Structure du Bloc III, dernier Bloc de la Sourate 22. Treize ensembles. D’abord le doute persistant des kāfirūn jusqu’à la survenue soudaine de l’Heure ou le châtiment d’un jour stérile (S22:55). Puis la royauté qui, ce Jour-là, appartient à Allaah seul, qui juge entre les gens — jardins du délice pour les croyants, châtiment humiliant pour ceux qui ont démenti (S22:56–57). Puis la promesse faite à ceux qui ont émigré dans le sabīl d’Allaah, puis ont été tués ou sont morts : un rizq généreux, une entrée qu’ils agréeront (S22:58–59). Puis la rétribution à la mesure exacte de ce qui fut subi, et le secours promis à qui, ayant été lésé, a ensuite répondu (S22:60). Puis la nuit insérée dans le jour et le jour dans la nuit, le Ḥaqq opposé au bāṭil, al-ʿAliyy, al-Kabīr (S22:61–62). Puis l’eau qui fait verdir la terre, Laṭīf, Khabīr ; ce qui est dans les cieux et sur la terre, al-Ghaniyy, al-Ḥamīd ; ce qui est assujetti sur terre et en mer, le ciel retenu de s’abattre, Raʾūf, Raḥīm envers les gens ; Ce qui a fait vivre, fait mourir, et fera revivre (S22:63–66). Puis un mansak propre à chaque umma, l’ordre de ne pas se laisser disputer l’affaire, et le jugement réservé au Jour de la Résurrection (S22:67–70). Puis ce qu’ils adorent en dehors d’Allaah sans preuve ni science (S22:71). Puis l’hostilité qui se lit sur le visage des kāfirūn à l’écoute des āyāt évidentes (S22:72). Puis la parabole de la mouche, et l’affirmation que ces gens n’ont pas estimé Allaah à Sa juste mesure (S22:73–74). Puis l’élection de messagers, pris parmi les malāʾika et parmi les humains (S22:75–76). Puis l’appel au rukūʿ, au sujūd, à l’adoration et au bien — verset de prosternation (S22:77). Enfin la clôture de la sourate : le jihād véritable, l’élection de cette umma, nulle gêne dans le dīn, la milla d’Ibrāhīm, le nom de muslimūn, le rasūl témoin sur vous et vous témoins sur les gens, la ṣalāt, la zakāt, et Allaah comme mawlā (S22:78).
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.22:55 | Les kāfirūn dans le doute jusqu’à l’Heure ou le châtiment d’un jour stérile |
| S.22:56 | La royauté, ce Jour-là, à Allaah seul — Il juge entre eux |
| S.22:57 | Ceux qui ont commis le kufr et démenti — un châtiment humiliant |
| S.22:58 | Ceux qui ont émigré puis furent tués ou moururent — un rizq généreux garanti |
| S.22:59 | Une entrée qu’ils agréeront — Allaah ʿAlīm, Ḥalīm |
| S.22:60 | Rétribution à la mesure subie, puis secours à qui fut lésé et répondit |
| S.22:61 | La nuit insérée dans le jour, le jour dans la nuit — Samīʿ, Baṣīr |
| S.22:62 | Allaah est le Ḥaqq — ce qu’on invoque hors de Lui est le bāṭil — al-ʿAliyy, al-Kabīr |
| S.22:63 | L’eau descendue qui verdit la terre — Laṭīf, Khabīr |
| S.22:64 | Ce qui est dans les cieux et sur la terre Lui appartient — al-Ghaniyy, al-Ḥamīd |
| S.22:65 | Ce qui est sur terre assujetti, le navire, le ciel retenu — Raʾūf, Raḥīm envers les gens |
| S.22:66 | Ce qui vous a fait vivre, puis fera mourir, puis fera revivre |
| S.22:67 | Un mansak propre à chaque umma — qu’ils ne te disputent pas l’affaire |
| S.22:68 | S’ils te contestent — « Allaah sait mieux ce que vous faites » |
| S.22:69 | Allaah jugera entre vous au Jour de la Résurrection |
| S.22:70 | Tout cela dans un Kitāb — chose aisée pour Allaah |
| S.22:71 | Ce qu’ils adorent sans preuve ni science — nul secours pour les ẓālimūn |
| S.22:72 | L’hostilité visible sur les visages des kāfirūn à l’écoute des āyāt |
| S.22:73 | La parabole de la mouche — l’impuissance de ce qu’ils invoquent |
| S.22:74 | Ils n’ont pas estimé Allaah à Sa juste mesure |
| S.22:75 | Allaah élit des messagers parmi les malāʾika et parmi les humains |
| S.22:76 | Ce qui sait ce qui est devant eux et derrière eux |
| S.22:77 | Inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Rabb, faites le bien |
| S.22:78 | Clôture — le jihād véritable, l’élection, nulle gêne dans le dīn, la milla d’Ibrāhīm, témoins sur les gens |
Le doute persistant jusqu’à l’Heure · S22:55
S.22:55 · Les kāfirūn dans le doute jusqu’à l’Heure ou le châtiment d’un jour stérile
- miryatin
- racine *m-r-y* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : le doute qui s'attarde, le refus persistant de trancher.
