Structure du Bloc IV — S25:60–77 ; clôture complète de la Sourate 25. Cinq ensembles. D’abord le refus des kāfirūn de se prosterner devant ar-Raḥmān — nom qu’ils disent ne pas connaître —, puis un retour bref aux signes cosmiques déjà traités au Bloc III : les burūj, le luminaire et la lune, l’alternance du jour et de la nuit (S25:60–62). Puis s’ouvre le long portrait des ʿibād ar-Raḥmān, en trois mouvements : d’abord leur marche mesurée, leur réponse de paix à l’ignorance, leurs veillées nocturnes, leur invocation contre Jahannam, leur juste mesure dans la dépense (S25:63–67) ; puis leur tawḥīd exclusif, l’inviolabilité du nafs qu’ils respectent, la zinā qu’ils écartent, et le châtiment doublé dont est exempté qui revient vers Allaah (S25:68–71) ; puis leur refus du faux témoignage, leur passage digne devant la parole vaine, leur réceptivité aux āyāt, et leur invocation pour leurs épouses, leur descendance et leur propre exemplarité (S25:72–74). Enfin la clôture du Bloc et de la Sourate : la rétribution de la ghurfa pour prix de leur constance, et l’interpellation finale sur le poids que l’humanité représenterait pour Allaah sans son invocation (S25:75–77).
Avertissement de méthode, valable pour ce Bloc comme pour tous les précédents. Cette traduction procède par analyse linguistique pure — racines arabes, grammaire, dictionnaires classiques (Kitāb al-ʿAyn, Maqāyīs al-Lugha, Lisān al-ʿArab) — sans recours aux tafsīrs classiques ou modernes ni aux habits culturels déjà posés sur le texte. Aucun point théologiquement sensible de nature spatiale ou anthropomorphisante n’a été rencontré dans ce Bloc — un fait notable, à la différence de la plupart des Blocs précédents, déjà observé pour la Sourate 23 dans son intégralité. La marque de prosternation ۩ (S25:60) est incluse dans le champ ar=, conformément à la convention déjà en usage pour ces marques depuis S22:77 ; ce Bloc se borne à signaler ce qu’elle indique traditionnellement dans le texte reçu, sans importer d’élaboration de fiqh sur la manière ou l’obligation d’une prosternation de récitation.
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.25:60 | Le refus de se prosterner devant ar-Raḥmān — l’aversion accrue |
| S.25:61 | Tabāraka — les burūj, le luminaire et la lune éclairante |
| S.25:62 | La nuit et le jour, une alternance pour qui veut se rappeler ou être reconnaissant |
| S.25:63 | Les ʿibād d’ar-Raḥmān — la marche mesurée, la réponse de paix |
| S.25:64 | Ceux qui veillent la nuit, prosternés et debout |
| S.25:65–66 | L’invocation contre le châtiment de Jahannam — un mal qui s’attache |
| S.25:67 | La dépense tenue entre excès et avarice — la juste mesure |
| S.25:68–69 | Le tawḥīd exclusif, le nafs inviolable, la zinā écartée — le châtiment doublé |
| S.25:70–71 | L’exception de qui revient — les mauvaises actions changées en bonnes |
| S.25:72 | Le refus du faux témoignage — passer devant la parole vaine avec dignité |
| S.25:73 | La réceptivité aux āyāt du Rabb |
| S.25:74 | L’invocation pour les épouses, la descendance, et l’exemplarité |
| S.25:75–76 | La rétribution de la ghurfa — accueil de paix, demeure éternelle |
| S.25:77 | Clôture — le poids de l’humanité sans son invocation |
Le refus de se prosterner, les signes cosmiques · S25:60–62
S.25:60 · Le refus de se prosterner devant ar-Raḥmān — l’aversion accrue
- wa-mā r-Raḥmānu
- **Point de grammaire pure, dit.** Les kāfirūn interrogent le Nom par le pronom neutre *mā* (« quoi, qu'est-ce que ») et non par le pronom personnel *man* (« qui »), traitant ainsi grammaticalement ar-Raḥmān comme une chose dont l'identité leur échappe entièrement, plutôt que comme une entité connue dont ils contesteraient seulement l'autorité. Ce seul verset ne dit pas davantage la raison de cette méconnaissance.
