Structure du Bloc VI, dernier Bloc de la Sourate 28. Neuf ensembles. D’abord le principe qu’Allaah ne détruit jamais une cité avant d’y avoir envoyé un rasūl (S28:59). Puis le contraste entre le mutaʿ d’ici-bas et ce qui est auprès d’Allaah, et la comparaison entre celui à qui une belle promesse a été faite et celui qui n’a reçu que la jouissance passagère de ce monde (S28:60–61). Puis le Jour où il sera demandé : « Où sont Mes associés ? », la réponse de ceux qui ont égaré d’autres, l’appel resté sans réponse, la question posée aux mursalūn, et les récits devenus opaques (S28:62–67). Puis l’affirmation qu’Allaah crée et choisit comme Il veut, sans qu’aucun choix n’appartienne à quiconque d’autre, Ce qui sait ce qui est caché et ce qui est déclaré, et la clôture sur le jugement et le retour (S28:68–70). Puis les deux questions rhétoriques sur une nuit ou un jour qui seraient perpétuels, et la raḥma logée dans leur alternance (S28:71–73). Puis la reprise de la même question sur les associés, et le témoin tiré de chaque umma (S28:74–75). Puis le long récit de Qārūn : ses trésors, l’avertissement de son peuple, sa réponse, sa sortie dans sa parure, les deux réactions opposées, son engloutissement, et le revirement de ceux qui avaient envié son sort (S28:76–82). Puis la Demeure dernière réservée à qui ne recherche ni domination ni corruption sur la terre, et la rétribution strictement proportionnée (S28:83–84). Enfin la clôture de la sourate adressée directement au nabī : le retour promis, le Kitāb reçu comme seule raḥma, l’appel à ne jamais être un soutien pour les kāfirūn, et la dernière affirmation — nulle chose ne subsiste, sinon Son wajh — qui referme la sourate sur la formule même déjà posée en S28:70 (S28:85–88).

Sommaire du bloc

Réf. Titre thématique
S.28:59 Nul châtiment sans rasūl envoyé auparavant
S.28:60 Le mutaʿ d’ici-bas face à ce qui est auprès d’Allaah
S.28:61 La belle promesse face à la jouissance passagère — les muḥḑarūn
S.28:62 « Où sont Mes associés ? »
S.28:63 La réponse de ceux qui ont égaré — « nous nous dégageons vers Toi »
S.28:64 L’appel resté sans réponse — s’ils avaient été guidés
S.28:65 « Qu’avez-vous répondu aux mursalūn ? »
S.28:66 Les récits devenus opaques — ils ne s’interrogent plus
S.28:67 L’exception de qui revient, croit, agit droitement
S.28:68 Allaah crée et choisit — nul choix pour eux
S.28:69 Ce qui sait ce que les poitrines cachent et déclarent
S.28:70 Nul ilāh que Lui — la ḥamd en la première et la dernière — le jugement, le retour
S.28:71–72 Une nuit, un jour perpétuels — quel ilāh vous apporterait l’autre ?
S.28:73 La raḥma logée dans l’alternance de la nuit et du jour
S.28:74 Reprise — « Où sont Mes associés ? »
S.28:75 Un témoin tiré de chaque umma — le ḥaqq appartient à Allaah
S.28:76 Qārūn et ses trésors — « ne te réjouis pas avec excès »
S.28:77 « Recherche la Demeure dernière, sans oublier ta part d’ici-bas »
S.28:78 La réponse de Qārūn — « cela m’a été donné sur une science qui est mienne »
S.28:79 La sortie dans sa parure — « que n’avons-nous son pareil »
S.28:80 La réponse de ceux qui ont reçu la science
S.28:81 L’engloutissement de Qārūn et de sa demeure
S.28:82 Le revirement de ceux qui avaient envié son sort
S.28:83 La Demeure dernière — pour qui ne recherche ni domination ni corruption
S.28:84 La rétribution strictement proportionnée
S.28:85 Le retour promis — « mon Rabb sait mieux »
S.28:86 Le Kitāb reçu comme seule raḥma — ne pas soutenir les kāfirūn
S.28:87 Ne pas se laisser détourner des āyāt — l’appel, et non le shirk
S.28:88 Clôture — nul ilāh avec Allaah, nulle chose ne subsiste sinon Son wajh

Nul châtiment sans rasūl envoyé auparavant · S28:59

S.28:59 · Nul châtiment sans rasūl envoyé auparavant

Point de méthode — précédent direct, S17:15. Ce verset pose, à propos des cités (al-qurā), le même principe déjà rencontré sous une formulation légèrement différente (S17:15 : « wa-mā kunnā muʿadhdhibīna ḥattā nabʿatha rasūlā », « Nous ne châtions qu’après avoir envoyé un rasūl ») : nulle destruction collective n’intervient avant l’envoi d’un rasūl qui récite les āyāt. Dit : le texte restreint cette destruction aux cités dont les habitants sont ẓālimūn — non-dit : ce seul verset ne précise pas la nature exacte de cet avertissement reçu ni sa durée avant que la destruction n’intervienne.

S.28:59
وَمَا كَانَ رَبُّكَ مُهْلِكَ الْقُرَىٰ حَتَّىٰ يَبْعَثَ فِي أُمِّهَا رَسُولًا يَتْلُو عَلَيْهِمْ آيَاتِنَا ۚ وَمَا كُنَّا مُهْلِكِي الْقُرَىٰ إِلَّا وَأَهْلُهَا ظَالِمُونَ
Wa-mā kāna rabbuka muhlika l-qurā ḥattā yabʿatha fī ummihā rasūlan yatlū ʿalayhim āyātinā wa-mā kunnā muhlikī l-qurā illā wa-ahluhā ẓālimūn Et ton Rabb n’a jamais été destructeur (muhlik) des cités (al-qurā) avant d’avoir envoyé, dans leur [cité-]mère (fī ummihā), un rasūl qui leur récite Nos āyāt — et Nous n’avons jamais détruit les cités, sinon lorsque leurs habitants étaient injustes (ẓālimūn).
Notes lexicales
wa-mā kāna rabbuka muhlika l-qurā
voir le callout dédié ci-dessus. *Ahlaka*, racine *h-l-k*, précédent extensivement établi (S28:58, Bloc V) : détruire, faire disparaître entièrement.
fī ummihā
racine *ʾ-m-m* : *umm*, la mère — employé ici par métonymie pour désigner la cité principale, celle dont dépendent les localités alentour, à l'image d'une mère dont les enfants procèdent. **Non-dit** : ce seul mot ne précise pas si cette cité « mère » diffère de la cité finalement détruite, ou s'il s'agit d'un seul et même lieu nommé ainsi parce qu'il est le centre de son propre territoire.

