Structure du Bloc I, ouverture de la Sourate 23. Quatre ensembles. D’abord le portrait de ceux qui ont atteint le falāḥ — neuf traits successifs, du khushūʿ dans la ṣalāt jusqu’à l’assiduité envers les ṣalawāt — et la clôture sur l’héritage du Firdaws (S23:1–11). Puis l’humain rapporté à ses étapes — sulāla, nuṭfa, ʿalaqa, muḍgha, os revêtus de chair, puis une création autre — close sur tabāraka, et le rappel de la mort suivie de la résurrection (S23:12–16). Puis trois signes mis bout à bout : les sept ṭarāʾiq au-dessus de vous, l’eau descendue selon une mesure et ce qu’elle fait pousser — dont un arbre du Ṭūr Saynāʾ non autrement nommé —, et le bétail comme ʿibra et comme monture, à l’instar de l’arche (S23:17–22). Enfin le récit de Nūḥ : l’envoi à son peuple, le rejet de l’assemblée, l’accusation de jinna, l’ordre de construire l’arche sous Nos aʿyun, le débordement du tannūr, le sauvetage, et la clôture sur une āya qui est aussi une épreuve (S23:23–30).
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.23:1–2 | Les muʾminūn ont atteint le falāḥ — le khushūʿ dans la ṣalāt |
| S.23:3 | Le détournement du laghw |
| S.23:4 | L’accomplissement de la zakāt |
| S.23:5–7 | La garde des furūj, sauf pour les épouses et mā malakat aymānuhum — qui cherche au-delà est transgresseur |
| S.23:8 | La fidélité aux amānāt et au pacte |
| S.23:9 | L’assiduité envers les ṣalawāt |
| S.23:10–11 | Les héritiers — l’héritage du Firdaws, khālidūn |
| S.23:12 | La création de l’humain à partir d’une sulāla d’argile |
| S.23:13 | La nuṭfa placée dans un lieu stable |
| S.23:14 | Les étapes successives — ʿalaqa, muḍgha, os, chair — une création autre — tabāraka |
| S.23:15–16 | La mort, puis la résurrection au Jour de la Résurrection |
| S.23:17 | Les sept ṭarāʾiq créées au-dessus de vous |
| S.23:18 | L’eau descendue selon une mesure |
| S.23:19 | Les jardins de palmiers et de vignes |
| S.23:20 | L’arbre qui sort du Ṭūr Saynāʾ |
| S.23:21 | Le bétail, une ʿibra |
| S.23:22 | Le bétail et l’arche, deux montures |
| S.23:23 | Nūḥ envoyé à son peuple |
| S.23:24 | L’assemblée qui a commis le kufr : « un homme ordinaire » |
| S.23:25 | L’accusation de jinna — attendre jusqu’à un temps |
| S.23:26 | L’invocation de Nūḥ — « secours-moi » |
| S.23:27 | L’ordre de construire l’arche sous Nos aʿyun — le débordement du tannūr |
| S.23:28 | L’embarquement — la ḥamd pour le sauvetage |
| S.23:29 | L’invocation d’un débarquement mubārak |
| S.23:30 | Des āyāt — et une épreuve |
Les muflihūn — le portrait de ceux qui réussissent · S23:1–11
S.23:1–2 · Les muʾminūn ont atteint le falāḥ — le khushūʿ dans la ṣalāt
- al-muʾminūn
- racine *ʾ-m-n*, précédent établi (étude dédiée [La définition du croyant selon le Coran](/etudes/definition-croyant/), qui traite nommément ce passage, S23:1–11, parmi les textes rassemblant les critères du *muʾmin*) — conservé en translittération, jamais « croyant » dans le corps même du *trad*.
- aflaḥa … al-falāḥ
- racine *f-l-ḥ*, précédent établi (S2:5 : *al-mufliḥūn*) — Ibn Fāris et Ibn Manẓūr convergent : *al-falāḥ* est une réussite active, qui fend un obstacle (du laboureur qui ouvre la terre), non une félicité passive. Le verbe *aflaḥa*, employé ici à l'accompli, est rendu par « a atteint le *falāḥ* » plutôt que par un simple « a réussi », pour garder visible ce même noyau de sens que le nom *mufliḥūn* portait déjà en S2:5.
