Structure du Bloc III — S10:41–70. Quinze ensembles. D’abord la désolidarisation des œuvres — « à moi mon œuvre, à vous la vôtre » (S10:41). Puis la question rhétorique des sourds et des aveugles qui n’entendent ni ne voient au sens profond, et le rappel qu’Allaah ne lèse jamais les hommes, qui se lèsent eux-mêmes (S10:42–44). Puis le Jour du rassemblement, aussi bref qu’une heure du jour (S10:45). Puis l’alternative laissée ouverte au nabī — voir une part de ce qui est promis, ou être repris avant — et chaque umma pourvue de son rasūl, jugée selon le qisṭ (S10:46–47). Puis la demande impatiente « quand cette promesse ? », et le rappel qu’un ajal est fixé pour chaque umma (S10:48–49). Puis le châtiment qui peut venir de nuit ou de jour, l’ironie de n’y croire qu’une fois advenu, et le châtiment de la perpétuité (S10:50–52). Puis la demande « est-ce vrai ? », la rançon impossible de toute la terre, et le qisṭ de nouveau (S10:53–54). Puis ce qui appartient à Allaah dans les cieux et la terre, et la vie et la mort qu’Il donne (S10:55–56). Puis le Qurʾān qualifié de rappel, de guérison, de guidance et de miséricorde (S10:57–58). Puis le ḥalāl et le ḥarām déclarés sans l’autorisation d’Allaah, et l’accusation de forger un mensonge contre Lui (S10:59–60). Puis la science exhaustive d’Allaah, à qui rien n’échappe, pas même le poids d’un atome (S10:61). Puis les awliyāʾ d’Allaah, sans crainte ni tristesse (S10:62–64). Puis l’appel à ne pas s’attrister de la parole des autres, la puissance tout entière à Allaah, et les associés qui ne suivent que la conjecture (S10:65–66). Puis la nuit pour le repos, le jour pour voir (S10:67). Enfin la prétention qu’Allaah aurait pris un enfant (walad), écartée par la même formule qu’en S4:171, et la clôture sur la jouissance limitée d’ici-bas (S10:68–70).

Sommaire du bloc

Réf. Titre thématique
S.10:41 Désolidarisation des œuvres — « à moi mon œuvre, à vous la vôtre »
S.10:42–44 Sourds et aveugles qui ne raisonnent ni ne voient — Allaah ne lèse pas
S.10:45 Le Jour du rassemblement, aussi bref qu’une heure du jour
S.10:46–47 Voir une part de la promesse, ou être repris avant — chaque umma et son rasūl
S.10:48–49 « Quand cette promesse ? » — un ajal fixé pour chaque umma
S.10:50–52 Le châtiment de nuit ou de jour — croire seulement une fois advenu — le châtiment de la perpétuité
S.10:53–54 « Est-ce vrai ? » — la rançon impossible de toute la terre — le qisṭ, de nouveau
S.10:55–56 À Allaah ce qui est dans les cieux et la terre — Il donne la vie et la mort
S.10:57–58 Le Qurʾān : rappel, guérison, guidance, miséricorde
S.10:59–60 Le ḥalāl et le ḥarām sans l’autorisation d’Allaah
S.10:61 Rien n’échappe à ton Rabb, pas même le poids d’un atome
S.10:62–64 Les awliyāʾ d’Allaah — nulle crainte, nulle tristesse
S.10:65–66 Que leur parole ne t’attriste pas — la conjecture, non la certitude
S.10:67 La nuit pour le repos, le jour pour voir
S.10:68–70 « Allaah a pris un enfant » — gloire à Lui, al-Ghaniyy

Désolidarisation des œuvres · S10:41

S.10:41 · « À moi mon œuvre, à vous la vôtre »

S.10:41
وَإِنْ كَذَّبُوكَ فَقُلْ لِي عَمَلِي وَلَكُمْ عَمَلُكُمْ ۖ أَنْتُمْ بَرِيئُونَ مِمَّا أَعْمَلُ وَأَنَا بَرِيءٌ مِمَّا تَعْمَلُونَ
Wa-in kadhdhabūka fa-qul lī ʿamalī wa-lakum ʿamalukum — antum barīʾūna mimmā aʿmalu wa-anā barīʾun mimmā taʿmalūn Et s’ils te démentent, dis : « À moi mon œuvre, à vous la vôtre — vous êtes exempts (barīʾūn) de ce que je fais, et je suis exempt (barīʾ) de ce que vous faites. »
Notes lexicales
barīʾūn … barīʾ
racine *b-r-ʾ* (voir aussi *yarmi bihi barīʾan*, S4:112 : accuser un innocent) — ici au sens d'être exempt, dégagé de toute responsabilité envers ce qui n'est pas soi. Dit : le texte désolidarise strictement les œuvres, non les personnes — la relation d'avertissement du *nabī* envers eux ne cesse pas pour autant, seule la responsabilité de chaque acte reste propre à celui qui l'accomplit.

