Structure du Bloc II. Le rappel du niʿma et du mīthāq pris envers les croyants eux-mêmes, puis l’appel à être fermement établis dans le qisṭ sans que la haine ne fasse dévier de la justice — écho direct au shanaʾān déjà nommé en S5:2 (S5:7–8) ; la promesse pour ceux qui croient et agissent droitement, la menace pour ceux qui rejettent et démentent (S5:9–10) ; un second rappel du niʿma, cette fois face à un complot déjoué (S5:11) ; le mīthāq pris des Banū Isrāʾīl, ses conditions, sa rupture et son effet sur les cœurs (S5:12–13) ; le mīthāq pris de ceux qui ont dit « nous sommes naṣārā », rompu de la même manière (S5:14) ; la clôture sur l’ahl al-kitāb — un nūr et un kitāb mubīn venus d’Allaah, guidant vers les subul as-salām (S5:15–16).
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.5:7 | Le rappel du niʿma et du mīthāq envers les croyants eux-mêmes |
| S.5:8 | Qawwāmīn pour Allaah dans le qisṭ — la haine ne doit pas empêcher la justice |
| S.5:9–10 | La promesse du pardon — la menace du jaḥīm |
| S.5:11 | Le rappel du niʿma face à un complot déjoué |
| S.5:12–13 | Le mīthāq des Banū Isrāʾīl — sa rupture, les cœurs durcis |
| S.5:14 | Le mīthāq de ceux qui ont dit « nous sommes naṣārā » — sa rupture |
| S.5:15–16 | Un nūr et un kitāb mubīn — les subul as-salām |
Le rappel du niʿma et du mīthāq — la justice envers ceux qu’on hait · S5:7–8
S.5:7 · Le rappel du niʿma et du mīthāq envers les croyants eux-mêmes
- mīthāqahu lladhī wāthaqakum bihi
- construction réfléchie sur la racine *w-th-q* (lier fermement, sceller) : le *mīthāq* lui-même est désigné comme ce par quoi Allaah vous a liés. Dit : le texte identifie explicitement le contenu concret de ce *mīthāq* — la parole « nous avons entendu et nous avons obéi ». Non-dit : aucune circonstance précise (moment, lieu) n'est donnée pour cet engagement.
- bi-dhāti ṣ-ṣudūr
- racine *ṣ-d-r* : la poitrine, siège de ce qui est intérieur et retenu. Ce que l'on peut dire lorsqu'on parle d'Allaah ici : une connaissance de ce que recèle l'intériorité humaine, sans que le texte précise le mode de cette connaissance.
S.5:8 · Qawwāmīn pour Allaah dans le qisṭ — la haine ne doit pas empêcher la justice
- qawwāmīna li-llāhi shuhadāʾa bi-l-qisṭ
- Cohérence intra-coranique : formule quasi jumelle de S4:135 (« *kūnū qawwāmīna bi-l-qisṭi shuhadāʾa li-llāh* », Bloc IX de Sourate 4) — les deux compléments (*li-llāh*, *bi-l-qisṭ*) y sont simplement permutés. Même exigence double posée deux fois dans le corpus : une tenue ferme, et pour Allaah, et dans le *qisṭ* — sans que ce contraste d'ordre ne change, dans l'un ou l'autre verset, la portée de l'exigence elle-même.
- shanaʾānu qawmin
- même terme qu'en S5:2 (Bloc I), déjà appliqué à la haine envers « un peuple » qui avait barré l'accès à la Mosquée sacrée, avec la même mise en garde : ne pas la laisser conduire à *taʿtadū* (transgresser). Cohérence intra-coranique : le texte applique ici le même principe à un autre risque, dans la même sourate — que la haine empêche l'équité (*taʿdilū*), plutôt que de pousser à la transgression. Deux applications distinctes d'un même principe, non deux principes différents.
- taʿdilū / al-qisṭ
- même distinction que celle déjà posée en S4:3 (Bloc I de Sourate 4) entre *ʿadl* (racine *ʿ-d-l*, l'équilibre) et *qisṭ* (racine *q-s-ṭ*, la répartition juste) : le texte n'emploie pas indifféremment les deux racines — inférence : la portée exacte de cette distinction lexicale, au-delà de leur proximité de sens, n'est pas développée par ce seul verset.
