Structure du Bloc I, ouverture de la Sourate 21. Cinq ensembles. D’abord l’annonce que le Compte des gens s’est approché tandis qu’ils restent dans l’insouciance, et les accusations portées contre chaque dhikr nouvellement reçu — songe confus, invention, poésie, magie — suivies de la défense de la nature humaine ordinaire des rusul et de la désignation du Kitāb lui-même comme dhikr (S21:1–10). Puis le rappel des cités anéanties pour leur injustice, la fuite inutile de leurs habitants et leur aveu tardif (S21:11–15). Puis l’affirmation que la création du ciel et de la terre n’est pas un jeu, l’image du ḥaqq qui fracasse le bāṭil, et la description de ceux qui sont auprès d’Allaah, glorifiant sans relâche (S21:16–20). Puis la réfutation du shirk par l’argument de la corruption cosmique, l’exigence d’une preuve, et l’affirmation que tous les rusul envoyés avant le nabī Muḥammad ont reçu le même message d’unicité (S21:21–25). Enfin le rejet de la prétention qu’Allaah aurait un walad, la description du statut des malāʾika comme serviteurs honorés et non souverains, et la sanction prévue pour quiconque, même parmi eux, prétendrait être un ilāh en dehors d’Allaah (S21:26–29).
Avertissement de méthode. Cette traduction procède par analyse linguistique pure — racines arabes, grammaire, dictionnaires classiques (Kitāb al-ʿAyn, Maqāyīs al-Lugha, Lisān al-ʿArab) — sans recours aux tafsīrs classiques ou modernes ni aux habits culturels déjà posés sur le texte. Lorsque plusieurs lectures restent cohérentes avec le texte, elles sont nommées explicitement sans qu’aucune ne soit écrasée arbitrairement ; lorsque le texte se tait sur un point, ce silence est nommé comme tel (non-dit), jamais comblé par une inférence présentée comme certaine.
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.21:1 | Le Compte s’est approché, l’insouciance des gens |
| S.21:2–3 | Le dhikr nouveau accueilli en se jouant, le conciliabule secret |
| S.21:4 | La réponse : Allaah connaît toute parole, visible ou secrète |
| S.21:5–6 | Les accusations qui s’enchaînent, l’argument des cités déjà anéanties |
| S.21:7 | Les rusul ne furent que des hommes — interrogez les gens du dhikr |
| S.21:8–9 | Les rusul mangeaient et n’étaient pas immortels — la promesse tenue |
| S.21:10 | Le Kitāb, où se trouve votre dhikr |
| S.21:11 | Les cités brisées, un autre peuple suscité |
| S.21:12–14 | La fuite précipitée, la moquerie, l’aveu tardif |
| S.21:15 | Fauchés comme une moisson, éteints |
| S.21:16–17 | La création n’est pas un jeu, le refus de toute distraction |
| S.21:18 | Le ḥaqq qui fracasse le bāṭil |
| S.21:19–20 | Ceux qui sont auprès de Lui, un tasbīḥ sans relâche |
| S.21:21 | Des dieux de la terre qui ne ressuscitent personne |
| S.21:22 | Si plusieurs dieux coexistaient, tout serait corrompu |
| S.21:23 | Il n’est pas interrogé, eux le sont |
| S.21:24 | « Apportez votre preuve » — le dhikr commun à tous |
| S.21:25 | Le même message confié à chaque rasūl : nul ilāh que Moi |
| S.21:26–27 | Le rejet du walad — des serviteurs honorés, non des souverains |
| S.21:28 | La science exhaustive, la shafāʿa conditionnée |
| S.21:29 | La sanction de quiconque, même parmi eux, prétendrait être un ilāh en dehors d’Allaah |
Le Compte proche, le dhikr accusé, la défense des rusul · S21:1–10
S.21:1 · Le Compte s’est approché, l’insouciance des gens
- iqtaraba
- racine *q-r-b*, forme VIII (réfléchie/intensive) : se rapprocher soi-même, par un mouvement qui porte sur le sujet même de l'action — ici le Compte, qui s'approche de lui-même, sans qu'un agent extérieur ne soit nommé.
- ḥisāb
- racine *ḥ-s-b* : le compte, le calcul, l'arrêté comptable des actes. Voir aussi les formes voisines (*ḥāsibīn*, S21:47).