- ṣalātihim
- *ṣalāt*, terme conservé en translittération dans l'ensemble du corpus, faute d'équivalent français fidèle — première occurrence dans ce Bloc.
- khāshiʿūn
- racine *kh-sh-ʿ*, précédent établi (S17:109, qui renvoie nommément à ce même verset ; voir l'étude dédiée [Le rituel de la Ṣalāt dans le Coran](/etudes/salat-rituel/)) : l'abaissement conjoint du corps et du cœur, distinct de la seule crainte (*khawf*) — une disposition d'ensemble, non une émotion isolée. Conservé en translittération, faute d'un mot français unique qui couvre ce double registre ; rendu ailleurs par « recueillement » dans l'étude dédiée, à titre de glose, non de traduction retenue pour le corps du texte.
S.23:3 · Le détournement du laghw
- al-laghw
- racine *l-gh-w*, précédent établi (S2:225 ; S5:89) : la parole ou l'acte vide de portée, non délibéré — ici au sens le plus large, ce qui occupe sans finalité sérieuse. Conservé en translittération, faute d'un mot français unique qui couvre ce registre (ni « frivolité », ni « vanité » seules ne rendent la nuance d'absence d'intention qui structure cette racine).
- muʿriḍūn
- racine *ʿ-r-ḍ*, à la forme IV : se détourner activement, tourner le dos à quelque chose plutôt que le subir passivement.
S.23:4 · L’accomplissement de la zakāt
- li-z-zakāti fāʿilūn
- *zakāt*, précédent établi (étude dédiée [La simplicité de la Zakāt](/etudes/zakat/)) — conservé en translittération. **Point de construction** : le texte n'emploie pas ici le verbe habituel *ātā* (faire parvenir, S2:43 et *passim*) mais *faʿala* (agir, accomplir) suivi de la préposition *li-* — une construction plus large que le seul versement, que ce Bloc rend par « agissent », sans réduire par avance le sens à la seule remise matérielle que *ātā* désignait ailleurs.
La garde des furūj, la fidélité aux engagements, l’assiduité envers les ṣalawāt · S23:5–9
S.23:5–7 · La garde des furūj, sauf pour les épouses et mā malakat aymānuhum — qui cherche au-delà est transgresseur
- furūjihim
- pluriel de *farj*, racine *f-r-j* : l'ouverture, l'intervalle entre deux choses — désigne ici, par un usage figuré bien établi en arabe classique, les parties intimes du corps. Même racine reprise au pluriel féminin en S33:35, où *al-ḥāfiẓīna furūjahum wa-l-ḥāfiẓāt* reprend ce même couple verbe-objet pour les deux sexes.
- azwājihim … mā malakat aymānuhum
- *mā malakat aymānukum*/*aymānuhum*, précédent établi depuis S4:3 — conservé en translittération, sans équivalent français fidèle en un seul mot. **Non-dit** : ce verset ne précise ni le cadre social ni le statut juridique que recouvrait cette expression dans son contexte d'origine — toute reconstruction au-delà de la formule elle-même excède ce que le texte affirme ici.
- ghayru malūmīn
- racine *l-w-m* : blâmer, reprocher — l'absence de blâme (*malūmīn*, participe passif) pose ici, par la structure même du verset, une limite précise : tout ce qui reste en-deçà de cette exception entraîne, implicitement, le blâme.
- fa-mani btaghā warāʾa dhālika … al-ʿādūn
- racine *ʿ-d-w* : dépasser une limite, aller au-delà — d'où *al-ʿādūn*, ceux qui transgressent la limite qui vient d'être posée par le verset lui-même (distincte de son autre sens, l'hostilité ouverte, *ʿadāwa*). **Dit** : le texte referme ainsi lui-même, par sa propre structure, le périmètre de ce qui vient d'être autorisé — sans qu'aucun développement supplémentaire du statut de *mā malakat aymānuhum* ne soit donné par ce seul verset.
