Structure du Bloc V — clôture de la Sourate 27. Cinq mouvements. D’abord le rôle du Qurʾān envers les banī Isrāʾīl — relater l’essentiel de leur désaccord, être hudā et raḥma pour les muʾminūn — puis le ḥukm final laissé au Rabb et l’ordre donné au rasūl de s’en remettre à Allaah (S27:76–79). Puis les limites explicitement posées au rôle du rasūl : il ne fait pas entendre les morts ni les sourds, il ne guide pas les aveugles hors de leur égarement (S27:80–81). Puis la dābba, signe annoncé lors de la chute de la Parole (S27:82) — passage que ce Bloc traite avec la prudence maximale déjà appliquée aux passages les plus sensibles de ce Projet. Puis une série de scènes du Jour : le rassemblement par troupes et la confrontation qui rend muet (S27:83–85), l’alternance nuit/jour comme āya (S27:86), le souffle dans le Ṣūr et les montagnes qui, prises pour immobiles, passent comme des nuées (S27:87–88). Enfin la rétribution ḥasana/sayyiʾa, et la clôture de la sourate sur l’adresse au rasūl : adorer le Rabb de « cette balda », réciter le Qurʾān, et la ḥamd finale qui referme la sourate en écho à son ouverture et à S27:59 (S27:89–93).

Avertissement de méthode, valable pour tout ce Bloc — et plus particulièrement pour S27:82 et S27:88. Ce Bloc clôt la Sourate 27 sur une suite de passages qui touchent directement à l’eschatologie (le Jour, le Ṣūr, le rassemblement, un signe annoncé par une dābba). Conformément à la règle posée pour les passages les plus sensibles (S4:157–158, S4:171–172, et S27:82 lui-même), la méthode suivie ici isole strictement ce que chaque verset affirme de ce qu’il tait, et refuse d’importer un récit, une chronologie des « signes de l’Heure » ou une identification extérieure au texte — fût-elle ancienne et répandue. Là où plusieurs lectures demeurent linguistiquement possibles, ce Bloc les nomme toutes, sans trancher au-delà de ce que la langue et la cohérence intra-coranique autorisent.

Sommaire du bloc

Réf. Titre thématique
S.27:76–77 Le Qurʾān relate aux banī Isrāʾīl l’essentiel de leur désaccord — hudā et raḥma
S.27:78–79 Le ḥukm final laissé au Rabb — « remets-toi à Allaah »
S.27:80–81 Tu ne fais pas entendre les morts, les sourds — tu ne guides pas les aveugles hors de leur égarement
S.27:82 La dābba, signe annoncé lors de la chute de la Parole
S.27:83 Le rassemblement par troupes de chaque umma
S.27:84 La confrontation — « avez-vous démenti sans savoir, ou que faisiez-vous ? »
S.27:85 La Parole s’abat sur eux — ils ne peuvent plus parler
S.27:86 La nuit pour le repos, le jour qui donne à voir — une āya
S.27:87 Le souffle dans le Ṣūr — l’effroi général, sauf qui Allaah veut
S.27:88 Les montagnes prises pour immobiles, qui passent comme des nuées
S.27:89 Qui vient avec une ḥasana — récompense meilleure, sécurité contre l’effroi
S.27:90 Qui vient avec une sayyiʾa — visages précipités dans le Feu
S.27:91 Adorer le Rabb de cette balda, qui l’a rendue sacrée
S.27:92 Réciter le Qurʾān — qui se guide, qui s’égare
S.27:93 Clôture : la ḥamd — « Il vous montrera Ses āyāt »

Le Qurʾān, les banī Isrāʾīl, le ḥukm, le tawakkul · S27:76–79

S.27:76–77 · Le Qurʾān relate aux banī Isrāʾīl l’essentiel de leur désaccord — hudā et raḥma

