Structure du Bloc III — S25:45–59. Six ensembles, tous consacrés aux signes de la création. D’abord l’ombre étendue puis reprise par degrés, le soleil posé comme son indicateur (S25:45–46). Puis la nuit faite vêtement, le sommeil repos suspendu, le jour déploiement d’activité, les vents envoyés en annonce devant la raḥma, l’eau purificatrice qui redonne vie à une terre morte et abreuve bétail et humains (S25:47–49). Puis le rappel diversifié auquel la plupart des gens n’opposent qu’un déni obstiné, le nadhīr qui aurait pu être envoyé dans chaque cité si Allaah l’avait voulu, et l’ordre donné au nabī de ne pas obéir aux kāfirūn mais de s’évertuer contre eux par ce Qurʾān même (S25:50–52). Puis les deux mers laissées libres l’une à côté de l’autre sans se mêler, séparées par un barzakh, et la création de l’être humain à partir de l’eau, pourvu de liens de filiation et d’alliance (S25:53–54). Puis ce qui est adoré en dehors d’Allaah sans profit ni nuisance, le kāfir comme soutien prêté contre son propre Rabb, la mission du rasūl bornée à l’annonce et à l’avertissement, et l’absence de tout salaire réclamé (S25:55–57). Enfin la clôture du Bloc : placer sa confiance en al-Ḥayy qui ne meurt pas, et la formule de la création en six jours suivie de l’istiwāʾ sur le ʿArsh, déjà rencontrée à plusieurs reprises (S25:58–59).
Avertissement de méthode, valable pour ce Bloc comme pour tous les précédents. Cette traduction procède par analyse linguistique pure — racines arabes, grammaire, dictionnaires classiques (Kitāb al-ʿAyn, Maqāyīs al-Lugha, Lisān al-ʿArab) — sans recours aux tafsīrs classiques ou modernes ni aux habits culturels déjà posés sur le texte. S25:59 applique la méthode déjà fixée pour la formule thumma-stawā ʿalā l-ʿarsh depuis S7:54 (étendue depuis à S10:3, S13:2, S20:5) : istawā y est rendu par « a pris pleinement possession », jamais par une image de position assise ou de lieu occupé, conformément à la règle absolue contre toute connotation spatiale appliquée à Allaah.
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.25:45 | L’ombre étendue — le soleil posé comme son indicateur |
| S.25:46 | L’ombre reprise, d’un retrait progressif et aisé |
| S.25:47 | La nuit vêtement, le sommeil repos suspendu, le jour déploiement |
| S.25:48 | Les vents envoyés en annonce — l’eau purificatrice |
| S.25:49 | Une terre morte ranimée — bétail et humains abreuvés |
| S.25:50 | Le rappel diversifié — le déni obstiné de la plupart |
| S.25:51 | Un nadhīr dans chaque cité, si Allaah l’avait voulu |
| S.25:52 | Ne pas obéir aux kāfirūn — s’évertuer par ce Qurʾān même |
| S.25:53 | Les deux mers laissées libres, séparées par un barzakh |
| S.25:54 | L’être humain créé de l’eau — filiation et alliance |
| S.25:55 | Ce qui ne profite ni ne nuit — le kāfir, soutien contre son Rabb |
| S.25:56 | La mission du rasūl — seulement annonce et avertissement |
| S.25:57 | Nul salaire réclamé — sinon prendre, qui le veut, un chemin |
| S.25:58 | Placer sa confiance en al-Ḥayy qui ne meurt pas |
| S.25:59 | La création en six jours, l’istiwāʾ sur le ʿArsh — ar-Raḥmān |
L’ombre étendue, puis reprise · S25:45–46
S.25:45 · L’ombre étendue — le soleil posé comme son indicateur
- a-lam tara ilā rabbika
- **Point de transparence, par distinction nécessaire avec S25:21 (Bloc II).** La formule rhétorique *a-lam tara* (littéralement « n'as-tu pas vu »), très fréquente dans ce Coran, s'emploie couramment au sens de « n'as-tu pas considéré, ne sais-tu pas » — portant sur un phénomène observé (ici, la façon dont l'ombre est étendue), non sur la vision d'Allaah Lui-même. Ce Bloc rend donc *ilā rabbika* par « au sujet de ton Rabb » plutôt que par un calque littéral (« vers ton Rabb ») qui laisserait entendre une vision directe — distinct, sans aucun rapport, de la demande déjà traitée avec prudence en S25:21 (Bloc II) et en S7:143 (*ruʾyat Allaah*, point d'accord toujours en attente). L'objet de ce « voir/considérer » est ici l'action elle-même (l'extension de l'ombre), non Allaah en tant que tel.