- ghafla
- racine *gh-f-l* : l'inattention, l'absence de vigilance — un état qui empêche de voir ce qui est pourtant proche.
S.21:2–3 · Le dhikr nouveau accueilli en se jouant, le conciliabule secret
- muḥdath
- racine *ḥ-d-th* (*ḥadath* : survenir, apparaître après ne pas avoir été) — participe passif : ce qui vient de parvenir, de survenir récemment. **Dit** : le texte qualifie ainsi le caractère continu et renouvelé de la révélation, chaque portion parvenant à son heure. **Non-dit** : ce seul mot ne dit pas, et ne saurait dire sans forcer le sens de la racine, que le message serait une invention — il désigne un moment d'arrivée, non une origine fabriquée.
- yalʿabūn
- racine *l-ʿ-b* : jouer, se divertir sans engagement sérieux — même racine que *lāʿibīn* (S21:16, ce Bloc).
- lāhiyatan
- racine *l-h-w* : l'état de distraction, de divertissement qui détourne l'attention — même racine que *lahwan* (S21:17, ce Bloc).
- najwā
- racine *n-j-w* (voir S4:114) : l'entretien tenu à voix basse, en aparté secret.
- bashar
- racine *b-sh-r* (la surface de peau visible, l'épiderme) : l'être humain dans sa condition charnelle ordinaire et commune — l'objection posée ici (« un *bashar* comme vous ») est directement reprise et retournée en S21:7–8 (ce Bloc), qui en fait au contraire l'argument même de la fonction des *rusul*.
- siḥr
- racine *s-ḥ-r* : l'accusation de magie ou d'illusion, portée ici contre le message lui-même plutôt que contre son porteur.
S.21:4 · La réponse : Allaah connaît toute parole, visible ou secrète
- qāla
- **Non-dit.** Ce verset ne nomme pas explicitement l'auteur de cette parole. Le contexte immédiat — une réponse directe à l'accusation et au conciliabule secret qui précèdent (S21:3, ce Bloc) — désigne le *nabī* Muḥammad, mais ce seul verset ne l'affirme pas nommément : l'identification reste de l'ordre du contexte, non d'une déclaration explicite du texte.
- al-qawl
- racine *q-w-l* : toute parole prononcée — y compris celle tenue en secret, en écho direct avec la *najwā* du verset précédent (ce Bloc). **Dit** : rien de ce qui se dit, même en aparté, n'échappe à la connaissance d'Allaah.
- as-Samīʿ · al-ʿAlīm
- ce que l'on peut dire d'Allaah ici : rien de ce qui est audible ne Lui échappe, aucune connaissance ne Lui est étrangère. Conservés en translittération.
S.21:5–6 · Les accusations qui s’enchaînent, l’argument des cités déjà anéanties
- aḍghāthu aḥlām
- *aḍghāth*, pluriel de *ḍighth* (racine *ḍ-gh-th*) : une poignée hétéroclite d'herbes mêlées, puis au figuré un amas confus et incohérent ; *aḥlām*, pluriel de *ḥulm*, le songe. L'expression entière accuse le message d'être un amas de rêves sans cohérence.
- iftarāhu
- forme VIII de *f-r-y* (voir S4:48/50) : inventer un mensonge, fabriquer de toutes pièces.
- shāʿir
- racine *sh-ʿ-r* : le poète. **Dit** : trois accusations distinctes et mutuellement contradictoires sont nommées à la suite dans ce seul verset (songe, invention, poésie) — le texte les énumère sans les concilier, laissant leur incohérence réciproque parler d'elle-même.
- mā āmanat qablahum min qaryatin ahlaknāhā
- argument récurrent (l'anéantissement des cités précédentes comme leçon pour les générations suivantes) : ici, le texte en tire une conclusion directe — l'absence de foi de ces cités, malgré les signes réclamés, rend la demande du verset précédent rhétorique plutôt que sincère.
S.21:7 · Les rusul ne furent que des hommes — interrogez les gens du dhikr
- rijālan
- racine *r-j-l* : des hommes, insistant sur la condition humaine ordinaire des *rusul* — réponse directe à l'objection posée en S21:3 (ce Bloc, « n'est-il qu'un *bashar* comme vous »).
