Structure du Bloc III. Quatre ensembles : l'appel à une parole commune et la controverse sur Ibrāhīm (S3:64–68) ; les manœuvres d'une partie des Ahl al-Kitāb — dissimulation, torsion du Kitāb, échange de l'engagement contre un prix dérisoire (S3:69–78) ; ce qu'aucun nabī n'a jamais pu ordonner, et le mīthāq pris des nabiyyūn (S3:79–91) ; al-birr, la nourriture licite, la milla d'Ibrāhīm et la Maison de Bakka (S3:92–99). Ce bloc développe, sur un registre à présent argumentatif plutôt que narratif, le même fil que S3:7 : ce qui doit être rendu manifeste (bayyin) face à ce qui est activement dissimulé (kitmān) — voir l'étude dédiée Kitmān et bayyān, directement convoquée par S3:71.
Sommaire du bloc
| Réf. |
Titre thématique |
| S.3:64 |
L’appel à une parole commune |
| S.3:65–66 |
La controverse sur Ibrāhīm |
| S.3:67 |
Ibrāhīm — ni juif ni naṣrānī, ḥanīf muslim |
| S.3:68 |
Les plus proches d’Ibrāhīm |
| S.3:69 |
La volonté d’égarer qui se retourne contre eux |
| S.3:70–71 |
Le refus de reconnaître — habiller le ḥaqq du bāṭil |
| S.3:72 |
La foi feinte au début et à la fin du jour |
| S.3:73–74 |
Le faḍl dans la Yad d’Allaah |
| S.3:75 |
L’honnêteté sélective envers les ummiyyīn |
| S.3:76–77 |
La fidélité à l’engagement — le prix dérisoire |
| S.3:78 |
La torsion de la langue avec le Kitāb |
| S.3:79 |
Aucun bashar n’ordonne d’être ses ʿibād |
| S.3:80 |
Ne pas prendre malāʾika et nabiyyūn comme arbāb |
| S.3:81 |
Le mīthāq pris des nabiyyūn |
| S.3:82 |
Ceux qui se détournent — les fāsiqūn |
| S.3:83 |
Nul dīn autre que celui d’Allaah |
| S.3:84–85 |
La foi en tous les nabiyyūn, sans distinction |
| S.3:86–89 |
Le kufr après la foi — sauf retour et réforme |
| S.3:90–91 |
Le kufr aggravé — la rançon refusée |
| S.3:92 |
Al-birr par la dépense de ce qu’on aime |
| S.3:93 |
La nourriture licite pour les Banū Isrāʾīl |
| S.3:94–95 |
La milla d’Ibrāhīm, ḥanīf |
| S.3:96–97 |
La Maison de Bakka — le ḥajj |
| S.3:98–99 |
Détourner du chemin d’Allaah |
L'appel à une parole commune, la controverse sur Ibrāhīm · S3:64–68
S.3:64
قُلْ يَـٰٓأَهْلَ ٱلْكِتَـٰبِ تَعَالَوْا۟ إِلَىٰ كَلِمَةٍ سَوَآءٍۭ بَيْنَنَا وَبَيْنَكُمْ أَلَّا نَعْبُدَ إِلَّا ٱللَّهَ وَلَا نُشْرِكَ بِهِۦ شَيْـًٔا وَلَا يَتَّخِذَ بَعْضُنَا بَعْضًا أَرْبَابًا مِّن دُونِ ٱللَّهِ ۚ فَإِن تَوَلَّوْا۟ فَقُولُوا۟ ٱشْهَدُوا۟ بِأَنَّا مُسْلِمُونَ
Qul yā-ahla l-kitābi taʿālaw ilā kalimatin sawāʾin baynanā wa-baynakum allā naʿbuda illā llāha wa-lā nushrika bihi shayʾan wa-lā yattakhidha baʿḍunā baʿḍan arbāban min dūni llāh — fa-in tawallaw fa-qūlū shhadū bi-annā muslimūn
Dis : « Ô Ahl al-Kitāb, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous ne servions qu’Allaah, que nous ne Lui associions rien, et qu’aucun de nous ne prenne les autres comme arbāb en dehors d’Allaah. » S’ils se détournent, dites alors : « Attestez que nous sommes muslimūn. »