- zādahum nufūrā
- racine *n-f-r* : s'écarter, prendre la fuite, se détourner avec répulsion — à distinguer, par souci de clarté, de l'emploi de la même racine déjà rencontré au sens de « se mettre en mouvement, partir » (*law-lā nafara*, S9:122, où le mouvement est positif, vers l'apprentissage). Ici, le sens est celui d'un éloignement par aversion. Première occurrence développée de cette nuance précise. **Dit** : l'ordre de se prosterner, loin de rapprocher, a pour seul effet rapporté d'accroître la distance déjà prise.
- ۩ (marque de prosternation)
- ce verset porte, dans le texte reçu, la marque traditionnelle signalant un emplacement de prosternation à la récitation — incluse ici dans le champ `ar=` conformément à la convention déjà en usage (S22:77). Ce Bloc se limite à ce constat textuel et n'importe aucune élaboration sur la manière ou le caractère obligatoire d'une telle prosternation, question de *fiqh* étrangère à ce que ce seul verset affirme.
S.25:61 · Tabāraka — les burūj, le luminaire et la lune éclairante
- tabāraka (troisième occurrence de la Sourate)
- même forme, même traitement qu'en S25:1 et S25:10 (Bloc I) — voir l'étude dédiée [Baraka et tabarruk](/etudes/baraka-tabarruk/). Conservé en translittération.
- burūjan
- racine *b-r-j* : ce qui est apparent, saillant, élevé et visible de loin (d'où la tour, *burj*). Précédent déjà établi pour l'emploi cosmique de ce terme → voir l'étude [Qassam — « Je ne jure pas »](/etudes/qassam-la-uqsimu/), qui traduit déjà S85:1 (*wa-s-samāʾi dhāti l-burūj*) par « positions stellaires ». Conservé ici en translittération avec la même glose, pour désigner les grandes divisions ou configurations visibles du ciel étoilé.
- sirājan wa-qamaran munīrā
- *sirāj*, racine *s-r-j* : le luminaire, la source de lumière propre. **Point de transparence, par distinction de registre.** Ce même terme est déjà rencontré au sens figuré, appliqué au *nabī* lui-même (S33:45–46, étude [Nabī Muḥammad dans le Coran](/etudes/nabi-muhammad-coran/) : « *sirājan munīrā* », lampe illuminante) — un emploi métaphorique distinct de celui, cosmologique et littéral, de ce verset-ci. **Non-dit** : ce seul verset ne nomme pas explicitement ce *sirāj* comme étant le soleil ; son identification au soleil repose sur la cohérence intra-coranique avec d'autres versets de ce Coran qui emploient la même image pour le soleil (non encore traduits à ce jour), non sur une affirmation de ce verset lui-même. *Munīr*, racine *n-w-r* (donner de la clarté) qualifie ici la lune — par contraste, une étude déjà publiée, portant sur un autre verset (*huwa lladhī jaʿala sh-shamsa ḍiyāʾan wa-l-qamara nūran*, S10:5), distingue déjà la clarté propre du soleil (*ḍiyāʾ*) de la lumière réfléchie de la lune (*nūr*) — distinction lexicale cohérente avec celle posée ici entre *sirāj* (source) et *munīr* (ce qui est rendu lumineux).
S.25:62 · La nuit et le jour, une alternance pour qui veut se rappeler ou être reconnaissant
- khilfatan
- racine *kh-l-f* : ce qui vient après, ce qui succède, ce qui prend la place d'autre chose — la même racine déjà établie pour *khalīfa* (S2:30, déjà publiée : celui qui vient après, qui succède), mais sous une forme distincte (*khilfa*, nom d'état de l'alternance elle-même) et appliquée ici non à une succession de personnes mais au cycle temporel. **Cohérence intra-coranique** : précédent proche déjà établi pour la même idée de cycle jour/nuit (*ikhtilāf al-layl wa-n-nahār*, S10:6), formé sur la même racine à la forme VIII (la différence, l'alternance) plutôt qu'au nom simple employé ici — deux dérivations distinctes d'une même racine pour une même réalité observée.
