Structure du Bloc VII — clôture de la Sourate 26. Ce Bloc clôt la sourate après les huit récits narratifs traduits aux Blocs I et IV-VI. D’abord la confirmation de ce qui vient d’être récité : un tanzīl du Rabb des ʿālamīn, descendu par ar-Rūḥ al-Amīn sur le cœur du nabī, en langue arabe manifeste, déjà présent dans les zubur des anciens et reconnu comme signe par les savants des Banī Isrāʾīl (S26:192–197). Puis une hypothèse contrefactuelle sur la langue, et l’endurcissement des mujrimūn jusqu’au châtiment soudain qu’ils cherchent pourtant à hâter (S26:198–204). Puis l’inutilité de tout répit, et le principe qu’aucune cité n’est détruite sans avertisseur (S26:205–209). Puis le rejet explicite de toute origine satanique de ce tanzīl : les shayāṭīn ne le pourraient pas, étant eux-mêmes écartés de l’écoute (S26:210–212). Puis une série de mises en garde et d’ordres adressés directement au nabī : ne pas invoquer un autre ilāh, avertir ses proches, abaisser son aile pour ceux qui le suivent, déclarer son innocence en cas de désobéissance, se reposer sur Ce qui le voit et voit son mouvement parmi ceux qui se prosternent (S26:213–220). Enfin, en antithèse structurelle directe avec l’ouverture de ce Bloc, la question de savoir sur qui, au contraire, descendent réellement les shayāṭīn — tout menteur invétéré et pécheur — puis les poètes et les égarés qui les suivent, à l’exception de ceux qui croient, agissent avec droiture, se souviennent d’Allaah abondamment et se défendent après avoir été lésés (S26:221–227) : ce dernier verset, qui nomme les poètes (ash-shuʿarāʾ), donne son nom traditionnel à la sourate et la clôt tout entière.

Point de méthode — ar-Rūḥ al-Amīn (S26:193), continuité du point déjà ouvert sur l’identité du rūḥ. Ce Bloc applique à cette occurrence la même prudence déjà posée pour tout emploi du terme rūḥ appliqué à une action d’Allaah (rūḥ al-qudus, S2:87/S16:102 ; rūḥun minhu, S4:171 ; rūḥī, S15:29 ; ar-Rūḥ, S17:85, crux majeur non tranché ; rūḥanā, S19:16–17, étendu à S21:91 — tous déjà traités sauf S2:87/S4:171, déjà publiées) : le texte ne précise pas la nature de ce rūḥ au-delà de ce qu’il affirme lui-même, et toute identification à une entité nommée ailleurs dans le Coran excède ce que ce seul verset dit. Ce point s’ajoute à la liste déjà en attente, sans qu’aucun accord nouveau ne soit sollicité au-delà de cette continuité.

Sommaire du bloc

Réf. Titre thématique
S.26:192 Un tanzīl du Rabb des ʿālamīn
S.26:193–195 Ar-Rūḥ al-Amīn descend sur ton cœur, en langue arabe manifeste
S.26:196 Déjà dans les zubur des anciens
S.26:197 Le signe que savent les savants des Banī Isrāʾīl
S.26:198–199 Même descendu à un non-arabophone, ils n’auraient pas cru
S.26:200–201 Pénétré dans les cœurs des mujrimūn, jusqu’au châtiment vu
S.26:202–204 Le châtiment soudain — hâter ce qu’on ne peut éviter
S.26:205–207 Même après des années de jouissance, rien ne leur servira
S.26:208–209 Chaque cité avertie par rappel — Nous ne sommes pas injustes
S.26:210–212 Ce ne sont pas les shayāṭīn — ils sont écartés de l’écoute
S.26:213 Ne pas invoquer un autre ilāh
S.26:214 Avertis tes proches
S.26:215 Abaisse ton aile pour qui te suit
S.26:216 S’ils te désobéissent, déclare ton innocence
S.26:217–220 Repose-toi sur al-ʿAzīz ar-Raḥīm, qui te voit et voit ton mouvement parmi les sājidūn
S.26:221–223 Sur qui descendent réellement les shayāṭīn
S.26:224–226 Les poètes, et les égarés qui les suivent
S.26:227 Sauf ceux qui croient, agissent, se souviennent et se défendent — clôture de la sourate

