Structure du Bloc II. Le rappel du niʿma et du mīthāq pris envers les croyants eux-mêmes, puis l’appel à être fermement établis dans le qisṭ sans que la haine ne fasse dévier de la justice — écho direct au shanaʾān déjà nommé en S5:2 (S5:7–8) ; la promesse pour ceux qui croient et agissent droitement, la menace pour ceux qui rejettent et démentent (S5:9–10) ; un second rappel du niʿma, cette fois face à un complot déjoué (S5:11) ; le mīthāq pris des Banū Isrāʾīl, ses conditions, sa rupture et son effet sur les cœurs (S5:12–13) ; le mīthāq pris de ceux qui ont dit « nous sommes naṣārā », rompu de la même manière (S5:14) ; la clôture sur l’ahl al-kitāb — un nūr et un kitāb mubīn venus d’Allaah, guidant vers les subul as-salām (S5:15–16).

Sommaire du bloc

Réf. Titre thématique
S.5:7 Le rappel du niʿma et du mīthāq envers les croyants eux-mêmes
S.5:8 Qawwāmīn pour Allaah dans le qisṭ — la haine ne doit pas empêcher la justice
S.5:9–10 La promesse du pardon — la menace du jaḥīm
S.5:11 Le rappel du niʿma face à un complot déjoué
S.5:12–13 Le mīthāq des Banū Isrāʾīl — sa rupture, les cœurs durcis
S.5:14 Le mīthāq de ceux qui ont dit « nous sommes naṣārā » — sa rupture
S.5:15–16 Un nūr et un kitāb mubīn — les subul as-salām

Le rappel du niʿma et du mīthāq — la justice envers ceux qu’on hait · S5:7–8

S.5:7 · Le rappel du niʿma et du mīthāq envers les croyants eux-mêmes

S.5:7
وَاذْكُرُوا نِعْمَةَ اللَّهِ عَلَيْكُمْ وَمِيثَاقَهُ الَّذِي وَاثَقَكُمْ بِهِ إِذْ قُلْتُمْ سَمِعْنَا وَأَطَعْنَا ۖ وَاتَّقُوا اللَّهَ ۚ إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ بِذَاتِ الصُّدُورِ
Wa-dhkurū niʿmata llāhi ʿalaykum wa-mīthāqahu lladhī wāthaqakum bihi idh qultum samiʿnā wa-aṭaʿnā — wa-ttaqu llāh — inna llāha ʿalīmun bi-dhāti ṣ-ṣudūr Et rappelez-vous le bienfait (niʿma) d’Allaah sur vous, et Son mīthāq par lequel Il vous a liés, quand vous avez dit : « Nous avons entendu et nous avons obéi » (samiʿnā wa-aṭaʿnā) — prémunissez-vous d’Allaah — Allaah est ʿAlīm de ce qui est au fond des poitrines (bi-dhāti ṣ-ṣudūr).
Notes lexicales
mīthāqahu lladhī wāthaqakum bihi
construction réfléchie sur la racine *w-th-q* (lier fermement, sceller) : le *mīthāq* lui-même est désigné comme ce par quoi Allaah vous a liés. Dit : le texte identifie explicitement le contenu concret de ce *mīthāq* — la parole « nous avons entendu et nous avons obéi ». Non-dit : aucune circonstance précise (moment, lieu) n'est donnée pour cet engagement.
bi-dhāti ṣ-ṣudūr
racine *ṣ-d-r* : la poitrine, siège de ce qui est intérieur et retenu. Ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah ici : une connaissance de ce que recèle l'intériorité humaine, sans que le texte précise le mode de cette connaissance.

S.5:8 · Qawwāmīn pour Allaah dans le qisṭ — la haine ne doit pas empêcher la justice