La promesse et la menace · S5:9–10
S.5:9–10 · La promesse du pardon — la menace du jaḥīm
- aṣḥābu l-jaḥīm
- racine *j-ḥ-m* : le feu qui brûle intensément, à la flamme ardente. Déjà rencontré, sous une autre désignation du feu (*an-nār*), en S2:257 (« *ulāʾika aṣḥābu n-nār* »). Non-dit : ce seul verset ne précise pas si *jaḥīm* et *nār* désignent une même réalité sous deux noms, ou des degrés distincts — le texte emploie ici le terme *jaḥīm* sans le développer davantage.
Le rappel du niʿma face à un complot déjoué · S5:11
S.5:11 · Le rappel du niʿma face à un complot déjoué
- idh hamma qawmun
- racine *h-m-m* : former une résolution, se disposer à agir. Non-dit : aucune identité précise n'est donnée pour ce « peuple », ni aucune circonstance datée — le texte nomme seulement la résolution (*hamma*) et son échec (*fa-kaffa*, « Il a retenu »).
- fa-l-yatawakkali l-muʾminūn
- même formule de clôture qu'en S3:122 (déjà rencontrée dans ce projet) — racine *w-k-l* : remettre une affaire à quelqu'un d'autre pour son issue, confiance active et non passivité.
Le mīthāq des Banū Isrāʾīl et sa rupture · S5:12–13
S.5:12 · Le mīthāq des Banū Isrāʾīl — ses conditions
- naqīban
- racine *n-q-b* : percer, sonder, examiner en profondeur — d'où le *naqīb*, celui qui est chargé de scruter et de répondre pour un groupe. Non-dit : ce verset ne précise pas ici le rôle exact assigné à ces douze *naqīb*, au-delà de leur désignation.
- ʿazzartumūhum
- racine *ʿ-z-r* : soutenir fermement, renforcer, faire rempart autour de quelqu'un — distinct d'un simple assentiment verbal ; le texte pose ici un soutien actif envers les *rusul*, aux côtés de la croyance en eux.
- qarḍan ḥasanan
- Cohérence intra-coranique : même formule qu'en S2:245 (« *man dhā lladhī yuqriḍu llāha qarḍan ḥasanan* », déjà rencontrée dans ce projet) — le « beau prêt » fait à Allaah.
- la-ukaffiranna ʿankum sayyiʾātikum wa-la-udkhilannakum jannātin tajrī min taḥtihā l-anhār
- Cohérence intra-coranique : formule quasi identique à S3:195 (déjà rencontrée dans ce projet : « *la-ukaffiranna ʿanhum sayyiʾātihim wa-la-udkhilannahum jannātin tajrī min taḥtihā l-anhāru* ») — le même couple rétributif (effacement des fautes, entrée dans des jardins irrigués) revient d'un contexte à l'autre.
- ḍalla sawāʾa s-sabīl
- Cohérence intra-coranique : même expression, rendue par la même formule, qu'en S2:108 (déjà rencontrée dans ce projet : « *s'est égaré loin du milieu du chemin* ») — *sawāʾ*, l'axe médian, le point central d'un chemin ; s'en égarer, c'est quitter cet axe, non simplement « se tromper ».
S.5:13 · La rupture du mīthāq — les cœurs durcis
- fa-bimā naqḍihim mīthāqahum
- Cohérence intra-coranique : reprise à l'identique de la formule employée en S4:155 (Bloc X de Sourate 4, déjà rencontrée dans ce projet) pour introduire, dans les deux cas, une liste de conséquences attribuées à la rupture d'un *mīthāq*.
- laʿannāhum
- racine *l-ʿ-n* : éloigner, exclure — traduit ici « éloigner [de la *raḥma*] », conformément à l'usage déjà posé dans ce projet en S2:89–93 et S4:93 (« *laʿanahu* », l'a éloigné). Le terme n'est jamais rendu par une formule qui prêterait à Allaah un sentiment d'hostilité — il désigne un acte d'exclusion, non une émotion.
- qulūbahum qāsiyatan
- racine *q-s-w* : la dureté, la rigidité. Cohérence intra-coranique : même racine qu'en S2:74 (déjà rencontrée dans ce projet : « *qasat qulūbukum min baʿdi dhālika* », à propos des mêmes Banū Isrāʾīl, après un autre épisode de rupture) — le durcissement du cœur est, dans les deux passages, posé comme une conséquence qui suit la rupture d'un engagement, non comme une cause première.