La révélation confirmée · S26:192–197

S.26:192 · Un tanzīl du Rabb des ʿālamīn

S.26:192
وَإِنَّهُ لَتَنْزِيلُ رَبِّ الْعَالَمِينَ
Wa-innahu la-tanzīlu rabbi l-ʿālamīn Et ceci est assurément un tanzīl (une descente) du Rabb des ʿālamīn.
Notes lexicales
tanzīl
racine *n-z-l*, précédent extensivement établi (*nazzala*, *anzala*, et *passim*) : la descente, l'action de faire venir d'en haut vers le bas — ici substantivée pour désigner le texte lui-même en train d'être récité. **Non-dit** : ce seul mot « ceci » (*innahu*) renvoie, sans le nommer autrement, à ce qui vient d'être récité dans la sourate — ce Bloc n'ajoute aucune précision qui ne serait pas donnée par le contexte immédiat.

S.26:193–195 · Ar-Rūḥ al-Amīn descend sur ton cœur, en langue arabe manifeste

S.26:193–195
نَزَلَ بِهِ الرُّوحُ الْأَمِينُ عَلَىٰ قَلْبِكَ لِتَكُونَ مِنَ الْمُنْذِرِينَ بِلِسَانٍ عَرَبِيٍّ مُبِينٍ
Nazala bihi r-rūḥu l-amīn — ʿalā qalbika li-takūna mina l-munẕirīn — bi-lisānin ʿarabiyyin mubīn Ar-Rūḥ al-Amīn (le Rūḥ digne de confiance) l’a fait descendre — sur ton cœur (qalbika), pour que tu sois du nombre de ceux qui avertissent (al-munẕirīn) — en langue arabe manifeste (bi-lisānin ʿarabiyyin mubīn).
Notes lexicales
ar-rūḥu l-amīn
voir le callout de méthode donné en tête de ce Bloc. **Dit** : ce *rūḥ* est qualifié ici d'*amīn* (digne de confiance) — exactement le même qualificatif que celui attribué, dans cette sourate même, à chacun des envoyés humains (*rasūlun amīn*, S26:107/125/143/162/178, Blocs IV-VII) : un lien lexical notable entre la fidélité du messager humain et celle de l'intermédiaire de la révélation, que ce Bloc relève sans en tirer d'identification supplémentaire.
qalbika
racine *q-l-b* : le cœur comme lieu de réception de ce *tanzīl*. Première occurrence développée de ce terme précis appliqué à la réception de la révélation — à rapprocher, plus loin dans ce même Bloc, de *taqallubaka* (S26:219, ce Bloc), simple écho lexical de la même racine sans rapport de sens entre les deux emplois.
bi-lisānin ʿarabiyyin mubīn
précédent quasiment exact déjà établi (*hādhā lisānun ʿarabiyyun mubīn*, S16:103), où l'argument portait sur l'incohérence qu'il y aurait à faire dériver un texte en langue arabe manifeste d'un enseignement étranger — argument repris et prolongé ici par l'hypothèse contrefactuelle du verset suivant (S26:198–199, ce Bloc).

S.26:196 · Déjà dans les zubur des anciens

S.26:196
وَإِنَّهُ لَفِي زُبُرِ الْأَوَّلِينَ
Wa-innahu la-fī zuburi l-awwalīn Et ceci est assurément dans les zubur (les écrits) des anciens (al-awwalīn).
Notes lexicales
zubur al-awwalīn
racine *z-b-r* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) et Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : graver, écrire de façon ferme et durable ; *zubur*, des écrits. Première occurrence développée de cette racine. **Point de transparence, distinction nécessaire** : ce terme n'est pas celui, déjà rencontré à plusieurs reprises (S6:25, S16:24, S25:5), d'*asāṭīr al-awwalīn* (« légendes des anciens ») — une expression employée par les dénégateurs pour disqualifier le message comme fable héritée. Ici, au contraire, c'est le texte lui-même qui affirme, comme argument de validation, que son contenu se retrouve dans des écrits antérieurs authentiques. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas lesquels.