S.5:8
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُونُوا قَوَّامِينَ لِلَّهِ شُهَدَاءَ بِالْقِسْطِ ۖ وَلَا يَجْرِمَنَّكُمْ شَنَآنُ قَوْمٍ عَلَىٰ أَلَّا تَعْدِلُوا ۚ اعْدِلُوا هُوَ أَقْرَبُ لِلتَّقْوَىٰ ۖ وَاتَّقُوا اللَّهَ ۚ إِنَّ اللَّهَ خَبِيرٌ بِمَا تَعْمَلُونَ
Yā ayyuhā lladhīna āmanū kūnū qawwāmīna li-llāhi shuhadāʾa bi-l-qisṭi — wa-lā yajrimannakum shanaʾānu qawmin ʿalā allā taʿdilū — iʿdilū huwa aqrabu li-t-taqwā — wa-ttaqu llāh — inna llāha khabīrun bimā taʿmalūn Ô vous qui avez cru, soyez fermement établis (qawwāmīn) pour Allaah, témoins avec le qisṭ (l’exacte répartition) — et que la haine (shanaʾān) envers un peuple ne vous entraîne pas à ne plus être justes (allā taʿdilū). Soyez justes (iʿdilū) : c’est plus proche de la taqwā. Et prémunissez-vous d’Allaah — Allaah est Khabīr de ce que vous faites.
Notes lexicales
qawwāmīna li-llāhi shuhadāʾa bi-l-qisṭ
Cohérence intra-coranique : formule quasi jumelle de S4:135 (« *kūnū qawwāmīna bi-l-qisṭi shuhadāʾa li-llāh* », Bloc IX de Sourate 4) — les deux compléments (*li-llāh*, *bi-l-qisṭ*) y sont simplement permutés. Même exigence double posée deux fois dans le corpus : une tenue ferme, et pour Allaah, et dans le *qisṭ* — sans que ce contraste d'ordre ne change, dans l'un ou l'autre verset, la portée de l'exigence elle-même.
shanaʾānu qawmin
même terme qu'en S5:2 (Bloc I), déjà appliqué à la haine envers « un peuple » qui avait barré l'accès à la Mosquée sacrée, avec la même mise en garde : ne pas la laisser conduire à *taʿtadū* (transgresser). Cohérence intra-coranique : le texte applique ici le même principe à un autre risque, dans la même sourate — que la haine empêche l'équité (*taʿdilū*), plutôt que de pousser à la transgression. Deux applications distinctes d'un même principe, non deux principes différents.
taʿdilū / al-qisṭ
même distinction que celle déjà posée en S4:3 (Bloc I de Sourate 4) entre *ʿadl* (racine *ʿ-d-l*, l'équilibre) et *qisṭ* (racine *q-s-ṭ*, la répartition juste) : le texte n'emploie pas indifféremment les deux racines — inférence : la portée exacte de cette distinction lexicale, au-delà de leur proximité de sens, n'est pas développée par ce seul verset.

La promesse et la menace · S5:9–10

S.5:9–10 · La promesse du pardon — la menace du jaḥīm

S.5:9–10
وَعَدَ اللَّهُ الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ ۙ لَهُمْ مَغْفِرَةٌ وَأَجْرٌ عَظِيمٌ ۝ وَالَّذِينَ كَفَرُوا وَكَذَّبُوا بِآيَاتِنَا أُولَٰئِكَ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ
Waʿada llāhu lladhīna āmanū wa-ʿamilū ṣ-ṣāliḥāti — lahum maghfiratun wa-ajrun ʿaẓīm · Wa-lladhīna kafarū wa-kadhdhabū bi-āyātinā ulāʾika aṣḥābu l-jaḥīm Allaah a promis à ceux qui ont cru et fait ce qui est droit — à eux un pardon (maghfira) et une rétribution immense. Et ceux qui ont rejeté (kafarū) et démenti Nos āyāt, ceux-là sont les compagnons du jaḥīm.
Notes lexicales
aṣḥābu l-jaḥīm
racine *j-ḥ-m* : le feu qui brûle intensément, à la flamme ardente. Déjà rencontré, sous une autre désignation du feu (*an-nār*), en S2:257 (« *ulāʾika aṣḥābu n-nār* »). Non-dit : ce seul verset ne précise pas si *jaḥīm* et *nār* désignent une même réalité sous deux noms, ou des degrés distincts — le texte emploie ici le terme *jaḥīm* sans le développer davantage.

