Structure du Bloc I — ouverture de la Sourate 25 (Al-Furqān), S25:1–20. Cinq ensembles. D’abord l’ouverture doctrinale : Tabāraka, le Furqān descendu sur le ʿabd d’Allaah, Ce à qui appartient seul le mulk des cieux et de la terre, qui n’a pris nul walad ni nul sharīk, et qui a établi la mesure de toute chose créée — contre quoi est posée l’impuissance totale des ālihah prises en dehors de Lui (S25:1–3). Puis l’accusation portée par les kāfirūn — un ifk inventé, des « légendes des anciens » dictées —, et la réponse : c’est Ce qui connaît le secret des cieux et de la terre qui l’a fait descendre (S25:4–6). Puis la série des reproches adressés au rasūl — il mange, il marche dans les marchés, nul ange ni trésor ni jardin ne lui est donné, on le dit « homme ensorcelé » —, la réplique sur l’égarement de leurs comparaisons, la promesse d’un bien plus grand, et la description du Saʿīr préparé pour qui dément la Sāʿa (S25:7–14). Puis la Janna du khuld mise en regard, comme promesse réclamée (S25:15–16), et le Jour du rassemblement où Allaah interroge ce qui fut adoré en dehors de Lui, qui se désavoue entièrement, laissant sans recours ceux qui l’adoraient (S25:17–19). Enfin la clôture : aucun mursal avant le nabī Muḥammad n’a échappé à la condition commune de manger et de marcher dans les marchés — les humains sont, les uns pour les autres, une fitna — et ton Rabb est Baṣīr (S25:20).
Avertissement de méthode, valable pour ce Bloc comme pour tous les précédents. Cette traduction procède par analyse linguistique pure — racines arabes, grammaire, dictionnaires classiques (Kitāb al-ʿAyn, Maqāyīs al-Lugha, Lisān al-ʿArab) — sans recours aux tafsīrs classiques ou modernes ni aux habits culturels déjà posés sur le texte. Le décalage habituel de la basmala d’ouverture de sourate est retiré du champ ar= de S25:1, conformément à la convention déjà appliquée (S10, S20, S21, S22, S23, S24).
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.25:1 | Tabāraka — le Furqān descendu sur le ʿabd, pour les mondes |
| S.25:2 | Le mulk des cieux et de la terre — nul walad, nul sharīk — toute chose mesurée |
| S.25:3 | Des ālihah qui ne créent rien, et qui sont créées |
| S.25:4 | L’accusation d’ifk inventé |
| S.25:5 | « Des légendes des anciens, mises par écrit et dictées » |
| S.25:6 | La réponse — Ce qui connaît le secret des cieux et de la terre |
| S.25:7 | « Pourquoi ce rasūl mange-t-il, marche-t-il dans les marchés ? » |
| S.25:8 | « Pourquoi nul trésor, nul jardin ? » — « Un homme ensorcelé » |
| S.25:9 | Leurs comparaisons égarées, sans issue |
| S.25:10 | Tabāraka — un bien plus grand, s’Il le voulait |
| S.25:11 | Le démenti de la Sāʿa — le Saʿīr préparé |
| S.25:12 | Le Saʿīr les voit de loin — fureur et halètement |
| S.25:13–14 | Jetés, enchaînés — l’appel impuissant à la ruine |
| S.25:15–16 | La Janna du khuld, en comparaison — une promesse réclamée |
| S.25:17 | Le Jour du rassemblement — Allaah interroge ce qui fut adoré |
| S.25:18 | Subḥānaka — le désaveu de ce qui fut adoré |
| S.25:19 | « Vous ne pouvez plus ni détourner ni vous secourir » |
| S.25:20 | Tous les mursalūn mangeaient et marchaient dans les marchés — la fitna réciproque |
Tabāraka, le Furqān, Ce à qui appartient seul le mulk · S25:1–3
S.25:1 · Tabāraka — le Furqān descendu sur le ʿabd, pour les mondes
- tabāraka
- racine *b-r-k*, Forme VI — précédent exact et extensivement établi → voir l'étude dédiée [Baraka et tabarruk](/etudes/baraka-tabarruk/), qui cite nommément ce verset. Ibn Manẓūr : *tabāraka llāhu* — Ses bienfaits se sont multipliés et ont crû en excédant. Cette forme réflexive est réservée, dans la langue classique, à Allaah seul comme source de la *baraka*, jamais comme récepteur — distincte de *mubārak* (participe passif, un récepteur qui la reçoit d'un autre) et de *bāraka* (Forme III, l'acte de la placer sur autre chose). Conservé en translittération, jamais rendu par « Béni soit », qui en ferait un souhait adressé à Allaah plutôt que l'affirmation de ce qu'Il est par Lui-même.