Sourds et aveugles, Allaah ne lèse pas · S10:42–44

S.10:42–43 · Qui entend sans raisonner, qui regarde sans voir

S.10:42
وَمِنْهُمْ مَنْ يَسْتَمِعُونَ إِلَيْكَ ۚ أَفَأَنْتَ تُسْمِعُ الصُّمَّ وَلَوْ كَانُوا لَا يَعْقِلُونَ
Wa-minhum man yastamiʿūna ilayka — a-fa-anta tusmiʿu ṣ-ṣumma wa-law kānū lā yaʿqilūn Et parmi eux, il en est qui te prêtent l’écoute (yastamiʿūna) — est-ce donc toi qui ferais entendre les sourds, même s’ils ne raisonnent pas (yaʿqilūn) ?
S.10:43
وَمِنْهُمْ مَنْ يَنْظُرُ إِلَيْكَ ۚ أَفَأَنْتَ تَهْدِي الْعُمْيَ وَلَوْ كَانُوا لَا يُبْصِرُونَ
Wa-minhum man yanẕuru ilayka — a-fa-anta tahdī l-ʿumya wa-law kānū lā yubṣirūn Et parmi eux, il en est qui te regardent (yanẕuru) — est-ce donc toi qui guiderais les aveugles, même s’ils ne perçoivent pas (yubṣirūn) ?
Notes lexicales
yastamiʿūna / yanẕuru — yaʿqilūn / yubṣirūn
Note de linguistique pure. Le texte distingue, pour chaque paire, l'acte physique (l'écoute effective, *yastamiʿūna* ; le regard effectif, *yanẕuru* — même racine *n-ẕ-r* que *li-nanẕura*, S10:14, verbe d'observation) de sa portée profonde manquante (raisonner, *yaʿqilūn* ; percevoir avec discernement, *yubṣirūn*, racine *b-ṣ-r* distincte de la simple vue). Dit : le texte n'attribue aucune surdité ni cécité physique à ces interlocuteurs — l'écoute et le regard sont bien exercés — mais nie que cette perception physique, seule, débouche sur le raisonnement ou le discernement. La question rhétorique porte sur les limites du rôle du *nabī* : il ne peut, par lui-même, produire cette conversion intérieure.

S.10:44 · Allaah ne lèse pas — les hommes se lèsent eux-mêmes

S.10:44
إِنَّ اللَّهَ لَا يَظْلِمُ النَّاسَ شَيْئًا وَلَٰكِنَّ النَّاسَ أَنْفُسَهُمْ يَظْلِمُونَ
Inna llāha lā yaẕlimu n-nāsa shayʾan wa-lākinna n-nāsa anfusahum yaẕlimūn Allaah ne lèse (yaẕlimu) en rien les hommes — mais ce sont les hommes qui se lèsent eux-mêmes.
Notes lexicales
lā yaẕlimu … yaẕlimūn
Cohérence intra-coranique : même principe sous d'autres formes — *lā yuẕlamūn* (S10:47), le poids d'une *dharra* (S4:40 : « Allaah ne lèse pas, même du poids d'une *dharra* »), et l'excès (*baghy*) qui « ne retombe que sur vous-mêmes » (S10:23). Le *ẕulm* est ici retiré d'Allaah et rapporté exclusivement à l'agir humain.

Le Jour du rassemblement · S10:45

S.10:45 · Aussi bref qu’une heure du jour

S.10:45
وَيَوْمَ يَحْشُرُهُمْ كَأَنْ لَمْ يَلْبَثُوا إِلَّا سَاعَةً مِنَ النَّهَارِ يَتَعَارَفُونَ بَيْنَهُمْ ۚ قَدْ خَسِرَ الَّذِينَ كَذَّبُوا بِلِقَاءِ اللَّهِ وَمَا كَانُوا مُهْتَدِينَ
Wa-yawma yaḥshuruhum ka-an lam yalbathū illā sāʿatan mina n-nahāri yataʿārafūna baynahum — qad khasira lladhīna kadhdhabū bi-liqāʾi llāhi wa-mā kānū muhtadīn Et le Jour où Il les rassemblera, ce sera comme s’ils n’avaient demeuré qu’une heure du jour, se reconnaissant entre eux (yataʿārafūna) — ils ont certes perdu (khasira), ceux qui ont démenti la Rencontre d’Allaah (liqāʾ Allaah), et n’ont pas été guidés.
Notes lexicales
liqāʾi llāh
voir S6:31, S10:7, S10:11 et S10:15 : le fait de se trouver mis en présence, la réalité effective et inéluctable de la reddition de comptes.
yataʿārafūna baynahum
racine *ʿ-r-f* : se reconnaître mutuellement. Dit : le texte affirme une reconnaissance mutuelle entre les rassemblés, sans en préciser davantage la nature (une simple identification, ou un échange plus développé) — ce Bloc ne tranche pas au-delà de ce que ce seul verset affirme.

