Structure du Bloc I, ouverture de la Sourate 23. Quatre ensembles. D’abord le portrait de ceux qui ont atteint le falāḥ — neuf traits successifs, du khushūʿ dans la ṣalāt jusqu’à l’assiduité envers les ṣalawāt — et la clôture sur l’héritage du Firdaws (S23:1–11). Puis l’humain rapporté à ses étapes — sulāla, nuṭfa, ʿalaqa, muḍgha, os revêtus de chair, puis une création autre — close sur tabāraka, et le rappel de la mort suivie de la résurrection (S23:12–16). Puis trois signes mis bout à bout : les sept ṭarāʾiq au-dessus de vous, l’eau descendue selon une mesure et ce qu’elle fait pousser — dont un arbre du Ṭūr Saynāʾ non autrement nommé —, et le bétail comme ʿibra et comme monture, à l’instar de l’arche (S23:17–22). Enfin le récit de Nūḥ : l’envoi à son peuple, le rejet de l’assemblée, l’accusation de jinna, l’ordre de construire l’arche sous Nos aʿyun, le débordement du tannūr, le sauvetage, et la clôture sur une āya qui est aussi une épreuve (S23:23–30).

Sommaire du bloc

Réf. Titre thématique
S.23:1–2 Les muʾminūn ont atteint le falāḥ — le khushūʿ dans la ṣalāt
S.23:3 Le détournement du laghw
S.23:4 L’accomplissement de la zakāt
S.23:5–7 La garde des furūj, sauf pour les épouses et mā malakat aymānuhum — qui cherche au-delà est transgresseur
S.23:8 La fidélité aux amānāt et au pacte
S.23:9 L’assiduité envers les ṣalawāt
S.23:10–11 Les héritiers — l’héritage du Firdaws, khālidūn
S.23:12 La création de l’humain à partir d’une sulāla d’argile
S.23:13 La nuṭfa placée dans un lieu stable
S.23:14 Les étapes successives — ʿalaqa, muḍgha, os, chair — une création autre — tabāraka
S.23:15–16 La mort, puis la résurrection au Jour de la Résurrection
S.23:17 Les sept ṭarāʾiq créées au-dessus de vous
S.23:18 L’eau descendue selon une mesure
S.23:19 Les jardins de palmiers et de vignes
S.23:20 L’arbre qui sort du Ṭūr Saynāʾ
S.23:21 Le bétail, une ʿibra
S.23:22 Le bétail et l’arche, deux montures
S.23:23 Nūḥ envoyé à son peuple
S.23:24 L’assemblée qui a commis le kufr : « un homme ordinaire »
S.23:25 L’accusation de jinna — attendre jusqu’à un temps
S.23:26 L’invocation de Nūḥ — « secours-moi »
S.23:27 L’ordre de construire l’arche sous Nos aʿyun — le débordement du tannūr
S.23:28 L’embarquement — la ḥamd pour le sauvetage
S.23:29 L’invocation d’un débarquement mubārak
S.23:30 Des āyāt — et une épreuve

Les muflihūn — le portrait de ceux qui réussissent · S23:1–11

S.23:1–2 · Les muʾminūn ont atteint le falāḥ — le khushūʿ dans la ṣalāt

S.23:1–2
قَدْ أَفْلَحَ الْمُؤْمِنُونَ الَّذِينَ هُمْ فِي صَلَاتِهِمْ خَاشِعُونَ
Qad aflaḥa l-muʾminūn — alladhīna hum fī ṣalātihim khāshiʿūn Certes, les muʾminūn ont atteint le falāḥ — ceux qui, dans leur ṣalāt, sont khāshiʿūn.
Notes lexicales
al-muʾminūn
racine *ʾ-m-n*, précédent établi (étude dédiée [La définition du croyant selon le Coran](/etudes/definition-croyant/), qui traite nommément ce passage, S23:1–11, parmi les textes rassemblant les critères du *muʾmin*) — conservé en translittération, jamais « croyant » dans le corps même du *trad*.
aflaḥa … al-falāḥ
racine *f-l-ḥ*, précédent établi (S2:5 : *al-mufliḥūn*) — Ibn Fāris et Ibn Manẓūr convergent : *al-falāḥ* est une réussite active, qui fend un obstacle (du laboureur qui ouvre la terre), non une félicité passive. Le verbe *aflaḥa*, employé ici à l'accompli, est rendu par « a atteint le *falāḥ* » plutôt que par un simple « a réussi », pour garder visible ce même noyau de sens que le nom *mufliḥūn* portait déjà en S2:5.
ṣalātihim
*ṣalāt*, terme conservé en translittération dans l'ensemble du corpus, faute d'équivalent français fidèle — première occurrence dans ce Bloc.
khāshiʿūn
racine *kh-sh-ʿ*, précédent établi (S17:109, qui renvoie nommément à ce même verset ; voir l'étude dédiée [Le rituel de la Ṣalāt dans le Coran](/etudes/salat-rituel/)) : l'abaissement conjoint du corps et du cœur, distinct de la seule crainte (*khawf*) — une disposition d'ensemble, non une émotion isolée. Conservé en translittération, faute d'un mot français unique qui couvre ce double registre ; rendu ailleurs par « recueillement » dans l'étude dédiée, à titre de glose, non de traduction retenue pour le corps du texte.

