Structure du Bloc II. Cinq ensembles, qui achèvent le récit de Mūsā ouvert au Bloc I. D’abord l’assemblée des notables autour de Firʿawn, et le rassemblement, dans les cités, de tout sāḥir savant pour la confrontation (S26:34–42). Puis le duel des signes lui-même : Mūsā invite les saḥara à jeter les premiers, les cordes et bâtons jetés au nom de la force de Firʿawn, le bâton de Mūsā qui engloutit leur fabrication (S26:43–46). Puis le retournement : les saḥara, prosternés, déclarent reconnaître le Rabb de Mūsā et de Hārūn — précisément ce que Firʿawn avait refusé de reconnaître au Bloc I —, la menace d’amputation croisée et de crucifixion, et leur réponse d’une sérénité totale (S26:47–51). Puis l’exode nocturne ordonné à Mūsā, et la mobilisation de Firʿawn à la poursuite d’« une bande dérisoire » (S26:52–60). Enfin le dénouement : les deux groupes se font face, la mer fendue par le bâton, Mūsā et les siens sauvés, Firʿawn et les siens noyés — clôturé par le même refrain qu’au Bloc I (S26:61–68).
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.26:34 | Firʿawn à l’assemblée — « un sāḥir savant » |
| S.26:35 | L’accusation : vous faire sortir de votre terre |
| S.26:36–37 | Le conseil de l’assemblée — ajourner, rassembler tout saḥḥār |
| S.26:38–39 | Le rassemblement, pour le rendez-vous d’un jour fixé |
| S.26:40 | L’espoir du peuple — suivre les saḥara s’ils l’emportent |
| S.26:41–42 | La demande d’un ajr — la promesse d’être du nombre des rapprochés |
| S.26:43 | Mūsā aux saḥara : « Jetez ce que vous avez à jeter » |
| S.26:44 | Les saḥara jettent, au nom de la force de Firʿawn |
| S.26:45 | Le bâton de Mūsā engloutit leur fabrication |
| S.26:46 | Les saḥara jetés, prosternés |
| S.26:47–48 | « Nous reconnaissons le Rabb des ʿālamīn — le Rabb de Mūsā et de Hārūn » |
| S.26:49 | La menace de Firʿawn — amputation croisée, crucifixion |
| S.26:50–51 | La réponse des saḥara — nul mal, l’espoir du pardon |
| S.26:52 | L’exode nocturne ordonné à Mūsā |
| S.26:53 | Firʿawn mobilise de nouveau les rassembleurs |
| S.26:54–56 | « Une bande dérisoire » — vexation, vigilance |
| S.26:57–59 | Jardins, sources, trésors, séjour noble — l’héritage des Banū Isrāʾīl |
| S.26:60 | La poursuite, au lever du soleil |
| S.26:61 | Les deux groupes se font face — la crainte d’être rattrapés |
| S.26:62 | Mūsā : « Mon Rabb est avec moi — Il me guidera » |
| S.26:63–64 | La mer fendue — chaque partie comme une montagne immense |
| S.26:65–66 | Mūsā et les siens sauvés, les autres noyés |
| S.26:67–68 | Un signe — mais la plupart ne croient pas ; al-ʿAzīz, ar-Raḥīm |
1. L’assemblée des notables, et le rassemblement des saḥara · S26:34–42
S.26:34 · Firʿawn à l’assemblée — « un sāḥir savant »
- al-malaʾ
- racine *m-l-ʾ* (remplir) : l'assemblée des notables, ceux qui « remplissent » le corps dirigeant par leur rang — terme déjà établi. **Point de transparence** : le Bloc I de cette sourate avait désigné cet entourage de Firʿawn par la simple périphrase *li-man ḥawlahu* (S26:25), en signalant explicitement que le texte réserverait peut-être, ailleurs, le terme *al-malaʾ* nommément — ce verset confirme cette attente : c'est bien *al-malaʾ* qui est ici nommé.
- sāḥir
- racine *s-ḥ-r* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) rattache le terme à l'idée de ce dont la cause est cachée, subtile, et qui se présente sous un aspect autre que sa réalité : un détournement de la perception. Conservé en translittération : « magie »/« sorcellerie » en français portent un imaginaire folklorique que la racine arabe ne pose pas nécessairement.
S.26:35 · L’accusation : vous faire sortir de votre terre
- taʾmurūn
- racine *ʾ-m-r* (ordonner, décider) : Firʿawn sollicite ici une décision de l'assemblée, non une simple opinion — le verbe pose un rapport de délégation, cohérent avec la fonction de conseil que ce Bloc attribue à *al-malaʾ*.