S.23:8 · La fidélité aux amānāt et au pacte
- amānātihim
- pluriel d'*amāna*, même racine *ʾ-m-n* que *muʾminūn* (S23:1, ce Bloc) — précédent établi (S4:58 : « restituer les *amānāt* à leurs ayants droit » ; S8:27 : le critère posé pour la *khiyāna*, la trahison, est le comportement, non l'identité). Conservé en translittération : « dépôt » ou « charge confiée » ne couvrent isolément qu'une partie du champ — tout ce qui est remis à la garde de quelqu'un, matériel ou non, en confiance.
- rāʿūn
- racine *r-ʿ-y* : paître, mais aussi veiller sur, garder avec attention soutenue (le pasteur qui veille sur son troupeau) — une vigilance continue, distincte de la simple garde ponctuelle déjà rendue par *ḥāfiẓūn* (S23:5, ce Bloc).
S.23:9 · L’assiduité envers les ṣalawāt
- ṣalawātihim … yuḥāfiẓūn
- **Point de méthode — le pluriel et la forme III.** Ce verset referme l'énumération ouverte par *fī ṣalātihim khāshiʿūn* (S23:2, ce Bloc) en reprenant le même terme au pluriel (*ṣalawāt* — les occurrences répétées de la *ṣalāt*, non son seul principe) et avec un verbe différent, à la forme III (*yuḥāfiẓūn*, veiller sur quelque chose avec une constance soutenue, par contraste avec *ḥāfiẓūn*, forme I, employé en S23:5 pour la garde des *furūj*). **Dit** : l'ensemble des neuf traits de ce portrait s'ouvre et se referme ainsi, en miroir, sur la même racine *ṣ-l-w*, en encadrant tous les autres traits — intériorité du *khushūʿ* d'un côté, constance répétée de l'autre.
Les héritiers — l’héritage du Firdaws · S23:10–11
S.23:10–11 · Les héritiers — l’héritage du Firdaws, khālidūn
- al-wārithūn … yarithūna
- racine *w-r-th* : hériter, recevoir en possession ce qui provenait d'un autre — ici, l'image de l'héritage transfère au *muʾmin* une possession qui ne lui était pas d'abord propre.
- al-firdaws
- *Firdaws*, précédent établi (S18:107–108) : terme sans dérivation triconsonantiale arabe classique clairement établie, que les lexicographes anciens rapportent déjà comme un nom emprunté désignant un jardin d'une abondance particulière — conservé en translittération.
La création humaine en étapes — tabāraka · S23:12–16
S.23:12 · La création de l’humain à partir d’une sulāla d’argile
- sulālatin
- racine *s-l-l* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : *salla sh-shayʾa* — tirer une chose doucement hors d'une autre, l'en extraire sans brusquerie ; *as-sulāla* est, par cette racine, ce qui est ainsi extrait — la part choisie, tirée hors du tout. **Dit, cohérence intra-coranique** : ce verset rejoint, sans les fusionner, les autres désignations déjà rencontrées pour la matière initiale de l'humain — *turāb* (la terre, S3:59 ; S18:37) et *ṣalṣāl min ḥamaʾin masnūn* (l'argile sonore issue d'une boue changée, S15:26) : trois images distinctes, qui se complètent sans qu'aucune ne soit réduite à l'autre par ce seul verset.
- al-insān
- racine *ʾ-n-s*, désigne l'espèce humaine en général — distinct de *bashar* (l'humain sous l'aspect de son enveloppe visible, S15:28) et d'*ādam* (le nom propre). Ce verset n'emploie, pour toute cette étape de la création, ni l'un ni l'autre des deux autres noms.
S.23:13 · La nuṭfa placée dans un lieu stable
- nuṭfatan
- racine *n-ṭ-f*, précédent établi (S16:4 ; S18:37) : une petite quantité de liquide clair, la goutte germinale — terme technique, chez Ibn Manẓūr, pour le fluide séminal à l'origine de la génération humaine.
- qarārin makīn
- *qarār*, même racine *q-r-r* que *mustaqarr* (S6:98 : « *fa-mustaqarrun wa-mustawdaʿun* ») — l'établissement stable. *Makīn*, racine *m-k-n* : ce qui est fermement assis, consolidé en sa place. **Dit** : le texte qualifie ainsi le lieu de cette étape sans le nommer autrement que par cette double qualité de stabilité ; *qarārin fi l-arḥām* (les matrices) est explicité ailleurs (S22:5), non repris nommément ici.