- madda ẓ-ẓilla
- *madda*, racine *m-d-d*, précédent exact déjà établi (S13:3 : « *madda l-arḍa* », étendre la terre). *Ẓill*, l'ombre — déjà rencontrée comme image du bien-être (S13:35 : l'ombre permanente de la *janna*) ; ici en son sens le plus concret et cosmique, le phénomène physique de l'ombre portée. **Dit** : le texte pose un geste de volonté possible mais non actualisé (« s'Il l'avait voulu, Il l'aurait rendue immobile ») — l'ombre mobile, variant avec la course apparente du soleil, est ainsi présentée comme un choix délibéré parmi d'autres possibles, non comme la seule issue concevable.
- dalīlan
- racine *d-l-l* : ce qui indique, ce qui guide vers la connaissance d'une chose par un signe extérieur. Première occurrence développée. **Dit** : le soleil est ici posé comme ce par quoi l'ombre elle-même devient lisible, mesurable, repérable dans sa variation — une fonction d'indication, non de cause autonome.
S.25:46 · L’ombre reprise, d’un retrait progressif et aisé
- qabaḍnāhu … ilaynā
- racine *q-b-ḍ* : saisir, resserrer, retirer à soi ce qui était déployé — première occurrence développée, en écho direct et volontaire avec *madda* (étendre) du verset précédent : les deux verbes forment un couple d'opposés décrivant l'extension puis la résorption de l'ombre, à mesure que le soleil monte. **Point de méthode, par cohérence avec un précédent déjà posé** : la préposition *ilaynā* (« vers Nous ») suit ici le même idiome déjà rencontré et traité pour *ilaynā marjiʿukum* / *ilā llāhi marjiʿukum* (S5:105, S10:23) — une formule de rattachement à l'autorité et à la disposition ultimes d'Allaah sur toute chose, non une indication de lieu ou de déplacement spatial vers une position qu'Allaah occuperait.
- yasīran
- racine *y-s-r* : ce qui se fait sans effort ni à-coup, par degrés aisés. Première occurrence développée. **Dit** : le retrait de l'ombre est qualifié de graduel et sans heurt — par contraste implicite avec un retrait brusque ou instantané.
La nuit vêtement, le jour déploiement, les vents et l’eau purificatrice · S25:47–49
S.25:47 · La nuit vêtement, le sommeil repos suspendu, le jour déploiement
- al-layla libāsan
- racine *l-b-s*, précédent déjà établi (S2:187, déjà publiée : « *hunna libāsun lakum wa-antum libāsun lahunna* », image du vêtement pour les conjoints) — appliquée ici à la nuit elle-même, qui enveloppe et recouvre comme un vêtement.
- subātan
- racine *s-b-t* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : la cessation, l'interruption de l'activité, l'état de ce qui est mis en suspens (d'où le *sabt*, le jour de cessation). Première occurrence développée de cette racine. **Dit** : le sommeil est qualifié ici d'une coupure réparatrice de l'activité, non d'une simple absence de veille.
