Structure du Bloc II. Neuf ensembles. D’abord ceux qui commettent le kufr et détournent du chemin d’Allaah et du Masjid al-Ḥarām, établi à égalité pour tous les gens (S22:25). Puis l’établissement du Bayt pour Ibrāhīm, l’ordre de le purifier, et l’appel lancé au Ḥajj (S22:26–29). Puis les ḥurumāt d’Allaah, le licite des anʿām, et l’ordre d’éviter le rijs des idoles et la parole mensongère (S22:30–31). Puis les shaʿāʾir d’Allaah et les bienfaits accordés jusqu’à un terme fixé (S22:32–33). Puis le mansak donné à chaque umma, et le portrait des mukhbitīn (S22:34–35). Puis les budn comme shaʿāʾir, et l’affirmation que ni leur chair ni leur sang n’atteignent Allaah — seule la taqwā L’atteint (S22:36–37). Puis la défense d’Allaah pour les croyants, et la permission donnée de combattre à ceux à qui l’on fait la guerre après qu’ils ont subi une injustice (S22:38–41). Puis le rappel du démenti répété à travers l’histoire — Nūḥ, ʿĀd, Thamūd, le peuple d’Ibrāhīm, celui de Lūṭ, les gens de Madyan, Mūsā — et l’avertisseur manifeste (S22:42–51). Enfin, le point le plus délicat de ce Bloc : aucun rasūl ni nabī n’a été envoyé avant toi sans que le shayṭān n’ait jeté quelque chose dans son umniyyah — et Allaah efface ce que le shayṭān jette, puis consolide Ses signes (S22:52–54).

Avertissement de méthode. Cette traduction procède par analyse linguistique pure — racines arabes, grammaire, dictionnaires classiques (Kitāb al-ʿAyn, Maqāyīs al-Lugha, Lisān al-ʿArab) — sans recours aux tafsīrs classiques ou modernes ni aux habits culturels déjà posés sur le texte. Ce Bloc contient un point sensible majeur (S22:52–54, le shayṭān et l’umniyyah des rusul), traité avec la même prudence que S4:157–158, S4:171–172, S18:74, S20:121 et S9:113–114 : isoler strictement ce que le texte affirme et ce qu’il tait, refuser toute importation d’un récit extérieur au texte lui-même — en particulier le récit, rapporté par une partie de la tradition exégétique et biographique, de paroles précises qui auraient été insérées dans une récitation du nabī Muḥammad au sujet de déesses adorées par les Quraysh. Ce récit n’appartient pas au texte de ce verset : il relève de rapports exégétiques et biographiques postérieurs, de fiabilité contestée y compris dans la tradition qui les rapporte, et ce Bloc ne l’importe pas.

Sommaire du bloc

Réf. Titre thématique
S.22:25 Ceux qui détournent du chemin d’Allaah et du Masjid al-Ḥarām, égal pour tous
S.22:26 Le Bayt établi pour Ibrāhīm — ne rien Lui associer, le purifier
S.22:27 L’appel au Ḥajj — ils viendront de tout chemin profond
S.22:28 Témoigner de bienfaits, consommer des bahīmat al-anʿām, nourrir le pauvre
S.22:29 Accomplir le tafath, les vœux, le ṭawāf autour du Bayt al-ʿAtīq
S.22:30 Les ḥurumāt d’Allaah, le licite des anʿām, éviter le rijs des idoles et la parole mensongère
S.22:31 Ḥunafāʾ pour Allaah — qui Lui associe est comme tombé du ciel
S.22:32 Magnifier les shaʿāʾir d’Allaah, c’est la taqwā des cœurs
S.22:33 Des bienfaits jusqu’à un terme fixé, puis le maḥill vers le Bayt al-ʿAtīq
S.22:34 Un mansak pour chaque umma — votre ilāh est un ilāh unique
S.22:35 Les mukhbitīn — cœurs saisis d’effroi, patients, constants dans la ṣalāt
S.22:36 Les budn, parmi les shaʿāʾir d’Allaah
S.22:37 Ni la chair ni le sang n’atteignent Allaah — seule la taqwā L’atteint
S.22:38 Allaah défend les croyants — Il n’honore pas le traître mécréant
S.22:39 Permission de combattre, donnée à ceux à qui l’on fait la guerre
S.22:40 Chassés sans droit — si Allaah ne repoussait pas les gens les uns par les autres
S.22:41 Ceux qui, établis sur la terre, accomplissent la ṣalāt et ordonnent le maʿrūf
S.22:42–44 Le démenti de Nūḥ, ʿĀd, Thamūd, le peuple d’Ibrāhīm et de Lūṭ, Madyan, Mūsā
S.22:45 Combien de cités détruites, effondrées sur leurs charpentes
S.22:46 Ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais les cœurs
S.22:47 Ils hâtent le châtiment — un jour auprès de ton Rabb comme mille ans
S.22:48 Combien de cités auxquelles J’ai accordé un délai, puis J’ai saisies
S.22:49 « Je ne suis pour vous qu’un avertisseur manifeste »
S.22:50 Pardon et rizq généreux pour qui a cru et agi droitement
S.22:51 Ceux qui se sont évertués contre Nos signes — les compagnons de la Jaḥīm
S.22:52 Aucun rasūl ni nabī sans que le shayṭān n’ait jeté dans son umniyyah
S.22:53 Une fitna pour qui a une maladie au cœur et les cœurs endurcis
S.22:54 Que ceux qui ont reçu la science sachent que c’est le ḥaqq

Ceux qui détournent du chemin — le Masjid al-Ḥarām égal pour tous · S22:25

S.22:25 · Ceux qui détournent du chemin d’Allaah et du Masjid al-Ḥarām, égal pour tous

S.22:25
إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَيَصُدُّونَ عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ وَالْمَسْجِدِ الْحَرَامِ الَّذِي جَعَلْنَاهُ لِلنَّاسِ سَوَاءً الْعَاكِفُ فِيهِ وَالْبَادِ ۚ وَمَنْ يُرِدْ فِيهِ بِإِلْحَادٍ بِظُلْمٍ نُذِقْهُ مِنْ عَذَابٍ أَلِيمٍ
Inna lladhīna kafarū wa-yaṣuddūna ʿan sabīli llāhi wa-l-masjidi l-ḥarāmi lladhī jaʿalnāhu li-n-nāsi sawāʾan al-ʿākifu fīhi wa-l-bādi wa-man yurid fīhi bi-ilḥādin bi-ẓulmin nudhiqhu min ʿadhābin alīm Ceux qui ont commis le kufr, et qui détournent du chemin d’Allaah et du Masjid al-Ḥarām — que Nous avons établi pour les gens à égalité (sawāʾ), aussi bien celui qui y réside (al-ʿākif) que celui qui y vient de l’extérieur (al-bādi) — et quiconque y vise une déviation (ilḥād) par ẓulm, Nous lui ferons goûter un ʿadhāb douloureux.
Notes lexicales
al-ʿākifu fīhi wa-l-bādi
*al-ʿākif*, racine *ʿ-k-f* (voir S2:125, S7:138, S20:91, S20:97 — s'attacher avec constance à un lieu) ; *al-bādi*, racine *b-d-w* : celui qui vient de l'extérieur, du désert ou de la campagne, par opposition au sédentaire. **Dit** : une égalité (*sawāʾ*) absolue d'accès, sans distinction entre le résident et le visiteur de passage — voir l'étude Le Ḥajj et la ʿUmra dans le Coran, qui traite nommément ce verset.
bi-ilḥādin bi-ẓulmin
racine *l-ḥ-d* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : s'écarter, dévier d'une ligne droite (d'où le *laḥd*, la niche creusée en biais dans la tombe). **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas la nature exacte de cette déviation — ce Bloc n'importe aucune identification plus précise (profanation, injustice commerciale, acte de violence) que ce que le terme générique permet.

