Structure du Bloc II — S25:21–44. Huit ensembles. D’abord l’exigence de ceux qui ne comptent pas sur la Rencontre d’Allaah — faire descendre les malāʾika, ou voir leur Rabb — qualifiée par le texte lui-même d’orgueil et de transgression immense, et le Jour où ils verront les malāʾika sans nulle bonne annonce, leurs œuvres réduites en poussière éparpillée (S25:21–23). Puis le sort opposé des compagnons de la Janna, la scène du ciel fendu par les nuées et des malāʾika descendus, et le mulk véritable qui, ce Jour-là, revient à ar-Raḥmān seul (S25:24–26). Puis le ẓālim qui se mord les mains, regrettant d’avoir pris tel homme pour khalīl et d’avoir été détourné du Dhikr, et la plainte du rasūl auprès de son Rabb : son peuple a délaissé ce Qurʾān (S25:27–30). Puis le principe d’un ennemi assigné à chaque nabī parmi les mujrimūn, l’objection portée contre la descente progressive du Qurʾān et sa réponse — affermir le cœur, réciter avec mesure, répondre à chaque comparaison par la meilleure explication (S25:31–33). Puis ceux qui seront traînés sur leurs visages vers Jahannam (S25:34). Puis le rappel de Mūsā et Hārūn envoyés, du peuple de Nūḥ englouti, et de ʿĀd, Thamūd, les Compagnons d’ar-Rass et de nombreuses générations anéanties, chacune ayant reçu ses propres comparaisons avant d’être brisée (S25:35–39). Puis la cité frappée d’une pluie de malheur, que ces gens ont pourtant traversée sans y voir de leçon (S25:40). Enfin la moquerie renouvelée envers le rasūl, l’image de qui prend son propre hawā pour ilāh, et la comparaison de la majorité des gens avec le bétail — moins guidés encore (S25:41–44).

Sommaire du bloc

Réf. Titre thématique
S.25:21 « Que ne nous fait-on pas descendre les malāʾika, ou que ne voyons-nous pas notre Rabb ? » — orgueil, transgression immense
S.25:22 Le Jour où ils verront les malāʾika — nulle bushrā — « Ḥijran maḥjūrā ! »
S.25:23 Leurs œuvres réduites en poussière éparpillée
S.25:24 Les compagnons de la Janna — meilleur lieu d’établissement, meilleur repos
S.25:25 Le ciel fendu par les nuées, les malāʾika descendus
S.25:26 Le mulk véritable, ce Jour-là, pour ar-Raḥmān seul — un Jour difficile pour les kāfirūn
S.25:27 Le ẓālim se mord les mains — « Que n’ai-je pris un chemin avec le rasūl ! »
S.25:28 « Que n’ai-je pas pris un tel pour khalīl ! »
S.25:29 « Il m’a égaré du Dhikr » — le shayṭān, khadhūl envers l’être humain
S.25:30 La plainte du rasūl — « mon peuple a pris ce Qurʾān en délaissement »
S.25:31 Un ennemi pour chaque nabī, parmi les mujrimūn — ton Rabb suffit comme guide et secours
S.25:32 « Pourquoi pas en une seule fois ? » — affermir le cœur, réciter avec mesure
S.25:33 Nulle comparaison sans une réponse plus juste et mieux expliquée
S.25:34 Traînés sur leurs visages vers Jahannam
S.25:35 Mūsā, le Kitāb, Hārūn établi comme wazīr
S.25:36 Envoyés vers le peuple qui démentait — leur anéantissement
S.25:37 Le peuple de Nūḥ englouti — un signe, un châtiment douloureux
S.25:38 ʿĀd, Thamūd, les Compagnons d’ar-Rass, et bien des générations entre eux
S.25:39 Une comparaison pour chacun — et chacun brisé entièrement
S.25:40 La cité de la pluie de malheur — traversée sans leçon tirée
S.25:41 « Est-ce donc celui-là qu’Allaah a envoyé comme rasūl ? »
S.25:42 « Il a failli nous égarer de nos divinités » — qui est le plus égaré ?
S.25:43 Celui qui prend son propre hawā pour ilāh
S.25:44 Comme le bétail — non, plus égarés encore

L’exigence de voir Allaah, le Jour sans bonne annonce, les œuvres dispersées · S25:21–23

S.25:21 · « Que ne nous fait-on pas descendre les malāʾika, ou que ne voyons-nous pas notre Rabb ? »

Point de méthode — l’extension du point déjà en attente sur la demande de voir Allaah (S7:143). Ce verset rapporte une demande de même nature que celle déjà rencontrée en S7:143 (Mūsā demandant à voir son Rabb, point d’accord explicite toujours en attente) : aw narā rabbanā, « ou que ne voyons-nous pas notre Rabb ». Ce Bloc signale cependant une différence que le texte lui-même pose : là où S7:143 rapportait une demande de Mūsā sans qu’aucun jugement moral n’y soit attaché par le texte, ce verset-ci qualifie explicitement la même demande, formulée ici par des kāfirūn, d’orgueil (istakbarū fī anfusihim) et de transgression immense (ʿutuwwan kabīrā). Ce Bloc ne tranche donc rien de nouveau sur la question de fond (la possibilité ou non, en elle-même, d’une vision d’Allaah) — qui reste le point en attente depuis S7:143 — mais relève que le verdict porté ici par le texte vise la posture de la demande (son mobile, son insistance provocatrice), non nécessairement son objet.