- alladhī (« Ce qui »)
- conformément à la méthode retenue, la construction relative qui attribue une action à Allaah (« Celui qui X ») est rendue par « Ce qui », le neutre absolu s'exprimant en français par « ce qui »/« ce que » plutôt que par le pronom masculin « celui qui », qui désigne ordinairement une personne. Le pronom ordinaire « Il » reste employé normalement pour les verbes dont Allaah est sujet — seule la construction épithète est ici visée. Première occurrence de cette application dans ce Bloc ; reviendra à plusieurs reprises (S25:2, S25:6, S25:10, ce Bloc).
- al-Furqān
- racine *f-r-q* : ce qui sépare, ce qui distingue — le critère de discernement entre le vrai et le faux. Précédent exact déjà établi (S2:53 : *al-kitāb wa-l-furqān* donnés à Mūsā ; S3:4 : *al-furqān* descendu avec le Livre confirmateur ; S8:29). Conservé en translittération. **Dit** : ce même nom donne son titre à cette sourate. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas si *al-Furqān* désigne ici l'ensemble du Qurʾān, une partie de celui-ci, ou le critère de discernement qu'il fournit — les trois lectures sont attestées chez les lexicographes classiques sans que ce verset ne tranche entre elles.
- ʿabdihi
- racine *ʿ-b-d* (le service, l'adoration), très largement établie. **Non-dit** : ce seul verset ne nomme pas ce *ʿabd* ; son identification au *nabī* Muḥammad repose sur la cohérence d'ensemble du Coran (le *Furqān*/Qurʾān descendu sur lui), non sur une affirmation explicite de ce verset.
- nadhīran li-l-ʿālamīn
- couple déjà établi (*nadhīr*, *passim* ; *al-ʿālamīn*, S1:2 et *passim*). **Dit** : la finalité assignée au *Furqān* est circonscrite à l'avertissement (*indhār*) adressé à l'ensemble des mondes — aucune autre fonction n'est nommée par ce seul verset.
S.25:2 · Le mulk des cieux et de la terre — nul walad, nul sharīk — toute chose mesurée
- lam yattakhidh waladan … sharīkun fi l-mulki
- couple déjà établi, extensivement (rejet du *walad* : S4:171, S6:101, S17:111, S19:35, S21:26 ; rejet du *sharīk* dans le *mulk* : S17:111, dans une construction presque identique — « *wa-lam yakun lahu sharīkun fi l-mulk* »). **Cohérence intra-coranique** : cette clôture de sourate déjà rencontrée (S17:111) ouvre ici une sourate nouvelle par la même double négation.
- khalaqa kulla shayʾin fa-qaddarahu taqdīran
- racine *q-d-r* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : établir la mesure exacte, la juste proportion d'une chose, en fixer la portée précise. **Point de méthode, par distinction de registre** : il a déjà été signalé, à plusieurs reprises (S8:17/23/24/53), la prudence requise sur l'articulation entre cette même racine et la responsabilité de l'acte humain (le *qadar* au sens de la destinée voulue). **Ici, l'emploi est distinct** : le verset affirme qu'au moment même de la création, chaque chose créée a reçu sa nature, sa mesure et sa portée propres (une étoile, un grain, un corps vivant) — non un décret portant sur les actes libres d'un agent moral. Ce Bloc ne fusionne pas les deux emplois de la même racine, et ne rouvre donc, sur ce verset précis, aucun des points d'accord déjà en attente sur le *qadar* de l'acte humain.