S.3:65–66
يَـٰٓأَهْلَ ٱلْكِتَـٰبِ لِمَ تُحَآجُّونَ فِىٓ إِبْرَٰهِيمَ وَمَآ أُنزِلَتِ ٱلتَّوْرَىٰةُ وَٱلْإِنجِيلُ إِلَّا مِنۢ بَعْدِهِۦٓ ۚ أَفَلَا تَعْقِلُونَ هَـٰٓأَنتُمْ هَـٰٓؤُلَآءِ حَـٰجَجْتُمْ فِيمَا لَكُم بِهِۦ عِلْمٌ فَلِمَ تُحَآجُّونَ فِيمَا لَيْسَ لَكُم بِهِۦ عِلْمٌ ۚ وَٱللَّهُ يَعْلَمُ وَأَنتُمْ لَا تَعْلَمُونَ
Yā-ahla l-kitābi lima tuḥājjūna fī Ibrāhīma wa-mā unzilati l-tawrātu wa-l-injīlu illā min baʿdihi — a-fa-lā taʿqilūn — hā-antum hāʾulāʾi ḥājajtum fīmā lakum bihi ʿilmun fa-lima tuḥājjūna fīmā laysa lakum bihi ʿilm — wa-llāhu yaʿlamu wa-antum lā taʿlamūn
Ô Ahl al-Kitāb, pourquoi argumentez-vous au sujet d’Ibrāhīm, alors que la Tawrāh et l’Injīl ne sont descendues qu’après lui ? Ne raisonnez-vous donc pas ? Vous voilà, vous avez argumenté sur ce dont vous avez connaissance — pourquoi argumentez-vous sur ce dont vous n’avez pas connaissance ? Allaah sait, et vous ne savez pas.
S.3:67
مَا كَانَ إِبْرَٰهِيمُ يَهُودِيًّا وَلَا نَصْرَانِيًّا وَلَـٰكِن كَانَ حَنِيفًا مُّسْلِمًا وَمَا كَانَ مِنَ ٱلْمُشْرِكِينَ
Mā kāna Ibrāhīmu yahūdiyyan wa-lā naṣrāniyyan wa-lākin kāna ḥanīfan musliman wa-mā kāna mina l-mushrikīn
Ibrāhīm n’était ni juif ni naṣrānī, mais il était ḥanīf, muslim — et il n’était pas parmi les mushrikūn.
S.3:68
إِنَّ أَوْلَى ٱلنَّاسِ بِإِبْرَٰهِيمَ لَلَّذِينَ ٱتَّبَعُوهُ وَهَـٰذَا ٱلنَّبِىُّ وَٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ ۗ وَٱللَّهُ وَلِىُّ ٱلْمُؤْمِنِينَ
Inna awla l-nāsi bi-Ibrāhīma la-lladhīna ttabaʿūhu wa-hādhā l-nabiyyu wa-lladhīna āmanū — wa-llāhu waliyyu l-muʾminīn
Les gens les plus proches d’Ibrāhīm sont certes ceux qui l’ont suivi, ainsi que ce nabī et ceux qui ont cru — Allaah est le walī des muʾminūn.
Notes lexicales
- كَلِمَةٍ سَوَآءٍۭkalimatin sawāʾin
- racine s-w-y : une parole d'égale mesure, équitablement partagée entre les parties — non une concession, un terrain commun défini par son contenu (S3:64 le précise immédiatement).
- حَنِيفًاḥanīfan
- (S2:135 : celui qui s'incline résolument dans une seule direction, en s'écartant des voies divergentes) — conservé translittéré.
- أَوْلَىawlā
- racine w-l-y : le plus proche, le plus digne d'un lien — même famille que walī.
Ce que le texte dit : la proximité avec Ibrāhīm se définit par le suivi de sa voie, non par une filiation généalogique ou communautaire revendiquée.
Ce que le texte ne dit pas : il ne précise pas ici le contenu détaillé de ce « suivi ».
↑ Haut de fiche
Manœuvres, dissimulation, torsion du Kitāb · S3:69–78
S.3:69
وَدَّت طَّآئِفَةٌ مِّنْ أَهْلِ ٱلْكِتَـٰبِ لَوْ يُضِلُّونَكُمْ وَمَا يُضِلُّونَ إِلَّآ أَنفُسَهُمْ وَمَا يَشْعُرُونَ
Waddat ṭāʾifatun min ahli l-kitābi law yuḍillūnakum wa-mā yuḍillūna illā anfusahum wa-mā yashʿurūn
Une partie des Ahl al-Kitāb aurait voulu vous égarer — mais ils n’égarent qu’eux-mêmes, sans en avoir conscience.