S.23:3 · Le détournement du laghw

S.23:3
وَالَّذِينَ هُمْ عَنِ اللَّغْوِ مُعْرِضُونَ
Wa-lladhīna hum ʿani l-laghwi muʿriḍūn Et ceux qui, du laghw, se détournent (muʿriḍūn).
Notes lexicales
al-laghw
racine *l-gh-w*, précédent établi (S2:225 ; S5:89) : la parole ou l'acte vide de portée, non délibéré — ici au sens le plus large, ce qui occupe sans finalité sérieuse. Conservé en translittération, faute d'un mot français unique qui couvre ce registre (ni « frivolité », ni « vanité » seules ne rendent la nuance d'absence d'intention qui structure cette racine).
muʿriḍūn
racine *ʿ-r-ḍ*, à la forme IV : se détourner activement, tourner le dos à quelque chose plutôt que le subir passivement.

S.23:4 · L’accomplissement de la zakāt

S.23:4
وَالَّذِينَ هُمْ لِلزَّكَاةِ فَاعِلُونَ
Wa-lladhīna hum li-z-zakāti fāʿilūn Et ceux qui, pour la zakāt, agissent (fāʿilūn).
Notes lexicales
li-z-zakāti fāʿilūn
*zakāt*, précédent établi (étude dédiée [La simplicité de la Zakāt](/etudes/zakat/)) — conservé en translittération. **Point de construction** : le texte n'emploie pas ici le verbe habituel *ātā* (faire parvenir, S2:43 et *passim*) mais *faʿala* (agir, accomplir) suivi de la préposition *li-* — une construction plus large que le seul versement, que ce Bloc rend par « agissent », sans réduire par avance le sens à la seule remise matérielle que *ātā* désignait ailleurs.

La garde des furūj, la fidélité aux engagements, l’assiduité envers les ṣalawāt · S23:5–9

S.23:5–7 · La garde des furūj, sauf pour les épouses et mā malakat aymānuhum — qui cherche au-delà est transgresseur

S.23:5–7
وَالَّذِينَ هُمْ لِفُرُوجِهِمْ حَافِظُونَ إِلَّا عَلَىٰ أَزْوَاجِهِمْ أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُهُمْ فَإِنَّهُمْ غَيْرُ مَلُومِينَ فَمَنِ ابْتَغَىٰ وَرَاءَ ذَٰلِكَ فَأُولَٰئِكَ هُمُ الْعَادُونَ
Wa-lladhīna hum li-furūjihim ḥāfiẓūn — illā ʿalā azwājihim aw mā malakat aymānuhum fa-innahum ghayru malūmīn — fa-mani btaghā warāʾa dhālika fa-ulāʾika humu l-ʿādūn Et ceux qui, de leurs furūj, sont gardiens (ḥāfiẓūn) — sauf avec leurs épouses, ou mā malakat aymānuhum : ils ne sont alors nullement blâmés. Mais quiconque cherche au-delà de cela — ceux-là sont les transgresseurs (al-ʿādūn).
Notes lexicales
furūjihim
pluriel de *farj*, racine *f-r-j* : l'ouverture, l'intervalle entre deux choses — désigne ici, par un usage figuré bien établi en arabe classique, les parties intimes du corps. Même racine reprise au pluriel féminin en S33:35, où *al-ḥāfiẓīna furūjahum wa-l-ḥāfiẓāt* reprend ce même couple verbe-objet pour les deux sexes.
azwājihim … mā malakat aymānuhum
*mā malakat aymānukum*/*aymānuhum*, précédent établi depuis S4:3 — conservé en translittération, sans équivalent français fidèle en un seul mot. **Non-dit** : ce verset ne précise ni le cadre social ni le statut juridique que recouvrait cette expression dans son contexte d'origine — toute reconstruction au-delà de la formule elle-même excède ce que le texte affirme ici.
ghayru malūmīn
racine *l-w-m* : blâmer, reprocher — l'absence de blâme (*malūmīn*, participe passif) pose ici, par la structure même du verset, une limite précise : tout ce qui reste en-deçà de cette exception entraîne, implicitement, le blâme.
fa-mani btaghā warāʾa dhālika … al-ʿādūn
racine *ʿ-d-w* : dépasser une limite, aller au-delà — d'où *al-ʿādūn*, ceux qui transgressent la limite qui vient d'être posée par le verset lui-même (distincte de son autre sens, l'hostilité ouverte, *ʿadāwa*). **Dit** : le texte referme ainsi lui-même, par sa propre structure, le périmètre de ce qui vient d'être autorisé — sans qu'aucun développement supplémentaire du statut de *mā malakat aymānuhum* ne soit donné par ce seul verset.