S.25:3 · Des ālihah qui ne créent rien, et qui sont créées
- lā yakhluqūna shayʾan wa-hum yukhlaqūn
- précédent exact déjà établi (S7:191–192 : « *a-yushrikūna mā lā yakhluqu shayʾan wa-hum yukhlaqūn* » ; S16:20–21, construction identique). **Dit** : même opposition rhétorique — la racine *kh-l-q* portant les deux pôles de l'argument, créer et être créé.
- lā yamlikūna li-anfusihim ḍarran wa-lā nafʿan
- précédent exact déjà établi (S5:76 : « *mā lā yamliku lakum ḍarran wa-lā nafʿan* » ; S13:16 : « *lā yamlikūna li-anfusihim nafʿan wa-lā ḍarran* »). **Cohérence intra-coranique** : même critère d'impuissance déjà posé à plusieurs reprises pour ce qui est adoré en dehors d'Allaah.
- nushūr
- racine *n-sh-r* — al-Khalīl (*Kitāb al-ʿAyn*) et Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : déployer, étendre ce qui était plié ou serré (d'où *nashara th-thawba*, déployer un vêtement). Appliqué à la résurrection, le terme porte l'image d'un déploiement hors d'un état de repliement — la vie reprenant son étendue après la mort. Première occurrence développée de cette racine. **Dit** : le texte nie ici toute maîtrise, par ce qui est adoré hors d'Allaah, sur les trois bornes majeures de l'existence — la mort, la vie, et le retour à la vie.
L’accusation d’ifk et de légendes anciennes — la réponse · S25:4–6
S.25:4 · L’accusation d’ifk inventé
- ifkun iftarāhu
- racine *a-f-k*, précédent exact déjà établi (S24:11, Bloc II de la Sourate 24 — voir la note qui y est posée) : Al-Khalīl et Ibn Fāris convergent sur le sens d'*inqilāb*, retourner, inverser le vrai en faux — un mensonge de la plus haute gravité par construction même du mot, distinct d'un simple *kadhib*. *Iftarāhu* (racine *f-r-y*, forme VIII) : forger, inventer de toutes pièces — précédent déjà établi (*shirk* qualifié d'*iftirāʾ*, S4:48 et l'étude dédiée [Le shirk dans le Coran](/etudes/shirk/)). **Dit** : l'accusation porte ici, non sur le *Furqān* en général, mais sur son origine — un mensonge que le *nabī* aurait lui-même fabriqué avec l'aide d'autres personnes, non nommées par ce seul verset.
- ẓulman wa-zūrā
- *ẓulm*, très largement établi. *Zūr*, racine *z-w-r* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : dévier d'un chemin droit, d'où le témoignage ou la parole qui s'écarte délibérément du vrai — un faux témoignage, une fausse attestation. Première occurrence développée de cette racine. **Dit** : le texte retourne l'accusation même qu'ils portent (celle d'un *ifk* fabriqué) en qualifiant leur propre démarche de *ẓulm* et de *zūr*.
S.25:5 · « Des légendes des anciens, mises par écrit et dictées »
- asāṭīru l-awwalīn
- précédent exact déjà établi (S6:25, S16:24 ; étude dédiée [Ummī — l'illettré](/etudes/ummi-illettre/)) : récits merveilleux attribués aux générations anciennes, par contraste avec un texte véridique. Même formule reprise à l'identique.
- iktatabahā … tumlā
- racine *k-t-b*, forme VIII : se faire mettre par écrit — première occurrence développée de cette forme précise. *Tumlā*, racine *m-l-w/m-l-y* : dicter à voix haute pour qu'un autre écrive — première occurrence. **Dit** : l'accusation précise ici un mécanisme concret (un écrit commandé, puis dicté de façon répétée) — **non-dit** : ce seul verset ne nomme ni le scribe, ni la source prétendue de la dictée.