- yuḥarrifūna l-kalima ʿan mawāḍiʿihi
- même racine *ḥ-r-f* qu'en S2:75 (déjà rencontrée dans ce projet) : dévier, faire pencher vers un bord — *taḥrīf*, le déplacement du sens qui conserve l'apparence de l'original tout en le faisant glisser hors de sa position. Non-dit : ni ce verset ni S2:75 ne précisent le mécanisme concret de ce déplacement (oral, écrit, ou les deux).
- khāʾinatin
- même racine *kh-w-n* qu'*al-khāʾinīn* en S4:105 (déjà rencontrée dans ce projet), mais ici au féminin singulier indéfini (*khāʾina*) — non un groupe de personnes qualifiées de traîtres, mais un acte, une instance ponctuelle de trahison. Le verset qualifie explicitement le sort d'un « petit nombre » comme exception.
- fa-ʿfu ʿanhum wa-ṣfaḥ
- *al-ʿafw* (racine *ʿ-f-w*, ici au sens premier de lever ce qui pesait — sens distinct de l'emploi dérivé de S2:219, où le même terme désignait le surplus) et *ṣafḥ* (se détourner sans poursuivre). Dit : une instruction adressée [au *nabī* Muḥammad] de ne pas poursuivre la faute constatée, sans qu'une abrogation de cette instruction par un verset postérieur ne soit indiquée dans ce seul passage.
Le mīthāq des Naṣārā et sa rupture · S5:14
S.5:14 · Le mīthāq de ceux qui ont dit « nous sommes naṣārā »
- wa-mina lladhīna qālū innā naṣārā
- Dit : la particule *min* (« parmi ») restreint explicitement la portée du propos — non « les *naṣārā* » comme totalité, mais un sous-ensemble de ceux qui se sont dits tels. Même terme *naṣārā* qu'en S2:62 (déjà rencontré dans ce projet), conservé en translittération.
- fa-nasū ḥaẓẓan mimmā dhukkirū bihi
- reprise à l'identique de la formule employée au verset précédent (S5:13) pour les Banū Isrāʾīl. Cohérence intra-coranique : le même défaut — oublier une part de ce qui a été rappelé — est attribué aux deux groupes par une formule strictement identique.
- fa-aghraynā baynahumu l-ʿadāwata wa-l-baghḍāʾa
- racine *gh-r-y*, forme IV (*aghrā*) : faire naître, exciter une disposition entre deux parties. Dit : le texte attribue explicitement l'apparition de cette inimitié durable (*al-ʿadāwa*) et de cette haine profonde (*al-baghḍāʾ*) à un acte — « Nous avons suscité » — consécutif à l'oubli qui précède. Non-dit : ce verset ne détaille pas le mécanisme historique concret par lequel cette inimitié s'est manifestée, ni les groupes précis qu'elle oppose au sein de ceux visés.
Un nūr et un kitāb mubīn — les subul as-salām · S5:15–16
S.5:15–16 · Un nūr et un kitāb mubīn — les subul as-salām
- yubayyinu lakum kathīran mimmā kuntum tukhfūna
- Dit : le texte affirme une dissimulation réelle (*tukhfūna*, racine *kh-f-y*) d'une partie du Livre. Non-dit : le contenu précis de ce qui était dissimulé n'est pas nommé dans ce verset.
- yaʿfū ʿan kathīr
- même racine *ʿ-f-w* qu'en S5:13 (« *fa-ʿfu ʿanhum* »), au sens premier de laisser de côté sans poursuivre — distinct de l'emploi dérivé en S2:219 (le surplus disponible). Non-dit : ce qui est « passé outre » n'est pas nommé ici non plus.
- subula s-salām
- première occurrence de cette expression exacte dans le corpus traduit sur ce site. Racine *s-l-m*, la même que celle d'*al-islām* (voir la note posée en S3:19 et reprise en S5:3, Bloc I) : ce qui est intègre, préservé, en paix. Non-dit : le pluriel (« chemins », *subul*) n'est pas développé davantage par ce seul verset.
- yukhrijuhum mina ẓ-ẓulumāti ilā n-nūri bi-idhnihi
- Cohérence intra-coranique : image quasi identique à S2:257 (déjà rencontrée dans ce projet : « *Allāhu Walīyu lladhīna āmanū yukhrijuhum mina l-ẓulumāti ilā l-nūr* »), avec ici l'ajout *bi-idhnihi* (« avec Sa permission »).
- riḍwānahu
- même terme qu'en S5:2 (Bloc I) : « *yabtaghūna faḍlan min rabbihim wa-riḍwānā* » — l'agrément recherché par ceux qui se dirigent vers la Maison sacrée, ici repris comme ce que suit quiconque est guidé.