- an-nahāra nushūrā
- même racine *n-sh-r* que *nushūr* déjà rencontrée deux fois dans ce Bloc de Sourate (S25:3, Bloc I : la résurrection, le déploiement hors d'un état de repliement ; S25:40, Bloc II : la même résurrection reniée). **Note de linguistique pure, troisième nuance de la même racine** : ici, aucun rapport avec la résurrection — le mot porte son sens le plus concret, le déploiement de l'activité humaine au grand jour, par contraste direct avec le *subāt* du sommeil nocturne qui précède dans ce même verset. Ce Bloc ne confond pas les deux emplois, bien qu'ils procèdent de la même image de base (ce qui était plié ou suspendu se trouve déployé).
S.25:48 · Les vents envoyés en annonce — l’eau purificatrice
Point de méthode — une divergence consonantique entre les éditions consultées (ar-riyāḥ / ar-rīḥ). La vérification croisée obligatoire a relevé ici, pour ce seul mot, un écart qui n’est pas de simple diacritique mais de lettre : l’édition de référence retenue (ara-quransimple, texte Uthmani standard dérivé de Tanzil.net) porte ar-riyāḥ (le pluriel, « les vents »), tandis que les deux éditions Uthmani consultées pour la vérification croisée (ara-quranuthmanihaf, ara-quranuthmanienc) portent ar-rīḥ (le singulier, « le vent »). Il s’agit là d’une divergence de transmission textuelle attestée et documentée entre les qirāʾāt canoniques pour ce verset précis, non d’une erreur de copie ni d’une convention typographique du type déjà rencontré (sièges de hamza, alif interne du rasm). Conformément à la méthode déjà suivie (suivre le texte reçu sans trancher entre des variantes attestées, comme déjà pratiqué en S5:114), ce Bloc retient la lecture de l’édition de référence (ar-riyāḥ, le pluriel), qui est aussi celle déjà suivie pour la formule presque identique de S7:57, et signale l’existence de la variante sans l’examiner davantage ni en tirer de conséquence de sens : dans les deux lectures, l’image reste celle de courants d’air précédant la pluie comme une annonce.
- arsala r-riyāḥa bushran bayna yaday raḥmatihi
- voir le callout ci-dessus sur la variante *riyāḥ*/*rīḥ*. Précédent quasi identique, presque mot pour mot, déjà établi (S7:57 : « *yursilu r-riyāḥa bushran bayna yaday raḥmatihi* », à la forme présente plutôt qu'accomplie). *Bayna yaday*, déjà établi à cet endroit même (S7:57) comme une expression figurative d'antériorité annonciatrice (« devant », « précédant »), sans connotation spatiale ou corporelle appliquée à Allaah — la *raḥma* elle-même (ici la pluie à venir) en est le terme, non Allaah en personne.
- māʾan ṭahūrā
- racine *ṭ-h-r*. **Note de linguistique pure** : la forme *ṭahūr* (modèle intensif *faʿūl*) diffère de la forme simple *ṭāhir* (« pur » en soi) par un sens actif — ce qui ne se contente pas d'être pur, mais qui purifie et rend pur autre chose que soi. Première occurrence développée de cette forme précise. **Dit** : l'eau décrite ici est donc qualifiée pour son pouvoir purifiant, non pour sa seule pureté constatée.
S.25:49 · Une terre morte ranimée — bétail et humains abreuvés
- nuḥyiya bihi baldatan maytan
- même image de la terre morte ranimée par l'eau déjà rencontrée (S7:57 : « *suqnāhu li-baladin mayyitin* »). **Remarque grammaticale, purement descriptive** : *maytan* (masculin) qualifie ici *baldatan* (féminin) sans marque d'accord féminin — les grammairiens classiques expliquent cet écart par l'absence fréquente de forme féminine marquée pour l'adjectif de ce modèle (*fayyil*) lorsqu'il qualifie un terme dont le féminin n'est pas de sexe mais de simple genre grammatical ; aucun écart de sens n'en résulte.
- anāsiyya
- pluriel peu courant d'*insān* (par l'intermédiaire d'*unās*, variante d'*al-nās*) — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) le rattache à la même famille que *an-nās*, déjà largement établie. Première occurrence de cette forme plurielle précise. **Dit** : le texte associe explicitement, comme bénéficiaires de cette même eau, le bétail et une multitude d'êtres humains, sans distinction de rang entre eux à cet endroit.