S.25:6 · La réponse — Ce qui connaît le secret des cieux et de la terre
- yaʿlamu s-sirra fi s-samāwāti wa-l-arḍi
- précédent déjà établi (S6:3 : « *yaʿlamu sirrakum wa-jahrakum* » ; S20:7 : « *yaʿlamu s-sirra wa-akhfā* »). **Dit** : la réponse à l'accusation d'une dictée humaine secrète (S25:5, ce Bloc) oppose précisément une connaissance du secret qui dépasse toute dissimulation humaine — un contraste voulu entre le secret que les *kāfirūn* imaginent caché (une source humaine) et le secret que Ce qui a fait descendre le *Furqān* connaît réellement.
- ghafūran raḥīman
- couple déjà extensivement établi, conservé en translittération — ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah.
Les reproches contre le rasūl, la promesse d’un bien plus grand, et le Saʿīr · S25:7–14
S.25:7 · « Pourquoi ce rasūl mange-t-il, marche-t-il dans les marchés ? »
- lawlā unzila ilayhi malakun
- précédent déjà établi (S6:8–9 ; S11:12, qui ajoute l'hypothèse d'un trésor — « *lawlā unzila ʿalayhi kanzun aw jāʾa maʿahu malakun* », reprise presque à l'identique au verset suivant de ce Bloc). *Malak*, rattaché par les lexicographes classiques à la racine *l-ʾ-k* (porter un message), non à *m-l-k* (la royauté) — déjà distingué.
- yaʾkulu ṭ-ṭaʿāma wa-yamshī fi l-aswāq
- première occurrence de cette formule précise — elle reviendra à l'identique, au pluriel et appliquée à l'ensemble des *mursalūn*, à la clôture de ce Bloc (S25:20). **Dit** : le reproche porte sur la condition humaine ordinaire du *rasūl* — manger, se déplacer dans les lieux de commerce — jugée incompatible, par ses interlocuteurs, avec la fonction qu'il revendique.
S.25:8 · « Pourquoi nul trésor, nul jardin ? » — « Un homme ensorcelé »
- kanzun … jannatun
- *kanz*, précédent déjà établi (S11:12 — voir note ci-dessus). *Janna*, ici au sens ordinaire d'un jardin cultivé, par contraste avec la *Jannat al-khuld* qui viendra plus loin dans ce même Bloc (S25:15–16).
- rajulan masḥūrā
- racine *s-ḥ-r*, précédent exact déjà établi (S17:47 : « *in tattabiʿūna illā rajulan masḥūrā* », formule identique au mot près ; S17:101). **Dit** : c'est là une accusation rapportée telle quelle, prononcée par les *ẓālimūn* eux-mêmes, non une affirmation que le texte validerait.
S.25:9 · Leurs comparaisons égarées, sans issue
- ḍarabū laka l-amthāla … fa-lā yastaṭīʿūna sabīlā
- précédent exact, mot pour mot, déjà établi (S17:48). Reprise à l'identique pour qualifier l'ensemble des reproches énumérés aux deux versets précédents (S25:7–8, ce Bloc).
S.25:10 · Tabāraka — un bien plus grand, s’Il le voulait
- tabāraka (seconde occurrence du Bloc)
- même forme et même traitement qu'en S25:1, ce Bloc — voir la note qui y est posée. **Dit** : le texte retourne ici l'exigence même des *kāfirūn* (un jardin dont manger, S25:8) en une promesse hypothétique bien plus vaste, si Allaah le voulait, pour le *nabī* lui-même.
- quṣūrā
- racine *q-ṣ-r* : la demeure fortifiée, l'édifice élevé et clos. Première occurrence développée de cette racine.
S.25:11 · Le démenti de la Sāʿa — le Saʿīr préparé
- as-Sāʿa
- largement établi → voir l'étude dédiée [L'Heure et ses signes](/etudes/heure-signes/). **Point de structure** : ce verset fait basculer le Bloc des reproches sur la personne du *rasūl* (S25:7–9) vers leur cause plus profonde — le démenti de la *Sāʿa* elle-même, développé dans les versets qui suivent.