S.26:197 · Le signe que savent les savants des Banī Isrāʾīl

S.26:197
أَوَلَمْ يَكُنْ لَهُمْ آيَةً أَنْ يَعْلَمَهُ عُلَمَاءُ بَنِي إِسْرَائِيلَ
A-wa-lam yakun lahum āyatan an yaʿlamahu ʿulamāʾu banī isrāʾīl N’est-ce donc pas pour eux un signe (āya), que les savants des Banī Isrāʾīl le sachent (yaʿlamahu) ?
Notes lexicales
ʿulamāʾu banī isrāʾīl
**Dit** : le texte pose l'existence de « savants des Banī Isrāʾīl » qui savent/reconnaissent (*yaʿlamahu*) ce *tanzīl*, comme prolongement de l'argument du verset précédent (S26:196, ce Bloc). **Non-dit** : ni l'identité nommée de ces savants, ni la teneur exacte de ce savoir ne sont donnés par ce seul verset — ce Bloc n'importe, conformément à la méthode déjà appliquée face à des identifications individuelles non données par le texte (S13:43), aucun récit biographique au-delà de cette affirmation générale.

Hypothèse contrefactuelle et endurcissement · S26:198–204

S.26:198–199 · Même descendu à un non-arabophone, ils n’auraient pas cru

S.26:198–199
وَلَوْ نَزَّلْنَاهُ عَلَىٰ بَعْضِ الْأَعْجَمِينَ فَقَرَأَهُ عَلَيْهِمْ مَا كَانُوا بِهِ مُؤْمِنِينَ
Wa-law nazzalnāhu ʿalā baʿḍi l-aʿjamīna fa-qaraʾahu ʿalayhim mā kānū bihi muʾminīn Et si Nous l’avions fait descendre sur quelqu’un des non-arabophones (al-aʿjamīn), et qu’il le leur eût récité, ils n’y auraient pas cru.
Notes lexicales
al-aʿjamīn
racine *ʿ-j-m*, même racine qu'*aʿjamiyy* (S16:103). **Dit** : l'hypothèse contrefactuelle posée ici porte sur la disposition intérieure du peuple visé — ils n'auraient pas cru quelle que soit la langue de la révélation — et non sur la langue elle-même comme cause du rejet : un déplacement de l'argument par rapport à S16:103, où il portait sur l'incohérence linguistique de l'accusation portée contre le *nabī*. **Non-dit** : hypothèse contrefactuelle (*law*), non un événement réel.

S.26:200–201 · Pénétré dans les cœurs des mujrimūn, jusqu’au châtiment vu

S.26:200–201
كَذَٰلِكَ سَلَكْنَاهُ فِي قُلُوبِ الْمُجْرِمِينَ لَا يُؤْمِنُونَ بِهِ حَتَّىٰ يَرَوُا الْعَذَابَ الْأَلِيمَ
Ka-dhālika salaknāhu fī qulūbi l-mujrimīn — lā yuʾminūna bihi ḥattā yarawu l-ʿadhāba l-alīm C’est ainsi que Nous l’avons fait pénétrer (salaknāhu) dans les cœurs des mujrimūn — ils n’y croiront pas avant de voir le châtiment douloureux.
Notes lexicales
salaknāhu
racine *s-l-k* : faire entrer, faire cheminer à travers un passage. Première occurrence développée. **Dit** : le texte attribue à Allaah l'acte de « faire pénétrer » ce *tanzīl* dans les cœurs des *mujrimūn*, sous cette forme précise de rejet qui ne cède qu'à la vue du châtiment. **Non-dit** : le mécanisme exact de cette pénétration, et son rapport avec la liberté propre des *mujrimūn*, ne sont pas développés par ce seul verset — sur le même principe de prudence déjà posé pour *akinna*/*waqr* (S6:25).

S.26:202–204 · Le châtiment soudain — hâter ce qu’on ne peut éviter

S.26:202–204
فَيَأْتِيَهُمْ بَغْتَةً وَهُمْ لَا يَشْعُرُونَ فَيَقُولُوا هَلْ نَحْنُ مُنْظَرُونَ أَفَبِعَذَابِنَا يَسْتَعْجِلُونَ
Fa-yaʾtiyahum baghtatan wa-hum lā yashʿurūn — fa-yaqūlū hal naḥnu munẕarūn — a-fa-bi-ʿadhābinā yastaʿjilūn Alors il leur viendra soudainement (baghtatan), sans qu’ils en aient conscience (lā yashʿurūn) — et ils diront : « Sommes-nous dans un délai (munẕarūn) ? » Est-ce donc Notre châtiment qu’ils cherchent à hâter (yastaʿjilūn) ?
Notes lexicales
munẕarūn
racine *n-dh-r*, même racine qu'*al-munẕirīn* (S26:195, ce Bloc, les avertisseurs) et qu'*al-munẕarīn* (S26:173, Bloc VI de cette sourate, ceux qui avaient été avertis) — mais au passif et sous un sens inversé : demander, trop tard, un délai (*inẕār* au sens de répit) plutôt que recevoir un avertissement. Même racine, trois emplois distincts, signalés sans être confondus.