S.3:70–71
يَـٰٓأَهْلَ ٱلْكِتَـٰبِ لِمَ تَكْفُرُونَ بِـَٔايَـٰتِ ٱللَّهِ وَأَنتُمْ تَشْهَدُونَ يَـٰٓأَهْلَ ٱلْكِتَـٰبِ لِمَ تَلْبِسُونَ ٱلْحَقَّ بِٱلْبَـٰطِلِ وَتَكْتُمُونَ ٱلْحَقَّ وَأَنتُمْ تَعْلَمُونَ
Yā-ahla l-kitābi lima takfurūna bi-āyāti llāhi wa-antum tashhadūn — yā-ahla l-kitābi lima talbisūna l-ḥaqqa bi-l-bāṭili wa-taktumūna l-ḥaqqa wa-antum taʿlamūn
Ô Ahl al-Kitāb, pourquoi refusez-vous de reconnaître les āyāt d’Allaah, alors que vous en êtes témoins ? Ô Ahl al-Kitāb, pourquoi habillez-vous le ḥaqq du bāṭil, et dissimulez-vous le ḥaqq, alors que vous savez ?
S.3:72
وَقَالَت طَّآئِفَةٌ مِّنْ أَهْلِ ٱلْكِتَـٰبِ ءَامِنُوا۟ بِٱلَّذِىٓ أُنزِلَ عَلَى ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ وَجْهَ ٱلنَّهَارِ وَٱكْفُرُوٓا۟ ءَاخِرَهُۥ لَعَلَّهُمْ يَرْجَعُونَ
Wa-qālat ṭāʾifatun min ahli l-kitābi āminū bi-lladhī unzila ʿala lladhīna āmanū wajha l-nahāri wa-kfurū ākhirahu laʿallahum yarjiʿūn
Une partie des Ahl al-Kitāb dit : « Croyez à ce qui est descendu sur ceux qui ont cru, au début du jour, et soyez kāfirūn à sa fin — peut-être reviendront-ils [sur leur foi]. »
S.3:73–74
وَلَا تُؤْمِنُوٓا۟ إِلَّا لِمَن تَبِعَ دِينَكُمْ قُلْ إِنَّ ٱلْهُدَىٰ هُدَى ٱللَّهِ أَن يُؤْتَىٰٓ أَحَدٌ مِّثْلَ مَآ أُوتِيتُمْ أَوْ يُحَآجُّوكُمْ عِندَ رَبِّكُمْ ۗ قُلْ إِنَّ ٱلْفَضْلَ بِيَدِ ٱللَّهِ يُؤْتِيهِ مَن يَشَآءُ ۗ وَٱللَّهُ وَٰسِعٌ عَلِيمٌ يَخْتَصُّ بِرَحْمَتِهِۦ مَن يَشَآءُ ۗ وَٱللَّهُ ذُو ٱلْفَضْلِ ٱلْعَظِيمِ
Wa-lā tuʾminū illā li-man tabiʿa dīnakum qul inna l-hudā hudā llāhi an yuʾtā aḥadun mithla mā ūtītum aw yuḥājjūkum ʿinda rabbikum — qul inna l-faḍla bi-yadi llāhi yuʾtīhi man yashāʾ — wa-llāhu wāsiʿun ʿalīm — yakhtaṣṣu bi-raḥmatihi man yashāʾ — wa-llāhu dhū l-faḍli l-ʿaẓīm
« Et ne croyez qu’en celui qui suit votre dīn » — dis : « Le guide est le guide d’Allaah » — [ils redoutent] qu’un autre reçoive comme ce que vous avez reçu, ou qu’ils argumentent contre vous auprès de votre Rabb. Dis : « Le faḍl est dans la Yad d’Allaah, Il le donne à qui Il veut — Allaah est Wāsiʿ, ʿAlīm. » Il réserve Sa raḥma à qui Il veut — Allaah est doté d’un faḍl immense.