S.23:8 · La fidélité aux amānāt et au pacte

S.23:8
وَالَّذِينَ هُمْ لِأَمَانَاتِهِمْ وَعَهْدِهِمْ رَاعُونَ
Wa-lladhīna hum li-amānātihim wa-ʿahdihim rāʿūn Et ceux qui, de leurs amānāt et de leur pacte (ʿahd), sont gardiens attentifs (rāʿūn).
Notes lexicales
amānātihim
pluriel d'*amāna*, même racine *ʾ-m-n* que *muʾminūn* (S23:1, ce Bloc) — précédent établi (S4:58 : « restituer les *amānāt* à leurs ayants droit » ; S8:27 : le critère posé pour la *khiyāna*, la trahison, est le comportement, non l'identité). Conservé en translittération : « dépôt » ou « charge confiée » ne couvrent isolément qu'une partie du champ — tout ce qui est remis à la garde de quelqu'un, matériel ou non, en confiance.
rāʿūn
racine *r-ʿ-y* : paître, mais aussi veiller sur, garder avec attention soutenue (le pasteur qui veille sur son troupeau) — une vigilance continue, distincte de la simple garde ponctuelle déjà rendue par *ḥāfiẓūn* (S23:5, ce Bloc).

S.23:9 · L’assiduité envers les ṣalawāt

S.23:9
وَالَّذِينَ هُمْ عَلَىٰ صَلَوَاتِهِمْ يُحَافِظُونَ
Wa-lladhīna hum ʿalā ṣalawātihim yuḥāfiẓūn Et ceux qui, sur leurs ṣalawāt, veillent avec constance (yuḥāfiẓūn).
Notes lexicales
ṣalawātihim … yuḥāfiẓūn
**Point de méthode — le pluriel et la forme III.** Ce verset referme l'énumération ouverte par *fī ṣalātihim khāshiʿūn* (S23:2, ce Bloc) en reprenant le même terme au pluriel (*ṣalawāt* — les occurrences répétées de la *ṣalāt*, non son seul principe) et avec un verbe différent, à la forme III (*yuḥāfiẓūn*, veiller sur quelque chose avec une constance soutenue, par contraste avec *ḥāfiẓūn*, forme I, employé en S23:5 pour la garde des *furūj*). **Dit** : l'ensemble des neuf traits de ce portrait s'ouvre et se referme ainsi, en miroir, sur la même racine *ṣ-l-w*, en encadrant tous les autres traits — intériorité du *khushūʿ* d'un côté, constance répétée de l'autre.

Les héritiers — l’héritage du Firdaws · S23:10–11

S.23:10–11 · Les héritiers — l’héritage du Firdaws, khālidūn

S.23:10–11
أُولَٰئِكَ هُمُ الْوَارِثُونَ الَّذِينَ يَرِثُونَ الْفِرْدَوْسَ هُمْ فِيهَا خَالِدُونَ
Ulāʾika humu l-wārithūn — alladhīna yarithūna l-firdawsa hum fīhā khālidūn Ceux-là sont les héritiers (al-wārithūn) — ceux qui héritent du Firdaws : ils y demeurent à jamais (khālidūn).
Notes lexicales
al-wārithūn … yarithūna
racine *w-r-th* : hériter, recevoir en possession ce qui provenait d'un autre — ici, l'image de l'héritage transfère au *muʾmin* une possession qui ne lui était pas d'abord propre.
al-firdaws
*Firdaws*, précédent établi (S18:107–108) : terme sans dérivation triconsonantiale arabe classique clairement établie, que les lexicographes anciens rapportent déjà comme un nom emprunté désignant un jardin d'une abondance particulière — conservé en translittération.

La création humaine en étapes — tabāraka · S23:12–16

S.23:12 · La création de l’humain à partir d’une sulāla d’argile

S.23:12
وَلَقَدْ خَلَقْنَا الْإِنْسَانَ مِنْ سُلَالَةٍ مِنْ طِينٍ
Wa-la-qad khalaqnā l-insāna min sulālatin min ṭīn Et Nous avons certes créé l’humain (al-insān) à partir d’une sulāla d’argile (ṭīn).
Notes lexicales
sulālatin
racine *s-l-l* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : *salla sh-shayʾa* — tirer une chose doucement hors d'une autre, l'en extraire sans brusquerie ; *as-sulāla* est, par cette racine, ce qui est ainsi extrait — la part choisie, tirée hors du tout. **Dit, cohérence intra-coranique** : ce verset rejoint, sans les fusionner, les autres désignations déjà rencontrées pour la matière initiale de l'humain — *turāb* (la terre, S3:59 ; S18:37) et *ṣalṣāl min ḥamaʾin masnūn* (l'argile sonore issue d'une boue changée, S15:26) : trois images distinctes, qui se complètent sans qu'aucune ne soit réduite à l'autre par ce seul verset.
al-insān
racine *ʾ-n-s*, désigne l'espèce humaine en général — distinct de *bashar* (l'humain sous l'aspect de son enveloppe visible, S15:28) et d'*ādam* (le nom propre). Ce verset n'emploie, pour toute cette étape de la création, ni l'un ni l'autre des deux autres noms.

