Structure du Bloc III. Six mouvements. D’abord Lūṭ à son peuple : le reproche de la fāḥisha, assorti ici de deux reproches supplémentaires — intercepter la voie, commettre le munkar dans l’assemblée —, la réponse unique de son peuple (exiger le châtiment plutôt que répondre à l’argument), et l’appel de Lūṭ à son Rabb contre ce peuple corrupteur (S29:28–30). Puis les envoyés (rusul) venus chez Ibrāhīm avec l’heureuse annonce, l’annonce de la destruction de la cité, et l’exception faite pour Lūṭ (S29:31–32). Puis les mêmes envoyés chez Lūṭ lui-même : sa détresse, le réconfort immédiat, l’annonce du rijz promis à cette cité, et le signe laissé en elle pour un peuple qui raisonne (S29:33–35). Puis Shuʿayb envoyé à Madyan, le démenti, la secousse qui saisit son peuple (S29:36–37). Puis un rappel groupé de plusieurs peuples anciens — ʿĀd, Thamūd, Qārūn, Firʿawn, Hāmān — leur démesure malgré les preuves apportées par Mūsā, et un catalogue des quatre châtiments distincts qui les ont saisis, chacun pour sa propre faute (S29:38–40). Enfin la parabole de l’araignée, qui donne son nom à cette sourate : la fragilité de tout ce qui est pris comme protecteur en dehors d’Allaah, et la clôture sur la nature même de la parabole, que seuls les détenteurs du savoir saisissent (S29:41–43).
Avertissement de méthode — récits déjà traduits ailleurs, repris ici en des termes proches mais non identiques. Les récits de Lūṭ, des envoyés chez Ibrāhīm, de Shuʿayb, et le rappel d’ʿĀd/Thamūd/Qārūn/Firʿawn/Hāmān ont déjà été traduits pour d’autres sourates qui les racontent (S7, S9, S11, S15, S17, S26, S27, S28 ou déjà publiées). Ce Bloc signale, à chaque endroit où le texte de cette sourate s’écarte, même légèrement, de la formulation déjà rencontrée ailleurs — ou lorsqu’il introduit un élément propre à cette seule occurrence —, cette variation telle qu’elle se présente, sans jamais lisser les versions entre elles, et sans importer dans l’une ce que seule l’autre affirme. En particulier, S29:29 introduit un reproche (intercepter la voie) qu’aucune autre occurrence de ce récit,, ne nomme ; et S29:40 rassemble, sous une forme catalogique et sans attribution individuelle explicite, quatre châtiments dont la correspondance avec les peuples nommés plus haut ne s’appuie que sur le vocabulaire déjà établi ailleurs pour chacun d’eux — une cohérence de vocabulaire que ce Bloc relève sans la faire dire au texte de ce seul verset davantage que ce qu’il affirme lui-même.
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.29:28 | Lūṭ : « Vous commettez la fāḥisha, nul parmi les ʿālamīn ne vous y a précédés » |
| S.29:29 | Les hommes, l’interception de la voie, le munkar — la réponse unique de son peuple |
| S.29:30 | « Mon Rabb, secours-moi contre le peuple corrupteur » |
| S.29:31 | Les envoyés chez Ibrāhīm avec l’heureuse annonce — l’annonce de la destruction |
| S.29:32 | « Lūṭ est en elle » — l’exception faite pour lui, sauf son épouse |
| S.29:33 | Les envoyés chez Lūṭ — sa détresse, le réconfort immédiat |
| S.29:34 | Le rijz promis, venu du ciel, à cause du fisq |
| S.29:35 | Un signe manifeste laissé pour un peuple qui raisonne |
| S.29:36 | Shuʿayb à Madyan : « Adorez Allaah, espérez le Jour Dernier » |
| S.29:37 | Le démenti — la secousse qui les saisit |
| S.29:38 | ʿĀd et Thamūd — le shayṭān leur a embelli leurs actions |
| S.29:39 | Qārūn, Firʿawn, Hāmān — l’orgueil malgré les preuves de Mūsā |
| S.29:40 | Chacun saisi pour sa faute — quatre châtiments distincts — le ẕulm retourné sur eux-mêmes |
| S.29:41 | La parabole de l’araignée — la plus fragile des maisons |
| S.29:42 | Allaah sait ce qu’ils invoquent en dehors de Lui |
| S.29:43 | Ces paraboles — seuls les détenteurs du savoir en saisissent le sens |
Lūṭ à son peuple — la fāḥisha, la réponse unique, l’appel au secours · S29:28–30
S.29:28 · « Vous commettez la fāḥisha, nul parmi les ʿālamīn ne vous y a précédés »
- wa-lūṭan idh qāla
- Point de grammaire : même construction elliptique que *wa-ibrāhīma idh qāla* (S29:16, Bloc II de cette sourate, où le point a été posé) — *lūṭan* à l'accusatif sans verbe exprimé, supposant un « rappelle » (*udhkur*) sous-entendu.
