Structure du Bloc II. Cinq ensembles. D’abord une génération nouvelle, née après le peuple de Nūḥ, à qui un rasūl est envoyé avec le même appel : adorez Allaah, vous n’avez pas d’ilāh en dehors de Lui — rejet de l’assemblée dans l’aisance matérielle, qui n’y voit qu’un être humain ordinaire, nie la résurrection, et accuse le rasūl d’avoir forgé un mensonge contre Allaah (S23:31–38). Puis l’invocation du rasūl, la réponse annonçant un regret prochain, et le châtiment par le Cri qui les réduit à des débris emportés (S23:39–41). Puis d’autres générations encore, chacune démentant le rasūl qui lui est envoyé, aucune ne devançant ni ne retardant son terme fixé, toutes réduites à n’être que des récits (S23:42–44). Puis Mūsā et Hārūn envoyés avec une autorité manifeste vers Firʿawn et son assemblée, qui refusent de croire en deux êtres humains dont le peuple leur est asservi, et sont anéantis pour avoir démenti (S23:45–48). Enfin le Kitāb donné à Mūsā pour la guidance, et le fils de Maryam avec sa mère faits signe, abrités vers une hauteur dotée de stabilité et d’une eau courante (S23:49–50).
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.23:31 | Une génération autre, née après eux |
| S.23:32 | Un rasūl envoyé parmi eux — le même appel au tawḥīd |
| S.23:33 | L’assemblée dans l’aisance : « un homme ordinaire comme vous » |
| S.23:34 | Obéir à un humain semblable : vous seriez perdants |
| S.23:35 | La promesse de la résurrection mise en doute |
| S.23:36 | Hayhāta, hayhāta — l’éloignement de ce qui est promis |
| S.23:37 | Rien que notre vie d’ici-bas — nul ne sera ressuscité |
| S.23:38 | « Un homme qui a forgé un mensonge contre Allaah » |
| S.23:39 | L’invocation du rasūl — « secours-moi » |
| S.23:40 | Sous peu, ils seront pleins de regret |
| S.23:41 | Le Cri en toute vérité — réduits à des débris |
| S.23:42 | D’autres générations encore, après elles |
| S.23:43 | Nulle communauté ne devance ni ne retarde son terme |
| S.23:44 | Des rusul envoyés successivement (tatrā) — tous démentis, réduits en récits |
| S.23:45–46 | Mūsā et Hārūn envoyés vers Firʿawn et son assemblée |
| S.23:47 | « Croirons-nous en deux humains semblables, dont le peuple nous est asservi ? » |
| S.23:48 | Démentis, ils furent du nombre des anéantis |
| S.23:49 | Le Kitāb donné à Mūsā, pour qu’ils soient guidés |
| S.23:50 | Le fils de Maryam et sa mère, un signe — le refuge en une rabwa |
Une génération nouvelle, un rasūl rejeté par l’assemblée dans l’aisance · S23:31–38
S.23:31 · Une génération autre, née après eux
- qarnan
- racine *q-r-n*, précédent établi (S6:6 ; S10:13–14, S17:17, S18:83) : ce qui est joint, un ensemble de contemporains liés par leur époque — d'où le sens de génération. Le pluriel *qurūn* reparaît à S23:42, ce même Bloc.
- anshaʾnā … baʿdihim
- Dit : le texte ne nomme pas cette génération ; il la rattache seulement, par « après eux » (*min baʿdihim*), à celle de Nūḥ qui vient d'être engloutie (S23:23–30, Bloc I). Non-dit : aucune identité, aucun lieu ni aucune durée ne sont précisés.
S.23:32 · Un rasūl envoyé parmi eux — le même appel au tawḥīd
- rasūlan minhum … mā lakum min ilāhin ghayruhu a-fa-lā tattaqūn
- reprise, presque mot pour mot, de la formule déjà employée pour l'envoi de Nūḥ (S23:23, Bloc I, même sourate) et établie depuis S7:59/65 — seule différence : la précision *rasūlan minhum* (« un *rasūl* issu d'eux-mêmes »), qui annonce directement l'objection soulevée au verset suivant sur l'humanité ordinaire de ce *rasūl*.