Le Bayt établi pour Ibrāhīm, l’appel au Ḥajj · S22:26–29

S.22:26 · Le Bayt établi pour Ibrāhīm — ne rien Lui associer, le purifier

S.22:26
وَإِذْ بَوَّأْنَا لِإِبْرَاهِيمَ مَكَانَ الْبَيْتِ أَنْ لَا تُشْرِكْ بِي شَيْئًا وَطَهِّرْ بَيْتِيَ لِلطَّائِفِينَ وَالْقَائِمِينَ وَالرُّكَّعِ السُّجُودِ
Wa-idh bawwaʾnā li-ibrāhīma makāna l-bayti an lā tushrik bī shayʾan wa-ṭahhir baytiya li-ṭ-ṭāʾifīna wa-l-qāʾimīna wa-r-rukkaʿi s-sujūd Et [rappelle] quand Nous avons établi (bawwaʾnā) pour Ibrāhīm l’emplacement du Bayt — [en lui disant] : « Ne M’associe rien, et purifie Mon Bayt pour ceux qui l’entourent (aṭ-ṭāʾifīn), ceux qui s’y tiennent debout (al-qāʾimīn), et ceux qui s’inclinent et se prosternent (ar-rukkaʿ as-sujūd). »
Notes lexicales
bawwaʾnā
racine *b-w-ʾ* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : établir, installer durablement en un lieu assigné.
lā tushrik bī shayʾan
le rejet du *shirk*, constant depuis S2, adressé ici nommément à Ibrāhīm lui-même au sujet du Bayt dont il a la charge.
aṭ-ṭāʾifīna … ar-rukkaʿi s-sujūd
*ṭāʾif*, racine *ṭ-w-f* (tourner autour, comme pour le *ṭawāf*) ; *rukkaʿ* et *sujūd*, pluriels de *rākiʿ* et *sājid* — les deux gestes rituels de S2:43 et S3:43. Trois postures distinctes associées au Bayt : tourner autour, se tenir debout, s'incliner et se prosterner.

S.22:27 · L’appel au Ḥajj — ils viendront de tout chemin profond

S.22:27
وَأَذِّنْ فِي النَّاسِ بِالْحَجِّ يَأْتُوكَ رِجَالًا وَعَلَىٰ كُلِّ ضَامِرٍ يَأْتِينَ مِنْ كُلِّ فَجٍّ عَمِيقٍ
Wa-adhdhin fi n-nāsi bi-l-ḥajji yaʾtūka rijālan wa-ʿalā kulli ḍāmirin yaʾtīna min kulli fajjin ʿamīq Et appelle (adhdhin) les gens au Ḥajj : ils viendront à toi à pied (rijālan), et sur toute monture amaigrie [par la route] (ḍāmir), venant de tout chemin de montagne profondément encaissé (fajj ʿamīq).
Notes lexicales
adhdhin
racine *ʾ-dh-n* (faire entendre, appeler — même racine que l'*adhān*) : lancer un appel public.
rijāl … ḍāmirin
*rijāl*, ici au sens de « à pied » (et non seulement « des hommes ») ; *ḍāmir*, racine *ḍ-m-r* — Ibn Manẓūr : amaigri, affiné par l'effort et la fatigue du chemin.
fajjin ʿamīqin
*fajj*, racine *f-j-j* : passage large ouvert entre deux montagnes ; *ʿamīq* : profond, éloigné. **Non-dit** : le texte ne nomme aucune provenance géographique précise — l'image est celle de la distance et de la difficulté du chemin, sans qu'un point d'origine particulier soit désigné.

S.22:28 · Témoigner de bienfaits, consommer des bahīmat al-anʿām, nourrir le pauvre

S.22:28
لِيَشْهَدُوا مَنَافِعَ لَهُمْ وَيَذْكُرُوا اسْمَ اللَّهِ فِي أَيَّامٍ مَعْلُومَاتٍ عَلَىٰ مَا رَزَقَهُمْ مِنْ بَهِيمَةِ الْأَنْعَامِ ۖ فَكُلُوا مِنْهَا وَأَطْعِمُوا الْبَائِسَ الْفَقِيرَ
Li-yashhadū manāfiʿa lahum wa-yadhkurū sma llāhi fī ayyāmin maʿlūmātin ʿalā mā razaqahum min bahīmati l-anʿāmi fa-kulū minhā wa-aṭʿimū l-bāʾisa l-faqīr — afin qu’ils soient témoins (li-yashhadū) de bienfaits (manāfiʿ) pour eux, et qu’ils invoquent le Nom d’Allaah, en des jours comptés (ayyām maʿlūmāt), sur ce qu’Il leur a attribué comme subsistance (razaqahum) parmi le bétail des troupeaux (bahīmat al-anʿām) — mangez-en donc, et nourrissez le misérable et l’indigent (al-bāʾis al-faqīr).
Notes lexicales
bahīmati l-anʿāmi
formule identique à *uḥillat lakum bahīmatu l-anʿāmi illā mā yutlā ʿalaykum* (S5:1) — le bétail des troupeaux. Voir l'étude Ḥalāl et Ḥarām dans le Coran.
ayyāmin maʿlūmātin
racine *ʿ-l-m* : des jours « connus », sans que le texte ne les nomme par leur date — voir l'étude Le Ḥajj et la ʿUmra dans le Coran, qui relève que le Coran ne nomme nulle part les mois ni les jours précis du Ḥajj. **Non-dit** : l'identification calendaire conventionnelle de ces jours est une donnée extérieure à ce seul verset.
al-bāʾisa l-faqīra
*al-bāʾis*, racine *b-ʾ-s* (la rigueur, l'infortune) ; *al-faqīr* (voir S2:273). Deux désignations convergentes de l'indigence.