S.27:76–77
إِنَّ هَٰذَا الْقُرْآنَ يَقُصُّ عَلَىٰ بَنِي إِسْرَائِيلَ أَكْثَرَ الَّذِي هُمْ فِيهِ يَخْتَلِفُونَ وَإِنَّهُ لَهُدًى وَرَحْمَةٌ لِلْمُؤْمِنِينَ
Inna hādhā l-qurʾāna yaquṣṣu ʿalā banī isrāʾīla akthara lladhī hum fīhi yakhtalifūn — wa-innahu la-hudan wa-raḥmatun li-l-muʾminīn En vérité, ce Qurʾān relate (yaquṣṣu) aux banī Isrāʾīl l’essentiel de ce en quoi ils sont en désaccord (yakhtalifūn) — et il est assurément hudā [guidance] et raḥma pour les muʾminūn.
Notes lexicales
yaquṣṣu
racine *q-ṣ-ṣ* : Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) — suivre une trace, rapporter les événements dans leur suite exacte ; d'où *qaṣaṣ*, le récit qui suit le fil des faits, et *qiṣāṣ* (même racine, S5:45, déjà publiée), la correspondance exacte entre un acte et sa réparation. Précédent déjà établi pour ce même verbe (*naquṣṣu ʿalayka min anbāʾi mā qad sabaqa*, S20:99 : « Nous te racontons certains des récits de ce qui a déjà eu lieu »). **Dit** : le sujet du verbe est ici le Qurʾān lui-même, non Allaah directement, et son objet est « l'essentiel de ce en quoi ils sont en désaccord » — le texte affirme un acte de relation, de mise au clair par le récit. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas si ce « relater » équivaut par lui-même à trancher (*ḥukm*) ce désaccord, ou s'il s'agit seulement d'en donner le récit véridique, le tranchement final étant énoncé séparément au verset suivant (S27:78, ce Bloc, où c'est le *Rabb* — non le Qurʾān — qui *yaqḍī bainahum*). Ce Bloc ne fond pas les deux verbes.
akthara lladhī hum fīhi yakhtalifūn
*akthar*, superlatif de *kathīr* (beaucoup) — non *kull* (tout). **Non-dit, par la portée du mot lui-même** : le texte borne sa propre affirmation à « l'essentiel » ou « la plus grande part » de ce désaccord, non à sa totalité — une limitation de portée comparable à celle déjà relevée pour la préposition partitive *min* ailleurs (S14:34, S4:46), bien qu'ici le mot employé soit différent (*akthar*, non *min*).
la-hudan wa-raḥmatun li-l-muʾminīn
**Dit** : la fonction de *hudā* et de *raḥma* qu'affirme ce second demi-verset est explicitement bornée à son destinataire — « pour les *muʾminīn* » — et non posée comme universelle et automatique pour tout lecteur du texte.

S.27:78–79 · Le ḥukm final laissé au Rabb — « remets-toi à Allaah »

S.27:78–79
إِنَّ رَبَّكَ يَقْضِي بَيْنَهُمْ بِحُكْمِهِ ۚ وَهُوَ الْعَزِيزُ الْعَلِيمُ فَتَوَكَّلْ عَلَى اللَّهِ ۖ إِنَّكَ عَلَى الْحَقِّ الْمُبِينِ
Inna rabbaka yaqḍī baynahum bi-ḥukmihi wa-huwa l-ʿazīzu l-ʿalīm — fa-tawakkal ʿalā llāhi innaka ʿalā l-ḥaqqi l-mubīn Ton Rabb décide (yaqḍī) assurément entre eux par Son ḥukm — et Il est al-ʿAzīz, al-ʿAlīm. Remets-toi donc (fa-tawakkal) à Allaah : tu es certes sur le ḥaqq manifeste (al-ḥaqq al-mubīn).
Notes lexicales
yaqḍī … bi-ḥukmihi
deux racines distinctes réunies dans la même clause : *q-ḍ-y* (décréter, mettre un terme définitif à une affaire) et *ḥ-k-m* — cette seconde racine déjà distinguée des deux autres verbes de décision du corpus (« racine *ḥ-k-m* : juger, décider avec fermeté et rectitude — distinct de *qaḍā* [décréter] ou *amara* [ordonner] », S5:1, déjà publiée). Ici, le texte emploie les deux racines ensemble : Il « décrète (*yaqḍī*) entre eux par Son *ḥukm* » — le décret s'appuie sur le jugement, sans que ce seul verset ne développe davantage l'articulation des deux.
fa-tawakkal ʿalā llāh
précédent exact, mot pour mot, déjà établi pour cette même formule (S3:159, déjà publiée : « *fa-idhā ʿazamta fa-tawakkal ʿalā llāh*, après la consultation et la décision, le *tawakkul* »). Ici, l'ordre du *tawakkul* suit directement l'affirmation que le *ḥukm* final appartient au *Rabb* (verset précédent, ce Bloc) : s'en remettre, précisément parce que le jugement dernier ne revient pas au *rasūl* lui-même.
ʿalā l-ḥaqqi l-mubīn
*al-ḥaqq*, largement établi ; *mubīn*, racine *b-y-n* (ce qui rend clair, qui sépare nettement) — déjà rencontrée à plusieurs reprises dans cette même sourate (*kitābin mubīn*, S27:1/75, Blocs I et IV). **Dit** : le texte affirme au *rasūl* la position sur laquelle il se trouve ; il ne développe pas ici en quoi consiste, pour autrui, le fait de ne pas s'y trouver.

Les limites du rôle du rasūl · S27:80–81

S.27:80–81 · Tu ne fais pas entendre les morts, les sourds — tu ne guides pas les aveugles hors de leur égarement

