Structure du Bloc III. Trois versets sur la distorsion de la parole et le jeu de mots rāʿinā (S4:44–46) ; l’appel pressant à croire avant un effacement, avec la référence allusive aux aṣḥāb as-sabt (S4:47) ; le verset sur le shirk comme seule limite absolue du pardon (S4:48) ; l’auto-attribution de pureté et la fabrication du mensonge (S4:49–50) ; le jibt et le ṭāghūt, la malédiction, la part du mulk et l’héritage d’Ibrāhīm (S4:51–54) ; la clôture sur les deux issues — croire ou se détourner (S4:55–57).

Sommaire du bloc

Réf. Titre thématique
S.4:44 Ceux à qui une part du Livre a été donnée — achat de l’égarement
S.4:45 Allaah suffit comme walī et comme naṣīr
S.4:46 Distorsion de la parole — le jeu de mots rāʿinā
S.4:47 Croire avant l’effacement — les aṣḥāb as-sabt
S.4:48 Le shirk, seule faute qu’Allaah ne pardonne pas
S.4:49 S’attribuer soi-même la pureté — le fatīl
S.4:50 Fabriquer le mensonge sur Allaah
S.4:51 Le jibt et le ṭāghūt
S.4:52 Ceux qu’Allaah a éloignés — nul naṣīr
S.4:53 Une part du mulk ? — le naqīr
S.4:54 L’envie — l’héritage du Livre, de la ḥikma et du mulk chez Ibrāhīm
S.4:55 Croire en lui, ou s’en détourner
S.4:56 Le feu et la peau renouvelée
S.4:57 Les jardins, les épouses purifiées, l’ombre pleinement ombreuse

La distorsion de la parole et le jeu de mots rāʿinā · S4:44–46

Portée du sujet grammatical — une lecture qui exige la rigueur. Ces trois versets décrivent des comportements précis (distorsion de la parole, formule équivoque) attribués non à l’ensemble d’une communauté mais à un sous-ensemble explicitement marqué par le texte : min alladhīna hādū — « parmi ceux qui pratiquent le judaïsme », où min est le partitif arabe (« une partie de », non « la totalité de »). Le verset se clôt lui-même sur une restriction supplémentaire : fa-lā yuʾminūna illā qalīlan — « ils ne croient que peu » (S4:46), formule qui, par construction, suppose qu’une partie croit. Conformément à la méthode de ce site, la traduction porte exactement ce que le texte dit — ni plus, ni moins : un comportement décrit chez une partie nommée, non un jugement global. Aucune qualification supplémentaire, aggravante ou atténuante, n’est ajoutée à ce que l’énoncé lui-même circonscrit.

S.4:44 · Ceux à qui une part du Livre a été donnée — achat de l’égarement

S.4:44
أَلَمْ تَرَ إِلَى الَّذِينَ أُوتُوا نَصِيبًا مِّنَ الْكِتَابِ يَشْتَرُونَ الضَّلَالَةَ وَيُرِيدُونَ أَن تَضِلُّوا السَّبِيلَ
A-lam tara ilā lladhīna ūtū naṣīban mina l-kitābi yashtarūna ḍ-ḍalālata wa-yurīdūna an taḍillū s-sabīl N’as-tu pas considéré ceux à qui a été donnée une part (naṣīb) du Livre : ils achètent l’égarement (aḍ-ḍalāla) et veulent que vous vous égariez du chemin (as-sabīl).
Notes lexicales
naṣīban mina l-kitāb
même construction partitive qu'en S4:51 (répétition exacte de l'incipit) : une part du Livre, non le Livre en totalité — le texte ne prête à ce groupe ni l'ignorance totale ni la connaissance intégrale.
yashtarūna ḍ-ḍalāla
racine sh-r-y : acheter — figure déjà rencontrée pour l'échange d'un bien contre un autre (cf. la vente à bas prix des versets d'Allaah, ailleurs dans le Coran). Ici l'objet acquis est *aḍ-ḍalāla* elle-même : un choix actif, non une simple ignorance subie.