S.23:33 · L’assemblée dans l’aisance : « un homme ordinaire comme vous »
- al-malaʾu … lladhīna kafarū
- reprise, presque mot pour mot, de la même construction qu'à l'ouverture du récit de Nūḥ (S23:24, Bloc I, même sourate) ; *al-malaʾ*, précédent établi (S2:246, et chacun des récits de ce type déjà traduits).
- kadhdhabū bi-liqāʾi l-ākhirati
- *liqāʾ*, racine *l-q-y*, précédent établi avec la même vigilance déjà exercée pour *liqāʾu llāh* (S6:31) : la « rencontre » porte sur la réalité effective et inéluctable de la reddition de comptes, non sur une donnée visuelle ou spatiale — ici, l'objet de la rencontre démentie est nommément « l'Ākhira » elle-même, non Allaah ; précédent direct pour cette même expression exacte (S7:147 : *liqāʾ al-ākhira*).
- wa-atrafnāhum fi l-ḥayāti d-dunyā
- racine *t-r-f*, précédent établi (*mutrafīhā*, S17:16 : les gens aisés d'une cité, dont la transgression dans l'abondance précède et motive sa destruction). Dit : le texte rapporte ici, par une proposition incidente à la première personne (« Nous leur avions donné l'aisance »), que c'est Allaah Lui-même qui a placé cette assemblée dans un confort matériel — une donnée factuelle sur leur condition, non une approbation de leur rejet du *rasūl* qui suit immédiatement. Non-dit : ce seul verset ne développe pas le lien de causalité entre cette aisance et leur *kufr* au-delà de leur juxtaposition dans la même phrase.
- basharun mithlukum
- précédent exact établi dans ce Bloc même (S23:24, Bloc I : « *basharun mithlukum* »), repris ici à l'identique ; *bashar*, précédent établi (S15:28) — l'humain sous l'aspect de son enveloppe visible.
S.23:34 · Obéir à un humain semblable : vous seriez perdants
- la-khāsirūn
- racine *kh-s-r*, précédent établi (S7:90/178, S12:14) — pour cette construction précise (« si vous suiviez/obéissiez [à un tel], vous seriez certes perdants »), précédent exact et presque mot pour mot : S7:90 (« *la-ini ttabaʿtum shuʿayban innakum idhan la-khāsirūn* », l'assemblée de Madyan au sujet de Shuʿayb) et S12:14 (les frères de Yūsuf) — un même schéma rhétorique, retourné ici contre le *rasūl* de ce récit.
S.23:35 · La promesse de la résurrection mise en doute
- turāban wa-ʿiẓāman … mukhrajūn
- Dit, cohérence intra-Bloc : cette même paire — terre et ossements — reprend, en l'inversant du côté de l'objection, l'énumération déjà posée au sujet de la création humaine dans l'ordre normal (*sulāla*, *nuṭfa*, *ʿalaqa*, *muḍgha*, os, chair, S23:12–14, Bloc I, même sourate) : l'argument de l'assemblée consiste précisément à juger impossible le mouvement inverse de cette même matière.
S.23:36 · Hayhāta, hayhāta — l’éloignement de ce qui est promis
Crux lexical — hapax coranique, hayhāta. Ce mot, répété deux fois dans ce seul verset, n’apparaît nulle part ailleurs dans le Coran. Ibn Manẓūr (Lisān al-ʿArab) le classe parmi les asmāʾ al-afʿāl (les « noms de verbe », des particules qui fonctionnent comme un verbe figé) de sens baʿuda — être, devenir lointain, hors d’atteinte — employées en exclamation pour marquer l’éloignement extrême, voire l’impossibilité, de la chose évoquée. Al-Khalīl ibn Aḥmad (Kitāb al-ʿAyn) et Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) convergent sur ce même sens d’éloignement, sans unanimité sur la construction morphologique exacte du mot (origine discutée entre les lexicographes classiques eux-mêmes). Hayhāta hayhāta est donc rendu par une double exclamation d’éloignement extrême, le terme étant conservé en translittération faute d’un équivalent français qui rende à la fois l’exclamation et le redoublement.