S.22:29 · Accomplir le tafath, les vœux, le ṭawāf autour du Bayt al-ʿAtīq

S.22:29
ثُمَّ لْيَقْضُوا تَفَثَهُمْ وَلْيُوفُوا نُذُورَهُمْ وَلْيَطَّوَّفُوا بِالْبَيْتِ الْعَتِيقِ
Thumma l-yaqḍū tafathahum wa-l-yūfū nudhūrahum wa-l-yaṭṭawwafū bi-l-bayti l-ʿatīq Puis qu’ils accomplissent (li-yaqḍū) ce qui reste de leur tafath, qu’ils s’acquittent pleinement (li-yūfū) de leurs vœux (nudhūr), et qu’ils accomplissent le ṭawāf autour du Bayt al-ʿAtīq (l’Ancienne Demeure).
Notes lexicales
tafathahum
racine *t-f-th* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : l'état de négligence corporelle accumulée (cheveux, ongles, saleté) que l'on fait cesser. **Non-dit** : le texte nomme cette levée d'un état, sans en détailler les gestes précis (rasage, coupe des ongles, etc.) — ce Bloc n'importe aucune liste de gestes au-delà du terme lui-même. Unique occurrence coranique du mot.
nudhūrahum
racine *n-dh-r* (le vœu, l'engagement volontaire pris envers Allaah).
al-bayti l-ʿatīqi
racine *ʿ-t-q* — Ibn Fāris : ce qui est ancien, et par extension ce qui est affranchi, libéré de toute emprise. **Non-dit** : le texte ne précise pas lequel de ces deux sens — l'ancienneté ou l'affranchissement — est premier ici ; ce Bloc rend le terme par « l'Ancienne Demeure », sens le plus directement attesté par Ibn Manẓūr pour ce mot appliqué à une construction.

Les ḥurumāt d’Allaah, le licite, le rijs des idoles · S22:30–31

S.22:30 · Les ḥurumāt d’Allaah, le licite des anʿām, éviter le rijs des idoles et la parole mensongère

Point de méthode — S22:30, ḥurumāt Allaah. Racine ḥ-r-m (voir l’étude Ḥalāl et Ḥarām dans le Coran) : ḥurumāt, pluriel de ḥurma, désigne ce qui doit être tenu inviolable, préservé de toute transgression — ici au sujet du Masjid al-Ḥarām, du Ḥajj et de ses rites, non un contenu juridique détaillé par ce seul verset.

S.22:30
ذَٰلِكَ وَمَنْ يُعَظِّمْ حُرُمَاتِ اللَّهِ فَهُوَ خَيْرٌ لَهُ عِنْدَ رَبِّهِ ۗ وَأُحِلَّتْ لَكُمُ الْأَنْعَامُ إِلَّا مَا يُتْلَىٰ عَلَيْكُمْ ۖ فَاجْتَنِبُوا الرِّجْسَ مِنَ الْأَوْثَانِ وَاجْتَنِبُوا قَوْلَ الزُّورِ
Dhālika wa-man yuʿaẓẓim ḥurumāti llāhi fa-huwa khayrun lahu ʿinda rabbihi wa-uḥillat lakumu l-anʿāmu illā mā yutlā ʿalaykum fa-jtanibū r-rijsa mina l-awthāni wa-jtanibū qawla z-zūr Voilà. Et quiconque magnifie (yuʿaẓẓim) les ḥurumāt d’Allaah — cela est meilleur pour lui auprès de son Rabb. Et vous est rendu licite le bétail (al-anʿām), à l’exception de ce qui vous sera récité [par ailleurs] — évitez donc le rijs (la souillure) des idoles (al-awthān), et évitez la parole mensongère (qawl az-zūr).
Notes lexicales
ḥurumāti llāhi
voir le callout ci-dessus.
uḥillat lakumu l-anʿāmu illā mā yutlā ʿalaykum
formule identique à S5:1 (*uḥillat lakum bahīmatu l-anʿāmi illā mā yutlā ʿalaykum*) — ici sans le mot *bahīma*, mais même construction.
ar-rijsa mina l-awthāni
*rijs* : une souillure (voir S5:90, S6:145, S7:71, S9:95) ; *al-awthān*, pluriel de *wathan* : l'idole taillée (voir S6:74, S7:138, S14:35, S21:57). **Dit** : ce n'est pas l'idole elle-même qui est directement qualifiée de *rijs*, mais ce qui s'y rattache (l'acte, la fréquentation) — ce Bloc rend l'expression telle quelle, sans trancher davantage sur ce point grammatical.
qawla z-zūri
racine *z-w-r* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : ce qui est détourné de sa droiture, le faux, le mensonge délibérément construit. **Non-dit** : le texte associe cette interdiction à celle du *rijs* des idoles sans préciser davantage si un type particulier de parole mensongère (faux témoignage, fausse attribution à Allaah) est visé en priorité — ce Bloc rapporte la portée générale du terme.

S.22:31 · Ḥunafāʾ pour Allaah — qui Lui associe est comme tombé du ciel

S.22:31
حُنَفَاءَ لِلَّهِ غَيْرَ مُشْرِكِينَ بِهِ ۚ وَمَنْ يُشْرِكْ بِاللَّهِ فَكَأَنَّمَا خَرَّ مِنَ السَّمَاءِ فَتَخْطَفُهُ الطَّيْرُ أَوْ تَهْوِي بِهِ الرِّيحُ فِي مَكَانٍ سَحِيقٍ
Ḥunafāʾa li-llāhi ghayra mushrikīna bihi wa-man yushrik bi-llāhi fa-ka-annamā kharra mina s-samāʾi fa-takhṭafuhu ṭ-ṭayru aw tahwī bihi r-rīḥu fī makānin saḥīq — [étant] ḥunafāʾ envers Allaah, ne Lui associant rien : et quiconque associe à Allaah, c’est comme s’il était tombé (kharra) du ciel, et que les oiseaux l’arrachaient (takhṭafuhu), ou que le vent le précipitait (tahwī bihi) en un lieu lointain et profond (makān saḥīq).
Notes lexicales
ḥunafāʾa li-llāhi
pluriel de *ḥanīf* (voir S6:79, S6:161) : qui s'incline exclusivement vers Allaah, en s'écartant de toute autre direction.
kharra mina s-samāʾi … saḥīq
**Précision de méthode.** Le sujet de cette chute est un être humain qui aurait commis le *shirk*, non Allaah — l'image de la chute depuis le ciel et de la dispersion par les oiseaux ou le vent n'engage ici aucune connotation spatiale concernant Allaah Lui-même, puisqu'elle décrit le sort de celui qui s'égare, non un lieu qu'Allaah occuperait. *Saḥīq*, racine *s-ḥ-q* : l'éloignement extrême, le broyage total. **Dit** : l'image pose une perte radicale et irrémédiable, sans secours possible une fois la chute amorcée.

Les shaʿāʾir d’Allaah, les bienfaits jusqu’à un terme · S22:32–33

S.22:32 · Magnifier les shaʿāʾir d’Allaah, c’est la taqwā des cœurs

S.22:32
ذَٰلِكَ وَمَنْ يُعَظِّمْ شَعَائِرَ اللَّهِ فَإِنَّهَا مِنْ تَقْوَى الْقُلُوبِ
Dhālika wa-man yuʿaẓẓim shaʿāʾira llāhi fa-innahā min taqwā l-qulūb Voilà. Et quiconque magnifie les shaʿāʾir d’Allaah — cela relève certes de la taqwā des cœurs.
Notes lexicales
shaʿāʾira llāhi
pluriel de *shaʿīra*, racine *sh-ʿ-r* (ce qui signale, ce par quoi une chose se fait reconnaître) ; le terme reviendra pour les *budn* (S22:36). **Non-dit** : ce seul verset ne dresse pas la liste de ce que recouvrent les *shaʿāʾir* d'Allaah ; le Bloc rapporte ce qu'en nomme le texte lui-même au fil des versets qui suivent, sans en élargir la portée.

