Structure du Bloc IV. Quatre ensembles, tous rattachés au principe posé en S5:32 (la vie humaine, l’exception du talion et du fasād) qui les précède immédiatement dans ce Projet. D’abord la sentence contre la muḥāraba et le fasād fī l-arḍ, assortie d’une exception explicite pour qui revient avant d’être appréhendé (S5:33–34). Puis un appel à la taqwā, à la recherche d’un moyen de rapprochement (al-wasīla) et à l’effort (jihād) sur le chemin d’Allaah (S5:35). Puis l’affirmation qu’aucune rançon, fût-elle la terre entière, ne saurait racheter du châtiment ceux qui ont commis le kufr (S5:36–37). Enfin la sentence contre le vol, la possibilité d’un retour après la faute, et la clôture rappelant que la royauté (mulk) et la décision de châtier ou de pardonner appartiennent à Allaah seul (S5:38–40).

Avertissement de méthode — versets exigeant la prudence maximale. S5:33 et S5:38 comptent parmi les versets les plus lourds de conséquences pratiques de tout le corpus coranique : ils énoncent des sanctions corporelles précises. La méthode de ce site impose ici, plus qu’ailleurs, de séparer strictement ce que le texte formule explicitement (le dit), ce sur quoi il reste muet (le non-dit), et ce que des siècles de jurisprudence (fiqh) y ont ajouté par déduction, extrapolation ou consensus (l’inférence) — sans jamais présenter cette dernière couche comme si elle était le texte lui-même. Un article distinct de ce Projet (« Le fasād et les mufsidūn dans le Coran ») a déjà établi, par une analyse exhaustive des racines ḥ-r-b, s-ʿ-y et f-s-d, la lecture de S5:32–33 comme définition textuelle de ce qui s’apparente à la violence organisée contre l’ordre collectif — lecture reprise et prolongée ici, non recréée.

Sommaire du bloc

Réf. Titre thématique
S.5:33 La sentence contre la muḥāraba et le fasād fī l-arḍ
S.5:34 L’exception — revenir avant d’être appréhendé
S.5:35 La taqwā, la wasīla, l’effort sur le chemin d’Allaah
S.5:36 Nulle rançon, fût-elle la terre entière
S.5:37 Vouloir sortir du Feu, sans en sortir
S.5:38 Le voleur et la voleuse — la sanction
S.5:39 Le retour possible après la faute
S.5:40 La royauté d’Allaah — châtier ou pardonner

La sentence contre la muḥāraba et le fasād fī l-arḍ — et son exception · S5:33–34

S.5:33 · La sentence contre la muḥāraba et le fasād fī l-arḍ

S.5:33
إِنَّمَا جَزَاءُ الَّذِينَ يُحَارِبُونَ اللَّهَ وَرَسُولَهُ وَيَسْعَوْنَ فِي الْأَرْضِ فَسَادًا أَنْ يُقَتَّلُوا أَوْ يُصَلَّبُوا أَوْ تُقَطَّعَ أَيْدِيهِمْ وَأَرْجُلُهُمْ مِنْ خِلَافٍ أَوْ يُنْفَوْا مِنَ الْأَرْضِ ۚ ذَٰلِكَ لَهُمْ خِزْيٌ فِي الدُّنْيَا ۖ وَلَهُمْ فِي الْآخِرَةِ عَذَابٌ عَظِيمٌ
Innamā jazāʾu lladhīna yuḥāribūna llāha wa-rasūlahu wa-yasʿawna fi l-arḍi fasādan an yuqattalū aw yuṣallabū aw tuqaṭṭaʿa aydīhim wa-arjuluhum min khilāfin aw yunfaw mina l-arḍi — dhālika lahum khizyun fi d-dunyā — wa-lahum fi l-ākhirati ʿadhābun ʿaẓīm La sentence (jazāʾ) de ceux qui font la guerre (yuḥāribūna) à Allaah et à Son rasūl, et qui se répandent activement (yasʿawna) sur la terre en fasād, est : qu’ils soient mis à mort, ou crucifiés, ou que leurs mains et leurs pieds soient coupés en opposition (min khilāf), ou qu’ils soient exilés de la terre. Cela est pour eux un opprobre (khizy) dans ce monde (ad-dunyā) — et pour eux, dans l’ākhira, un ʿadhāb immense.