- ahl adh-dhikr
- littéralement « les gens du rappel ». **Non-dit.** Ce seul verset ne précise pas l'identité exacte de ce groupe. Le contexte immédiat — une défense de la nature humaine des *rusul* adressée à ceux qui l'ignorent — suggère des détenteurs d'une connaissance antérieure aux événements rapportés, mais aucune désignation plus précise (« gens du Livre » ou autre) n'est donnée par ce verset lui-même ; toute identification au-delà de « ceux qui détiennent le *dhikr* » relève de l'inférence contextuelle.
S.21:8–9 · Les rusul mangeaient et n’étaient pas immortels — la promesse tenue
- jasadan
- racine *j-s-d* : le corps matériel et physique. **Dit** : le texte répond à l'objection de S21:3 (ce Bloc) non en niant l'humanité des *rusul*, mais en l'affirmant pleinement — ils mangeaient, comme tout corps vivant, et n'étaient pas éternels.
- ṣadaqnāhumu l-waʿd
- forme II de *ṣ-d-q* appliquée à une promesse (*al-waʿd*) : la rendre véridique en l'accomplissant effectivement.
- al-musrifīn
- racine *s-r-f* (voir S3:147, S4:6, S20:127) : ceux qui outrepassent la juste mesure.
S.21:10 · Le Kitāb, où se trouve votre dhikr
- fīhi dhikrukum
- racine *dh-k-r*, présente en S21:2 et S21:7 sous le sens de « rappel ». Les lexicographes classiques (Ibn Manẓūr, *Lisān al-ʿArab*) attestent pour cette même racine un second sens : la mention, le renom, ce qui parle de quelqu'un et l'élève. Les deux lectures sont nommées sans trancher : « votre *dhikr* » peut désigner ce qui vous rappelle à l'ordre, ou ce qui fait votre mention et votre élévation si vous y répondez — le texte ne précise pas laquelle est seule visée ici.
Les cités anéanties, la fuite inutile, l’aveu tardif · S21:11–15
S.21:11 · Les cités brisées, un autre peuple suscité
- qaṣamnā
- racine *q-ṣ-m* : briser net, rompre d'un coup sec — une image plus brutale et plus physique que le verbe *halaka* (anéantir).
S.21:12–14 · La fuite précipitée, la moquerie, l’aveu tardif
- aḥassū
- forme IV de *ḥ-s-s* : percevoir par les sens, ressentir directement.
- yarkuḍūn
- racine *r-k-ḍ* : courir, galoper — l'image du cheval que l'on éperonne, appliquée ici à la fuite précipitée des habitants.
- utriftum fīhi
- forme IV passive de *t-r-f* : le confort, l'aisance qui amollit. **Non-dit** : le texte ne nomme pas l'auteur de cette parole moqueuse (« Ne fuyez pas... ») adressée aux habitants en fuite — ce seul verset ne précise pas s'il s'agit d'une voix rapportée ou d'une interpellation narrative directe.
- yā waylanā
- racine *w-y-l* : l'exclamation de malheur. **Dit** : un aveu de l'injustice commise (*ẓālimīn*), mais survenant après que l'anéantissement a déjà commencé — aveu tardif, sans effet sur l'issue déjà engagée.
S.21:15 · Fauchés comme une moisson, éteints
- ḥaṣīdan
- racine *ḥ-ṣ-d* : moissonner, faucher — image agricole de l'anéantissement total et net.
- khāmidīn
- racine *kh-m-d* : s'éteindre, comme une braise ou un feu qui ne brûle plus. Les deux images réunies — fauchés comme une récolte, éteints comme un feu — closent le récit de cette cité.
La création sérieuse, le ḥaqq qui fracasse le bāṭil, les êtres auprès de Lui · S21:16–20
S.21:16–17 · La création n’est pas un jeu, le refus de toute distraction
- lāʿibīn
- participe actif pluriel de *l-ʿ-b* (voir *yalʿabūn*, S21:2) : jouer, se divertir sans but sérieux — négation explicite de toute légèreté dans l'acte créateur.
- lahwan
- racine *l-h-w* (voir *lāhiyatan*, S21:3) : ce qui divertit, détourne l'attention sérieuse. **Dit** : le texte pose une condition irréelle (« si Nous avions voulu... Nous l'aurions prise ») pour nier catégoriquement que l'acte créateur relève d'un quelconque divertissement — la condition n'étant pas réalisée, sa conséquence ne l'est pas davantage.