- li-mā tūʿadūn
- voir le callout ci-dessus. Dit : l'assemblée déclare ici close, par cette double exclamation, la possibilité même de ce qui vient d'être évoqué au verset précédent (la sortie des morts) — une fermeture catégorique, non une simple hésitation.
S.23:37 · Rien que notre vie d’ici-bas — nul ne sera ressuscité
- namūtu wa-naḥyā
- Non-dit : ce seul verset ne précise pas le sens exact de cette formule — elle pourrait désigner soit le simple fait que les uns meurent pendant que d'autres naissent et vivent (la succession des générations, sans retour pour chaque individu), soit, plus largement, le cycle de la vie et de la mort tel qu'il se présente à l'observation ordinaire. Les deux nuances aboutissent au même rejet catégorique qui suit.
- mabʿūthīn
- racine *b-ʿ-th*, précédent établi dans ce Bloc même (*tubʿathūn*, S23:16, Bloc I) et ailleurs (S6:27/36) : faire sortir, faire se lever hors d'un état de repos — ici niée par l'assemblée pour elle-même.
S.23:38 · « Un homme qui a forgé un mensonge contre Allaah »
- iftarā ʿalā llāhi kadhiban
- racine *f-r-y*, forme VIII : fabriquer de toutes pièces, inventer — appliquée ici à l'accusation que l'assemblée porte contre son propre *rasūl*, par un renversement déjà rencontré dans d'autres récits de ce type (S7:16, S10:17, où l'accusation de *iftirāʾ* contre Allaah revient de façon récurrente dans la bouche des dénégateurs).
L’invocation du rasūl et le châtiment par le Cri · S23:39–41
S.23:39 · L’invocation du rasūl — « secours-moi »
- rabbi nṣurnī bi-mā kadhdhabūn
- reprise mot pour mot de l'invocation de Nūḥ (S23:26, Bloc I, même sourate) — la même formule revient, à l'identique, dans la bouche de ce second *rasūl* resté anonyme, le texte ne tranchant pas son identité.
S.23:40 · Sous peu, ils seront pleins de regret
- qāla … nādimīn
- Non-dit, point de transparence : ce verset ne nomme pas, par un sujet explicite, l'auteur de cette réponse (le texte porte seulement *qāla*, « il dit »). La structure du dialogue — l'invocation du *rasūl* au verset précédent, suivie d'une réponse qui annonce le sort de ses opposants — correspond au même schéma que le dialogue de Nūḥ (S23:26–27, Bloc I, où la réponse d'Allaah est, elle, explicitement introduite par *fa-awḥaynā ilayhi*, « Nous lui révélâmes »). Par cohérence de structure plutôt que par une mention explicite dans ce seul verset, il s'agit vraisemblablement de la réponse d'Allaah à l'invocation du *rasūl* — une lecture appuyée par la suite immédiate (le châtiment par le Cri, S23:41), mais une lecture de cohérence contextuelle, non ce que ce seul verset affirme nommément par lui-même.
- nādimīn
- racine *n-d-m* : le regret qui suit un acte qu'on ne peut plus défaire.
S.23:41 · Le Cri en toute vérité — réduits à des débris
- aṣ-ṣayḥatu bi-l-ḥaqqi
- racine *ṣ-y-ḥ* : le Cri, châtiment déjà rencontré sous forme voisine (*ar-rajfa*, S7:91/78, pour Thamūd et Madyan — un châtiment de nature proche, nommé différemment selon les récits).
- ghuthāʾan
- racine *gh-th-w*, chez les lexicographes classiques : les débris végétaux desséchés, la paille et les détritus qu'un flot emporte et dépose pêle-mêle à la surface de l'eau, sans consistance ni valeur propre — image d'anéantissement total qui prolonge, par contraste, celle du bétail et de l'arche comme moyens de salut (S23:21–22, Bloc I, même sourate).