Le rappel du niʿma face à un complot déjoué · S5:11

S.5:11 · Le rappel du niʿma face à un complot déjoué

S.5:11
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اذْكُرُوا نِعْمَتَ اللَّهِ عَلَيْكُمْ إِذْ هَمَّ قَوْمٌ أَنْ يَبْسُطُوا إِلَيْكُمْ أَيْدِيَهُمْ فَكَفَّ أَيْدِيَهُمْ عَنْكُمْ ۖ وَاتَّقُوا اللَّهَ ۚ وَعَلَى اللَّهِ فَلْيَتَوَكَّلِ الْمُؤْمِنُونَ
Yā ayyuhā lladhīna āmanū dhkurū niʿmata llāhi ʿalaykum idh hamma qawmun an yabsuṭū ilaykum aydiyahum fa-kaffa aydiyahum ʿankum — wa-ttaqu llāh — wa-ʿalā llāhi fa-l-yatawakkali l-muʾminūn Ô vous qui avez cru, rappelez-vous le bienfait d’Allaah sur vous, quand un peuple résolut de porter la main sur vous (an yabsuṭū ilaykum aydiyahum), et qu’Il a retenu leurs mains loin de vous — prémunissez-vous d’Allaah, et c’est sur Allaah que les croyants doivent s’en remettre (fa-l-yatawakkali).
Notes lexicales
idh hamma qawmun
racine *h-m-m* : former une résolution, se disposer à agir. Non-dit : aucune identité précise n'est donnée pour ce « peuple », ni aucune circonstance datée — le texte nomme seulement la résolution (*hamma*) et son échec (*fa-kaffa*, « Il a retenu »).
fa-l-yatawakkali l-muʾminūn
même formule de clôture qu'en S3:122 (déjà rencontrée dans ce projet) — racine *w-k-l* : remettre une affaire à quelqu'un d'autre pour son issue, confiance active et non passivité.

Le mīthāq des Banū Isrāʾīl et sa rupture · S5:12–13

S.5:12 · Le mīthāq des Banū Isrāʾīl — ses conditions

S.5:12
۞ وَلَقَدْ أَخَذَ اللَّهُ مِيثَاقَ بَنِي إِسْرَائِيلَ وَبَعَثْنَا مِنْهُمُ اثْنَيْ عَشَرَ نَقِيبًا ۖ وَقَالَ اللَّهُ إِنِّي مَعَكُمْ ۖ لَئِنْ أَقَمْتُمُ الصَّلَاةَ وَآتَيْتُمُ الزَّكَاةَ وَآمَنْتُمْ بِرُسُلِي وَعَزَّرْتُمُوهُمْ وَأَقْرَضْتُمُ اللَّهَ قَرْضًا حَسَنًا لَأُكَفِّرَنَّ عَنْكُمْ سَيِّئَاتِكُمْ وَلَأُدْخِلَنَّكُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِنْ تَحْتِهَا الْأَنْهَارُ ۚ فَمَنْ كَفَرَ بَعْدَ ذَٰلِكَ مِنْكُمْ فَقَدْ ضَلَّ سَوَاءَ السَّبِيلِ
Wa-la-qad akhadha llāhu mīthāqa banī isrāʾīla wa-baʿathnā minhumu thnay ʿashara naqībā — wa-qāla llāhu innī maʿakum — la-in aqamtumu ṣ-ṣalāta wa-ātaytumu z-zakāta wa-āmantum bi-rusulī wa-ʿazzartumūhum wa-aqraḍtumu llāha qarḍan ḥasanan la-ukaffiranna ʿankum sayyiʾātikum wa-la-udkhilannakum jannātin tajrī min taḥtihā l-anhāru — fa-man kafara baʿda dhālika minkum fa-qad ḍalla sawāʾa s-sabīl Allaah a certes pris le mīthāq des Banū Isrāʾīl, et Nous avons suscité parmi eux douze naqīb (répondants désignés). Allaah a dit : « Je suis avec vous. Si vous établissez la ṣalāt, donnez la zakāt, croyez en Mes rusul et les soutenez fermement (ʿazzartumūhum), et faites à Allaah un beau prêt (qarḍan ḥasanan), J’effacerai assurément pour vous vos fautes, et Je vous ferai assurément entrer dans des jardins sous lesquels coulent les rivières. Quiconque, parmi vous, rejette après cela, s’est certes égaré loin du milieu du chemin (ḍalla sawāʾa s-sabīl). »
Notes lexicales
naqīban
racine *n-q-b* : percer, sonder, examiner en profondeur — d'où le *naqīb*, celui qui est chargé de scruter et de répondre pour un groupe. Non-dit : ce verset ne précise pas ici le rôle exact assigné à ces douze *naqīb*, au-delà de leur désignation.
ʿazzartumūhum
racine *ʿ-z-r* : soutenir fermement, renforcer, faire rempart autour de quelqu'un — distinct d'un simple assentiment verbal ; le texte pose ici un soutien actif envers les *rusul*, aux côtés de la croyance en eux.
qarḍan ḥasanan
Cohérence intra-coranique : même formule qu'en S2:245 (« *man dhā lladhī yuqriḍu llāha qarḍan ḥasanan* », déjà rencontrée dans ce projet) — le « beau prêt » fait à Allaah.
la-ukaffiranna ʿankum sayyiʾātikum wa-la-udkhilannakum jannātin tajrī min taḥtihā l-anhār
Cohérence intra-coranique : formule quasi identique à S3:195 (déjà rencontrée dans ce projet : « *la-ukaffiranna ʿanhum sayyiʾātihim wa-la-udkhilannahum jannātin tajrī min taḥtihā l-anhāru* ») — le même couple rétributif (effacement des fautes, entrée dans des jardins irrigués) revient d'un contexte à l'autre.
ḍalla sawāʾa s-sabīl
Cohérence intra-coranique : même expression, rendue par la même formule, qu'en S2:108 (déjà rencontrée dans ce projet : « *s'est égaré loin du milieu du chemin* ») — *sawāʾ*, l'axe médian, le point central d'un chemin ; s'en égarer, c'est quitter cet axe, non simplement « se tromper ».

