h (al-Farāhīdī : mā astaqbala min kull shayʾ — ce vers quoi une chose fait face). La traduction retenue : le wajhu llāh est là — Ce vers quoi la créature s’oriente pour exprimer son orientation vers Allaah. Jamais « la face d’Allaah ». → Voir la note sur wajhu llāh dans la Note méthodologique.


S.2:116–121 · Réfutation · Badīʿ · Kun fa-yakūn · La récitation vraie

S.2:116–117
وَقَالُوا اتَّخَذَ اللَّهُ وَلَدًا ۗ سُبْحَانَهُ ۖ بَل لَّهُ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ ۖ كُلٌّ لَهُ قَانِتُونَ ۝ بَدِيعُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ ۖ وَإِذَا قَضَىٰ أَمْرًا فَإِنَّمَا يَقُولُ لَهُ كُن فَيَكُونُ
Wa-qālū ttakhadha llāhu waladan subḥānahu bal lahu mā fī s-samāwāti wa-l-arḍi kullun lahu qānitūn · Badīʿu s-samāwāti wa-l-arḍi wa-idhā qaḍā amran fa-innamā yaqūlu lahu kun fa-yakūn Et ils ont dit : « Allaah s’est donné un fils. » Subḥānahu — non, à Lui appartient ce qui est dans les cieux et la terre — tout est qānit devant Lui. — Badīʿ des cieux et de la terre — quand Il décrète une chose Il dit seulement : « Sois » — et cela est.

Notes lexicales

  • qānitūn — racine q-n-t : se tenir dans la soumission constante, l’obéissance durable. Ce que l’on peut dire lorsqu’on parle des créatures comme qānitūn : chacune est en état de soumission permanente à Allaah.
  • badīʿ — racine b-d-ʿ : inaugurateur absolu, créateur d’un genre entièrement nouveau. Ibn Fāris : al-ibdāʿ : ikhtirāʿ al-shayʾ lā ʿan miṭhāl — inventer une chose sans modèle préalable. Ce que l’on peut dire lorsqu’on parle d’Allaah comme Badīʿ : Ce qui instaure sans précédent, sans modèle, sans matière première.
S.2:118–121
وَقَالَ الَّذِينَ لَا يَعْلَمُونَ لَوْلَا يُكَلِّمُنَا اللَّهُ أَوْ تَأْتِينَا آيَةٌ ۗ كَذَٰلِكَ قَالَ الَّذِينَ مِن قَبْلِهِم مِّثْلَ قَوْلِهِمْ ۘ تَشَابَهَتْ قُلُوبُهُمْ
Wa-qāla lladhīna lā yaʿlamūna lawlā yukallimunā llāhu aw taʾtīnā āyatun ka-dhālika qāla lladhīna min qablihim mithla qawlihim tashābahati qulūbuhum Et ceux qui ne savent pas ont dit : « Que ne nous parle Allaah directement, ou qu’une āya nous vienne ! » — De la même manière, ceux d’avant eux avaient prononcé des paroles identiques — leurs cœurs se ressemblent. — Nous avons exposé les āyāt pour des gens qui ont la yaqīn. — Nous t’avons envoyé avec le ḥaqq, bashīr et nadhīr — et tu ne seras pas interrogé sur les gens du jaḥīm.
S.2:120–121
وَلَن تَرْضَىٰ عَنكَ الْيَهُودُ وَلَا النَّصَارَىٰ حَتَّىٰ تَتَّبِعَ مِلَّتَهُمْ ۗ قُلْ إِنَّ هُدَى اللَّهِ هُوَ الْهُدَىٰ ۝ الَّذِينَ آتَيْنَاهُمُ الْكِتَابَ يَتْلُونَهُ حَقَّ تِلَاوَتِهِ أُولَٰئِكَ يُؤْمِنُونَ بِهِ
Wa-lan tarḍā ʿanka l-yahūdu wa-lā n-naṣārā ḥattā tattabiʿa millatahum qul inna hudā llāhi huwa l-hudā · Alladhīna ātaynāhumu l-kitāba yatlūnahu ḥaqqa tilāwatihi ulāʾika yuʾminūna bihi Les Juifs et les naṣārā ne seront jamais satisfaits de toi jusqu’à ce que tu suives leur milla. Dis : « Le guide d’Allaah est le seul guide. » — Ceux à qui Nous avons donné le Livre le récitent comme il mérite d’être récité — ceux-là croient en lui. Ceux qui en commettent le kufr — ceux-là sont les khāsirūn.