S.23:14 · Les étapes successives — ʿalaqa, muḍgha, os, chair — une création autre — tabāraka
- ʿalaqatan
- racine *ʿ-l-q*, précédent établi (S22:5) — Ibn Manẓūr : ce qui s'attache, s'accroche à une chose (d'où *ʿalaq*, le sang épaissi et grumeleux qui adhère).
- muḍghatan
- racine *m-ḍ-gh*, précédent établi (S22:5) — Ibn Fāris : ce qui se mâche (*maḍagha*) ; *muḍgha* désigne, par extension, un petit morceau de chair de la taille de ce que l'on mâcherait.
- khalqan ākhara
- racine *kh-l-f*/*ākhar* : une création « autre », distincte des étapes qui précèdent. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas en quoi consiste exactement cette altérité — le texte marque seulement une rupture dans l'énumération (jusque-là réglée par une suite de *fa-* enchaînés), sans la développer davantage ; aucune nomenclature embryologique moderne n'y est associée, ni n'en est exclue.
- fa-tabāraka llāhu aḥsanu l-khāliqīn
- précédent exact, mot pour mot, déjà établi (étude dédiée [Baraka et tabarruk](/etudes/baraka-tabarruk/), qui cite nommément ce verset) — *tabāraka*, forme VI, conservée en translittération : une forme que la langue classique réserve à Allaah seul (Ibn Manẓūr : *tabāraka llāhu, taʿālā wa-taqaddasa* — Ses bienfaits se sont multipliés et ont crû en excédant). Rendu, conformément à ce précédent, par « *Tabāraka* Allaah — Ce qui est le meilleur des créateurs », sans glose supplémentaire par souci de constance.
S.23:15–16 · La mort, puis la résurrection au Jour de la Résurrection
- yawma l-qiyāmati … tubʿathūn
- *yawm al-qiyāma*, précédent établi (*passim*). *Baʿatha*, racine *b-ʿ-th* : faire sortir, faire se lever — employée pour la résurrection comme pour l'envoi des *rusul* (S9:103, à propos de la *ṣalāt*/*sakīna* ; sens distinct mais même racine, un même mouvement de mise en mouvement hors d'un état antérieur).
Les sept ṭarāʾiq, l’eau mesurée, les jardins, l’arbre du Sinaï, le bétail · S23:17–22
S.23:17 · Les sept ṭarāʾiq créées au-dessus de vous
- sabʿa ṭarāʾiqa
- racine *ṭ-r-q* : la voie frayée, le chemin tracé — par extension, chez les lexicographes anciens, la strate superposée (une chose placée au-dessus d'une autre, à la manière de voies qui se suivent). **Dit, cohérence intra-coranique, sans fusion** : ce même ensemble est désigné ailleurs sous le nom *as-samāwāt as-sabʿ* (les sept cieux, S17:44, qui accomplissent la *tasbīḥ*) — une image distincte (des voies superposées, plutôt que des étendues qui glorifient), rapportée ici sans la fondre dans la première.
- fawqakum
- racine *f-w-q* : au-dessus. **Point de vigilance, sans portée théologique ici** : ce verset qualifie une position relative entre la création nommée (les sept *ṭarāʾiq*) et « vous » (les humains sur terre) — non une position d'Allaah Lui-même, qui n'est pas le sujet grammatical de cette préposition dans ce verset.
- ghāfilīn
- racine *gh-f-l*, précédent établi (S10:7–8) : l'inattention, l'oubli non délibéré. **Dit** : le texte nie ici toute inattention d'Allaah envers Sa propre création — une affirmation de surveillance continue, sans détail supplémentaire sur sa modalité.
S.23:18 · L’eau descendue selon une mesure
- bi-qadarin
- racine *q-d-r*, rattachée à la famille *mashīʾa*/*qadar* : le texte affirme seulement que l'eau descend selon une mesure déterminée, sans développer ce que cela implique au-delà de ce verset.
- askannāhu
- racine *s-k-n*, précédent établi (*sakīna*, S2:248 ; S9:103) — ici au sens d'établir, fixer en un lieu ; l'eau du ciel est ainsi rendue stable dans la terre, plutôt que simplement versée.