- shukūrā
- racine *sh-k-r*, précédent établi pour l'adjectif de la même racine (*ash-Shakūr*, S34:13, cité dans l'étude [Minorité de croyants](/etudes/minorite-croyants/) : « peu de Mes ʿibād sont reconnaissants »). Ici sous forme de nom d'action : la gratitude elle-même, non la qualité de celui qui l'exprime. Première occurrence de cette forme précise. **Dit** : le texte nomme deux issues possibles et non exclusives de cette alternance observée — le rappel (*dhikr*) et la gratitude (*shukr*) — sans indiquer qu'elles seraient les seules réponses concevables à ce signe.
Les ʿibād ar-Raḥmān (I) — la marche mesurée, la paix, les veillées, l’invocation, la juste mesure · S25:63–67
Point de structure — l’ouverture du portrait des ʿibād ar-Raḥmān. De S25:63 à S25:74, une longue chaîne de relatives (wa-lladhīna…, « et ceux qui… ») égrène, verset après verset, les traits de ce que ce Coran nomme les « ʿibād ar-Raḥmān » (les serviteurs d’ar-Raḥmān) — un portrait qui ne trouve son verbe principal et sa rétribution qu’au terme de la chaîne, en S25:75 (« Ceux-là seront rétribués… »). Ce Bloc présente cette chaîne en trois mouvements pour la lisibilité (S25:63–67, S25:68–71, S25:72–74), sans que le texte lui-même ne marque de rupture entre eux : il s’agit d’un seul et même portrait continu.
S.25:63 · Les ʿibād d’ar-Raḥmān — la marche mesurée, la réponse de paix
- hawnan
- racine *h-w-n* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) distingue, au sein de cette même racine, deux branches de sens opposées : *hawn* (à l'ouverture brève) porte la douceur, l'aisance mesurée, l'absence d'ostentation ; *hawān* (à l'ouverture longue) porte l'abaissement, l'humiliation subie. Première occurrence développée de cette racine, dans sa branche positive. **Point de méthode, par contraste interne à ce Bloc même** : la même racine reviendra, sous sa forme négative (*muhānā*, « abaissé »), en S25:69 de ce Bloc, pour qualifier le sort du *kāfir* obstiné — un jeu de mots voulu par le texte entre la mesure choisie des *ʿibād ar-Raḥmān* et l'abaissement subi par qui refuse le tawḥīd. **Dit** : la démarche ici décrite s'oppose, par le sens même de la racine, à l'insolence triomphante (*maraḥan*, déjà rencontrée, S17:37) proscrite ailleurs dans ce Coran.
- al-jāhilūna
- racine *j-h-l* : l'opposé de *ʿilm* (le savoir), mais aussi, chez les lexicographes classiques, l'opposé de *ḥilm* (la retenue posée) — non la seule absence d'information, mais une rudesse impulsive dans la parole ou l'action. Première occurrence développée de cette racine.
- qālū salāmā
- racine *s-l-m*, très largement établie. **Dit** : la réponse donnée à la rudesse n'est ni le silence ni la répartie, mais une parole de paix — ce seul verset ne précise pas s'il s'agit d'une formule de salutation rituelle ou d'un simple mot de désengagement pacifique ; les deux lectures restent linguistiquement possibles.
S.25:64 · Ceux qui veillent la nuit, prosternés et debout
- yabītūna … sujjadan wa-qiyāmā
- *bāta*, racine *b-y-t* : passer la nuit dans un état donné — première occurrence développée de cette racine. *Sujjad* et *qiyām*, pluriels respectifs de *sājid* (prosterné) et *qāʾim* (debout), déjà largement établis pour les postures rituelles. **Dit** : le texte nomme deux postures sans préciser la durée, la fréquence ni la forme exacte de cette veille nocturne — un **non-dit** que ce Bloc ne comble d'aucune élaboration rituelle extérieure au texte.