S.27:80–81
إِنَّكَ لَا تُسْمِعُ الْمَوْتَىٰ وَلَا تُسْمِعُ الصُّمَّ الدُّعَاءَ إِذَا وَلَّوْا مُدْبِرِينَ وَمَا أَنْتَ بِهَادِي الْعُمْيِ عَنْ ضَلَالَتِهِمْ ۖ إِنْ تُسْمِعُ إِلَّا مَنْ يُؤْمِنُ بِآيَاتِنَا فَهُمْ مُسْلِمُونَ
Innaka lā tusmiʿu l-mawtā wa-lā tusmiʿu ṣ-ṣumma d-duʿāʾa idhā wallaw mudbirīn — wa-mā anta bi-hādi l-ʿumyi ʿan ḍalālatihim in tusmiʿu illā man yuʾminu bi-āyātinā fa-hum muslimūn Tu ne fais pas entendre les morts, et tu ne fais pas entendre l’appel (ad-duʿāʾ) aux sourds (aṣ-ṣumm), lorsqu’ils tournent le dos en se détournant (wallaw mudbirīn). Et tu n’es pas davantage celui qui guide (bi-hādī) les aveugles (al-ʿumy) hors de leur égarement (ḍalālatihim) — tu ne fais entendre que celui qui croit en Nos āyāt : ceux-là s’en remettent pleinement (muslimūn).
Notes lexicales
lā tusmiʿu l-mawtā … aṣ-ṣumma … idhā wallaw mudbirīn
**Point de méthode — image, non littéralité.** Le texte vise ici, par « les morts » et « les sourds », non des personnes physiquement décédées ou atteintes de surdité, mais ceux qui, par leur refus même, se rendent à l'acte semblables à qui ne peut plus entendre — l'image est renforcée par la précision « lorsqu'ils tournent le dos en se détournant » (*idhā wallaw mudbirīn*), un geste volontaire incompatible avec une simple incapacité physique. **Dit** : le texte pose ainsi une limite au pouvoir du *rasūl* — faire entendre est hors de sa portée, non par faiblesse de sa parole, mais du fait de la disposition de qui refuse.
bi-hādi l-ʿumyi ʿan ḍalālatihim
racine *h-d-y*, même racine que *hudā* (S27:77, ce Bloc) : **écho et contraste immédiat.** Le Qurʾān lui-même est affirmé, au verset 77, comme *hudā* pour les *muʾminūn* ; ici, au verset 81, le *rasūl* lui-même est dit n'être pas « *hādī* » des aveugles hors de leur égarement — la fonction de guidance est posée pour le texte, non comme un pouvoir de contrainte entre les mains du messager sur quiconque s'y refuse. *Ḍalāla*, racine *ḍ-l-l* (s'écarter du chemin), largement établie.
in tusmiʿu illā man yuʾminu bi-āyātinā fa-hum muslimūn
Dit : le texte restreint explicitement ce qui « est entendu » à ceux qui croient déjà — non que le message ne leur parvienne pas matériellement, mais que son effet (l'audition au sens plein, celle qui porte à soumission) ne se produit que là où la croyance est déjà disposée à le recevoir. Non-dit : ce seul verset ne tranche pas, au-delà de cette observation, la question plus large — déjà rencontrée et laissée ouverte ailleurs (S6:35/39/107 ; S7:155/178) — du rapport exact entre la *mashīʾa* d'Allaah et la responsabilité propre de celui qui refuse d'entendre.

La dābba, signe annoncé lors de la chute de la Parole · S27:82

Point de méthode majeur — S27:82, prudence maximale, aucun import de récit. Ce verset introduit un terme — dābba — et une scène — une créature qui « sort de la terre » et « parle » aux gens — qui n’ont aucun précédent de cette nature précise. La racine d-b-b elle-même ne pose aucune difficulté : elle désigne, de façon générique, tout ce qui se déplace, se meut sur le sol (déjà rencontré au pluriel en S22:18 et S24:45, pour l’ensemble des êtres vivants qui se meuvent — ad-dawābb — sans aucune connotation eschatologique à ces deux endroits). Ce que ce seul verset affirme (dit) : (1) un événement temporel, « idhā waqaʿa l-qawlu ʿalayhim » (quand la Parole s’abattra sur eux) — « al-qawl », article défini, sans que ce mot soit ici autrement spécifié ; (2) une dābba, à l’article indéfini, sortie de la terre (mina l-arḍi), pour eux (lahum) ; (3) que cette dābba leur « parle » (tukallimuhum, racine k-l-m, l’acte même de la parole adressée) ; (4) une clause finale, « anna n-nāsa kānū bi-āyātinā lā yūqinūn » (que les humains ne tenaient pas pour certain Nos āyāt). Ce que ce seul verset ne dit pas (non-dit) : aucune description de forme, de taille, de nature (animale ou non) n’est donnée pour cette dābba — le mot, pris dans son sens le plus courant déjà établi, ne porte par lui-même aucune de ces précisions, et toute image qui s’y ajouterait relèverait d’une source extérieure au texte, non de ce verset. Le texte ne nomme pas non plus explicitement ce moment comme « l’Heure », le « Jour de la Résurrection » ou l’un des « signes » d’une liste quelconque — ces désignations, si on les emploie, relèvent de la lecture de ce passage à la lumière du contexte immédiat (S27:83–90, ce Bloc, qui développe des scènes de rassemblement et de rétribution), non de ce verset isolé. Ce qui relève de l’inférence : situer cet événement avant, au commencement, ou pendant un ensemble plus vaste de bouleversements eschatologiques est une lecture cohérente avec la place de ce verset dans la sourate, mais que ce seul verset, pris en lui-même, ne fixe pas. Sur le contenu de la parole elle-même : la structure grammaticale laisse deux lectures possibles, que ce Bloc nomme sans trancher — (a) la clause « anna n-nāsa kānū bi-āyātinā lā yūqinūn » rapporte le contenu même de ce que la dābba leur dit (elle leur parle en leur disant que les humains ne tenaient pas pour certaines Nos āyāt) ; (b) cette même clause est une remarque de l’énonciateur du texte, expliquant la raison de ce signe (il survient parce que les humains ne tenaient pas pour certaines Nos āyāt), sans que ce soit nécessairement là le contenu littéral de la parole de la dābba. Les deux lectures restent grammaticalement recevables ; ce Bloc ne retient ni n’écarte l’une au profit de l’autre.