S.23:19 · Les jardins de palmiers et de vignes
S.23:20 · L’arbre qui sort du Ṭūr Saynāʾ
- ṭūri saynāʾa
- le Ṭūr (la montagne) de Saynāʾ. **Non-dit** : ce verset ne nomme pas l'arbre lui-même ; aucune identification (olivier ou autre) qu'une partie de la tradition a pu proposer hors du texte ne lui est attribuée ici — le texte s'arrête à ce qu'il produit, l'huile (*duhn*) et un assaisonnement (*ṣibgh*), sans davantage de précision.
- duhn … ṣibgh
- *duhn*, racine *d-h-n* : la matière grasse, l'huile. *Ṣibgh*, racine *ṣ-b-gh* : ce qui teint, ce qui colore ou assaisonne (ailleurs, la même racine désigne la teinture au sens de la marque identitaire).
S.23:21–22 · Le bétail, une ʿibra — le bétail et l’arche, deux montures
- al-anʿām
- précédent établi (S5:1 et *passim*) — le bétail (chameaux, bovins, ovins, caprins).
- ʿibratan
- racine *ʿ-b-r*, même racine que *taʿburūn* (S12:43 : passer de l'image du songe à sa signification) — ici, *ʿibra* désigne ce que l'on tire, en le traversant du regard, d'un fait observable vers un enseignement qu'il porte.
- ʿalayhā wa-ʿalā l-fulki tuḥmalūn
- *al-fulk*, précédent établi (S2:164 ; S7:64 ; S11:37–41 — l'arche de Nūḥ, à venir plus loin dans ce même Bloc). **Dit** : le texte rapproche ici, dans une même phrase, le bétail et l'arche comme deux montures distinctes, sans développer ce rapprochement au-delà de la fonction commune qu'il relève — porter l'humain.
Le récit de Nūḥ : l’envoi, le rejet, l’arche, le sauvetage · S23:23–30
S.23:23 · Nūḥ envoyé à son peuple
- mā lakum min ilāhin ghayruhu … a-fa-lā tattaqūn
- précédent exact, mot pour mot, déjà établi pour la formule de *tawḥīd* (S7:59 ; S7:65, où la même clôture par « *a-fa-lā tattaqūn* » accompagne l'envoi de Hūd) — reprise ici à l'identique pour l'ouverture du récit de Nūḥ dans cette sourate.
S.23:24 · L’assemblée qui a commis le kufr : « un homme ordinaire »
- al-malaʾu lladhīna kafarū
- *al-malaʾ*, précédent établi (S2:246 ; S7:60) — l'assemblée des notables ; ici précisée par la relative « ceux qui avaient commis le *kufr* », distinguant implicitement cette assemblée d'éventuels membres du peuple de Nūḥ qui auraient cru.
- basharun mithlukum … yatafaḍḍala ʿalaykum
- *bashar*, précédent établi (S15:28) — l'humain sous l'aspect de son enveloppe visible ; l'objection porte sur cette seule humanité ordinaire, retrouvée pour chacun des *rusul* de ce type de récit. *Tafaḍḍala*, racine *f-ḍ-l* : chercher à se distinguer, à s'élever au-dessus d'autrui par un rang qu'on s'attribue.
- mā samiʿnā bi-hādhā fī ābāʾinā l-awwalīn
- **Non-dit** : l'argument de l'assemblée est ici l'absence de précédent connu dans la tradition des pères — le texte rapporte cet argument sans le valider ni le réfuter autrement que par la suite du récit lui-même.
S.23:25 · L’accusation de jinna — attendre jusqu’à un temps
- bihi jinnatun
- racine *j-n-n*, précédent établi (*al-jānn*, S15:27 : un genre de créature soustraite à la perception ordinaire, « voilée » à la vue) — *jinna* désigne ici, par la même racine, l'état d'un esprit dont le texte rapporte qu'on l'accuse d'être voilé, couvert, hors de la raison ordinaire. Conservé en translittération plutôt que traduit par « folie », pour garder visible le lien avec la même racine déjà rencontrée pour *al-jānn*.
- fa-tarabbaṣū bihi ḥattā ḥīn
- racine *r-b-ṣ* : attendre, observer en différant son jugement. **Non-dit** : la durée précise de ce *ḥīn* (un temps) n'est pas fixée par ce seul verset.