- yawmin ʿaqīmin
- racine *ʿ-q-m* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : la stérilité, l'absence de toute descendance ou de tout fruit — ici appliquée à un jour dont rien de bon ne procède. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas de quel jour il s'agit — la construction en alternative avec « l'Heure » (*as-sāʿa*) suggère un jour de rétribution, sans que ce Bloc n'identifie davantage un épisode historique ou eschatologique précis au-delà de ce que le texte nomme lui-même.
La royauté du Jour, le jugement entre croyants et dénégateurs · S22:56–57
S.22:56 · La royauté, ce Jour-là, à Allaah seul — Il juge entre eux
- al-mulku yawmaʾidhin li-llāhi
- racine *m-l-k* (voir S3:26 ; S20:114, *al-Malik*) — ici sous la forme substantive *al-mulk*, et restreinte à « ce Jour-là » : **dit**, le texte circonscrit cette affirmation à l'instant du jugement, sans énoncer ici une formule de royauté perpétuelle, qui se rencontre par ailleurs sous d'autres formulations.
- jannāti n-naʿīmi
- formule fréquente dans le Coran.
S.22:57 · Ceux qui ont commis le kufr et démenti — un châtiment humiliant
La promesse faite aux émigrés tués ou morts dans le sabīl d’Allaah · S22:58–59
S.22:58 · Ceux qui ont émigré puis furent tués ou moururent — un rizq généreux garanti
- hājarū fī sabīli llāhi
- racine *h-j-r* (voir S2, S4, S8, S9, *passim*) — l'émigration dans le *sabīl* d'Allaah.
- khayru r-rāziqīn
- formule identique à S5:114 : « *wa-rzuqnā wa-anta khayru r-rāziqīn* ».
S.22:59 · Une entrée qu’ils agréeront — Allaah ʿAlīm, Ḥalīm
- ʿAlīmun Ḥalīmun
- couple de ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah, conservé en translittération — *Ḥalīm* (racine *ḥ-l-m* : la retenue face à ce qui pourrait appeler une réaction immédiate).
Rétribution proportionnée, secours à l’opprimé · S22:60
S.22:60 · Rétribution à la mesure subie, puis secours à qui fut lésé et répondit
Point de méthode — S22:60, la proportionnalité de la rétribution. Man ʿāqaba bi-mithli mā ʿūqiba bihi reprend, sous une formulation voisine, le principe de proportionnalité de S2:194 (fa-mani ʿtadā ʿalaykum fa-ʿtadū ʿalayhi bi-mithli mā ʿtadā ʿalaykum) : une réponse à la mesure exacte de ce qui fut subi, non une escalade. Ce verset ajoute une clause supplémentaire — thumma bughiya ʿalayhi (« puis, s’il a ensuite été lésé de nouveau ») — avant la promesse de secours, formulée à l’identique de S22:40 : la-yanṣurannahu llāh.
- ʿāqaba bi-mithli mā ʿūqiba bihi … thumma bughiya ʿalayhi
- voir le callout ci-dessus. *Bughiya*, racine *b-gh-y* : le dépassement injustifié d'une limite.