S.25:21
۞ وَقَالَ الَّذِينَ لَا يَرْجُونَ لِقَاءَنَا لَوْلَا أُنْزِلَ عَلَيْنَا الْمَلَائِكَةُ أَوْ نَرَىٰ رَبَّنَا ۗ لَقَدِ اسْتَكْبَرُوا فِي أَنْفُسِهِمْ وَعَتَوْا عُتُوًّا كَبِيرًا
Wa-qāla lladhīna lā yarjūna liqāʾanā lawlā unzila ʿalaynā l-malāʾikatu aw narā rabbanā laqadi stakbarū fī anfusihim wa-ʿataw ʿutuwwan kabīrā Et ceux qui ne comptent pas sur Notre Rencontre (liqāʾanā) ont dit : « Que ne fait-on pas descendre sur nous les malāʾika, ou que ne voyons-nous pas notre Rabb ? » Ils se sont certes enorgueillis (istakbarū) en eux-mêmes, et ils ont transgressé d’une transgression immense (ʿutuwwan kabīrā).
Notes lexicales
lā yarjūna liqāʾanā
précédent exact, mot pour mot, déjà établi (S10:7 : « *inna lladhīna lā yarjūna liqāʾanā* », rendu « ceux qui ne comptent pas sur Notre Rencontre ») — reprise ici à l'identique.
istakbarū fī anfusihim
racine *k-b-r*, forme X, très largement établie (S2:34 et *passim* ; S7:75–76/90, S10:75) : s'enorgueillir, se grandir soi-même au-delà de sa mesure.
ʿataw ʿutuwwan kabīrā
racine *ʿ-t-w* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : dépasser la limite avec une dureté rebelle, un refus d'obéissance plus violent encore que le simple *kibr* (orgueil). Première occurrence développée de cette racine. **Dit** : le texte associe ici deux termes distincts — l'orgueil intérieur (*istakbarū*) et la transgression manifeste (*ʿutuww*) — pour qualifier cette même demande, sans que ce Bloc ne les confonde en un seul registre.

S.25:22 · Le Jour où ils verront les malāʾika — nulle bushrā — « Ḥijran maḥjūrā ! »

S.25:22
يَوْمَ يَرَوْنَ الْمَلَائِكَةَ لَا بُشْرَىٰ يَوْمَئِذٍ لِلْمُجْرِمِينَ وَيَقُولُونَ حِجْرًا مَحْجُورًا
Yawma yarawna l-malāʾikata lā bushrā yawmaʾidhin li-l-mujrimīna wa-yaqūlūna ḥijran maḥjūrā Le jour où ils verront les malāʾika, nulle bushrā (bonne annonce), ce jour-là, pour les mujrimūn — et ils diront : « Ḥijran maḥjūrā ! »
Notes lexicales
ḥijran maḥjūrā
racine *ḥ-j-r* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : *al-ḥijr*, ce qui est déclaré interdit, mis à part comme inviolable ; les lexicographes classiques rapportent cette formule exacte (*ḥijran maḥjūrā*, littéralement « un interdit interdit », redoublement d'intensité) comme une exclamation que les Arabes anciens prononçaient en demandant protection ou en déclarant une chose absolument proscrite face à un danger redouté — un cri d'auto-préservation. **Deux lectures grammaticales, non tranchées par ce seul verset.** (1) une exclamation adressée aux malāʾika eux-mêmes, par laquelle les *mujrimīn* chercheraient en vain à leur interdire l'approche, comme on invoquerait un interdit sacré pour se protéger ; (2) une exclamation réflexive de désespoir, sans destinataire précis, équivalente à « tout refuge est désormais interdit ». Ce Bloc nomme les deux lectures sans trancher — dans les deux cas, le texte retourne contre eux, au moment même où ils la prononcent, une formule qui, dans l'usage ordinaire de la langue, promettait une protection. Cette même formule reviendra à l'identique plus loin dans cette sourate, appliquée au *barzakh* entre les deux mers (S25:53, Bloc suivant).
al-mujrimīn
racine *j-r-m*, largement établie : ceux dont la faute est tranchée comme telle.