S.3:75
وَمِنْ أَهْلِ ٱلْكِتَـٰبِ مَنْ إِن تَأْمَنْهُ بِقِنطَارٍ يُؤَدِّهِۦٓ إِلَيْكَ وَمِنْهُم مَّنْ إِن تَأْمَنْهُ بِدِينَارٍ لَّا يُؤَدِّهِۦٓ إِلَيْكَ إِلَّا مَا دُمْتَ عَلَيْهِ قَآئِمًا ۗ ذَٰلِكَ بِأَنَّهُمْ قَالُوا۟ لَيْسَ عَلَيْنَا فِى ٱلْأُمِّيِّـۧنَ سَبِيلٌ وَيَقُولُونَ عَلَى ٱللَّهِ ٱلْكَذِبَ وَهُمْ يَعْلَمُونَ
Wa-min ahli l-kitābi man in taʾmanhu bi-qinṭārin yuʾaddihi ilayka wa-minhum man in taʾmanhu bi-dīnārin lā yuʾaddihi ilayka illā mā dumta ʿalayhi qāʾiman — dhālika bi-annahum qālū laysa ʿalaynā fi l-ummiyyīna sabīlun wa-yaqūlūna ʿala llāhi l-kadhiba wa-hum yaʿlamūn
Parmi les Ahl al-Kitāb, il en est qui, si tu lui confies un qinṭār, te le rend — et il en est qui, si tu lui confies un dīnār, ne te le rend pas, sauf si tu restes sans relâche à le réclamer. Cela, parce qu’ils ont dit : « Il n’y a pour nous aucune voie [de reproche] à l’égard des ummiyyīn » — et ils disent le mensonge sur Allaah, alors qu’ils savent.
S.3:76–77
بَلَىٰ مَنْ أَوْفَىٰ بِعَهْدِهِۦ وَٱتَّقَىٰ فَإِنَّ ٱللَّهَ يُحِبُّ ٱلْمُتَّقِينَ إِنَّ ٱلَّذِينَ يَشْتَرُونَ بِعَهْدِ ٱللَّهِ وَأَيْمَـٰنِهِمْ ثَمَنًا قَلِيلًا أُو۟لَـٰٓئِكَ لَا خَلَـٰقَ لَهُمْ فِى ٱلْـَٔاخِرَةِ وَلَا يُكَلِّمُهُمُ ٱللَّهُ وَلَا يَنظُرُ إِلَيْهِمْ يَوْمَ ٱلْقِيَـٰمَةِ وَلَا يُزَكِّيهِمْ وَلَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ
Balā man awfā bi-ʿahdihi wa-ttaqā fa-inna llāha yuḥibbu l-muttaqīn — inna lladhīna yashtarūna bi-ʿahdi llāhi wa-aymānihim thamanan qalīlan ulāʾika lā khalāqa lahum fi l-ākhirati wa-lā yukallimuhumu llāhu wa-lā yanẓuru ilayhim yawma l-qiyāmati wa-lā yuzakkīhim wa-lahum ʿadhābun alīm
Bien au contraire : quiconque est fidèle à son engagement et se constitue une taqwā — Allaah honore les muttaqūn. Ceux qui échangent l’engagement d’Allaah et leurs serments contre un prix dérisoire, ceux-là n’ont aucune part dans l’ākhira — Allaah ne leur parlera pas et ne les regardera pas au Jour de la Résurrection, ne les purifiera pas — et pour eux, un châtiment douloureux.
Notes lexicales
- yuḥibbu / lā yuḥibbu
- racine *ḥ-b-b* : rendue par « honorer » lorsqu'Allaah est concerné, comme sujet ou comme objet. « Aimer » installerait un sentiment de type humain que le texte ne pose pas à propos d'Allaah. Le verset ne dit pas en quoi consiste cet honneur : un **non-dit**.
S.3:78
وَإِنَّ مِنْهُمْ لَفَرِيقًا يَلْوُۥنَ أَلْسِنَتَهُم بِٱلْكِتَـٰبِ لِتَحْسَبُوهُ مِنَ ٱلْكِتَـٰبِ وَمَا هُوَ مِنَ ٱلْكِتَـٰبِ وَيَقُولُونَ هُوَ مِنْ عِندِ ٱللَّهِ وَمَا هُوَ مِنْ عِندِ ٱللَّهِ وَيَقُولُونَ عَلَى ٱللَّهِ ٱلْكَذِبَ وَهُمْ يَعْلَمُونَ
Wa-inna minhum la-farīqan yalwūna alsinatahum bi-l-kitābi li-taḥsabūhu mina l-kitābi wa-mā huwa mina l-kitābi wa-yaqūlūna huwa min ʿindi llāhi wa-mā huwa min ʿindi llāhi wa-yaqūlūna ʿala llāhi l-kadhiba wa-hum yaʿlamūn
Et parmi eux, il y a certes un groupe qui tord sa langue avec le Kitāb, pour que vous le comptiez comme faisant partie du Kitāb, alors qu’il n’en fait pas partie — et ils disent : « Cela vient d’auprès d’Allaah », alors que cela ne vient pas d’auprès d’Allaah — et ils disent le mensonge sur Allaah, alors qu’ils savent.