S.25:65–66 · L’invocation contre le châtiment de Jahannam — un mal qui s’attache
- gharāman
- racine *gh-r-m* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : ce qui s'attache à quelqu'un de façon persistante et pesante, sans qu'il puisse s'en défaire — d'où le *gharīm* (le débiteur ou le créancier, lié par une dette qui ne le lâche pas). Précédent exact de la même racine déjà établi (*al-ghārimīn*, S9:60, cité dans l'étude [La simplicité de la zakāt](/etudes/zakat/) : « les écrasés de dettes », l'une des huit catégories bénéficiaires de la *zakāt*). Première occurrence développée de la forme *gharām* elle-même. **Dit** : le châtiment de Jahannam est ici qualifié par l'image d'une dette ou d'une charge dont on ne peut s'acquitter ni se défaire — un mal qui s'attache à son objet sans relâche, plutôt qu'une douleur simplement intense.
- sāʾat mustaqarran wa-muqāmā
- *mustaqarr* (lieu où l'on se fixe) et *muqām* (lieu où l'on séjourne), racines *q-r-r* et *q-w-m*. **Point de méthode, écho interne à ce Bloc.** Ce même couple reviendra, mot pour mot, à la clôture du portrait des *ʿibād ar-Raḥmān* (S25:76, ce Bloc), mais qualifié cette fois par *ḥasunat* (« quel bon… ») plutôt que par *sāʾat* (« quel mauvais… ») — un parallélisme antithétique voulu par le texte entre le sort de Jahannam et celui de la *ghurfa* promise.
S.25:67 · La dépense tenue entre excès et avarice — la juste mesure
- lam yusrifū
- racine *s-r-f*, précédent exact déjà établi (S4:6 : « *lā taʾkulūhā isrāfan wa-bidāran* », le gaspillage des biens de l'orphelin).
- lam yaqturū
- racine *q-t-r* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : resserrer, restreindre à l'excès (d'où le *qatr*, la fine distillation goutte à goutte). Appliqué à la dépense : une avarice qui retient au-delà de ce qui est raisonnable. Première occurrence développée de cette racine, posée en exact opposé de l'*isrāf* qui précède dans le même verset.
- qawāmā
- racine *q-w-m*, très largement établie (*ṣirāṭ mustaqīm*, *istiqāma*…). Ici sous une forme nominale précise, désignant l'état d'équilibre et de rectitude maintenu entre deux extrêmes. Première occurrence de cette forme exacte. **Dit** : le texte ne fixe aucune proportion chiffrée entre les deux extrêmes évités — un **non-dit** qui laisse à l'appréciation de chacun la détermination concrète de cette juste mesure.
Les ʿibād ar-Raḥmān (II) — le tawḥīd exclusif, le nafs inviolable, la zinā écartée, le châtiment doublé · S25:68–71
S.25:68–69 · Le tawḥīd exclusif, le nafs inviolable, la zinā écartée — le châtiment doublé
- lā yaqtulūna n-nafsa … illā bi-l-ḥaqqi
- précédent presque mot pour mot déjà établi (S17:33 : « *wa-lā taqtulū n-nafsa llatī ḥarrama llāhu illā bi-l-ḥaqq* »). **Dit** : l'exception (*illā bi-l-ḥaqq*) est nommée sans être détaillée par ce seul verset — ce qui constitue concrètement ce « bon droit » n'est pas précisé ici.
- lā yaznūna
- racine *z-n-y*, conservée en translittération conformément à la méthode retenue (voir S24:2–3, et l'étude [Halāl et Harām](/etudes/halal-haram/)). **Cohérence intra-coranique** : précédent proche déjà établi (S17:32 : « *wa-lā taqrabū z-zinā* », ne pas approcher la zinā) — formulation différente (l'acte lui-même écarté, ici, plutôt que son approche) pour une même prohibition.
- yalqa athāmā
- racine *ʾ-th-m*, largement établie (*ithm*, la faute qui charge). Première occurrence de cette forme nominale précise. **Dit** : la triple transgression énumérée (associer un autre *ilāh*, tuer sans droit, la zinā) est ici désignée comme ce qui fait rencontrer un tel poids de faute — le texte ne hiérarchise pas les trois entre elles.
- yakhlud fīhi muhānā
- racine *h-w-n*, à sa branche négative (*hawān*, l'abaissement subi) — voir la note déjà posée en S25:63, ce Bloc, sur les deux branches opposées de cette même racine. **Point de méthode, écho voulu dans ce Bloc** : l'abaissement (*muhān*) de qui persiste dans cette triple transgression contraste directement avec la mesure choisie (*hawnan*) des *ʿibād ar-Raḥmān* décrits quelques versets plus haut (S25:63, ce Bloc) — un même mot de base, deux destins opposés selon la forme qu'il revêt.