S.27:82
وَإِذَا وَقَعَ الْقَوْلُ عَلَيْهِمْ أَخْرَجْنَا لَهُمْ دَابَّةً مِنَ الْأَرْضِ تُكَلِّمُهُمْ أَنَّ النَّاسَ كَانُوا بِآيَاتِنَا لَا يُوقِنُونَ
Wa-idhā waqaʿa l-qawlu ʿalayhim akhrajnā lahum dābbatan mina l-arḍi tukallimuhum anna n-nāsa kānū bi-āyātinā lā yūqinūn Et quand la Parole (al-qawl) s’abattra sur eux, Nous ferons sortir pour eux, de la terre, une dābba qui leur parlera (tukallimuhum) — [signe] que les humains ne tenaient pas pour certain (lā yūqinūn) Nos āyāt.
Notes lexicales
idhā waqaʿa l-qawlu ʿalayhim
racine *w-q-ʿ* : tomber, s'abattre, advenir. **Écho intra-bloc** : cette même clause (« *waqaʿa l-qawlu ʿalayhim* ») revient à l'identique en S27:85 (ce Bloc), où elle est cette fois suivie d'une cause explicite (« *bi-mā ẕalamū* », en raison de leur *ẕulm*) — l'annonce posée ici en S27:82 trouve son accomplissement nommé trois versets plus loin.
dābbatan mina l-arḍi
voir le callout ci-dessus. Racine *d-b-b*, conservée en translittération : ce Bloc ne lui substitue aucun équivalent français (« bête », « animal », « créature ») qui préciserait, au-delà de ce que porte la racine elle-même, une nature que le texte ne fixe pas.
tukallimuhum
racine *k-l-m*, forme II (*kallama*, adresser la parole à). **Dit** : l'acte de parler est affirmé sans réserve par le texte — ce Bloc ne l'atténue ni ne le rend métaphorique sans fondement textuel pour le faire.

Le rassemblement, la confrontation, le silence · S27:83–85

S.27:83 · Le rassemblement par troupes de chaque umma

S.27:83
وَيَوْمَ نَحْشُرُ مِنْ كُلِّ أُمَّةٍ فَوْجًا مِمَّنْ يُكَذِّبُ بِآيَاتِنَا فَهُمْ يُوزَعُونَ
Wa-yawma naḥshuru min kulli ummatin fawjan mimman yukadhdhibu bi-āyātinā fa-hum yūzaʿūn Et [rappelle] le jour où Nous rassemblerons (naḥshuru), de chaque umma, une troupe (fawjan) parmi ceux qui démentaient Nos āyāt — et ils seront contenus en rangs (yūzaʿūn).
Notes lexicales
min kulli ummatin fawjan mimman yukadhdhibu
double emploi de la préposition partitive *min* : une troupe (*fawj*) prise *de* chaque *umma*, elle-même choisie *parmi* (*mimman*) ceux qui démentaient. **Non-dit, par la portée du mot** : le texte ne vise ici, explicitement, qu'une partie de chaque communauté — ceux qui démentaient (*mimman yukadhdhibu*) — non la totalité de chaque *umma* ; précédent de méthode déjà établi pour cette même préposition partitive (S4:46, S14:34).
yūzaʿūn
racine *w-z-ʿ* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : retenir, contenir, empêcher de se disperser, maintenir en ordre. Première occurrence développée de cette racine : non un simple rassemblement, mais un maintien en rangs contraint.

S.27:84 · La confrontation — « avez-vous démenti sans savoir, ou que faisiez-vous ? »

S.27:84
حَتَّىٰ إِذَا جَاءُوا قَالَ أَكَذَّبْتُمْ بِآيَاتِي وَلَمْ تُحِيطُوا بِهَا عِلْمًا أَمَّاذَا كُنْتُمْ تَعْمَلُونَ
Ḥattā idhā jāʾū qāla a-kadhdhabtum bi-āyātī wa-lam tuḥīṭū bihā ʿilman am-mādhā kuntum taʿmalūn Jusqu’à ce que, lorsqu’ils seront venus, Il dira : « Avez-vous démenti Mes āyāt sans les avoir embrassées d’une connaissance [certaine] (tuḥīṭū bihā ʿilman) ? Ou que faisiez-vous donc ? »
Notes lexicales
ḥattā idhā jāʾū
**Note de syntaxe, sans portée théologique.** Cette clause poursuit directement la scène ouverte au verset précédent (S27:83, ce Bloc) : la coupure numérotée entre les deux versets n'interrompt pas la continuité d'une seule scène narrative, le rassemblement en rangs (*yūzaʿūn*) aboutissant ici à la comparution elle-même.
a-kadhdhabtum … wa-lam tuḥīṭū bihā ʿilman … am-mādhā kuntum taʿmalūn
**Dit, avec plusieurs lectures possibles de l'articulation.** La question comporte trois éléments noués par les particules *wa-* et *am-* : avoir démenti, ne pas avoir embrassé d'une connaissance certaine, et « que faisiez-vous donc ». Ce Bloc retient la lecture la plus directe — un démenti prononcé sans connaissance véritable de ce qui était démenti — sans exclure une lecture qui distinguerait plus nettement ces trois éléments comme des hypothèses alternatives posées à la personne interrogée. *Tuḥīṭū*, racine *ḥ-w-ṭ* (encercler, embrasser entièrement) : la connaissance ici visée est totale, non partielle.