S.23:13 · La nuṭfa placée dans un lieu stable

S.23:13
ثُمَّ جَعَلْنَاهُ نُطْفَةً فِي قَرَارٍ مَكِينٍ
Thumma jaʿalnāhu nuṭfatan fī qarārin makīn Puis Nous l’avons fait nuṭfa, dans un lieu stable (qarārin) et solidement établi (makīn).
Notes lexicales
nuṭfatan
racine *n-ṭ-f*, précédent établi (S16:4 ; S18:37) : une petite quantité de liquide clair, la goutte germinale — terme technique, chez Ibn Manẓūr, pour le fluide séminal à l'origine de la génération humaine.
qarārin makīn
*qarār*, même racine *q-r-r* que *mustaqarr* (S6:98 : « *fa-mustaqarrun wa-mustawdaʿun* ») — l'établissement stable. *Makīn*, racine *m-k-n* : ce qui est fermement assis, consolidé en sa place. **Dit** : le texte qualifie ainsi le lieu de cette étape sans le nommer autrement que par cette double qualité de stabilité ; *qarārin fi l-arḥām* (les matrices) est explicité ailleurs (S22:5), non repris nommément ici.

S.23:14 · Les étapes successives — ʿalaqa, muḍgha, os, chair — une création autre — tabāraka

S.23:14
ثُمَّ خَلَقْنَا النُّطْفَةَ عَلَقَةً فَخَلَقْنَا الْعَلَقَةَ مُضْغَةً فَخَلَقْنَا الْمُضْغَةَ عِظَامًا فَكَسَوْنَا الْعِظَامَ لَحْمًا ثُمَّ أَنْشَأْنَاهُ خَلْقًا آخَرَ ۚ فَتَبَارَكَ اللَّهُ أَحْسَنُ الْخَالِقِينَ
Thumma khalaqnā n-nuṭfata ʿalaqatan fa-khalaqnā l-ʿalaqata muḍghatan fa-khalaqnā l-muḍghata ʿiẓāman fa-kasawnā l-ʿiẓāma laḥman thumma anshaʾnāhu khalqan ākhara — fa-tabāraka llāhu aḥsanu l-khāliqīn Puis Nous avons créé la nuṭfa [en] ʿalaqa, puis Nous avons créé l’ʿalaqa [en] muḍgha, puis Nous avons créé la muḍgha [en] os, puis Nous avons revêtu (kasawnā) les os de chair — puis Nous l’avons fait naître (anshaʾnāhu) à une création autre (khalqan ākhara). Tabāraka Allaah — Ce qui est le meilleur des créateurs (aḥsanu l-khāliqīn).
Notes lexicales
ʿalaqatan
racine *ʿ-l-q*, précédent établi (S22:5) — Ibn Manẓūr : ce qui s'attache, s'accroche à une chose (d'où *ʿalaq*, le sang épaissi et grumeleux qui adhère).
muḍghatan
racine *m-ḍ-gh*, précédent établi (S22:5) — Ibn Fāris : ce qui se mâche (*maḍagha*) ; *muḍgha* désigne, par extension, un petit morceau de chair de la taille de ce que l'on mâcherait.
khalqan ākhara
racine *kh-l-f*/*ākhar* : une création « autre », distincte des étapes qui précèdent. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas en quoi consiste exactement cette altérité — le texte marque seulement une rupture dans l'énumération (jusque-là réglée par une suite de *fa-* enchaînés), sans la développer davantage ; aucune nomenclature embryologique moderne n'y est associée, ni n'en est exclue.
fa-tabāraka llāhu aḥsanu l-khāliqīn
précédent exact, mot pour mot, déjà établi (étude dédiée [Baraka et tabarruk](/etudes/baraka-tabarruk/), qui cite nommément ce verset) — *tabāraka*, forme VI, conservée en translittération : une forme que la langue classique réserve à Allaah seul (Ibn Manẓūr : *tabāraka llāhu, taʿālā wa-taqaddasa* — Ses bienfaits se sont multipliés et ont crû en excédant). Rendu, conformément à ce précédent, par « *Tabāraka* Allaah — Ce qui est le meilleur des créateurs », sans glose supplémentaire par souci de constance.

S.23:15–16 · La mort, puis la résurrection au Jour de la Résurrection

S.23:15–16
ثُمَّ إِنَّكُمْ بَعْدَ ذَٰلِكَ لَمَيِّتُونَ ثُمَّ إِنَّكُمْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ تُبْعَثُونَ
Thumma innakum baʿda dhālika la-mayyitūn — thumma innakum yawma l-qiyāmati tubʿathūn Puis, après cela, vous êtes certes voués à mourir (la-mayyitūn) — puis, au Jour de la Résurrection (yawm al-qiyāma), vous serez ressuscités (tubʿathūn).
Notes lexicales
yawma l-qiyāmati … tubʿathūn
*yawm al-qiyāma*, précédent établi (*passim*). *Baʿatha*, racine *b-ʿ-th* : faire sortir, faire se lever — employée pour la résurrection comme pour l'envoi des *rusul* (S9:103, à propos de la *ṣalāt*/*sakīna* ; sens distinct mais même racine, un même mouvement de mise en mouvement hors d'un état antérieur).