- la-yanṣurannahu llāh
- formule identique à S22:40 : « *wa-la-yanṣuranna llāhu man yanṣuruhu* ».
- ʿafuwwun ghafūrun
- *al-ʿAfuww*, racine *ʿ-f-w* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : effacer entièrement la trace d'une chose, ne rien laisser subsister d'une faute — à distinguer de *Ghafūr* (racine *gh-f-r* : couvrir, voiler) : deux images distinctes du pardon, l'une par effacement total, l'autre par recouvrement. Même couple en S4:99 : « *kāna llāhu ʿafuwwan ghafūrā* ».
La nuit et le jour insérés l’un dans l’autre, le Ḥaqq et le bāṭil, al-ʿAliyy al-Kabīr · S22:61–62
S.22:61 · La nuit insérée dans le jour, le jour dans la nuit — Samīʿ, Baṣīr
- yūliju l-layla fi n-nahāri wa-yūliju n-nahāra fi l-layli
- formule identique à S3:27 : « *tūliju l-layla fi n-nahāri wa-tūliju n-nahāra fi l-layl* ».
S.22:62 · Allaah est le Ḥaqq — ce qu’on invoque hors de Lui est le bāṭil — al-ʿAliyy, al-Kabīr
Point de méthode — al-ʿAliyy, même vigilance que pour al-Mutaʿāl et al-Aʿlā. Al-ʿAliyy appartient à la même racine ʿ-l-w que taʿālā et al-Aʿlā : aucun mot français qui installerait une connotation de lieu ou d’élévation spatiale n’est employé pour ce Nom — il est conservé en translittération. Même couple de Noms en S4:34 : « wa-kāna llāhu ʿaliyyan kabīrā ».
- huwa l-ḥaqqu … huwa l-bāṭilu
- contraste présent aussi en S17:81 : « *jāʾa l-ḥaqqu wa-zahaqa l-bāṭil* ».
- al-ʿAliyyu l-Kabīr
- voir le callout ci-dessus.
L’eau et la vie, Laṭīf Khabīr, Ghaniyy Ḥamīd, Raʾūf Raḥīm, la vie-mort-vie · S22:63–66
S.22:63 · L’eau descendue qui verdit la terre — Laṭīf, Khabīr
- a-lam tara
- formule rhétorique fréquente — revient à S22:65, formant un écho structurel entre les deux versets.
- tuṣbiḥu l-arḍu mukhḍarratan
- racine *kh-ḍ-r* (le verdoiement) — écho direct avec S22:5 : « *fa-idhā anzalnā ʿalayhā l-māʾa htazzat wa-rabat wa-anbatat min kulli zawjin bahīj* », ici sous une formulation plus brève.
- Laṭīfun Khabīr
- couple de ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah (voir S6:103 et S12:100) — *al-Laṭīf* est conservé en translittération, sans glose affective.
S.22:64 · Ce qui est dans les cieux et sur la terre Lui appartient — al-Ghaniyy, al-Ḥamīd
- al-Ghaniyyu l-Ḥamīdu
- même couple en S14:8, S2:263 et S4:131 — *al-Ghaniyy* (l'autosuffisance, l'absence de tout besoin) et *al-Ḥamīd* (ce à quoi revient toute louange méritée).
S.22:65 · Ce qui est sur terre assujetti, le navire, le ciel retenu — Raʾūf, Raḥīm envers les gens
Point de méthode — Raʾūf. Ce Nom (voir S2:207 et S3:30) revient ici : Raʾūf, conservé en translittération, sans glose affective ni sentimentale. Raḥīm est conservé de la même manière (voir S1:1).
- sakhkhara lakum mā fi l-arḍi … al-fulka tajrī fi l-baḥri bi-amrihi
- *sakhkhara* : voir S22:36–37 (Bloc II, même sourate). *Al-fulk tajrī fi l-baḥri bi-amrihi* : voir S14:32 (« *wa-sakhkhara lakumu l-fulka li-tajriya fi l-baḥri bi-amrihi* »).