Note de méthode — ce que le texte formule, ce qu’il laisse ouvert. Dit : le texte pose une sentence (jazāʾ) unique pour une conduite double et conjointe — faire la guerre (ḥ-r-b) à l’ordre que porte Allaah et Son rasūl, et se répandre activement et intentionnellement (s-ʿ-y, un mouvement volontaire vers un but) dans un fasād collectif. Quatre issues sont énoncées, reliées par la conjonction disjonctive aw (« ou ») : mise à mort, crucifixion, amputation croisée, exil. Non-dit : le texte ne fournit, dans ce seul verset, aucun critère de répartition entre ces quatre issues — il ne dit pas quelle conduite précise appelle laquelle des quatre. La lecture traditionnelle qui gradue la sentence selon la gravité du fait commis (mise à mort pour le meurtre, crucifixion pour meurtre et pillage combinés, amputation pour le seul pillage, exil pour la seule intimidation) est une construction jurisprudentielle (fiqh) postérieure, cohérente avec le texte mais non formulée par lui à cet endroit — elle relève de l’inférence, non du dit. De même, min khilāfin (« en opposition », de la racine kh-l-f, la différence, l’alternance) qualifie grammaticalement l’amputation d’« aydīhim wa-arjuluhum » (leurs mains et leurs pieds, au pluriel) sans préciser si l’opposition porte sur une main et un pied du même côté opposé chez chaque individu, ou sur une répartition entre les membres du groupe — la précision fiqhique (main droite, pied gauche, par personne) est elle aussi une inférence postérieure, non une donnée explicite de ce verset pris seul.

Notes lexicales
jazāʾ
racine *j-z-y* : Ibn Fāris (*Maqāyīs*) — rendre en juste proportion, faire correspondre une réponse à un fait accompli. *Jazāʾ* nomme la rétribution proportionnée, distincte de *ʿadhāb* (le châtiment lui-même, nommé plus loin dans le même verset pour l'*ākhira*).
yuḥāribūna llāha wa-rasūlahu
racine *ḥ-r-b* : déjà analysée en détail dans ce Projet (article « Le *fasād* et les *mufsidūn* dans le Coran ») — Ibn Fāris : *al-salb*, dépouiller, arracher par la force ; *yuḥāribūna* désigne ici une guerre menée contre l'ordre de justice que le texte établit, non une simple hostilité personnelle.
yasʿawna fi l-arḍi fasādan
racine *s-ʿ-y* (se mouvoir intentionnellement vers un but) + *f-s-d* (la sortie hors de l'équilibre — voir S5:32, précédent immédiat dans ce Projet) : un *fasād* recherché, planifié, non accidentel — déjà établi comme définition textuelle de la violence organisée contre l'espace collectif.
an yuqattalū
forme II (intensive/distributive) de la racine *q-t-l*. **Non-dit** : cette forme peut marquer, selon les grammairiens, soit une intensification de l'acte, soit un simple accord distributif avec le sujet pluriel (« chacun d'entre eux, mis à mort ») — le texte seul, à cet endroit, ne tranche pas entre ces deux lectures.
yuṣallabū
racine *ṣ-l-b*. Traduction retenue par cohérence avec le précédent déjà posé dans ce Projet pour la même racine (S4:157–158, *mā ṣalabūhu* — « ils ne l'ont pas crucifié »).
tuqaṭṭaʿa aydīhim wa-arjuluhum min khilāf
racine *q-ṭ-ʿ* (couper, sectionner — même racine que *yaqṭaʿūna* en S2:27, déjà rencontrée dans ce Projet pour « rompre » un lien) ; *khilāf*, racine *kh-l-f* (la différence, ce qui vient après ou à l'opposé). Voir la note de méthode ci-dessus sur l'étendue exacte de ce que ce verset précise et ne précise pas.
yunfaw mina l-arḍ
racine *n-f-y* : Ibn Fāris — repousser au loin, écarter, expulser. L'exil hors de l'espace où le *fasād* a été commis.
khizy
racine *kh-z-y* : Ibn Fāris — l'humiliation accompagnée d'une exposition honteuse, distincte d'une simple peine matérielle. Le texte la situe explicitement *fi d-dunyā* (dans ce monde), par opposition à l'*ʿadhāb* de l'*ākhira* nommé dans la clause suivante.