Les sept ṭarāʾiq, l’eau mesurée, les jardins, l’arbre du Sinaï, le bétail · S23:17–22

S.23:17 · Les sept ṭarāʾiq créées au-dessus de vous

S.23:17
وَلَقَدْ خَلَقْنَا فَوْقَكُمْ سَبْعَ طَرَائِقَ وَمَا كُنَّا عَنِ الْخَلْقِ غَافِلِينَ
Wa-la-qad khalaqnā fawqakum sabʿa ṭarāʾiqa wa-mā kunnā ʿani l-khalqi ghāfilīn Et Nous avons certes créé, au-dessus de vous (fawqakum), sept ṭarāʾiq — et Nous n’étions pas inattentifs (ghāfilīn) à l’égard de la création.
Notes lexicales
sabʿa ṭarāʾiqa
racine *ṭ-r-q* : la voie frayée, le chemin tracé — par extension, chez les lexicographes anciens, la strate superposée (une chose placée au-dessus d'une autre, à la manière de voies qui se suivent). **Dit, cohérence intra-coranique, sans fusion** : ce même ensemble est désigné ailleurs sous le nom *as-samāwāt as-sabʿ* (les sept cieux, S17:44, qui accomplissent la *tasbīḥ*) — une image distincte (des voies superposées, plutôt que des étendues qui glorifient), rapportée ici sans la fondre dans la première.
fawqakum
racine *f-w-q* : au-dessus. **Point de vigilance, sans portée théologique ici** : ce verset qualifie une position relative entre la création nommée (les sept *ṭarāʾiq*) et « vous » (les humains sur terre) — non une position d'Allaah Lui-même, qui n'est pas le sujet grammatical de cette préposition dans ce verset.
ghāfilīn
racine *gh-f-l*, précédent établi (S10:7–8) : l'inattention, l'oubli non délibéré. **Dit** : le texte nie ici toute inattention d'Allaah envers Sa propre création — une affirmation de surveillance continue, sans détail supplémentaire sur sa modalité.

S.23:18 · L’eau descendue selon une mesure

S.23:18
وَأَنْزَلْنَا مِنَ السَّمَاءِ مَاءً بِقَدَرٍ فَأَسْكَنَّاهُ فِي الْأَرْضِ ۖ وَإِنَّا عَلَىٰ ذَهَابٍ بِهِ لَقَادِرُونَ
Wa-anzalnā mina s-samāʾi māʾan bi-qadarin fa-askannāhu fi l-arḍi wa-innā ʿalā dhahābin bihi la-qādirūn Et Nous avons fait descendre, du ciel, une eau selon une mesure (bi-qadarin), et Nous l’avons fixée (askannāhu) dans la terre — et Nous sommes certes, pour la faire disparaître (dhahāb), capables (qādirūn).
Notes lexicales
bi-qadarin
racine *q-d-r*, rattachée à la famille *mashīʾa*/*qadar* : le texte affirme seulement que l'eau descend selon une mesure déterminée, sans développer ce que cela implique au-delà de ce verset.
askannāhu
racine *s-k-n*, précédent établi (*sakīna*, S2:248 ; S9:103) — ici au sens d'établir, fixer en un lieu ; l'eau du ciel est ainsi rendue stable dans la terre, plutôt que simplement versée.

S.23:19 · Les jardins de palmiers et de vignes

S.23:19
فَأَنْشَأْنَا لَكُمْ بِهِ جَنَّاتٍ مِنْ نَخِيلٍ وَأَعْنَابٍ لَكُمْ فِيهَا فَوَاكِهُ كَثِيرَةٌ وَمِنْهَا تَأْكُلُونَ
Fa-anshaʾnā lakum bihi jannātin min nakhīlin wa-aʿnābin lakum fīhā fawākihu kathīratun wa-minhā taʾkulūn Et Nous avons fait naître pour vous, par elle, des jardins de palmiers et de vignes — vous y avez des fruits abondants, et vous en mangez.

S.23:20 · L’arbre qui sort du Ṭūr Saynāʾ

S.23:20
وَشَجَرَةً تَخْرُجُ مِنْ طُورِ سَيْنَاءَ تَنْبُتُ بِالدُّهْنِ وَصِبْغٍ لِلْآكِلِينَ
Wa-shajaratan takhruju min ṭūri saynāʾa tanbutu bi-d-duhni wa-ṣibghin li-l-ākilīn Et un arbre qui sort du Ṭūr Saynāʾ, qui pousse avec de l’huile (duhn) et un assaisonnement (ṣibgh) pour ceux qui mangent.
Notes lexicales
ṭūri saynāʾa
le Ṭūr (la montagne) de Saynāʾ. **Non-dit** : ce verset ne nomme pas l'arbre lui-même ; aucune identification (olivier ou autre) qu'une partie de la tradition a pu proposer hors du texte ne lui est attribuée ici — le texte s'arrête à ce qu'il produit, l'huile (*duhn*) et un assaisonnement (*ṣibgh*), sans davantage de précision.
duhn … ṣibgh
*duhn*, racine *d-h-n* : la matière grasse, l'huile. *Ṣibgh*, racine *ṣ-b-gh* : ce qui teint, ce qui colore ou assaisonne (ailleurs, la même racine désigne la teinture au sens de la marque identitaire).