Ibrāhīm et la Maison · S2:122–129

S.2:122–124 · Le bienfait · Le Jour · L’épreuve d’Ibrāhīm

S.2:122–123
يَا بَنِي إِسْرَائِيلَ اذْكُرُوا نِعْمَتِيَ الَّتِي أَنْعَمْتُ عَلَيْكُمْ وَأَنِّي فَضَّلْتُكُمْ عَلَى الْعَالَمِينَ ۝ وَاتَّقُوا يَوْمًا لَّا تَجْزِي نَفْسٌ عَن نَّفْسٍ شَيْئًا وَلَا يُقْبَلُ مِنْهَا عَدْلٌ وَلَا تَنفَعُهَا شَفَاعَةٌ وَلَا هُمْ يُنصَرُونَ
Yā banī Isrāʾīla dhkurū niʿmatiya llatī anʿamtu ʿalaykum wa-annī faḍḍaltukum ʿalā l-ʿālamīn · Wa-ttaqū yawman lā tajzī nafsun ʿan nafsin shayʾan wa-lā yuqbalu minhā ʿadlun wa-lā tanfaʿuhā shafāʿatun wa-lā hum yunṣarūn Ô descendants d’Isrāʾīl, rappelez-vous Mon bienfait dont Je vous ai comblés et que Je vous ai distingués au-dessus des ʿālamīn. — Et prémunissez-vous pour un Jour où nulle âme ne s’acquittera pour une autre de quoi que ce soit — nulle rançon ne sera acceptée, nulle shafāʿa ne lui profitera — et ils ne seront pas secourus.
S.2:124
وَإِذِ ابْتَلَىٰ إِبْرَاهِيمَ رَبُّهُ بِكَلِمَاتٍ فَأَتَمَّهُنَّ ۖ قَالَ إِنِّي جَاعِلُكَ لِلنَّاسِ إِمَامًا ۖ قَالَ وَمِن ذُرِّيَّتِي ۖ قَالَ لَا يَنَالُ عَهْدِي الظَّالِمِينَ
Wa-idhi btalā Ibrāhīma rabbuhu bi-kalimātin fa-atammahunna qāla innī jāʿiluka li-n-nāsi imāman qāla wa-min dhurriyyatī qāla lā yanālu ʿahdī ẓ-ẓālimīn Et quand son Rabb éprouva Ibrāhīm par des kalimāt et qu’il les accomplit toutes — Il dit : « Je vais faire de toi un imām pour les gens. » — Il dit : « Et parmi ma descendance ? » — Il dit : « Mon ʿahd n’atteint pas les ẓālimīn. »

Verset pivot — S.2:124. Ce verset établit la limite de l’imāma : elle ne se transmet pas automatiquement par filiation — elle s’arrête aux ẓālimīn. Le texte dit : lā yanālu ʿahdī ẓ-ẓālimīn — Mon ʿahd n’atteint pas les ẓālimīn. Non-dit : qui exactement parmi la descendance d’Ibrāhīm est ẓālim. Le critère est posé, pas son application à des individus ou lignées particulières.


S.2:125–129 · La Maison · Les suppliques d’Ibrāhīm et Ismāʿīl

S.2:125
وَإِذْ جَعَلْنَا الْبَيْتَ مَثَابَةً لِّلنَّاسِ وَأَمْنًا وَاتَّخِذُوا مِن مَّقَامِ إِبْرَاهِيمَ مُصَلًّى ۖ وَعَهِدْنَا إِلَىٰ إِبْرَاهِيمَ وَإِسْمَاعِيلَ أَن طَهِّرَا بَيْتِيَ لِلطَّائِفِينَ وَالْعَاكِفِينَ وَالرُّكَّعِ السُّجُودِ
Wa-idh jaʿalnā l-bayta mathābatan li-n-nāsi wa-amnan wa-ttakhidhū min maqāmi Ibrāhīma muṣallan wa-ʿahidnā ilā Ibrāhīma wa-Ismāʿīla an ṭahhirā baytiya li-ṭ-ṭāʾifīna wa-l-ʿākifīna wa-r-rukkaʿi s-sujūd Et quand Nous avons fait de la Maison une mathāba pour les gens et un espace de sécurité — et prenez le maqām d’Ibrāhīm comme muṣallā — et Nous avons chargé Ibrāhīm et Ismāʿīl de purifier Ma Maison pour les ṭāʾifīn, les ʿākifīn, et ceux qui font les rukūʿ et les sujūd.