Le rappel diversifié, le nadhīr possible, le jihād par le Qurʾān · S25:50–52
S.25:50 · Le rappel diversifié — le déni obstiné de la plupart
- ṣarrafnāhu
- racine *ṣ-r-f*, précédent extensivement établi (S6:46/105, S7:58) : diversifier, présenter sous des formes variées. **Non-dit, deux lectures possibles sur le référent du pronom** : ce seul verset ne nomme pas explicitement ce que recouvre le pronom « l' » (*-hu*) — l'eau (le cycle de la pluie qui vient d'être décrit, par cohérence immédiate avec le verset précédent) ou le discours même du Qurʾān (sur le modèle de *nuṣarrifu l-āyāti*, S6:46/105, déjà établi pour les signes diversifiés de la révélation). Ce Bloc ne tranche pas entre les deux lectures, le texte restant ouvert sur ce point précis.
- kufūrā
- forme intensive de la racine *k-f-r*, très largement établie — un déni poussé à son plus haut degré d'obstination, plutôt que le simple *kufr*.
S.25:51 · Un nadhīr dans chaque cité, si Allaah l’avait voulu
- law shiʾnā la-baʿathnā
- **Dit** : le texte pose, par cette condition hypothétique, qu'un seul *nabī* — le *nadhīr* unique envoyé pour l'ensemble des cités visées par ce Qurʾān (S25:1, Bloc I : *nadhīran li-l-ʿālamīn*) — a été retenu plutôt qu'une multiplication d'avertisseurs locaux, sans que le texte n'en précise davantage la raison.
S.25:52 · Ne pas obéir aux kāfirūn — s’évertuer par ce Qurʾān même
Point de méthode — jāhidhum bihi, l’instrument de cet effort nommé explicitement comme ce Qurʾān lui-même. La racine j-h-d (l’effort soutenu, déjà rencontrée sous sa forme substantive en S22:78 : « jāhidū fī llāhi ḥaqqa jihādihi ») revient ici dans une construction distincte et précise : jāhidhum bihi, « évertue-toi contre eux par lui ». Le pronom bihi renvoie, par la construction même du verset, au Qurʾān dont il vient d’être question tout au long de ce Bloc de Sourate (S25:1/4–6/30/32–33) — le texte nomme ainsi lui-même l’instrument de cet effort comme la révélation et son argumentation, non une arme ni un moyen matériel de contrainte. Ce Bloc se borne à ce que ce seul verset affirme : un effort mené par le moyen du discours révélé lui-même, distinct par sa nature de ce qui a déjà été traduit avec la prudence requise pour les versets qui légifèrent sur le combat armé (S8, S9) — sans que ce verset-ci ne légifère sur cette question, qu’il ne mentionne pas.
- jāhidhum bihi jihādan kabīrā
- voir le callout ci-dessus. *Jihād*, nom d'action de la même racine — première occurrence de ce substantif précis sous cette construction (« effort immense »), à distinguer de l'occurrence déjà rencontrée en S22:78 (« *ḥaqqa jihādihi* », la juste mesure de cet effort, sans instrument nommé).
Les deux mers, le barzakh, l’être humain créé de l’eau · S25:53–54
S.25:53 · Les deux mers laissées libres, séparées par un barzakh
- maraja l-baḥrayn
- racine *m-r-j* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : lâcher libre, laisser aller sans entrave (d'où *marj*, le pâturage où le bétail erre librement) ; la même racine porte aussi, dans d'autres emplois, l'idée de confusion ou de trouble (*marajat umūruhum*, « leurs affaires se sont brouillées »). Première occurrence développée de cette racine. **Dit** : le texte pose ici une coexistence immédiate — deux masses d'eau se côtoyant sans fusionner — plutôt qu'un simple voisinage distant.