S.27:85 · La Parole s’abat sur eux — ils ne peuvent plus parler

S.27:85
وَوَقَعَ الْقَوْلُ عَلَيْهِمْ بِمَا ظَلَمُوا فَهُمْ لَا يَنْطِقُونَ
Wa-waqaʿa l-qawlu ʿalayhim bi-mā ẕalamū fa-hum lā yanṭiqūn Et la Parole s’est abattue (waqaʿa) sur eux en raison du ẕulm qu’ils ont commis (bi-mā ẕalamū) — et ils ne peuvent plus parler (lā yanṭiqūn).
Notes lexicales
waqaʿa l-qawlu ʿalayhim bi-mā ẕalamū
voir la note déjà posée en S27:82 (ce Bloc) : l'annonce de la chute de la Parole, restée sans cause explicite à cet endroit, reçoit ici sa cause nommée — le *ẕulm* commis. Racine *ẕ-l-m*, largement établie (le fait de placer une chose hors de sa juste place).
fa-hum lā yanṭiqūn
**Écho de construction, à l'intérieur de ce même Bloc.** Ce verset referme, par un silence imposé (*lā yanṭiqūn*, ils ne peuvent plus parler), le mouvement ouvert en S27:80 par un autre silence : celui des morts et des sourds qui ne pouvaient *entendre* (*lā tusmiʿu*). Ce Bloc signale ce balancement — l'incapacité d'entendre, posée au début de ce mouvement, trouve en miroir, à sa fin, l'incapacité de parler — sans affirmer que le texte lui-même construise ce parallèle de façon délibérée au-delà de ce rapprochement lexical.

L’alternance nuit/jour — le jour du Ṣūr — les montagnes · S27:86–88

S.27:86 · La nuit pour le repos, le jour qui donne à voir — une āya

S.27:86
أَلَمْ يَرَوْا أَنَّا جَعَلْنَا اللَّيْلَ لِيَسْكُنُوا فِيهِ وَالنَّهَارَ مُبْصِرًا ۚ إِنَّ فِي ذَٰلِكَ لَآيَاتٍ لِقَوْمٍ يُؤْمِنُونَ
A-lam yarawā annā jaʿalnā l-layla li-yaskunū fīhi wa-n-nahāra mubṣiran inna fī dhālika la-āyātin li-qawmin yuʾminūn N’ont-ils pas vu que Nous avons fait de la nuit [un temps] pour qu’ils y trouvent le repos (li-yaskunū fīhi), et du jour ce qui donne à voir (mubṣiran) ? Il y a assurément là des āyāt pour un peuple qui croit (yuʾminūn).
Notes lexicales
jaʿalnā l-layla li-yaskunū fīhi wa-n-nahāra mubṣiran
**Point de méthode — une troisième image de l'alternance nuit/jour, distincte des précédentes.** Ce Projet a déjà rencontré cette alternance sous deux images distinctes : *tūliju l-layla fi n-nahāri wa-tūliju n-nahāra fi l-layl* (S3:27, déjà publiée — une pénétration de l'un dans l'autre) et *yuqallibu llāhu l-layla wa-n-nahāra* (S24:44 — un retournement cyclique). Ici, le texte emploie une troisième construction (*jaʿala*, faire de), qui ne décrit plus le mouvement de l'alternance elle-même, mais la fonction assignée à chacun des deux temps : le repos (*sakan*, racine *s-k-n*, déjà établie) pour la nuit, et ce qui rend visible (*mubṣir*, participe actif de la racine *b-ṣ-r*) pour le jour. Ce Bloc ne fond pas ces trois images en une seule.