L’inutilité du répit · S26:205–209

S.26:205–207 · Même après des années de jouissance, rien ne leur servira

S.26:205–207
أَفَرَأَيْتَ إِنْ مَتَّعْنَاهُمْ سِنِينَ ثُمَّ جَاءَهُمْ مَا كَانُوا يُوعَدُونَ مَا أَغْنَىٰ عَنْهُمْ مَا كَانُوا يُمَتَّعُونَ
A-fa-raʾayta in mattaʿnāhum sinīn — thumma jāʾahum mā kānū yūʿadūn — mā aghnā ʿanhum mā kānū yumattaʿūn Ne vois-tu donc pas que, si Nous leur accordions la jouissance (mattaʿnāhum) des années, puis que leur vînt ce qui leur était promis — cela ne leur servirait à rien (mā aghnā), ce dont ils jouissaient (yumattaʿūn) ?
Notes lexicales
mattaʿnāhum / yumattaʿūn
racine *m-t-ʿ* : la jouissance d'un bien, connotée par sa durée limitée — à distinguer d'*ʿaṭāʾ* (le don, précédent établi S17:20), qui ne porte pas cette même connotation de caducité. Première occurrence développée de cette racine.
mā aghnā
racine *gh-n-y* : suffire, être de quelque utilité — ici à la forme négative, « n'aura été d'aucune utilité ». Première occurrence développée.

S.26:208–209 · Chaque cité avertie par rappel — Nous ne sommes pas injustes

S.26:208–209
وَمَا أَهْلَكْنَا مِنْ قَرْيَةٍ إِلَّا لَهَا مُنْذِرُونَ ذِكْرَىٰ وَمَا كُنَّا ظَالِمِينَ
Wa-mā ahlaknā min qaryatin illā lahā munẕirūn — dhikrā wa-mā kunnā ẕālimīn Et Nous n’avons détruit aucune cité (qarya) sans qu’elle n’ait eu des avertisseurs (munẕirūn) — un rappel (dhikrā) — et Nous n’avons jamais été injustes.
Notes lexicales
illā lahā munẕirūn
principe déjà rencontré sous sa forme narrative, par la série même des huit récits de cette sourate (Blocs I, IV-VII) : aucun peuple n'est détruit sans qu'un *rasūl* avertisseur ne lui ait d'abord été envoyé.
wa-mā kunnā ẕālimīn
principe déjà établi sous d'autres formulations (*lā yaẕlimu n-nāsa shayʾan*, S10:44) : Allaah n'est jamais présenté comme la cause du tort qui frappe en retour ceux qui le commettent.

Les shayāṭīn écartés de cette descente · S26:210–212

S.26:210–212 · Ce ne sont pas les shayāṭīn — ils sont écartés de l’écoute

S.26:210–212
وَمَا تَنَزَّلَتْ بِهِ الشَّيَاطِينُ وَمَا يَنْبَغِي لَهُمْ وَمَا يَسْتَطِيعُونَ إِنَّهُمْ عَنِ السَّمْعِ لَمَعْزُولُونَ
Wa-mā tanazzalat bihi sh-shayāṭīn — wa-mā yanbaghī lahum wa-mā yastaṭīʿūn — innahum ʿani s-samʿi la-maʿzūlūn Et ce ne sont pas les shayāṭīn qui sont descendus avec cela — cela ne leur convient pas (mā yanbaghī lahum), et ils n’en ont pas la capacité (mā yastaṭīʿūn) — ils sont assurément écartés de l’écoute (ʿani s-samʿi la-maʿzūlūn).
Notes lexicales
la-maʿzūlūn
racine *ʿ-z-l* : mettre à l'écart, isoler, tenir séparé. Première occurrence développée. **Point de cohérence intra-coranique, sans les fondre l'une sur l'autre** : le précédent déjà établi (S15:17–18) décrit une image dynamique — un *shayṭān* qui dérobe l'écoute (*istaraqa s-samʿ*) et se trouve poursuivi par un projectile manifeste (*shihābun mubīn*) ; ici, l'affirmation est posée à l'état général, comme une incapacité de nature. Ce Bloc rapporte les deux formulations comme compatibles, sans faire de l'une le commentaire de l'autre.
mā yanbaghī
racine *b-gh-y*, forme VII : convenir, être approprié — à distinguer nettement de la même racine à la forme I, *baghy* (l'excès, la transgression, précédent établi S10:23) : un sens benin, de simple convenance, sans aucun rapport avec le sens de transgression. Première occurrence développée de cette forme précise.