Le mutaʿ d’ici-bas face à ce qui est auprès d’Allaah · S28:60–61

S.28:60 · Le mutaʿ d’ici-bas face à ce qui est auprès d’Allaah

S.28:60
وَمَا أُوتِيتُمْ مِنْ شَيْءٍ فَمَتَاعُ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَزِينَتُهَا ۚ وَمَا عِنْدَ اللَّهِ خَيْرٌ وَأَبْقَىٰ ۚ أَفَلَا تَعْقِلُونَ
Wa-mā ūtītum min shayʾin fa-matāʿu l-ḥayāti d-dunyā wa-zīnatuhā wa-mā ʿinda llāhi khayrun wa-abqā a-fa-lā taʿqilūn Et ce qui vous a été donné, quelle que soit la chose, n’est que jouissance passagère (matāʿ) de la vie d’ici-bas (al-ḥayāt ad-dunyā) et sa parure (zīnatuhā) — et ce qui est auprès d’Allaah (mā ʿinda llāh) est meilleur et plus durable (abqā). Ne raisonnez-vous donc pas ?
Notes lexicales
matāʿu l-ḥayāti d-dunyā wa-zīnatuhā
*matāʿ*, racine *m-t-ʿ*, précédent établi (S13:26) : l'objet de jouissance limitée dans le temps. *Zīna*, racine *z-y-n* : la parure, l'ornement — déjà rencontrée pour la parure que l'on porte (S24:31/60). Les deux termes conjoints qualifient ici l'ensemble de ce qui peut être donné en ce monde, quelle que soit sa forme.
mā ʿinda llāhi khayrun wa-abqā
*abqā*, racine *b-q-y* : ce qui demeure, ce qui subsiste sans s'épuiser — opposé direct de *matāʿ*, qui s'épuise par nature. Première occurrence développée de cette racine, qui reparaît au terme de ce Bloc (S28:88, *illā wajhahu*) pour qualifier, cette fois, Allaah Lui-même.

S.28:61 · La belle promesse face à la jouissance passagère — les muḥḑarūn

S.28:61
أَفَمَنْ وَعَدْنَاهُ وَعْدًا حَسَنًا فَهُوَ لَاقِيهِ كَمَنْ مَتَّعْنَاهُ مَتَاعَ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا ثُمَّ هُوَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ مِنَ الْمُحْضَرِينَ
A-fa-man waʿadnāhu waʿdan ḥasanan fa-huwa lāqīhi ka-man mattaʿnāhu matāʿa l-ḥayāti d-dunyā thumma huwa yawma l-qiyāmati mina l-muḥḑarīn Celui à qui Nous avons fait une belle promesse (waʿdan ḥasanan), et qui va la rencontrer (lāqīhi), est-il donc comme celui à qui Nous avons donné la jouissance passagère de la vie d’ici-bas, et qui sera ensuite, au Jour de la Résurrection, du nombre de ceux qui seront produits [devant le jugement] (al-muḥḑarīn) ?
Notes lexicales
waʿdan ḥasanan fa-huwa lāqīhi
*laqiya*, racine *l-q-y* : rencontrer, parvenir à ce qu'on attendait. **Dit** : le texte pose ici une rencontre effective et certaine de la promesse, non une simple espérance.
al-muḥḑarīn
racine *ḥ-ḑ-r* (forme IV, passif) : ce qui est amené, produit, présenté devant quelqu'un — ici devant le jugement. **Non-dit** : ce seul mot ne précise pas la forme exacte de cette présentation, seulement qu'elle intervient après une vie passée dans la seule jouissance passagère.

« Où sont Mes associés ? » — la réponse, l’appel sans écho, la question aux mursalūn · S28:62–67

S.28:62 · « Où sont Mes associés ? »

S.28:62
وَيَوْمَ يُنَادِيهِمْ فَيَقُولُ أَيْنَ شُرَكَائِيَ الَّذِينَ كُنْتُمْ تَزْعُمُونَ
Wa-yawma yunādīhim fa-yaqūlu ayna shurakāʾiya lladhīna kuntum tazʿumūn Et [rappelle] le Jour où Il les appellera, et dira : « Où sont Mes associés (shurakāʾiya), que vous prétendiez (tazʿumūn) [exister] ? »
Notes lexicales
shurakāʾiya
racine *sh-r-k*, extensivement établie : ce qu'on associe à Allaah dans l'adoration. **Précision de méthode** : le pronom possessif (« Mes ») reprend ici la prétention même de ceux qui associaient — le texte ne pose pas qu'Allaah aurait, en réalité, des associés, mais cite leur propre vocabulaire pour le retourner contre eux.
tazʿumūn
racine *z-ʿ-m* : affirmer sans fondement assuré, prétendre. Première occurrence développée.

S.28:63 · La réponse de ceux qui ont égaré — « nous nous dégageons vers Toi »

S.28:63
قَالَ الَّذِينَ حَقَّ عَلَيْهِمُ الْقَوْلُ رَبَّنَا هَٰؤُلَاءِ الَّذِينَ أَغْوَيْنَا أَغْوَيْنَاهُمْ كَمَا غَوَيْنَا ۖ تَبَرَّأْنَا إِلَيْكَ ۖ مَا كَانُوا إِيَّانَا يَعْبُدُونَ
Qāla lladhīna ḥaqqa ʿalayhimu l-qawlu rabbanā hāʾulāʾi lladhīna aghwaynā aghwaynāhum ka-mā ghawaynā tabarraʾnā ilayka mā kānū iyyānā yaʿbudūn Ceux sur qui la Parole s’est avérée [vraie] (ḥaqqa ʿalayhimu l-qawl) diront : « Notre Rabb, ceux-ci sont ceux que nous avons égarés (aghwaynā) — nous les avons égarés comme nous-mêmes nous avons été égarés (ghawaynā). Nous nous dégageons [de toute responsabilité], devant Toi (tabarraʾnā ilayka) — ce n’est pas nous qu’ils adoraient. »
Notes lexicales
ḥaqqa ʿalayhimu l-qawlu
racine *ḥ-q-q* : s'avérer, se confirmer comme fondé. **Dit** : le texte affirme qu'une Parole déjà prononcée se trouve, pour ce groupe, vérifiée — **non-dit** : ce seul verset ne nomme pas le contenu exact de cette Parole, laissé à ce que le contexte immédiat (le châtiment annoncé) rend seul plausible.
aghwaynā … ghawaynā
racine *gh-w-y* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : s'écarter du droit chemin, se perdre. **Dit, avec précision** : le texte distingue la forme causative (*aghwaynā*, « nous avons égaré [autrui] ») de la forme simple (*ghawaynā*, « nous nous sommes égarés [nous-mêmes] ») — ceux qui parlent reconnaissent avoir eux-mêmes été égarés avant d'égarer d'autres, sans que ce verset précise par quoi ou par qui ils l'ont été en premier lieu.
tabarraʾnā ilayka
racine *b-r-ʾ*, forme V (réfléchie) : se dégager, se désolidariser entièrement d'une chose ou d'un lien. Première occurrence développée de cette forme.