S.27:87 · Le souffle dans le Ṣūr — l’effroi général, sauf qui Allaah veut

S.27:87
وَيَوْمَ يُنْفَخُ فِي الصُّورِ فَفَزِعَ مَنْ فِي السَّمَاوَاتِ وَمَنْ فِي الْأَرْضِ إِلَّا مَنْ شَاءَ اللَّهُ ۚ وَكُلٌّ أَتَوْهُ دَاخِرِينَ
Wa-yawma yunfakhu fi ṣ-ṣūri fa-faziʿa man fi s-samāwāti wa-man fi l-arḍi illā man shāʾa llāhu wa-kullun atawhu dākhirīn Et [rappelle] le jour où il sera soufflé dans le Ṣūr : alors seront saisis d’effroi (faziʿa) ceux qui sont dans les cieux et ceux qui sont sur la terre, sauf qui Allaah veut — et tous viendront à Lui, humblement soumis (dākhirīn).
Notes lexicales
yunfakhu fi ṣ-ṣūri
*aṣ-Ṣūr*, conservé en translittération conformément au précédent déjà établi : la crux lexicographique sur ce terme (instrument sonore, ou apparenté à *ṣuwar*, les formes) a déjà été posée et laissée ouverte à deux endroits (S6:73, déjà publiée ; S20:102) — ce Bloc n'y revient pas.
faziʿa … illā man shāʾa llāh
racine *f-z-ʿ*, première occurrence développée : la saisie brusque par l'effroi. **Non-dit** : l'identité de ceux que vise l'exception (*illā man shāʾa llāh*) n'est précisée par aucun nom dans ce seul verset — ce Bloc n'importe aucune liste pour la combler. **Écho intra-bloc** : ce même mot reparaît, sous forme nominale, en S27:89 (ce Bloc), où le texte nomme alors une catégorie précise de personnes mises à l'abri de cet effroi.
dākhirīn
racine *d-kh-r* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : s'abaisser, se soumettre dans un état d'infériorité reconnue. Première occurrence développée.

S.27:88 · Les montagnes prises pour immobiles, qui passent comme des nuées

Point de méthode — S27:88, deux images des montagnes à ne pas fondre l’une dans l’autre. Ce Projet a déjà rencontré une description des montagnes au moment du Jour : yansifuhā rabbī nasfan, fa-yadharuhā qāʿan ṣafṣafā (S20:105–106 — leur dispersion totale, laissant une plaine nue, sans creux ni bosse). Le verset présent décrit, en apparence, autre chose : les montagnes ne sont pas dites dispersées ou réduites en poussière, mais vues comme immobiles (taḥsabuhā jāmidatan) alors qu’elles passent comme passent les nuées (tamurru marra s-saḥāb) — une image de mouvement caché sous une apparence de fixité, non de disparition. Dit : ce verset lui-même ne porte aucun marqueur temporel explicite (« yawma », employé en S27:83 et S27:87, ce Bloc, est absent ici) ; il est formulé au présent/futur de l’observation directe (« wa-tarā », et tu verras), non comme une clause temporelle parmi d’autres rappels du Jour. Non-dit : ce seul verset ne précise donc pas, par lui-même, s’il décrit un moment du Jour de la Résurrection dans la continuité immédiate du verset précédent (S27:87, le souffle dans le Ṣūr), ou un phénomène distinct, de portée plus générale, sur l’œuvre (ṣunʿ) d’Allaah dans l’ordre déjà établi des choses. Les deux lectures sont attestées, dans l’histoire de la lecture de ce texte, sans qu’aucune des deux ne s’impose par la seule grammaire de ce verset ; ce Bloc les nomme sans trancher, et ne rapproche cette image de celle de S20:105–106 qu’à titre de résonance thématique (les montagnes, le Jour), non d’identité de contenu.

S.27:88
وَتَرَى الْجِبَالَ تَحْسَبُهَا جَامِدَةً وَهِيَ تَمُرُّ مَرَّ السَّحَابِ ۚ صُنْعَ اللَّهِ الَّذِي أَتْقَنَ كُلَّ شَيْءٍ ۚ إِنَّهُ خَبِيرٌ بِمَا تَفْعَلُونَ
Wa-tarā l-jibāla taḥsabuhā jāmidatan wa-hiya tamurru marra s-saḥābi ṣunʿa llāhi lladhī atqana kulla shayʾin innahu khabīrun bi-mā tafʿalūn Et tu verras les montagnes, que tu croirais figées (jāmidatan), alors qu’elles passent comme passent les nuées (tamurru marra s-saḥāb) — façonnement (ṣunʿ) d’Allaah, Ce qui a tout maîtrisé avec exactitude (atqana kulla shayʾin). Il est certes Khabīr de ce que vous faites.
Notes lexicales
taḥsabuhā jāmidatan wa-hiya tamurru marra s-saḥāb
voir le callout ci-dessus. *Jāmida*, racine *j-m-d* (ce qui est figé, solidifié) — première occurrence. *Tamurru marra s-saḥāb* : accusatif interne (*marra*, « d'un passage »), construction intensive déjà rencontrée sous une forme voisine (*yansifuhā … nasfan*, S20:105).
ṣunʿa llāhi lladhī atqana kulla shayʾin
*ṣunʿ*, racine *ṣ-n-ʿ* (façonner avec soin) — première occurrence. *Atqana*, racine *t-q-n* : mener une chose à son exacte perfection, sans défaut. **Note de méthode** : la construction relative attribuant cet acte à Allaah est rendue par « Ce qui », conformément à la règle fixée pour le neutre absolu appliqué à Allaah.