S.25:23 · Leurs œuvres réduites en poussière éparpillée

S.25:23
وَقَدِمْنَا إِلَىٰ مَا عَمِلُوا مِنْ عَمَلٍ فَجَعَلْنَاهُ هَبَاءً مَنْثُورًا
Wa-qadimnā ilā mā ʿamilū min ʿamalin fa-jaʿalnāhu habāʾan manthūrā Et Nous viendrons à toute œuvre qu’ils ont accomplie, et Nous en ferons une poussière éparpillée (habāʾan manthūrā).
Notes lexicales
habāʾan manthūrā
*habāʾ*, racine *h-b-w* — al-Khalīl (*Kitāb al-ʿAyn*) : les fines particules de poussière que l'on ne voit flotter que dans un rayon de lumière traversant une ouverture, autrement invisibles — une matière sans poids ni consistance propre. *Manthūr*, racine *n-th-r* : dispersé, éparpillé. Premières occurrences développées de ces deux racines. **Dit** : le texte ne nie pas que ces œuvres aient eu lieu matériellement (*ʿamilū*, « ils ont accompli ») — il nie toute valeur, tout poids qui leur serait reconnu ce Jour-là, l'image retenue étant celle d'une matière qui n'a jamais eu de consistance propre, non celle d'une chose solide ensuite brisée.

Les compagnons de la Janna, le ciel fendu, le mulk au Raḥmān · S25:24–26

S.25:24 · Les compagnons de la Janna — meilleur lieu d’établissement, meilleur repos

S.25:24
أَصْحَابُ الْجَنَّةِ يَوْمَئِذٍ خَيْرٌ مُسْتَقَرًّا وَأَحْسَنُ مَقِيلًا
Aṣḥābu l-jannati yawmaʾidhin khayrun mustaqarran wa-aḥsanu maqīlā Les compagnons de la Janna, ce jour-là, [auront] un meilleur lieu d’établissement (mustaqarr) et un meilleur lieu de repos (maqīl).
Notes lexicales
mustaqarran
racine *q-r-r*, précédent déjà établi (S6:98 : « *li-kulli nabaʾin mustaqarr* ») : le lieu ou le moment où une chose vient se poser durablement.
maqīlan
racine *q-y-l* : le lieu et le moment de la sieste, le repos pris à l'heure la plus chaude du jour. Première occurrence développée. **Dit** : le texte oppose ici, par la même construction temporelle (« ce jour-là »), le sort des compagnons de la Janna à celui des *mujrimīn* décrit aux trois versets précédents.

S.25:25 · Le ciel fendu par les nuées, les malāʾika descendus

S.25:25
وَيَوْمَ تَشَقَّقُ السَّمَاءُ بِالْغَمَامِ وَنُزِّلَ الْمَلَائِكَةُ تَنْزِيلًا
Wa-yawma tashaqqaqu s-samāʾu bi-l-ghamāmi wa-nuzzila l-malāʾikatu tanzīlā Et le jour où le ciel se fendra par les nuées (al-ghamām), et où les malāʾika seront descendus, en une descente [continue] (tanzīlan).
Notes lexicales
tashaqqaqu s-samāʾu bi-l-ghamām
racine *sh-q-q*, déjà rencontrée en son sens figuré (*shāqqū llāha*, S8:13 : se mettre en scission, en opposition) — ici en son sens le plus concret, la déchirure physique du ciel. **Cohérence intra-coranique** : cette même scène — nuées et malāʾika réunis au Jour du jugement — est déjà posée, dans d'autres termes, en S2:210 (déjà publiée : « *hal yanẓurūna illā an yaʾtiyahumu llāhu fī ẓulalin mina l-ghamāmi wa-l-malāʾikatu* », « sous un ombrage de nuées, et les malāʾika »). Ce Bloc relève ce rapprochement comme un écho thématique entre deux formulations distinctes, sans les fusionner en une seule description.
nuzzila l-malāʾikatu tanzīlā
forme intensive (*nuzzila*, renforcée par le nom d'action *tanzīlan*) : une descente répétée, continue — distincte de la simple forme *unzila* déjà rencontrée pour la révélation (S25:1, Bloc I). Première occurrence de cette forme appliquée aux malāʾika.

S.25:26 · Le mulk véritable, ce Jour-là, pour ar-Raḥmān seul

S.25:26
الْمُلْكُ يَوْمَئِذٍ الْحَقُّ لِلرَّحْمَٰنِ ۚ وَكَانَ يَوْمًا عَلَى الْكَافِرِينَ عَسِيرًا
Al-mulku yawmaʾidhin al-ḥaqqu li-r-raḥmāni wa-kāna yawman ʿalā l-kāfirīna ʿasīrā Le mulk (la royauté), ce jour-là — le véritable (al-ḥaqq) — [appartiendra] à ar-Raḥmān — et ce sera, pour les kāfirūn, un jour difficile (ʿasīr).
Notes lexicales
al-mulku yawmaʾidhin al-ḥaqqu
*mulk*, précédent extensivement établi, notamment dans ce Bloc même (S25:2, Bloc I). **Dit** : le texte qualifie ici ce *mulk* de *ḥaqq* (véritable, établi dans le vrai) à cette occasion précise — par contraste implicite avec toute prétention de royauté ou de pouvoir terrestre qui se serait affirmée avant ce Jour.
ʿasīrā
racine *ʿ-s-r* : difficile, pénible, resserré. Première occurrence développée.