- al-fāḥishata mā sabaqakum bihā min aḥadin mina l-ʿālamīn
- *al-fāḥisha*, racine *f-ḥ-sh* (ce qui dépasse la mesure convenable), précédent exact établi (S7:80 : « *mā sabaqakum bihā min aḥadin mina l-ʿālamīn* ») — formule reprise ici mot pour mot.
S.29:29 · Les hommes, l’interception de la voie, le munkar — la réponse unique de son peuple
Point de transparence — un reproche propre à cette seule occurrence. Les autres récits de ce même épisode déjà traduits (S7:81, S26:165–166, S27:55) ne nomment, comme reproche, que le détournement vers les hommes plutôt que vers les femmes. Ce verset-ci ajoute deux éléments qu’aucune autre occurrence ne porte : « intercepter la voie » (taqṭaʿūna s-sabīl) et commettre le munkar « dans votre assemblée » (nādīkum). Non-dit : ce seul verset ne précise ni la nature exacte de cette interception de la voie (un brigandage visant les passants, ou une autre forme d’entrave — le texte ne le développe pas), ni le contenu exact de ce munkar commis en public, au-delà de ce que ce même terme désigne par ailleurs (ce qui est rejeté par la reconnaissance commune du juste, S24:21). Ce Bloc rapporte ce reproche triple tel qu’il se présente ici, sans l’importer dans les autres occurrences ni en combler le détail par elles.
- la-taʾtūna r-rijāla
- précédent établi pour ce même reproche (S7:81, S27:55 : « *la-taʾtūna r-rijāla shahwatan min dūni n-nisāʾi* ») — ici sans le complément « par désir, en dehors des femmes », le texte se limitant à l'affirmation la plus brève.
- wa-taqṭaʿūna s-sabīl
- racine *q-ṭ-ʿ* (couper, trancher) appliquée ici à *as-sabīl* (la voie, le chemin) : interrompre, barrer la voie — voir le callout ci-dessus.
- nādīkumu
- racine *n-d-w* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : *an-nādī*, le lieu où un groupe se réunit et tient assemblée. Première occurrence développée de cette racine.
- fa-mā kāna jawāba qawmihi illā an qālū
- Cohérence intra-Bloc : même formule, mot pour mot, que celle déjà rencontrée dans cette sourate pour le peuple d'Ibrāhīm (S29:24, Bloc II : « *fa-mā kāna jawāba qawmihi illā an qālū* ») — un même procédé narratif qui réduit, à deux reprises dans cette sourate, la réponse d'un peuple rejetant son *nabī* à une seule proposition hostile, sans réfutation argumentée.
- ʾtinā bi-ʿadhābi llāhi in kunta mina ṣ-ṣādiqīn
- *ṣādiqīn*, racine *ṣ-d-q*, précédent établi (S29:3, Bloc I de cette sourate : « *lladhīna ṣadaqū* »). Dit : le peuple pose la véracité de Lūṭ comme conditionnée à la survenue immédiate d'un châtiment — une exigence rhétorique qui esquive l'argument plutôt que d'y répondre.
S.29:30 · « Mon Rabb, secours-moi contre le peuple corrupteur »
- unṣurnī … al-mufsidīn
- *naṣr*, racine *n-ṣ-r*, précédent établi (S29:22, Bloc II de cette sourate : « *min waliyyin wa-lā naṣīr* »). *Mufsidīn*, racine *f-s-d*, étude dédiée [fasad-mufsidun.md](/etudes/fasad-mufsidun/), déjà établie. Non-dit : ce seul verset ne précise pas la forme attendue de ce secours — il consigne seulement l'appel de Lūṭ, dont la suite immédiate (S29:31–35, ce Bloc) rapporte l'issue.