Notes lexicales
- ٱتَّقَىٰittaqā
- racine *w-q-y*, déjà établie (étude dédiée Les muttaqūn) : « ceux qui se constituent une protection, une mise à l'abri » — non simplement « les pieux ». Selon la méthode retenue ici, *taqwā* est conservé en translittération ; la forme verbale est rendue par « se constituer une taqwā », non par « se prémunir », afin de garder visible en français le nom d'action *taqwā* lui-même.
- بِيَدِ ٱللَّهِbi-yadi llāhi
- racine ي-د-ي. Même construction et même traitement méthodologique que S3:27 (« *bi-yadika l-khayr* », note complète posée à cet endroit, renvoyant elle-même à S5:64) : « *yad* » appliqué à Allaah, dans cette tournure de pleine disposition sur ce qu'Il donne, est un idiome arabe attesté, employé aussi pour des humains, sans jamais désigner un organe. Le mot français « main » réintroduisant de lui-même une image corporelle concrète, la traduction retient « *Yad* » en translittération plutôt que « main ».
- تَلْبِسُونَ / تَكْتُمُونَtalbisūna / taktumūna
- S3:71 associe deux verbes distincts : l-b-s (habiller, superposer, brouiller par mélange) et k-t-m, déjà traité en détail dans l'étude dédiée Kitmān et bayyān, à laquelle ce verset renvoie directement — la dissimulation n'y est pas une simple omission mais un acte actif de recouvrement du ḥaqq par le bāṭil.
- ٱلْأُمِّيِّـۧنَal-ummiyyīn
- réemploi ; voir l'étude dédiée L'ummī était-il illettré ? — peuples sans écriture révélée antérieure, non « illettrés » ; S3:75 montre un groupe justifiant une malhonnêteté financière par ce statut, sans que le texte n'endosse cette justification — il la rapporte et la dément (« ils disent le mensonge sur Allaah »).
- قِنطَار / دِينَارqinṭār / dīnār
- unités de valeur, un grand montant contre un montant modeste — le contraste souligne que la malhonnêteté visée n'est pas proportionnelle à la somme en jeu. وَلَا يُكَلِّمُهُمُ ٱللَّهُ وَلَا يَنظُرُ إِلَيْهِمْ — reprise de la construction en S2:174, où elle avait été traduite littéralement sans réduction — la valeur de l'expression reste fonctionnelle (retrait de toute relation), non une description physique.
- فَرِيقًاfarīqan
- un groupe, une fraction identifiable — distinct de ṭāʾifa (S3:69, S3:72) sans que le texte marque de différence de nature entre les deux termes ici.
Ce que le texte dit : les comportements décrits (dissimulation temporaire de la foi, malhonnêteté financière justifiée par le statut d'autrui, torsion du Kitāb) sont le fait d'une partie identifiée (ṭāʾifa/farīq), non de l'ensemble des Ahl al-Kitāb — la distinction est répétée trois fois dans ce passage (S3:69, S3:72, S3:78).
