Structure du Bloc V — clôture de la Sourate 9. Neuf ensembles. D’abord l’« achat » des personnes et des biens des muʾminūn par Allaah contre la Janna, et la liste de leurs qualités (S9:111–112). Puis l’istighfar interdit au nabī et aux croyants pour les mushrikūn une fois leur sort devenu clair, et l’exemple d’Ibrāhīm demandant pardon pour son père avant de s’en désavouer (S9:113–115). Puis la royauté d’Allaah sur les cieux et la terre, le retour accueilli du nabī, des Muhājirūn et des Anṣār à l’heure de la difficulté, et celui des trois dont le cas fut différé (S9:116–118). Puis un bref appel à se prémunir et à demeurer avec les véridiques (S9:119). Puis la récompense inscrite pour chaque effort et chaque dépense dans le sabīl d’Allaah, quelle qu’en soit la mesure (S9:120–121). Puis la nécessité, pour une communauté en guerre, qu’une partie seulement se détache pour approfondir sa science du dīn (S9:122). Puis l’ordre de combattre avec fermeté ceux des kuffār les plus proches (S9:123). Puis le contraste entre les croyants que chaque sourate affermit et ceux dont le cœur malade s’enfonce davantage (S9:124–127). Enfin la clôture de la sourate tout entière : le rasūl issu des croyants eux-mêmes, plein de sollicitude pour eux, et le renvoi final à Allaah seul, Rabb du ʿArsh immense (S9:128–129).
Avertissement de méthode — plusieurs points appelant la prudence. S9:111, l’« achat » (ishtarā) par Allaah des personnes et des biens des croyants contre la Janna : la racine sh-r-y est, dans les dictionnaires anciens, un ḍidd (elle porte aussi bien le sens d’acheter que de vendre) ; ce Bloc y voit, en continuité avec le « beau prêt » (qarḍan ḥasanan, S2:245, S5:12), une image d’engagement réciproque et non une transaction commerciale littérale impliquant un quelconque besoin de la part d’Allaah — waʿdan ʿalayhi ḥaqqan (« un engagement dont Il répond ») prolonge, sous une forme nouvelle, l’engagement qu’Allaah prend Lui-même sur Lui-même (kataba ʿalā nafsihi, S6:12 et S6:54), non une obligation qui Lui serait imposée de l’extérieur. S9:113–114, l’istighfar d’Ibrāhīm pour son père, puis son désaveu : ce Bloc isole strictement ce que le texte affirme — une demande de pardon motivée par une promesse antérieure (mawʿida), puis un désaveu net une fois la clarté (tabayyana) acquise sur l’inimitié du père envers Allaah — sans importer aucun récit sur la teneur exacte ou le moment de cette promesse, ni sur la nature du châtiment ou du sort du père, que ce seul passage ne précise pas ; point sensible, dans la mesure où il concerne l’action d’un nabī, traité avec la même prudence que S4:157–158 et S4:171–172. S9:128, raʾūfun raḥīm appliqué non à Allaah mais au rasūl lui-même : ces deux mêmes termes, conservés en translittération lorsqu’ils qualifient Allaah (S9:117, ce Bloc ; S2:207, S3:30 et ailleurs) pour écarter toute connotation de sentiment humain, peuvent ici être rendus dans leur registre affectif ordinaire, puisque c’est un être humain — le nabī — qui en est le sujet grammatical.
