Structure du Bloc III. Quatre ensembles, qui ouvrent le récit d’Ibrāhīm au sein de cette sourate. D’abord la confrontation avec son père et son peuple sur l’adoration des idoles — questions posées, réponse de tradition reçue, et le constat final qui les désigne comme un ennemi, à l’exception du Rabb des ʿālamīn (S26:69–77). Puis la parole même d’Ibrāhīm sur ce qui le lie à son Rabb — une énumération de ce qu’Il fait pour lui, suivie d’une supplication qui va du ḥukm demandé jusqu’à l’annonce du jour où seul un cœur intact aura prix (S26:78–89). Puis la scène du Jour elle-même : le jardin rapproché pour les muttaqīn, la fournaise exposée à découvert pour les égarés, et la question qui leur est posée sur ce qu’ils adoraient (S26:90–95). Enfin la dispute de ceux qui sont jetés dans le Feu avec ce qu’ils adoraient — aveu de l’égarement, absence de shāfiʿ et d’ami, souhait d’un retour — close par le même refrain qui ponctue chacun des huit mouvements de cette sourate (S26:96–104).
Rappel de méthode, première occurrence dans ce Bloc — « Ce qui » pour Allaah. La séquence S26:78–82 attribue au Rabb d’Ibrāhīm une suite d’actions par la construction relative alladī (« celui qui… »). Conformément à la règle constante, cette relative est rendue par « Ce qui » plutôt que « Celui qui » lorsqu’elle attribue une action à Allaah : en français, le neutre absolu s’exprime par la locution « ce qui »/« ce que », non par « celui qui » — pronom masculin qui désignerait une personne. Le pronom ordinaire « Il »/« Lui » reste, lui, employé normalement là où le texte emploie huwa en reprise du sujet (ainsi à S26:78 : fa-huwa yahdīn, « c’est Lui qui me guide ») ou dans une construction conditionnelle sans relative substantive (S26:80 : fa-huwa yashfīn, « c’est Lui qui me guérit »).
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.26:69 | « Et récite-leur le récit d’Ibrāhīm » |
| S.26:70 | « Qu’adorez-vous ? » |
| S.26:71 | « Nous adorons des idoles, et nous leur demeurons attachés » |
| S.26:72–73 | Vous entendent-elles ? Vous profitent-elles, ou vous nuisent-elles ? |
| S.26:74 | « Nous avons trouvé nos pères agissant ainsi » |
| S.26:75–77 | « Ils sont pour moi un ennemi — sauf le Rabb des ʿālamīn » |
| S.26:78–79 | Ce qui l’a créé, le guide, le nourrit, l’abreuve |
| S.26:80–82 | Ce qui le guérit, le fait mourir puis revivre, et dont il espère le pardon |
| S.26:83 | « Accorde-moi un ḥukm, et fais-moi rejoindre les ṣāliḥīn » |
| S.26:84 | « Accorde-moi une renommée de vérité parmi ceux qui viendront » |
| S.26:85 | « Fais de moi un héritier du jardin du naʿīm » |
| S.26:86 | « Pardonne à mon père — il était des égarés » |
| S.26:87 | « Ne m’humilie pas le jour où ils seront ressuscités » |
| S.26:88–89 | Le jour où seul profite un cœur intact (qalb salīm) |
| S.26:90–91 | Le jardin rapproché, la fournaise exposée à découvert |
| S.26:92–93 | « Où est ce que vous adoriez ? » |
| S.26:94–95 | Culbutés dans le Feu avec les égarés et les troupes d’Iblīs |
| S.26:96–98 | « Par Allaah, nous étions dans un égarement manifeste » |
| S.26:99–101 | « Nul shāfiʿ, nul ami chaleureux pour nous » |
| S.26:102 | « Si seulement nous avions un retour ! » |
| S.26:103–104 | Le refrain de clôture — un signe, al-ʿAzīz, ar-Raḥīm |
1. Ibrāhīm face à son père et à son peuple · S26:69–77
S.26:69 · « Et récite-leur le récit d’Ibrāhīm »
- nabaʾ
- racine *n-b-ʾ* : une nouvelle, un récit digne d'être rapporté pour son importance — distinct de *qiṣṣa* (le récit suivi) par l'accent mis sur la portée de ce qui est annoncé, non sur son déroulé. Première occurrence développée de cette racine.