Voir une part de la promesse, ou être repris avant — chaque umma et son rasūl · S10:46–47

S.10:46 · Que Nous te montrions, ou que Nous te reprenions

S.10:46
وَإِمَّا نُرِيَنَّكَ بَعْضَ الَّذِي نَعِدُهُمْ أَوْ نَتَوَفَّيَنَّكَ فَإِلَيْنَا مَرْجِعُهُمْ ثُمَّ اللَّهُ شَهِيدٌ عَلَىٰ مَا يَفْعَلُونَ
Wa-immā nuriyannaka baʿḑa lladhī naʿiduhum aw natawaffayannaka fa-ilaynā marjiʿuhum thumma llāhu shahīdun ʿalā mā yafʿalūn Et que Nous te fassions voir une part de ce que Nous leur promettons, ou que Nous te reprenions (natawaffayannaka) [avant] — c’est vers Nous qu’est leur retour ; puis Allaah est témoin (shahīd) de ce qu’ils font.
Notes lexicales
natawaffayannaka
racine *w-f-y*, forme V (voir S4:15, *ḥattā yatawaffāhunna l-mawt* : « jusqu'à ce que la mort les reprenne » ; S4:97, *tawaffāhumu l-malāʾika* : les *malāʾika* comme instrument de la reprise). Note de méthode. Ici, Allaah est directement le sujet grammatical du verbe ; comme dans les occurrences citées, *tawaffā* désigne une fonction (mettre un terme à la vie), non un acte physique ou spatial. Dit : le texte pose une alternative binaire — voir de son vivant une part de ce qui est promis à ses interlocuteurs, ou en être repris avant — sans indiquer laquelle des deux advient. Non-dit : ce seul verset ne tranche pas.

S.10:47 · Chaque umma et son rasūl, jugés selon le qisṭ

S.10:47
وَلِكُلِّ أُمَّةٍ رَسُولٌ ۖ فَإِذَا جَاءَ رَسُولُهُمْ قُضِيَ بَيْنَهُمْ بِالْقِسْطِ وَهُمْ لَا يُظْلَمُونَ
Wa-li-kulli ummatin rasūlun — fa-idhā jāʾa rasūluhum quḑiya baynahum bi-l-qisṭi wa-hum lā yuẕlamūn Et à chaque umma un rasūl — et quand leur rasūl est venu, il est tranché entre eux selon le qisṭ, et ils ne sont pas lésés.
Notes lexicales
li-kulli ummatin rasūl
Cohérence intra-coranique : principe voisin de *rusulun minkum* appliqué aux *jinn* (S6:130) — ici formulé de façon générale pour toute *umma* humaine. *Qisṭ* : la juste répartition (voir S10:4).

« Quand cette promesse ? » — un ajal fixé pour chaque umma · S10:48–49

S.10:48–49 · Ni tort ni profit pour moi-même — un terme pour chaque umma

S.10:48
وَيَقُولُونَ مَتَىٰ هَٰذَا الْوَعْدُ إِنْ كُنْتُمْ صَادِقِينَ
Wa-yaqūlūna matā hādhā l-waʿdu in kuntum ṣādiqīn Et ils disent : « Quand [se réalisera] cette promesse, si vous êtes véridiques ? »
S.10:49
قُلْ لَا أَمْلِكُ لِنَفْسِي ضَرًّا وَلَا نَفْعًا إِلَّا مَا شَاءَ اللَّهُ ۗ لِكُلِّ أُمَّةٍ أَجَلٌ ۚ إِذَا جَاءَ أَجَلُهُمْ فَلَا يَسْتَأْخِرُونَ سَاعَةً ۖ وَلَا يَسْتَقْدِمُونَ
Qul lā amliku li-nafsī ḑarran wa-lā nafʿan illā mā shāʾa llāhu — li-kulli ummatin ajalun — idhā jāʾa ajaluhum fa-lā yastaʾkhirūna sāʿatan wa-lā yastaqdimūn Dis : « Je ne détiens pour moi-même ni tort (ḑarr) ni profit, sauf ce que veut Allaah. À chaque umma un terme (ajal) — quand leur terme vient, ils ne le retardent ni ne l’avancent d’une heure. »
Notes lexicales
lā amliku li-nafsī ḑarran wa-lā nafʿan
Cohérence intra-coranique : le *nabī* nie encore, comme en S10:15–16 (*min tilqāʾi nafsī*), toute maîtrise personnelle — ici non sur le texte révélé, mais sur le moment de la promesse elle-même.
ajal … yastaʾkhirūna … yastaqdimūn
*ajal* : voir S6:2. *Yastaʾkhirūna/yastaqdimūn*, racines *ʾ-kh-r* et *q-d-m* : retarder, avancer — paire antithétique appliquée au terme fixé de chaque *umma*, non de chaque individu.