S.28:64 · L’appel resté sans réponse — s’ils avaient été guidés

S.28:64
وَقِيلَ ادْعُوا شُرَكَاءَكُمْ فَدَعَوْهُمْ فَلَمْ يَسْتَجِيبُوا لَهُمْ وَرَأَوُا الْعَذَابَ ۚ لَوْ أَنَّهُمْ كَانُوا يَهْتَدُونَ
Wa-qīla dʿū shurakāʾakum fa-daʿawhum fa-lam yastajībū lahum wa-raʾawu l-ʿadhāba law annahum kānū yahtadūn Et il leur sera dit : « Appelez vos associés ! » — ils les appelleront alors, mais ceux-ci ne leur répondront pas (lam yastajībū), et ils verront le châtiment — [ils voudraient] qu’ils eussent été guidés !
Notes lexicales
fa-lam yastajībū lahum
racine *j-w-b*, forme X : répondre à un appel. **Dit** : le texte constate l'absence totale de réponse, confirmant par l'expérience ce que S28:62–63 (ce Bloc) venait d'énoncer sur la vanité de ces associés.
law annahum kānū yahtadūn
**Non-dit** : ce seul verset ne précise pas si cette formule exprime un regret formulé par les égarés eux-mêmes, ou une remarque du texte sur leur situation — ce Bloc rapporte la construction telle qu'elle se présente, sans trancher l'identité exacte de celui à qui elle est imputée.

S.28:65 · « Qu’avez-vous répondu aux mursalūn ? »

S.28:65
وَيَوْمَ يُنَادِيهِمْ فَيَقُولُ مَاذَا أَجَبْتُمُ الْمُرْسَلِينَ
Wa-yawma yunādīhim fa-yaqūlu mādhā ajabtumu l-mursalīn Et [rappelle] le Jour où Il les appellera, et dira : « Qu’avez-vous répondu (mādhā ajabtum) aux mursalūn ? »
Notes lexicales
mādhā ajabtumu l-mursalīn
**Précision de méthode** : la question posée en S28:62 (ce Bloc) portait sur les associés prétendus ; celle-ci, construite sur le même refrain (*wa-yawma yunādīhim fa-yaqūl*), porte sur un objet distinct — la réponse donnée aux *mursalūn* eux-mêmes. Ce Bloc rapporte les deux questions sans les fusionner.

S.28:66 · Les récits devenus opaques — ils ne s’interrogent plus

S.28:66
فَعَمِيَتْ عَلَيْهِمُ الْأَنْبَاءُ يَوْمَئِذٍ فَهُمْ لَا يَتَسَاءَلُونَ
Fa-ʿamiyat ʿalayhimu l-anbāʾu yawmaʾidhin fa-hum lā yatasāʾalūn Les récits (al-anbāʾ) deviendront alors opaques pour eux (ʿamiyat), ce Jour-là — si bien qu’ils ne s’interrogeront plus entre eux (lā yatasāʾalūn).
Notes lexicales
fa-ʿamiyat ʿalayhimu l-anbāʾu
racine *ʿ-m-y* : la cécité. **Point de méthode, sens porté plutôt que calqué** : le texte applique ici à des *anbāʾ* (récits, informations) un verbe qui, littéralement, dit « devenir aveugle » — une image où ce n'est pas le regard qui s'aveugle, mais la chose regardée qui perd toute netteté. Conformément à la méthode retenue ici, la traduction porte le sens — l'opacité, la confusion totale qui s'empare des réponses qu'ils pourraient donner — plutôt que de calquer l'image sur un sujet qui, en français, ne la porterait pas naturellement.
lā yatasāʾalūn
racine *s-ʾ-l*, forme VI (réciproque) : s'interroger les uns les autres. **Dit** : la conséquence posée par le texte n'est pas le silence par choix, mais l'impossibilité même de formuler une réponse concertée.

S.28:67 · L’exception de qui revient, croit, agit droitement

S.28:67
فَأَمَّا مَنْ تَابَ وَآمَنَ وَعَمِلَ صَالِحًا فَعَسَىٰ أَنْ يَكُونَ مِنَ الْمُفْلِحِينَ
Fa-ammā man tāba wa-āmana wa-ʿamila ṣāliḥan fa-ʿasā an yakūna mina l-mufliḥīn Quant à celui qui est revenu (tāba), a cru, et a agi droitement (ʿamila ṣāliḥan) — il se peut qu’il soit du nombre de ceux qui réussissent (al-mufliḥīn).
Notes lexicales
tāba wa-āmana wa-ʿamila ṣāliḥan
triade extensivement établie : *tawba* (le retour), *īmān* (la foi), *ʿamal ṣāliḥ* (l'agir droit) — reconduite ici, après le tableau sans appel des versets précédents de ce Bloc, comme seule issue restée ouverte.

Allaah crée et choisit — nul choix pour eux · S28:68–70

S.28:68 · Allaah crée et choisit — nul choix pour eux

Point de méthode — mā kāna lahumu l-khiyarah, un constat textuel, non une thèse importée. Dit : le texte affirme qu’Allaah crée ce qu’Il veut et choisit (yakhtāru), et qu’aucun choix (al-khiyara) n’appartient à « eux » — pronom dont ce seul verset ne précise pas l’antécédent exact (les faux associés déjà évoqués dans ce Bloc, ou les humains en général). Non-dit : ce verset ne développe aucune doctrine sur la liberté ou la contrainte de l’agir humain en général ; il affirme seulement, dans ce contexte précis, qu’Allaah seul détient le choix de ce qu’Il crée et de qui Il élit — ce Bloc n’étend pas cette affirmation au-delà de ce qu’elle énonce elle-même, laissant hors de son périmètre les débats que ce verset a pu nourrir ailleurs.

S.28:68
وَرَبُّكَ يَخْلُقُ مَا يَشَاءُ وَيَخْتَارُ ۗ مَا كَانَ لَهُمُ الْخِيَرَةُ ۚ سُبْحَانَ اللَّهِ وَتَعَالَىٰ عَمَّا يُشْرِكُونَ
Wa-rabbuka yakhluqu mā yashāʾu wa-yakhtāru mā kāna lahumu l-khiyaratu subḥāna llāhi wa-taʿālā ʿammā yushrikūn Et ton Rabb crée ce qu’Il veut, et Il choisit (yakhtāru) — nul choix (al-khiyara) ne leur appartient. Il est dégagé de toute imperfection (subḥāna llāh), et Il transcende (taʿālā) ce qu’ils Lui associent.
Notes lexicales
yakhtāru … al-khiyaratu
racine *kh-y-r* : choisir ce qui est meilleur, préférer. Première occurrence développée de cette racine. Voir le callout dédié ci-dessus.
subḥāna llāhi wa-taʿālā ʿammā yushrikūn
couple extensivement établi : *subḥāna*, « Il est dégagé de toute imperfection » (jamais « gloire à ») ; *taʿālā*, racine *ʿ-l-w*, « transcende », jamais un mot de lieu ou de hauteur spatiale, conformément à la règle absolue retenue ici (voir notamment S23:92, S27:63).

