Structure du Bloc III. Huit ensembles. D’abord le nabī qualifié d’« oreille » par les munāfiqūn, et la réponse qui retourne cette moquerie (S9:61), puis leurs serments pour plaire et la menace pour qui s’oppose frontalement à Allaah et à Son rasūl (S9:62–63), leur crainte d’une sourate qui dévoilerait leurs cœurs et leurs excuses de raillerie (S9:64–66). Puis les munāfiqūn et munāfiqātu décrits comme relevant les uns des autres, en miroir inversé des muʾminūn et muʾmināt qui suivent immédiatement (S9:67–72), la comparaison aux peuples anciens détruits pour leur propre tort (S9:69–70), et l’exhortation du nabī à la fermeté envers kuffār et munāfiqūn (S9:73). Puis le serment nié et la parole de kufr, l’engagement rompu envers Allaah et la conséquence qui s’ensuit, et la connaissance qu’Allaah a du secret et des conciliabules (S9:74–78). Puis le reproche fait à ceux qui raillent les modestes donateurs de ṣadaqa, et l’istighfar sans effet pour qui a démenti (S9:79–80). Enfin la joie de ceux restés en arrière, le refus de les emmener une seconde fois, l’interdiction de prier sur leurs tombes, et le contraste final avec le rasūl et les croyants qui ont lutté (S9:81–89).
Avertissement de méthode — plusieurs points exigeant la prudence la plus stricte. S9:67 : « nasū llāha fa-nasiyahum » (ils ont délaissé Allaah, Il les a délaissés en retour) emploie, pour Allaah, le même verbe qui désigne pour les munāfiqūn une défaillance de mémoire (n-s-y, oublier) — ce Bloc retient une figure de miroir rhétorique (mushākala) : la rétribution répond terme à terme à leur propre délaissement, sans qu’une défaillance cognitive ne soit, par principe, attribuable à Allaah. S9:79 : « sakhira llāhu minhum » (Allaah les rend dérisoires en retour) applique le même principe que pour yastahziʾu (voir S2:15) — une rétribution qui mesure leur propre action, non une émotion de moquerie prêtée à Allaah. S9:73 : la nature exacte de la lutte (jihād) commandée contre les munāfiqīn — de même nature que celle contre les kuffār, ou de nature distincte (fermeté de parole, de posture) — n’est pas précisée par ce seul verset ; ce Bloc ne tranche pas arbitrairement. S9:75–77, S9:80, S9:84 : trois passages (l’homme au serment rompu ; l’homme visé par le refus de pardon même répété ; l’interdiction de prier sur une tombe) que la tradition biographique rattache à des individus nommés — ce Bloc n’importe aucun de ces noms ni de ces récits, s’en tenant strictement à ce que chaque verset affirme par lui-même. S9:87 : « al-khawālif » (pluriel féminin) — deux lectures lexicographiques attestées, l’une restreinte aux femmes restées aux foyers, l’autre générique ; ce Bloc retient la seconde faute d’indication contraire, en signalant la première.
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.9:61 | Le nabī qualifié d’« oreille » |
| S.9:62–63 | Les serments pour plaire — s’opposer à Allaah et Son rasūl |
| S.9:64–66 | La sourate redoutée — les excuses de raillerie |
| S.9:67–68 | Les munāfiqūn et munāfiqātu — la promesse du Feu |
| S.9:69 | Comme ceux d’avant vous — la jouissance de leur part |
| S.9:70 | La nouvelle des peuples anciens |
| S.9:71–72 | Les muʾminūn et muʾmināt, awliyāʾ les uns des autres |
| S.9:73 | Fermeté envers les kuffār et les munāfiqūn |
| S.9:74 | Le serment nié, la parole de kufr |
| S.9:75–77 | L’engagement rompu envers Allaah |
| S.9:78 | Allaah connaît le secret et les conciliabules |
| S.9:79 | Le reproche aux modestes donateurs raillés |
| S.9:80 | L’istighfar répété sans effet |
| S.9:81–82 | La joie des différés — rire peu, pleurer beaucoup |
| S.9:83–84 | Refus de les emmener — ne pas prier sur leurs tombes |
| S.9:85 | Que ne t’émerveillent ni leurs biens ni leurs enfants |
| S.9:86–87 | Ceux qui ont les moyens demandent dispense |
| S.9:88–89 | Le rasūl et les croyants qui ont lutté |
Le nabī qualifié d’« oreille » · S9:61
S.9:61 · Il n’est qu’une oreille — une oreille tournée vers le bien
- huwa udhunun / udhunu khayrin lakum
- racine *ʾ-dh-n* : l'oreille — même racine que *idhn* (la permission), qu'Ibn Fāris rattache l'une à l'autre par l'idée d'un accès accordé : à ce qui se présente à l'ouïe, ou à ce qui se présente à l'action. Dit : le reproche moqueur (« il écoute et croit tout ce qu'on lui dit ») est retourné par le texte lui-même en qualité positive — une oreille tournée vers ce qui est *khayr*, au profit des croyants, non une crédulité indifférenciée.