- saʿīran
- racine *s-ʿ-r* : attiser, exciter une flamme jusqu'à l'embrasement. Conservé en translittération, conformément au précédent déjà établi (S4:10) pour ce nom du Feu, distinct de *Jahannam* et de *an-nār* employés plus génériquement ailleurs.
S.25:12 · Le Saʿīr les voit de loin — fureur et halètement
- raʾathum … samiʿū lahā
- **Dit** : le texte attribue grammaticalement au *Saʿīr* la capacité de voir et de se faire entendre — une image d'intensification de la terreur, non une affirmation développée sur la nature métaphysique exacte du Feu au-delà de cette image. Première occurrence d'une telle personnification du Feu.
- taghayyuẓan wa-zafīrā
- *taghayyuẓ*, racine *gh-y-ẓ* : la fureur contenue qui cherche à se décharger — première occurrence développée. *Zafīr*, racine *z-f-r* : le souffle rauque et profond, le halètement — première occurrence développée. Les deux termes composent, selon les lexicographes classiques, l'image sonore d'une respiration haletante de rage.
S.25:13–14 · Jetés, enchaînés — l’appel impuissant à la ruine
- muqarranīna
- racine *q-r-n* : lier, attacher solidement deux choses ensemble — d'où *qarīn* (le compagnon indissociable). Première occurrence développée de cette racine. **Dit** : le texte décrit un enchaînement mutuel, non la seule entrave d'un individu isolé.
- thubūran
- racine *th-b-r* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : périr totalement, être anéanti sans retour. Première occurrence développée de cette racine, répétée trois fois dans ces deux versets. **Dit** : la réponse de S25:14 est une réplique de dérision — leur sort dépasse ce qu'une invocation unique de la ruine pourrait même nommer ; ce Bloc ne lit pas cette réplique comme une invitation réelle à invoquer plusieurs ruines, mais comme une figure d'intensification rhétorique de la détresse qui les attend.
La Janna du khuld, en comparaison · S25:15–16
S.25:15–16 · La Janna du khuld — une promesse réclamée
- jannatu l-khuldi
- racine *kh-l-d*, précédent déjà établi (S21:34–35 : *al-khuld*, l'immortalité qu'aucun être humain n'a reçue avant le *nabī*). Ici, le même terme qualifie la *Janna* elle-même — par contraste volontaire du Bloc entre ce *khuld* promis et la condition mortelle commune à tous les *mursalūn*, affirmée à la clôture (S25:20, ce Bloc).
- waʿdan masʾūlā
- racine *s-ʾ-l* (demander, réclamer), à la forme passive. **Crux lexical, deux lectures classiques, sans trancher.** Les lexicographes classiques rapportent deux lectures de cette forme passive : **première lecture**, la promesse elle-même est ce qui sera réclamé — les croyants pourront en demander l'accomplissement, comme un droit acquis par la promesse d'Allaah ; **seconde lecture**, c'est Allaah Lui-même qui S'en tient comptable, une promesse dont Il répondra, sans qu'aucune créature n'ait à la Lui réclamer. Ce Bloc nomme les deux lectures sans en écarter aucune, le texte seul ne permettant pas de trancher entre elles.
Le Jour du rassemblement — le désaveu de ce qui fut adoré · S25:17–19
S.25:17 · Le Jour du rassemblement — Allaah interroge ce qui fut adoré
- yawma yaḥshuruhum … fa-yaqūlu
- précédent déjà établi pour la structure de ce dialogue eschatologique (S6:22–23 : « *wa-yawma naḥshuruhum jamīʿan thumma naqūlu li-lladhīna ashrakū ayna shurakāʾukum* » ; S10:28–29). **Non-dit** : l'emploi du neutre *mā yaʿbudūn* (« ce qu'ils adorent »), plutôt qu'un pluriel personnel, ne précise pas si ce qui est interrogé recouvre des êtres doués de parole (anges, ʿĪsā) ou des idoles inertes — ce seul verset laisse la question ouverte, le dialogue qui suit (S25:18, ce Bloc) étant mis dans la bouche de ce qui est capable de répondre.