S.4:45 · Allaah suffit comme walī et comme naṣīr

S.4:45
وَاللَّهُ أَعْلَمُ بِأَعْدَائِكُمْ ۚ وَكَفَىٰ بِاللَّهِ وَلِيًّا وَكَفَىٰ بِاللَّهِ نَصِيرًا
Wa-llāhu aʿlamu bi-aʿdāʾikum — wa-kafā bi-llāhi walīyyan wa-kafā bi-llāhi naṣīrā Allaah connaît mieux vos ennemis. Allaah suffit comme walī (protecteur), et Allaah suffit comme naṣīr (secours).

S.4:46 · Distorsion de la parole — le jeu de mots rāʿinā

S.4:46
مِّنَ الَّذِينَ هَادُوا يُحَرِّفُونَ الْكَلِمَ عَن مَّوَاضِعِهِ وَيَقُولُونَ سَمِعْنَا وَعَصَيْنَا وَاسْمَعْ غَيْرَ مُسْمَعٍ وَرَاعِنَا لَيًّا بِأَلْسِنَتِهِمْ وَطَعْنًا فِي الدِّينِ ۚ وَلَوْ أَنَّهُمْ قَالُوا سَمِعْنَا وَأَطَعْنَا وَاسْمَعْ وَانظُرْنَا لَكَانَ خَيْرًا لَّهُمْ وَأَقْوَمَ وَلَـٰكِن لَّعَنَهُمُ اللَّهُ بِكُفْرِهِمْ فَلَا يُؤْمِنُونَ إِلَّا قَلِيلًا
Mina lladhīna hādū yuḥarrifūna l-kalima ʿan mawāḍiʿihi wa-yaqūlūna samiʿnā wa-ʿaṣaynā wa-smaʿ ghayra musmaʿin wa-rāʿinā layyan bi-alsinatihim wa-ṭaʿnan fī d-dīn — wa-law annahum qālū samiʿnā wa-aṭaʿnā wa-smaʿ wa-nẓurnā la-kāna khayran lahum wa-aqwama wa-lākin laʿanahumu llāhu bi-kufrihim fa-lā yuʾminūna illā qalīlā Parmi ceux qui pratiquent le judaïsme (min alladhīna hādū), il en est qui détournent la parole (al-kalim) de ses emplacements (ʿan mawāḍiʿihi), et disent : « Nous avons entendu et nous avons désobéi », et « Écoute — sans être fait d’entendre », et « rāʿinā », tordant [le sens] avec leurs langues et portant atteinte au dīn. S’ils avaient dit : « Nous avons entendu et nous avons obéi », et « Écoute », et « unẓurnā », cela aurait été meilleur pour eux et plus droit — mais Allaah les a éloignés (laʿana) pour leur kufr, et ils ne croient que peu.
Notes lexicales
hādū
racine h-w-d : revenir, se repentir. Rendu conventionnellement par « pratiquer le judaïsme » (déjà validé en S2:62), en cohérence terminologique avec le reste du site.
yuḥarrifūna l-kalima ʿan mawāḍiʿihi
racine ḥ-r-f : dévier, incliner de côté (d'où ḥarf, le bord, l'extrémité). Le verbe décrit un déplacement du mot hors de sa place propre — une distorsion de positionnement, non nécessairement une falsification du support écrit.
wa-smaʿ ghayra musmaʿin
construction volontairement équivoque : littéralement « écoute, non fait-entendre » — soit une insolence (« écoute, [mais tu ne seras] pas entendu »), soit un jeu de mots retourné en formule de malédiction déguisée (« puisses-tu ne rien entendre »). Non-dit : le texte ne tranche pas laquelle des deux lectures est visée — les deux sont linguistiquement recevables et retenues ici.
رَاعِنَاrāʿinā
même équivoque que celle déjà rencontrée et traitée en S2:104 : en arabe, « prends soin de nous / prête-nous attention » ; mais la forme peut être retournée en une insulte dans d'autres langues sémitiques d'usage courant à Madīna à l'époque. Le texte oppose ici *rāʿinā* à *unẓurnā* (« regarde-nous, prends-nous en considération »), formule sans ambiguïté, déjà prescrite en S2:104.
laʿanahumu llāh
racine l-ʿ-n : éloigner, exclure de la miséricorde/proximité — rendu par « éloigner » plutôt que par un terme à connotation seulement punitive, pour porter le sens spatial-relationnel de la racine plutôt qu'un simple verdict moral.