Le ẓālim qui mord ses mains, le khalīl funeste, le Qurʾān délaissé · S25:27–30

S.25:27 · Le ẓālim se mord les mains — « Que n’ai-je pris un chemin avec le rasūl ! »

S.25:27
وَيَوْمَ يَعَضُّ الظَّالِمُ عَلَىٰ يَدَيْهِ يَقُولُ يَا لَيْتَنِي اتَّخَذْتُ مَعَ الرَّسُولِ سَبِيلًا
Wa-yawma yaʿaḍḍu ẓ-ẓālimu ʿalā yadayhi yaqūlu yā laytanī ttakhadhtu maʿa r-rasūli sabīlā Et le jour où le ẓālim se mordra les mains (yaʿaḍḍu ʿalā yadayhi), disant : « Que n’ai-je pris, avec le rasūl, un chemin ! »
Notes lexicales
yaʿaḍḍu ʿalā yadayhi
racine *ʿ-ḍ-ḍ* : mordre. Première occurrence développée. **Dit** : le texte décrit ici un geste humain de remords et de dépit extrême — le *ẓālim* n'est pas nommé, un homme générique non identifié par ce seul verset — ce Bloc n'importe aucune identification traditionnelle à cet endroit.

S.25:28 · « Que n’ai-je pas pris un tel pour khalīl ! »

S.25:28
يَا وَيْلَتَىٰ لَيْتَنِي لَمْ أَتَّخِذْ فُلَانًا خَلِيلًا
Yā waylatā laytanī lam attakhidh fulānan khalīlā « Ô mon malheur (yā waylatā) ! Que n’ai-je pas pris un tel (fulānan) pour khalīl ! »
Notes lexicales
yā waylatā
racine *w-y-l*, précédent établi dès l'ouverture (*wayl*, S2:79 et *passim*) : l'exclamation du malheur et de la ruine, ici tournée à la première personne comme cri de détresse.
fulānan
terme générique indéfini (« un tel »), non un nom propre. **Dit** : le texte refuse ici délibérément de nommer qui que ce soit — la portée du verset reste universelle, applicable à quiconque se trouverait dans ce cas, sans qu'aucune identité historique ne soit visée nommément.
khalīlan
racine *kh-l-l* : celui qui pénètre l'intimité d'un autre, un lien d'attachement qui traverse l'être. Précédent déjà établi : Allaah prenant Ibrāhīm comme *khalīl* (S4:125, déjà publiée) ; emploi humain, hypothétique et inversé, déjà rencontré en S17:73. **Point de cohérence** : cet emploi-ci est, comme en S17:73, entièrement humain — un compagnon d'égarement pris pour allié intime, non une relation d'un autre ordre.

S.25:29 · « Il m’a égaré du Dhikr » — le shayṭān, khadhūl envers l’être humain

S.25:29
لَقَدْ أَضَلَّنِي عَنِ الذِّكْرِ بَعْدَ إِذْ جَاءَنِي ۗ وَكَانَ الشَّيْطَانُ لِلْإِنْسَانِ خَذُولًا
Laqad aḍallanī ʿani dh-dhikri baʿda idh jāʾanī wa-kāna sh-shayṭānu li-l-insāni khadhūlā « Il m’a certes égaré du Dhikr après qu’il me fut venu ! » — et le shayṭān est, envers l’être humain, khadhūl (celui qui abandonne sans secours).
Notes lexicales
khadhūlan
racine *kh-dh-l* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : délaisser, abandonner quelqu'un précisément au moment où un soutien était attendu — une trahison par désertion, non par hostilité ouverte. Première occurrence développée. **Dit** : le texte pose ce trait comme un caractère constant (*kāna*, à portée durable) du shayṭān envers l'espèce humaine en général, non limité au seul cas rapporté par ce verset.

S.25:30 · La plainte du rasūl — « mon peuple a pris ce Qurʾān en délaissement »

S.25:30
وَقَالَ الرَّسُولُ يَا رَبِّ إِنَّ قَوْمِي اتَّخَذُوا هَٰذَا الْقُرْآنَ مَهْجُورًا
Wa-qāla r-rasūlu yā rabbi inna qawmī ttakhadhū hādhā l-qurʾāna mahjūrā Et le rasūl a dit : « Ô mon Rabb, mon peuple a pris ce Qurʾān en délaissement (mahjūrā). »
Notes lexicales
mahjūrā
racine *h-j-r* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : délaisser, s'écarter du commerce de quelque chose, cesser de le fréquenter. **Point de méthode, par distinction nécessaire** : cette racine est la même que celle de la *hijra* (le déplacement volontaire pour la cause d'Allaah, déjà établie, S8:72/74) — mais l'emploi est ici entièrement différent : aucun déplacement physique n'est en jeu, seulement un abandon, une mise à l'écart volontaire du Qurʾān lui-même par ceux qui l'entendent. **Non-dit** : la nature exacte de ce délaissement (refus d'écoute, moquerie, indifférence) n'est pas précisée par ce seul verset.

