Structure du Bloc I. Ouverture de la Sourate 3 (Āl ʿImrān). Trois ensembles : muqaṭṭaʿāt, al-Ḥayy al-Qayyūm, tanzīl du Kitāb — Tawrāh, Injīl, al-Furqān (S3:1–6) ; les āyāt muḥkamāt et mutashābihāt, l’invocation des rāsikhūna fī l-ʿilm, le sort des kāfirūn et le signe de Badr (S3:7–17) ; shahida llāh, al-dīn ʿinda llāh al-islām, ceux qui tuent les nabiyyūn, et la clôture — Mālik al-Mulk, l’interdit de la walāya avec les kāfirūn (S3:18–32).

Avertissement méthodologique. S3:7 (muḥkamāt/mutashābihāt) fait l’objet d’une étude dédiée et approfondie sur ce site, qui traite en détail la question du point d’arrêt (waqf) contesté et la nature des rāsikhūna fī l-ʿilm. Le verset est donné ici dans son intégralité selon la méthode islamducoran.fr, avec renvoi vers cette étude pour l’analyse complète.


Muqaṭṭaʿāt, al-Ḥayy al-Qayyūm, tanzīl du Kitāb · S3:1–6

S.3:1
الٓمٓ
Alif · Lām · Mīm Lettres séparées — ḥurūf muqaṭṭaʿāt.
S.3:2
اللَّهُ لَا إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ الْحَيُّ الْقَيُّومُ
Allāhu lā ilāha illā huwa l-Ḥayyu l-Qayyūm Allaah — nul ilāh que Lui, al-Ḥayy, al-Qayyūm.
S.3:3–4
نَزَّلَ عَلَيْكَ الْكِتَابَ بِالْحَقِّ مُصَدِّقًا لِّمَا بَيْنَ يَدَيْهِ وَأَنزَلَ التَّوْرَاةَ وَالْإِنجِيلَ ۝ مِن قَبْلُ هُدًى لِّلنَّاسِ وَأَنزَلَ الْفُرْقَانَ ۗ إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا بِآيَاتِ اللَّهِ لَهُمْ عَذَابٌ شَدِيدٌ ۗ وَاللَّهُ عَزِيزٌ ذُو انتِقَامٍ
Nazzala ʿalayka l-kitāba bi-l-ḥaqqi muṣaddiqan li-mā bayna yadayhi wa-anzala l-tawrāta wa-l-injīl — min qablu hudan li-l-nāsi wa-anzala l-furqān — inna lladhīna kafarū bi-āyāti llāhi lahum ʿadhābun shadīd — wa-llāhu ʿazīzun dhū ntiqām Il a fait descendre sur toi le Livre porteur du ḥaqq, confirmant ce qui le précède — et Il a fait descendre la Tawrāh et l’Injīl, auparavant, en guidance pour les gens — et Il a fait descendre al-Furqān. Ceux qui couvrent leur reconnaissance des āyāt d’Allaah, à eux un châtiment sévère. Allaah est ʿAzīz, détenteur d’intiqām.
S.3:5–6
إِنَّ اللَّهَ لَا يَخْفَىٰ عَلَيْهِ شَيْءٌ فِي الْأَرْضِ وَلَا فِي السَّمَاءِ ۝ هُوَ الَّذِي يُصَوِّرُكُمْ فِي الْأَرْحَامِ كَيْفَ يَشَاءُ ۚ لَا إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ
Inna llāha lā yakhfā ʿalayhi shayʾun fi l-arḍi wa-lā fi l-samāʾ — huwa lladhī yuṣawwirukum fi l-arḥāmi kayfa yashāʾ — lā ilāha illā huwa l-ʿAzīzu l-Ḥakīm Rien, sur la terre ni dans le ciel, n’échappe à Allaah — Ce qui vous façonne dans les matrices comme Il veut. Nul ilāh que Lui, al-ʿAzīz, al-Ḥakīm.