- barzakhan wa-ḥijran maḥjūrā
- *barzakh*, précédent extensivement établi → voir l'étude dédiée [Amwāt, Aḥyāʾ, Barzakh](/etudes/amwat-ahyaa-barzakh/) : une séparation bornée entre deux états ou deux réalités. *Ḥijran maḥjūrā*, reprise exacte de la formule déjà rencontrée dans ce Bloc de Sourate (S25:22, Bloc II, où elle était annoncée comme devant revenir ici à l'identique) — appliquée là à une exclamation de détresse des *mujrimīn*, ici à la barrière elle-même qui tient les deux mers séparées : même redoublement d'intensité (« un interdit interdit »), employé dans deux contextes distincts sans que ce Bloc ne les confonde.
- ʿadhbun furātun … milḥun ujājun
- deux paires descriptives, premières occurrences développées : *ʿadhb* (doux au goût) et *furāt* (qui désaltère pleinement, l'eau la plus propre à étancher la soif) d'un côté ; *milḥ* (salé) et *ujāj* (âcre, amer au point d'être imbuvable) de l'autre.
S.25:54 · L’être humain créé de l’eau — filiation et alliance
- nasaban wa-ṣihrā
- *nasab*, racine *n-s-b* : le lien de filiation par le sang — à distinguer, par souci de clarté, de la racine homophone *n-ṣ-b* (*al-anṣāb*, les pierres dressées pour sacrifice, déjà rencontrée, S5:3/90) : deux racines distinctes sans parenté. *Ṣihr*, racine *ṣ-h-r* : le lien créé par le mariage, l'alliance entre deux familles qui n'étaient pas apparentées par le sang. Première occurrence développée de cette racine. **Dit** : le texte nomme ainsi deux types de liens humains distincts — l'un de naissance, l'autre d'union choisie — comme également issus de cette même création à partir de l'eau.
- qadīrā
- racine *q-d-r*, largement établie — ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah, conservé en translittération.
Ce qui ne profite ni ne nuit, la mission du rasūl, nul salaire · S25:55–57
S.25:55 · Ce qui ne profite ni ne nuit — le kāfir, soutien contre son Rabb
- ʿalā rabbihi ẓahīrā
- racine *ẓ-h-r* (le dos, l'appui que l'on prête par-derrière) : *ẓahīr*, celui qui prête son soutien, son concours à une cause. Première occurrence développée de cette racine. **Dit, précision nécessaire** : le texte ne décrit pas ici un rapport de force réel où le kāfir menacerait quoi que ce soit du pouvoir d'Allaah — l'expression désigne, de façon imagée, le fait de prêter son concours à la cause de ce qui S'oppose à ce qu'Allaah a fait descendre (par son adoration d'un autre objet), une caractérisation morale de sa position, non une rivalité de puissance.
S.25:56 · La mission du rasūl — seulement annonce et avertissement
- mubashshiran wa-nadhīrā
- couple extensivement établi dès l'ouverture de cette sourate (S25:1, Bloc I : *nadhīran li-l-ʿālamīn*) et bien au-delà. **Dit** : le texte borne ici explicitement, de façon restrictive (*illā*, « que »), la mission du *rasūl* à ces deux seules fonctions.
S.25:57 · Nul salaire réclamé — sinon prendre, qui le veut, un chemin
- mā asʾalukum ʿalayhi min ajrin
- précédent déjà établi pour cette même formule de refus de tout salaire (S12:104 : « *mā tasʾaluhum ʿalayhi min ajrin* », à la troisième personne ; S6:90, cité comme précédent de S12:104). **Dit — un ajout propre à ce verset** : là où S12:104 clôt sur « ce n'est qu'un rappel pour les mondes », ce verset-ci ajoute une clause d'exception distincte (*illā man shāʾa…*) — non un salaire déguisé, mais la liberté laissée à quiconque de choisir, de son propre gré, de prendre un chemin vers son Rabb ; ce Bloc ne lit pas cette clause comme une rétribution demandée, mais comme la seule chose que le *rasūl* souhaite voir advenir, sans l'exiger.