Un ennemi pour chaque nabī, la révélation affermie, le meilleur tafsīr · S25:31–33

S.25:31 · Un ennemi pour chaque nabī, parmi les mujrimūn

S.25:31
وَكَذَٰلِكَ جَعَلْنَا لِكُلِّ نَبِيٍّ عَدُوًّا مِنَ الْمُجْرِمِينَ ۗ وَكَفَىٰ بِرَبِّكَ هَادِيًا وَنَصِيرًا
Wa-kadhālika jaʿalnā li-kulli nabiyyin ʿaduwwan mina l-mujrimīna wa-kafā bi-rabbika hādiyan wa-naṣīrā Et c’est ainsi que Nous avons établi, pour chaque nabī, un ennemi (ʿaduww) parmi les mujrimūn — et ton Rabb suffit comme guide (hādī) et comme secours (naṣīr).
Notes lexicales
kadhālika jaʿalnā li-kulli nabiyyin ʿaduwwan
précédent presque exact déjà établi (S6:112 : « *wa-kadhālika jaʿalnā li-kulli nabiyyin ʿaduwwan shayāṭīna l-insi wa-l-jinni* », « un ennemi — les shayāṭīn de l'espèce humaine et des jinn »). **Dit — une variation à nommer** : là où S6:112 spécifiait cet ennemi comme les *shayāṭīn* de l'*ins* et du *jinn*, ce verset le spécifie comme issu des *mujrimīn* — même principe général (aucune exception pour aucun nabī), spécification différente de la source de l'hostilité, sans contradiction entre les deux versets.
kafā bi-rabbika hādiyan wa-naṣīrā
construction *kafā bi-* précédent exact déjà établi (S4:45, déjà publiée : « *wa-kafā bi-llāhi waliyyan wa-kafā bi-llāhi naṣīrā* », « Allaah suffit comme walī, et Allaah suffit comme naṣīr ») — le second terme (*naṣīr*) est repris ici à l'identique ; le premier (*hādī*, guide) remplace *walī* (protecteur), sans qu'aucun écart de sens notable ne soit à signaler entre les deux occurrences de cette construction.

S.25:32 · « Pourquoi pas en une seule fois ? » — affermir le cœur, réciter avec mesure

S.25:32
وَقَالَ الَّذِينَ كَفَرُوا لَوْلَا نُزِّلَ عَلَيْهِ الْقُرْآنُ جُمْلَةً وَاحِدَةً ۚ كَذَٰلِكَ لِنُثَبِّتَ بِهِ فُؤَادَكَ ۖ وَرَتَّلْنَاهُ تَرْتِيلًا
Wa-qāla lladhīna kafarū lawlā nuzzila ʿalayhi l-qurʾānu jumlatan wāḥidatan kadhālika li-nuthabbita bihi fuʾādaka wa-rattalnāhu tartīlā Et ceux qui sont kāfirūn ont dit : « Pourquoi ne lui a-t-on pas fait descendre le Qurʾān en une seule fois (jumlatan wāḥidatan) ? » C’est ainsi, afin d’affermir par lui ton cœur (li-nuthabbita bihi fuʾādaka) — et Nous l’avons récité avec mesure (rattalnāhu tartīlā).
Notes lexicales
jumlatan wāḥidatan
racine *j-m-l* : un ensemble pris en bloc, d'un seul tenant — par contraste avec la descente échelonnée et progressive effectivement reçue par le nabī. Première occurrence développée.
li-nuthabbita bihi fuʾādaka
précédent exact, mot pour mot, déjà établi (S11:120 : « *nuthabbitu bihi fuʾādaka* », à propos des récits des *rusul* qui affermissent le cœur du nabī) — même fonction assignée ici à la façon même dont le Qurʾān est descendu. *Fuʾād*, racine *f-ʾ-d* : le cœur, siège de la compréhension autant que de l'affect.
rattalnāhu tartīlā
racine *r-t-l* : disposer par unités bien ordonnées et séparées, réciter avec mesure, en détachant chaque partie plutôt qu'en la débitant d'un seul flot. Première occurrence développée. **Dit** : le texte oppose ainsi deux images — un bloc reçu d'un coup, une récitation posée et mesurée — sans que la seconde ne soit présentée comme inférieure à la première ; au contraire, c'est elle qui sert la fonction nommée au même verset.

S.25:33 · Nulle comparaison sans une réponse plus juste et mieux expliquée

S.25:33
وَلَا يَأْتُونَكَ بِمَثَلٍ إِلَّا جِئْنَاكَ بِالْحَقِّ وَأَحْسَنَ تَفْسِيرًا
Wa-lā yaʾtūnaka bi-mathalin illā jiʾnāka bi-l-ḥaqqi wa-aḥsana tafsīrā Et ils ne t’apportent aucune comparaison (mathal) sans que Nous t’apportions le ḥaqq, et une explication meilleure (aḥsana tafsīrā).
Notes lexicales
tafsīrā
racine *f-s-r* : dévoiler, rendre clair ce qui était couvert ou obscur — première occurrence développée de cette racine. **Dit** : le texte emploie ici ce terme en son sens le plus général (l'élucidation apportée en réponse à une objection précise), non comme désignation technique d'un genre littéraire.