S.28:69 · Ce qui sait ce que les poitrines cachent et déclarent

S.28:69
وَرَبُّكَ يَعْلَمُ مَا تُكِنُّ صُدُورُهُمْ وَمَا يُعْلِنُونَ
Wa-rabbuka yaʿlamu mā tukinnu ṣudūruhum wa-mā yuʿlinūn Et ton Rabb sait ce que leurs poitrines (ṣudūruhum) cachent (tukinnu), et ce qu’ils déclarent (yuʿlinūn).
Notes lexicales
mā tukinnu ṣudūruhum
racine *k-n-n* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : mettre à couvert, dissimuler entièrement à la vue. Première occurrence développée de cette racine. Couple antithétique *tukinnu*/*yuʿlinūn* (cacher/déclarer) qui recouvre, par une autre paire de mots, le couple *ghayb*/*shahāda* déjà établi ailleurs.

S.28:70 · Nul ilāh que Lui — la ḥamd en la première et la dernière — le jugement, le retour

Point de structure — formule reprise à la clôture de la sourate (S28:88). Lahu l-ḥukmu wa-ilayhi turjaʿūn (« à Lui le jugement, et c’est à Lui que vous retournez ») referme ce verset ; la même formule, mot pour mot, referme aussi le dernier verset de cette sourate (S28:88, fin de ce Bloc) — une clôture en écho qui enserre tout ce qui sépare les deux occurrences.

S.28:70
وَهُوَ اللَّهُ لَا إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ ۖ لَهُ الْحَمْدُ فِي الْأُولَىٰ وَالْآخِرَةِ ۖ وَلَهُ الْحُكْمُ وَإِلَيْهِ تُرْجَعُونَ
Wa-huwa llāhu lā ilāha illā huwa lahu l-ḥamdu fi l-ūlā wa-l-ākhirati wa-lahu l-ḥukmu wa-ilayhi turjaʿūn Et c’est Lui, Allaah — nul ilāh que Lui. À Lui la ḥamd, dans la première [vie] comme dans la dernière (fi l-ūlā wa-l-ākhira) — à Lui le jugement (al-ḥukm), et c’est à Lui que vous retournez (turjaʿūn).
Notes lexicales
lahu l-ḥamdu fi l-ūlā wa-l-ākhirati
*al-ḥamd*, extensivement établi depuis S1:1 : la louange qui revient de droit. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas si « la première et la dernière » désignent la vie d'ici-bas et l'Ākhira, ou plus largement tout ce qui précède et tout ce qui suit — ce Bloc ne tranche pas entre ces lectures proches.
lahu l-ḥukmu wa-ilayhi turjaʿūn
voir le callout dédié ci-dessus.

Une nuit, un jour perpétuels, la raḥma dans leur alternance · S28:71–73

S.28:71–72 · Une nuit, un jour perpétuels — quel ilāh vous apporterait l’autre ?

S.28:71–72
قُلْ أَرَأَيْتُمْ إِنْ جَعَلَ اللَّهُ عَلَيْكُمُ اللَّيْلَ سَرْمَدًا إِلَىٰ يَوْمِ الْقِيَامَةِ مَنْ إِلَٰهٌ غَيْرُ اللَّهِ يَأْتِيكُمْ بِضِيَاءٍ ۖ أَفَلَا تَسْمَعُونَ ۝ قُلْ أَرَأَيْتُمْ إِنْ جَعَلَ اللَّهُ عَلَيْكُمُ النَّهَارَ سَرْمَدًا إِلَىٰ يَوْمِ الْقِيَامَةِ مَنْ إِلَٰهٌ غَيْرُ اللَّهِ يَأْتِيكُمْ بِلَيْلٍ تَسْكُنُونَ فِيهِ ۖ أَفَلَا تُبْصِرُونَ
Qul a-raʾaytum in jaʿala llāhu ʿalaykumu l-layla sarmadan ilā yawmi l-qiyāmati man ilāhun ghayru llāhi yaʾtīkum bi-ḑiyāʾin a-fa-lā tasmaʿūn — qul a-raʾaytum in jaʿala llāhu ʿalaykumu n-nahāra sarmadan ilā yawmi l-qiyāmati man ilāhun ghayru llāhi yaʾtīkum bi-laylin taskunūna fīhi a-fa-lā tubṣirūn Dis : « Avez-vous considéré (a-raʾaytum) : si Allaah faisait pour vous la nuit perpétuelle (sarmadan) jusqu’au Jour de la Résurrection, quel ilāh, autre qu’Allaah, vous apporterait une clarté (ḑiyāʾ) ? N’entendez-vous donc pas ? » Dis : « Avez-vous considéré : si Allaah faisait pour vous le jour perpétuel jusqu’au Jour de la Résurrection, quel ilāh, autre qu’Allaah, vous apporterait une nuit où vous reposer (taskunūna fīhi) ? Ne voyez-vous donc pas ? »
Notes lexicales
sarmadan
racine quadrilitère *s-r-m-d*, rare dans le Coran — les lexicographes classiques (Ibn Manẓūr, *Lisān al-ʿArab*) la glosent comme ce qui se poursuit sans la moindre interruption ni alternance. Première occurrence de cette racine.
taskunūna fīhi
racine *s-k-n*, précédent établi (S28:58, Bloc V, *masākinuhum*) : le repos, l'immobilité apaisée — ici appliqué au repos que la nuit rend possible.

S.28:73 · La raḥma logée dans l’alternance de la nuit et du jour

S.28:73
وَمِنْ رَحْمَتِهِ جَعَلَ لَكُمُ اللَّيْلَ وَالنَّهَارَ لِتَسْكُنُوا فِيهِ وَلِتَبْتَغُوا مِنْ فَضْلِهِ وَلَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ
Wa-min raḥmatihi jaʿala lakumu l-layla wa-n-nahāra li-taskunū fīhi wa-li-tabtaghū min faḑlihi wa-laʿallakum tashkurūn Et c’est de Sa raḥma qu’Il a fait pour vous la nuit et le jour : pour que vous vous reposiez dans l’une, et que vous recherchiez de Son faḑl dans l’autre — et afin que, peut-être, vous soyez reconnaissants (tashkurūn).
Notes lexicales
li-tabtaghū min faḑlihi
*ibtaghā*, racine *b-gh-y*, précédent établi (S28:57, Bloc IV, *ibtighāʾa wajhi rabbihim* — construction voisine mais distincte, l'objet visé ici étant le *faḑl*, non le *wajh*) : rechercher activement. *Faḑl*, extensivement établi depuis S3:73 : le don qui excède toute mesure due.

Reprise — « Où sont Mes associés ? », le témoin de chaque umma · S28:74–75

S.28:74 · Reprise — « Où sont Mes associés ? »

S.28:74
وَيَوْمَ يُنَادِيهِمْ فَيَقُولُ أَيْنَ شُرَكَائِيَ الَّذِينَ كُنْتُمْ تَزْعُمُونَ
Wa-yawma yunādīhim fa-yaqūlu ayna shurakāʾiya lladhīna kuntum tazʿumūn Et [rappelle] le Jour où Il les appellera, et dira : « Où sont Mes associés, que vous prétendiez [exister] ? »
Notes lexicales
ayna shurakāʾiya …
reprise mot pour mot de S28:62 (ce Bloc) — voir la note qui y est posée. Ce Bloc rapporte cette répétition exacte, qui referme le mouvement ouvert aux versets 62–67 en y ajoutant, immédiatement après, le témoin tiré de chaque *umma* (S28:75, ce Bloc).