S.26:36–37 · Le conseil de l’assemblée — ajourner, rassembler tout saḥḥār
- arjih
- racine *r-j-ʾ/r-j-w* : les lexicographes classiques (dont Ibn Manẓūr) glosent cette forme, à cet endroit précis, par *akhkhirhu* — « diffère-le », accorde-lui un délai. Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) rattache l'ensemble de la racine à une seule idée-mère, celle d'une extension vers un point à venir : l'espoir (*rajāʾ*) est une attente projetée dans l'avenir, le report (*irjāʾ*) en est le même mouvement appliqué à une décision qu'on repousse plutôt qu'à un espoir qu'on entretient — deux branches d'une même racine.
- ḥāshirīn
- racine *ḥ-sh-r* (rassembler, mener vers un même lieu). **Point de transparence** : cette même racine donne, ailleurs dans le Coran, le nom du Rassemblement eschatologique (*al-ḥashr*) — ici, l'emploi est purement administratif (des agents chargés de rassembler des hommes dans les cités), sans aucun rapport avec ce sens second ; ce Bloc ne les fusionne pas.
- saḥḥār
- forme intensive (*faʿʿāl*) de *sāḥir* (S26:34, ce Bloc) : non pas simplement « un *sāḥir* », mais un *sāḥir* d'une habileté consommée, un expert du *siḥr*. La distinction morphologique entre les deux formes est volontaire : l'assemblée réclame, face à Mūsā, ce qu'il y a de plus accompli dans cet art.
S.26:38–39 · Le rassemblement, pour le rendez-vous d’un jour fixé
- mīqāt
- racine *w-q-t* (*waqt*, le temps) : un point de temps fixé à l'avance pour une rencontre — un rendez-vous précis, non un moment approximatif.
- an-nās
- terme générique pour « les gens » — première occurrence de ce mot dans ce Bloc ; il désigne ici la population invitée à assister publiquement à la confrontation, sans restriction de rang (à la différence d'*al-malaʾ*, S26:34, ce Bloc, qui désigne spécifiquement les notables).
S.26:40 · L’espoir du peuple — suivre les saḥara s’ils l’emportent
- al-ghālibīn
- racine *gh-l-b* (l'emporter, prévaloir). **Dit** : ce seul verset rapporte une anticipation du peuple rassemblé, conditionnée à une victoire encore à venir — non-dit, ce verset ne précise pas si cet espoir est partagé par l'ensemble des gens rassemblés ou par une partie seulement.
S.26:41–42 · La demande d’un ajr — la promesse d’être du nombre des rapprochés
- ajr
- racine *ʾ-j-r* : la rémunération convenue pour un service rendu. **Point de transparence** : cet emploi est ici purement transactionnel et mondain — un salaire négocié par des artisans du *siḥr* avant même de savoir pour quel maître ils travaillent réellement —, à distinguer du registre dans lequel ce même mot reviendra pour la rétribution que Mūsā lui-même refusera de réclamer aux siens (hors du périmètre de ce Bloc).
- al-muqarrabīn
- racine *q-r-b* (être proche) : ceux que l'on fait approcher, les intimes d'une cour. **Point de transparence, aucune règle absolue en jeu** : cette proximité est ici purement mondaine — l'entrée dans le cercle rapproché de Firʿawn —, à ne pas confondre avec l'emploi du même terme, ailleurs dans le Coran, pour désigner ceux qu'Allaah rapproche de Lui dans l'*ākhira* (hors du périmètre de ce Bloc) : la racine est identique, le registre entièrement distinct.
2. La confrontation des signes · S26:43–46
S.26:43 · Mūsā aux saḥara : « Jetez ce que vous avez à jeter »
- alqū … mulqūn
- racine *l-q-y* (jeter) : **Dit** — Mūsā laisse délibérément l'initiative aux *saḥara*, sans imposer l'ordre de passage ; ce même verbe (*alqā*) structure, par sa répétition, l'ensemble de la scène qui suit (S26:44, S26:45, S26:46, ce Bloc).
S.26:44 · Les saḥara jettent, au nom de la force de Firʿawn
- ʿizzati firʿawna
- racine *ʿ-z-z* : la force qui ne connaît pas de contrainte extérieure. **Point de structure, cohérence intra-coranique.** Cette même racine qualifie, dans le refrain qui clôt chacun des huit mouvements de cette sourate (S26:8–9, Bloc I ; S26:67–68, ce Bloc), ce que l'on peut dire lorsqu'on parle du Rabb — *al-ʿAzīz*. Les *saḥara* jurent ici par la *ʿizza* d'un homme ; le texte referme, quelques versets plus loin, le récit entier sur l'affirmation que c'est le Rabb, et nul autre, qui est *al-ʿAzīz* — un contraste que ce Bloc signale sans l'expliciter autrement que par cette proximité lexicale voulue par le texte lui-même.