Notes lexicales

الْحَىّ al-Ḥayy — déjà validé (ḥ-y-y, forme intensive, S2:255) : le vivant en soi, sans début ni fin. الْقَيُّوم al-Qayyūm — déjà validé (q-w-m, forme intensive, S2:255) : ce qui se maintient par soi-même et fait subsister ce qui existe. نَزَّلَ nazzala — racine n-z-l (forme II, déjà connue par unzila/nuzzila) : faire descendre, en particulier de façon graduelle, répétée. مُصَدِّقًا لِّمَا بَيْنَ يَدَيْهِ muṣaddiqan li-mā bayna yadayhi — racine ṣ-d-q (déjà connue) : confirmant ce qui est entre ses mains — expression déjà rencontrée (S2:41, S2:97) pour désigner la continuité entre les scritures révélées, sans jugement de contenu détaillé sur ce que cette confirmation couvre exactement. التَّوْرَاة / الْإِنجِيل al-Tawrāh / al-Injīl — noms propres translittérés, sans correspondance française établie qui n’importe pas de charge confessionnelle particulière ; conservés tels quels, comme al-Qurʾān lui-même est conservé dans d’autres langues. الْفُرْقَان al-Furqān — racine f-r-q (déjà connue, distinguer/séparer) : ce qui sépare, le critère distinctif — ici en parallèle du Kitāb et distinct de la Tawrāh/l’Injīl dans la structure du verset ; non-dit sur l’identité exacte de ce que ce terme désigne dans ce verset précis (le Kitāb lui-même sous un autre aspect, ou une révélation distincte) — le texte ne tranche pas explicitement ici. عَزِيزٌ ذُو انْتِقَام ʿAzīzun dhū ntiqām — ʿazīz déjà connu (force/inaccessibilité) ; intiqām — racine n-q-m : la reprise, la sanction en retour d’un tort. يُصَوِّرُكُمْ yuṣawwirukum — racine ṣ-w-r (déjà rencontrée pour ṣurhunna, S2:260, sens différent ici) : façonner, donner forme. الْأَرْحَام al-arḥām — pluriel de raḥim (même racine que raḥma, déjà connue) : les matrices. Ce que le texte dit : une continuité de tanzīl — Kitāb, Tawrāh, Injīl, Furqān — associée à la connaissance totale et au façonnement de toute créature par Allaah. Ce que le texte ne dit pas : il ne précise pas ici, dans ce verset, la nature exacte du rapport entre al-Furqān et les autres termes cités.

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Muḥkamāt, mutashābihāt, l’invocation des rāsikhūna, Badr · S3:7–17

S.3:7
هُوَ الَّذِي أَنزَلَ عَلَيْكَ الْكِتَابَ مِنْهُ آيَاتٌ مُّحْكَمَاتٌ هُنَّ أُمُّ الْكِتَابِ وَأُخَرُ مُتَشَابِهَاتٌ ۖ فَأَمَّا الَّذِينَ فِي قُلُوبِهِمْ زَيْغٌ فَيَتَّبِعُونَ مَا تَشَابَهَ مِنْهُ ابْتِغَاءَ الْفِتْنَةِ وَابْتِغَاءَ تَأْوِيلِهِ ۗ وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلَّا اللَّهُ ۗ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ يَقُولُونَ آمَنَّا بِهِ كُلٌّ مِّنْ عِندِ رَبِّنَا ۗ وَمَا يَذَّكَّرُ إِلَّا أُولُو الْأَلْبَابِ
Huwa lladhī anzala ʿalayka l-kitāba minhu āyātun muḥkamātun hunna ummu l-kitābi wa-ukharu mutashābihāt — fa-ammā lladhīna fī qulūbihim zayghun fa-yattabiʿūna mā tashābaha minhu btighāʾa l-fitnati wa-btighāʾa taʾwīlih — wa-mā yaʿlamu taʾwīlahu illā llāh — wa-l-rāsikhūna fi l-ʿilmi yaqūlūna āmannā bihi kullun min ʿindi rabbinā — wa-mā yadhdhakkaru illā ulū l-albāb Ce qui a fait descendre sur toi le Livre — dont certains signes sont muḥkamāt, ils sont la mère du Livre, et d’autres mutashābihāt. Ceux dont le cœur porte une déviation suivent alors ce qui, en lui, se ressemble, recherchant le trouble et recherchant son aboutissement. Or son aboutissement, nul ne le connaît sauf Allaah — et les rāsikhūna fī l-ʿilm disent : « Nous y croyons, tout provient de notre Seigneur. » Et seuls s’en souviennent ceux qui sont dotés du minimum de raison.

Renvoi vers l’étude dédiée. Ce verset est traité en détail — racines de muḥkam, mutashābih et taʾwīl, vérification intra-coranique complète, et démonstration du point d’arrêt (waqf) cohérent — dans l’étude Muḥkam et Mutashābih. La traduction ci-dessus suit le découpage syntaxique établi dans cette étude comme le seul cohérent avec l’ensemble du corpus coranique : les rāsikhūna fī l-ʿilm professent leur foi sans prétendre connaître le taʾwīl, connaissance réservée à Allaah seul.