- yuʾminu billāhi wa-yuʾminu li-l-muʾminīn
- Dit : le texte distingue nettement deux constructions du même verbe — *yuʾminu bi-* (croire en, avec la préposition *bi-*) et *yuʾminu li-* (accorder foi à la parole de, avec la préposition *li-*). La croyance en Allaah et la confiance accordée à la parole des muʾminūn sont ainsi posées comme deux choses distinctes, non confondues par le texte.
Les serments pour plaire, et la sourate redoutée · S9:62–66
S.9:62–63 · S’opposer frontalement à Allaah et à Son rasūl
- an yurḍūhu
- Dit : un seul pronom singulier (*-hu*, « Le ») renvoie conjointement à Allaah et à Son rasūl, mentionnés ensemble juste avant — procédé grammatical arabe courant lorsque deux instances partagent une même disposition (ici, l'agrément recherché), sans que cela ne fusionne leurs natures respectives l'une dans l'autre. Racine *r-ḍ-y* : agréer, être satisfait de ; avec Allaah pour objet, le texte parle de l'agrément recherché auprès de Lui, non d'une émotion prêtée à Allaah.
- yuḥādidi llāha wa-rasūlahu
- racine *ḥ-d-d* (la limite, la frontière) à la forme III (réciprocité) : se placer en frontière opposée, faire face en s'opposant — première occurrence.
- al-khizyu l-ʿaẓīm
- racine *kh-z-y* : l'humiliation qui expose, qui rend visible la déchéance — distincte de la honte simplement ressentie.
S.9:64–66 · La sourate redoutée, et les excuses de raillerie
- nakhūḍu
- racine *kh-w-ḍ* (voir S6:68 et l'étude L'abandon du Coran) : plonger dans un discours vain et bruyant. Même sens ici : une immersion dans la dérision, non une conversation neutre.
- mukhrijun mā taḥdharūn
- racine *kh-r-j* (sortir) à la forme IV : faire sortir au jour, rendre manifeste ce qui était caché.
- in naʿfu ʿan ṭāʾifatin ... nuʿadhdhib ṭāʾifatan
- Dit : le texte distingue explicitement deux groupes parmi les responsables de cette raillerie — celui à qui l'effacement (*ʿafw*) est accordé, celui qui est châtié — sans nommer l'un ou l'autre. Non-dit : le critère précis de cette distinction, au-delà de la seule qualification finale (*mujrimīn*) appliquée au second groupe.
Munāfiqūn et munāfiqātu, muʾminūn et muʾmināt · S9:67–72
Point de méthode — S9:67, « ils ont délaissé Allaah, Il les a délaissés en retour ». Dit : le texte emploie ici une figure de miroir (mushākala) : le second verbe (fa-nasiyahum) reprend la forme exacte du premier (nasū llāha) pour construire une rétribution qui lui répond terme à terme. Ce Bloc n’affirme pas que cela impute à Allaah la défaillance de mémoire que ce même verbe désigne pour les munāfiqūn — un oubli, au sens d’une perte involontaire d’une connaissance déjà possédée, ne pouvant, par principe, s’appliquer à Allaah. Ce Bloc retient donc « délaisser en retour » : Allaah les tient à l’écart, comme conséquence de ce qu’ils ont eux-mêmes délaissé — non une défaillance cognitive qui Lui serait prêtée. Cette solution suit le même principe que pour ghaḍab, sakhaṭ et kariha (voir S5:80 et S9:46).
S.9:67–68 · Les munāfiqūn et munāfiqātu — la promesse du Feu
- baʿḍuhum min baʿḍ
- Note de cohérence intra-coranique. Contraste exact avec S9:71 (ci-après, ce Bloc) : « *baʿḍuhum awliyāʾu baʿḍ* » pour les muʾminūn. Deux appartenances opposées, posées terme à terme par le texte lui-même.