Les envoyés chez Ibrāhīm — l’annonce de la destruction, l’exception de Lūṭ · S29:31–32
S.29:31 · Les envoyés chez Ibrāhīm avec l’heureuse annonce — l’annonce de la destruction
Point de méthode — une scène ici résumée, développée ailleurs. Ce verset et le suivant ne rapportent, de la visite des envoyés à Ibrāhīm, que l’échange portant sur le sort de la cité de Lūṭ. Le développement complet de cette scène (l’hospitalité d’Ibrāhīm, le veau rôti, l’effroi de son épouse, l’annonce d’un fils) appartient à d’autres passages, déjà traduits (S11:69–76, S15:51–56) : ce Bloc ne les importe pas dans la lecture de ces deux seuls versets, qui se limitent à ce qu’ils rapportent eux-mêmes.
- rusulunā … bi-l-bushrā
- précédent exact, mot pour mot, déjà établi (S11:69 : « *jāʾat rusulunā ibrāhīma bi-l-bushrā* »). Non-dit : ce seul mot (*rusul*, des envoyés) ne précise pas davantage, à cet endroit, la nature de ces envoyés — voir le callout ci-dessus pour le renvoi aux passages qui développent cette scène.
- muhlikū ahli hādhihi l-qarya … ẕālimīn
- racine *h-l-k* (périr, détruire) ; *ẕālimīn*, racine *ẕ-l-m*, très largement établie depuis l'ouverture de cette sourate.
S.29:32 · « Lūṭ est en elle » — l’exception faite pour lui, sauf son épouse
- naḥnu aʿlamu bi-man fīhā
- Dit : la réponse des envoyés ne discute pas l'objection d'Ibrāhīm, mais affirme une connaissance déjà acquise de la situation exacte de Lūṭ dans la cité — sans qu'aucun détail supplémentaire ne soit donné sur cette connaissance au-delà de l'exception immédiatement énoncée.
- al-ghābirīn
- racine *gh-b-r* : rester en arrière, ne pas suivre ceux qui partent — précédent exact établi (S15:60, pour cette même exception). Conservé en translittération, conformément à l'usage déjà retenu pour ce terme.
Les envoyés chez Lūṭ — la détresse, le réconfort, le rijz, le signe · S29:33–35
S.29:33 · Les envoyés chez Lūṭ — sa détresse, le réconfort immédiat
- sīʾa bihim wa-ḑāqa bihim dharʿan
- précédent exact, mot pour mot, déjà établi (S11:77). *Dharʿ*, racine *dh-r-ʿ*, désigne à l'origine l'avant-bras — employée idiomatiquement pour la capacité à faire face à une situation. Point de transparence : dans le récit parallèle (S11:77), la détresse de Lūṭ est suivie de sa propre parole (« voici un jour rude ») avant tout réconfort explicite ; ici, au contraire, le réconfort des envoyés (« ne crains pas, et ne t'afflige pas ») suit immédiatement — deux versions qui se complètent sans se contredire.
- lā takhaf wa-lā taḥzan … al-ghābirīn
- voir la note déjà posée en S29:32 (ce Bloc) pour *al-ghābirīn* — même exception, répétée ici mot pour mot.
S.29:34 · Le rijz promis, venu du ciel, à cause du fisq
Point de cohérence intra-coranique — une formule reprise mot pour mot d’un autre châtiment, pour un peuple distinct. La formule rijzan mina s-samāʾi bi-mā kānū yafsuqūn reproduit, à l’identique, celle déjà employée pour un châtiment frappant un tout autre peuple — ceux qui avaient substitué une parole à celle qui leur avait été dite, au temps de Mūsā (S2:59, déjà publiée : « fa-anzalnā ʿalā lladhīna ẕalamū rijzan mina s-samāʾi bi-mā kānū yafsuqūn »). Ce Bloc relève cette reprise exacte sans y voir davantage qu’une même formule appliquée, par le texte lui-même, à deux événements distincts et à deux peuples distincts.