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.9:111 | L’achat des personnes et des biens des muʾminūn contre la Janna |
| S.9:112 | La liste des qualités des croyants |
| S.9:113 | L’istighfar interdit pour les mushrikūn, une fois leur sort clair |
| S.9:114 | Ibrāhīm et son père — la promesse, puis le désaveu |
| S.9:115 | Allaah n’égare un peuple qu’après lui avoir rendu clair ce qu’il doit craindre |
| S.9:116 | La royauté des cieux et de la terre — nul walī, nul naṣīr hors d’Allaah |
| S.9:117 | Le retour accueilli du nabī, des Muhājirūn et des Anṣār |
| S.9:118 | Le retour accueilli des trois dont le cas fut différé |
| S.9:119 | Se prémunir et demeurer avec les véridiques |
| S.9:120 | Ne pas rester en arrière du rasūl — la récompense de chaque épreuve |
| S.9:121 | La récompense inscrite pour chaque dépense, petite ou grande |
| S.9:122 | Le détachement d’une partie pour approfondir la science du dīn |
| S.9:123 | Combattre avec fermeté ceux des kuffār les plus proches |
| S.9:124 | La sourate qui augmente la foi de ceux qui croient |
| S.9:125 | La sourate qui ajoute une souillure à la souillure des cœurs malades |
| S.9:126 | L’épreuve répétée chaque année, sans retour ni rappel |
| S.9:127 | Les regards échangés, et les cœurs qu’Allaah détourne |
| S.9:128 | Un rasūl issu de vous-mêmes, plein de sollicitude, Raʾūf, Raḥīm |
| S.9:129 | Clôture — « Allaah me suffit », le Rabb du ʿArsh immense |
L’achat des personnes et des biens des muʾminūn, et leurs qualités · S9:111–112
S.9:111 · Allaah a acheté aux muʾminūn leurs personnes et leurs biens, contre la Janna
- ishtarā ... bi-anna lahumu l-jannata
- racine *sh-r-y*, que les lexicographes anciens (Ibn Fāris, *Maqāyīs al-Lugha*) classent parmi les *aḍdād* — les racines qui portent, selon le contexte, un sens et son contraire : elle désigne aussi bien l'achat que la vente. Voir l'avertissement de méthode ci-dessus : ce Bloc y voit une image d'échange réciproque et engageant, non une transaction littérale impliquant un besoin d'Allaah.
- waʿdan ʿalayhi ḥaqqan
- voir l'avertissement de méthode ci-dessus — construction analogue, quoique distincte, de *kataba ʿalā nafsihi* (S6:12 et S6:54) : un engagement qu'Allaah prend de Lui-même, non qui Lui serait imposé.
- bi-bayʿikumu lladhī bāyaʿtum bihi
- même racine *b-y-ʿ* que *bayʿa*, le pacte d'allégeance historiquement attesté — le texte reprend, pour cet engagement envers Allaah, le vocabulaire même du pacte humain, prolongeant l'image de « l'achat » du début du verset.
- al-fawzu l-ʿaẓīm
- voir S4:13 et les autres occurrences de cette formule.
S.9:112 · La liste des qualités des croyants
- at-tāʾibūn
- même racine *t-w-b* que *at-Tawwāb* (S9:104, Bloc IV, même sourate) — ici au sens humain du retour répété vers Allaah, non l'épithète réservée à Allaah Lui-même.
- as-sāʾiḥūn
- racine *s-y-ḥ* (Ibn Fāris, *Maqāyīs al-Lugha* : l'écoulement libre et continu, comme l'eau qui s'étend sur la terre sans entrave). Non-dit : la seule racine désigne un parcours, un mouvement libre et étendu ; elle ne précise pas, par elle-même, la nature de ce parcours (un déplacement physique, une quête de science, ou tout autre emploi figuré) — ce Bloc ne tranche pas au-delà de ce que la racine porte, sans importer de lecture exégétique postérieure.
- al-āmirūna bi-l-maʿrūfi wa-n-nāhūna ʿani l-munkar
- voir S3:104, S3:110 et S3:114.
- al-ḥāfiẓūna li-ḥudūdi llāh
- racine *ḥ-f-ẓ* (garder, préserver) appliquée ici aux limites (*ḥudūd*) qu'Allaah a fixées.
L’istighfar interdit pour les mushrikūn, et l’exemple d’Ibrāhīm · S9:113–115
Point de méthode — S9:113–114, l’istighfar d’Ibrāhīm pour son père. Ce que le texte affirme : une interdiction, pour le nabī et les croyants, de demander pardon pour des mushrikūn dont le sort est devenu clair (tabayyana) — même s’ils sont des proches ; puis, à titre d’exemple antérieur, la demande de pardon d’Ibrāhīm pour son père, présentée comme motivée uniquement par une promesse (mawʿida) qu’il lui avait faite, et son désaveu (tabarraʾa) net et immédiat une fois qu’il lui devint clair, à lui aussi, que son père était un ennemi d’Allaah. Ce que le texte ne dit pas : ni la teneur exacte de cette promesse, ni le moment ou les circonstances où cette clarté vint à Ibrāhīm, ni le sort final du père, ne sont précisés par ce seul passage — ce Bloc n’importe aucun récit narratif au-delà de ce que le texte affirme lui-même, avec la même prudence que pour les passages sans détail narratif du Bloc III (S9:75–77, S9:80, S9:84) et pour les points les plus sensibles de S4:157–158 et S4:171–172.