S.23:21–22 · Le bétail, une ʿibra — le bétail et l’arche, deux montures

S.23:21–22
وَإِنَّ لَكُمْ فِي الْأَنْعَامِ لَعِبْرَةً ۖ نُسْقِيكُمْ مِمَّا فِي بُطُونِهَا وَلَكُمْ فِيهَا مَنَافِعُ كَثِيرَةٌ وَمِنْهَا تَأْكُلُونَ وَعَلَيْهَا وَعَلَى الْفُلْكِ تُحْمَلُونَ
Wa-inna lakum fi l-anʿāmi la-ʿibratan — nusqīkum mimmā fī buṭūnihā wa-lakum fīhā manāfiʿu kathīratun wa-minhā taʾkulūna wa-ʿalayhā wa-ʿalā l-fulki tuḥmalūn Et vous avez certes, dans le bétail (al-anʿām), une ʿibra : Nous vous abreuvons de ce qui est dans leurs ventres, vous y avez des profits abondants, vous en mangez, et sur eux, comme sur l’arche (al-fulk), vous êtes portés.
Notes lexicales
al-anʿām
précédent établi (S5:1 et *passim*) — le bétail (chameaux, bovins, ovins, caprins).
ʿibratan
racine *ʿ-b-r*, même racine que *taʿburūn* (S12:43 : passer de l'image du songe à sa signification) — ici, *ʿibra* désigne ce que l'on tire, en le traversant du regard, d'un fait observable vers un enseignement qu'il porte.
ʿalayhā wa-ʿalā l-fulki tuḥmalūn
*al-fulk*, précédent établi (S2:164 ; S7:64 ; S11:37–41 — l'arche de Nūḥ, à venir plus loin dans ce même Bloc). **Dit** : le texte rapproche ici, dans une même phrase, le bétail et l'arche comme deux montures distinctes, sans développer ce rapprochement au-delà de la fonction commune qu'il relève — porter l'humain.

Le récit de Nūḥ : l’envoi, le rejet, l’arche, le sauvetage · S23:23–30

S.23:23 · Nūḥ envoyé à son peuple

S.23:23
وَلَقَدْ أَرْسَلْنَا نُوحًا إِلَىٰ قَوْمِهِ فَقَالَ يَا قَوْمِ اعْبُدُوا اللَّهَ مَا لَكُمْ مِنْ إِلَٰهٍ غَيْرُهُ ۖ أَفَلَا تَتَّقُونَ
Wa-la-qad arsalnā nūḥan ilā qawmihi fa-qāla yā qawmi ʿbudū llāha mā lakum min ilāhin ghayruhu a-fa-lā tattaqūn Et Nous avons certes envoyé Nūḥ vers son peuple. Il dit : « Ô mon peuple, adorez Allaah — vous n’avez pas d’ilāh en dehors de Lui. Ne vous prémunirez-vous (tattaqūn) donc pas ? »
Notes lexicales
mā lakum min ilāhin ghayruhu … a-fa-lā tattaqūn
précédent exact, mot pour mot, déjà établi pour la formule de *tawḥīd* (S7:59 ; S7:65, où la même clôture par « *a-fa-lā tattaqūn* » accompagne l'envoi de Hūd) — reprise ici à l'identique pour l'ouverture du récit de Nūḥ dans cette sourate.

S.23:24 · L’assemblée qui a commis le kufr : « un homme ordinaire »

S.23:24
فَقَالَ الْمَلَأُ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ قَوْمِهِ مَا هَٰذَا إِلَّا بَشَرٌ مِثْلُكُمْ يُرِيدُ أَنْ يَتَفَضَّلَ عَلَيْكُمْ وَلَوْ شَاءَ اللَّهُ لَأَنْزَلَ مَلَائِكَةً مَا سَمِعْنَا بِهَٰذَا فِي آبَائِنَا الْأَوَّلِينَ
Fa-qāla l-malaʾu lladhīna kafarū min qawmihi mā hādhā illā basharun mithlukum yurīdu an yatafaḍḍala ʿalaykum wa-law shāʾa llāhu la-anzala malāʾikatan mā samiʿnā bi-hādhā fī ābāʾinā l-awwalīn L’assemblée (al-malaʾ) de son peuple, ceux qui avaient commis le kufr, dit alors : « Celui-ci n’est qu’un être humain ordinaire (basharun mithlukum), qui veut se distinguer (yatafaḍḍala) au-dessus de vous. Si Allaah avait voulu, Il aurait fait descendre des malāʾika — nous n’avons pas entendu parler de cela chez nos premiers pères (ābāʾinā l-awwalīn). »
Notes lexicales
al-malaʾu lladhīna kafarū
*al-malaʾ*, précédent établi (S2:246 ; S7:60) — l'assemblée des notables ; ici précisée par la relative « ceux qui avaient commis le *kufr* », distinguant implicitement cette assemblée d'éventuels membres du peuple de Nūḥ qui auraient cru.
basharun mithlukum … yatafaḍḍala ʿalaykum
*bashar*, précédent établi (S15:28) — l'humain sous l'aspect de son enveloppe visible ; l'objection porte sur cette seule humanité ordinaire, retrouvée pour chacun des *rusul* de ce type de récit. *Tafaḍḍala*, racine *f-ḍ-l* : chercher à se distinguer, à s'élever au-dessus d'autrui par un rang qu'on s'attribue.
mā samiʿnā bi-hādhā fī ābāʾinā l-awwalīn
**Non-dit** : l'argument de l'assemblée est ici l'absence de précédent connu dans la tradition des pères — le texte rapporte cet argument sans le valider ni le réfuter autrement que par la suite du récit lui-même.