S.26:70 · « Qu’adorez-vous ? »
S.26:71 · « Nous adorons des idoles, et nous leur demeurons attachés »
- aṣnām
- pluriel de *ṣanam* (idole, statue façonnée). Les lexicographes classiques hésitent sur l'origine même de ce mot — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) ne lui trouve pas de racine triconsonantique arabe assurée, et certains le tiennent pour un terme ancien déjà fixé dans la langue plutôt que dérivé d'un verbe arabe reconnu — à la différence de *wathan* (l'idole comme chose érigée, de *wathana*, fixer), que ce seul verset n'emploie pas.
- ʿākifīn
- racine *ʿ-k-f* : s'attacher à un lieu ou à une chose, s'y maintenir avec constance (d'où l'*iʿtikāf*, la retraite assidue). Même terme déjà établi pour ceux qui se maintiennent dans la Maison d'Ibrāhīm en dévotion (*al-ʿākifīn*, S2:125/187, déjà publiées) — ici, la même assiduité qualifie, à l'inverse, l'attachement du peuple d'Ibrāhīm à des idoles. Ce Bloc ne fusionne pas les deux emplois : même racine, objet radicalement opposé.
S.26:72–73 · Vous entendent-elles ? Vous profitent-elles, ou vous nuisent-elles ?
S.26:74 · « Nous avons trouvé nos pères agissant ainsi »
- wajadnā ābāʾanā ka-dhālika yafʿalūn
- **Dit :** la réponse ne porte aucune justification propre — elle invoque seulement la pratique héritée (*wajadnā*, nous avons trouvé) comme fondement suffisant, sans répondre aux trois questions précises que Ibrāhīm vient de poser (S26:72–73, ce Bloc).
S.26:75–77 · « Ils sont pour moi un ennemi — sauf le Rabb des ʿālamīn »
- al-aqdamūn
- racine *q-d-m* (précéder, être en avant) : les plus anciens, les plus reculés dans le temps — superlatif appliqué ici aux générations d'aïeux, au-delà des seuls pères déjà nommés en S26:74.
- ʿaduwwun lī
- racine *ʿ-d-w* (dépasser une limite, aller au-delà avec hostilité) — d'où l'ennemi. **Point de grammaire :** *ʿaduww* est ici un singulier à valeur collective, appliqué à l'ensemble des idoles qui viennent d'être évoquées au pluriel (*mā kuntum taʿbudūn*) — une forme attestée en arabe classique pour un nom qui désigne une qualité plutôt qu'un dénombrement.
- illā rabba l-ʿālamīn
- **Point de grammaire notable :** la particule *illā* introduit ici une exception disjointe (*istiṫnāʾ munqaṫiʿ*) — le Rabb des *ʿālamīn* n'appartenait pas, avant cette particule, à l'ensemble des choses adorées qui viennent d'être qualifiées d'ennemi : la construction pose un contraste total (ennemi / non-ennemi), non une soustraction à l'intérieur d'un même ensemble. Même désignation *rabb al-ʿālamīn* déjà établie au Bloc I de cette sourate (S26:16/23–28) — *rabb* n'est jamais rendu par « Seigneur », mais conservé en translittération.
2. La parole d’Ibrāhīm sur ce qui le lie à son Rabb, et sa supplication · S26:78–89
S.26:78–79 · Ce qui l’a créé, le guide, le nourrit, l’abreuve
- alladhī khalaqanī fa-huwa yahdīn
- voir le rappel de méthode en tête de ce Bloc sur le rendu de *alladhī* appliqué à Allaah par « Ce qui ». **Dit :** Ibrāhīm énumère ici, dans l'ordre, la création puis la guidance (*hidāya*) comme deux actes distincts et successifs de son Rabb.
- yuṭʿimunī wa-yasqīn
- racines *ṭ-ʿ-m* (nourrir) et *s-q-y* (abreuver) — première occurrence développée de ce couple, appliqué ici à la subsistance la plus élémentaire reçue d'Ibrāhīm.