S.9:113 · L’istighfar interdit pour les mushrikūn, une fois leur sort devenu clair
- mā kāna li-n-nabiyyi ... an
- construction que l'on retrouve en S8:67 (*mā kāna li-nabiyyin an yakūna lahu asrā*) — une limite posée à l'action même du nabī, non une simple recommandation.
- min baʿdi mā tabayyana lahum
- racine *b-y-n* (devenir clair, manifeste) — Dit : l'interdiction est explicitement conditionnée à une clarté acquise (le sort de ces personnes comme *aṣḥāb al-jaḥīm*), non posée dans l'absolu avant cette clarté — voir le callout de méthode ci-dessus, et S9:114 qui applique ce même principe à Ibrāhīm.
S.9:114 · Ibrāhīm et son père — la promesse, puis le désaveu
- ʿan mawʿidatin waʿadahā iyyāhu
- racine *w-ʿ-d* — Non-dit : ni la teneur ni les circonstances de cette promesse ne sont précisées par ce seul verset. Voir le callout de méthode ci-dessus.
- tabarraʾa minhu
- racine *b-r-ʾ*, même famille que *barīʾ* (S8:48, S9:1) — un désaveu net, sans ambiguïté, présenté comme la conséquence immédiate et nécessaire de la clarté acquise, non un délai ou une hésitation.
- la-awwāhun
- racine *ʾ-w-h*, forme intensive : celui qui soupire, qui gémit fréquemment dans une supplication humble. Appliqué ici à Ibrāhīm, un être humain, ce terme n'entre pas dans le champ des précautions requises pour ce qui se dit d'Allaah.
- ḥalīm
- racine *ḥ-l-m* — appliquée ici à Ibrāhīm : la longanimité, la retenue devant ce qui provoquerait une réaction immédiate. Distinct de *Ḥalīm* appliqué à Allaah (voir S2:225), conservé alors en translittération pour écarter toute connotation de sentiment humain : ici, décrivant un homme, le terme peut être rendu dans son registre humain ordinaire.
S.9:115 · Allaah n’égare un peuple qu’après lui avoir rendu clair ce qu’il doit craindre
- mā kāna llāhu li-yuḍilla qawman ... ḥattā yubayyina lahum
- Note de cohérence intra-coranique : même racine *b-y-n* que *tabayyana* (S9:113–114, ce Bloc) — le principe posé pour Ibrāhīm et pour les croyants (nulle conséquence avant que la clarté ne soit acquise) est ici formulé comme un principe général régissant l'action même d'Allaah envers un peuple.
La royauté des cieux et de la terre — le retour accueilli · S9:116–118
S.9:116 · La royauté des cieux et de la terre — nul walī, nul naṣīr hors d’Allaah
- lahu mulku s-samāwāti wa-l-arḍi ... min waliyyin wa-lā naṣīr
- quasi mot pour mot S2:107 (*a-lam taʿlam anna llāha lahu mulku s-samāwāti wa-l-arḍi wa-mā lakum min dūni llāhi min waliyyin wa-lā naṣīr*).
- yuḥyī wa-yumīt
- voir S2:258, S2:260 et S3:156.
S.9:117 · Le retour accueilli du nabī, des Muhājirūn et des Anṣār
- kāda yazīghu qulūbu farīqin minhum
- même racine *z-y-gh* que *zaygh* en S3:7 (la déviation, l'écart par rapport à une ligne droite, appliquée là aux cœurs qui suivent le *mutashābih*) — ici, une déviation qui n'a fait que s'amorcer (*kāda*, « il s'en est fallu de peu ») avant d'être immédiatement suivie de l'accueil du retour.
- innahu bihim raʾūfun raḥīm
- *Raʾūf* (voir S2:207 et S3:30) : conservé en translittération, pour écarter toute connotation de sentiment humain. Voir l'avertissement de méthode en tête de ce Bloc pour le contraste avec S9:128, où ce même terme qualifie le rasūl.