- yumsiku s-samāʾa an taqaʿa ʿalā l-arḍi illā bi-idhnihi
- racine *m-s-k* (retenir, empêcher de tomber). **Précision de méthode** : cette image engage la relation entre le ciel et la terre, non une position qu'Allaah occuperait Lui-même — l'action de « retenir » ne requiert, de la part de ce qui agit, aucune localisation spatiale. **Non-dit** : le texte ne précise pas le mécanisme de cette rétention, seulement sa dépendance absolue à la permission d'Allaah.
- bi-n-nāsi la-raʾūfun raḥīm
- voir le callout ci-dessus.
S.22:66 · Ce qui vous a fait vivre, puis fera mourir, puis fera revivre
« Ce qui » pour Allaah. Wa-huwa lladhī aḥyākum : la construction qui attribue à Allaah une action est rendue par « Ce qui » plutôt que « Celui qui » — le neutre que porte, en français, la locution « ce qui »/« ce que ».
- aḥyākum thumma yumītukum thumma yuḥyīkum
- formule quasi identique à S2:28 : « *wa-kuntum amwātan fa-aḥyākum thumma yumītukum thumma yuḥyīkum thumma ilayhi turjaʿūn* ».
- inna l-insāna la-kafūr
- forme intensive de *kafara* ; thème de l'ingratitude humaine présent sous des formulations voisines.
Un mansak pour chaque umma, le jugement au Jour de la Résurrection · S22:67–70
S.22:67 · Un mansak propre à chaque umma — qu’ils ne te disputent pas l’affaire
Point de méthode — S22:67, un second emploi de mansak distinct de S22:34. S22:34 affirmait déjà qu’un mansak avait été établi pour chaque umma, afin que son peuple invoque le Nom d’Allaah sur le bétail des troupeaux. Ce verset reprend la même affirmation (li-kulli ummatin jaʿalnā mansakan hum nāsikūhu) sous un angle différent : il en tire la conséquence que nul n’a à disputer au nabī Muḥammad l’affaire de son propre rite (fa-lā yunāziʿunnaka fī l-amr). Ce Bloc rapporte les deux occurrences sans les fusionner — l’une pose l’institution du mansak, l’autre en tire une conséquence d’ordre pratique distincte.
- li-kulli ummatin jaʿalnā mansakan hum nāsikūhu
- voir le callout ci-dessus.
- fa-lā yunāziʿunnaka fi l-amri
- racine *n-z-ʿ* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : tirer à soi, disputer en arrachant.
S.22:68 · S’ils te contestent — « Allaah sait mieux ce que vous faites »
- jādalūka
- racine *j-d-l* (voir *yujādilu*, S22:3 et S22:8).
S.22:69 · Allaah jugera entre vous au Jour de la Résurrection
S.22:70 · Tout cela dans un Kitāb — chose aisée pour Allaah
- inna dhālika fī kitābin
- voir S6:59 (« *wa-lā ḥabbatin fī ẓulumāti l-arḍi wa-lā raṭbin wa-lā yābisin illā fī kitābin mubīn* ») — le registre où s'inscrit la science exhaustive d'Allaah.
- ʿalā llāhi yasīr
- formule identique à S4:30 : « *wa-kāna dhālika ʿalā llāhi yasīrā* ».
Ce qu’ils adorent sans preuve ni science · S22:71
S.22:71 · Ce qu’ils adorent sans preuve ni science — nul secours pour les ẓālimūn
- mā lam yunazzil bihi sulṭānan
- formule identique à S3:151 : « *bimā ashrakū bi-llāhi mā lam yunazzil bihi sulṭānan* ».
- mā laysa lahum bihi ʿilmun
- formule proche de S17:36 : « *wa-lā taqfu mā laysa laka bihi ʿilmun* ».
L’hostilité visible sur les visages des kāfirūn · S22:72
S.22:72 · L’hostilité visible sur les visages des kāfirūn à l’écoute des āyāt
- taʿrifu fī wujūhihimu l-munkara
- même racine *n-k-r* que *nakīr* (S22:44) — ici, le rejet se lit directement sur les traits du visage, avant même toute parole.