Mises en garde et ordres adressés au nabī · S26:213–220

S.26:213 · Ne pas invoquer un autre ilāh

S.26:213
فَلَا تَدْعُ مَعَ اللَّهِ إِلَٰهًا آخَرَ فَتَكُونَ مِنَ الْمُعَذَّبِينَ
Fa-lā tadʿu maʿa llāhi ilāhan ākhara fa-takūna mina l-muʿadhdhabīn N’invoque donc pas, avec Allaah, un autre ilāh — tu serais alors du nombre de ceux qui subissent le châtiment (al-muʿadhdhabīn).
Notes lexicales
lā tadʿu maʿa llāhi ilāhan ākhara
précédent de structure quasi identique déjà établi (*lā tajʿal maʿa llāhi ilāhan ākhara*, S17:22, inclusio d'un grand passage éthique ; *wa-man yadʿu maʿa llāhi ilāhan ākhara*, S23:117 — même verbe *daʿā* qu'ici) : la même mise en garde contre le *shirk*, ici adressée directement au *nabī* à la deuxième personne, comme avertissement personnel plutôt que principe général.

S.26:214 · Avertis tes proches

S.26:214
وَأَنْذِرْ عَشِيرَتَكَ الْأَقْرَبِينَ
Wa-anẕir ʿashīrataka l-aqrabīn Et avertis ton clan (ʿashīratak), les plus proches (al-aqrabīn).
Notes lexicales
ʿashīratak
racine *ʿ-sh-r* : la parenté élargie, le clan. Première occurrence développée. **Dit** : l'ordre d'avertissement (*anẕir*, même racine que *al-munẕirīn*, S26:195, ce Bloc) s'étend ici, en premier lieu nommément, au cercle de parenté le plus proche du *nabī*.

S.26:215 · Abaisse ton aile pour qui te suit

S.26:215
وَاخْفِضْ جَنَاحَكَ لِمَنِ اتَّبَعَكَ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ
Wa-khfiḍ janāḥaka li-mani ttabaʿaka mina l-muʾminīn Et abaisse ton aile (janāḥaka) pour qui te suit parmi les muʾminūn.
Notes lexicales
wa-khfiḍ janāḥaka
précédent exact déjà établi pour cette même image (*wa-khfiḍ lahumā janāḥa dh-dhulli mina r-raḥmati*, S17:24), où le même geste d'abaissement de l'aile était adressé envers les parents du *nabī*. Ici, l'image est reprise à l'identique mais étendue du cercle familial au cercle de ceux qui le suivent parmi les *muʾminūn* — le même geste d'humilité bienveillante, non un lien de sens nouveau. **Non-dit** : ce verset ne précise pas, par ce seul mot, la forme concrète de ce geste au-delà de l'image elle-même.

S.26:216 · S’ils te désobéissent, déclare ton innocence

S.26:216
فَإِنْ عَصَوْكَ فَقُلْ إِنِّي بَرِيءٌ مِمَّا تَعْمَلُونَ
Fa-in ʿaṣawka fa-qul innī barīʾun mimmā taʿmalūn Et s’ils te désobéissent (ʿaṣawka), dis : « Je suis innocent (barīʾ) de ce que vous faites. »
Notes lexicales
ʿaṣawka … barīʾ
*ʿaṣā*, racine *ʿ-ṣ-y*, déjà établie (*ʿaṣiyyan*, S19:14). *Barīʾ*, racine *b-r-ʾ* : être dégagé, exempt de responsabilité envers un fait. Première occurrence développée de cette racine. **Dit** : la déclaration porte sur l'acte reproché lui-même (« ce que vous faites »), non sur un rejet de la personne — le même verset avait déjà posé, deux versets plus haut dans ce Bloc, un ordre d'accueil envers ceux qui suivent le *nabī* parmi les *muʾminūn* (S26:215, ce Bloc) : cette déclaration d'innocence ne s'adresse qu'à ceux qui désobéissent effectivement.