Croire avant l’effacement · S4:47

S.4:47 · L’appel pressant — les aṣḥāb as-sabt

S.4:47
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ آمِنُوا بِمَا نَزَّلْنَا مُصَدِّقًا لِّمَا مَعَكُم مِّن قَبْلِ أَن نَّطْمِسَ وُجُوهًا فَنَرُدَّهَا عَلَىٰ أَدْبَارِهَا أَوْ نَلْعَنَهُمْ كَمَا لَعَنَّا أَصْحَابَ السَّبْتِ ۚ وَكَانَ أَمْرُ اللَّهِ مَفْعُولًا
Yā ayyuhā lladhīna ūtū l-kitāba āminū bi-mā nazzalnā muṣaddiqan li-mā maʿakum min qabli an naṭmisa wujūhan fa-naruddahā ʿalā adbārihā aw nalʿanahum ka-mā laʿannā aṣḥāba s-sabt — wa-kāna amru llāhi mafʿūlā Ô vous à qui a été donné le Livre, croyez en ce que Nous avons fait descendre, confirmant ce qui est avec vous, avant que Nous n’effacions des visages pour les retourner en arrière, ou que Nous les éloignions comme Nous avons éloigné les compagnons du sabt. L’ordre d’Allaah est chose accomplie.
Notes lexicales
naṭmisa wujūhan fa-naruddahā ʿalā adbārihā
racine ṭ-m-s : effacer un trait, rendre indiscernable un repère (le Coran l'emploie ailleurs pour l'effacement de la vue). Racine r-d-d ʿalā : ramener, faire retourner. Non-dit : le texte ne précise pas si l'image est à prendre littéralement (une défiguration) ou comme une figure du renversement d'orientation (perdre la face qu'on présente, être ramené en arrière) — les lexicographes anciens attestent les deux usages de la racine, et rien dans ce seul verset ne permet de trancher.
aṣḥāb as-sabt
racine s-b-t : cesser, s'interrompre — d'où le jour de cessation/repos. Non-dit : ce verset ne raconte pas l'épisode lui-même — il s'y réfère comme à un antécédent déjà connu du destinataire, sans le narrer ici. Cette absence de narration dans le verset est elle-même une donnée : le texte présuppose la connaissance de l'événement plutôt que de l'exposer.

Le shirk, limite absolue du pardon · S4:48

S.4:48 · Ce qu’Allaah ne pardonne pas

S.4:48
إِنَّ اللَّهَ لَا يَغْفِرُ أَن يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَٰلِكَ لِمَن يَشَاءُ ۚ وَمَن يُشْرِكْ بِاللَّهِ فَقَدِ افْتَرَىٰ إِثْمًا عَظِيمًا
Inna llāha lā yaghfiru an yushraka bihi wa-yaghfiru mā dūna dhālika li-man yashāʾu — wa-man yushrik bi-llāhi fa-qadi ftarā ithman ʿaẓīmā Allaah ne pardonne pas qu’on Lui associe (yushraka bihi) — mais Il pardonne, en-dehors de cela, à qui Il veut. Quiconque associe (yushrik) à Allaah a fabriqué (iftarā) une faute immense.
Notes lexicales
yushraka bihi / yushrik bi-llāh
racine sh-r-k : associer, partager une part avec un autre — conservé en translittération (*shirk*), conformément à l'étude dédiée [Le shirk dans le Coran](/etudes/shirk/). Ce que le texte dit ici précisément : une distinction entre cette faute et « ce qui est en deçà » (*mā dūna dhālika*), sans lister ce que recouvre cette seconde catégorie — le verset pose une hiérarchie sans l'exemplifier.
iftarā
forme VIII de f-r-y : couper, tailler — d'où fabriquer de toutes pièces, inventer. Même racine qu'en S4:50 (*yaftarūna*) : les deux versets sont liés par ce terme, la fabrication d'un mensonge sur Allaah encadrant le sujet du *shirk*.