- yaʾmurūna bi-l-munkari wa-yanhawna ʿani l-maʿrūf
- Note de cohérence intra-coranique. Ordre exactement inversé de celui des muʾminūn en S9:71 (« *yaʾmurūna bi-l-maʿrūfi wa-yanhawna ʿani l-munkar* ») — un chiasme textuel entre les deux versets, signalé sans commentaire supplémentaire.
- yaqbiḍūna aydiyahum
- racine *q-b-ḍ* (resserrer, refermer) : l'image d'une main refermée sur elle-même, opposée à la dépense sur le *sabīl* d'Allaah.
- nasū llāha fa-nasiyahum
- Voir le callout de méthode ci-dessus.
- laʿanahumu llāh
- racine *l-ʿ-n* : éloigner de la raḥma — jamais rendu par un terme de haine ou de colère humaine.
- hiya ḥasbuhum
- même racine *ḥ-s-b* que *ḥasbunā llāh* (S3:173 et *passim*), mais employée ici en sens inverse : ce qui leur suffit comme châtiment, non comme secours.
S.9:69 · Comme ceux d’avant vous — la jouissance de leur part
- bi-khalāqihim
- racine *kh-l-q*, sens dérivé (voir S2:200) : la part, le lot attribué — distinct du sens premier de création.
- khuḍtum ka-lladhī khāḍū
- même racine *kh-w-ḍ* que S9:65 (ce Bloc).
- ḥabiṭat aʿmāluhum
- racine *ḥ-b-ṭ* : s'effondrer, s'annuler comme un ventre qui se vide (Ibn Fāris).
S.9:70 · La nouvelle des peuples anciens
- al-muʾtafikāt
- racine *ʾ-f-k* (voir *annā yuʾfakūn* en S9:30, « être détourné ») — ici, participe passif féminin pluriel substantivé : les [cités] renversées. Non-dit : ce seul verset ne nomme pas ces cités par un autre terme ; leur identification s'appuie sur le contexte narratif établi ailleurs dans le Coran, sans que ce terme ne le précise lui-même.
- fa-mā kāna llāhu li-yaẓlimahum wa-lākin kānū anfusahum yaẓlimūn
- formule récurrente : le tort vient toujours des humains, jamais d'Allaah.
S.9:71–72 · Les muʾminūn et muʾmināt, awliyāʾ les uns des autres
- baʿḍuhum awliyāʾu baʿḍ
- racine *w-l-y* (walāya) : voir S8:72/75. Note de cohérence intra-coranique : contraste exact avec S9:67 (ce Bloc, « *baʿḍuhum min baʿḍ* » pour les munāfiqūn) — une même origine contre un soutien mutuel activement choisi.
- jannāti ʿadnin
- racine *ʿ-d-n* (Ibn Fāris : l'établissement stable, le séjour durable) ; conservé en translittération (*ʿAdn*), le terme désignant un séjour plutôt qu'un toponyme à traduire.
- riḍwānun mina llāhi akbar
- voir S3:15 (*riḍwān venant d'Allaah*) — ici comparé (*akbar*, plus grand) aux jardins eux-mêmes.
- al-fawzu l-ʿaẓīm
- voir S4:13 (« le *fawz* [succès] immense »).
Fermeté envers les kuffār et les munāfiqūn · S9:73
Point de méthode — S9:73, la nature de la lutte contre les munāfiqīn. Dit : le texte réunit sous un même verbe (jāhid) deux catégories — les kuffār extérieurs, contre qui le combat armé a été rattaché à des conditions précises (voir S9:5 et S9:29), et les munāfiqīn, nominalement à l’intérieur de la communauté. Non-dit : ce seul verset ne précise pas si la lutte visée contre les munāfiqīn est de même nature (armée) ou de nature distincte (fermeté de parole, exposition de leur état, rupture de confiance). La suite immédiate du verset (« wa-ghluẓ ʿalayhim », « sois ferme envers eux ») suggère une fermeté d’attitude et de posture, sans détailler davantage son mode d’exécution concret — ce Bloc ne tranche pas arbitrairement entre les deux lectures.
S.9:73 · Ô nabī, lutte contre les kuffār et les munāfiqūn
- wa-ghluẓ ʿalayhim
- racine *gh-l-ẓ* (l'épaisseur, la rudesse, la fermeté qui ne cède pas) — première occurrence.
Le serment nié, et l’engagement rompu · S9:74–78
S.9:74 · Ils jurent n’avoir rien dit
- hammū bimā lam yanālū
- racine *h-m-m* (viser, projeter intérieurement). Non-dit : le texte ne précise pas la nature exacte de ce qu'ils avaient projeté et n'ont pas atteint ; aucun récit extérieur (tentative, complot ou autre) n'est importé pour combler ce silence.