S.28:75 · Un témoin tiré de chaque umma — le ḥaqq appartient à Allaah

S.28:75
وَنَزَعْنَا مِنْ كُلِّ أُمَّةٍ شَهِيدًا فَقُلْنَا هَاتُوا بُرْهَانَكُمْ فَعَلِمُوا أَنَّ الْحَقَّ لِلَّهِ وَضَلَّ عَنْهُمْ مَا كَانُوا يَفْتَرُونَ
Wa-nazaʿnā min kulli ummatin shahīdan fa-qulnā hātū burhānakum fa-ʿalimū anna l-ḥaqqa li-llāhi wa-ḑalla ʿanhum mā kānū yaftarūn Et Nous aurons tiré (nazaʿnā), de chaque umma, un témoin (shahīd), et Nous dirons : « Apportez votre preuve (hātū burhānakum) ! » Ils sauront alors que le ḥaqq appartient à Allaah, et ce qu’ils inventaient (yaftarūn) se sera égaré loin d’eux (ḑalla ʿanhum).
Notes lexicales
nazaʿnā min kulli ummatin shahīdan
racine *n-z-ʿ* (arracher, tirer avec force hors d'un lieu) appliquée ici au prélèvement d'un témoin. Précédent de sens voisin déjà établi pour la mention d'un témoin par *umma* (S16:84/89 : *nabʿathu … shahīdan*, « Nous susciterons un témoin ») — ce verset emploie un verbe différent (*nazaʿnā* plutôt que *nabʿathu*), que ce Bloc rapporte sans l'harmoniser avec l'autre.
hātū burhānakum
précédent exact, mot pour mot, déjà établi par l'étude dédiée [Hātū burhānakum](/etudes/hatu-burhanakum/) : l'exigence d'une preuve effective, non d'une simple affirmation.
ḑalla ʿanhum mā kānū yaftarūn
*ḑalla*, ici au sens de se perdre, disparaître — distinct de son emploi plus fréquent pour l'égarement moral. *Yaftarūn*, racine *f-r-y*, précédent établi (S28:36, Bloc IV, *siḥrun muftaran*) : inventer de toutes pièces.

Qārūn : les trésors, l’avertissement, la réponse, la sortie dans la parure, l’engloutissement · S28:76–82

S.28:76 · Qārūn et ses trésors — « ne te réjouis pas avec excès »

Point de méthode — ce que le texte dit de Qārūn, et ce qu’il n’en dit pas. Dit : le texte nomme Qārūn comme appartenant au peuple de Mūsā (min qawmi mūsā), rapporte qu’il bagha contre eux (dépassa la mesure à leur détriment), et lui attribue des trésors dont les seules clés pèseraient sur une troupe d’hommes forts. Non-dit : ce seul verset ne précise ni le lien de parenté éventuel entre Qārūn et Mūsā, ni la nature exacte de son excès contre son peuple, ni la provenance de sa richesse — ce Bloc n’importe aucun détail narratif extérieur à ce que ce récit affirme lui-même, verset après verset.

S.28:76
۞ إِنَّ قَارُونَ كَانَ مِنْ قَوْمِ مُوسَىٰ فَبَغَىٰ عَلَيْهِمْ ۖ وَآتَيْنَاهُ مِنَ الْكُنُوزِ مَا إِنَّ مَفَاتِحَهُ لَتَنُوءُ بِالْعُصْبَةِ أُولِي الْقُوَّةِ إِذْ قَالَ لَهُ قَوْمُهُ لَا تَفْرَحْ ۖ إِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْفَرِحِينَ
Inna qārūna kāna min qawmi mūsā fa-baghā ʿalayhim wa-ātaynāhu mina l-kunūzi mā inna mafātiḥahu la-tanūʾu bi-l-ʿuṣbati ulī l-quwwati idh qāla lahu qawmuhu lā tafraḥ inna llāha lā yuḥibbu l-fariḥīn Qārūn était certes du peuple de Mūsā, et il dépassa la mesure contre eux (fa-baghā ʿalayhim). Et Nous lui avions donné, des trésors (al-kunūz), de quoi les seules clés (mafātiḥahu) pèseraient lourdement (la-tanūʾu) sur une troupe d’hommes de force (al-ʿuṣbati ulī l-quwwati) — quand son peuple lui dit : « Ne te réjouis pas avec excès (lā tafraḥ) ; Allaah n’honore pas ceux qui se réjouissent avec excès (al-fariḥīn). »
Notes lexicales
fa-baghā ʿalayhim
racine *b-gh-y*, précédent établi (S22:60, *bughiya ʿalayhi*) : dépasser une limite au détriment d'autrui — ici Qārūn lui-même comme sujet actif de ce dépassement, non comme celui qui le subit.
la-tanūʾu bi-l-ʿuṣbati ulī l-quwwati
racine *n-w-ʾ* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : plier, s'incliner sous le poids d'une charge. L'image porte sur les clés elles-mêmes (*mafātiḥahu*), non sur les trésors en entier — une hyperbole qui mesure l'immensité de la richesse par le poids de ce qui en ouvre seulement l'accès. *Al-ʿuṣba* : un groupe d'hommes en nombre suffisant pour porter une charge commune. Première occurrence développée de ces deux termes.
lā tafraḥ … inna llāha lā yuḥibbu l-fariḥīn
racine *f-r-ḥ* : la réjouissance, ici qualifiée négativement par le contexte (une jouissance qui s'enferme sur elle-même, sans rapporter sa source à Allaah — voir S28:82, ce Bloc, où le même terme recevra un sens positif appliqué au *faḑl* d'Allaah). *Yuḥibbu*, racine *ḥ-b-b* : conformément à la règle constante retenue ici, ce verbe est rendu par « honorer » lorsqu'Allaah en est le sujet (précédent établi, notamment S5:54, S28:56).

S.28:77 · « Recherche la Demeure dernière, sans oublier ta part d’ici-bas »

S.28:77
وَابْتَغِ فِيمَا آتَاكَ اللَّهُ الدَّارَ الْآخِرَةَ ۖ وَلَا تَنْسَ نَصِيبَكَ مِنَ الدُّنْيَا ۖ وَأَحْسِنْ كَمَا أَحْسَنَ اللَّهُ إِلَيْكَ ۖ وَلَا تَبْغِ الْفَسَادَ فِي الْأَرْضِ ۖ إِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْمُفْسِدِينَ
Wa-btaghi fī-mā ātāka llāhu d-dāra l-ākhirata wa-lā tansa naṣībaka mina d-dunyā wa-aḥsin ka-mā aḥsana llāhu ilayka wa-lā tabghi l-fasāda fi l-arḑi inna llāha lā yuḥibbu l-mufsidīn Et recherche (wa-btaghi), par ce qu’Allaah t’a donné, la Demeure dernière (ad-dāra l-ākhira) — et n’oublie pas ta part (naṣībaka) d’ici-bas — et fais le bien (aḥsin) comme Allaah t’a fait le bien — et ne recherche pas le fasād sur la terre : Allaah n’honore pas les mufsidūn.
Notes lexicales
wa-btaghi … ad-dāra l-ākhirata … wa-lā tansa naṣībaka mina d-dunyā
**Dit** : le conseil adressé à Qārūn (par son peuple, dans la continuité de S28:76) pose les deux termes conjointement, sans opposer l'un à l'autre — rechercher la Demeure dernière ne suppose pas ici de délaisser sa part licite d'ici-bas. *Naṣīb*, racine *n-ṣ-b* : la part qui revient à chacun.
aḥsin ka-mā aḥsana llāhu ilayka
racine *ḥ-s-n*, extensivement établie (*iḥsān*, *muḥsin*) : faire le bien, agir avec excellence — ici dans une construction en miroir, le bien reçu d'Allaah appelant un bien fait à son tour.
lā tabghi l-fasāda … lā yuḥibbu l-mufsidīn
*fasād*, extensivement établi (étude dédiée [Le fasād et les mufsidūn dans le Coran](/etudes/fasad-mufsidun/)) : la sortie hors de l'équilibre, hors de la juste mesure. *Yuḥibbu* : voir la note posée à S28:76 (ce Bloc).