S.26:45 · Le bâton de Mūsā engloutit leur fabrication
- talqafu
- racine *l-q-f* (saisir vivement, happer, avaler d'un coup) : le même verbe décrit cette scène identique dans d'autres passages coraniques consacrés au même épisode (hors du périmètre actuellement traduit) — une cohérence de vocabulaire pour un seul et même geste.
- yaʾfikūn
- racine *ʾ-f-k* : détourner une chose de sa forme ou de sa vérité, l'inverser en son contraire. Cette même racine donne, ailleurs dans le Coran, le nom *al-ifk* — la grave accusation calomnieuse déjà traitée (S24:11–20) : dans les deux emplois, un même noyau de sens, celui d'un renversement du réel en son apparence inverse — ici, des cordes et des bâtons inertes donnés à voir comme des serpents mouvants ; là, un propos construit pour faire passer le faux pour vrai. Ce Bloc rend *yaʾfikūn* par « fabriquer par artifice » plutôt que par « mentir », pour conserver ce sens précis de renversement perceptif.
S.26:46 · Les saḥara jetés, prosternés
- ulqiya
- forme passive du même verbe *alqā* qui structure toute la scène (S26:43–45, ce Bloc) — mais ici, ce ne sont plus les *saḥara* qui jettent : ils sont eux-mêmes « jetés » dans la prosternation. **Dit** : le texte choisit délibérément cette tournure passive plutôt qu'un verbe de mouvement volontaire (« ils se prosternèrent ») — une bascule immédiate et sans délibération rapportée. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas la nature exacte de ce qui a produit ce basculement (la seule évidence du signe, ou autre chose) ; au-delà de ce que le choix même du passif suggère, toute précision relèverait de l'*inférence*.
- sājidīn
- racine *s-j-d* : se prosterner, front contre terre — terme déjà conservé en translittération pour ce même geste.
3. La conversion des saḥara, et la menace de Firʿawn · S26:47–51
S.26:47–48 · « Nous reconnaissons le Rabb des ʿālamīn — le Rabb de Mūsā et de Hārūn »
- āmannā bi-rabbi l-ʿālamīn
- **Point de structure, retournement voulu par le texte.** Cette déclaration répond très exactement à la question que Firʿawn avait posée au Bloc I de cette sourate — *wa-mā rabbu l-ʿālamīn* (« et qu'est-ce donc que le Rabb des *ʿālamīn* ? », S26:23) —, et à laquelle il n'avait lui-même jamais répondu autrement qu'en déplaçant le débat (accusation de folie, menace d'emprisonnement, S26:27/29, Bloc I). Ce sont ici les hommes mêmes que Firʿawn avait convoqués pour vaincre Mūsā qui, les premiers, répondent à sa propre question — et nomment en plus, pour préciser de quel Rabb il s'agit, Mūsā et Hārūn eux-mêmes, par qui ce Rabb s'est fait reconnaître.
S.26:49 · La menace de Firʿawn — amputation croisée, crucifixion
- kabīrukum
- racine *k-b-r* (grandeur, préséance) : ici, non pas l'aîné par l'âge, mais le maître qui a formé les autres dans un art — Firʿawn feint d'accuser Mūsā d'être, depuis toujours, le véritable instructeur des *saḥara* qu'il venait pourtant tout juste de convoquer contre lui. **Non-dit** : le texte ne donne aucune suite à cette accusation, qui se présente comme une pure rhétorique de disqualification, au même titre que l'accusation de folie déjà rencontrée au Bloc I (S26:27).
- la-uqaṭṭiʿanna aydiyakum wa-arjulakum min khilāfin wa-la-uṣallibannakum ajmaʿīn
- racine *q-ṭ-ʿ* (couper) et *khilāf* (racine *kh-l-f*, l'opposition, l'alternance). **Point de méthode, cohérence intra-coranique, aucune ambiguïté théologique.** Cette même construction — l'amputation croisée des mains et des pieds, assortie de la crucifixion — reparaît, presque mot pour mot, comme la sentence (*jazāʾ*) que le Coran prescrit pour quiconque « fait la guerre à Allaah et à Son *rasūl* et se répand sur la terre en *fasād* » (S5:33). Ici, c'est Firʿawn, un tyran humain, qui profère le premier cette même formule contre des hommes dont le seul fait est d'avoir reconnu leur Rabb — un renversement de rôles que ce Bloc signale par souci d'exhaustivité lexicale, sans y voir une dépendance littéraire établie entre les deux passages, seulement une consonance frappante entre une menace tyrannique et une sentence que le texte posera ailleurs comme légitime contre un tout autre fait.