- fa-buʿdan li-l-qawmi ẓ-ẓālimīn
- racine *b-ʿ-d* : l'éloignement, précédent établi (*buʿdan … baʿidat*, S11:44/95) comme formule d'exécration prononcée sur un peuple anéanti — reprise ici à l'identique, et de nouveau à S23:44, ce même Bloc.
D’autres générations, des rusul envoyés successivement · S23:42–44
S.23:42 · D’autres générations encore, après elles
- qurūnan
- pluriel de *qarn* (voir S23:31, ce Bloc). Dit : le texte accélère ici son rythme narratif — d'un récit détaillé (Nūḥ, Bloc I) à un second récit resserré (S23:31–41, ce Bloc), puis à cette simple mention générique de « générations » successives, sans plus aucun nom ni détail circonstanciel.
S.23:43 · Nulle communauté ne devance ni ne retarde son terme
- ajalahā
- racine *ʾ-j-l*, précédent établi (*ajal musammā*, *passim*) : le terme fixé — ici appliqué non à un individu mais à une communauté entière (*umma*) prise comme un tout. Dit : le texte affirme une fixité stricte de ce terme, sans en préciser les critères de détermination au-delà de cette seule affirmation.
S.23:44 · Des rusul envoyés successivement (tatrā) — tous démentis, réduits en récits
- tatrā
- racine *w-t-r* : Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) rattache ce terme à *al-witr* (l'unité isolée, l'impair) — *tatrā* désigne des envois qui se suivent un par un, chacun séparé du suivant par un intervalle, par opposition à un envoi groupé en une seule fois. Dit : le texte affirme ainsi une continuité espacée, non un envoi massif et simultané de tous les *rusul*.
- jaʿalnāhum aḥādītha
- racine *ḥ-d-th* : pluriel d'*ḥadīth*, au sens le plus large de ce terme — ce qui est rapporté, raconté, un sujet de conversation. Dit : le texte affirme que ces communautés anéanties ne sont plus désormais que matière à récit — un sort rapporté comme une conséquence de leur démenti. Ce sens lexical général, purement descriptif, ne se confond pas avec le sens technique que ce même mot *ḥadīth* a pu recevoir plus tard dans la tradition islamique pour désigner les paroles rapportées du *nabī* Muḥammad — l'emploi de ce seul verset est purement lexical.
- fa-buʿdan li-qawmin lā yuʾminūn
- même formule d'exécration que S23:41, ce Bloc — reprise ici une seconde fois, en clôture de ce resserrement narratif sur les générations successives.
Mūsā et Hārūn envoyés vers Firʿawn — le rejet des deux frères · S23:45–48
S.23:45–46 · Mūsā et Hārūn envoyés vers Firʿawn et son assemblée
- sulṭānin mubīn
- racine *s-l-ṭ*, précédent exact établi (S11:96–97 : « *wa-la-qad arsalnā mūsā bi-āyātinā wa-sulṭānin mubīnin ilā firʿawna wa-malaʾihi* », formule reprise ici presque mot pour mot) — une autorité démonstrative, la force probante d'un signe manifeste, non un pouvoir politique.
- istakbarū
- précédent établi (S2:34 et *passim* ; S7:75–76/90, S10:75, dans ce même type de récit).
- qawman ʿālīn
- racine *ʿ-l-w*, employée ici en son sens purement humain — la domination orgueilleuse exercée par un peuple sur un autre. Point de vigilance, sans portée théologique ici : ce verset qualifie Firʿawn et son peuple, non Allaah — à distinguer explicitement de la racine du Nom *al-Aʿlā* et des emplois humains déjà rencontrés de la même racine (*mani staʿlā*, *anta l-aʿlā*, S20:63–64/68), par cohérence avec la distinction déjà posée entre tout emploi humain de cette racine et le Nom réservé à Allaah.