Notes lexicales

  • mathāba — racine th-w-b : lieu de retour, point de rassemblement récurrent. Ibn Fāris : al-rujūʿ ilā l-shayʾ marratan baʿda marrat — revenir à quelque chose fois après fois. La Maison comme lieu de retour permanent, non simplement de pèlerinage ponctuel.
  • muṣallā — racine ṣ-l-w : lieu où s’effectue la ṣalāt, espace d’orientation.
S.2:126–127
وَإِذْ قَالَ إِبْرَاهِيمُ رَبِّ اجْعَلْ هَٰذَا بَلَدًا آمِنًا وَارْزُقْ أَهْلَهُ مِنَ الثَّمَرَاتِ مَنْ آمَنَ مِنْهُم بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ ۖ قَالَ وَمَن كَفَرَ فَأُمَتِّعُهُ قَلِيلًا ثُمَّ أَضْطَرُّهُ إِلَىٰ عَذَابِ النَّارِ ۝ وَإِذْ يَرْفَعُ إِبْرَاهِيمُ الْقَوَاعِدَ مِنَ الْبَيْتِ وَإِسْمَاعِيلُ رَبَّنَا تَقَبَّلْ مِنَّا ۖ إِنَّكَ أَنتَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ
Wa-idh qāla Ibrāhīmu rabbi jʿal hādhā baladan āminan wa-rzuq ahlahu mina th-thamarāti man āmana minhum bi-llāhi wa-l-yawmi l-ākhir · Qāla wa-man kafara fa-umattiʿuhu qalīlan thumma aḍṭarruhu ilā ʿadhābi n-nār · Wa-idh yarfaʿu Ibrāhīmu l-qawāʿida mina l-bayti wa-Ismāʿīlu rabbanā taqabbal minnā innaka anta s-samīʿu l-ʿalīm Et quand Ibrāhīm dit : « Mon Rabb, fais de ceci un balad en sécurité et pourvois ses habitants en fruits — ceux d’entre eux qui croient en Allaah et au Jour Dernier. » — Il dit : « Et quiconque aura commis le kufr — Je lui accorderai une jouissance brève puis Je l’aculerai vers le châtiment du feu — et quelle mauvaise destination ! » — Et quand Ibrāhīm élevait les qawāʿid de la Maison avec Ismāʿīl : « Notre Rabb, accepte cela de nous — Tu es as-samīʿu l-ʿalīm. »
S.2:128–129
رَبَّنَا وَاجْعَلْنَا مُسْلِمَيْنِ لَكَ وَمِن ذُرِّيَّتِنَا أُمَّةً مُّسْلِمَةً لَّكَ وَأَرِنَا مَنَاسِكَنَا وَتُبْ عَلَيْنَا ۖ إِنَّكَ أَنتَ التَّوَّابُ الرَّحِيمُ ۝ رَبَّنَا وَابْعَثْ فِيهِمْ رَسُولًا مِّنْهُمْ يَتْلُو عَلَيْهِمْ آيَاتِكَ وَيُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ وَيُزَكِّيهِمْ ۚ إِنَّكَ أَنتَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ
Rabbanā wa-jʿalnā muslimayni laka wa-min dhurriyyatīnā ummatan muslimatan laka wa-arinā manāsikanā wa-tub ʿalaynā innaka anta t-tawwābu r-raḥīm · Rabbanā wa-bʿath fīhim rasūlan minhum yatlū ʿalayhim āyātika wa-yuʿallimuhumu l-kitāba wa-l-ḥikmata wa-yuzakkīhim innaka anta l-ʿazīzu l-ḥakīm « Notre Rabb, fais de nous deux des muslims pour Toi et de notre descendance une umma muslima pour Toi — et montre-nous nos manāsik — et accueille notre retour : Tu es at-Tawwāb, le raḥīm. » — « Notre Rabb, envoie parmi eux un rasūl venu d’eux qui leur récite Tes āyāt, leur enseigne le Livre et la ḥikma, et les purifie — Tu es al-ʿazīzu l-ḥakīm. »

Verset pivot — S.2:128–129. La supplique d’Ibrāhīm demande qu’un rasūl soit envoyé minhum — venu d’eux, de leur descendance. Ce rasūl est identifiable au nabī Muḥammad dans la lecture intra-coranique (S.3:164, S.62:2). Ce que le texte dit : la supplique est exaucée. Non-dit : le texte ne dit pas ici explicitement que ce rasūl est Muḥammad — c’est une inférence cohérente avec l’ensemble du texte coranique, non une affirmation directe de ce verset.

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