S.26:50–51 · La réponse des saḥara — nul mal, l’espoir du pardon
- lā ḑayra
- racine *ḑ-y-r*, rare dans le Coran : une formule figée exprimant l'absence totale de dommage — « il n'y a pas de mal [à cela] », une indifférence complète devant la menace qui vient d'être proférée.
- munqalibūn
- racine *q-l-b* (tourner, retourner) : un retour qui se dit par l'image du retournement, distincte de la racine *r-j-ʿ* employée ailleurs dans le Coran pour le même mouvement de retour vers le Rabb — une variation lexicale au service d'une même affirmation.
- naṭmaʿu
- racine *ṭ-m-ʿ* : un espoir vif, teinté d'un désir ardent, distinct du simple *rajāʾ* (l'espoir posé, sans cette teinte d'ardeur).
- khaṭāyānā
- pluriel de *khaṭīʾa*, racine *kh-ṭ-ʾ* : manquer la cible, dévier sans nécessairement viser le mal — terme déjà établi, distinct de *ẕulm* (déséquilibre) et de *ithm* (la faute qui engage).
4. L’exode nocturne, et la poursuite · S26:52–60
S.26:52 · L’exode nocturne ordonné à Mūsā
- asri
- racine *s-r-y* : voyager de nuit. **Point de transparence, cohérence intra-coranique** — cette même racine donne, ailleurs dans le Coran, le nom *al-Isrāʾ* (le voyage nocturne du *nabī* Muḥammad, déjà traduit, S17) : un même noyau de sens — un déplacement mené sous couvert de nuit —, appliqué ici à la sortie de Mūsā et des siens hors d'Égypte.
- ʿibādī
- racine *ʿ-b-d* : ceux qui sont dans un rapport de service envers Allaah — terme déjà extensivement établi, distinct de *ʿabbada* (asservir un homme par un autre homme, S26:22, Bloc I, où Mūsā reproche à Firʿawn d'avoir *ʿabbada* les Banū Isrāʾīl).
S.26:53 · Firʿawn mobilise de nouveau les rassembleurs
- ḥāshirīn
- **Point de structure.** Construction presque identique à celle que l'assemblée des notables avait elle-même recommandée contre Mūsā (S26:36, ce Bloc) — Firʿawn mobilise ici le même dispositif, retourné cette fois contre les Banū Isrāʾīl en fuite.
S.26:54–56 · « Une bande dérisoire » — vexation, vigilance
- shirdhima
- racine quadrilitère *sh-r-dh-m*, rare dans le Coran — les lexicographes classiques (dont al-Khalīl ibn Aḥmad, *Kitāb al-ʿAyn*) la glosent comme une petite troupe, un groupe réduit et dispersé de gens, souvent avec une nuance de mépris pour sa faiblesse numérique. Conservé en translittération faute d'équivalent français à la fois bref et fidèle à cette nuance.
- ghāʾiẓūn
- racine *gh-y-ẓ* : une irritation intérieure, une colère contenue qui emplit la poitrine — Ibn Manẓūr la distingue du *ghaḑab* (la colère qui se manifeste au-dehors) : ici, ce que les Banū Isrāʾīl en fuite suscitent chez Firʿawn et les siens est de cet ordre intérieur et rongeant.
- ḥādhirūn
- racine *ḥ-dh-r* : la précaution, la vigilance tendue envers ce que l'on redoute — première occurrence développée de cette racine.
S.26:57–59 · Jardins, sources, trésors, séjour noble — l’héritage des Banū Isrāʾīl
- jannāt
- racine *j-n-n* (couvrir, envelopper d'une végétation dense). **Point de transparence** : ce pluriel désigne ici des domaines terrestres égyptiens — un registre purement mondain —, à distinguer du même mot employé ailleurs dans le Coran pour la *janna* eschatologique.
- maqāmin karīm
- *maqām* (racine *q-w-m*, se tenir debout, une position, un rang) et *karīm* (racine *k-r-m*, noble, généreux en son genre — déjà rencontré au Bloc I pour une espèce végétale, S26:7). Un séjour, un rang social, de qualité noble — toujours dans ce même registre mondain.