S’attribuer soi-même la pureté, fabriquer le mensonge · S4:49–50

S.4:49 · Le fatīl

S.4:49
أَلَمْ تَرَ إِلَى الَّذِينَ يُزَكُّونَ أَنفُسَهُم ۚ بَلِ اللَّهُ يُزَكِّي مَن يَشَاءُ وَلَا يُظْلَمُونَ فَتِيلًا
A-lam tara ilā lladhīna yuzakkūna anfusahum — bali llāhu yuzakkī man yashāʾu wa-lā yuẓlamūna fatīlā N’as-tu pas considéré ceux qui s’attribuent à eux-mêmes la pureté (yuzakkūna anfusahum) ? C’est Allaah plutôt qui purifie (yuzakkī) qui Il veut, et ils ne seront lésés d’un fatīl.
Notes lexicales
yuzakkūna anfusahum
racine z-k-w, déjà validée dans la banque lexicale (croissance et pureté simultanément). Ici à la forme réfléchie sur soi-même (« ils se purifient eux-mêmes ») — opposée dans le même verset à *yuzakkī* porté par Allaah seul comme sujet légitime de cette action envers autrui.
fatīl
racine f-t-l : tordre, filer (un fil). Le *fatīl* désigne le fin sillon filiforme qui marque le noyau de datte — image coranique récurrente pour l'infime, l'imperceptible. Non-dit : le texte ne chiffre rien — il pose une négation absolue de toute lésion, aussi minime soit-elle, mesurée par cette image plutôt que par un nombre.

S.4:50 · Fabriquer le mensonge sur Allaah

S.4:50
انظُرْ كَيْفَ يَفْتَرُونَ عَلَى اللَّهِ الْكَذِبَ ۖ وَكَفَىٰ بِهِ إِثْمًا مُّبِينًا
Unẓur kayfa yaftarūna ʿalā llāhi l-kadhiba — wa-kafā bihi ithman mubīnā Regarde comme ils fabriquent (yaftarūna) le mensonge sur Allaah — cela suffit comme faute manifeste.

Le jibt, le ṭāghūt et la part du mulk · S4:51–54

S.4:51 · Le jibt et le ṭāghūt

S.4:51
أَلَمْ تَرَ إِلَى الَّذِينَ أُوتُوا نَصِيبًا مِّنَ الْكِتَابِ يُؤْمِنُونَ بِالْجِبْتِ وَالطَّاغُوتِ وَيَقُولُونَ لِلَّذِينَ كَفَرُوا هَـٰؤُلَاءِ أَهْدَىٰ مِنَ الَّذِينَ آمَنُوا سَبِيلًا
A-lam tara ilā lladhīna ūtū naṣīban mina l-kitābi yuʾminūna bi-l-jibti wa-ṭ-ṭāghūti wa-yaqūlūna li-lladhīna kafarū hāʾulāʾi ahdā mina lladhīna āmanū sabīlā N’as-tu pas considéré ceux à qui a été donnée une part du Livre : ils croient au jibt et au ṭāghūt, et disent de ceux qui ont commis le kufr : « Ceux-là sont plus guidés en chemin que ceux qui ont cru. »
Notes lexicales
الْجِبْتal-jibt
hapax legomenon : ce mot n'apparaît qu'une seule fois dans tout le Coran, exactement ici. Les lexicographes anciens eux-mêmes proposent des pistes divergentes autour d'un axe commun — ce qui est vide de fondement réel, sans consistance. Non-dit : l'absence de toute autre occurrence coranique interdit la vérification par cohérence intra-coranique ; conservé en translittération avec cette réserve explicite plutôt que fixé par un mot français qui prêterait une précision que le texte seul ne permet pas d'établir.
الطَّاغُوتaṭ-ṭāghūt
déjà validé (S2:256–257) : même racine que *ṭughyān* (*ṭ-gh-y*, dépassement des limites) — désignation générique de ce qui pousse au débordement hors de la juste mesure, non un nom propre. Conservé en translittération, en cohérence avec le reste du site.