S.28:78 · La réponse de Qārūn — « cela m’a été donné sur une science qui est mienne »

S.28:78
قَالَ إِنَّمَا أُوتِيتُهُ عَلَىٰ عِلْمٍ عِنْدِي ۚ أَوَلَمْ يَعْلَمْ أَنَّ اللَّهَ قَدْ أَهْلَكَ مِنْ قَبْلِهِ مِنَ الْقُرُونِ مَنْ هُوَ أَشَدُّ مِنْهُ قُوَّةً وَأَكْثَرُ جَمْعًا ۚ وَلَا يُسْأَلُ عَنْ ذُنُوبِهِمُ الْمُجْرِمُونَ
Qāla innamā ūtītuhu ʿalā ʿilmin ʿindī a-wa-lam yaʿlam anna llāha qad ahlaka min qablihi mina l-qurūni man huwa ashaddu minhu quwwatan wa-aktharu jamʿan wa-lā yusʾalu ʿan dhunūbihimu l-mujrimūn Il dit : « Cela ne m’a été donné que sur une science qui est mienne (ʿalā ʿilmin ʿindī). » — Ne savait-il donc pas qu’Allaah avait déjà détruit, parmi les générations (al-qurūn) qui l’avaient précédé, [des hommes] plus forts que lui en puissance et plus riches en biens amassés (aktharu jamʿan) ? — et les mujrimūn ne seront pas interrogés sur leurs péchés [avant d’être jugés].
Notes lexicales
innamā ūtītuhu ʿalā ʿilmin ʿindī
**Dit** : Qārūn attribue sa richesse à une science qui lui est propre (*ʿindī*, « qui est chez moi ») — une réponse qui s'oppose directement au conseil de S28:77 (ce Bloc), lequel rattachait tout bien reçu à Allaah. **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas la nature de cette science revendiquée.
wa-lā yusʾalu ʿan dhunūbihimu l-mujrimūn
**Point de grammaire, non de doctrine.** Cette clause referme le verset par un énoncé général, détaché de Qārūn nommément — les lexicographes et grammairiens classiques y relèvent une construction elliptique, dont le sens porté est que les *mujrimūn* seront reconnus par leurs traits avant tout interrogatoire, non qu'aucune reddition de compte n'aurait lieu. Ce Bloc rapporte la formule sans trancher davantage ce point de construction au-delà de ce que ce seul verset permet.

S.28:79 · La sortie dans sa parure — « que n’avons-nous son pareil »

S.28:79
فَخَرَجَ عَلَىٰ قَوْمِهِ فِي زِينَتِهِ ۖ قَالَ الَّذِينَ يُرِيدُونَ الْحَيَاةَ الدُّنْيَا يَا لَيْتَ لَنَا مِثْلَ مَا أُوتِيَ قَارُونُ إِنَّهُ لَذُو حَظٍّ عَظِيمٍ
Fa-kharaja ʿalā qawmihi fī zīnatihi qāla lladhīna yurīdūna l-ḥayāta d-dunyā yā layta lanā mithla mā ūtiya qārūnu innahu la-dhū ḥaẕẕin ʿaẕīm Il sortit alors devant son peuple, dans sa parure (fī zīnatihi). Ceux qui désiraient la vie d’ici-bas dirent : « Que n’avons-nous le pareil de ce qui a été donné à Qārūn ! Il est certes pourvu d’une immense part [de fortune] (la-dhū ḥaẕẕin ʿaẕīm). »
Notes lexicales
fī zīnatihi
même racine *z-y-n* que S28:60 (ce Bloc) : la parure, l'apparat — ici déployé publiquement par Qārūn devant son peuple.
ḥaẕẕin ʿaẕīm
*ḥaẕẕ*, racine *ḥ-ẕ-ẕ* : la part, le lot échu à quelqu'un — ici une part de fortune, non un décret abstrait. Première occurrence développée de cette racine.

S.28:80 · La réponse de ceux qui ont reçu la science

S.28:80
وَقَالَ الَّذِينَ أُوتُوا الْعِلْمَ وَيْلَكُمْ ثَوَابُ اللَّهِ خَيْرٌ لِمَنْ آمَنَ وَعَمِلَ صَالِحًا وَلَا يُلَقَّاهَا إِلَّا الصَّابِرُونَ
Wa-qāla lladhīna ūtu l-ʿilma waylakum thawābu llāhi khayrun li-man āmana wa-ʿamila ṣāliḥan wa-lā yulaqqāhā illā ṣ-ṣābirūn Et ceux à qui la science avait été donnée dirent : « Malheur à vous (waylakum) ! La rétribution d’Allaah (thawābu llāh) est meilleure, pour qui a cru et agi droitement — et nul n’y parvient (lā yulaqqāhā), sinon les ṣābirūn. »
Notes lexicales
waylakum
racine *w-y-l*, précédent établi (S19:37 : interjection de perte irrémédiable) — ici adressé, non à des *kāfirūn*, mais à des croyants dont la convoitise vient de s'exprimer (S28:79, ce Bloc) : un reproche fraternel, non une condamnation.
lā yulaqqāhā illā ṣ-ṣābirūn
racine *l-q-y* (forme passive) : être amené à rencontrer, recevoir. *Ṣābirūn*, racine *ṣ-b-r*, extensivement établie : ceux qui tiennent dans l'endurance patiente — ici posée comme condition de cette rétribution, en contraste direct avec l'empressement convoiteux de S28:79.