S.23:26 · L’invocation de Nūḥ — « secours-moi »
S.23:27 · L’ordre de construire l’arche sous Nos aʿyun — le débordement du tannūr
- bi-aʿyuninā
- précédent exact, mot pour mot, déjà établi (S11:37 : « *wa-ṣnaʿi l-fulka bi-aʿyuninā wa-waḥyinā* ») — reprise ici à l'identique. Même méthode déjà retenue pour *Yad Allaah* (S5:64) : *aʿyun* (les yeux) est un idiome arabe attesté indépendamment de toute anatomie, désignant la protection attentive et la surveillance bienveillante — mais, comme pour *yad*, le mot français « yeux », une fois posé sur Allaah, réintroduirait une image corporelle qu'aucune glose ne peut entièrement neutraliser. Le terme *aʿyun* est donc conservé en translittération. Point déjà soumis à accord explicite depuis S11:37 ; cette occurrence, strictement identique, ne rouvre pas la question, mais confirme l'extension déjà annoncée de cet accord à ses occurrences répétées.
- fāra t-tannūru
- **Crux lexical, deux lectures attestées — précédent déjà posé (S11:40).** *At-tannūr* désigne en premier lieu, chez les lexicographes classiques, le four de terre cuite servant à la cuisson du pain ; un second usage, également attesté, désigne la surface du sol en un endroit précis. Ce Bloc retient, comme en S11:40, la lecture la plus courante (le four), en signalant l'autre, sans importer aucun récit sur l'identité ou la localisation de cet objet.
- zawjayni thnayni … ahlaka … sabaqa ʿalayhi l-qawl
- précédents exacts, mot pour mot, déjà établis (S11:40) pour l'ensemble de cette même formule — reprise ici presque à l'identique, à l'exception de l'ordre des clauses finales (*wa-lā tukhāṭibnī* précède ici immédiatement *innahum mughraqūn*, sans la clause intermédiaire *wa-man āmana* que S11:40 comportait).
S.23:28 · L’embarquement — la ḥamd pour le sauvetage
- lladhī najjānā
- **Note de méthode — neutre absolu, « Ce qui » pour Allaah.** Conformément à la méthode retenue, la construction relative attribuant une action à Allaah est rendue par « Ce qui », le neutre absolu s'exprimant en français par « ce qui »/« ce que » plutôt que par le pronom masculin « celui qui », qui désigne ordinairement une personne. Le pronom ordinaire « Il » reste employé normalement pour les verbes dont Allaah est sujet. Première occurrence de cette application dans ce Bloc.
- al-ḥamdu lillāh
- précédent établi (S1:2 et *passim*) — conservé en translittération.
S.23:29 · L’invocation d’un débarquement mubārak
- munzalan mubārakan
- *mubārak*, forme II, précédent établi (étude dédiée [Baraka et tabarruk](/etudes/baraka-tabarruk/)) — le participe passif, celui dans lequel la baraka a été placée par un agent extérieur, par contraste exact avec *tabāraka* (S23:14, ce Bloc), la forme réservée à Allaah seul comme source. Conservé en translittération. **Dit, cohérence intra-Bloc** : ce même Bloc fait ainsi se répondre les deux formes de la même racine *b-r-k* — Allaah source de *baraka* (*tabāraka*, S23:14) et le lieu que Nūḥ demande à recevoir comme récepteur de cette même *baraka* (*mubārak*, ici).
- khayru l-munzilīn
- racine *n-z-l*, précédent établi (*khayru l-munzilīn*, S12:59–60, employé par Yūsuf en un sens ordinaire et humain) — ici appliqué à Allaah, dans le même registre d'accueil hospitalier, sans qu'aucune vigilance méthodologique particulière ne soit requise au-delà de la construction grammaticale elle-même.
S.23:30 · Des āyāt — et une épreuve
- āyātin
- précédent établi — conservé en translittération.
- la-mubtalīn
- racine *b-l-w*, précédent établi (même famille que *fitna*, S8:28, pour l'épreuve qui révèle) — participe actif, « Nous étions [ceux qui] éprouvent ». **Non-dit** : ce verset referme le récit sans préciser davantage en quoi consistait cette épreuve au-delà du sauvetage et de la noyade déjà rapportés.