S.4:52 · Ceux qu’Allaah a éloignés

S.4:52
أُولَـٰئِكَ الَّذِينَ لَعَنَهُمُ اللَّهُ ۖ وَمَن يَلْعَنِ اللَّهُ فَلَن تَجِدَ لَهُ نَصِيرًا
Ulāʾika lladhīna laʿanahumu llāhu — wa-man yalʿani llāhu fa-lan tajida lahu naṣīrā Ceux-là sont ceux qu’Allaah a éloignés — et quiconque Allaah éloigne, tu ne lui trouveras jamais de naṣīr.

S.4:53 · Une part du mulk ? — le naqīr

S.4:53
أَمْ لَهُمْ نَصِيبٌ مِّنَ الْمُلْكِ فَإِذًا لَّا يُؤْتُونَ النَّاسَ نَقِيرًا
Am lahum naṣībun mina l-mulki fa-idhan lā yuʾtūna n-nāsa naqīrā Ont-ils une part du mulk ? Alors ils ne donneraient pas aux gens même un naqīr.
Notes lexicales
al-mulk
déjà rencontré (S2:107, S2:246–248) : la souveraineté, le domaine de disposition pleine et entière — conservé en translittération.
naqīr
racine n-q-r : creuser, graver un point. Le *naqīr* désigne le minuscule point creusé au dos du noyau de datte — même famille d'images que le *fatīl* de S4:49, pour une réalité distincte (ici un repère gravé, non un fil) : le Coran construit ainsi, à travers plusieurs versets, un petit lexique de l'infime pris sur un même objet familier, le noyau de datte.

S.4:54 · L’envie — l’héritage du Livre, de la ḥikma et du mulk

S.4:54
أَمْ يَحْسُدُونَ النَّاسَ عَلَىٰ مَا آتَاهُمُ اللَّهُ مِن فَضْلِهِ ۖ فَقَدْ آتَيْنَا آلَ إِبْرَاهِيمَ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ وَآتَيْنَاهُم مُّلْكًا عَظِيمًا
Am yaḥsudūna n-nāsa ʿalā mā ātāhumu llāhu min faḍlihi — fa-qad ātaynā āla ibrāhīma l-kitāba wa-l-ḥikmata wa-ātaynāhum mulkan ʿaẓīmā Ou envient-ils les gens pour ce qu’Allaah leur a donné de Sa faveur (faḍl) ? Nous avons pourtant donné à la famille d’Ibrāhīm le Livre et la ḥikma, et Nous leur avons donné un mulk immense.
Notes lexicales
al-ḥikma
déjà validée (S2:129, S2:151) : racine ḥ-k-m, empêcher, contenir, tenir ferme — la faculté qui empêche l'erreur et maintient les choses dans leur ordre correct, citée ici aux côtés du Livre et du *mulk* comme un troisième don distinct.

Les deux issues · S4:55–57

S.4:55 · Croire en lui, ou s’en détourner

S.4:55
فَمِنْهُم مَّنْ آمَنَ بِهِ وَمِنْهُم مَّن صَدَّ عَنْهُ ۚ وَكَفَىٰ بِجَهَنَّمَ سَعِيرًا
Fa-minhum man āmana bihi wa-minhum man ṣadda ʿanhu — wa-kafā bi-jahannama saʿīrā Parmi eux, il en est qui ont cru en lui, et parmi eux il en est qui s’en sont détournés (ṣadda ʿanhu) — Jahannam suffit comme brasier (saʿīr).
Notes lexicales
ṣadda ʿanhu
racine ṣ-d-d : barrer, détourner de la voie — même racine que aṣ-ṣadd ʿan sabīli llāh (S2:217, S4:167, S8:47), l'une des deux manipulations nommées dans la note méthodologique de ce site : bloquer l'accès au texte par l'interposition d'une médiation entre le lecteur et lui. Ici le verbe est employé sans complément prépositionnel de manière ; il décrit un simple constat : une partie s'est détournée.