S.23:25 · L’accusation de jinna — attendre jusqu’à un temps

S.23:25
إِنْ هُوَ إِلَّا رَجُلٌ بِهِ جِنَّةٌ فَتَرَبَّصُوا بِهِ حَتَّىٰ حِينٍ
In huwa illā rajulun bihi jinnatun fa-tarabbaṣū bihi ḥattā ḥīn « Ce n’est qu’un homme atteint de jinna — attendez donc à son sujet, jusqu’à un temps (ḥattā ḥīn). »
Notes lexicales
bihi jinnatun
racine *j-n-n*, précédent établi (*al-jānn*, S15:27 : un genre de créature soustraite à la perception ordinaire, « voilée » à la vue) — *jinna* désigne ici, par la même racine, l'état d'un esprit dont le texte rapporte qu'on l'accuse d'être voilé, couvert, hors de la raison ordinaire. Conservé en translittération plutôt que traduit par « folie », pour garder visible le lien avec la même racine déjà rencontrée pour *al-jānn*.
fa-tarabbaṣū bihi ḥattā ḥīn
racine *r-b-ṣ* : attendre, observer en différant son jugement. **Non-dit** : la durée précise de ce *ḥīn* (un temps) n'est pas fixée par ce seul verset.

S.23:26 · L’invocation de Nūḥ — « secours-moi »

S.23:26
قَالَ رَبِّ انْصُرْنِي بِمَا كَذَّبُونِ
Qāla rabbi nṣurnī bi-mā kadhdhabūn Il dit : « Mon Rabb, secours-moi (unṣurnī), pour ce qu’ils m’ont traité de menteur (kadhdhabūn). »

S.23:27 · L’ordre de construire l’arche sous Nos aʿyun — le débordement du tannūr

S.23:27
فَأَوْحَيْنَا إِلَيْهِ أَنِ اصْنَعِ الْفُلْكَ بِأَعْيُنِنَا وَوَحْيِنَا فَإِذَا جَاءَ أَمْرُنَا وَفَارَ التَّنُّورُ ۙ فَاسْلُكْ فِيهَا مِنْ كُلٍّ زَوْجَيْنِ اثْنَيْنِ وَأَهْلَكَ إِلَّا مَنْ سَبَقَ عَلَيْهِ الْقَوْلُ مِنْهُمْ ۖ وَلَا تُخَاطِبْنِي فِي الَّذِينَ ظَلَمُوا ۖ إِنَّهُمْ مُغْرَقُونَ
Fa-awḥaynā ilayhi ani ṣnaʿi l-fulka bi-aʿyuninā wa-waḥyinā fa-idhā jāʾa amrunā wa-fāra t-tannūru fa-sluk fīhā min kullin zawjayni thnayni wa-ahlaka illā man sabaqa ʿalayhi l-qawlu minhum wa-lā tukhāṭibnī fi lladhīna ẓalamū innahum mughraqūn Nous lui révélâmes alors (fa-awḥaynā ilayhi) : « Construis l’arche sous Nos aʿyun et par Notre inspiration (waḥyinā) — et quand Notre ordre viendra, et que le tannūr débordera (fāra), fais entrer (fa-sluk) en elle, de chaque [espèce], un couple (zawjayni thnayni), ainsi que ta famille (ahlaka) — sauf celui contre qui la parole a déjà précédé (sabaqa ʿalayhi l-qawlu), parmi eux — et ne M’interpelle plus (lā tukhāṭibnī) au sujet de ceux qui ont commis l’injustice (ẓalamū) : ils vont être noyés (mughraqūn). »
Notes lexicales
bi-aʿyuninā
précédent exact, mot pour mot, déjà établi (S11:37 : « *wa-ṣnaʿi l-fulka bi-aʿyuninā wa-waḥyinā* ») — reprise ici à l'identique. Même méthode déjà retenue pour *Yad Allaah* (S5:64) : *aʿyun* (les yeux) est un idiome arabe attesté indépendamment de toute anatomie, désignant la protection attentive et la surveillance bienveillante — mais, comme pour *yad*, le mot français « yeux », une fois posé sur Allaah, réintroduirait une image corporelle qu'aucune glose ne peut entièrement neutraliser. Le terme *aʿyun* est donc conservé en translittération. Point déjà soumis à accord explicite depuis S11:37 ; cette occurrence, strictement identique, ne rouvre pas la question, mais confirme l'extension déjà annoncée de cet accord à ses occurrences répétées.
fāra t-tannūru
**Crux lexical, deux lectures attestées — précédent déjà posé (S11:40).** *At-tannūr* désigne en premier lieu, chez les lexicographes classiques, le four de terre cuite servant à la cuisson du pain ; un second usage, également attesté, désigne la surface du sol en un endroit précis. Ce Bloc retient, comme en S11:40, la lecture la plus courante (le four), en signalant l'autre, sans importer aucun récit sur l'identité ou la localisation de cet objet.
zawjayni thnayni … ahlaka … sabaqa ʿalayhi l-qawl
précédents exacts, mot pour mot, déjà établis (S11:40) pour l'ensemble de cette même formule — reprise ici presque à l'identique, à l'exception de l'ordre des clauses finales (*wa-lā tukhāṭibnī* précède ici immédiatement *innahum mughraqūn*, sans la clause intermédiaire *wa-man āmana* que S11:40 comportait).