- rijzan
- racine *r-j-z* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : le trouble, l'agitation violente, le tourment qui frappe. Conservé en translittération, conformément au précédent déjà établi (S2:59, déjà publiée) : « peste », « tourment » ou « châtiment » préciseraient une nature que le mot lui-même ne donne pas.
- bi-mā kānū yafsuqūn
- voir le callout ci-dessus. *Fisq*, racine *f-s-q*, précédent établi : sortir du cadre fixé.
S.29:35 · Un signe manifeste laissé pour un peuple qui raisonne
- taraknā minhā āyatan bayyinatan … yaʿqilūn
- racine *ʿ-q-l*, extensivement établie. Non-dit : ce seul verset ne précise pas la nature matérielle exacte de ce signe laissé « d'elle » (de la cité) — il affirme seulement sa persistance, offerte à la raison de qui voudrait l'examiner.
Shuʿayb à Madyan — l’appel, le démenti, la secousse · S29:36–37
S.29:36 · Shuʿayb : « Adorez Allaah, espérez le Jour Dernier »
- wa-ilā madyana akhāhum shuʿayban
- Point de grammaire : même construction elliptique que S29:28 et S29:16 (ce Bloc et Bloc II) — un verbe d'envoi sous-entendu. *Akhāhum* (« leur frère »), précédent extensivement établi pour cette désignation des *nabī* envoyés à leur propre peuple (S7:85, S26:177 [sans cette qualification, voir la note déjà posée à cet endroit]).
- wa-rjū l-yawma l-ākhira
- même racine *r-j-w* que *yarjū liqāʾa llāhi* (S29:5, Bloc I de cette sourate) — ici appliquée non à la rencontre d'Allaah mais au Jour Dernier lui-même. Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) rattache cette racine à une attente tournée vers ce qui n'est pas encore advenu, mêlant espoir et considération attentive de ce qui vient.
- lā taʿthaw … mufsidīn
- racine *ʿ-th-w* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : dépasser toute mesure dans le désordre, se répandre en corruption sans retenue. Première occurrence développée de cette racine. *Mufsidīn*, voir la note déjà posée en S29:30 (ce Bloc).
S.29:37 · Le démenti — la secousse qui les saisit
- ar-rajfatu … jāthimīn
- reprise mot pour mot de la formule déjà établie pour ce même peuple de Madyan (S7:91). Cohérence intra-coranique, sans fusion : un autre passage, déjà traduit, nomme ce même châtiment de Madyan par un terme distinct — « le Cri » (*aṣ-ṣayḥa*, S11:94) — deux désignations pour un même événement, qui se complètent sans que ce Bloc ne les confonde (voir la note déjà posée à ce sujet pour Thamūd, S11:67).
ʿĀd, Thamūd, Qārūn, Firʿawn, Hāmān — l’orgueil, le catalogue des châtiments · S29:38–40
S.29:38 · ʿĀd et Thamūd — le shayṭān leur a embelli leurs actions
- tabayyana lakum min masākinihim
- Dit, cohérence intra-Bloc : même motif que S29:35 (ce Bloc, « un signe manifeste laissé ») — ici, ce sont les demeures (*masākin*) elles-mêmes, laissées visibles, qui rendent le sort de ces deux peuples manifeste à qui les observe.
- zayyana lahumu sh-shayṭānu aʿmālahum fa-ṣaddahum ʿani s-sabīl
- précédent exact, mot pour mot, déjà établi (S27:24 ; et S6:43/137, S16:63, déjà publiées).
- mustabṣirīn
- racine *b-ṣ-r* (voir clairement), forme X : rechercher et posséder activement la faculté de voir clair. Première occurrence développée de cette forme précise. Dit, sans développement supplémentaire : le texte affirme ce trait (la clairvoyance) de ces deux peuples au moment même où il rapporte qu'ils furent pourtant détournés du chemin par l'embellissement du *shayṭān* — un contraste que le verset pose explicitement par sa seule construction (« *fa-ṣaddahum* … *wa-kānū mustabṣirīn* »), sans qu'aucune explication supplémentaire du mécanisme de ce détournement ne soit donnée ici.