La rétribution — ḥasana, sayyiʾa · S27:89–90

S.27:89 · Qui vient avec une ḥasana — récompense meilleure, sécurité contre l’effroi

S.27:89
مَنْ جَاءَ بِالْحَسَنَةِ فَلَهُ خَيْرٌ مِنْهَا وَهُمْ مِنْ فَزَعٍ يَوْمَئِذٍ آمِنُونَ
Man jāʾa bi-l-ḥasanati fa-lahu khayrun minhā wa-hum min fazaʿin yawmaʾidhin āminūn Quiconque viendra avec une ḥasana [bonne action] aura une récompense meilleure qu’elle (khayrun minhā) — et ils seront, ce jour-là, en sécurité contre tout fazaʿ [effroi].
Notes lexicales
fa-lahu khayrun minhā
Non-dit : contrairement à un autre passage déjà rencontré sur la même opposition (*man jāʾa bi-l-ḥasanati fa-lahu ʿashru amthālihā*, « dix fois l'équivalent », S6:160), ce verset ne quantifie pas la récompense — il dit seulement qu'elle est « meilleure » (*khayrun minhā*), sans préciser de combien. Ce Bloc rapporte cette variation sans la lisser en une seule formule.
min fazaʿin yawmaʾidhin āminūn
voir la note déjà posée en S27:87 (ce Bloc) sur *faziʿa*. **Écho direct** : ce verset nomme explicitement la catégorie mise hors d'atteinte de l'effroi annoncé au verset 87 — ceux qui viennent avec une *ḥasana* — répondant ainsi, au moins en partie, au non-dit laissé par l'exception *illā man shāʾa llāh* du verset 87.

S.27:90 · Qui vient avec une sayyiʾa — visages précipités dans le Feu

S.27:90
وَمَنْ جَاءَ بِالسَّيِّئَةِ فَكُبَّتْ وُجُوهُهُمْ فِي النَّارِ هَلْ تُجْزَوْنَ إِلَّا مَا كُنْتُمْ تَعْمَلُونَ
Wa-man jāʾa bi-s-sayyiʾati fa-kubbat wujūhuhum fi n-nāri hal tujzawna illā mā kuntum taʿmalūn Et quiconque viendra avec une sayyiʾa [mauvaise action], leurs visages seront précipités, renversés (kubbat) dans le Feu — « Serez-vous rétribués autrement que selon ce que vous faisiez ? »
Notes lexicales
fa-kubbat wujūhuhum fi n-nār
racine *k-b-b* : renverser, précipiter la face en avant. Première occurrence développée. **Point de transparence** : là où S6:160 (voir note S27:89 ci-dessus) pose pour la *sayyiʾa* une équivalence abstraite (« *lā yujzā illā mithlahā* », rétribué seulement de son équivalent), ce verset nomme ici un châtiment concret et imagé (les visages précipités dans le Feu). Ce Bloc rapporte les deux passages sans les harmoniser en une seule doctrine de la rétribution.
hal tujzawna illā mā kuntum taʿmalūn
**Dit** : la question rhétorique finale pose la rétribution comme strictement proportionnée à l'acte (« *mā kuntum taʿmalūn* », ce que vous faisiez) — aucune peine qui excéderait l'acte lui-même n'est ici affirmée.

Clôture de la sourate — la balda, la récitation, la ḥamd · S27:91–93

S.27:91 · Adorer le Rabb de cette balda, qui l’a rendue sacrée

S.27:91
إِنَّمَا أُمِرْتُ أَنْ أَعْبُدَ رَبَّ هَٰذِهِ الْبَلْدَةِ الَّذِي حَرَّمَهَا وَلَهُ كُلُّ شَيْءٍ ۖ وَأُمِرْتُ أَنْ أَكُونَ مِنَ الْمُسْلِمِينَ
Innamā umirtu an aʿbuda rabba hādhihi l-baldati lladhī ḥarramahā wa-lahu kullu shayʾin wa-umirtu an akūna mina l-muslimīn Il m’est seulement ordonné (umirtu) d’adorer le Rabb de cette balda (hādhihi l-baldati), Ce qui l’a rendue sacrée (ḥarramahā) — et à Lui toute chose appartient — et il m’est ordonné d’être du nombre des muslimūn.
Notes lexicales
hādhihi l-baldati
*balda*, forme féminine substantive de la même racine *b-l-d* que *balad*, déjà établie (S2:126, déjà publiée : « *hādhā baladan āminan* » ; S14:35 : « *hādhā l-balada āminan* ») — l'étendue de terre qui demeure, conservée en translittération, non rendue par « ville ». Non-dit, important : ce verset lui-même ne nomme à aucun moment cette *balda* — aucun toponyme n'apparaît dans le texte. Inférence : la cohérence avec les deux invocations déjà rencontrées pour une *balda*/un *balad* rendu sacré (S2:126, l'invocation d'Ibrāhīm pour la Maison ; S14:35, la même invocation reprise) et avec le contexte de la révélation faite au *rasūl* Muḥammad rend plausible une identification à Makka — mais cette identification reste une inférence de cohérence, non une affirmation du texte lui-même, et ce Bloc la nomme comme telle.
lladhī ḥarramahā
racine *ḥ-r-m*, déjà établie (l'état sacralisé, *ḥurum*, S5:1, déjà publiée). **Note de méthode** : la construction relative attribuant cet acte à Allaah (ici désigné comme *Rabb*) est rendue par « Ce qui », conformément à la règle fixée pour le neutre absolu.
umirtu … wa-umirtu an akūna mina l-muslimīn
**Dit** : ce verset, à la première personne, rapporte un ordre reçu par le locuteur (le *rasūl*), non une prescription générale adressée au lecteur — ce Bloc ne l'élargit pas au-delà de cette portée explicite. *Muslimīn*, racine *s-l-m*, conservée en translittération conformément à l'usage constant de ce Projet pour cette famille de mots (*al-islām*, déjà établi, S5:3, déjà publiée).