S.3:8–9
رَبَّنَا لَا تُزِغْ قُلُوبَنَا بَعْدَ إِذْ هَدَيْتَنَا وَهَبْ لَنَا مِن لَّدُنكَ رَحْمَةً ۚ إِنَّكَ أَنتَ الْوَهَّابُ ۝ رَبَّنَا إِنَّكَ جَامِعُ النَّاسِ لِيَوْمٍ لَّا رَيْبَ فِيهِ ۚ إِنَّ اللَّهَ لَا يُخْلِفُ الْمِيعَادَ
Rabbanā lā tuzigh qulūbanā baʿda idh hadaytanā wa-hab lanā min ladunka raḥmah — innaka anta l-Wahhāb — Rabbanā innaka jāmiʿu l-nāsi li-yawmin lā rayba fīh — inna llāha lā yukhlifu l-mīʿād Notre Seigneur, ne fais pas dévier nos cœurs après nous avoir guidés, et accorde-nous, de Ta part, une raḥma — c’est Toi al-Wahhāb. Notre Seigneur, c’est Toi qui rassembles les gens pour un jour où nul doute n’a de place — Allaah ne manque jamais à Sa promesse.
S.3:10–12
إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا لَن تُغْنِيَ عَنْهُمْ أَمْوَالُهُمْ وَلَا أَوْلَادُهُم مِّنَ اللَّهِ شَيْئًا ۖ وَأُولَٰئِكَ هُمْ وَقُودُ النَّارِ ۝ كَدَأْبِ آلِ فِرْعَوْنَ وَالَّذِينَ مِن قَبْلِهِمْ ۚ كَذَّبُوا بِآيَاتِنَا فَأَخَذَهُمُ اللَّهُ بِذُنُوبِهِمْ ۗ وَاللَّهُ شَدِيدُ الْعِقَابِ ۝ قُل لِّلَّذِينَ كَفَرُوا سَتُغْلَبُونَ وَتُحْشَرُونَ إِلَىٰ جَهَنَّمَ ۚ وَبِئْسَ الْمِهَادُ
Inna lladhīna kafarū lan tughniya ʿanhum amwāluhum wa-lā awlāduhum mina llāhi shayʾā — wa-ulāʾika hum waqūdu l-nār — ka-daʾbi āli firʿawna wa-lladhīna min qablihim — kadhdhabū bi-āyātinā fa-akhadhahumu llāhu bi-dhunūbihim — wa-llāhu shadīdu l-ʿiqāb — qul li-lladhīna kafarū sa-tughlabūna wa-tuḥsharūna ilā jahannam — wa-biʾsa l-mihād Ceux qui couvrent leur reconnaissance — leurs biens ni leurs enfants ne leur seront d’aucune utilité face à Allaah. Ceux-là sont le combustible du feu — comme la manière d’être de la famille de Firʿawn et de ceux d’avant eux : ils ont démenti Nos āyāt, alors Allaah les a saisis pour leurs fautes — Allaah est sévère dans la sanction. Dis à ceux qui couvrent leur reconnaissance : « Vous serez vaincus et rassemblés vers Jahannam » — quelle détestable couche de repos.
S.3:13
قَدْ كَانَ لَكُمْ آيَةٌ فِي فِئَتَيْنِ الْتَقَتَا ۖ فِئَةٌ تُقَاتِلُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَأُخْرَىٰ كَافِرَةٌ يَرَوْنَهُم مِّثْلَيْهِمْ رَأْيَ الْعَيْنِ ۚ وَاللَّهُ يُؤَيِّدُ بِنَصْرِهِ مَن يَشَاءُ ۗ إِنَّ فِي ذَٰلِكَ لَعِبْرَةً لِّأُولِي الْأَبْصَارِ
Qad kāna lakum āyatun fī fiʾatayni ltaqatā — fiʾatun tuqātilu fī sabīli llāhi wa-ukhrā kāfiratun yarawnahum mithlayhim raʾya l-ʿayn — wa-llāhu yuʾayyidu bi-naṣrihi man yashāʾ — inna fī dhālika la-ʿibratan li-ulī l-abṣār Il y eut certes pour vous un signe dans deux troupes qui se sont rencontrées — une troupe combattant sur la voie d’Allaah, et une autre couvrant sa reconnaissance, qui les voyait deux fois plus nombreux, à vue d’œil. Allaah appuie par Son secours qui Il veut. En cela il y a certes une leçon pour ceux qui ont une vue pénétrante.
S.3:14–15
زُيِّنَ لِلنَّاسِ حُبُّ الشَّهَوَاتِ مِنَ النِّسَاءِ وَالْبَنِينَ وَالْقَنَاطِيرِ الْمُقَنطَرَةِ مِنَ الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ وَالْخَيْلِ الْمُسَوَّمَةِ وَالْأَنْعَامِ وَالْحَرْثِ ۗ ذَٰلِكَ مَتَاعُ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا ۖ وَاللَّهُ عِندَهُ حُسْنُ الْمَآبِ ۝ قُلْ أَؤُنَبِّئُكُم بِخَيْرٍ مِّن ذَٰلِكُمْ ۚ لِلَّذِينَ اتَّقَوْا عِندَ رَبِّهِمْ جَنَّاتٌ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الْأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا وَأَزْوَاجٌ مُّطَهَّرَةٌ وَرِضْوَانٌ مِّنَ اللَّهِ ۗ وَاللَّهُ بَصِيرٌ بِالْعِبَادِ
Zuyyina li-l-nāsi ḥubbu l-shahawāti mina l-nisāʾi wa-l-banīna wa-l-qanāṭīri l-muqanṭarati mina l-dhahabi wa-l-fiḍḍati wa-l-khayli l-musawwamati wa-l-anʿāmi wa-l-ḥarth — dhālika matāʿu l-ḥayāti l-dunyā — wa-llāhu ʿindahu ḥusnu l-maʾāb — qul a-unabbiʾukum bi-khayrin min dhālikum — li-lladhīna ttaqaw ʿinda rabbihim jannātun tajrī min taḥtihā l-anhāru khālidīna fīhā wa-azwājun muṭahharatun wa-riḍwānun mina llāh — wa-llāhu baṣīrun bi-l-ʿibād A été rendu séduisant pour les gens l’amour des shahawāt — femmes, fils, monceaux amoncelés d’or et d’argent, chevaux de race, bétail et terres cultivées : cela est jouissance de la vie de ce monde ; c’est auprès d’Allaah qu’est le beau lieu de retour. Dis : « Vous informerai-je de meilleur que cela ? » A ceux qui se sont prémunis, auprès de leur Seigneur, des jardins sous lesquels courent les rivières, où ils demeurent, des épouses purifiées, et un riḍwān venant d’Allaah. Allaah voit parfaitement les ʿibād.
S.3:16–17
الَّذِينَ يَقُولُونَ رَبَّنَا إِنَّنَا آمَنَّا فَاغْفِرْ لَنَا ذُنُوبَنَا وَقِنَا عَذَابَ النَّارِ ۝ الصَّابِرِينَ وَالصَّادِقِينَ وَالْقَانِتِينَ وَالْمُنفِقِينَ وَالْمُسْتَغْفِرِينَ بِالْأَسْحَارِ
Alladhīna yaqūlūna rabbanā innanā āmannā fa-ghfir lanā dhunūbanā wa-qinā ʿadhāba l-nār — al-ṣābirīna wa-l-ṣādiqīna wa-l-qānitīna wa-l-munfiqīna wa-l-mustaghfirīna bi-l-asḥār Ceux qui disent : « Notre Seigneur, nous avons cru — pardonne-nous nos fautes et préserve-nous du châtiment du feu » — les endurants, les véridiques, ceux qui se tiennent dans la soumission constante, ceux qui dépensent, ceux qui implorent le pardon aux dernières heures de la nuit.