S.25:70–71 · L’exception de qui revient — les mauvaises actions changées en bonnes
- man tāba
- racine *t-w-b*, précédent déjà établi pour cette même terminologie du « retour » (S4:17–18, déjà publiée : *at-tawba*, le retour accueilli par Allaah pour qui revient sans délai). Ce Bloc poursuit la même traduction par « revenir »/« retour » plutôt que par un emprunt religieux figé, pour rester fidèle au sens premier de la racine (faire demi-tour, rebrousser chemin).
- yubaddilu llāhu sayyiʾātihim ḥasanātin
- racine *b-d-l* (substituer, échanger une chose contre une autre). **Deux lectures linguistiques possibles, sans trancher.** *Sayyiʾāt* et *ḥasanāt* (pluriels de *sayyiʾa*, mauvaise action, et de *ḥasana*, bonne action) peuvent s'entendre de deux façons également recevables par la seule grammaire de ce verset : **première lecture**, chaque mauvaise action déjà commise se trouve, dans le compte qui en est tenu, changée en bonne action — une transformation du bilan des actes ; **seconde lecture**, c'est la disposition même de la personne qui change, ses mauvaises actions futures cédant la place à de bonnes actions — une transformation de la conduite elle-même, le pluriel désignant alors un comportement habituel plutôt que des actes isolés déjà enregistrés. Ce Bloc nomme les deux lectures sans en écarter aucune, le texte seul ne permettant pas de trancher entre elles.
- yatūbu ilā llāhi matābā
- même racine *t-w-b*, sous forme nominale (*matāb*, le retour lui-même, son lieu ou son mode). **Dit** : ce second verset énonce, en termes généraux et sans plus restreindre son objet à la triple transgression de S25:68, le principe même du retour vers Allaah comme une disposition ouverte à quiconque agit ainsi.
Les ʿibād ar-Raḥmān (III) — le faux témoignage écarté, les āyāt reçues, l’invocation · S25:72–74
S.25:72 · Le refus du faux témoignage — passer devant la parole vaine avec dignité
- lā yashhadūna z-zūra
- racine *z-w-r*, précédent exact déjà établi (S25:4, Bloc I : « *ẓulman wa-zūrā* », un faux témoignage). **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas si *ash-shahāda* vise ici exclusivement le témoignage judiciaire, ou plus largement toute assertion fausse rapportée comme vraie — les deux portées restent compatibles avec la seule grammaire du verset.
- bi-l-laghwi
- racine *l-gh-w*, précédent déjà établi (S2:225, déjà publiée : *al-laghw*, la parole vide de portée et non délibérée, par contraste avec l'engagement du cœur).
- marrū kirāmā
- racine *k-r-m*, très largement établie pour ce qui est dit d'Allaah (*Karīm*), ici appliquée à une conduite humaine. Première occurrence de cette application humaine précise. **Dit** : le texte ne décrit ni l'indifférence ni la participation à la parole vaine croisée, mais un passage qui préserve sa propre tenue — ni s'y arrêter, ni s'en indigner bruyamment.
S.25:73 · La réceptivité aux āyāt du Rabb
- lam yakhirrū ʿalayhā ṣumman wa-ʿumyānā
- racine *kh-r-r* : s'effondrer, tomber lourdement. Première occurrence développée de cette racine. **Dit, par litote** : le texte décrit, en la niant, une attitude de rejet total et sourd envers les signes rappelés (une chute inerte, sans la moindre réceptivité) — niant cette attitude chez les *ʿibād ar-Raḥmān*, il affirme ainsi, en creux, leur réceptivité attentive, sans la décrire davantage par un terme positif direct.
S.25:74 · L’invocation pour les épouses, la descendance, et l’exemplarité
- qurrata aʿyunin
- racine *q-r-r* (se fixer, s'apaiser) appliquée à l'œil : ce qui apaise le regard au point de le fixer sans plus chercher ailleurs — une image classique de la satisfaction la plus complète. Première occurrence développée de cette expression.