S.26:80–82 · Ce qui le guérit, le fait mourir puis revivre, et dont il espère le pardon
- wa-idhā mariḑtu fa-huwa yashfīn
- **Point de structure grammaticale, analyse purement linguistique.** Dans toute la série qui court de S26:78 à S26:81, chaque action est directement rattachée au Rabb par un sujet explicite (*alladhī*/*huwa* : Il crée, Il guide, Il nourrit, Il abreuve, Il fait mourir, Il fait revivre) — à une seule exception : le verbe *mariḑtu* (« je suis malade »), à la première personne, sans agent causal exprimé. Le texte ne rattache donc pas, par sa seule construction grammaticale, la maladie elle-même au Rabb de la même façon que les autres actes de cette série — seule la guérison qui en répond (*fa-huwa yashfīn*) Lui est explicitement rapportée. Ce Bloc relève cette asymétrie syntaxique sans l'interpréter davantage : **dit**, la dissymétrie des sujets grammaticaux ; **non-dit**, toute conclusion sur l'origine de la maladie elle-même, que ce seul verset ne pose pas.
- yashfīn
- racine *sh-f-y* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) rattache l'ensemble de cette racine à une seule idée-mère : le bord, la limite extrême d'une chose (*shafā*, le bord d'un précipice ou le dernier moment d'une chose qui s'achève). Le *shifāʾ* (la guérison) serait ainsi le passage hors de la limite, hors du bord de la maladie. Première occurrence développée de cette racine.
- yumītunī thumma yuḥyīn
- précédent direct déjà établi pour la même paire verbale, dans l'ordre inverse (*yuḥyī wa-yumīt*, S2:258, déjà publiée, le débat d'Ibrāhīm avec celui qui disputait de son Rabb) — ici, Ibrāhīm applique à lui-même, dans l'ordre mort puis vie, la même capacité déjà revendiquée face à ce contradicteur.
- aṭmaʿu
- racine *ṭ-m-ʿ* : un espoir vif, teinté d'un désir ardent — distinct du simple *rajāʾ* (l'espoir posé, sans cette teinte). Même racine reprise par les saḥara convertis au Bloc II de cette sourate (*naṭmaʿu*, S26:51) pour espérer, eux aussi, le pardon de leurs fautes.
- khaṭīʾatī
- racine *kh-ṭ-ʾ* : manquer la cible, s'écarter du droit sans viser délibérément le mal — distinct de *ẓulm* (déséquilibre) et de *ithm* (la faute qui engage lourdement). Forme singulière de la même racine déjà rencontrée au pluriel dans cette sourate (*khaṭāyānā*, Bloc II, S26:51).
- yawma d-dīn
- déjà établi (Fātiḥa, S1:4, déjà publiée) : *dīn* conservé en translittération — ni « jugement » ni « religion » ne couvrent seuls tout le champ du terme.
S.26:83 · « Accorde-moi un ḥukm, et fais-moi rejoindre les ṣāliḥīn »
- ḥukman
- racine *ḥ-k-m* : voir, pour l'analyse complète de cette racine, le Bloc I de cette sourate (S26:21) et l'étude dédiée [Le Nabī n'est pas législateur](/etudes/nabi-legislateur/), qui établit que le *ḥukm* n'appartient qu'à Allaah. **Point de méthode :** ici, Ibrāhīm ne revendique pas un *ḥukm* de son propre chef — il le demande (*hab lī*, « accorde-moi ») comme un don que seul son Rabb peut lui faire, ce qui est cohérent avec ce principe plutôt que contraire à lui : le *ḥukm* reste ce que le Rabb seul dispense, y compris à un nabī.
- alḥiqnī bi-ṣ-ṣāliḥīn
- racine *l-ḥ-q* (joindre, faire parvenir à rejoindre un groupe) : la demande porte sur une appartenance à venir, non sur une qualité déjà acquise. *Ṣāliḥīn* : terme déjà établi pour ceux dont l'agir est droit.
S.26:84 · « Accorde-moi une renommée de vérité parmi ceux qui viendront »
- lisāna ṣidqin
- littéralement « une langue de vérité » — idiome de l'arabe classique qui ne désigne pas l'organe, mais une mention favorable et véridique laissée dans la bouche des générations à venir : un renom durable et exact. Précédent exact déjà établi pour la même expression, accordée à Ibrāhīm lui-même en réponse à cette demande (*wa-jaʿalnā lahum lisāna ṣidqin ʿaliyyā*, S19:50) — ce Bloc porte le sens visé plutôt que le calque littéral.
- al-ākhirīn
- racine *ʾ-kh-r* (ce qui vient après, ce qui est dernier) : les générations futures, par contraste avec *al-aqdamūn* (S26:76, ce Bloc) — les deux extrémités du temps, les tout premiers ancêtres et ceux qui viendront bien après, encadrent ainsi la figure d'Ibrāhīm.