Notes lexicales

زَيْغ zaygh — racine z-y-gh : déviation, écart par rapport à une ligne droite. ابْتِغَاءَ الْفِتْنَة ibtighāʾa l-fitna — déjà connu (f-t-n) : recherche du trouble, de l’épreuve déstabilisante. تَأْوِيل taʾwīl — racine ʾ-w-l : voir l’étude dédiée — l’aboutissement effectif d’une chose, non une exégèse. الرَّاسِخُون فِي الْعِلْم al-rāsikhūna fi l-ʿilm — racine r-s-kh : ce qui est fermement enraciné, stable. الْوَهَّاب al-Wahhāb — racine w-h-b (forme intensive) : ce qui donne sans contrepartie attendue, avec constance. جَامِعُ النَّاس jāmiʿu l-nās — racine j-m-ʿ : ce qui rassemble. لَا يُخْلِفُ الْمِيعَاد lā yukhlifu l-mīʿād — racine kh-l-f (déjà connue) + w-ʿ-d (déjà connue) : ne manque pas au rendez-vous promis. وَقُودُ النَّار waqūdu l-nār — racine w-q-d : le combustible, ce qui alimente le feu. دَأْب daʾb — racine d-ʾ-b : la manière d’être habituelle, la façon constante d’agir. الْمِهَاد al-mihād — racine m-h-d : la couche préparée, le lieu de repos étendu. فِئَة fiʾa — déjà validé (f-ʾ-y, S2:249 : groupe, troupe rassemblée). عِبْرَة ʿibra — racine ʿ-b-r : ce qui permet de passer d’un constat à un enseignement, la leçon tirée. أُولِي الْأَبْصَار ulī l-abṣār — racine b-ṣ-r : ceux qui possèdent une vue pénétrante, au sens de discernement. زُيِّنَ zuyyina — racine z-y-n (passif, sans agent nommé dans ce verset) : rendu séduisant, embelli aux yeux. Note de vigilance méthodologique. Le verbe est ici au passif, sans sujet grammatical explicite — le texte ne nomme pas ici qui embellit ces attraits aux yeux des gens ; ailleurs dans le corpus coranique, ce même verbe est tantôt rattaché explicitement à Allaah, tantôt au shayṭān, selon le contexte : ce verset précis reste au non-dit sur ce point. الْقَنَاطِيرِ الْمُقَنطَرَة al-qanāṭīr al-muqanṭara — racine q-n-ṭ-r : monceaux amoncelés, quantités entassées les unes sur les autres. الْمَآب al-maʾāb — même racine que taʾwīl (ʾ-w-l) : le lieu de retour, l’aboutissement. الْقَانِتِين al-qānitīn — déjà validé (q-n-t, S2 : se tenir dans la soumission constante). بِالْأَسْحَار bi-l-asḥār — racine s-ḥ-r : les derniers moments de la nuit, juste avant l’aube. Ce que le texte dit : une opposition entre l’attrait immédiat des biens de ce monde et le bien supérieur promis à ceux qui se prémunissent, encadrée par le signe donné à Badr et la clôture sur les qualités des muttaqīn. Ce que le texte ne dit pas : S3:14 ne nomme pas l’agent du verbe zuyyina — cette omission est signalée et non comblée.