S.23:28 · L’embarquement — la ḥamd pour le sauvetage

S.23:28
فَإِذَا اسْتَوَيْتَ أَنْتَ وَمَنْ مَعَكَ عَلَى الْفُلْكِ فَقُلِ الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي نَجَّانَا مِنَ الْقَوْمِ الظَّالِمِينَ
Fa-idhā stawayta anta wa-man maʿaka ʿalā l-fulki fa-quli l-ḥamdu lillāhi lladhī najjānā mina l-qawmi ẓ-ẓālimīn « Et quand toi et ceux qui sont avec toi vous serez pleinement installés (stawayta) sur l’arche, dis : la ḥamd est à Allaah, Ce qui nous a sauvés (najjānā) du peuple injuste (aẓ-ẓālimīn). »
Notes lexicales
lladhī najjānā
**Note de méthode — neutre absolu, « Ce qui » pour Allaah.** Conformément à la méthode retenue, la construction relative attribuant une action à Allaah est rendue par « Ce qui », le neutre absolu s'exprimant en français par « ce qui »/« ce que » plutôt que par le pronom masculin « celui qui », qui désigne ordinairement une personne. Le pronom ordinaire « Il » reste employé normalement pour les verbes dont Allaah est sujet. Première occurrence de cette application dans ce Bloc.
al-ḥamdu lillāh
précédent établi (S1:2 et *passim*) — conservé en translittération.

S.23:29 · L’invocation d’un débarquement mubārak

S.23:29
وَقُلْ رَبِّ أَنْزِلْنِي مُنْزَلًا مُبَارَكًا وَأَنْتَ خَيْرُ الْمُنْزِلِينَ
Wa-qul rabbi anzilnī munzalan mubārakan wa-anta khayru l-munzilīn « Et dis : Mon Rabb, fais-moi descendre en un lieu de débarquement mubārak — Tu es le meilleur de ceux qui accueillent (khayru l-munzilīn). »
Notes lexicales
munzalan mubārakan
*mubārak*, forme II, précédent établi (étude dédiée [Baraka et tabarruk](/etudes/baraka-tabarruk/)) — le participe passif, celui dans lequel la baraka a été placée par un agent extérieur, par contraste exact avec *tabāraka* (S23:14, ce Bloc), la forme réservée à Allaah seul comme source. Conservé en translittération. **Dit, cohérence intra-Bloc** : ce même Bloc fait ainsi se répondre les deux formes de la même racine *b-r-k* — Allaah source de *baraka* (*tabāraka*, S23:14) et le lieu que Nūḥ demande à recevoir comme récepteur de cette même *baraka* (*mubārak*, ici).
khayru l-munzilīn
racine *n-z-l*, précédent établi (*khayru l-munzilīn*, S12:59–60, employé par Yūsuf en un sens ordinaire et humain) — ici appliqué à Allaah, dans le même registre d'accueil hospitalier, sans qu'aucune vigilance méthodologique particulière ne soit requise au-delà de la construction grammaticale elle-même.

S.23:30 · Des āyāt — et une épreuve

S.23:30
إِنَّ فِي ذَٰلِكَ لَآيَاتٍ وَإِنْ كُنَّا لَمُبْتَلِينَ
Inna fī dhālika la-āyātin wa-in kunnā la-mubtalīn En cela, il y a certes des āyāt — et Nous étions certes, [par ce récit,] en train d’éprouver (mubtalīn).
Notes lexicales
āyātin
précédent établi — conservé en translittération.
la-mubtalīn
racine *b-l-w*, précédent établi (même famille que *fitna*, S8:28, pour l'épreuve qui révèle) — participe actif, « Nous étions [ceux qui] éprouvent ». **Non-dit** : ce verset referme le récit sans préciser davantage en quoi consistait cette épreuve au-delà du sauvetage et de la noyade déjà rapportés.

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