S.26:85 · « Fais de moi un héritier du jardin du naʿīm »
- warathati jannati n-naʿīm
- racine *w-r-th* (hériter) : même racine qu'un fil lexical déjà suivi ailleurs (S19:6/40/63). *Naʿīm* (racine *n-ʿ-m*, le bienfait, l'aisance comblée) : terme déjà rencontré dans la Fātiḥa (*alladhīna anʿamta ʿalayhim*, S1:7, déjà publiée) — ici substantivé pour qualifier le jardin lui-même.
S.26:86 · « Pardonne à mon père — il était des égarés »
- wa-ghfir li-abī
- **Point de continuité, sans accord nouveau et distinct requis.** Cette demande de pardon pour le père d'Ibrāhīm s'inscrit dans le même ensemble qu'un point déjà signalé : la promesse d'*istighfār* faite par Ibrāhīm à son père (*sa-astaghfiru laka rabbī*, S19:47) et sa résolution rapportée ailleurs (S9:113–114, point d'accord explicite déjà en attente). Ce Bloc ne rouvre pas cette prudence déjà posée sur le sort exact du père — il relève seulement que cette demande, ici formulée dans la bouche même d'Ibrāhīm au sein de son récit propre, appartient au même ensemble textuel.
S.26:87 · « Ne m’humilie pas le jour où ils seront ressuscités »
- lā tukhzinī
- racine *kh-z-y* : l'humiliation, le dévoilement public d'une faute qui couvre de honte. Première occurrence développée de cette racine.
S.26:88–89 · Le jour où seul profite un cœur intact (qalb salīm)
- qalbin salīm
- racine *s-l-m* : être indemne, intact, exempt de toute atteinte — même racine que *silm*/*salām* (l'état d'intégrité, la paix) et *islām* (la remise de soi intègre). *Qalb salīm* : un cœur préservé de toute atteinte. **Dit :** le texte pose l'exception sur l'état du cœur lui-même, non sur la richesse ou la descendance qui viennent d'être nommées. **Non-dit :** ce seul verset ne précise pas la nature exacte de cette intégrité — la cohérence intra-coranique (le *shirk* nommé ailleurs comme *ẓulm ʿaẕīm*, hors du périmètre de ce Bloc) oriente vers une lecture d'absence de *shirk*, sans que ce verset seul ne le formule en ces termes.
3. La scène du Jour : le jardin rapproché, la fournaise exposée · S26:90–95
S.26:90–91 · Le jardin rapproché, la fournaise exposée à découvert
- uzlifati … burrizati
- deux formes passives, sans agent exprimé — racines *z-l-f* (approcher, faire venir près) et *b-r-z* (apparaître en plein jour, sortir de ce qui dissimule). **Dit :** les deux issues sont posées en parallèle structurel exact (un sujet, un verbe passif, un bénéficiaire) ; **non-dit**, ce seul verset ne nomme pas l'agent de ces deux actions, laissé implicite comme dans d'autres passifs déjà rencontrés (*ulqiya*, Bloc II de cette sourate, S26:46).
- al-ghāwīn
- racine *gh-w-y* : l'égarement actif, qui s'engage et s'enfonce — distinct de la simple *ḑalāla* (s'écarter du chemin). Précédent déjà établi pour cette même racine (*ghayy*, S19:59–60 et S2:256, déjà publiée).
S.26:92–93 · « Où est ce que vous adoriez ? »
- wa-qīla
- forme passive sans locuteur nommé — même construction déjà rencontrée pour une parole rapportée sans identification textuelle de qui la prononce (S19:64).
- hal yanṣurūnakum aw yantaṣirūn
- deux formes de la même racine *n-ṣ-r* (secourir) : la forme simple tournée vers autrui (*yanṣurūnakum*, vous secourir), la forme réfléchie tournée vers soi (*yantaṣirūn*, se secourir eux-mêmes) — la question épuise ainsi les deux directions possibles d'un secours, et les deux sont laissées sans réponse par le texte.
S.26:94–95 · Culbutés dans le Feu avec les égarés et les troupes d’Iblīs
- fa-kubkibū
- forme quadrilitère redoublée de la racine *k-b-b* (renverser, jeter face contre terre) : *kubkiba* porte, par son redoublement même, une valeur intensive et répétée — non un simple renversement, mais un culbutement violent et en masse.