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Shahida llāh, al-dīn ʿinda llāh al-islām, ceux qui tuent les nabiyyūn · S3:18–22

S.3:18
شَهِدَ اللَّهُ أَنَّهُ لَا إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ وَالْمَلَائِكَةُ وَأُولُو الْعِلْمِ قَائِمًا بِالْقِسْطِ ۚ لَا إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ
Shahida llāhu annahu lā ilāha illā huwa wa-l-malāʾikatu wa-ulū l-ʿilmi qāʾiman bi-l-qisṭ — lā ilāha illā huwa l-ʿAzīzu l-Ḥakīm Allaah atteste — ainsi que les malāʾika et ceux qui possèdent le savoir — qu’il n’y a nul ilāh que Lui, se maintenant dans l’équité. Nul ilāh que Lui, al-ʿAzīz, al-Ḥakīm.
S.3:19
إِنَّ الدِّينَ عِندَ اللَّهِ الْإِسْلَامُ ۗ وَمَا اخْتَلَفَ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ إِلَّا مِن بَعْدِ مَا جَاءَهُمُ الْعِلْمُ بَغْيًا بَيْنَهُمْ ۗ وَمَن يَكْفُرْ بِآيَاتِ اللَّهِ فَإِنَّ اللَّهَ سَرِيعُ الْحِسَابِ
Inna l-dīna ʿinda llāhi l-islām — wa-mā khtalafa lladhīna ūtu l-kitāba illā min baʿdi mā jāʾahumu l-ʿilmu baghyan baynahum — wa-man yakfur bi-āyāti llāhi fa-inna llāha sarīʿu l-ḥisāb Le dīn, dans le registre d’Allaah, est l’islām — et ceux à qui le Livre a été donné n’ont divergé qu’après que le savoir leur soit parvenu, par rivalité entre eux. Quiconque couvre sa reconnaissance des āyāt d’Allaah — Allaah est prompt dans le compte.

Note lexicale — première occurrence du nom al-islām

الدِّين al-dīn — préservé en translittération, conformément à la règle du projet (le mot français « religion » importe un découpage occidental étranger au terme arabe). الْإِسْلَام al-islām — racine س-ل-م : la remise complète, la soumission entière — de la même famille que salām (paix, intégrité préservée) et aslama (déjà rencontré, S2:112, S2:131 : « soumettre son wajh »). C’est la première occurrence, dans l’ordre du muṣḥaf, du nom al-islām lui-même (le verbe aslama et le participe muslim étaient apparus antérieurement). Note de vigilance : le terme est conservé translittéré plutôt que traduit par un équivalent français unique, aucun mot disponible ne portant à la fois le sens de remise complète, de paix et d’intégrité que couvre la racine س-ل-م — voir la méthode générale du projet sur les termes sans correspondance directe. عِندَ اللَّه ʿinda llāh — déjà validé (S2:79 : dans le registre propre d’Allaah, attribution directe — non une localisation spatiale). بَغْيًا baghyā — racine ب-غ-ي : la rivalité, l’excès dans la revendication d’un droit qui empiète sur autrui. سَرِيعُ الْحِسَاب sarīʿu l-ḥisāb — déjà connu (ḥ-s-b, S2:284 : demander compte).

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S.3:20
فَإِنْ حَاجُّوكَ فَقُلْ أَسْلَمْتُ وَجْهِيَ لِلَّهِ وَمَنِ اتَّبَعَنِ ۗ وَقُل لِّلَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ وَالْأُمِّيِّينَ أَأَسْلَمْتُمْ ۚ فَإِنْ أَسْلَمُوا فَقَدِ اهْتَدَوا ۖ وَّإِن تَوَلَّوْا فَإِنَّمَا عَلَيْكَ الْبَلَاغُ ۗ وَاللَّهُ بَصِيرٌ بِالْعِبَادِ
Fa-in ḥājjūka fa-qul aslamtu wajhiya lillāhi wa-mani ttabaʿan — wa-qul li-lladhīna ūtu l-kitāba wa-l-ummiyyīna a-aslamtum — fa-in aslamū fa-qadi htadaw — wa-in tawallaw fa-innamā ʿalayka l-balāgh — wa-llāhu baṣīrun bi-l-ʿibād S’ils argumentent avec toi, dis : « J’ai remis mon wajh à Allaah, ainsi que quiconque m’a suivi. » Et dis à ceux à qui le Livre a été donné, et aux ummiyyīn : « Avez-vous remis [votre wajh] ? » S’ils l’ont remis, ils sont alors bien guidés ; s’ils se détournent, il ne t’incombe que la transmission. Allaah voit parfaitement les ʿibād.