S.28:81 · L’engloutissement de Qārūn et de sa demeure

S.28:81
فَخَسَفْنَا بِهِ وَبِدَارِهِ الْأَرْضَ فَمَا كَانَ لَهُ مِنْ فِئَةٍ يَنْصُرُونَهُ مِنْ دُونِ اللَّهِ وَمَا كَانَ مِنَ الْمُنْتَصِرِينَ
Fa-khasafnā bihi wa-bi-dārihi l-arḑa fa-mā kāna lahu min fiʾatin yanṣurūnahu min dūni llāhi wa-mā kāna mina l-muntaṣirīn Nous fîmes alors engloutir (khasafnā) par la terre, lui et sa demeure — il n’eut, en dehors d’Allaah, aucune troupe (fiʾa) pour le secourir, et il ne fut pas du nombre de ceux qui trouvent secours eux-mêmes (al-muntaṣirīn).
Notes lexicales
khasafnā bihi … l-arḑa
racine *kh-s-f* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : s'affaisser, s'enfoncer d'un coup. Première occurrence développée de cette racine. **Dit** : le texte nomme un engloutissement qui atteint, conjointement, Qārūn et sa demeure.
min fiʾatin … al-muntaṣirīn
*fiʾa*, racine *f-ʾ-y* : un groupe, une troupe constituée. *Muntaṣirīn*, même racine *n-ṣ-r* que *yanṣurūnahu* dans ce même verset, à la forme réfléchie (forme VIII) : ceux qui se procureraient eux-mêmes un secours, par leurs propres moyens — distincte du secours (*naṣr*) qui viendrait d'un tiers.

S.28:82 · Le revirement de ceux qui avaient envié son sort

Note lexicale — l’interjection wayka’anna. Ibn Manẓūr (Lisān al-ʿArab) glose cette expression composite (way + ka-anna, « malheur ! comme si… ») comme la marque d’une prise de conscience soudaine, mêlant l’effroi et l’étonnement devant une évidence qui vient d’apparaître. Première occurrence de cette expression — rendue ici par une tournure qui porte ce double mouvement plutôt que par un calque littéral.

S.28:82
وَأَصْبَحَ الَّذِينَ تَمَنَّوْا مَكَانَهُ بِالْأَمْسِ يَقُولُونَ وَيْكَأَنَّ اللَّهَ يَبْسُطُ الرِّزْقَ لِمَنْ يَشَاءُ مِنْ عِبَادِهِ وَيَقْدِرُ ۖ لَوْلَا أَنْ مَنَّ اللَّهُ عَلَيْنَا لَخَسَفَ بِنَا ۖ وَيْكَأَنَّهُ لَا يُفْلِحُ الْكَافِرُونَ
Wa-aṣbaḥa lladhīna tamannaw makānahu bi-l-amsi yaqūlūna wayka’anna llāha yabsuṭu r-rizqa li-man yashāʾu min ʿibādihi wa-yaqdiru law-lā an manna llāhu ʿalaynā la-khasafa binā wayka’annahu lā yufliḥu l-kāfirūn Et ceux qui, hier encore, souhaitaient être à sa place (tamannaw makānahu) se mirent à dire, comme soudain dessillés (wayka’anna) : « Allaah étend le rizq pour qui Il veut, parmi Ses ʿibād, ou Il le resserre (wa-yaqdiru) ! Si Allaah ne nous avait pas comblés d’une faveur [en nous épargnant] (law-lā an manna llāhu ʿalaynā), Il nous aurait engloutis comme lui ! Comme c’est clair, à présent (wayka’annahu) : les kāfirūn ne réussissent pas. »
Notes lexicales
wayka'anna llāha yabsuṭu r-rizqa … wa-yaqdiru
précédent exact, mot pour mot, déjà établi pour ce même couple verbal (S13:26 : « *Allāhu yabsuṭu r-rizqa li-man yashāʾu wa-yaqdiru* », rendu à l'identique) : étendre/resserrer le *rizq*, sans que l'abondance donnée à Qārūn n'en ait jamais été, par elle-même, un signe d'agrément.
law-lā an manna llāhu ʿalaynā
*manna*, racine *m-n-n* : faire grâce, combler d'un bienfait non mérité par un dû — ici le seul fait d'avoir été épargné de l'engloutissement qui a frappé Qārūn.

La Demeure dernière, la rétribution proportionnée · S28:83–84

S.28:83 · La Demeure dernière — pour qui ne recherche ni domination ni corruption

S.28:83
تِلْكَ الدَّارُ الْآخِرَةُ نَجْعَلُهَا لِلَّذِينَ لَا يُرِيدُونَ عُلُوًّا فِي الْأَرْضِ وَلَا فَسَادًا ۚ وَالْعَاقِبَةُ لِلْمُتَّقِينَ
Tilka d-dāru l-ākhiratu najʿaluhā lilladhīna lā yurīdūna ʿuluwwan fi l-arḑi wa-lā fasādan wa-l-ʿāqibatu li-l-muttaqīn Voilà la Demeure dernière (ad-dāru l-ākhira) : Nous la réservons à ceux qui ne recherchent ni domination (ʿuluwwan) sur la terre, ni fasād — et l’issue favorable (al-ʿāqiba) revient aux muttaqīn.
Notes lexicales
ʿuluwwan fi l-arḑi
racine *ʿ-l-w* — **précision de méthode** : cette occurrence qualifie une domination humaine recherchée sur la terre (précédent établi pour ce même emploi humain de la racine, S27:14 : *istakbarū … ẓulman wa-ʿuluwwan*) — elle n'entre donc pas dans le champ de la règle absolue retenue ici qui proscrit tout mot de cette racine impliquant un lieu ou une hauteur lorsqu'il s'agit d'Allaah (*al-ʿAliyy*, *taʿālā*) : ici, c'est l'arrogance humaine qui est visée, non Allaah.
al-ʿāqibatu li-l-muttaqīn
précédent établi (S28:37, Bloc IV : *man takūnu lahu ʿāqibatu d-dār*) : l'issue qui vient au terme, non un simple résultat intermédiaire.

S.28:84 · La rétribution strictement proportionnée

S.28:84
مَنْ جَاءَ بِالْحَسَنَةِ فَلَهُ خَيْرٌ مِنْهَا ۖ وَمَنْ جَاءَ بِالسَّيِّئَةِ فَلَا يُجْزَى الَّذِينَ عَمِلُوا السَّيِّئَاتِ إِلَّا مَا كَانُوا يَعْمَلُونَ
Man jāʾa bi-l-ḥasanati fa-lahu khayrun minhā wa-man jāʾa bi-s-sayyiʾati fa-lā yujzā lladhīna ʿamilū s-sayyiʾāti illā mā kānū yaʿmalūn Qui vient avec une bonne action (al-ḥasana) aura mieux qu’elle (khayrun minhā) — et qui vient avec une mauvaise action (as-sayyiʾa), ceux qui ont commis les mauvaises actions ne seront rétribués (lā yujzā) qu’à la mesure de ce qu’ils faisaient.
Notes lexicales
man jāʾa bi-l-ḥasanati fa-lahu khayrun minhā
**Dit, avec précision — asymétrie délibérée.** Le texte pose une dissymétrie explicite entre les deux cas : la bonne action reçoit « mieux qu'elle » (une surabondance), tandis que la mauvaise n'est rétribuée qu'à sa propre mesure, sans aggravation — précédent de principe déjà établi pour cette même asymétrie (S6:160 ; S27:89–90).