- imāman
- racine *ʾ-m-m*, précédent déjà établi pour ce même terme appliqué à Ibrāhīm (S2:124, déjà publiée : conservé en translittération, la fonction précise que recouvre cette *imāma* conférée par Allaah restant un non-dit de ce seul verset). **Point de méthode, par distinction de registre** : l'emploi de ce verset-ci diffère par sa nature — non une fonction conférée par Allaah à titre singulier, mais une aspiration formulée à la première personne par de simples croyants, se voulant une référence et un exemple pour d'autres *muttaqūn*. Ce Bloc retient ici une traduction directe (« modèle »), le sens restant, dans ce registre d'aspiration humaine, suffisamment circonscrit par le contexte pour ne pas requérir la conservation en translittération retenue pour S2:124.
La rétribution de la ghurfa, et la clôture de la Sourate · S25:75–77
S.25:75–76 · La rétribution de la ghurfa — accueil de paix, demeure éternelle
Point de structure — ulāʾika, l’apodose de tout le portrait. Le démonstratif ulāʾika (« ceux-là ») qui ouvre S25:75 ne se rattache pas à la seule invocation de S25:74 qui précède immédiatement, mais à l’ensemble de la chaîne des relatives égrenée depuis S25:63 (ce Bloc) : c’est l’intégralité du portrait des ʿibād ar-Raḥmān qui reçoit ici sa rétribution.
- al-ghurfata
- racine *gh-r-f*. **Note de linguistique pure, deux sens distincts d'une même racine, sans parenté de signification.** Le même radical désigne, d'une part, le geste de puiser ou de recueillir dans le creux de la main (*ightarafa ghurfatan bi-yadihi*, S2:249, déjà publiée : « puiser une poignée d'eau de sa main ») et, d'autre part, la chambre haute, la pièce élevée d'une demeure (*ghurfa*, sens retenu ici). Les lexicographes classiques rattachent les deux à l'idée commune d'un prélèvement ou d'une élévation localisée, sans qu'il y ait pour autant identité de sens entre les deux emplois. Ce Bloc signale la distinction pour prévenir toute confusion entre ces deux occurrences du même radical.
- taḥiyyatan wa-salāmā
- *taḥiyya*, racine *ḥ-y-y*, précédent déjà établi (S4:86, déjà publiée : « *wa-idhā ḥuyyītum bi-taḥiyyatin fa-ḥayyū bi-aḥsana minhā* », la formule de salutation réciproque entre humains). Ici, c'est l'accueil reçu dans la *ghurfa* elle-même qui est qualifié par ce même mot, associé à *salām*.
- ḥasunat mustaqarran wa-muqāmā
- voir la note déjà posée en S25:66, ce Bloc, sur le même couple *mustaqarr*/*muqām* qualifiant, là, Jahannam par *sāʾat* (« quel mauvais… »). **Dit** : ce verset referme le parallélisme antithétique annoncé — la même paire de mots, retournée en son contraire exact, pour les deux destinations opposées décrites dans ce Bloc.
S.25:77 · Clôture — le poids de l’humanité sans son invocation
- mā yaʿbaʾu bikum rabbī
- racine *ʿ-b-ʾ* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : le fardeau, la charge que l'on porte (*ʿibʾ*) ; de là, *mā ʿabaʾtu bihi* : je ne lui ai pas accordé de poids, je ne m'en suis pas chargé. Première occurrence développée de cette racine. **Dit** : le texte pose, par l'image même du poids porté, que l'invocation (*duʿāʾ*) des humains est ce qui leur donne un poids digne d'attention — **non-dit** : la nature exacte de ce que serait l'inverse (l'absence totale de toute considération) n'est pas davantage développée par ce seul verset.
- fa-sawfa yakūnu lizāmā
- racine *l-z-m* : s'attacher inséparablement, adhérer sans possibilité de détachement (d'où *lāzim*, ce qui est nécessaire et ne peut être écarté). Première occurrence développée de cette racine. **Non-dit** : ce seul verset ne nomme pas explicitement la nature de ce qui « s'attachera » ainsi de façon inévitable à ceux qui ont démenti (le châtiment déjà décrit plus haut dans cette Sourate, par cohérence d'ensemble, en étant le candidat le plus immédiat, sans que ce verset ne l'affirme nommément lui-même).