Note lexicale — al-ummiyyīn

أَسْلَمْتُ وَجْهِيَ لِلَّه aslamtu wajhiya lillāh — reprend la construction déjà validée (étude dédiée « Wajhu llāh ») : remettre son orientation, sa raison d’être tournée vers Allaah — non une image anatomique. الْأُمِّيِّين al-ummiyyīn — racine ʾ-m-m : voir l’étude dédiée Le nabī était-il illettré ?, qui établit, sur l’ensemble des six occurrences coraniques du terme, qu’ummī/ummiyyūn désigne l’appartenance aux peuples non-scripturaires — ceux à qui aucune scripture révélée antérieure n’a été donnée — et non une incapacité à lire ou écrire. Ce sens est repris ici : le verset distingue deux catégories — ceux à qui le Livre a été donné, et les ummiyyūn, ceux qui n’en ont pas reçu. اهْتَدَوا htadaw — déjà connu (h-d-y). الْبَلَاغ al-balāgh — racine ب-ل-غ (déjà connue par balagha, atteindre son terme) : la transmission menée à son terme, sans obligation de résultat sur son accueil.

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S.3:21–22
إِنَّ الَّذِينَ يَكْفُرُونَ بِآيَاتِ اللَّهِ وَيَقْتُلُونَ النَّبِيِّينَ بِغَيْرِ حَقٍّ وَيَقْتُلُونَ الَّذِينَ يَأْمُرُونَ بِالْقِسْطِ مِنَ النَّاسِ فَبَشِّرْهُم بِعَذَابٍ أَلِيمٍ ۝ أُولَٰئِكَ الَّذِينَ حَبِطَتْ أَعْمَالُهُمْ فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ وَمَا لَهُم مِّن نَّاصِرِينَ
Inna lladhīna yakfurūna bi-āyāti llāhi wa-yaqtulūna l-nabiyyīna bi-ghayri ḥaqqin wa-yaqtulūna lladhīna yaʾmurūna bi-l-qisṭi mina l-nāsi fa-bashshirhum bi-ʿadhābin alīm — ulāʾika lladhīna ḥabiṭat aʿmāluhum fi l-dunyā wa-l-ākhirati wa-mā lahum min nāṣirīn Ceux qui couvrent leur reconnaissance des āyāt d’Allaah, tuent les nabiyyūn sans droit, et tuent ceux qui, parmi les gens, ordonnent l’équité — annonce-leur un châtiment douloureux. Ceux-là sont ceux dont les œuvres se sont annulées, dans ce monde et dans l’ākhira, et il n’est pour eux aucun secoureur.

Note lexicale

بِغَيْرِ حَقٍّ bi-ghayri ḥaqq — déjà connu (ḥ-q-q) : sans droit légitime — précision qui borne l’accusation à un acte spécifique, non une généralité. الْقِسْط al-qisṭ — racine ق-س-ط : l’équité, la juste mesure répartie sans excès. حَبِطَتْ أَعْمَالُهُمْ ḥabiṭat aʿmāluhum — racine ح-ب-ط : s’annuler, devenir vain — image d’un ventre qui se gonfle sans profit réel (sens premier lexicographique), appliquée ici aux œuvres qui s’annulent.

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Ahl al-Kitāb, Mālik al-Mulk, la clôture — walāya et taqiyya · S3:23–32