- min ladunnā
- voir S3:8, S18:65 : une origine immédiate, propre, sans connotation de lieu.
S.21:18 · Le ḥaqq qui fracasse le bāṭil
- naqdhifu
- racine *q-dh-f* : lancer, projeter avec force.
- fa-yadmaghuhu
- racine *d-m-gh* : fracasser le crâne, atteindre la tête d'un coup décisif — image physique très concrète, appliquée métaphoriquement à la façon dont le *ḥaqq* anéantit le *bāṭil*.
- zāhiq
- racine *z-h-q* : périr, disparaître sans laisser de trace.
- taṣifūn
- racine *w-ṣ-f*, formule récurrente (*ʿammā yaṣifūn*, voir S21:22) : la description ou la qualification fausse qu'ils imposent à Allaah.
S.21:19–20 · Ceux qui sont auprès de Lui, un tasbīḥ sans relâche
- man ʿindahu
- racine *ʿ-n-d* : « auprès de Lui ». **Note de vigilance méthodologique** (voir S2:255, *man dhā lladhī yashfaʿu ʿindahu*) : cette préposition ne désigne pas ici une position spatiale qu'Allaah occuperait, mais un rang de rattachement et de proximité fonctionnelle — ce que confirme la suite immédiate du verset, qui décrit non un lieu mais une disposition (l'absence d'orgueil et de lassitude dans l'*ʿibāda*). **Non-dit** : ce seul verset ne nomme pas explicitement les *malāʾika* comme référent de « ceux qui sont auprès de Lui » — l'identification, bien que naturelle au vu de la suite du Bloc (S21:26–27, ce Bloc), reste de l'ordre de l'inférence contextuelle plutôt que d'une désignation directe à cet endroit précis.
- lā yastaḥsirūn
- forme X de *ḥ-s-r* : se lasser, s'épuiser.
- lā yafturūn
- racine *f-t-r* : faiblir, se relâcher — absence totale d'interruption dans ce *tasbīḥ* continu, jour et nuit.
Réfutation du shirk, l’argument de la corruption cosmique, l’unicité confiée à tous les rusul · S21:21–25
S.21:21 · Des dieux de la terre qui ne ressuscitent personne
- yunshirūn
- forme IV de *n-sh-r* : faire revivre, ressusciter — les lexicographes classiques rattachent ce sens à l'image du déploiement, de ce qui est étendu de nouveau après avoir été refermé (la mort). Argument rhétorique : aucun de ces êtres terrestres ne détient ce pouvoir.
S.21:22 · Si plusieurs dieux coexistaient, tout serait corrompu
- la-fasadatā
- racine *f-s-d* (voir l'étude Fasād et mufsidūn) : la corruption, le dérèglement d'un ordre. **Point de méthode.** Ce verset pose un argument propre et explicite : la coexistence de plusieurs volontés souveraines produirait nécessairement une rupture de l'ordre observé dans le ciel et la terre. Ce Bloc restitue strictement ce que le texte affirme lui-même, sans importer le développement scolastique que la théologie postérieure a bâti sur ce verset (connu sous le nom de *burhān at-tamānuʿ*, terme absent du Coran) — l'argument retenu ici est uniquement celui que ce seul verset énonce.
- rabbi l-ʿarshi
- *ʿarsh* conservé en translittération (voir S7:54 et occurrences suivantes) : aucune image matérielle ou spatiale n'est ajoutée à ce que le texte nomme.
S.21:23 · Il n’est pas interrogé, eux le sont
- lā yusʾalu ʿammā yafʿalu
- **Dit** : une affirmation directe de la souveraineté absolue d'Allaah sur Ses propres actes, mise en contraste immédiat avec la responsabilité des créatures, qui elles rendent compte.
S.21:24 · « Apportez votre preuve » — le dhikr commun à tous
- hātū burhānakum
- voir l'étude dédiée Hātū burhānakum : l'exigence d'une preuve (*burhān*) effective, non d'une simple affirmation.