- yakādūna yasṭūna
- racine *s-ṭ-w* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : se jeter sur quelqu'un avec violence, fondre sur lui. **Dit** : le texte nomme une hostilité physique sur le point de se déclencher (*yakādūna*, « ils sont sur le point de »), non un passage à l'acte déjà accompli.
La parabole de la mouche · S22:73–74
S.22:73 · La parabole de la mouche — l’impuissance de ce qu’ils invoquent
Crux lexical — ḍaʿufa ṭ-ṭālibu wa-l-maṭlūbu, deux lectures classiques nommées, sans trancher. La clôture du verset, « faible est celui qui cherche (aṭ-ṭālib) et celui qui est cherché (al-maṭlūb) », admet, chez les lexicographes classiques, deux identifications distinctes de ces deux rôles grammaticaux. Première lecture : aṭ-ṭālib désigne ceux qui invoquent ces idoles (al-mushrikūn), qui attendent de leurs idoles qu’elles créent même une mouche (ou qu’elles récupèrent ce qu’une mouche leur aurait pris) ; al-maṭlūb désigne alors l’idole elle-même, ou la mouche, objet de cette quête — l’un comme l’autre étant déclarés faibles. Seconde lecture, également rapportée par Ibn Manẓūr (Lisān al-ʿArab, racine ṭ-l-b) : aṭ-ṭālib désigne la mouche elle-même, qui cherche (en quête de nourriture ou pour reprendre ce qu’elle a dérobé) ; al-maṭlūb désigne alors l’idole ou son adorateur, dont la mouche cherche à tirer quelque chose. Ce Bloc nomme les deux lectures, rapportées l’une et l’autre par les lexicographes classiques, sans trancher entre elles à partir de ce seul verset — l’affirmation centrale du verset (l’incapacité totale de ce qui est adoré en dehors d’Allaah, fût-ce face à la plus insignifiante des créatures) demeure inchangée quelle que soit la lecture retenue.
- ḍuriba mathalun
- racine *ḍ-r-b* à la forme passive appliquée à *mathal* (la parabole) — voir *yaḍribu llāhu l-amthāl* (S13:17).
- yaslubhumu … yastanqidhūhu
- *salaba* (ravir, dépouiller) et *istanqadha* (reprendre, sauver de force), racine *n-q-dh*.
- ḍaʿufa ṭ-ṭālibu wa-l-maṭlūbu
- voir le callout ci-dessus.
S.22:74 · Ils n’ont pas estimé Allaah à Sa juste mesure
- mā qadaru llāha ḥaqqa qadrihi
- formule identique à S6:91 : « *wa-mā qadaru llāha ḥaqqa qadrihi idh qālū mā anzala llāhu ʿalā basharin min shayʾ* » — là appliquée au rejet de toute révélation, ici à l'incapacité totale de ce qui est associé à Allaah.
- la-qawiyyun ʿazīzun
- reprise mot pour mot de S22:40.
L’élection des rusul, la science de ce qui précède et suit · S22:75–76
S.22:75 · Allaah élit des messagers parmi les malāʾika et parmi les humains
- yaṣṭafī
- racine *ṣ-f-w* (choisir en écartant tout ce qui n'est pas pur, élire) — voir S3:33 (« *inna llāha ṣṭafā ādama wa-nūḥan wa-āla ibrāhīma wa-āla ʿimrāna ʿalā l-ʿālamīn* ») et S7:144 (« *iṣṭafaytuka ʿalā n-nās* »).
- mina l-malāʾikati rusulan wa-mina n-nāsi
- **Dit** : le terme *rusul* (messagers) est ici employé pour désigner à la fois des *malāʾika* et des humains. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas en quoi consiste la fonction de messager pour les *malāʾika*, ni si elle recouvre exactement ce que ce terme désigne pour les humains — ce Bloc rapporte le terme partagé sans fusionner les deux fonctions au-delà de ce que le texte affirme.
S.22:76 · Ce qui sait ce qui est devant eux et derrière eux
- mā bayna aydīhim wa-mā khalfahum
- formule présente en S2:255 et S21:28.
- wa-ilā llāhi turjaʿu l-umūr
- formule fréquente dans le Coran.