S.27:92 · Réciter le Qurʾān — qui se guide, qui s’égare

S.27:92
وَأَنْ أَتْلُوَ الْقُرْآنَ ۖ فَمَنِ اهْتَدَىٰ فَإِنَّمَا يَهْتَدِي لِنَفْسِهِ ۖ وَمَنْ ضَلَّ فَقُلْ إِنَّمَا أَنَا مِنَ الْمُنْذِرِينَ
Wa-an atluwa l-qurʾāna fa-mani htadā fa-innamā yahtadī li-nafsihi wa-man ḍalla fa-qul innamā anā mina l-mundhirīn — et de réciter (atluwa) le Qurʾān. Quiconque se guide (ihtadā) ne se guide que pour lui-même (li-nafsihi) ; et quiconque s’égare (ḍalla), dis [alors] : « Je ne suis que du nombre de ceux qui avertissent (al-mundhirīn). »
Notes lexicales
an atluwa l-qurʾān
**Note de syntaxe** : cette clause poursuit directement l'ordre énoncé au verset précédent (« *umirtu an* … *wa-an atluwa* », il m'est ordonné de… et de réciter), la numérotation séparant ici encore une seule phrase continue.
fa-mani htadā fa-innamā yahtadī li-nafsihi
**Dit** : le texte pose ici une responsabilité strictement individuelle de la guidance reçue — elle ne profite, dans sa formulation, qu'à celui qui l'a reçue, non à un tiers (ni, symétriquement, l'égarement ne retombe sur un tiers, par la construction même de ce verset). **Non-dit** : le mécanisme précis de cette guidance — en quoi elle « pour soi-même » profite — n'est pas davantage détaillé par ce seul verset.
innamā anā mina l-mundhirīn
racine *n-dh-r*, l'avertissement qui prévient d'un danger à venir. **Dit** : le *rasūl* circonscrit ici, à la première personne, sa propre fonction — avertir — sans se présenter comme celui qui contraint l'issue, cohérent avec la limite déjà posée en S27:80–81 (ce Bloc) sur ce qui est hors de son pouvoir.

S.27:93 · Clôture : la ḥamd — « Il vous montrera Ses āyāt »

S.27:93
وَقُلِ الْحَمْدُ لِلَّهِ سَيُرِيكُمْ آيَاتِهِ فَتَعْرِفُونَهَا ۚ وَمَا رَبُّكَ بِغَافِلٍ عَمَّا تَعْمَلُونَ
Wa-quli l-ḥamdu lillāhi sa-yurīkum āyātihi fa-taʿrifūnahā wa-mā rabbuka bi-ghāfilin ʿammā taʿmalūn Et dis : « La ḥamd est à Allaah ! Il vous montrera Ses āyāt, et vous les reconnaîtrez (taʿrifūnahā). » Et ton Rabb n’est pas inattentif (bi-ghāfilin) à ce que vous faites.

Note de clôture — l’écho qui referme la sourate. « Quli l-ḥamdu lillāh » reprend, mot pour mot, l’ouverture de S27:59 (Bloc IV) — le même ordre donné au rasūl de proclamer la ḥamd, qui referme ici la sourate entière sur le terme même qui en avait marqué une articulation majeure. Et « āyātihi » (Ses āyāt), dans ce dernier verset, fait écho à « āyātu l-qurʾān » qui ouvrait la sourate dès son premier verset (S27:1, Bloc I : « tilka āyātu l-qurʾāni wa-kitābin mubīn ») — la sourate se referme ainsi sur le même terme qui l’avait ouverte, comme déjà noté pour « kitābin mubīn » à la clôture du Bloc IV (S27:75).

Notes lexicales
sa-yurīkum āyātihi fa-taʿrifūnahā
**Dit** : une promesse au futur — une monstration à venir (*sa-yurīkum*, Il vous montrera) suivie d'une reconnaissance (*taʿrifūnahā*). **Non-dit** : ce seul verset ne précise ni le moment ni la nature exacte de ces *āyāt* à venir — ce Bloc ne comble pas cette absence de précision par une identification extérieure au texte.
wa-mā rabbuka bi-ghāfilin ʿammā taʿmalūn
précédent déjà établi pour cette même formule (*wa-mā llāhu bi-ghāfilin ʿammā taʿmalūn*, S2:74 et ailleurs, déjà publiées) — ici avec « *rabbuka* » (ton Rabb) au lieu du nom *Allāh*, sans changement de sens relevé par ce Bloc. *Ghāfil*, racine *gh-f-l* : l'inattention, la négligence — niée ici sans réserve.

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