- dhikru man maʿiya wa-dhikru man qablī
- le rappel donné à ceux qui sont avec le *nabī* (les croyants contemporains) et celui donné à ceux qui l'ont précédé (les communautés antérieures). **Dit** : le texte affirme une convergence du message à travers les générations — convergence développée explicitement au verset suivant (S21:25, ce Bloc).
S.21:25 · Le même message confié à chaque rasūl : nul ilāh que Moi
- lā ilāha illā anā
- formule centrale (*lā ilāha illā huwa*, S2:255 ; *lā ilāha illā Allāh*, S3:2/6/18) — portée ici à la première personne, comme message identique confié sans exception à chaque *rasūl* envoyé avant le *nabī* Muḥammad.
Le rejet du walad, le statut des malāʾika, la sanction de la prétention à être un ilāh · S21:26–29
S.21:26–27 · Le rejet du walad — des serviteurs honorés, non des souverains
Point de méthode — S21:26, l’identité des prétendants et la nature du walad allégué. Ce verset lui seul ne précise ni qui prétend cela, ni si le walad allégué désignerait des fils ou des filles. Dit : la prétention est nommée et aussitôt rejetée par la formule de glorification (subḥānahu) et par la désignation positive qui suit — des ʿibād honorés, non des engendrés. Non-dit : ce Bloc n’importe pas ici l’identification, développée ailleurs dans le Coran (hors du périmètre de ce Bloc), de ce walad à des « filles » attribuées aux malāʾika par une partie des polythéistes mecquois — identification qui relèverait d’autres versets, non de celui-ci.
- waladan
- racine *w-l-d* : l'enfant engendré. Voir S4:171, S10:68, S17:111, S18:4, S19:35, S19:88–93 : rejet systématique et constant de toute filiation attribuée à Allaah. La négation porte sur le fait même d'engendrement, non sur un jugement de valeur ajouté.
- subḥānahu
- formule de glorification (voir S2:32, S4:171) : elle encadre ici directement la négation qui l'entoure.
- ʿibādun mukramūn
- racine *k-r-m* (l'honneur, la noblesse) — à distinguer du terme *muqarrabūn* (racine *q-r-b*, la proximité ; voir S4:172, également appliqué aux *malāʾika*). Ce Bloc ne fusionne pas les deux qualifications : *mukramūn* dit l'honneur qui leur est fait, *muqarrabūn* dit leur rapprochement — deux désignations distinctes des mêmes êtres, rencontrées en deux endroits différents du Coran.
- lā yasbiqūnahu bi-l-qawl
- racine *s-b-q* : devancer, précéder. **Dit** : les *malāʾika* n'anticipent jamais la parole d'Allaah par une initiative propre — leur statut de serviteurs honorés (verset précédent, ce Bloc) se précise ici par l'absence totale d'autonomie dans la parole comme dans l'action.
S.21:28 · La science exhaustive, la shafāʿa conditionnée
- mā bayna aydīhim wa-mā khalfahum
- voir S2:255 : un couple d'orientation temporelle (l'immédiat et le postérieur) appliqué à l'objet de la connaissance d'Allaah à l'égard des créatures, non une description d'un positionnement spatial.
- lā yashfaʿūna illā li-mani rtaḍā
- voir l'étude La shafāʿa dans le Coran, qui cite ce verset précis et en donne la même traduction retenue ici : *irtaḍā* (forme VIII de *r-ḍ-y*, Ibn Fāris : la souplesse, l'absence de résistance) dit une disposition propre d'Allaah, spontanée — l'absence d'opposition comme état qui Lui appartient seul, que nulle démarche extérieure ne peut susciter.
- mushfiqūn
- racine *sh-f-q* : l'appréhension craintive, la vigilance redoutant de faillir.
S.21:29 · La sanction de quiconque, même parmi eux, prétendrait être un ilāh en dehors d’Allaah
- wa-man yaqul minhum
- **Dit** : une hypothèse posée pour exclure catégoriquement toute prétention à être un *ilāh* en dehors d'Allaah, y compris de la part des êtres les plus honorés nommés aux versets précédents de ce Bloc (les *malāʾika*, *ʿibādun mukramūn*, S21:26–27) — nulle exception, pas même pour eux. Ce verset clôt ainsi l'ensemble ouvert en S21:21 (ce Bloc) sur la réfutation du *shirk*, en écartant jusqu'à l'hypothèse la plus extrême.