S.22:33 · Des bienfaits jusqu’à un terme fixé, puis le maḥill vers le Bayt al-ʿAtīq

S.22:33
لَكُمْ فِيهَا مَنَافِعُ إِلَىٰ أَجَلٍ مُسَمًّى ثُمَّ مَحِلُّهَا إِلَى الْبَيْتِ الْعَتِيقِ
Lakum fīhā manāfiʿu ilā ajalin musamman thumma maḥilluhā ila l-bayti l-ʿatīq Pour vous, en elles [ces bêtes], des bienfaits (manāfiʿ) jusqu’à un terme fixé (ajal musamman) — puis leur lieu d’accomplissement (maḥill) est vers le Bayt al-ʿAtīq.
Notes lexicales
maḥilluhā ila l-bayti l-ʿatīqi
racine *ḥ-l-l* : le lieu et le moment où une chose atteint son terme légitime d'accomplissement — voir l'étude Le Ḥajj et la ʿUmra dans le Coran, qui relève que ce verset situe ce *maḥill* auprès du Bayt lui-même, sans nommer un lieu de sacrifice distinct.

Un mansak pour chaque umma, les mukhbitīn · S22:34–35

S.22:34 · Un mansak pour chaque umma — votre ilāh est un ilāh unique

S.22:34
وَلِكُلِّ أُمَّةٍ جَعَلْنَا مَنْسَكًا لِيَذْكُرُوا اسْمَ اللَّهِ عَلَىٰ مَا رَزَقَهُمْ مِنْ بَهِيمَةِ الْأَنْعَامِ ۗ فَإِلَٰهُكُمْ إِلَٰهٌ وَاحِدٌ فَلَهُ أَسْلِمُوا ۗ وَبَشِّرِ الْمُخْبِتِينَ
Wa-li-kulli ummatin jaʿalnā mansakan li-yadhkurū sma llāhi ʿalā mā razaqahum min bahīmati l-anʿāmi fa-ilāhukum ilāhun wāḥidun fa-lahu aslimū wa-bashshiri l-mukhbitīn Et pour chaque umma, Nous avons établi un mansak, afin qu’ils invoquent le Nom d’Allaah sur ce qu’Il leur a attribué comme subsistance parmi le bétail des troupeaux — votre ilāh est un ilāh unique : soumettez-vous donc (aslimū) à Lui. Et annonce une bonne nouvelle aux mukhbitīn.
Notes lexicales
mansakan
racine *n-s-k* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : l'acte d'adoration accompli selon une forme rituelle propre, d'où *mansak*, le rite ou le lieu de son accomplissement. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas si « chaque *umma* » renvoie aux communautés passées (chacune ayant reçu son rite propre) ou de façon plus large à tout groupe humain — ce Bloc rapporte l'affirmation telle qu'elle est donnée, sans trancher. Rapprochement possible avec *li-kullin jaʿalnā minkum shirʿatan wa-minhājan* (S5:48), sans fusion des deux formulations.
fa-ilāhukum ilāhun wāḥidun
formule présente en S2:163, S16:51, S21:108, entre autres.
al-mukhbitīna
racine *kh-b-t* — Ibn Manẓūr : le sol plat et bas, d'où le sens dérivé de l'abaissement du cœur, l'humilité posée et stable (sans rapport avec un abaissement physique devant Allaah). Le verset suivant (S22:35) en donne le portrait.

S.22:35 · Les mukhbitīn — cœurs saisis d’effroi, patients, constants dans la ṣalāt

S.22:35
الَّذِينَ إِذَا ذُكِرَ اللَّهُ وَجِلَتْ قُلُوبُهُمْ وَالصَّابِرِينَ عَلَىٰ مَا أَصَابَهُمْ وَالْمُقِيمِي الصَّلَاةِ وَمِمَّا رَزَقْنَاهُمْ يُنْفِقُونَ
Alladhīna idhā dhukira llāhu wajilat qulūbuhum wa-ṣ-ṣābirīna ʿalā mā aṣābahum wa-l-muqīmi ṣ-ṣalāti wa-mimmā razaqnāhum yunfiqūn — ceux dont les cœurs sont saisis d’effroi (wajilat) quand Allaah est évoqué, ceux qui sont constants (aṣ-ṣābirīn) devant ce qui les atteint, ceux qui accomplissent la ṣalāt, et qui dépensent de ce que Nous leur avons attribué comme subsistance.
Notes lexicales
wajilat qulūbuhum
racine *w-j-l* : la crainte qui saisit soudainement le cœur.

Les budn, la taqwā qui atteint Allaah · S22:36–37

S.22:36 · Les budn, parmi les shaʿāʾir d’Allaah

S.22:36
وَالْبُدْنَ جَعَلْنَاهَا لَكُمْ مِنْ شَعَائِرِ اللَّهِ لَكُمْ فِيهَا خَيْرٌ ۖ فَاذْكُرُوا اسْمَ اللَّهِ عَلَيْهَا صَوَافَّ ۖ فَإِذَا وَجَبَتْ جُنُوبُهَا فَكُلُوا مِنْهَا وَأَطْعِمُوا الْقَانِعَ وَالْمُعْتَرَّ ۚ كَذَٰلِكَ سَخَّرْنَاهَا لَكُمْ لَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ
Wa-l-budna jaʿalnāhā lakum min shaʿāʾiri llāhi lakum fīhā khayrun fa-dhkuru sma llāhi ʿalayhā ṣawāffa fa-idhā wajabat junūbuhā fa-kulū minhā wa-aṭʿimū l-qāniʿa wa-l-muʿtarra ka-dhālika sakhkharnāhā lakum laʿallakum tashkurūn Et les budn (grands animaux de sacrifice), Nous les avons établies pour vous parmi les shaʿāʾir d’Allaah — pour vous, en elles, un bienfait (khayr). Invoquez donc le Nom d’Allaah sur elles, alignées (ṣawāff) ; et quand leurs flancs se sont abattus (wajabat junūbuhā), mangez-en, et nourrissez-en celui qui se contente sans demander (al-qāniʿ) et celui qui demande (al-muʿtarr). C’est ainsi que Nous vous les avons assujetties (sakhkharnāhā), afin que vous soyez reconnaissants (tashkurūn).
Notes lexicales
al-budna
racine *b-d-n* (le corps, la corpulence) — désigne les grands animaux de sacrifice (chameaux, bovins). Voir l'étude Le Ḥajj et la ʿUmra dans le Coran, qui relève que ce verset situe leur immolation auprès du Bayt, sans nommer Minā.
ṣawāffa
racine *ṣ-f-f* (aligner) — l'état dans lequel ces animaux sont présentés, debout et alignés, au moment où le Nom d'Allaah est invoqué sur eux.
wajabat junūbuhā
racine *w-j-b* (tomber, s'abattre lourdement — sens distinct du sens juridique dérivé, l'obligation) appliquée à *junūb* (les flancs) : le moment où l'animal s'effondre au sol.
al-qāniʿa wa-l-muʿtarra
*al-qāniʿ*, racine *q-n-ʿ* (se satisfaire de peu, sans solliciter) ; *al-muʿtarr*, racine *ʿ-r-r* (se présenter, s'exposer pour demander). Deux figures distinctes de l'indigent, selon qu'il sollicite ou non.
sakhkharnāhā
voir S2:164, S13:2, S14:32–33, S16:12, S16:14, S21:79 : l'assujettissement de ce qui est créé à l'usage de l'être humain, par la seule décision d'Allaah.