- naqamū
- racine *n-q-m* : tenir rigueur, reprocher avec ressentiment — première occurrence.
- islāmihim
- racine *s-l-m* (*islām*, la soumission déclarée). Dit : le texte emploie ce terme pour désigner leur adhésion déclarée, sans garantir par ce seul mot sa sincérité intérieure — c'est précisément ce que le verset dément dans la suite (*kafarū baʿda islāmihim*).
Point de méthode — S9:75–77, S9:80, S9:84 : trois passages sans identité nommée. La tradition biographique rattache souvent ces trois versets (l’homme au serment rompu ; l’homme visé par le refus de pardon même répété soixante-dix fois ; l’interdiction de prier sur une tombe) à des individus nommés. Ce Bloc n’importe aucun de ces noms ni de ces récits — chacun de ces trois versets est traité strictement selon ce qu’il affirme par lui-même, comme pour le compagnon de la grotte (voir S9:40) et pour Ḥunayn (voir S9:25).
S.9:75–77 · L’engagement rompu envers Allaah
- wa-minhum man ʿāhada llāh
- Dit : le texte rapporte un engagement pris par une personne non nommée (*man*, « il en est qui »), sa rupture, et sa conséquence. Non-dit : aucune identité n'est donnée par ce passage — voir le callout de méthode ci-dessus.
- bakhilū bihi
- racine *b-kh-l* : l'avarice, retenir ce qu'on devrait donner — première occurrence.
- fa-aʿqabahum nifāqan fī qulūbihim
- racine *ʿ-q-b* (faire succéder). Dit : le texte pose une causalité explicite (« *bi-mā akhlafū ... wa-bi-mā kānū yakdhibūn* », « parce qu'ils ont manqué... et parce qu'ils mentaient ») — une conséquence de leur propre rupture et de leur mensonge, non un décret initial indépendant de leur acte. Même ligne que pour le scellement des cœurs (*khatama*, voir S2:6–7) : la conséquence suit l'acte, elle ne le précède pas.
S.9:78 · Allaah connaît le secret et les conciliabules
- najwāhum
- racine *n-j-w* (« conciliabules ») : l'entretien tenu à l'écart, en aparté.
- ʿallāmu l-ghuyūb
- forme intensive (*ʿallām*) de la racine *ʿ-l-m* — la connaissance parfaite d'Allaah, sans détail sur le mécanisme de cette connaissance.
Le reproche aux modestes donateurs, et l’istighfar sans effet · S9:79–80
Point de méthode — S9:79, « Allaah les rend dérisoires en retour ». Racine s-kh-r (railler, tourner en dérision) — voir yastahziʾu en S2:14–16 (« Allaah les rend dérisoires » plutôt que « Se moque d’eux »). Dit : le texte construit ici une figure de miroir strict avec le verbe qui précède (fa-yaskharūna minhum → sakhira llāhu minhum) — une rétribution qui répond terme à terme à leur propre action. Ce Bloc n’affirme pas que cela attribue à Allaah une réaction affective de moquerie ou de dérision au sens où elle s’applique à des humains. Ce Bloc retient donc la même solution que pour yastahziʾu : « les rend dérisoires », pour porter le sens de la rétribution sans reconduire la connotation de sentiment humain propre à ce verbe.
S.9:79 · Ceux qui raillent les modestes donateurs
- yalmizūna
- même racine *l-m-z* qu'en S9:58 (Bloc II).
- al-muṭṭawwiʿīna
- racine *ṭ-w-ʿ*, forme V (voir S9:53 : « *anfiqū ṭawʿan aw karhan* ») : ceux qui donnent volontairement, au-delà de toute obligation fixée.
- juhdahum
- racine *j-h-d* — même racine que *jihād*/*jāhada* : ici, non l'effort de lutte, mais l'extrême limite de ce qu'on peut donner, son plus modeste avoir. Note de cohérence intra-coranique : le texte associe ainsi, par la seule racine partagée, l'effort du pauvre qui donne son *juhd* à la même famille sémantique que le *jihād* loué tout au long de cette sourate — sans que ce seul verset ne l'énonce explicitement.
- sakhira llāhu minhum
- Voir le callout de méthode ci-dessus.