S.29:39 · Qārūn, Firʿawn, Hāmān — l’orgueil malgré les preuves de Mūsā
Point de cohérence intra-coranique majeur — la réponse, nommée, à la question posée en ouverture de la sourate. La racine s-b-q employée ici (wa-mā kānū sābiqīn, « ils ne furent pas de ceux qui échappent ») est très exactement celle de la question rhétorique posée au Bloc I de cette même sourate : « am ḥasiba lladhīna yaʿmalūna s-sayyiʾāti an yasbiqūnā » — « ceux qui commettent les mauvaises actions pensent-ils Nous devancer [échapper] ? » (S29:4). Ce verset referme cette question par un exemple historique nommé : Qārūn, Firʿawn et Hāmān, malgré leur démesure (istakbarū) devant les preuves manifestes (al-bayyināt) apportées par Mūsā, « ne furent pas sābiqīn » — ils n’échappèrent pas. Un même principe, posé d’abord comme question générale, puis confirmé ici par un cas précis.
- qāruna wa-firʿawna wa-hāmāna
- les trois figures dont le récit est développé ailleurs (S28, où leur démesure et chacun de leurs châtiments respectifs — l'engloutissement de Qārūn, S28:81 ; la noyade de Firʿawn [récit parallèle, S26:66] — sont racontés en détail). Ce Bloc ne répète pas ce détail, se limitant au rappel groupé que ce verset en fait.
- fa-stakbarū fi l-arḑi
- racine *k-b-r*, forme X (s'enfler d'une grandeur qu'on ne possède pas), précédent extensivement établi.
- wa-mā kānū sābiqīn
- voir le callout ci-dessus.
S.29:40 · Chacun saisi pour sa faute — quatre châtiments distincts — le ẕulm retourné sur eux-mêmes
Point de méthode — un catalogue qui renvoie, par le seul vocabulaire, à des récits déjà nommés ailleurs, sans attribution explicite dans ce seul verset. Ce verset rassemble, sous la forme « parmi eux, qui… », quatre issues distinctes pour l’ensemble des peuples venant d’être nommés dans ce Bloc (Lūṭ implicitement, Madyan, ʿĀd, Thamūd, Qārūn, Firʿawn, Hāmān). Dit : chacun de ces quatre termes reprend exactement un vocabulaire déjà établi pour un événement précis — ḥāṣib (la tempête de pierres, déjà nommée comme menace hypothétique en S17:68, et traditionnellement associée au châtiment du peuple de Lūṭ) ; aṣ-ṣayḥa (le Cri, déjà nommé pour Thamūd et pour Madyan, S11:67/94) ; khasafnā bihi l-arḑa (l’engloutissement par la terre, formule reprise mot pour mot de celle employée pour Qārūn précisément, S28:81 : « fa-khasafnā bihi wa-bi-dārihi l-arḑa ») ; aghraqnā (la noyade, reprise du vocabulaire déjà employé pour Firʿawn, S26:66 : « thumma aghraqnā l-ākharīn »). Non-dit : ce seul verset ne pose aucune de ces quatre correspondances comme une attribution explicite et nommée — il dit seulement « parmi eux, qui… », sans jamais faire correspondre un nom à un châtiment dans cette phrase même. Ce Bloc relève cette cohérence de vocabulaire, établie ailleurs pour chacun de ces événements pris séparément, sans la faire dire à ce verset davantage que ce qu’il affirme lui-même.
- fa-kullan akhadhnā bi-dhanbihi
- racine *dh-n-b*, précédent établi (S28:8, *khāṭiʾīn*, racine distincte mais champ voisin). Dit : le texte pose une faute propre (*dhanbihi*, au singulier, « sa faute ») à chacun des groupes nommés, non une faute collective indifférenciée.
- ḥāṣiban
- racine *ḥ-ṣ-b* : projectile de pierres ou de gravier emporté par le vent — précédent établi (S17:68). Voir le callout ci-dessus.
- khasafnā bihi l-arḑa … aghraqnā
- voir le callout ci-dessus pour les précédents exacts établis.