S.22:37 · Ni la chair ni le sang n’atteignent Allaah — seule la taqwā L’atteint

Point pivot — S22:37, la négation catégorique lan. La particule lan, qui porte une négation ferme et catégorique, exclut explicitement que la chair ou le sang de ces animaux puisse, d’une quelconque manière, « atteindre » Allaah. Ce que le texte affirme atteindre Allaah, en regard, est la taqwā elle-même — une disposition intérieure, non une matière offerte. Voir l’étude Le Ḥajj et la ʿUmra dans le Coran, qui cite nommément ce verset comme désamorçant toute lecture du sacrifice en termes d’offrande destinée à Allaah Lui-même.

S.22:37
لَنْ يَنَالَ اللَّهَ لُحُومُهَا وَلَا دِمَاؤُهَا وَلَٰكِنْ يَنَالُهُ التَّقْوَىٰ مِنْكُمْ ۚ كَذَٰلِكَ سَخَّرَهَا لَكُمْ لِتُكَبِّرُوا اللَّهَ عَلَىٰ مَا هَدَاكُمْ ۗ وَبَشِّرِ الْمُحْسِنِينَ
Lan yanāla llāha luḥūmuhā wa-lā dimāʾuhā wa-lākin yanāluhu t-taqwā minkum ka-dhālika sakhkharahā lakum li-tukabbirū llāha ʿalā mā hadākum wa-bashshiri l-muḥsinīn Ni leurs chairs ni leurs sangs n’atteindront jamais (lan yanāla) Allaah — mais c’est la taqwā, de votre part, qui L’atteint. C’est ainsi qu’Il vous les a assujetties, afin que vous proclamiez la grandeur (li-tukabbirū) d’Allaah pour vous avoir guidés — et annonce une bonne nouvelle aux muḥsinīn.
Notes lexicales
lan yanāla
voir le callout ci-dessus.
li-tukabbirū llāha
racine *k-b-r* (la grandeur) — l'acte de proclamer cette grandeur, présent sous d'autres formes (*Allāhu akbar*).

La défense d’Allaah, la permission de combattre · S22:38–41

S.22:38 · Allaah défend les croyants — Il n’honore pas le traître mécréant

S.22:38
۞ إِنَّ اللَّهَ يُدَافِعُ عَنِ الَّذِينَ آمَنُوا ۗ إِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ كُلَّ خَوَّانٍ كَفُورٍ
Inna llāha yudāfiʿu ʿani lladhīna āmanū inna llāha lā yuḥibbu kulla khawwānin kafūr Allaah défend certes ceux qui ont cru — Allaah n’honore (lā yuḥibbu) certes pas tout traître (khawwān) mécréant (kafūr).
Notes lexicales
lā yuḥibbu
racine *ḥ-b-b* : lorsqu'Allaah est concerné, le verbe est rendu par « honorer » (comme en S2:276, S3:32 et S5:87), ce qui évite de projeter sur ce qui est dit d'Allaah un sentiment de type humain ; la forme arabe est donnée entre parenthèses dans la traduction.
khawwānin kafūrin
*khawwān*, racine *kh-w-n* (la trahison, la rupture de ce qui a été confié) ; *kafūr*, forme intensive de *kafara*.

S.22:39 · Permission de combattre, donnée à ceux à qui l’on fait la guerre

Point de méthode — S22:39, la permission de combattre. Le verbe est à la forme passive dans les trois éditions comparées (yuqātalūna, « ceux à qui l’on fait la guerre », et non yuqātilūna, « ceux qui combattent ») — la permission accordée répond donc à une agression déjà subie (bi-annahum ẓulimū, « parce qu’ils ont subi un ẓulm »), non à une initiative. Non-dit : ce seul verset ne nomme aucun groupe, aucune bataille, aucune circonstance historique précise — ce Bloc n’importe aucun épisode de la sīra pour l’identifier.

S.22:39
أُذِنَ لِلَّذِينَ يُقَاتَلُونَ بِأَنَّهُمْ ظُلِمُوا ۚ وَإِنَّ اللَّهَ عَلَىٰ نَصْرِهِمْ لَقَدِيرٌ
Udhina li-lladhīna yuqātalūna bi-annahum ẓulimū wa-inna llāha ʿalā naṣrihim la-qadīr Permission est donnée à ceux à qui l’on fait la guerre (yuqātalūna), parce qu’ils ont subi un ẓulm — et Allaah, sur leur secours, est certes Qadīr.
Notes lexicales
udhina … yuqātalūna
voir le callout ci-dessus.

S.22:40 · Chassés sans droit — si Allaah ne repoussait pas les gens les uns par les autres

S.22:40
الَّذِينَ أُخْرِجُوا مِنْ دِيَارِهِمْ بِغَيْرِ حَقٍّ إِلَّا أَنْ يَقُولُوا رَبُّنَا اللَّهُ ۗ وَلَوْلَا دَفْعُ اللَّهِ النَّاسَ بَعْضَهُمْ بِبَعْضٍ لَهُدِّمَتْ صَوَامِعُ وَبِيَعٌ وَصَلَوَاتٌ وَمَسَاجِدُ يُذْكَرُ فِيهَا اسْمُ اللَّهِ كَثِيرًا ۗ وَلَيَنْصُرَنَّ اللَّهُ مَنْ يَنْصُرُهُ ۗ إِنَّ اللَّهَ لَقَوِيٌّ عَزِيزٌ
Alladhīna ukhrijū min diyārihim bi-ghayri ḥaqqin illā an yaqūlū rabbunā llāhu wa-lawlā dafʿu llāhi n-nāsa baʿḍahum bi-baʿḍin la-huddimat ṣawāmiʿu wa-biyaʿun wa-ṣalawātun wa-masājidu yudhkaru fīhā smu llāhi kathīran wa-la-yanṣuranna llāhu man yanṣuruhu inna llāha la-qawiyyun ʿazīz — ceux qui ont été chassés de leurs demeures sans droit (bi-ghayri ḥaqq), seulement parce qu’ils disaient : « Notre Rabb est Allaah. » Et si Allaah ne repoussait pas les gens (dafʿu llāhi n-nāsa) les uns par les autres, auraient été démolis des ermitages (ṣawāmiʿ), des églises (biyaʿ), des lieux de prière (ṣalawāt), et des mosquées (masājid) où le Nom d’Allaah est invoqué abondamment. Et Allaah secourt certes (la-yanṣuranna) qui Le secourt (man yanṣuruhu) — Allaah est certes Qawiyy, ʿAzīz.
Notes lexicales
wa-lawlā dafʿu llāhi n-nāsa baʿḍahum bi-baʿḍin
formule identique à S2:251 (« et si Allaah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, la terre se serait dérèglée ») — traduction reprise à l'identique pour la même construction.
ṣawāmiʿu wa-biyaʿun wa-ṣalawātun wa-masājidu
quatre désignations de lieux de culte, données sans hiérarchie apparente entre elles dans l'énumération : *ṣawāmiʿ* (ermitages, de la racine *ṣ-m-ʿ*, se retirer) ; *biyaʿ* (pluriel de *bīʿa*, lieu de culte) ; *ṣalawāt* (ici, par métonymie, les lieux où se tient la *ṣalāt*, non la prière elle-même) ; *masājid* (lieux de prosternation). **Dit** : le texte associe leur préservation, toutes catégories confondues, au même principe d'équilibre entre les gens — aucune n'est désignée comme seule digne de protection.
qawiyyun ʿazīzun
*al-Qawiyy*, racine *q-w-y* (la force), et *al-ʿAzīz* : ce qui peut être dit d'Allaah, conservés en translittération.