↑ Haut de fiche
Ce qu'aucun nabī n'ordonne, le mīthāq des nabiyyūn, le kufr après la foi · S3:79–91
S.3:79
مَا كَانَ لِبَشَرٍ أَن يُؤْتِيَهُ ٱللَّهُ ٱلْكِتَـٰبَ وَٱلْحُكْمَ وَٱلنُّبُوَّةَ ثُمَّ يَقُولَ لِلنَّاسِ كُونُوا۟ عِبَادًا لِّى مِن دُونِ ٱللَّهِ وَلَـٰكِن كُونُوا۟ رَبَّـٰنِيِّـۧنَ بِمَا كُنتُمْ تُعَلِّمُونَ ٱلْكِتَـٰبَ وَبِمَا كُنتُمْ تَدْرُسُونَ
Mā kāna li-basharin an yuʾtiyahu llāhu l-kitāba wa-l-ḥukma wa-l-nubuwwata thumma yaqūla li-l-nāsi kūnū ʿibādan lī min dūni llāhi wa-lākin kūnū rabbāniyyīna bi-mā kuntum tuʿallimūna l-kitāba wa-bi-mā kuntum tadrusūn
Il n’appartient à aucun être humain à qui Allaah aurait donné le Kitāb, le ḥukm et la nubuwwa, de dire ensuite aux gens : « Soyez des ʿibād pour moi, en dehors d’Allaah » — mais plutôt : « Soyez des rabbāniyyūn, par ce que vous enseignez du Kitāb et par ce que vous étudiez. »
S.3:80
وَلَا يَأْمُرَكُمْ أَن تَتَّخِذُوا۟ ٱلْمَلَـٰٓئِكَةَ وَٱلنَّبِيِّـۧنَ أَرْبَابًا ۗ أَيَأْمُرُكُم بِٱلْكُفْرِ بَعْدَ إِذْ أَنتُم مُّسْلِمُونَ
Wa-lā yaʾmurakum an tattakhidhū l-malāʾikata wa-l-nabiyyīna arbāban — a-yaʾmurukum bi-l-kufri baʿda idh antum muslimūn
Et il ne vous ordonne pas de prendre les malāʾika et les nabiyyūn comme arbāb — vous ordonnerait-il le kufr après que vous êtes muslimūn ?
S.3:81
وَإِذْ أَخَذَ ٱللَّهُ مِيثَـٰقَ ٱلنَّبِيِّـۧنَ لَمَآ ءَاتَيْتُكُم مِّن كِتَـٰبٍ وَحِكْمَةٍ ثُمَّ جَآءَكُمْ رَسُولٌ مُّصَدِّقٌ لِّمَا مَعَكُمْ لَتُؤْمِنُنَّ بِهِۦ وَلَتَنصُرُنَّهُۥ ۚ قَالَ ءَأَقْرَرْتُمْ وَأَخَذْتُمْ عَلَىٰ ذَٰلِكُمْ إِصْرِى ۖ قَالُوٓا۟ أَقْرَرْنَا ۚ قَالَ فَٱشْهَدُوا۟ وَأَنَا۠ مَعَكُم مِّنَ ٱلشَّـٰهِدِينَ
Wa-idh akhadha llāhu mīthāqa l-nabiyyīna lamā ātaytukum min kitābin wa-ḥikmatin thumma jāʾakum rasūlun muṣaddiqun li-mā maʿakum la-tuʾminunna bihi wa-la-tanṣurunnahu — qāla a-aqrartum wa-akhadhtum ʿalā dhālikum iṣrī — qālū aqrarnā — qāla fa-shhadū wa-ana maʿakum mina l-shāhidīn
Et quand Allaah prit l’engagement des nabiyyūn : « Ce que Je vous ai donné de Kitāb et de ḥikma, puis un rasūl venant confirmer ce qui est avec vous — vous devrez certainement croire en lui et le secourir. » Il dit : « Avez-vous reconnu, et pris sur cela Mon engagement contraignant ? » Ils dirent : « Nous avons reconnu. » Il dit : « Attestez donc, et Je suis avec vous parmi les témoins. »
S.3:82
فَمَن تَوَلَّىٰ بَعْدَ ذَٰلِكَ فَأُو۟لَـٰٓئِكَ هُمُ ٱلْفَـٰسِقُونَ
Fa-man tawallā baʿda dhālika fa-ulāʾika humu l-fāsiqūn
Quiconque se détourne après cela, ceux-là sont les fāsiqūn.
S.3:83
أَفَغَيْرَ دِينِ ٱللَّهِ يَبْغُونَ وَلَهُۥٓ أَسْلَمَ مَن فِى ٱلسَّمَـٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضِ طَوْعًا وَكَرْهًا وَإِلَيْهِ يُرْجَعُونَ
A-fa-ghayra dīni llāhi yabghūna wa-lahu aslama man fi l-samāwāti wa-l-arḍi ṭawʿan wa-karhan wa-ilayhi yurjaʿūn
Rechercheraient-ils un dīn autre que celui d’Allaah, alors que c’est à Lui que s’est remis tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, de gré ou de force, et c’est vers Lui qu’ils retournent ?