Le châtiment de nuit ou de jour — croire seulement une fois advenu — la perpétuité · S10:50–52

S.10:50–51 · « Qu’est-ce qui vous fait tant hâter ? » — « Maintenant ? »

S.10:50
قُلْ أَرَأَيْتُمْ إِنْ أَتَاكُمْ عَذَابُهُ بَيَاتًا أَوْ نَهَارًا مَاذَا يَسْتَعْجِلُ مِنْهُ الْمُجْرِمُونَ
Qul a-raʾaytum in atākum ʿadhābuhu bayātan aw nahāran mādhā yastaʿjilu minhu l-mujrimūn Dis : « Voyez-vous ? Si Son châtiment vous vient de nuit ou de jour, qu’est-ce que les mujrimūn en hâtent (yastaʿjilu) tant ? »
S.10:51
أَثُمَّ إِذَا مَا وَقَعَ آمَنْتُمْ بِهِ ۚ آلْآنَ وَقَدْ كُنْتُمْ بِهِ تَسْتَعْجِلُونَ
A-thumma idhā mā waqaʿa āmantum bihi — al-āna wa-qad kuntum bihi tastaʿjilūn Est-ce donc seulement quand [le châtiment] survient que vous y croyez ? — Maintenant [seulement] ? — alors que vous cherchiez à le hâter (tastaʿjilūn) !
Notes lexicales
yastaʿjilu … tastaʿjilūn
même racine *ʿ-j-l* que *yuʿajjilu … stiʿjālahum* (S10:11) : la hâte. Dit : le texte souligne la contradiction — réclamer par bravade la venue du châtiment, puis n'y croire qu'une fois celui-ci advenu — sans juger davantage cette attitude au-delà de ce constat.

S.10:52 · Le châtiment de la perpétuité

S.10:52
ثُمَّ قِيلَ لِلَّذِينَ ظَلَمُوا ذُوقُوا عَذَابَ الْخُلْدِ هَلْ تُجْزَوْنَ إِلَّا بِمَا كُنْتُمْ تَكْسِبُونَ
Thumma qīla li-lladhīna ẕalamū dhūqū ʿadhāba l-khuldi hal tujzawna illā bi-mā kuntum taksibūn Puis il sera dit à ceux qui ont commis le ẕulm : « Goûtez le châtiment de la perpétuité (khuld) — n’êtes-vous rétribués que selon ce que vous acquériez ? »
Notes lexicales
ʿadhāba l-khuld
racine *kh-l-d*, même racine que *khālidūn* (S10:26–27). Ici substantivée : la perpétuité elle-même comme qualificatif du châtiment.

« Est-ce vrai ? » — la rançon impossible de toute la terre — le qisṭ, de nouveau · S10:53–54

S.10:53 · « Oui, par mon Rabb »

S.10:53
۞ وَيَسْتَنْبِئُونَكَ أَحَقٌّ هُوَ ۖ قُلْ إِي وَرَبِّي إِنَّهُ لَحَقٌّ ۖ وَمَا أَنْتُمْ بِمُعْجِزِينَ
Wa-yastanbiʾūnaka a-ḥaqqun huwa — qul ī wa-rabbī innahu la-ḥaqqun — wa-mā antum bi-muʿjizīn Et ils te demandent de les informer (yastanbiʾūnaka) : « Est-ce vrai ? » Dis : « Oui, par mon Rabb, c’est certes vrai — et vous ne pouvez vous y soustraire (muʿjizīn). »
Notes lexicales
yastanbiʾūnaka
même racine *n-b-ʾ* que *a-tunabbiʾūna llāha* (S10:18) : informer, apporter une nouvelle — ici ce sont eux qui demandent au *nabī* de les informer.
muʿjizīn
racine *ʿ-j-z* : être incapable, se soustraire à ce qui vous atteint. Note de linguistique pure. Le serment « par mon Rabb » (*wa-rabbī*) est ici celui du *nabī* lui-même, répondant à la première personne — non une formule qu'Allaah prononcerait sur Lui-même.

S.10:54 · La rançon impossible de toute la terre

S.10:54
وَلَوْ أَنَّ لِكُلِّ نَفْسٍ ظَلَمَتْ مَا فِي الْأَرْضِ لَافْتَدَتْ بِهِ ۗ وَأَسَرُّوا النَّدَامَةَ لَمَّا رَأَوُا الْعَذَابَ ۖ وَقُضِيَ بَيْنَهُمْ بِالْقِسْطِ ۚ وَهُمْ لَا يُظْلَمُونَ
Wa-law anna li-kulli nafsin ẕalamat mā fi l-arḑi la-ftadat bihi — wa-asarrū n-nadāmata lammā raʾawu l-ʿadhāba — wa-quḑiya baynahum bi-l-qisṭi wa-hum lā yuẕlamūn Et si chaque âme qui a commis le ẕulm possédait tout ce qui est sur la terre, elle le donnerait certes en rançon (iftadat). Ils dissimulent le regret (asarrū n-nadāma) quand ils voient le châtiment — et il est tranché entre eux selon le qisṭ, et ils ne sont pas lésés.
Notes lexicales
asarrū n-nadāma
*asarrū*, racine *s-r-r* : dissimuler, tenir caché — non « exprimer » le regret, mais le retenir en soi. Non-dit : ce seul verset ne précise pas le motif de cette dissimulation (honte, inutilité perçue de l'exprimer, ou autre) — ce Bloc ne tranche pas au-delà du constat lui-même.
bi-l-qisṭ … lā yuẕlamūn
troisième occurrence de cette même clause de clôture dans cette seule sourate (S10:4 ; S10:47) — reprise constante plutôt que simple répétition rhétorique isolée.