S.26:217–220 · Repose-toi sur al-ʿAzīz ar-Raḥīm, qui te voit et voit ton mouvement parmi les sājidūn

S.26:217–220
وَتَوَكَّلْ عَلَى الْعَزِيزِ الرَّحِيمِ الَّذِي يَرَاكَ حِينَ تَقُومُ وَتَقَلُّبَكَ فِي السَّاجِدِينَ إِنَّهُ هُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ
Wa-tawakkal ʿalā l-ʿazīzi r-raḥīm — alladhī yarāka ḥīna taqūm — wa-taqallubaka fi s-sājidīn — innahu huwa s-samīʿu l-ʿalīm Et repose-toi (tawakkal) sur al-ʿAzīz, ar-Raḥīm — Ce qui te voit (yarāka) quand tu te lèves (taqūm) — et [qui voit] ton mouvement (taqallubaka) parmi ceux qui se prosternent (as-sājidīn) — Il est, Lui, as-Samīʿ, al-ʿAlīm.
Notes lexicales
al-ladhī yarāka
conformément à la règle constante pour la construction épithète appliquée à Allaah (« Celui qui » rendu par « Ce qui », neutre absolu), *al-ladhī yarāka* est rendu par « Ce qui te voit », et non par un pronom masculin personnifiant.
taqallubaka
racine *q-l-b*, même racine que *qalbika* (S26:194, ce Bloc) — simple écho lexical entre le cœur qui reçoit le *tanzīl* et le mouvement du corps dans la prosternation, sans rapport de sens entre les deux emplois, signalé par souci de transparence.
as-sājidīn
racine *s-j-d*, précédent extensivement établi (*sujjad*, *ʿākifīn*, S2:125/187, cité au Bloc III de cette même sourate).

Sur qui descendent réellement les shayāṭīn — les poètes · S26:221–227

Point de structure, antithèse de clôture. Ce dernier ensemble répond, par contraste délibéré, à l’ouverture de ce Bloc (S26:192–195) : là, un tanzīl authentique, descendu par ar-Rūḥ al-Amīn sur le cœur d’un avertisseur, en langue arabe manifeste ; ici, la question retournée de savoir sur qui, en réalité, descendent les shayāṭīn — non sur le nabī, mais sur tout menteur invétéré et pécheur. Le dernier verset de la sourate, qui nomme les poètes (ash-shuʿarāʾ), donne son nom traditionnel à l’ensemble du texte.

S.26:221–223 · Sur qui descendent réellement les shayāṭīn

S.26:221–223
هَلْ أُنَبِّئُكُمْ عَلَىٰ مَنْ تَنَزَّلُ الشَّيَاطِينُ تَنَزَّلُ عَلَىٰ كُلِّ أَفَّاكٍ أَثِيمٍ يُلْقُونَ السَّمْعَ وَأَكْثَرُهُمْ كَاذِبُونَ
Hal unabbiʾukum ʿalā man tanazzalu sh-shayāṭīn — tanazzalu ʿalā kulli affākin athīm — yulqūna s-samʿa wa-aktharuhum kādhibūn Vous informerai-Je (unabbiʾukum) sur qui descendent les shayāṭīn ? — ils descendent sur tout menteur invétéré (affāk) et pécheur (athīm) — ils déversent (yulqūna) ce qu’ils entendent, et la plupart d’entre eux sont menteurs (kādhibūn).
Notes lexicales
affāk
racine *ʾ-f-k* : détourner, retourner une chose de son sens véritable — d'où le menteur invétéré, celui qui inverse le vrai. Première occurrence développée.
yulqūna s-samʿ
**Non-dit, point de prudence.** Ce verset affirme que ceux sur qui descendent les *shayāṭīn* « déversent ce qu'ils entendent » — une formulation qui, prise isolément, pourrait sembler en tension avec l'affirmation posée plus haut dans ce même Bloc, selon laquelle les *shayāṭīn* sont « écartés de l'écoute » (S26:212, ce Bloc). Ce Bloc rapporte les deux affirmations telles que le texte les pose, sans les harmoniser par une élaboration — sur le mécanisme exact de ce que les *shayāṭīn* peuvent ou non entendre et transmettre — qui ne serait pas donnée ici même.