Traînés sur leurs visages vers Jahannam · S25:34

S.25:34 · Traînés sur leurs visages vers Jahannam

S.25:34
الَّذِينَ يُحْشَرُونَ عَلَىٰ وُجُوهِهِمْ إِلَىٰ جَهَنَّمَ أُولَٰئِكَ شَرٌّ مَكَانًا وَأَضَلُّ سَبِيلًا
Alladhīna yuḥsharūna ʿalā wujūhihim ilā jahannama ulāʾika sharrun makānan wa-aḍallu sabīlā Ceux qui seront rassemblés sur leurs visages (ʿalā wujūhihim) vers Jahannam — ceux-là ont la pire position (sharrun makānan), et sont les plus égarés quant au chemin (aḍallu sabīlā).
Notes lexicales
yuḥsharūna ʿalā wujūhihim
**Dit** : le texte affirme un mode de rassemblement dégradant — traînés sur le visage plutôt que marchant debout — sans détailler davantage le mécanisme de cette scène. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas à quel moment précis de l'Ākhira cette image s'applique, ni si elle concerne l'ensemble du trajet ou seulement son terme.

Mūsā et Hārūn, Nūḥ, ʿĀd, Thamūd, les Compagnons d’ar-Rass · S25:35–39

S.25:35 · Mūsā, le Kitāb, Hārūn établi comme wazīr

S.25:35
وَلَقَدْ آتَيْنَا مُوسَى الْكِتَابَ وَجَعَلْنَا مَعَهُ أَخَاهُ هَارُونَ وَزِيرًا
Wa-la-qad ātaynā mūsā l-kitāba wa-jaʿalnā maʿahu akhāhu hārūna wazīrā Et Nous avons certes donné à Mūsā le Kitāb, et avons établi avec lui son frère Hārūn comme wazīr.
Notes lexicales
wazīrā
racine *w-z-r*, précédent déjà établi (S20:29–32 : la demande de Mūsā, « établis pour moi un wazīr issu des miens… Hārūn, mon frère ») — conservé en translittération, terme institutionnel sans équivalent français à un seul mot. Ce verset rapporte ici, à la forme accomplie, ce que S20:29–32 rapportait comme demande de Mūsā.

S.25:36 · Envoyés vers le peuple qui démentait — leur anéantissement

S.25:36
فَقُلْنَا اذْهَبَا إِلَى الْقَوْمِ الَّذِينَ كَذَّبُوا بِآيَاتِنَا فَدَمَّرْنَاهُمْ تَدْمِيرًا
Fa-qulnā dhhabā ila l-qawmi lladhīna kadhdhabū bi-āyātinā fa-dammarnāhum tadmīrā Et Nous avons dit : « Allez tous deux vers le peuple qui a démenti Nos āyāt » — et Nous les avons anéantis d’un entier anéantissement (dammarnāhum tadmīrā).
Notes lexicales
dammarnāhum tadmīrā
racine *d-m-r* : détruire de fond en comble, ruiner entièrement. Première occurrence développée de cette racine.

S.25:37 · Le peuple de Nūḥ englouti — un signe, un châtiment douloureux

S.25:37
وَقَوْمَ نُوحٍ لَمَّا كَذَّبُوا الرُّسُلَ أَغْرَقْنَاهُمْ وَجَعَلْنَاهُمْ لِلنَّاسِ آيَةً ۖ وَأَعْتَدْنَا لِلظَّالِمِينَ عَذَابًا أَلِيمًا
Wa-qawma nūḥin lammā kadhdhabū r-rusula aghraqnāhum wa-jaʿalnāhum li-n-nāsi āyatan wa-aʿtadnā li-ẓ-ẓālimīna ʿadhāban alīmā Et le peuple de Nūḥ — lorsqu’ils eurent démenti les rusul, Nous les avons engloutis (aghraqnāhum), et Nous avons fait d’eux un signe (āya) pour les gens — et Nous avons préparé, pour les ẓālimūn, un châtiment douloureux (ʿadhāban alīmā).
Notes lexicales
kadhdhabū r-rusula … aghraqnāhum … āyatan
même structure et mêmes racines que le récit de Nūḥ déjà établi (S7:59–64, S11:25–49). **Dit** : le texte qualifie ici le peuple de Nūḥ de dénégateur des *rusul* au pluriel, bien qu'un seul *rasūl* (Nūḥ) leur ait été envoyé — cohérence déjà rencontrée (démentir un seul *rasūl* équivaut à démentir l'ensemble du message prophétique), sans qu'il soit besoin de la retrancher ici.