S.5:34 · L’exception — revenir avant d’être appréhendé

S.5:34
إِلَّا الَّذِينَ تَابُوا مِنْ قَبْلِ أَنْ تَقْدِرُوا عَلَيْهِمْ ۖ فَاعْلَمُوا أَنَّ اللَّهَ غَفُورٌ رَحِيمٌ
Illā lladhīna tābū min qabli an taqdirū ʿalayhim — fa-ʿlamū anna llāha ghafūrun raḥīm Sauf ceux qui reviennent (tābū) avant que vous n’ayez pouvoir sur eux (an taqdirū ʿalayhim) : sachez alors qu’Allaah est ghafūr, raḥīm.
Notes lexicales
tābū
racine *t-w-b* : le retour, déjà rencontrée à plusieurs reprises dans ce Projet (S5:31, Bloc III — distinguée du simple remords, *nadam*). **Dit** : le texte pose une clause d'exception explicite, intégrée à la structure même de la sentence de S5:33 — non une atténuation ajoutée après coup.
min qabli an taqdirū ʿalayhim
racine *q-d-r* : avoir prise, capacité, pouvoir sur quelque chose. **Dit** : la condition posée par le texte est temporelle et précise — le retour doit précéder le moment où l'autorité a le pouvoir effectif sur les personnes visées. **Non-dit** : ce verset ne précise pas le sort d'éventuels droits distincts appartenant à des tiers lésés (une vie ôtée, un bien dérobé, déjà couverts par le principe du *qiṣāṣ* posé ailleurs dans le corpus) — il énonce l'effacement de la sentence de S5:33 elle-même, sans se prononcer explicitement sur ces droits séparés ; toute conclusion sur ce point précis reste une *inférence*, non une donnée de ce seul verset.
ghafūr, raḥīm
couple déjà établi dans ce Projet (conservé en translittération). Le texte referme cette sentence, l'une des plus sévères du corpus, sur une clause de retour possible — non sur son seul aspect punitif.