S.3:84–85
قُلْ ءَامَنَّا بِٱللَّهِ وَمَآ أُنزِلَ عَلَيْنَا وَمَآ أُنزِلَ عَلَىٰٓ إِبْرَٰهِيمَ وَإِسْمَـٰعِيلَ وَإِسْحَـٰقَ وَيَعْقُوبَ وَٱلْأَسْبَاطِ وَمَآ أُوتِىَ مُوسَىٰ وَعِيسَىٰ وَٱلنَّبِيُّونَ مِن رَّبِّهِمْ لَا نُفَرِّقُ بَيْنَ أَحَدٍ مِّنْهُمْ وَنَحْنُ لَهُۥ مُسْلِمُونَ وَمَن يَبْتَغِ غَيْرَ ٱلْإِسْلَـٰمِ دِينًا فَلَن يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِى ٱلْـَٔاخِرَةِ مِنَ ٱلْخَـٰسِرِينَ
Qul āmannā bi-llāhi wa-mā unzila ʿalaynā wa-mā unzila ʿalā Ibrāhīma wa-Ismāʿīla wa-Isḥāqa wa-Yaʿqūba wa-l-asbāṭi wa-mā ūtiya Mūsā wa-ʿĪsā wa-l-nabiyyūna min rabbihim lā nufarriqu bayna aḥadin minhum wa-naḥnu lahu muslimūn — wa-man yabtaghi ghayra l-islāmi dīnan fa-lan yuqbala minhu wa-huwa fi l-ākhirati mina l-khāsirīn
Dis : « Nous avons cru en Allaah, en ce qui est descendu sur nous, en ce qui est descendu sur Ibrāhīm, Ismāʿīl, Isḥāq, Yaʿqūb et les asbāṭ, en ce qui a été donné à Mūsā, à ʿĪsā et aux nabiyyūn, venant de leur Rabb — nous ne distinguons pas entre eux, et nous Lui sommes muslimūn. » Et quiconque recherche un dīn autre que al-islām, cela ne sera jamais accepté de lui, et il sera, dans l’ākhira, parmi les perdants.
S.3:86–89
كَيْفَ يَهْدِى ٱللَّهُ قَوْمًا كَفَرُوا۟ بَعْدَ إِيمَـٰنِهِمْ وَشَهِدُوٓا۟ أَنَّ ٱلرَّسُولَ حَقٌّ وَجَآءَهُمُ ٱلْبَيِّنَـٰتُ ۚ وَٱللَّهُ لَا يَهْدِى ٱلْقَوْمَ ٱلظَّـٰلِمِينَ أُو۟لَـٰٓئِكَ جَزَآؤُهُمْ أَنَّ عَلَيْهِمْ لَعْنَةَ ٱللَّهِ وَٱلْمَلَـٰٓئِكَةِ وَٱلنَّاسِ أَجْمَعِينَ خَـٰلِدِينَ فِيهَا لَا يُخَفَّفُ عَنْهُمُ ٱلْعَذَابُ وَلَا هُمْ يُنظَرُونَ إِلَّا ٱلَّذِينَ تَابُوا۟ مِنۢ بَعْدِ ذَٰلِكَ وَأَصْلَحُوا۟ فَإِنَّ ٱللَّهَ غَفُورٌ رَّحِيمٌ
Kayfa yahdi llāhu qawman kafarū baʿda īmānihim wa-shahidū anna l-rasūla ḥaqqun wa-jāʾahumu l-bayyinātu — wa-llāhu lā yahdi l-qawma l-ẓālimīn — ulāʾika jazāʾuhum anna ʿalayhim laʿnata llāhi wa-l-malāʾikati wa-l-nāsi ajmaʿīn — khālidīna fīhā lā yukhaffafu ʿanhumu l-ʿadhābu wa-lā hum yunẓarūn — illā lladhīna tābū min baʿdi dhālika wa-aṣlaḥū fa-inna llāha Ghafūrun Raḥīm
Comment Allaah guiderait-Il des gens qui ont refusé de reconnaître après avoir cru, après avoir attesté que le rasūl est ḥaqq, et après que les bayyināt leur sont parvenues ? Allaah ne guide pas les gens ẓālimūn. Ceux-là, leur rétribution est que pèse sur eux la malédiction d’Allaah, des malāʾika et de tous les gens réunis — ils y demeurent, le châtiment ne leur sera pas allégé, et aucun répit ne leur sera accordé — sauf ceux qui reviennent après cela et se réforment : Allaah est certes Ghafūr, Raḥīm.