S.25:38 · ʿĀd, Thamūd, les Compagnons d’ar-Rass, et bien des générations entre eux

S.25:38
وَعَادًا وَثَمُودَ وَأَصْحَابَ الرَّسِّ وَقُرُونًا بَيْنَ ذَٰلِكَ كَثِيرًا
Wa-ʿādan wa-thamūda wa-aṣḥāba r-rassi wa-qurūnan bayna dhālika kathīrā Et ʿĀd, et Thamūd, et les Compagnons d’ar-Rass (Aṣḥāb ar-Rass), et bien des générations (qurūn) entre tout cela.
Notes lexicales
qurūnan
pluriel de *qarn*, précédent extensivement établi (S6:6, déjà publiée ; S10:13–14, S17:17, S18:83, S23:31/42) : des générations successives liées par leur époque.
aṣḥāba r-rassi
racine *r-s-s* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : *ar-rass*, un puits ancien, ou ce qui est fermement enfoncé, implanté dans le sol. **Non-dit** : ni l'identité précise de ce peuple, ni la nature exacte de son châtiment, ni le lien de cette appellation avec un puits ou un autre référent ne sont donnés par ce seul verset ni par le reste du Coran de façon développée (une seule autre occurrence du même nom existe dans le Coran, hors du périmètre actuellement traduit) — ce Bloc se contient à nommer ce peuple sans importer d'identification extérieure au texte.

S.25:39 · Une comparaison pour chacun — et chacun brisé entièrement

S.25:39
وَكُلًّا ضَرَبْنَا لَهُ الْأَمْثَالَ ۖ وَكُلًّا تَبَّرْنَا تَتْبِيرًا
Wa-kullan ḍarabnā lahu l-amthāla wa-kullan tabbarnā tatbīrā Et pour chacun, Nous avons formulé des comparaisons (al-amthāl) — et chacun, Nous l’avons brisé d’un entier brisement (tabbarnā tatbīrā).
Notes lexicales
ḍarabnā lahu l-amthāla
précédent déjà établi, notamment dans ce Bloc même (S25:9, Bloc I) et S25:33 (ce Bloc) : formuler une comparaison, exposer un cas.
tabbarnā tatbīrā
racine *t-b-r* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : briser, mettre en pièces, anéantir d'une rupture complète. Première occurrence développée, **distincte de la racine b-w-r** déjà établie (S25:18, Bloc I : *qawman būrā*, périr, perdre toute valeur marchande) — deux images voisines mais non apparentées, l'une de la rupture, l'autre de la perte de valeur.

La cité de la pluie de malheur · S25:40

S.25:40 · La cité de la pluie de malheur — traversée sans leçon tirée

Point de transparence méthodologique, sans accord nouveau requis. Ce verset désigne « la cité qui fut arrosée d’une pluie de malheur » (al-qaryati llatī umṭirat maṭara s-sawʾ) sans la nommer. Par cohérence intra-coranique avec le récit du peuple de Lūṭ déjà traduit (S7:84 : amṭarnā ʿalayhim maṭaran, « Nous fîmes pleuvoir sur eux une pluie » ; S11:82–83 : la précision que cette pluie fut de pierres de sijjīl), ce Bloc comprend qu’il s’agit de la même cité — celle du peuple de Lūṭ, sur la route (« ils sont passés par elle ») des destinataires premiers de cet avertissement. Ce Bloc le signale comme une lecture de cohérence contextuelle, non comme une identification que ce seul verset donnerait nommément lui-même.

S.25:40
وَلَقَدْ أَتَوْا عَلَى الْقَرْيَةِ الَّتِي أُمْطِرَتْ مَطَرَ السَّوْءِ ۚ أَفَلَمْ يَكُونُوا يَرَوْنَهَا ۚ بَلْ كَانُوا لَا يَرْجُونَ نُشُورًا
Wa-la-qad ataw ʿala l-qaryati llatī umṭirat maṭara s-sawʾi a-fa-lam yakūnū yarawnahā bal kānū lā yarjūna nushūrā Et ils sont certes passés par la cité (al-qarya) qui fut arrosée d’une pluie de malheur (maṭara s-sawʾ) — ne la voyaient-ils donc pas ? Mais ils ne comptaient pas sur la nushūr (résurrection).
Notes lexicales
maṭara s-sawʾ
voir le callout ci-dessus. *Sawʾ*, racine *s-w-ʾ*, largement établie : le mal, le malheur — ici qualifiant la pluie elle-même, une pluie de malheur plutôt que de bienfait.
lā yarjūna nushūrā
*nushūr*, précédent déjà établi dans ce Bloc même (S25:3, Bloc I) : le déploiement hors d'un état de repliement, la résurrection. **Dit** : le texte rattache ici explicitement l'indifférence au signe pourtant visible (la cité détruite) à l'absence d'attente d'une résurrection — un refus de tirer la leçon, motivé par le déni de ce qui suit la mort.

La moquerie du rasūl, l’ilāh du hawā, pires que le bétail · S25:41–44

S.25:41 · « Est-ce donc celui-là qu’Allaah a envoyé comme rasūl ? »

S.25:41
وَإِذَا رَأَوْكَ إِنْ يَتَّخِذُونَكَ إِلَّا هُزُوًا أَهَٰذَا الَّذِي بَعَثَ اللَّهُ رَسُولًا
Wa-idhā raʾawka in yattakhidhūnaka illā huzuwan a-hādhā lladhī baʿatha llāhu rasūlā Et quand ils te voient, ils ne te prennent qu’en dérision (huzuwan) : « Est-ce donc celui-là qu’Allaah a envoyé (baʿatha) comme rasūl ? »
Notes lexicales
huzuwan
racine *h-z-ʾ*, précédent déjà établi (S21:36, S13:32) : la dérision, la moquerie.
baʿatha llāhu rasūlā
racine *b-ʿ-th* : envoyer, dépêcher — même racine que celle employée ailleurs dans le corpus pour la résurrection (le « relèvement » des morts). **Dit** : ce seul verset emploie ce verbe en son sens d'envoi prophétique, non en son sens eschatologique — ce Bloc relève la double portée de la racine par souci de précision lexicale, sans en tirer de conséquence au-delà de cette observation.