S.3:23–25
أَلَمْ تَرَ إِلَى الَّذِينَ أُوتُوا نَصِيبًا مِّنَ الْكِتَابِ يُدْعَوْنَ إِلَىٰ كِتَابِ اللَّهِ لِيَحْكُمَ بَيْنَهُمْ ثُمَّ يَتَوَلَّىٰ فَرِيقٌ مِّنْهُمْ وَهُم مُّعْرِضُونَ ۝ ذَٰلِكَ بِأَنَّهُمْ قَالُوا لَن تَمَسَّنَا النَّارُ إِلَّا أَيَّامًا مَّعْدُودَاتٍ ۖ وَغَرَّهُمْ فِي دِينِهِم مَّا كَانُوا يَفْتَرُونَ ۝ فَكَيْفَ إِذَا جَمَعْنَاهُمْ لِيَوْمٍ لَّا رَيْبَ فِيهِ وَوُفِّيَتْ كُلُّ نَفْسٍ مَّا كَسَبَتْ وَهُمْ لَا يُظْلَمُونَ
A-lam tara ila lladhīna ūtū naṣīban mina l-kitābi yudʿawna ilā kitābi llāhi li-yaḥkuma baynahum thumma yatawallā farīqun minhum wa-hum muʿriḍūn — dhālika bi-annahum qālū lan tamassana l-nāru illā ayyāman maʿdūdāt — wa-gharrahum fī dīnihim mā kānū yaftarūn — fa-kayfa idhā jamaʿnāhum li-yawmin lā rayba fīhi wa-wuffiyat kullu nafsin mā kasabat wa-hum lā yuẓlamūn N’as-tu pas considéré ceux à qui une part du Livre a été donnée, appelés au Livre d’Allaah pour qu’il tranche entre eux, puis un groupe d’entre eux se détourne, s’écartant ? Cela parce qu’ils ont dit : « Le feu ne nous touchera que des jours comptés » — et ce qu’ils inventaient les a trompés dans leur dīn. Qu’en sera-t-il donc lorsque Nous les aurons rassemblés pour un jour où nul doute n’a de place, et que chaque nafs recevra intégralement ce qu’elle a acquis, sans qu’ils soient lésés ?
S.3:26–27
قُلِ اللَّهُمَّ مَالِكَ الْمُلْكِ تُؤْتِي الْمُلْكَ مَن تَشَاءُ وَتَنزِعُ الْمُلْكَ مِمَّن تَشَاءُ وَتُعِزُّ مَن تَشَاءُ وَتُذِلُّ مَن تَشَاءُ ۖ بِيَدِكَ الْخَيْرُ ۖ إِنَّكَ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ ۝ تُولِجُ اللَّيْلَ فِي النَّهَارِ وَتُولِجُ النَّهَارَ فِي اللَّيْلِ ۖ وَتُخْرِجُ الْحَيَّ مِنَ الْمَيِّتِ وَتُخْرِجُ الْمَيِّتَ مِنَ الْحَيِّ ۖ وَتَرْزُقُ مَن تَشَاءُ بِغَيْرِ حِسَابٍ
Quli llāhumma mālika l-mulki tuʾti l-mulka man tashāʾu wa-tanziʿu l-mulka mimman tashāʾu wa-tuʿizzu man tashāʾu wa-tudhillu man tashāʾ — bi-yadika l-khayr — innaka ʿalā kulli shayʾin qadīr — tūliju l-layla fi l-nahāri wa-tūliju l-nahāra fi l-layl — wa-tukhriju l-ḥayya mina l-mayyiti wa-tukhriju l-mayyita mina l-ḥayy — wa-tarzuqu man tashāʾu bi-ghayri ḥisāb Dis : « Ô Allaah, Mālik al-Mulk, Tu donnes le mulk à qui Tu veux et Tu arraches le mulk à qui Tu veux ; Tu honores qui Tu veux et Tu abaisses qui Tu veux — dans Ta main est le bien — Tu es capable de toute chose. Tu fais pénétrer la nuit dans le jour et le jour dans la nuit ; Tu fais sortir le vivant du mort et le mort du vivant ; et Tu pourvois qui Tu veux sans compte. »
S.3:28–29
لَّا يَتَّخِذِ الْمُؤْمِنُونَ الْكَافِرِينَ أَوْلِيَاءَ مِن دُونِ الْمُؤْمِنِينَ ۖ وَمَن يَفْعَلْ ذَٰلِكَ فَلَيْسَ مِنَ اللَّهِ فِي شَيْءٍ إِلَّا أَن تَتَّقُوا مِنْهُمْ تُقَاةً ۗ وَيُحَذِّرُكُمُ اللَّهُ نَفْسَهُ ۗ وَإِلَى اللَّهِ الْمَصِيرُ ۝ قُلْ إِن تُخْفُوا مَا فِي صُدُورِكُمْ أَوْ تُبْدُوهُ يَعْلَمْهُ اللَّهُ ۗ وَيَعْلَمُ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَمَا فِي الْأَرْضِ ۗ وَاللَّهُ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ
Lā yattakhidhi l-muʾminūna l-kāfirīna awliyāʾa min dūni l-muʾminīn — wa-man yafʿal dhālika fa-laysa mina llāhi fī shayʾin illā an tattaqū minhum tuqāh — wa-yuḥadhdhirukumu llāhu nafsah — wa-ila llāhi l-maṣīr — qul in tukhfū mā fī ṣudūrikum aw tubdūhu yaʿlamhu llāh — wa-yaʿlamu mā fi l-samāwāti wa-mā fi l-arḍ — wa-llāhu ʿalā kulli shayʾin qadīr Que les croyants ne prennent pas les kāfirūn comme walī à la place des croyants — quiconque agit ainsi n’a plus rien avec Allaah — sauf si vous vous prémunissez d’eux par une prémunition véritable. Allaah vous met en garde de Lui-même — et c’est vers Allaah qu’est le devenir. Dis : « Que vous dissimuliez ce qui est dans vos poitrines ou que vous le rendiez visible, Allaah le sait » — et Il sait ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. Allaah est capable de toute chose.
S.3:30–32
يَوْمَ تَجِدُ كُلُّ نَفْسٍ مَّا عَمِلَتْ مِنْ خَيْرٍ مُّحْضَرًا وَمَا عَمِلَتْ مِن سُوءٍ تَوَدُّ لَوْ أَنَّ بَيْنَهَا وَبَيْنَهُ أَمَدًا بَعِيدًا ۗ وَيُحَذِّرُكُمُ اللَّهُ نَفْسَهُ ۗ وَاللَّهُ رَءُوفٌ بِالْعِبَادِ ۝ قُلْ إِن كُنتُمْ تُحِبُّونَ اللَّهَ فَاتَّبِعُونِي يُحْبِبْكُمُ اللَّهُ وَيَغْفِرْ لَكُمْ ذُنُوبَكُمْ ۗ وَاللَّهُ غَفُورٌ رَّحِيمٌ ۝ قُلْ أَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ ۖ فَإِن تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ
Yawma tajidu kullu nafsin mā ʿamilat min khayrin muḥḍaran wa-mā ʿamilat min sūʾin tawaddu law anna baynahā wa-baynahu amadan baʿīdā — wa-yuḥadhdhirukumu llāhu nafsah — wa-llāhu Raʾūfun bi-l-ʿibād — qul in kuntum tuḥibbūna llāha fa-ttabiʿūnī yuḥbibkumu llāhu wa-yaghfir lakum dhunūbakum — wa-llāhu Ghafūrun Raḥīm — qul aṭīʿū llāha wa-l-rasūl — fa-in tawallaw fa-inna llāha lā yuḥibbu l-kāfirīn Le jour où chaque nafs trouvera présent ce qu’elle a fait de bien, et ce qu’elle a fait de mal — elle voudrait qu’il y ait entre elle et cela une distance immense. Allaah vous met en garde de Lui-même. Allaah est Raʾūf envers les ʿibād. Dis : « Si vous aimez Allaah, suivez-moi, Allaah vous aimera et vous pardonnera vos fautes » — Allaah est Ghafūr, Raḥīm. Dis : « Obéissez à Allaah et au rasūl » — s’ils se détournent, Allaah n’honore pas les kāfirūn.