Clôture de la sourate — le retour promis, le Kitāb reçu comme raḥma, la fidélité au tawḥīd · S28:85–88

S.28:85 · Le retour promis — « mon Rabb sait mieux »

Point de méthode — maʿād, un retour que ce seul verset ne localise pas. Dit : le texte affirme que celui qui a imposé (faraḑa) le Qurʾān au nabī le ramènera assurément vers un maʿād (racine ʿ-w-d, le lieu ou le moment du retour). Non-dit : ce seul verset ne précise ni la nature ni le moment de ce maʿād — ni retour physique vers un lieu quitté, ni retour eschatologique vers Allaah, ni les deux à la fois ne sont nommés comme tels par ce verset ; ce Bloc n’importe aucune identification historique extérieure au texte, et retient la translittération faute d’un mot français qui couvrirait, sans trancher, cette même ouverture de sens.

S.28:85
إِنَّ الَّذِي فَرَضَ عَلَيْكَ الْقُرْآنَ لَرَادُّكَ إِلَىٰ مَعَادٍ ۚ قُلْ رَبِّي أَعْلَمُ مَنْ جَاءَ بِالْهُدَىٰ وَمَنْ هُوَ فِي ضَلَالٍ مُبِينٍ
Inna lladhī faraḑa ʿalayka l-qurʾāna la-rādduka ilā maʿādin qul rabbī aʿlamu man jāʾa bi-l-hudā wa-man huwa fī ḑalālin mubīn Ce qui t’a imposé (faraḑa) le Qurʾān te ramènera assurément (la-rādduka) vers un maʿād. Dis : « Mon Rabb sait mieux qui vient avec la guidance (al-hudā), et qui est dans un égarement manifeste (ḑalālin mubīn). »
Notes lexicales
inna lladhī faraḑa ʿalayka l-qurʾāna
**Précision de méthode — « Ce qui », non « Celui qui ».** Conformément à la règle retenue ici, la construction épithète attribuant à Allaah une action (*lladhī faraḑa*) est rendue par « Ce qui » plutôt que « Celui qui » — le neutre absolu que porte, en français, la seule locution « ce qui ». *Faraḑa*, racine *f-r-ḑ* : imposer comme une obligation déterminée.
maʿādin
voir le callout dédié ci-dessus.

S.28:86 · Le Kitāb reçu comme seule raḥma — ne pas soutenir les kāfirūn

S.28:86
وَمَا كُنْتَ تَرْجُو أَنْ يُلْقَىٰ إِلَيْكَ الْكِتَابُ إِلَّا رَحْمَةً مِنْ رَبِّكَ ۖ فَلَا تَكُونَنَّ ظَهِيرًا لِلْكَافِرِينَ
Wa-mā kunta tarjū an yulqā ilayka l-kitābu illā raḥmatan min rabbika fa-lā takūnanna ẕahīran li-l-kāfirīn Et tu n’espérais (tarjū) nullement que le Kitāb te soit déposé (yulqā ilayka) — sinon comme raḥma venant de ton Rabb. Ne sois donc jamais un soutien (ẕahīran) pour les kāfirūn.
Notes lexicales
wa-mā kunta tarjū … illā raḥmatan min rabbika
**Dit** : le texte affirme que la réception du Kitāb n'a répondu à aucune attente préalable du *nabī* lui-même — elle est posée comme un don pur, non comme l'aboutissement d'une espérance qu'il aurait formée.
ẕahīran li-l-kāfirīn
racine *ẕ-h-r* : le soutien, l'appui qui se tient au dos de quelqu'un. Première occurrence développée de cette racine.

S.28:87 · Ne pas se laisser détourner des āyāt — l’appel, et non le shirk

S.28:87
وَلَا يَصُدُّنَّكَ عَنْ آيَاتِ اللَّهِ بَعْدَ إِذْ أُنْزِلَتْ إِلَيْكَ ۖ وَادْعُ إِلَىٰ رَبِّكَ ۖ وَلَا تَكُونَنَّ مِنَ الْمُشْرِكِينَ
Wa-lā yaṣuddannaka ʿan āyāti llāhi baʿda idh unzilat ilayka wa-dʿu ilā rabbika wa-lā takūnanna mina l-mushrikīn Et que personne ne te détourne (lā yaṣuddannaka) des āyāt d’Allaah, après qu’elles t’ont été descendues — appelle vers ton Rabb, et ne sois jamais du nombre des mushrikīn.
Notes lexicales
lā yaṣuddannaka
racine *ṣ-d-d* : détourner, faire obstacle au passage. Première occurrence développée de cette racine.

S.28:88 · Clôture — nul ilāh avec Allaah, nulle chose ne subsiste sinon Son wajh

Point de méthode — illā wajhahu, cohérence avec la règle constante retenue ici sur la racine w-j-h. Il a déjà été établi, à plusieurs reprises (S2:115, S6:52, S13:22), que la racine w-j-h appliquée à Allaah ne désigne jamais un visage ou une face corporelle : les lexicographes classiques (Ibn Fāris, Maqāyīs al-Lugha) lui reconnaissent un second sens, wajh ash-shayʾ, la réalité la plus essentielle d’une chose, ce vers quoi elle fait face en elle-même. Les occurrences déjà rencontrées portaient sur une visée humaine tournée vers Allaah (yurīdu wajhahu, ibtighāʾa wajhihi) ; celle-ci diffère par sa construction — kullu shayʾin hālikun illā wajhahu (« toute chose est périssable, sinon Son wajh ») pose une affirmation de permanence, non une direction d’intention. Portée dans la structure du français plutôt que calquée mot à mot, cette affirmation revient à dire que tout, hormis Allaah Lui-même — Sa réalité propre, ce qu’Il est en Lui-même — est appelé à périr. Le terme est conservé en translittération, conformément à la règle absolue retenue ici contre tout mot installant une image corporelle à propos d’Allaah.

S.28:88
وَلَا تَدْعُ مَعَ اللَّهِ إِلَٰهًا آخَرَ ۘ لَا إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ ۚ كُلُّ شَيْءٍ هَالِكٌ إِلَّا وَجْهَهُ ۚ لَهُ الْحُكْمُ وَإِلَيْهِ تُرْجَعُونَ
Wa-lā tadʿu maʿa llāhi ilāhan ākhara lā ilāha illā huwa kullu shayʾin hālikun illā wajhahu lahu l-ḥukmu wa-ilayhi turjaʿūn Et n’invoque, avec Allaah, aucun autre ilāh — nul ilāh que Lui. Toute chose est périssable (hālikun), sinon Son wajh — à Lui le jugement, et c’est à Lui que vous retournez.
Notes lexicales
kullu shayʾin hālikun illā wajhahu
voir le callout dédié ci-dessus. *Hālik*, même racine *h-l-k* que *ahlaknā*/*muhlik*, extensivement établie dans ce Bloc (S28:58–59) — ici au sens intransitif : ce qui périt par nature, et non ce qui est détruit par un agent extérieur.
lahu l-ḥukmu wa-ilayhi turjaʿūn
reprise mot pour mot de la clôture de S28:70 (ce Bloc) — voir le callout qui y est posé : la sourate se referme ainsi sur la même formule qui en marquait déjà, vingt versets plus haut, un premier aboutissement.

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