S.22:41 · Ceux qui, établis sur la terre, accomplissent la ṣalāt et ordonnent le maʿrūf

S.22:41
الَّذِينَ إِنْ مَكَّنَّاهُمْ فِي الْأَرْضِ أَقَامُوا الصَّلَاةَ وَآتَوُا الزَّكَاةَ وَأَمَرُوا بِالْمَعْرُوفِ وَنَهَوْا عَنِ الْمُنْكَرِ ۗ وَلِلَّهِ عَاقِبَةُ الْأُمُورِ
Alladhīna in makkannāhum fi l-arḍi aqāmu ṣ-ṣalāta wa-ātawu z-zakāta wa-amarū bi-l-maʿrūfi wa-nahaw ʿani l-munkari wa-li-llāhi ʿāqibatu l-umūr — ceux qui, si Nous les établissons fermement (makkannāhum) sur la terre, accomplissent la ṣalāt, s’acquittent de la zakāt, ordonnent le maʿrūf et interdisent le munkar — et c’est à Allaah qu’appartient l’issue finale de toute chose (ʿāqibat al-umūr).
Notes lexicales
amarū bi-l-maʿrūfi wa-nahaw ʿani l-munkari
formule identique à S3:104, S3:110 et S3:114 : « ordonner le *maʿrūf* et interdire le *munkar* ».
makkannāhum
racine *m-k-n* (établir fermement en un lieu ou une situation).

Le démenti répété à travers l’histoire · S22:42–51

S.22:42–44 · Le démenti de Nūḥ, ʿĀd, Thamūd, le peuple d’Ibrāhīm et de Lūṭ, Madyan, Mūsā

S.22:42
وَإِنْ يُكَذِّبُوكَ فَقَدْ كَذَّبَتْ قَبْلَهُمْ قَوْمُ نُوحٍ وَعَادٌ وَثَمُودُ
Wa-in yukadhdhibūka fa-qad kadhdhabat qablahum qawmu nūḥin wa-ʿādun wa-thamūd Et s’ils te traitent de menteur, le peuple de Nūḥ, ʿĀd et Thamūd ont déjà traité de menteurs [leurs envoyés] avant eux.

S.22:43
وَقَوْمُ إِبْرَاهِيمَ وَقَوْمُ لُوطٍ
Wa-qawmu ibrāhīma wa-qawmu lūṭ — ainsi que le peuple d’Ibrāhīm et le peuple de Lūṭ.

S.22:44
وَأَصْحَابُ مَدْيَنَ ۖ وَكُذِّبَ مُوسَىٰ فَأَمْلَيْتُ لِلْكَافِرِينَ ثُمَّ أَخَذْتُهُمْ ۖ فَكَيْفَ كَانَ نَكِيرِ
Wa-aṣḥābu madyana wa-kudhdhiba mūsā fa-amlaytu li-l-kāfirīna thumma akhadhtuhum fa-kayfa kāna nakīr — et les compagnons de Madyan. Et Mūsā fut traité de menteur. J’ai accordé un délai (amlaytu) aux kāfirūn, puis Je les ai saisis (akhadhtuhum) — et quel fut Mon désaveu (nakīr) !
Notes lexicales
amlaytu
racine *m-l-y* (accorder un délai, laisser du temps) — voir *innamā numlī lahum* (S3:178).
nakīr
racine *n-k-r* (le désaveu, le rejet manifesté avec force — même racine que *al-munkar*, S22:41) : forme substantive.

S.22:45 · Combien de cités détruites, effondrées sur leurs charpentes

S.22:45
فَكَأَيِّنْ مِنْ قَرْيَةٍ أَهْلَكْنَاهَا وَهِيَ ظَالِمَةٌ فَهِيَ خَاوِيَةٌ عَلَىٰ عُرُوشِهَا وَبِئْرٍ مُعَطَّلَةٍ وَقَصْرٍ مَشِيدٍ
Fa-ka-ayyin min qaryatin ahlaknāhā wa-hiya ẓālimatun fa-hiya khāwiyatun ʿalā ʿurūshihā wa-biʾrin muʿaṭṭalatin wa-qaṣrin mashīd Combien de cités (qarya) avons-Nous détruites, alors qu’elles étaient ẓālima — les voilà effondrées sur leurs propres charpentes (khāwiyatun ʿalā ʿurūshihā), ainsi qu’un puits laissé à l’abandon (biʾr muʿaṭṭala), et un palais élevé (qaṣr mashīd).
Notes lexicales
khāwiyatun ʿalā ʿurūshihā
*khāwiya*, racine *kh-w-y* (être vide, effondré) ; *ʿurūsh*, pluriel de *ʿarsh* au sens ici de charpente ou de toiture (à ne pas confondre avec le *ʿArsh* dont il est question à propos d'Allaah, voir S20).
biʾrin muʿaṭṭalatin wa-qaṣrin mashīdin
*biʾr* (puits), *muʿaṭṭala* (laissé inactif, abandonné) ; *qaṣr* (palais), *mashīd*, racine *sh-y-d* (bâti, élevé solidement). **Dit** : le texte associe l'abandon d'infrastructures aussi bien modestes (un puits) qu'imposantes (un palais) — aucune échelle sociale n'échappe à la ruine qu'il décrit.

S.22:46 · Ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais les cœurs

S.22:46
أَفَلَمْ يَسِيرُوا فِي الْأَرْضِ فَتَكُونَ لَهُمْ قُلُوبٌ يَعْقِلُونَ بِهَا أَوْ آذَانٌ يَسْمَعُونَ بِهَا ۖ فَإِنَّهَا لَا تَعْمَى الْأَبْصَارُ وَلَٰكِنْ تَعْمَى الْقُلُوبُ الَّتِي فِي الصُّدُورِ
A-fa-lam yasīrū fi l-arḍi fa-takūna lahum qulūbun yaʿqilūna bihā aw ādhānun yasmaʿūna bihā fa-innahā lā taʿma l-abṣāru wa-lākin taʿma l-qulūbu llatī fi ṣ-ṣudūr N’ont-ils donc pas parcouru la terre, pour avoir des cœurs par lesquels ils raisonneraient, ou des oreilles par lesquelles ils entendraient ? Car ce ne sont pas les yeux (al-abṣār) qui s’aveuglent — ce sont les cœurs, qui sont dans les poitrines, qui s’aveuglent.
Notes lexicales
lā taʿma l-abṣāru wa-lākin taʿma l-qulūbu
**Note de cohérence intra-coranique.** Même principe que S7:179 sous une formulation voisine (des cœurs, des yeux et des oreilles qui ne saisissent ni ne voient ni n'entendent) — ici porté à son expression la plus explicite : la cécité qui compte n'est pas organique mais celle du cœur.