S.23:47 · « Croirons-nous en deux humains semblables, dont le peuple nous est asservi ? »
Point de méthode — qawmuhumā lanā ʿābidūn, la racine ʿ-b-d au sens de servitude sociale. La racine ʿ-b-d, établie au sens cultuel (ʿibāda, l’adoration rendue à Allaah seul), est employée dans ce verset par l’assemblée de Firʿawn en un tout autre sens : « leur peuple nous est ʿābidūn » désigne la condition sociale d’asservissement, de sujétion matérielle des Banū Isrāʾīl sous la domination égyptienne — non un culte religieux qui leur serait rendu. Cet emploi est donc distingué explicitement du sens cultuel de la même racine (S23:23/32, ce Bloc même, Bloc I et II : ʿbudū llāha), par simple parenté de racine sans confusion de sens, sur le même principe méthodologique déjà appliqué à d’autres homonymies radicales (par exemple lam yaghnaw, S7:92, distingué d’al-Ghanī).
- li-basharayni mithlinā … ʿābidūn
- voir le callout ci-dessus ; *bashar*, même emploi déjà rencontré pour l'objection faite à Nūḥ et à son successeur anonyme (S23:24/33, ce Bloc et Bloc I) — un même argument d'humanité ordinaire, retourné ici contre deux *rusul* à la fois.
S.23:48 · Démentis, ils furent du nombre des anéantis
- al-muhlakīn
- racine *h-l-k*, précédent établi (*ahlaknā*, S6:6, S10:13, S17:17) — ici au participe passif, « ceux qui furent anéantis » : le sort de Firʿawn et de son peuple, raconté ici en une seule clause resserrée, sans le développement narratif que d'autres sourates consacrent à ce même récit.
Le Kitāb donné à Mūsā — le fils de Maryam et sa mère, un signe · S23:49–50
S.23:49 · Le Kitāb donné à Mūsā, pour qu’ils soient guidés
- al-kitāba laʿallahum yahtadūn
- *al-Kitāb* donné à Mūsā, précédent établi (S6:154 : « *thumma ātaynā mūsā l-kitāba tamāman ʿalā lladhī aḥsan* »). Non-dit : ce seul verset ne précise pas qui, précisément, est visé par « eux » (*hum*) — les Banū Isrāʾīl au sens large, ou plus spécifiquement le peuple de Firʿawn tout juste anéanti au verset précédent ; le pronom reste d'un référent large par défaut (ceux à qui ce *Kitāb* fut destiné).
S.23:50 · Le fils de Maryam et sa mère, un signe — le refuge en une rabwa
- ibna maryama wa-ummahu āyatan
- précédent direct déjà établi pour ce même rapprochement — Maryam et son fils faits *āya* ensemble (S21:91 : « *wa-jaʿalnāhā wa-bnahā āyatan lil-ʿālamīn* ») ; précédent également pour le statut de *rasūl* du fils lui-même (S5:75 : « *mā l-masīḥu bnu maryama illā rasūlun* »). Dit : ici, c'est l'ordre inverse qui est posé — « le fils de Maryam et sa mère » plutôt que « Maryam et son fils » — sans qu'une conclusion ne soit tirée de cette seule inversion d'ordre au-delà de la variation stylistique elle-même.
- rabwatin dhāti qarārin wa-maʿīn
- *rabwa*, racine *r-b-w* : une élévation de terrain, un lieu haut. *Qarār*, même racine que *qarārin makīn* (S23:13, Bloc I, même sourate). *Maʿīn*, racine *m-ʿ-n* ou *ʿ-y-n* selon les lexicographes classiques : une eau qui coule à la vue, visible et abondante. Non-dit : sur le même principe de prudence déjà appliqué à chaque lieu que le texte ne nomme pas explicitement (le Ṭūr Saynāʾ sans identification de son arbre, S23:20, Bloc I, même sourate ; le Masjid al-Aqṣā, S17:1 ; Dhū l-Qarnayn et son rempart, S18:83), cette *rabwa* n'est rattachée à aucun lieu géographique précis qu'une partie de la tradition exégétique a pu proposer hors du texte — le texte s'arrête à cette double qualité de stabilité et d'eau courante, sans davantage de précision.