S.9:80 · L’istighfar répété sans effet
- sabʿīna marratan
- Dit : le texte rattache la clôture (« ne leur pardonnera jamais ») à une cause précise (le *kufr* envers Allaah et Son *rasūl*), non à une personne nommée — voir le callout de méthode plus haut. Le chiffre « soixante-dix » est, comme souvent en arabe classique (Ibn Fāris), un nombre d'intensification rhétorique plutôt qu'un compte destiné à être pris littéralement comme seuil testable : le sens porté est celui d'une exclusion sans appel, quel que soit le nombre de demandes.
La joie des différés, et l’absence de prière sur leurs tombes · S9:81–89
S.9:81–82 · Rire peu, pleurer beaucoup
- khilāfa rasūli llāh
- racine *kh-l-f*. Dit : deux lectures attestées coexistent pour cette préposition — l'une temporelle (« après le départ du rasūl »), l'autre oppositionnelle (« en s'opposant au rasūl »). Ce Bloc retient la formulation « après (ou : en s'opposant à) » pour ne pas trancher arbitrairement entre les deux, le contexte immédiat (la joie de rester assis pendant que le rasūl part au combat) restant cohérent avec l'une comme avec l'autre.
- al-mukhallafūn
- même racine *kh-l-f* qu'en S9:83, S9:87 (ci-après, ce Bloc) — participe passif : ceux qu'on a laissés, ou fait rester, en arrière.
- karihū
- même racine *k-r-h* que S9:46/48 (Bloc II) — ici un rejet humain, distinct de ce qu'Allaah rejette en S9:46 : deux sujets différents pour une même racine, qui ne sont pas fondus.
S.9:83–84 · Refus de les emmener — ne pas prier sur leurs tombes
- wa-lā tuṣalli ʿalā aḥadin minhum
- Dit : le verset interdit un acte précis désigné par le verbe *ṣallā* — ici, une invocation faite pour un défunt — distinct de la ṣalāt rituelle conservée en translittération. La racine est la même, mais l'objet visé (une invocation funéraire) diffère nettement de la prière ordinaire. Non-dit : ce seul verset ne nomme personne ; voir le callout de méthode plus haut sur les identités non importées.
- wa-lā taqum ʿalā qabrihi
- racine *q-w-m* : se tenir debout à un endroit. Non-dit : la nature exacte du geste visé (une invocation debout, une garde funéraire, ou un autre rite) n'est pas détaillée par ce seul verset au-delà de l'image qu'il pose.
- al-khālifīn
- participe actif de *kh-l-f* (rester en arrière) — distinct du participe passif *al-mukhallafūn* (S9:81, ce Bloc).
S.9:85 · Que ne t’émerveillent ni leurs biens ni leurs enfants
- wa-lā tuʿjibka amwāluhum wa-awlāduhum
- Note de cohérence intra-coranique. Reprise quasi identique de S9:55 (Bloc II), dont la note annonçait cette répétition. Seule variation relevée : « *fi d-dunyā* » ici, contre « *fi l-ḥayāti d-dunyā* » en S9:55 — variation de forme sans écart de sens décelable dans ce seul contexte.
S.9:86–87 · Ceux qui ont les moyens demandent dispense
- ulū ṭ-ṭawli
- racine *ṭ-w-l* (l'ampleur, la portée) : ceux qui ont les moyens matériels, l'aisance — première occurrence.
- al-khawālif
- pluriel féminin de *khālifa* (même racine *kh-l-f* que S9:81/83, ce Bloc). Dit : les lexicographes classiques rattachent le plus souvent ce pluriel féminin aux femmes restées aux tentes ou aux foyers pendant que les hommes partaient, sens qui s'est ensuite élargi à quiconque reste en arrière sans se joindre à l'effort commun. Ce Bloc retient la lecture générique (« ceux qui restent en arrière »), faute d'indication contraire dans le contexte immédiat, en signalant explicitement cette double lecture.
- ṭubiʿa ʿalā qulūbihim
- racine *ṭ-b-ʿ* (apposer un sceau, une empreinte) — de la même famille de questions que *khatama* (voir S2:6–7). Dit : le texte enchaîne ce scellement immédiatement après avoir rapporté leur satisfaction à rester en arrière (*raḍū*) — une conséquence de leur choix déjà posé, non un décret qui précéderait ou annulerait ce choix.
S.9:88–89 · Le rasūl et les croyants qui ont lutté
- al-khayrātu
- pluriel de *khayr* : les biens promis, en écho contrasté aux *amwāl* et *awlād* d'ici-bas (biens et enfants), mentionnés en S9:85 comme instruments de châtiment pour les munāfiqūn.
- al-muflihūn
- racine *f-l-ḥ* : aboutir, réussir dans le sens le plus large — non un simple succès matériel.