S.22:47 · Ils hâtent le châtiment — un jour auprès de ton Rabb comme mille ans

Point de méthode — S22:47, l’échelle temporelle « un jour… comme mille ans ». Dit : ce verset répond directement à l’impatience de ceux qui pressent le nabī de voir venir le châtiment annoncé (yastaʿjilūnaka bi-l-ʿadhāb) — il affirme qu’Allaah ne manque jamais à Sa promesse, et que la mesure du temps telle que les humains la comptent (mimmā taʿuddūn) n’est pas celle qui s’applique à ce délai. Non-dit : ce seul verset ne précise pas si « mille ans » désigne une équivalence fixe et littérale, ou une façon d’exprimer l’incommensurabilité entre l’impatience humaine et l’échéance fixée par Allaah — une autre mesure, « cinquante mille ans », apparaît ailleurs dans le Coran (S70:4) sans que ce seul verset ne permette d’en déterminer l’articulation exacte. Ce Bloc ne tranche pas entre ces lectures.

S.22:47
وَيَسْتَعْجِلُونَكَ بِالْعَذَابِ وَلَنْ يُخْلِفَ اللَّهُ وَعْدَهُ ۚ وَإِنَّ يَوْمًا عِنْدَ رَبِّكَ كَأَلْفِ سَنَةٍ مِمَّا تَعُدُّونَ
Wa-yastaʿjilūnaka bi-l-ʿadhābi wa-lan yukhlifa llāhu waʿdahu wa-inna yawman ʿinda rabbika ka-alfi sanatin mimmā taʿuddūn Et ils te pressent (yastaʿjilūnaka) au sujet du châtiment — alors qu’Allaah ne manquera jamais (lan yukhlifa) à Sa promesse. Et un jour auprès de ton Rabb est certes comme mille ans de ce que vous comptez (mimmā taʿuddūn).
Notes lexicales
yastaʿjilūnaka … lan yukhlifa llāhu waʿdahu
racine *ʿ-j-l* (la hâte ; voir S20:114, « *wa-lā taʿjal* ») ; *yukhlifu waʿdahu*, voir S3:9 pour une formulation voisine.
ka-alfi sanatin mimmā taʿuddūn
voir le callout ci-dessus.

S.22:48 · Combien de cités auxquelles J’ai accordé un délai, puis J’ai saisies

S.22:48
وَكَأَيِّنْ مِنْ قَرْيَةٍ أَمْلَيْتُ لَهَا وَهِيَ ظَالِمَةٌ ثُمَّ أَخَذْتُهَا وَإِلَيَّ الْمَصِيرُ
Wa-ka-ayyin min qaryatin amlaytu lahā wa-hiya ẓālimatun thumma akhadhtuhā wa-ilayya l-maṣīr Et combien de cités auxquelles J’ai accordé un délai, alors qu’elles étaient ẓālima — puis Je les ai saisies : et c’est vers Moi le devenir final (al-maṣīr).
Notes lexicales
wa-ilayya l-maṣīr
formule fréquente dans le Coran.

L’avertisseur manifeste, le pardon, les compagnons de la Jaḥīm · S22:49–51

S.22:49 · « Je ne suis pour vous qu’un avertisseur manifeste »

S.22:49
قُلْ يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّمَا أَنَا لَكُمْ نَذِيرٌ مُبِينٌ
Qul yā ayyuhā n-nāsu innamā anā lakum nadhīrun mubīn Dis : « Ô les humains, je ne suis pour vous qu’un avertisseur (nadhīr) manifeste (mubīn). »
Notes lexicales
nadhīrun mubīnun
formule fréquente dans le Coran.

S.22:50 · Pardon et rizq généreux pour qui a cru et agi droitement

S.22:50
فَالَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ لَهُمْ مَغْفِرَةٌ وَرِزْقٌ كَرِيمٌ
Fa-lladhīna āmanū wa-ʿamilū ṣ-ṣāliḥāti lahum maghfiratun wa-rizqun karīm Ceux qui ont cru et accompli les œuvres droites ont un pardon (maghfira) et un rizq généreux (karīm).

S.22:51 · Ceux qui se sont évertués contre Nos signes — les compagnons de la Jaḥīm

S.22:51
وَالَّذِينَ سَعَوْا فِي آيَاتِنَا مُعَاجِزِينَ أُولَٰئِكَ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ
Wa-lladhīna saʿaw fī āyātinā muʿājizīna ulāʾika aṣḥābu l-jaḥīm Et ceux qui se sont évertués (saʿaw) contre Nos signes, cherchant à Nous rendre impuissants (muʿājizīn) — ceux-là sont les compagnons de la Jaḥīm.
Notes lexicales
muʿājizīna
racine *ʿ-j-z* (l'incapacité) à la forme III (chercher à rendre incapable, à défier) — voir *lā yuʿjizūn* (S8:59). **Dit** : le texte ne décrit pas une capacité réelle de rendre Allaah impuissant, mais la prétention ou la tentative de ceux qui s'y emploient.

Le shayṭān et l’umniyyah de tout rasūl et nabī · S22:52–54

Point sensible majeur — S22:52–54. Prudence maximale. Ce passage est d’une extrême délicatesse, et ce Bloc y applique la même rigueur que pour S4:157–158, S4:171–172, S9:113–114, S18:74, S20:115 et S20:121. Ce que le texte affirme littéralement (dit) : qu’aucun rasūl ni nabī n’a été envoyé avant le nabī Muḥammad sans que, lorsqu’il tamannā, le shayṭān n’ait jeté (alqā) quelque chose dans son umniyyah ; qu’Allaah efface systématiquement (fa-yansakhu) ce que le shayṭān jette ainsi ; puis qu’Allaah consolide (yuḥkimu) Ses signes de façon définitive. Le texte ajoute que cet épisode sert de fitna (épreuve de discernement) pour ceux qui ont une maladie au cœur et les cœurs endurcis, et permet à l’inverse à ceux qui ont reçu la science de reconnaître que c’est le ḥaqq venant du Rabb. Ce que le texte ne dit pas (non-dit), et que ce Bloc n’importe pas : il ne nomme aucun rasūl ni nabī en particulier pour cet épisode ; il ne cite aucune parole précise qui aurait été ainsi jetée par le shayṭān ; il ne mentionne ni déesses, ni Quraysh, ni aucune circonstance historique de révélation. Le récit, rapporté par une partie de la tradition exégétique et biographique (souvent désigné sous le nom de « versets sataniques » ou récit des Gharānīq), qui attribue à ce verset l’insertion de paroles précises faisant l’éloge de trois idoles adorées à La Mecque avant leur retrait, appartient à des rapports exégétiques et biographiques postérieurs au texte, de chaîne de transmission et de fiabilité contestées y compris par une partie de la tradition qui les rapporte — ce Bloc, fidèle à sa méthode qui exclut tout recours aux tafsīrs et aux récits extérieurs au texte, ne l’importe pas et ne l’écarte pas non plus : il isole strictement ce que le verset affirme par lui-même, et nomme ce silence comme un silence.