S.5:13 · La rupture du mīthāq — les cœurs durcis

S.5:13
فَبِمَا نَقْضِهِمْ مِيثَاقَهُمْ لَعَنَّاهُمْ وَجَعَلْنَا قُلُوبَهُمْ قَاسِيَةً ۖ يُحَرِّفُونَ الْكَلِمَ عَنْ مَوَاضِعِهِ ۙ وَنَسُوا حَظًّا مِمَّا ذُكِّرُوا بِهِ ۚ وَلَا تَزَالُ تَطَّلِعُ عَلَىٰ خَائِنَةٍ مِنْهُمْ إِلَّا قَلِيلًا مِنْهُمْ ۖ فَاعْفُ عَنْهُمْ وَاصْفَحْ ۚ إِنَّ اللَّهَ يُحِبُّ الْمُحْسِنِينَ
Fa-bimā naqḍihim mīthāqahum laʿannāhum wa-jaʿalnā qulūbahum qāsiyatan — yuḥarrifūna l-kalima ʿan mawāḍiʿihi wa-nasū ḥaẓẓan mimmā dhukkirū bihi — wa-lā tazālu taṭṭaliʿu ʿalā khāʾinatin minhum illā qalīlan minhum — fa-ʿfu ʿanhum wa-ṣfaḥ — inna llāha yuḥibbu l-muḥsinīn Alors, pour avoir rompu leur mīthāq, Nous les avons éloignés [de Notre raḥma] (laʿannāhum) et avons rendu leurs cœurs durs (qāsiya) — ils déplacent les mots (yuḥarrifūna l-kalima) hors de leurs positions [véritables], et ils ont oublié une part de ce qui leur avait été rappelé. Tu ne cesseras de découvrir chez eux une trahison (khāʾina), sauf un petit nombre d’entre eux — pardonne-leur donc et passe outre (fa-ʿfu ʿanhum wa-ṣfaḥ) — Allaah aime les muḥsinūn.
Notes lexicales
fa-bimā naqḍihim mīthāqahum
Cohérence intra-coranique : reprise à l'identique de la formule employée en S4:155 (Bloc X de Sourate 4, déjà rencontrée dans ce projet) pour introduire, dans les deux cas, une liste de conséquences attribuées à la rupture d'un *mīthāq*.
laʿannāhum
racine *l-ʿ-n* : éloigner, exclure — traduit ici « éloigner [de la *raḥma*] », conformément à l'usage déjà posé dans ce projet en S2:89–93 et S4:93 (« *laʿanahu* », l'a éloigné). Le terme n'est jamais rendu par une formule qui prêterait à Allaah un sentiment d'hostilité — il désigne un acte d'exclusion, non une émotion.
qulūbahum qāsiyatan
racine *q-s-w* : la dureté, la rigidité. Cohérence intra-coranique : même racine qu'en S2:74 (déjà rencontrée dans ce projet : « *qasat qulūbukum min baʿdi dhālika* », à propos des mêmes Banū Isrāʾīl, après un autre épisode de rupture) — le durcissement du cœur est, dans les deux passages, posé comme une conséquence qui suit la rupture d'un engagement, non comme une cause première.
yuḥarrifūna l-kalima ʿan mawāḍiʿihi
même racine *ḥ-r-f* qu'en S2:75 (déjà rencontrée dans ce projet) : dévier, faire pencher vers un bord — *taḥrīf*, le déplacement du sens qui conserve l'apparence de l'original tout en le faisant glisser hors de sa position. Non-dit : ni ce verset ni S2:75 ne précisent le mécanisme concret de ce déplacement (oral, écrit, ou les deux).
khāʾinatin
même racine *kh-w-n* qu'*al-khāʾinīn* en S4:105 (déjà rencontrée dans ce projet), mais ici au féminin singulier indéfini (*khāʾina*) — non un groupe de personnes qualifiées de traîtres, mais un acte, une instance ponctuelle de trahison. Le verset qualifie explicitement le sort d'un « petit nombre » comme exception.
fa-ʿfu ʿanhum wa-ṣfaḥ
*al-ʿafw* (racine *ʿ-f-w*, ici au sens premier de lever ce qui pesait — sens distinct de l'emploi dérivé de S2:219, où le même terme désignait le surplus) et *ṣafḥ* (se détourner sans poursuivre). Dit : une instruction adressée [au *nabī* Muḥammad] de ne pas poursuivre la faute constatée, sans qu'une abrogation de cette instruction par un verset postérieur ne soit indiquée dans ce seul passage.