La taqwā, la wasīla et l’effort sur le chemin d’Allaah · S5:35

S.5:35 · La taqwā, la recherche d’un moyen de rapprochement, l’effort

S.5:35
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَابْتَغُوا إِلَيْهِ الْوَسِيلَةَ وَجَاهِدُوا فِي سَبِيلِهِ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ
Yā ayyuhā lladhīna āmanū ttaqū llāha wa-btaghū ilayhi l-wasīlata wa-jāhidū fī sabīlihi laʿallakum tufliḥūn Ô vous qui avez cru, prémunissez-vous (ittaqū) d’Allaah, recherchez activement (ibtaghū) vers Lui un moyen de rapprochement (al-wasīla), et efforcez-vous (jāhidū) sur Son chemin (fī sabīlihi) — peut-être serez-vous de ceux qui réussissent (tufliḥūn).
Notes lexicales
al-wasīla
racine *w-s-l* : Ibn Fāris (*Maqāyīs*) — *al-waṣl*, la jonction, l'attache entre deux choses. *Al-wasīla* désigne ce par quoi on parvient à rejoindre, à se rapprocher de quelque chose ou de quelqu'un. **Non-dit** : ce verset ne précise pas la nature de ce moyen de rapprochement — obéissance, œuvre, connaissance, ou toute autre disposition. Le même terme reparaît, à propos d'Allaah également, en S17:57 (hors du périmètre déjà traduit dans ce Projet), sans qu'aucune des deux occurrences ne le définisse davantage. Toute identification précise (une pratique donnée, une personne intercédant) relève de l'*inférence* extérieure au texte, non du *dit*. Conservé en translittération à défaut d'un mot français unique couvrant ce sens.
jāhidū fī sabīlihi
racine *j-h-d* : effort intense, acharnement soutenu — déjà établie dans ce Projet (S4:95, *al-mujāhidūn* : « ceux qui s'efforcent »). *Fī sabīlihi* (« sur Son chemin ») reste ici général : le texte, à cet endroit, ne restreint pas cet effort à une forme unique (armée, financière, ou autre) — cette précision est apportée ailleurs dans le corpus selon les contextes (ex. S4:95, *bi-amwālihim wa-anfusihim*, « par leurs biens et leurs personnes »), non par ce seul verset.
tufliḥūn
racine *f-l-ḥ* : réussir, prospérer — le terme porte, à l'origine, l'image d'un sol rendu fertile et productif par le travail.

Nulle rançon possible contre le châtiment · S5:36–37

S.5:36 · Nulle rançon, fût-elle la terre entière

S.5:36
إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا لَوْ أَنَّ لَهُمْ مَا فِي الْأَرْضِ جَمِيعًا وَمِثْلَهُ مَعَهُ لِيَفْتَدُوا بِهِ مِنْ عَذَابِ يَوْمِ الْقِيَامَةِ مَا تُقُبِّلَ مِنْهُمْ ۖ وَلَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ
Inna lladhīna kafarū law anna lahum mā fi l-arḍi jamīʿan wa-mithlahu maʿahu li-yaftadū bihi min ʿadhābi yawmi l-qiyāmati mā tuqubbila minhum — wa-lahum ʿadhābun alīm Ceux qui ont commis le kufr — quand bien même ils posséderaient tout ce qui est sur la terre, et son équivalent avec cela, pour s’en racheter (li-yaftadū) du ʿadhāb du yawm al-qiyāma — cela ne serait pas accepté d’eux (mā tuqubbila minhum). Et pour eux, un ʿadhāb douloureux (alīm).
Notes lexicales
li-yaftadū
racine *f-d-y* : Ibn Fāris — donner une chose en échange pour libérer, pour sauver. *Al-fidā* est le rachat par substitution.
mā tuqubbila minhum
même racine *q-b-l* (accepter) qu'en S5:27, déjà rencontrée dans ce Projet (« *innamā yataqabbalu llāhu mina l-muttaqīn* », « Allaah n'accepte que de la part des *muttaqīn* »). **Cohérence intra-coranique** : l'acceptation par Allaah, dans les deux passages, est liée à une disposition intérieure (*taqwā*), non à une transaction matérielle — ce que ce verset confirme négativement : aucune quantité de richesse, fût-elle la terre entière doublée, ne peut s'y substituer.

S.5:37 · Vouloir sortir du Feu, sans en sortir

S.5:37
يُرِيدُونَ أَنْ يَخْرُجُوا مِنَ النَّارِ وَمَا هُمْ بِخَارِجِينَ مِنْهَا ۖ وَلَهُمْ عَذَابٌ مُقِيمٌ
Yurīdūna an yakhrujū mina n-nāri wa-mā hum bi-khārijīna minhā — wa-lahum ʿadhābun muqīm Ils voudront sortir du Feu (an-nār), mais ils n’en seront nullement sortants (mā hum bi-khārijīna minhā) — et pour eux un ʿadhāb qui persiste (muqīm).
Notes lexicales
mā hum bi-khārijīna minhā
tournure *mā… bi-* : négation catégorique, renforcée — plus ferme que la simple négation *lā*, déjà relevée sur ce même verset dans un autre document de ce Projet (« *sortir-du-feu* ») : **Dit** — le désir de sortie est expressément mentionné, puis expressément et catégoriquement nié dans la même phrase.
ʿadhābun muqīm
racine *q-w-m* : se tenir debout, être établi, persister, durer. **Non-dit** : ce terme dit la persistance, l'établissement durable — il n'est pas la racine *kh-l-d* (« demeurer, éternel ») employée ailleurs dans le corpus pour qualifier le séjour des *aṣḥāb an-nār*. Ce verset choisit un mot distinct ; ce Projet se garde de les fondre en un synonyme unique sans justification textuelle propre à chaque emploi.