S.9:118 · Le retour accueilli des trois dont le cas fut différé
- khullifū
- même racine *kh-l-f* que *al-khawālif* (S9:87 et S9:93, Blocs III–IV, même sourate), mais à une forme distincte : non « ceux qui restent en arrière » par choix ou par empêchement, mais ceux dont le cas fut *différé*, mis en suspens. Cohérence intra-coranique directe : ce même sort est nommé en S9:106 (Bloc IV, même sourate) — *wa-ākharūna murjawna li-amri llāh*, « et d'autres sont laissés en suspens à l'ordre d'Allaah » — ce verset en est la résolution narrative, l'attente s'y refermant par l'accueil du retour.
- ẓannū an lā maljaʾa mina llāhi illā ilayhi
- racine *ẓ-n-n*, qui couvre en arabe classique un spectre allant de la simple supposition à la certitude ferme selon le contexte — ce Bloc retient ici le sens fort (une certitude acquise dans l'extrémité de la détresse), le contexte (l'absence de toute autre issue envisagée) excluant une simple probabilité.
- inna llāha huwa t-tawwābu r-raḥīm
- voir S2:37, S2:54, S2:128 et S9:104 (Bloc IV, même sourate) : *at-Tawwāb*, Ce qui accueille sans cesse le retour.
Se prémunir et demeurer avec les véridiques · S9:119
S.9:119 · Se prémunir d’Allaah et demeurer avec les véridiques
- kūnū maʿa ṣ-ṣādiqīn
- racine *ṣ-d-q* (la véracité, la conformité entre la parole et l'acte) — Note de transition : cet appel bref referme la longue séquence sur la sincérité et le mensonge des munāfiqūn qui traverse toute la sourate depuis le Bloc III, avant que le Bloc ne reprenne, aux versets suivants, le thème du sabīl et de l'effort réel.
Ne pas rester en arrière du rasūl — la récompense de chaque effort · S9:120–121
S.9:120 · Nulle soif, nulle fatigue, nulle faim, sans qu’une œuvre saine ne soit inscrite
- an yatakhallafū ʿan rasūli llāh
- même racine *kh-l-f* que *khullifū* (S9:118, ce Bloc) et *al-khawālif* (S9:87 et S9:93) — troisième nuance de cette même racine dans la sourate : ici, un manquement qui aurait été délibéré, distinct du cas différé de S9:118 et du cas générique de S9:87 et S9:93.
- ẓamaʾun ... naṣabun ... makhmaṣatun
- trois substantifs désignant chacun une privation physique concrète : la soif, la fatigue, la faim.
S.9:121 · La récompense inscrite pour chaque dépense, petite ou grande
- illā kutiba lahum
- Note de cohérence intra-coranique : même construction (*illā kutiba lahum*) que S9:120 (ce Bloc) — les deux versets forment un seul mouvement, étendant l'inscription de la récompense de l'effort physique (S9:120) à la dépense matérielle (ce verset).
Le détachement pour approfondir la science du dīn · S9:122
S.9:122 · Que ne sorte pas tous ensemble — qu’une partie se détache pour approfondir le dīn
- li-yatafaqqahū fi d-dīni
- racine *f-q-h* (comprendre en profondeur, saisir le sens au-delà de l'apparence) — même racine que *lā yafqahūn* (S9:127, ce Bloc, à propos des munāfiqūn) : un contraste voulu par la sourate entre ceux qui s'attachent à comprendre en profondeur et ceux dont Allaah détourne la capacité même de comprendre.
- dīn
- conservé en translittération — non traduit par « religion ».
Combattre avec fermeté ceux des kuffār les plus proches · S9:123
S.9:123 · Combattre ceux des kuffār qui sont proches, avec fermeté
- alladhīna yalūnakum
- racine *w-l-y* (ce qui suit immédiatement, ce qui est contigu) — Non-dit : ce seul verset ne précise pas si cette proximité est géographique, temporelle dans l'ordre du combat, ou les deux ; il pose seulement un ordre de priorité, non une limite excluant tout combat au-delà.
- ghilẓatan
- racine *gh-l-ẓ* (la dureté, la rudesse, opposée à la finesse ou à la mollesse).
Les sourates révélées — foi accrue ou souillure accrue · S9:124–127
S.9:124 · La sourate qui augmente la foi de ceux qui croient
- zādathu ... īmānan
- Dit : le texte pose la foi comme une réalité susceptible d'augmentation, non un état fixe et invariable — question reprise et opposée symétriquement au verset suivant.