L’appel au rukūʿ, au sujūd, à l’adoration, au bien · S22:77
S.22:77 · Inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Rabb, faites le bien
Marque de prosternation (۩). La marque de sajda présente dans le texte source est conservée dans le champ ar=, comme pour S13:15. C’est la seconde marque de ce type dans la sourate (la première se trouvant en S22:18).
- irkaʿū wa-sjudū
- mêmes racines que *ar-rukkaʿ as-sujūd* (S22:26) — ici sous forme d'ordre direct adressé aux croyants.
- tufliḥūn
- racine *f-l-ḥ*, fréquente dans le Coran.
Clôture de la sourate · S22:78
S.22:78 · Clôture — le jihād véritable, l’élection, nulle gêne dans le dīn, la milla d’Ibrāhīm, témoins sur les gens
Point de méthode — plusieurs échos intra-coraniques directs dans ce verset de clôture. Trois rapprochements méritent d’être nommés ensemble. (1) Mā jaʿala ʿalaykum fī d-dīni min ḥaraj reprend, dans une construction très proche, l’affirmation de S5:6 (« mā yurīdu llāhu li-yajʿala ʿalaykum min ḥaraj »). (2) Li-yakūna r-rasūlu shahīdan ʿalaykum wa-takūnū shuhadāʾa ʿalā n-nās reprend, dans l’ordre inverse, la formule de S2:143 (« li-takūnū shuhadāʾa ʿalā n-nāsi wa-yakūna r-rasūlu ʿalaykum shahīdā ») — ce Bloc signale cette inversion d’ordre (ici le rasūl est nommé témoin en premier, puis les croyants) comme un simple effet de construction, sans en tirer de conséquence doctrinale distincte. (3) Wa-ʿtaṣimū bi-llāhi reprend le même verbe, à la même forme, que S3:103 (« wa-ʿtaṣimū bi-ḥabli llāhi jamīʿan »), ici appliqué directement à Allaah plutôt qu’à Son « lien » (ḥabl) — et huwa mawlākum reprend l’affirmation de S3:150 (« bal Allāhu mawlākum »).
- wa-jāhidū fi llāhi ḥaqqa jihādihi
- racine *j-h-d* (l'effort soutenu). **Point de grammaire, sans portée théologique** : la construction *fi llāhi* (« en/pour Allaah ») diffère de la formule plus fréquente *fī sabīli llāhi* (« dans le *sabīl* d'Allaah »). **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas en quoi cette construction distincte infléchirait le sens par rapport à la formule usuelle — ce Bloc rapporte la différence de construction sans lui attribuer de portée distincte au-delà de ce que la grammaire indique.
- huwa jtabākum
- racine *j-b-y* (élire, rassembler par choix) — voir S16:121 et S20:122 (« *thumma jtabāhu rabbuhu* »).
- mā jaʿala ʿalaykum fi d-dīni min ḥarajin
- voir le callout ci-dessus.
- millata abīkum ibrāhīma
- la *milla* d'Ibrāhīm, présente en S2, S3, S4 et S16:123.
- huwa sammākumu l-muslimīna min qablu wa-fī hādhā
- **Dit** : le texte affirme une double nomination — « auparavant » (*min qablu*) et « dans ceci » (*wa-fī hādhā*, le Qurʾān lui-même). **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas le lieu textuel exact de cette nomination antérieure — ce Bloc n'importe aucune identification supplémentaire (un verset précis attribué à Ibrāhīm, par exemple) au-delà de ce que ce verset affirme lui-même.
- li-yakūna r-rasūlu shahīdan ʿalaykum wa-takūnū shuhadāʾa ʿalā n-nāsi
- voir le callout ci-dessus.
- wa-ʿtaṣimū bi-llāhi huwa mawlākum
- voir le callout ci-dessus.
- fa-niʿma l-mawlā wa-niʿma n-naṣīr
- construction exclamative *niʿma* + Nom, de forme voisine de S3:173 (« *ḥasbunā llāhu wa-niʿma l-wakīl* »), ici appliquée à *mawlā* et *naṣīr* — clôture de la sourate sur le double rôle, nommé au fil de ce Bloc (S22:60, S22:74), de protecteur et de secours.