Le vol, son retour possible, et la royauté d’Allaah qui châtie ou pardonne · S5:38–40

S.5:38 · Le voleur et la voleuse — la sanction

S.5:38
وَالسَّارِقُ وَالسَّارِقَةُ فَاقْطَعُوا أَيْدِيَهُمَا جَزَاءً بِمَا كَسَبَا نَكَالًا مِنَ اللَّهِ ۗ وَاللَّهُ عَزِيزٌ حَكِيمٌ
Wa-s-sāriqu wa-s-sāriqatu fa-qṭaʿū aydiyahumā jazāʾan bimā kasabā nakālan mina llāh — wa-llāhu ʿazīzun ḥakīm Le voleur (as-sāriq) et la voleuse (as-sāriqa) : coupez-leur la main (fa-qṭaʿū aydiyahumā), en rétribution (jazāʾan) de ce qu’ils ont acquis, en sanction dissuasive (nakālan) venant d’Allaah. Allaah est ʿazīz, ḥakīm.

Note de méthode — un point de grammaire à ne pas trancher par prudence pour la commodité. Aydiyahumā est le pluriel aydī (mains) suivi du pronom duel humā (« d’eux deux »). Non-dit : grammaticalement, cette forme désigne « les mains d’eux deux » — une expression qui, prise seule, n’indique pas explicitement qu’une seule main par personne est visée. La lecture unanime en jurisprudence (fiqh) — une main coupée par personne, la main droite lors d’une première infraction, une sanction graduée en cas de récidive — s’appuie sur d’autres sources (pratique rapportée, consensus juridique) extérieures à ce seul verset ; elle est cohérente avec le principe de proportionnalité que le texte pose ailleurs (S5:45, al-jurūḥa qiṣāṣ — la juste correspondance), mais ce verset, pris seul et strictement, ne formule pas lui-même cette précision. Ce Projet la nomme comme inférence, non comme dit, conformément à sa méthode.

Notes lexicales
as-sāriq, as-sāriqa
racine *s-r-q* : Ibn Fāris — s'emparer de ce qui appartient à autrui, en dissimulant l'acte. Le texte nomme la forme masculine et la forme féminine, sans distinction de traitement entre les deux dans la sentence énoncée.
fa-qṭaʿū
racine *q-ṭ-ʿ* (couper, sectionner) — voir la note déjà posée en S5:33 (ce Bloc) et le précédent de S2:27 (« rompre un lien »), déjà rencontrés dans ce Projet.
nakālan mina llāh
racine *n-k-l* : Ibn Fāris — *al-nakāl*, ce qui retient par la crainte qu'il inspire, une sanction dont la fonction est exemplaire et dissuasive plus que strictement rétributive. Le texte relie explicitement cette sanction à Allaah (*mina llāh*), non à une autorité humaine autonome.
ʿazīz, ḥakīm
couple déjà établi dans ce Projet (conservé en translittération) : la puissance qui ne peut être défaite, et la sagesse qui place chaque chose à sa juste place.