S.25:42 · « Il a failli nous égarer de nos divinités » — qui est le plus égaré ?

S.25:42
إِنْ كَادَ لَيُضِلُّنَا عَنْ آلِهَتِنَا لَوْلَا أَنْ صَبَرْنَا عَلَيْهَا ۚ وَسَوْفَ يَعْلَمُونَ حِينَ يَرَوْنَ الْعَذَابَ مَنْ أَضَلُّ سَبِيلًا
In kāda la-yuḍillunā ʿan ālihatinā lawlā an ṣabarnā ʿalayhā wa-sawfa yaʿlamūna ḥīna yarawna l-ʿadhāba man aḍallu sabīlā « Il a bien failli (in kāda) nous égarer de nos ālihah (divinités), si nous n’avions persévéré (ṣabarnā) en elles ! » — mais ils sauront, lorsqu’ils verront le châtiment, qui est le plus égaré quant au chemin (man aḍallu sabīlā).
Notes lexicales
ṣabarnā ʿalayhā
racine *ṣ-b-r*, très largement établie au sens de la persévérance patiente — ici employée, de façon notable, pour désigner l'obstination dans le culte des *ālihah*, un attachement que ses propres tenants qualifient de « persévérance » là où le texte, par la réponse qui suit immédiatement, le retourne en égarement.

S.25:43 · Celui qui prend son propre hawā pour ilāh

Point de méthode — ittakhadha ilāhahu hawāhu, première occurrence de cette image. Ce verset pose une structure précise : ilāh (ce qui est servi, obéi de façon absolue) et hawā (l’inclination, le désir propre) sont mis en rapport direct — celui qui prend son hawā comme son ilāh est celui dont la conduite entière obéit, sans arbitre extérieur, à sa seule inclination. Dit : le texte pose cette structure comme un cas réel et nommé, puis interroge le nabī sur sa propre responsabilité face à un tel cas (a-fa-anta takūnu ʿalayhi wakīlā, voir ci-dessous). Non-dit : aucune identité, aucune circonstance historique, aucun objet concret de ce hawā n’est donné par ce seul verset — ce Bloc n’importe aucun récit traditionnel (qu’il s’agisse d’une personne ou d’un groupe précis) pour combler cette absence, et s’en tient à la structure générale que le texte pose lui-même.

S.25:43
أَرَأَيْتَ مَنِ اتَّخَذَ إِلَٰهَهُ هَوَاهُ أَفَأَنْتَ تَكُونُ عَلَيْهِ وَكِيلًا
A-raʾayta mani ttakhadha ilāhahu hawāhu afa-anta takūnu ʿalayhi wakīlā As-tu vu celui qui a pris son hawā (son inclination propre) pour ilāh ? Est-ce donc toi qui serais, sur lui, un wakīl ?
Notes lexicales
hawāhu
racine *h-w-y* : l'inclination, le penchant, le désir qui entraîne — première occurrence développée.
wakīlan
racine *w-k-l*, précédent extensivement établi pour le statut de *wakīl* refusé au nabī — garant chargé de répondre du sort d'autrui (S6:66/102/107, S10:108 : « *wa-mā anta ʿalayhim bi-wakīl* »). **Dit** : la même décharge de responsabilité, déjà posée ailleurs sous forme de négation affirmative, revient ici sous forme de question rhétorique — le nabī n'est pas comptable de la conduite de celui qui s'égare ainsi.

S.25:44 · Comme le bétail — non, plus égarés encore

S.25:44
أَمْ تَحْسَبُ أَنَّ أَكْثَرَهُمْ يَسْمَعُونَ أَوْ يَعْقِلُونَ ۚ إِنْ هُمْ إِلَّا كَالْأَنْعَامِ ۖ بَلْ هُمْ أَضَلُّ سَبِيلًا
Am taḥsabu anna aktharahum yasmaʿūna aw yaʿqilūna in hum illā ka-l-anʿāmi bal hum aḍallu sabīlā Ou penses-tu que la plupart d’entre eux entendent ou raisonnent (yaʿqilūn) ? Ils ne sont que comme le bétail (ka-l-anʿām) — non, ils sont plus égarés encore quant au chemin (aḍallu sabīlā).
Notes lexicales
ka-l-anʿāmi bal hum aḍallu sabīlā
précédent quasi-identique déjà établi (S7:179 : « *ulāʾika ka-l-anʿāmi bal hum aḍallu* », sans le complément *sabīlā* ajouté ici) — même comparaison, légère variation formelle signalée sans écart de sens.

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