À Allaah ce qui est dans les cieux et la terre — Il donne la vie et la mort · S10:55–56

S.10:55–56 · La promesse d’Allaah est vraie — Il donne la vie et la mort

S.10:55
أَلَا إِنَّ لِلَّهِ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ ۗ أَلَا إِنَّ وَعْدَ اللَّهِ حَقٌّ وَلَٰكِنَّ أَكْثَرَهُمْ لَا يَعْلَمُونَ
A-lā inna li-llāhi mā fi s-samāwāti wa-l-arḑi — a-lā inna waʿda llāhi ḥaqqun wa-lākinna aktharahum lā yaʿlamūn N’est-ce pas qu’à Allaah appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre ? N’est-ce pas que la promesse d’Allaah est vraie ? — mais la plupart d’entre eux ne savent pas.
S.10:56
هُوَ يُحْيِي وَيُمِيتُ وَإِلَيْهِ تُرْجَعُونَ
Huwa yuḥyī wa-yumītu wa-ilayhi turjaʿūn C’est Lui qui donne la vie et donne la mort — et c’est vers Lui que vous serez ramenés.
Notes lexicales
yuḥyī wa-yumītu
racines *ḥ-y-y* et *m-w-t* : donner la vie, donner la mort — même paire de fonctions que dans S10:31 (*yukhriju l-ḥayya mina l-mayyiti*), ici énoncée de façon directe et absolue.

Le Qurʾān : rappel, guérison, guidance, miséricorde · S10:57–58

S.10:57–58 · Une guérison pour ce qui est dans les poitrines

S.10:57
يَا أَيُّهَا النَّاسُ قَدْ جَاءَتْكُمْ مَوْعِظَةٌ مِنْ رَبِّكُمْ وَشِفَاءٌ لِمَا فِي الصُّدُورِ وَهُدًى وَرَحْمَةٌ لِلْمُؤْمِنِينَ
Yā ayyuhā n-nāsu qad jāʾatkum mawʿiẓatun min rabbikum wa-shifāʾun li-mā fī ṣ-ṣudūri wa-hudan wa-raḥmatun li-l-muʾminīn Ô hommes, un rappel (mawʿiẓa) vous est certes venu de votre Rabb, une guérison (shifāʾ) pour ce qui est dans les poitrines, une guidance (hudā) et une miséricorde (raḥma) pour les croyants.
S.10:58
قُلْ بِفَضْلِ اللَّهِ وَبِرَحْمَتِهِ فَبِذَٰلِكَ فَلْيَفْرَحُوا هُوَ خَيْرٌ مِمَّا يَجْمَعُونَ
Qul bi-faḑli llāhi wa-bi-raḥmatihi fa-bi-dhālika fa-l-yafraḥū huwa khayrun mimmā yajmaʿūn Dis : « Par la faveur (faḑl) d’Allaah et par Sa miséricorde — que de cela ils se réjouissent. Cela est meilleur que ce qu’ils amassent. »
Notes lexicales
shifāʾun li-mā fī ṣ-ṣudūr
racine *sh-f-y* : la guérison. Dit : le texte qualifie le Qurʾān de « guérison », mais précise lui-même l'objet de cette guérison — « ce qui est dans les poitrines » (les dispositions intérieures), non une guérison au sens médical d'une affection corporelle.

Le ḥalāl et le ḥarām sans l’autorisation d’Allaah · S10:59–60

Point de méthode — S10:59, déclarer ḥalāl et ḥarām sans l’autorisation (idhn) d’Allaah. Ce verset applique, sur un cas concret, le principe exposé dans l’étude Ḥalāl et Ḥarām dans le Coran : déclarer ḥalāl ou ḥarām sans fondement textuel est qualifié d’iftirāʾ ʿalā llāh (forger un mensonge contre Allaah), la racine f-r-y revenant à de nombreuses reprises dans cette sourate (S10:17, 30, 37, 38, 60, 69).