Le mīthāq des Naṣārā et sa rupture · S5:14

S.5:14 · Le mīthāq de ceux qui ont dit « nous sommes naṣārā »

S.5:14
وَمِنَ الَّذِينَ قَالُوا إِنَّا نَصَارَىٰ أَخَذْنَا مِيثَاقَهُمْ فَنَسُوا حَظًّا مِمَّا ذُكِّرُوا بِهِ فَأَغْرَيْنَا بَيْنَهُمُ الْعَدَاوَةَ وَالْبَغْضَاءَ إِلَىٰ يَوْمِ الْقِيَامَةِ ۚ وَسَوْفَ يُنَبِّئُهُمُ اللَّهُ بِمَا كَانُوا يَصْنَعُونَ
Wa-mina lladhīna qālū innā naṣārā akhadhnā mīthāqahum fa-nasū ḥaẓẓan mimmā dhukkirū bihi fa-aghraynā baynahumu l-ʿadāwata wa-l-baghḍāʾa ilā yawmi l-qiyāmati — wa-sawfa yunabbiʾuhumu llāhu bimā kānū yaṣnaʿūn Et parmi ceux qui ont dit : « Nous sommes naṣārā », Nous avons pris leur mīthāq — mais ils ont oublié une part de ce qui leur avait été rappelé ; Nous avons alors suscité entre eux l’inimitié (al-ʿadāwa) et la haine profonde (al-baghḍāʾ), jusqu’au Jour de la Résurrection. Allaah les informera de ce qu’ils faisaient.
Notes lexicales
wa-mina lladhīna qālū innā naṣārā
Dit : la particule *min* (« parmi ») restreint explicitement la portée du propos — non « les *naṣārā* » comme totalité, mais un sous-ensemble de ceux qui se sont dits tels. Même terme *naṣārā* qu'en S2:62 (déjà rencontré dans ce projet), conservé en translittération.
fa-nasū ḥaẓẓan mimmā dhukkirū bihi
reprise à l'identique de la formule employée au verset précédent (S5:13) pour les Banū Isrāʾīl. Cohérence intra-coranique : le même défaut — oublier une part de ce qui a été rappelé — est attribué aux deux groupes par une formule strictement identique.
fa-aghraynā baynahumu l-ʿadāwata wa-l-baghḍāʾa
racine *gh-r-y*, forme IV (*aghrā*) : faire naître, exciter une disposition entre deux parties. Dit : le texte attribue explicitement l'apparition de cette inimitié durable (*al-ʿadāwa*) et de cette haine profonde (*al-baghḍāʾ*) à un acte — « Nous avons suscité » — consécutif à l'oubli qui précède. Non-dit : ce verset ne détaille pas le mécanisme historique concret par lequel cette inimitié s'est manifestée, ni les groupes précis qu'elle oppose au sein de ceux visés.