S.26:224–226 · Les poètes, et les égarés qui les suivent

S.26:224–226
وَالشُّعَرَاءُ يَتَّبِعُهُمُ الْغَاوُونَ أَلَمْ تَرَ أَنَّهُمْ فِي كُلِّ وَادٍ يَهِيمُونَ وَأَنَّهُمْ يَقُولُونَ مَا لَا يَفْعَلُونَ
Wa-sh-shuʿarāʾu yattabiʿuhumu l-ghāwūn — a-lam tara annahum fī kulli wādin yahīmūn — wa-annahum yaqūlūna mā lā yafʿalūn Et les poètes (ash-shuʿarāʾ) — ce sont les égarés (al-ghāwūn) qui les suivent. Ne vois-tu pas qu’ils errent (yahīmūn) dans chaque vallée (wādin) ? Et qu’ils disent ce qu’ils ne font pas ?
Notes lexicales
ash-shuʿarāʾ
le nom même de cette sourate — *Ash-Shuʿarāʾ*, « Les Poètes » — apparaît ici pour la première et unique fois dans son texte, à sa toute fin : son titre traditionnel est tiré de ce verset de clôture.
al-ghāwūn
racine *gh-w-y*, déjà établie (*al-ghayy*, S7:146/200–201).
yaqūlūna mā lā yafʿalūn
**Dit** : le reproche porte précisément sur une incohérence entre la parole et l'acte, non sur la poésie en tant que telle — le verset suivant (S26:227, ce Bloc) excepte explicitement une catégorie de poètes de ce reproche. *Yahīmūn*, racine *h-y-m* (l'errance sans but) : première occurrence développée.

S.26:227 · Sauf ceux qui croient, agissent, se souviennent et se défendent — clôture de la sourate

S.26:227
إِلَّا الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ وَذَكَرُوا اللَّهَ كَثِيرًا وَانْتَصَرُوا مِنْ بَعْدِ مَا ظُلِمُوا ۗ وَسَيَعْلَمُ الَّذِينَ ظَلَمُوا أَيَّ مُنْقَلَبٍ يَنْقَلِبُونَ
Illā lladhīna āmanū wa-ʿamilū ṣ-ṣāliḥāti wa-dhakarū llāha kathīran wa-ntaṣarū min baʿdi mā ẕulimū — wa-sa-yaʿlamu lladhīna ẕalamū ayya munqalabin yanqalibūn Sauf ceux qui ont cru, et accompli les œuvres justes, et invoqué (dhakarū) Allaah abondamment, et qui se sont défendus (intaṣarū) après avoir été lésés (ẕulimū) — et ceux qui ont commis le ẕulm sauront bientôt (sa-yaʿlamu) vers quel retournement (munqalab) ils retourneront (yanqalibūn).
Notes lexicales
wa-ntaṣarū min baʿdi mā ẕulimū
racine *n-ṣ-r*, forme VIII (réfléchie) : obtenir soi-même réparation, se défendre après un tort subi. Première occurrence développée de cette forme précise. **Non-dit** : la nature concrète de cette « défense » (verbale, par riposte, ou toute autre forme) n'est pas précisée par ce seul mot — ce Bloc ne tranche pas au-delà de ce que le texte affirme.
munqalab / yanqalibūn
racine *q-l-b*, même racine que *taqallubaka* (S26:219, ce Bloc) et *qalbika* (S26:194, ce Bloc) — troisième écho lexical de cette même racine dans ce seul Bloc, sans rapport de sens entre les trois emplois, signalé par souci de transparence.
clôture de la sourate
ce dernier verset ferme à la fois le mouvement sur les poètes (S26:224–227) et la Sourate 26 tout entière, qui s'était ouverte (Bloc I, S26:1–9) sur l'annonce des huit récits narratifs et sur une mise en garde contre le chagrin du *nabī* devant le refus de croire (*bākhiʿun nafsaka*, S26:3).

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