Placer sa confiance en al-Ḥayy, l’istiwāʾ sur le ʿArsh · S25:58–59
S.25:58 · Placer sa confiance en al-Ḥayy qui ne meurt pas
- al-Ḥayyi lladhī lā yamūtu
- *al-Ḥayy*, racine *ḥ-y-y*, précédent extensivement établi, le plus souvent couplé à *al-Qayyūm* (S2:255, déjà publiée ; S20:111). **Point de méthode, variante à nommer** : ce verset emploie *al-Ḥayy* seul, sans *al-Qayyūm*, mais lui adjoint une relative qui en explicite le sens par contraste direct — « ce qui ne meurt pas » — opposant ainsi explicitement, pour la première fois sous cette forme, la vie qui ne cesse pas d'Allaah à la condition mortelle de toute créature (déjà posée, ce Bloc de Sourate même, S25:20 : le *rasūl* mangeant et marchant comme tout être humain). L'épithète relative « Ce qui » est employée ici conformément à la règle retenue pour les constructions épithètes attribuant une qualité à Allaah.
- wa-kafā bihi bi-dhunūbi ʿibādihi khabīrā
- précédent presque exact, mot pour mot, déjà établi (S17:17 : « *wa-kafā bi-rabbika bi-dhunūbi ʿibādihi khabīran baṣīrā* ») — repris ici sans le second qualificatif (*baṣīran*), sans que cette abréviation ne change le sens de l'affirmation.
S.25:59 · La création en six jours, l’istiwāʾ sur le ʿArsh — ar-Raḥmān
Point de méthode — istiwāʾ ʿalā l-ʿarsh, quatrième occurrence déjà annoncée depuis S7:54. L’avertissement de méthode posé dès S7:54 (Bloc II de la Sourate 7) annonçait explicitement que cette même formule reviendrait à sept reprises dans les sourates restant à traduire, nommément : S10:3, S13:2, S20:5, S25:59, S32:4, S57:4 (avec une variante en S41:11). Ce Bloc applique ici, pour la quatrième de ces sept occurrences annoncées (après S10:3, S13:2 et S20:5, déjà traduites), exactement la même méthode : istawā y est rendu par « a pris pleinement possession » — un sens idiomatique attesté indépendamment du Coran pour la construction istawā ʿalā appliquée à un pouvoir ou une royauté (voir l’analyse complète posée à S7:54) — et non par une image de position assise ou de lieu occupé. ʿArsh reste conservé en translittération, comme ṣalāt, zakāt… Ce point d’accord explicite, en attente depuis S7:54, s’étend donc par construction à ce verset, sans qu’aucun élément nouveau n’y soit ajouté.
- khalaqa s-samāwāti wa-l-arḍa … fī sittati ayyāmin thumma-stawā ʿalā l-ʿarshi
- voir le callout ci-dessus. Formule déjà rencontrée à l'identique ou presque (S7:54, S10:3, S13:2, S20:5) — ici introduite par la seule relative (*alladhī*, « Ce qui »), sans la clause d'ouverture *inna rabbakumu llāhu* des occurrences précédentes, le sujet grammatical se rattachant à ce qui précède dans ce même Bloc (le Rabb en qui il faut placer sa confiance, S25:58).
- fa-sʾal bihi khabīrā
- racine *s-ʾ-l* (interroger) et *kh-b-r* (être pleinement informé, déjà établie). **Crux grammatical, deux lectures possibles, sans trancher.** La construction admet deux lectures chez les lexicographes classiques : (1) « interroge, à Son sujet (*bihi*), un *Khabīr* » — c'est-à-dire quiconque possède une connaissance exacte de Lui, *khabīran* étant alors le complément d'objet du verbe *saʾala* ; (2) une lecture qui rattacherait plus directement *khabīran* à Allaah Lui-même comme qualification implicite de Celui qu'on interroge. Ce Bloc retient la première lecture, la plus largement attestée grammaticalement (*khabīran* comme complément de la personne interrogée), sans écarter la seconde — dans les deux cas, le sens général demeure : la connaissance exacte au sujet d'Allaah se trouve auprès de ce qui en est véritablement informé.