Notes lexicales

نَصِيبًا مِّنَ الْكِتَاب naṣīban mina l-kitāb — racine ن-ص-ب : une part, une portion assignée. مَّعْدُودَات maʿdūdāt — racine ع-د-د : comptées, dénombrées — un nombre limité et défini. غَرَّهُمْ gharrahum — racine غ-ر-ر : tromper, induire en illusion trompeuse. يَفْتَرُون yaftarūn — déjà connu (ف-ر-ي, forger un mensonge). الْمُلْك al-mulk — racine م-ل-ك (déjà connue par malik) : la royauté, la possession souveraine — Mālik al-Mulk : ce qui possède la royauté elle-même, non seulement un royaume. تُعِزُّ / تُذِلُّ tuʿizzu / tudhillu — racines ع-ز-ز (force, inaccessibilité, déjà connue) et ذ-ل-ل (abaissement, docilité forcée) : deux mouvements opposés. تُولِجُ tūliju — racine و-ل-ج : faire pénétrer, faire entrer. أَوْلِيَاء awliyāʾ — pluriel de walī (déjà validé, و-ل-ي : proximité protectrice, gestion des affaires). تُقَاة tuqāh — même racine que taqwā (و-ق-ي, déjà connue) : la prémunition, la protection de soi. Note de non-généralisation méthodologique : illā an tattaqū minhum tuqāh borne l’exception à une situation de prémunition défensive précise (se protéger d’un danger réel), non une autorisation générale de dissimulation. يُحَذِّرُكُمُ اللَّهُ نَفْسَهُ yuḥadhdhirukumu llāhu nafsah — construction réflexive : Allaah met en garde de Lui-même, sans intermédiaire supplémentaire dans l’avertissement. مُحْضَرًا muḥḍaran — racine ح-ض-ر (déjà connue) : rendu présent, mis devant soi. أَمَدًا بَعِيدًا amadan baʿīdā — racine أ-م-د : une distance temporelle ou spatiale étendue. رَءُوف Raʾūf — racine ر-أ-ف : la sollicitude attentive à la vulnérabilité d’autrui — conservée au sens fonctionnel, sans projection d’affect humain. Ce que le texte dit : un déplacement de l’argument — des Ahl al-Kitāb qui se détournent du jugement de leur propre Livre, à la souveraineté totale d’Allaah sur le mulk, puis à l’interdit de la walāya avec les kāfirūn sauf prémunition défensive bornée, et à la clôture sur l’amour d’Allaah conditionné au suivi et à l’obéissance. Ce que le texte ne dit pas : S3:28 ne détaille pas les situations concrètes qui qualifieraient une « prémunition véritable » (tuqāh) — le texte pose le principe sans en cartographier les cas d’application.

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Barāʾa du bloc

Cette étude est conduite selon la méthode islamducoran.fr : lecture intra-coranique exclusive, lexicographie arabe classique (Farāhīdī, Ibn Fāris, Ibn Manẓūr), discipline du dit / non-dit / inférence. Elle n’est pas prescriptive et reste révisable à la lumière du texte. L’unique garant de la compréhension est Allaah.

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