Un nūr et un kitāb mubīn — les subul as-salām · S5:15–16

S.5:15–16 · Un nūr et un kitāb mubīn — les subul as-salām

S.5:15–16
يَا أَهْلَ الْكِتَابِ قَدْ جَاءَكُمْ رَسُولُنَا يُبَيِّنُ لَكُمْ كَثِيرًا مِمَّا كُنتُمْ تُخْفُونَ مِنَ الْكِتَابِ وَيَعْفُو عَنْ كَثِيرٍ ۚ قَدْ جَاءَكُمْ مِنَ اللَّهِ نُورٌ وَكِتَابٌ مُبِينٌ ۝ يَهْدِي بِهِ اللَّهُ مَنِ اتَّبَعَ رِضْوَانَهُ سُبُلَ السَّلَامِ وَيُخْرِجُهُمْ مِنَ الظُّلُمَاتِ إِلَى النُّورِ بِإِذْنِهِ وَيَهْدِيهِمْ إِلَىٰ صِرَاطٍ مُسْتَقِيمٍ
Yā ahla l-kitābi qad jāʾakum rasūlunā yubayyinu lakum kathīran mimmā kuntum tukhfūna mina l-kitābi wa-yaʿfū ʿan kathīr — qad jāʾakum mina llāhi nūrun wa-kitābun mubīn · Yahdī bihi llāhu mani ttabaʿa riḍwānahu subula s-salāmi wa-yukhrijuhum mina ẓ-ẓulumāti ilā n-nūri bi-idhnihi wa-yahdīhim ilā ṣirāṭin mustaqīm Ô ahl al-kitāb, Notre rasūl vous est certes venu, vous clarifiant (yubayyinu) beaucoup de ce que vous dissimuliez (tukhfūna) du Livre, et passant sur beaucoup [d’autre] (yaʿfū ʿan kathīr) — une lumière (nūr) et un Livre explicite (kitāb mubīn) vous sont certes venus de la part d’Allaah. Par lui, Allaah guide quiconque suit Son agrément (riḍwānahu) vers les chemins de la paix (subul as-salām), les fait sortir des ténèbres (aẓ-ẓulumāt) vers la lumière (an-nūr) avec Sa permission (bi-idhnihi), et les guide vers un chemin droit (ṣirāṭ mustaqīm).
Notes lexicales
yubayyinu lakum kathīran mimmā kuntum tukhfūna
Dit : le texte affirme une dissimulation réelle (*tukhfūna*, racine *kh-f-y*) d'une partie du Livre. Non-dit : le contenu précis de ce qui était dissimulé n'est pas nommé dans ce verset.
yaʿfū ʿan kathīr
même racine *ʿ-f-w* qu'en S5:13 (« *fa-ʿfu ʿanhum* »), au sens premier de laisser de côté sans poursuivre — distinct de l'emploi dérivé en S2:219 (le surplus disponible). Non-dit : ce qui est « passé outre » n'est pas nommé ici non plus.
subula s-salām
première occurrence de cette expression exacte dans le corpus traduit sur ce site. Racine *s-l-m*, la même que celle d'*al-islām* (voir la note posée en S3:19 et reprise en S5:3, Bloc I) : ce qui est intègre, préservé, en paix. Non-dit : le pluriel (« chemins », *subul*) n'est pas développé davantage par ce seul verset.
yukhrijuhum mina ẓ-ẓulumāti ilā n-nūri bi-idhnihi
Cohérence intra-coranique : image quasi identique à S2:257 (déjà rencontrée dans ce projet : « *Allāhu Walīyu lladhīna āmanū yukhrijuhum mina l-ẓulumāti ilā l-nūr* »), avec ici l'ajout *bi-idhnihi* (« avec Sa permission »).
riḍwānahu
même terme qu'en S5:2 (Bloc I) : « *yabtaghūna faḍlan min rabbihim wa-riḍwānā* » — l'agrément recherché par ceux qui se dirigent vers la Maison sacrée, ici repris comme ce que suit quiconque est guidé.

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