S.25:18 · Subḥānaka — le désaveu de ce qui fut adoré
- subḥānaka
- racine *s-b-ḥ*, précédent établi (S24:16 — voir la note qui y est posée) : ce que l'on peut dire d'Allaah — entièrement dégagé de toute limitation, de toute imperfection. **Dit** : cette formule est ici mise dans la bouche de ce qui fut adoré, comme premier mot de son désaveu total.
- mā kāna yanbaghī lanā
- racine *b-gh-y* (au sens de convenir, être approprié — distincte du sens de *baghy*, l'excès injuste, déjà établi ailleurs). Première occurrence développée de ce sens précis. **Dit** : le désaveu porte sur l'impropriété même de la relation — jamais il n'aurait convenu que ce qui est adoré prenne, lui-même, d'autres *walī* en dehors d'Allaah.
- mattaʿtahum … ḥattā nasū dh-dhikra
- **Dit** : le texte attribue ici explicitement à Allaah l'octroi d'une jouissance matérielle qui a conduit, par un enchaînement causal nommé (*ḥattā*, « jusqu'à ce que »), à l'oubli du Dhikr. **Point de distinction, par souci de transparence** : cette construction est à distinguer de la figure en miroir déjà établie pour *nasū llāha fa-nasiyahum* (S9:67), où un oubli humain reçoit une rétribution qui reproduit ce même oubli ; ici, c'est une faveur accordée en amont qui est nommée comme cause de l'oubli — non une rétribution qui y répond en écho après coup. Ce Bloc ne confond pas les deux mécanismes.
- qawman būrā
- racine *b-w-r* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) et Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : *bāra, yabūru, būran* — périr, devenir sans valeur, invendable (on dit d'une marchandise qui ne trouve plus preneur qu'elle est *kāsida bāʾira*). Appliqué à un peuple, le terme désigne une ruine complète, un anéantissement de toute valeur. Première occurrence développée de cette racine.
S.25:19 · « Vous ne pouvez plus ni détourner ni vous secourir »
- mā tastaṭīʿūna ṣarfan wa-lā naṣran
- *ṣarf*, racine *ṣ-r-f* : détourner, faire dévier une chose de son cours. Première occurrence développée de cette racine. **Dit** : le verset s'adresse directement, par le changement de destinataire (« vous »), à ceux qui adoraient — non plus à ce qui était adoré, qui vient de parler au verset précédent — pour leur signifier l'absence de tout recours désormais.
Tous les mursalūn mangeaient et marchaient dans les marchés — la fitna réciproque · S25:20
S.25:20 · La condition commune de tous les envoyés — la fitna réciproque — Baṣīr
- mina l-mursalīna … yaʾkulūna … yamshūna fi l-aswāq
- même formule que S25:7, ce Bloc — voir la note qui y est posée — désormais généralisée, au pluriel, à l'ensemble des *mursalūn* qui ont précédé le *nabī* Muḥammad. **Dit** : le texte répond ainsi, par un principe général, au reproche particulier adressé en S25:7 : aucun exception n'a jamais existé pour aucun envoyé.
- jaʿalnā baʿḍakum li-baʿḍin fitnatan
- racine *f-t-n*, précédent déjà établi (S6:53 : « *wa-kadhālika fatannā baʿḍahum bi-baʿḍin* », l'épreuve réciproque entre humains ; S10:85–86, S21:35, pour l'épreuve en général). **Dit** : le texte pose la coexistence humaine elle-même — les forts et les faibles, les suiveurs et les suivis, les croyants et les dénégateurs les uns parmi les autres — comme une épreuve mutuelle délibérément voulue, close par une question directe (« endurerez-vous ? ») sans réponse donnée dans ce seul verset.
- baṣīran
- largement établi — ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah, conservé en translittération.