S.9:125 · La sourate qui ajoute une souillure à la souillure des cœurs malades
- rijsan ilā rijsihim
- Note de cohérence intra-coranique. Même racine *r-j-s* que S9:95 (Bloc IV, même sourate), où des personnes elles-mêmes sont qualifiées de *rijs* — cette occurrence prolonge ce même registre : une souillure qui s'ajoute à une souillure déjà là, non une cause qui la produirait du dehors.
S.9:126 · L’épreuve répétée chaque année, sans retour ni rappel
- yuftanūna
- même racine *f-t-n* que *fitna* (S8:73, S9:47–49) — ici sous une forme passive répétée, une mise à l'épreuve périodique dont ce seul verset ne précise pas la nature exacte (non-dit).
S.9:127 · Les regards échangés, et les cœurs qu’Allaah détourne
- thumma nṣarafū — ṣarafa llāhu qulūbahum
- Note de méthode. Même principe que *khatama*/*ṭubiʿa* (S2:6–7, S9:87) et que *nasū llāha fa-nasiyahum* / *sakhira llāhu minhum* (S9:67 et S9:79, Bloc III) : le « détournement » attribué à Allaah (*ṣarafa*) reprend, en écho lexical direct, le détournement des hommes eux-mêmes (*inṣarafū*) qui le précède immédiatement dans le même verset — une rétribution qui reproduit en miroir l'acte humain, non une cause première qui priverait ces gens, de l'extérieur, de la faculté de comprendre.
- lā yafqahūn
- même racine *f-q-h* que *yatafaqqahū* (S9:122, ce Bloc) — voir la note à cet endroit.
Clôture de la sourate — le rasūl issu de vous-mêmes, et Allaah seul · S9:128–129
S.9:128 · Un rasūl issu de vous-mêmes, plein de sollicitude, raʾūf, raḥīm
- min anfusikum
- Dit : le texte insiste sur la nature humaine, issue du même corps social, du rasūl.
- ʿazīzun ʿalayhi mā ʿanittum
- racine *ʿ-n-t* (la peine, la difficulté qui accable).
- ḥarīṣun ʿalaykum
- racine *ḥ-r-ṣ* : le souci ardent, l'attention soutenue portée à quelqu'un — ici, le rasūl est ardemment soucieux de ceux auxquels il s'adresse, non « avide » de quoi que ce soit.
- raʾūfun raḥīm
- voir l'avertissement de méthode en tête de ce Bloc : ces deux mêmes termes qualifient Allaah en S9:117 (ce Bloc) et sont alors conservés en translittération pour écarter toute connotation de sentiment humain ; appliqués ici au rasūl, un être humain, ils sont rendus dans leur registre affectif ordinaire (sollicitude, compassion), sans que cela ne rouvre la question méthodologique posée pour Allaah.
S.9:129 · Clôture — « Allaah me suffit », le Rabb du ʿArsh immense
- ḥasbiya llāh
- racine *ḥ-s-b* (ce qui suffit, ce qui compte comme assez) — voir *ḥasbunā llāhu wa-niʿma l-wakīl*, S3:173, S8:62 et S8:64 — ici à la première personne du singulier, le nabī parlant en son propre nom.
- lā ilāha illā huwa
- *ilāh* conservé en translittération (voir S2:255, S3:2, S3:6 et S3:18 : « nul *ilāh* que Lui »).
- tawakkaltu
- même racine *w-k-l* que *al-wakīl* (S3:173, S8:62 et S8:64).
- rabbu l-ʿarshi l-ʿaẓīm
- *ʿArsh* est conservé en translittération (voir S7:54 : *thumma stawā ʿalā l-ʿarsh*, où une lecture non spatiale de la construction *istawā ʿalā* est retenue). Ici, la construction est distincte (un simple génitif, « le Rabb du ʿArsh », sans le verbe *istawā*) : la translittération du terme est néanmoins conservée, par cohérence terminologique, sans que cela ne rouvre la question spécifique de S7:54. *ʿAẓīm* qualifie ici le ʿArsh lui-même, non Allaah directement, et se rend donc sans difficulté par l'adjectif français « immense ». Note de clôture de la Sourate 9 : ce dernier verset referme la sourate sur un renvoi exclusif à Allaah — nul refuge, nulle suffisance, nul appui hors de Lui — faisant écho, par le motif du refuge (*maljaʾ*, S9:118, ce Bloc), à l'ensemble du Bloc qui précède.