- wa-mā kāna llāhu li-yaẕlimahum wa-lākin kānū anfusahum yaẕlimūn
- formule récurrente (précédent exact, mot pour mot, S9:70, déjà publiée — verset qui rassemble d'ailleurs, lui aussi, en une seule liste, plusieurs de ces mêmes peuples : « le peuple de Nūḥ, ʿĀd, Thamūd, le peuple d'Ibrāhīm, les gens de Madyan, et les cités renversées »). Dit : le tort (*ẕulm*) est ici, comme partout ailleurs où cette formule revient, placé du seul côté de ceux qui le subissent, jamais attribué à Allaah.
La parabole de l’araignée · S29:41–43
S.29:41 · La parabole de l’araignée — la plus fragile des maisons
Note de méthode — l’étymologie incertaine d’al-ʿankabūt, signalée avec prudence. Ibn Manẓūr (Lisān al-ʿArab, art. عنكب) traite al-ʿankabūt comme un nom dont le rattachement à une racine trilitère productive n’est pas assuré dans la langue classique — il relève, avec réserve, un rapprochement possible avec ʿanak (ce qui est épais, visqueux), sans le poser comme établi. Ibn Fāris (Maqāyīs al-Lugha) ne lui consacre pas d’entrée propre. Ce Bloc rapporte cette incertitude telle que les lexicographes classiques eux-mêmes la présentent, sans trancher au-delà de ce qu’ils affirment.
- mathalu … ka-mathali
- racine *m-th-l*, précédent établi (S2:17/26, déjà publiées : « la parabole du feu allumé », « la parabole du moustique ») — même construction de comparaison en miroir (« la parabole de … est comme la parabole de … »), rendue de même par « parabole ».
- awliyāʾa
- racine *w-l-y*, précédent établi (S29:22, Bloc II de cette sourate : « *min waliyyin wa-lā naṣīr* ») — ce qui a charge ou proximité protectrice.
- al-ʿankabūti
- voir le callout ci-dessus. Mot qui donne son nom à cette sourate — première et seule occurrence de ce terme dans le Coran.
- awhana l-buyūti
- racine *w-h-n* : la faiblesse, la fragilité — élatif (« la plus fragile »). Première occurrence développée de cette racine. Dit : le texte affirme, à l'absolu et sans restriction, que la maison de l'araignée est la plus fragile de toutes les maisons — une qualité physique et structurelle. Non-dit, prudence de lecture : ce seul verset ne développe pas, au-delà du parallélisme explicite posé par sa propre construction (« la parabole de ceux qui prennent des *awliyāʾ* … est comme la parabole de l'araignée … »), en quoi consiste précisément la comparaison entre la fragilité de cette toile et le lien établi avec ce qui est pris comme protecteur en dehors d'Allaah — ce Bloc s'en tient au parallélisme que le texte pose lui-même, sans l'étendre par une interprétation supplémentaire que le verset ne porte pas.
S.29:42 · Allaah sait ce qu’ils invoquent en dehors de Lui
- yaʿlamu mā yadʿūna min dūnihi min shayʾin
- Dit, cohérence intra-Bloc : ce verset répond directement à la condition posée en clôture du verset précédent (S29:41, ce Bloc : « s'ils savaient ») — ce qu'eux ignorent, Allaah le sait pleinement, quelle que soit la chose invoquée.
- al-ʿazīzu l-ḥakīm
- couple conservé en translittération, précédent établi (S29:26, Bloc II de cette sourate) — ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah.
S.29:43 · Ces paraboles — seuls les détenteurs du savoir en saisissent le sens
- naḑribuhā li-n-nās
- construction idiomatique (« frapper » une parabole, *ḑaraba mathalan*) déjà rencontrée pour ce même verbe appliqué au même nom d'action (S2:26, déjà publiée : « *an yaḑriba mathalan* »).
- wa-mā yaʿqiluhā illā l-ʿālimūn
- Dit, clôture du Bloc : le verbe *yaʿqilu* (racine *ʿ-q-l*) referme ici la série ouverte par *li-qawmin yaʿqilūn* (S29:35, ce Bloc) : un même fil — la raison requise pour saisir le sens d'un signe ou d'une parabole — court sur l'ensemble de ce Bloc. Non-dit : ce seul verset ne précise pas davantage ce qui distingue *al-ʿālimūn* (les détenteurs du savoir) du reste des gens à qui la parabole est pourtant proposée également (« *li-n-nās* ») — il affirme seulement que la portée pleine de la parabole n'est saisie que par eux.