- awrathnāhā
- racine *w-r-th* (hériter). **Non-dit** : ce seul verset ne précise ni le moment ni les modalités exactes de cet héritage des Banū Isrāʾīl — immédiatement après la noyade de Firʿawn, ou plus tard, lors d'une installation ultérieure — question que ce Bloc laisse ouverte, cohérente avec le silence déjà observé sur des points similaires ailleurs.
S.26:60 · La poursuite, au lever du soleil
- mushriqīn
- racine *sh-r-q* (le soleil qui se lève) — même racine que *al-mashriq* (« l'orient », S26:28, Bloc I) : un écho lexical qui situe précisément dans le temps le moment de cette poursuite, à l'heure même où le soleil entre en sa course.
5. Le passage de la mer — dénouement du récit de Mūsā · S26:61–68
S.26:61 · Les deux groupes se font face — la crainte d’être rattrapés
- mudrakūn
- racine *d-r-k* (atteindre, rattraper, saisir par la poursuite). **Point de transparence, aucune portée théologique.** Cette même racine revient ailleurs dans le Coran dans un tout autre registre — à propos du regard qui ne « saisit » pas le Rabb (point déjà traité, sourate antérieure). Ici, l'emploi est purement militaire : être rattrapé par des poursuivants sur le terrain ; ce Bloc signale la parenté de racine par seul souci de cohérence lexicale d'ensemble, sans qu'aucun rapprochement de sens ne soit suggéré entre les deux emplois.
S.26:62 · Mūsā : « Mon Rabb est avec moi — Il me guidera »
- maʿiya rabbī
- **Point de méthode, aucune connotation spatiale.** Cette présence du Rabb « avec » Mūsā relève du même registre que des formules déjà rencontrées (« Allaah est avec les *muttaqīn* », « Allaah est avec les *ṣābirūn* » — déjà publiées) : un soutien, un appui apporté, non une proximité physique ou un lieu partagé. Ce Bloc conserve cette lecture constante.
S.26:63–64 · La mer fendue — chaque partie comme une montagne immense
- fa-nfalaqa
- racine *f-l-q* (fendre, cliver). **Point de méthode, cohérence intra-coranique.** Un autre passage coranique, pour le même événement, emploie le verbe *faraqnā* (racine *f-r-q*, séparer, distinguer — S2:50, déjà publiée) : deux racines distinctes pour un seul et même événement. Or le mot employé ici même pour désigner « chaque partie » de la mer fendue est *firq* — qui appartient précisément à cette seconde racine *f-r-q*. Le texte semble ainsi convoquer, en un seul passage, les deux racines employées séparément ailleurs pour ce même événement — une convergence lexicale que ce Bloc signale sans y voir davantage qu'une cohérence de vocabulaire autour d'un même fait.
- ṭawd
- racine *ṭ-w-d* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : *al-jabalu l-ʿaẕīm*, la montagne immense, fermement dressée. Première occurrence développée de ce terme.
- azlafnā
- racine *z-l-f* : faire approcher, avancer vers un point. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas la part exacte de contrainte ou de libre mouvement dans cette avancée de l'armée de Firʿawn vers la mer fendue — il rapporte seulement le fait de leur approche, dont l'issue sera donnée au verset suivant (S26:66, ce Bloc).
S.26:65–66 · Mūsā et les siens sauvés, les autres noyés
- anjaynā … aghraqnā
- **Dit** : le texte pose les deux issues l'une après l'autre, dans un parallélisme serré — le salut total d'un côté (*ajmaʿīn*, « tous ensemble »), la noyade de l'autre, sans qu'aucun nom propre ne soit donné pour « les autres » au-delà de ce que les versets précédents ont déjà établi (Firʿawn et ceux qui le suivaient, S26:53/60, ce Bloc).
S.26:67–68 · Un signe — mais la plupart ne croient pas ; al-ʿAzīz, ar-Raḥīm
- al-ʿAzīz, ar-Raḥīm
- **Deuxième occurrence du refrain structurel de cette sourate** (annoncé au Bloc I, S26:8–9 : ce couple de versets revient à l'identique huit fois, clôturant chacun des huit mouvements narratifs de la sourate — le récit de Mūsā s'achève ici sur sa seconde occurrence). *Al-ʿAzīz* (racine *ʿ-z-z*, la force qui ne connaît pas de contrainte) et *ar-Raḥīm* (racine *r-ḥ-m*) sont conservés en translittération, conformément à la règle constante pour ce que l'on peut dire lorsqu'on parle du Rabb. Voir, à S26:44 (ce Bloc), le rapprochement déjà signalé entre cette *ʿizza* véritablement due au Rabb et la *ʿizza* de Firʿawn invoquée en vain par les *saḥara* avant leur conversion.