S.4:56 · Le feu et la peau renouvelée

S.4:56
إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا بِآيَاتِنَا سَوْفَ نُصْلِيهِمْ نَارًا كُلَّمَا نَضِجَتْ جُلُودُهُم بَدَّلْنَاهُمْ جُلُودًا غَيْرَهَا لِيَذُوقُوا الْعَذَابَ ۗ إِنَّ اللَّهَ كَانَ عَزِيزًا حَكِيمًا
Inna lladhīna kafarū bi-āyātinā sawfa nuṣlīhim nāran kullamā naḍijat julūduhum baddalnāhum julūdan ghayrahā li-yadhūqū l-ʿadhāb — inna llāha kāna ʿazīzan ḥakīmā Ceux qui ont commis le kufr envers Nos āyāt, Nous les ferons brûler dans un feu. Chaque fois que leurs peaux seront consumées, Nous leur en substituerons d’autres, afin qu’ils goûtent le châtiment. Allaah est, certes, ʿazīz, ḥakīm.
Notes lexicales
naḍijat / baddalnāhum
racine n-ḍ-j : arriver à cuisson, à maturité complète. Racine b-d-l : substituer, remplacer. **Ce que le texte dit précisément**, sans en atténuer ni en amplifier la portée : un renouvellement répété de la peau, associé explicitement à la persistance de la perception du châtiment (*li-yadhūqū*, « afin qu'ils goûtent ») — le mécanisme décrit est celui d'une continuité de la sensation, non d'une destruction qui y mettrait fin.

S.4:57 · Les jardins, les épouses purifiées, l’ombre pleinement ombreuse

S.4:57
وَالَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ سَنُدْخِلُهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الْأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا ۖ لَّهُمْ فِيهَا أَزْوَاجٌ مُّطَهَّرَةٌ ۖ وَنُدْخِلُهُمْ ظِلًّا ظَلِيلًا
Wa-lladhīna āmanū wa-ʿamilū ṣ-ṣāliḥāti sa-nudkhiluhum jannātin tajrī min taḥtihā l-anhāru khālidīna fīhā abadan — lahum fīhā azwājun muṭahharatun wa-nudkhiluhum ẓillan ẓalīlā Et ceux qui ont cru et ont accompli les œuvres droites (aṣ-ṣāliḥāt), Nous les ferons entrer dans des jardins sous lesquels coulent les rivières, y demeurant fixement, à jamais. Pour eux là des épouses purifiées (azwāj muṭahhara), et Nous les ferons entrer dans une ombre pleinement ombreuse.
Notes lexicales
azwājun muṭahharatun
racine ṭ-h-r : pureté d'intégrité, distincte de la racine z-k-w (croissance-pureté) déjà rencontrée en S4:49. Ici à la forme intensive passive (*muṭahhara*, « rendue pure ») — le texte qualifie les épouses elles-mêmes sans préciser de quoi précisément elles sont purifiées ; **non-dit** que ce site laisse en l'état plutôt que de le combler par un import extérieur.
ẓillan ẓalīlan
construction emphatique arabe (adjectif de même racine que son substantif, ẓ-l-l) : une ombre qualifiée par sa propre racine intensifiée — « une ombre qui est pleinement, véritablement ombre ». Le français ne dispose pas d'un procédé strictement équivalent ; rendu par la périphrase « pleinement ombreuse » pour porter l'intensité de la figure plutôt que par une simple répétition du mot « ombre ».

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