S.5:39 · Le retour possible après la faute

S.5:39
فَمَنْ تَابَ مِنْ بَعْدِ ظُلْمِهِ وَأَصْلَحَ فَإِنَّ اللَّهَ يَتُوبُ عَلَيْهِ ۗ إِنَّ اللَّهَ غَفُورٌ رَحِيمٌ
Fa-man tāba min baʿdi ẓulmihi wa-aṣlaḥa fa-inna llāha yatūbu ʿalayhi — inna llāha ghafūrun raḥīm Quiconque revient (tāba) après son ẓulm, et se réforme (aṣlaḥa) — alors Allaah revient vers lui (yatūbu ʿalayhi). Allaah est, certes, ghafūr, raḥīm.

Note de méthode — la portée exacte de ce retour. Dit : le texte pose ici un principe général de retour réciproque — l’humain qui tāba (revient) après son ẓulm (ici, le vol qui vient d’être nommé) et qui aṣlaḥa (se réforme, racine ṣ-l-ḥ, l’exact opposé du fasād déjà analysé en S5:32–33, ce Bloc) rencontre un Allaah qui yatūbu ʿalayhi — revient vers lui à Son tour. Non-dit : à la différence de S5:34, qui insère explicitement dans la sentence de la muḥāraba une clause de retour avant l’appréhension effaçant cette sentence précise, ce verset ne précise pas si le retour évoqué ici affecte la sanction énoncée en S5:38 elle-même, ou s’il concerne exclusivement la relation avec Allaah (le pardon dans l’ākhira), indépendamment de toute conséquence terrestre déjà appliquée. Le texte ne construit pas, à cet endroit, la même architecture conditionnelle explicite qu’en S5:33–34 ; toute conclusion tranchant entre ces deux lectures reste une inférence, non une donnée de ce seul verset.

Notes lexicales
tāba… yatūbu ʿalayhi
racine *t-w-b*, même racine employée pour les deux mouvements — celui de l'humain et celui d'Allaah — déjà rencontrée à plusieurs reprises dans ce Projet (S5:31, S5:34, ce Bloc). Le texte ne distingue pas, lexicalement, ces deux mouvements : un même terme les nomme l'un et l'autre.
ẓulmihi
racine *ẓ-l-m*, déjà établie dans ce Projet : placer une chose hors de sa juste place. Le texte désigne ainsi, ici, l'acte de vol qui vient d'être nommé.

S.5:40 · La royauté d’Allaah — châtier ou pardonner

S.5:40
أَلَمْ تَعْلَمْ أَنَّ اللَّهَ لَهُ مُلْكُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ يُعَذِّبُ مَنْ يَشَاءُ وَيَغْفِرُ لِمَنْ يَشَاءُ ۗ وَاللَّهُ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ
A-lam taʿlam anna llāha lahu mulku s-samāwāti wa-l-arḍi yuʿadhdhibu man yashāʾu wa-yaghfiru li-man yashāʾ — wa-llāhu ʿalā kulli shayʾin qadīr Ne sais-tu pas qu’à Allaah appartient la royauté (mulk) des cieux et de la terre ? Il châtie qui Il veut, et pardonne à qui Il veut — et Allaah est, sur toute chose, Qadīr.
Notes lexicales
lahu mulku s-samāwāti wa-l-arḍi
même formule que S5:17–18 (Bloc III, déjà rencontrée dans ce Projet) : la royauté universelle qu'Allaah détient seul.
yuʿadhdhibu man yashāʾu wa-yaghfiru li-man yashāʾ
**Dit** : ce verset clôt l'ensemble des sentences énoncées dans ce Bloc (*muḥāraba*, vol) en rappelant que le châtiment et le pardon relèvent, en dernier ressort, d'une décision qu'Allaah seul détient. **Non-dit** : le texte ne précise pas explicitement, à cet endroit, si ce rappel qualifie ou limite la portée des sanctions humaines déjà énoncées (S5:33, S5:38), ou s'il énonce un principe distinct, tourné vers l'*ākhira* — les deux lectures restent, pour ce seul verset, des *inférences* possibles, non une donnée tranchée par le texte lui-même.

↑ Haut de page