S.10:59–60 · « Est-ce Allaah qui vous l’a autorisé ? »

S.10:59
قُلْ أَرَأَيْتُمْ مَا أَنْزَلَ اللَّهُ لَكُمْ مِنْ رِزْقٍ فَجَعَلْتُمْ مِنْهُ حَرَامًا وَحَلَالًا قُلْ آللَّهُ أَذِنَ لَكُمْ ۖ أَمْ عَلَى اللَّهِ تَفْتَرُونَ
Qul a-raʾaytum mā anzala llāhu lakum min rizqin fa-jaʿaltum minhu ḥarāman wa-ḥalālan — qul āllāhu adhina lakum am ʿalā llāhi taftarūn Dis : « Voyez-vous ce qu’Allaah a fait descendre pour vous comme subsistance (rizq), et que vous en avez fait ḥarām et ḥalāl ? » Dis : « Est-ce Allaah qui vous l’a autorisé (adhina), ou forgez-vous (taftarūn) un mensonge contre Allaah ? »
S.10:60
وَمَا ظَنُّ الَّذِينَ يَفْتَرُونَ عَلَى اللَّهِ الْكَذِبَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ ۗ إِنَّ اللَّهَ لَذُو فَضْلٍ عَلَى النَّاسِ وَلَٰكِنَّ أَكْثَرَهُمْ لَا يَشْكُرُونَ
Wa-mā ẓannu lladhīna yaftarūna ʿalā llāhi l-kadhiba yawma l-qiyāmati — inna llāha la-dhū faḍlin ʿalā n-nāsi wa-lākinna aktharahum lā yashkurūn Et quelle est donc la pensée (ẕann) de ceux qui forgent le mensonge contre Allaah, au Jour de la Résurrection (yawm al-qiyāma) ? — Allaah est certes détenteur de faḑl envers les hommes, mais la plupart d’entre eux ne sont pas reconnaissants (yashkurūn).
Notes lexicales
adhina lakum
même racine *ʾ-dh-n* que *idhn* (S10:3 : nul *shafīʿ* sans l'autorisation d'Allaah). Dit : le texte pose l'autorisation d'Allaah comme le seul fondement légitime d'une déclaration de *ḥarām*/*ḥalāl* — voir le point de méthode ci-dessus.
yawm al-qiyāma
expression conservée telle quelle, désignant techniquement le Jour du jugement — voir aussi *al-ākhira* et *yawm ad-dīn*.
ẕann
même racine que *ẕann* en S10:36 : la conjecture, par opposition au savoir assuré.

Rien n’échappe à ton Rabb, pas même le poids d’un atome · S10:61

S.10:61 · Le poids d’un atome, ni sur la terre ni dans le ciel

S.10:61
وَمَا تَكُونُ فِي شَأْنٍ وَمَا تَتْلُو مِنْهُ مِنْ قُرْآنٍ وَلَا تَعْمَلُونَ مِنْ عَمَلٍ إِلَّا كُنَّا عَلَيْكُمْ شُهُودًا إِذْ تُفِيضُونَ فِيهِ ۚ وَمَا يَعْزُبُ عَنْ رَبِّكَ مِنْ مِثْقَالِ ذَرَّةٍ فِي الْأَرْضِ وَلَا فِي السَّمَاءِ وَلَا أَصْغَرَ مِنْ ذَٰلِكَ وَلَا أَكْبَرَ إِلَّا فِي كِتَابٍ مُبِينٍ
Wa-mā takūnu fī shaʾnin wa-mā tatlū minhu min qurʾānin wa-lā taʿmalūna min ʿamalin illā kunnā ʿalaykum shuhūdan idh tufīḑūna fīhi — wa-mā yaʿzubu ʿan rabbika min mithqāli dharratin fi l-arḑi wa-lā fi s-samāʾi wa-lā aṣghara min dhālika wa-lā akbara illā fī kitābin mubīn Et tu ne te trouves dans aucune situation (shaʾn), tu ne récites de lui aucun qurʾān, vous n’accomplissez aucune œuvre, sans que Nous soyons témoins sur vous au moment où vous vous y engagez (tufīḑūna) — et rien n’échappe (yaʿzubu) à ton Rabb, pas même le poids d’un atome (mithqāl dharra), sur la terre ni dans le ciel, rien de plus petit ni de plus grand que cela, qui ne soit dans un Kitāb manifeste.
Notes lexicales
mithqāli dharratin
voir S4:40 : « Allaah ne lèse pas, même du poids d'une *dharra* ». Ici appliqué non à la rétribution mais à la connaissance elle-même — cohérence intra-coranique directe avec les « clefs du *ghayb* » (S6:59) : rien de la taille d'un atome, plus petit ou plus grand, n'échappe à cette science.
yaʿzubu
racine *ʿ-z-b* : échapper, se soustraire à.

Les awliyāʾ d’Allaah — nulle crainte, nulle tristesse · S10:62–64

Note de cohérence intra-coranique — S10:62, awliyāʾa llāh. Walī (au pluriel awliyāʾ), racine w-l-y (voir S3:150 et suiv. ; mawlā, S10:30) : la proximité qui engage, ce qui a la charge d’un autre, la proximité protectrice réciproque — non une amitié au sens affectif ordinaire du terme français, et non une position spatiale. Conservé en translittération, comme walī/mawlā aux endroits cités.