S.22:52 · Aucun rasūl ni nabī sans que le shayṭān n’ait jeté dans son umniyyah

Crux lexical — la racine m-n-y et le double sens classique de tamannā. Ibn Manẓūr (Lisān al-ʿArab, racine m-n-y) rapporte pour le verbe tamannā deux sens attestés par les lexicographes anciens : (1) le sens le plus courant, « désirer, souhaiter, former un vœu » — d’où umniyya, ce qui est désiré ou espéré, et par extension ce que l’on se propose d’énoncer ; (2) un second sens, moins fréquent mais rapporté nommément par Ibn Manẓūr comme un usage attesté des Arabes anciens, où tamannā équivaut à talā ou qaraʾa (réciter, lire à voix haute) — un emploi que certains grammairiens classiques rattachent précisément à ce verset. Selon la première lecture, « quand il tamannā » désigne un moment où le rasūl ou le nabī formait un souhait ou une attente (par exemple au sujet de la conversion de son peuple), et l’umniyyah visée par le shayṭān serait ce vœu ou cette expression qui l’accompagne. Selon la seconde lecture, « quand il tamannā » désigne le moment même de la récitation d’une révélation, et l’umniyyah serait alors la récitation elle-même. Ce Bloc nomme les deux lectures, rapportées l’une et l’autre par les lexicographes classiques, sans trancher entre elles à partir de ce seul verset.

S.22:52
وَمَا أَرْسَلْنَا مِنْ قَبْلِكَ مِنْ رَسُولٍ وَلَا نَبِيٍّ إِلَّا إِذَا تَمَنَّىٰ أَلْقَى الشَّيْطَانُ فِي أُمْنِيَّتِهِ فَيَنْسَخُ اللَّهُ مَا يُلْقِي الشَّيْطَانُ ثُمَّ يُحْكِمُ اللَّهُ آيَاتِهِ ۗ وَاللَّهُ عَلِيمٌ حَكِيمٌ
Wa-mā arsalnā min qablika min rasūlin wa-lā nabiyyin illā idhā tamannā alqa sh-shayṭānu fī umniyyatihi fa-yansakhu llāhu mā yulqi sh-shayṭānu thumma yuḥkimu llāhu āyātihi wa-llāhu ʿalīmun ḥakīm Et Nous n’avons envoyé avant toi aucun rasūl ni aucun nabī sans que, lorsqu’il tamannā, le shayṭān n’ait jeté (alqā) quelque chose dans son umniyyah — mais Allaah efface (fa-yansakhu) ce que le shayṭān jette, puis Allaah consolide (yuḥkimu) Ses signes de façon définitive : Allaah est ʿAlīm, Ḥakīm.
Notes lexicales
tamannā … umniyyatihi
voir le callout ci-dessus.
fa-yansakhu llāhu mā yulqi sh-shayṭānu
racine *n-s-kh* — voir l'étude Le Naskh, qui établit, à partir de S2:106, S13:39 et S16:101, que cette racine désigne toujours un acte d'agent : effacer une chose et la remplacer par une autre. **Précision de méthode, distinction nécessaire avec cette étude** : elle traite de la doctrine de l'abrogation d'un *āya* coranique par un autre *āya*, un objet distinct de celui-ci — ici, ce que le texte affirme qu'Allaah efface n'est pas un signe coranique, mais ce que le *shayṭān* a jeté dans l'*umniyyah* du *rasūl* ou du *nabī* : même racine, mais un objet d'effacement entièrement différent, que ce Bloc ne confond pas avec la question de l'abrogation d'un verset par un autre. **Dit** : l'effacement de ce que jette le *shayṭān* est présenté comme systématique (la particule *fa-* introduisant une conséquence immédiate et constante), suivi par la consolidation définitive (*yuḥkimu*, racine *ḥ-k-m*) des signes d'Allaah.

S.22:53 · Une fitna pour qui a une maladie au cœur et les cœurs endurcis

S.22:53
لِيَجْعَلَ مَا يُلْقِي الشَّيْطَانُ فِتْنَةً لِلَّذِينَ فِي قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ وَالْقَاسِيَةِ قُلُوبُهُمْ ۗ وَإِنَّ الظَّالِمِينَ لَفِي شِقَاقٍ بَعِيدٍ
Li-yajʿala mā yulqi sh-shayṭānu fitnatan li-lladhīna fī qulūbihim maraḍun wa-l-qāsiyati qulūbuhum wa-inna ẓ-ẓālimīna la-fī shiqāqin baʿīd — afin qu’Il fasse de ce que jette le shayṭān une fitna pour ceux qui ont une maladie (maraḍ) au cœur et dont les cœurs sont endurcis (al-qāsiya qulūbuhum) — et les ẓālimūn sont certes dans une rupture profonde (shiqāq baʿīd).
Notes lexicales
fī qulūbihim maraḍun
voir S2:10, entre autres : la « maladie du cœur », désignant un état de duplicité ou de refus intérieur, non une pathologie médicale.
al-qāsiyati qulūbuhum
racine *q-s-w* (la dureté, l'endurcissement) — voir *qasat qulūbuhum* (S6:43).
shiqāqin baʿīdin
racine *sh-q-q* (fendre, diviser) — la rupture, le désaccord profond et persistant.

S.22:54 · Que ceux qui ont reçu la science sachent que c’est le ḥaqq

S.22:54
وَلِيَعْلَمَ الَّذِينَ أُوتُوا الْعِلْمَ أَنَّهُ الْحَقُّ مِنْ رَبِّكَ فَيُؤْمِنُوا بِهِ فَتُخْبِتَ لَهُ قُلُوبُهُمْ ۗ وَإِنَّ اللَّهَ لَهَادِ الَّذِينَ آمَنُوا إِلَىٰ صِرَاطٍ مُسْتَقِيمٍ
Wa-li-yaʿlama lladhīna ūtu l-ʿilma annahu l-ḥaqqu min rabbika fa-yuʾminū bihi fa-tukhbita lahu qulūbuhum wa-inna llāha la-hādi lladhīna āmanū ilā ṣirāṭin mustaqīm — et afin que ceux à qui la science a été donnée sachent que c’est le ḥaqq venant de ton Rabb, qu’ils y croient, et que leurs cœurs s’en apaisent dans l’humilité (fa-tukhbita) — et Ce qui guide (la-hādi) ceux qui ont cru, c’est certes Allaah, vers un chemin droit (ṣirāṭ mustaqīm).
Notes lexicales
fa-tukhbita lahu qulūbuhum
même racine *kh-b-t* que *al-mukhbitīn* (S22:34–35) — l'apaisement du cœur dans l'humilité, en réponse directe, et non la perturbation que le *shayṭān* cherchait à produire (S22:53).
la-hādi lladhīna āmanū
La construction qui attribue à Allaah l'action de guider est rendue par « Ce qui guide » plutôt que « Celui qui guide » : en français, le neutre s'exprime par « ce qui »/« ce que », non par « celui qui », pronom masculin qui désigne une personne.

↑ Haut de page