- hum … wa-l-ghāwūn … wa-junūdu iblīsa
- **Point de référence grammaticale.** Ce verset distingue trois catégories jetées ensemble dans le Feu : *hum* (« eux »), dont l'antécédent est ce qui fut adoré en dehors d'Allaah (*mā kuntum taʿbudūn*, S26:92–93, ce Bloc) ; *al-ghāwūn*, leurs adorateurs égarés ; et *junūd Iblīs*, les troupes d'Iblīs — une troisième catégorie distincte des deux premières. **Non-dit :** ce seul verset ne précise pas la composition exacte de ces *junūd* (troupes) d'Iblīs — ce Bloc n'importe aucune identification extérieure.
4. La dispute dans le Feu, et la clôture du récit · S26:96–104
S.26:96–98 · « Par Allaah, nous étions dans un égarement manifeste »
- yakhtaṣimūn
- racine *kh-ṣ-m* : être en litige, se disputer — ceux qui furent adorés et ceux qui les adoraient se rejettent désormais mutuellement la faute.
- nusawwīkum
- racine *s-w-y* (égaler, mettre sur un même rang) : les adorateurs confessent avoir placé ce qu'ils adoraient sur le même rang que le Rabb des *ʿālamīn* — reconnaissance, dans le Feu, de ce que le texte nomme ailleurs *shirk*, sans que ce mot ne soit ici employé.
S.26:99–101 · « Nul shāfiʿ, nul ami chaleureux pour nous »
- al-mujrimūn
- racine *j-r-m* : trancher, couper — d'où commettre un acte qui se détache et pèse sur son auteur. Terme déjà établi pour ceux dont l'acte constitue une faute grave.
- fa-mā lanā min shāfiʿīn
- racine *sh-f-ʿ*. → Voir l'étude dédiée [La shafāʿa dans le Coran](/etudes/shafaa/), qui traite déjà nommément ce verset (26:100) parmi les constats des gens du Feu : la racine ne porte pas, dans son sens premier, l'idée de plaidoirie ou de défense, mais celle de se joindre à, de former une paire avec. Ce Bloc conserve donc *shāfiʿīn* en translittération plutôt que « intercesseurs », conformément à cette étude : les gens du Feu constatent ici l'absence de qui se joindrait à eux, non l'absence d'un avocat.
- wa-lā ṣadīqin ḥamīm
- **Précédent exact, cohérence intra-coranique.** Ce même couple — l'absence de *ḥamīm* (ami chaleureux, intime) et de *shafīʿ* — se retrouve, dans le même ordre inversé, en S40:18 (*mā li-ẓ-ẕālimīna min ḥamīmin wa-lā shafīʿin yuṭāʿ*, cité dans l'étude [La shafāʿa dans le Coran](/etudes/shafaa/)) : une formule qui revient, pour qualifier le même dénuement. Racine *ḥ-m-m* : la chaleur intense — ici appliquée, par image, à la dévotion d'un ami proche ; **point de transparence**, cette racine qualifie ailleurs dans le Coran l'eau bouillante du châtiment (hors du périmètre de ce Bloc) — un même noyau de sens (la chaleur), deux registres entièrement distincts, que ce Bloc ne fusionne pas.
S.26:102 · « Si seulement nous avions un retour ! »
- karratan
- racine *k-r-r* : le mouvement de retour au point de départ pour reprendre la séquence depuis son origine. Précédent exact déjà établi pour ce même souhait, dans une construction quasiment identique (*law anna lanā karratan*, S2:167, déjà publiée, où ceux qui ont suivi souhaitent un retour pour se dissocier de ceux qu'ils suivaient). **Non-dit, comme en S2:167 :** le texte ne dit pas que ce retour serait possible — il en rapporte seulement le souhait, sans suite.
S.26:103–104 · Le refrain de clôture — un signe, al-ʿAzīz, ar-Raḥīm
- inna fī dhālika la-āyatan … al-ʿazīzu r-raḥīm
- **Troisième occurrence du refrain structurel de cette sourate** (annoncé au Bloc I, S26:8–9 : ce couple de versets revient à l'identique huit fois, clôturant chacun des huit mouvements narratifs — le récit d'Ibrāhīm s'achève ici sur sa troisième occurrence). *Al-ʿAzīz* et *ar-Raḥīm* restent conservés en translittération, conformément à la règle constante pour ce que l'on peut dire lorsqu'on parle du Rabb.