S.10:62–64 · Ceux qui ont cru et se prémunissaient

S.10:62
أَلَا إِنَّ أَوْلِيَاءَ اللَّهِ لَا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُونَ
A-lā inna awliyāʾa llāhi lā khawfun ʿalayhim wa-lā hum yaḥzanūn N’est-ce pas que les awliyāʾ d’Allaah n’ont aucune crainte (khawf) sur eux, et ne sont pas non plus attristés (yaḥzanūn) ?
S.10:63
الَّذِينَ آمَنُوا وَكَانُوا يَتَّقُونَ
Alladhīna āmanū wa-kānū yattaqūn Ceux qui ont cru et se prémunissaient (yattaqūn).
S.10:64
لَهُمُ الْبُشْرَىٰ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَفِي الْآخِرَةِ ۚ لَا تَبْدِيلَ لِكَلِمَاتِ اللَّهِ ۚ ذَٰلِكَ هُوَ الْفَوْزُ الْعَظِيمُ
Lahumu l-bushrā fi l-ḥayāti d-dunyā wa-fi l-ākhirati — lā tabdīla li-kalimāti llāhi — dhālika huwa l-fawzu l-ʿaẕīm À eux la bonne annonce (bushrā), dans la vie d’ici-bas et dans l’Au-delà — nul changement (tabdīl) aux paroles (kalimāt) d’Allaah — voilà le succès immense (al-fawz al-ʿaẕīm).
Notes lexicales
alladhīna āmanū wa-kānū yattaqūn
Dit : le texte définit lui-même, par cette apposition immédiate, qui sont les *awliyāʾ* d'Allaah — ceux qui ont cru et qui se prémunissaient (*taqwā*) — sans autre critère ajouté que ces deux éléments.
kalimāti llāh … al-fawzu l-ʿaẕīm
*kalimāt*, pluriel de *kalima* (voir S10:19). *Al-fawz al-ʿaẕīm* : même expression qu'en S4:13.

Que leur parole ne t’attriste pas — la conjecture, non la certitude · S10:65–66

S.10:65 · L’ʿizza appartient à Allaah tout entière

S.10:65
وَلَا يَحْزُنْكَ قَوْلُهُمْ ۘ إِنَّ الْعِزَّةَ لِلَّهِ جَمِيعًا ۚ هُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ
Wa-lā yaḥzunka qawluhum — inna l-ʿizzata li-llāhi jamīʿan — huwa s-Samīʿu l-ʿAlīm Et que leur parole ne t’attriste pas (lā yaḥzunka) — l’ʿizza appartient à Allaah tout entière — Il est as-Samīʿ, al-ʿAlīm.
Notes lexicales
inna l-ʿizzata li-llāhi jamīʿan
formule identique à S4:139 : « l'*ʿizza* appartient à Allaah tout entière ».
as-Samīʿ · al-ʿAlīm
conservés en translittération (voir S2:244, S3:34).

S.10:66 · Les associés ne suivent que la conjecture

S.10:66
أَلَا إِنَّ لِلَّهِ مَنْ فِي السَّمَاوَاتِ وَمَنْ فِي الْأَرْضِ ۗ وَمَا يَتَّبِعُ الَّذِينَ يَدْعُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ شُرَكَاءَ ۚ إِنْ يَتَّبِعُونَ إِلَّا الظَّنَّ وَإِنْ هُمْ إِلَّا يَخْرُصُونَ
A-lā inna li-llāhi man fi s-samāwāti wa-man fi l-arḑi — wa-mā yattabiʿu lladhīna yadʿūna min dūni llāhi shurakāʾa — in yattabiʿūna illā ẓ-ẓanna wa-in hum illā yakhruṣūn N’est-ce pas qu’à Allaah appartient qui est dans les cieux et qui est sur la terre ? Et ceux qui invoquent des associés (shurakāʾ) en dehors d’Allaah ne suivent rien de réel — ils ne suivent que la conjecture (ẕann), et ils ne font que spéculer sans fondement (yakhruṣūn).
Notes lexicales
yakhruṣūn
racine *kh-r-ṣ* : estimer à vue, évaluer sans mesure exacte — les lexicographes classiques la rapprochent de la conjecture appliquée sans fondement solide, une nuance proche mais distincte de *ẕann* (l'opinion en général).

La nuit pour le repos, le jour pour voir · S10:67

S.10:67 · La nuit, le jour

S.10:67
هُوَ الَّذِي جَعَلَ لَكُمُ اللَّيْلَ لِتَسْكُنُوا فِيهِ وَالنَّهَارَ مُبْصِرًا ۚ إِنَّ فِي ذَٰلِكَ لَآيَاتٍ لِقَوْمٍ يَسْمَعُونَ
Huwa lladhī jaʿala lakumu l-layla li-taskunū fīhi wa-n-nahāra mubṣiran — inna fī dhālika la-āyātin li-qawmin yasmaʿūn C’est Lui qui a fait pour vous la nuit pour que vous vous y reposiez (li-taskunū), et le jour pour voir (mubṣiran) — il y a certes en cela des āyāt pour un peuple qui entend.
Notes lexicales
li-taskunū … mubṣiran
*taskunū*, racine *s-k-n*, même famille que *sakīna*/*sakan* (voir S2:248) : le repos, l'apaisement. *Mubṣiran*, même racine *b-ṣ-r* que *tubṣirūn* (S10:43) : ici au sens concret de ce qui rend visible.

« Allaah a pris un enfant » — gloire à Lui, al-Ghaniyy · S10:68–70

Point majeur — S10:68, ittakhadha llāhu waladan (« Allaah a pris un walad [enfant] »). Ce verset reprend, presque mot pour mot, la formule de glorification de S4:171 : subḥānahu an yakūna lahu waladun — « gloire à Lui : il est exclu qu’Il ait un walad ». Deux précisions de méthode. (1) Le terme employé ici est walad — l’enfant, le descendant, indépendamment du sexe (voir S4:11–12) — et non ibn (fils), terme employé spécifiquement pour les prétentions visant le Messie ou ʿUzayr (S4:171, S9:30). Cette distinction lexicale est signalée sans conséquence doctrinale nouvelle : le rejet porte, ici comme aux endroits cités, sur toute descendance attribuée à Allaah, quel que soit le terme précis employé pour la nommer. (2) Non-dit : à la différence de S9:30 (ʿUzayr, chez une partie des Juifs) ou de S4:171 (le « trois », chez une partie des chrétiens), ce seul verset ne nomme pas le groupe visé par « ils disent » (qālū) — le contexte immédiat (S10:66, les shurakāʾ suivis par simple conjecture) pourrait suggérer plus largement les mushrikūn, mais ce Bloc ne l’affirme pas au-delà de ce que ce verset dit lui-même.

S.10:68 · « Allaah a pris un enfant » — Il est al-Ghaniyy

S.10:68
قَالُوا اتَّخَذَ اللَّهُ وَلَدًا ۗ سُبْحَانَهُ ۖ هُوَ الْغَنِيُّ ۖ لَهُ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَمَا فِي الْأَرْضِ ۚ إِنْ عِنْدَكُمْ مِنْ سُلْطَانٍ بِهَٰذَا ۚ أَتَقُولُونَ عَلَى اللَّهِ مَا لَا تَعْلَمُونَ
Qālū ttakhadha llāhu waladan — subḥānahu — huwa l-Ghaniyyu — lahu mā fi s-samāwāti wa-mā fi l-arḑi — in ʿindakum min sulṭānin bi-hādhā — a-taqūlūna ʿalā llāhi mā lā taʿlamūn Ils disent : « Allaah a pris un enfant (walad). » Gloire à Lui (subḥānahu) — Il est al-Ghaniyy — à Lui ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. Vous n’avez aucune autorité (sulṭān) pour cela — dites-vous sur Allaah ce que vous ne savez pas ?
Notes lexicales
walad
voir le point majeur ci-dessus.
al-Ghaniyy
racine *gh-n-y* : l'autosuffisance, l'absence de tout besoin (voir S2:263) — conservé en translittération. Dit : le texte associe directement l'écartement de toute descendance à cette autosuffisance — un *walad* répondrait, dans l'usage ordinaire du terme, à un besoin (de continuité, de compagnie, de succession) qu'*al-Ghaniyy* exclut par définition.
sulṭān
racine *s-l-ṭ* (voir S4:153, *sulṭānan mubīnā*, à propos de Mūsā) : l'autorité, la preuve qui établit un droit à affirmer quelque chose.

S.10:69–70 · Ceux qui forgent ne réussissent pas — jouissance limitée, puis le retour

S.10:69
قُلْ إِنَّ الَّذِينَ يَفْتَرُونَ عَلَى اللَّهِ الْكَذِبَ لَا يُفْلِحُونَ
Qul inna lladhīna yaftarūna ʿalā llāhi l-kadhiba lā yufliḥūn Dis : « Ceux qui forgent le mensonge contre Allaah ne réussissent pas (lā yufliḥūn). »
S.10:70
مَتَاعٌ فِي الدُّنْيَا ثُمَّ إِلَيْنَا مَرْجِعُهُمْ ثُمَّ نُذِيقُهُمُ الْعَذَابَ الشَّدِيدَ بِمَا كَانُوا يَكْفُرُونَ
Matāʿun fi d-dunyā thumma ilaynā marjiʿuhum thumma nudhīquhumu l-ʿadhāba sh-shadīda bi-mā kānū yakfurūn Jouissance (matāʿ) limitée ici-bas — puis c’est vers Nous leur retour — puis Nous leur faisons goûter le châtiment sévère, pour le kufr qu’ils commettaient.
Notes lexicales
lā yufliḥūn
Cohérence intra-coranique directe avec S10:17 (« les *mujrimūn* ne réussissent certainement pas ») — même clôture rhétorique appliquée ici à ceux qui forgent le mensonge contre Allaah, racine *f-r-y* qui parcourt toute cette sourate (S10:17, 30, 37, 38, 60).
matāʿun fi d-dunyā
voir S10:23 (« jouissance de la vie d'ici-bas ») — ici réduit à sa forme la plus brève, en clôture de ce développement.

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