S.3:90–91
إِنَّ ٱلَّذِينَ كَفَرُوا۟ بَعْدَ إِيمَـٰنِهِمْ ثُمَّ ٱزْدَادُوا۟ كُفْرًا لَّن تُقْبَلَ تَوْبَتُهُمْ وَأُو۟لَـٰٓئِكَ هُمُ ٱلضَّآلُّونَ إِنَّ ٱلَّذِينَ كَفَرُوا۟ وَمَاتُوا۟ وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَن يُقْبَلَ مِنْ أَحَدِهِم مِّلْءُ ٱلْأَرْضِ ذَهَبًا وَلَوِ ٱفْتَدَىٰ بِهِۦٓ ۗ أُو۟لَـٰٓئِكَ لَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ وَمَا لَهُم مِّن نَّـٰصِرِينَ
Inna lladhīna kafarū baʿda īmānihim thumma zdādū kufran lan tuqbala tawbatuhum wa-ulāʾika humu l-ḍāllūn — inna lladhīna kafarū wa-mātū wa-hum kuffārun fa-lan yuqbala min aḥadihim milʾu l-arḍi dhahaban wa-law iftadā bihi — ulāʾika lahum ʿadhābun alīmun wa-mā lahum min nāṣirīn
Ceux qui ont refusé de reconnaître après avoir cru, puis s’enfoncent davantage dans le kufr — jamais leur retour ne sera accepté, et ceux-là sont les égarés. Ceux qui sont kāfirūn et meurent alors qu’ils sont kuffār, jamais il ne sera accepté de l’un d’eux, même s’il rançonnait par un plein de terre d’or — ceux-là ont un châtiment douloureux, et ils n’ont aucun secoureur.
Note lexicale — k-f-r, S3:70–91. Voir l'étude dédiée Kāfir. Dans ce passage, deux constructions distinctes : en S3:70–71 et S3:86–89, un marqueur textuel explicite accompagne le verbe — « alors que vous en êtes témoins » (wa-antum tashhadūn, S3:70), « après avoir cru » et « après avoir attesté que le rasūl est ḥaqq » (S3:86) — désignant la dimension du refus délibéré après reconnaissance (même structure qu'en S2:89) ; le verbe est alors rendu « refuser de reconnaître ». En S3:72, S3:90 (second emploi), S3:96 et S3:98, aucun marqueur de cette nature n'accompagne le verbe ou le nom — la forme reste translittérée (*kāfir/kāfirūn*), conformément à la règle méthodologique par défaut.
Notes lexicales
- رَبَّـٰنِيِّـۧنَrabbāniyyīn
- racine r-b-b : ceux formés et attachés par une pratique constante d'enseignement et d'étude du Kitāb ; conservé translittéré.
- إِصْرِىiṣrī
- (S2:286) : une charge/un engagement qui pèse, ici au sens d'un pacte contraignant assumé.
- أَقْرَرْتُمْaqrartum
- racine q-r-r : reconnaître fermement, faire tenir en place ce qu'on affirme.
- ٱلْفَـٰسِقُونَal-fāsiqūn
- (S2:26 : sortir de l'enveloppe, hors du cadre).
- طَوْعًا وَكَرْهًاṭawʿan wa-karhan
- de gré ou de force : une remise (islām/aslama) universelle affirmée jusque dans la contrainte, distincte de la soumission volontaire et consciente requise par ailleurs des croyants — non-dit sur l'articulation exacte entre ces deux registres dans ce verset précis.
- ٱلضَّآلُّونَal-ḍāllūn
- (S1:7 : ceux qui s'écartent du chemin).
Ce que le texte dit : l'appartenance aux nabiyyūn précédents (Ibrāhīm, Ismāʿīl, Isḥāq, Yaʿqūb, les asbāṭ, Mūsā, ʿĪsā) est affirmée sans hiérarchie de reconnaissance entre eux ; la remise (islām) est décrite comme un fait cosmique universel, tandis que l'islām comme dīn accepté par Allaah (S3:85) est spécifiquement humain et qualifié.
Ce que le texte ne dit pas : le mécanisme précis reliant ces deux emplois du même terme n'est pas explicité dans ce passage.
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Al-birr, la nourriture licite, la milla d'Ibrāhīm, la Maison de Bakka · S3:92–99
S.3:92
لَن تَنَالُوا۟ ٱلْبِرَّ حَتَّىٰ تُنفِقُوا۟ مِمَّا تُحِبُّونَ ۚ وَمَا تُنفِقُوا۟ مِن شَىْءٍ فَإِنَّ ٱللَّهَ بِهِۦ عَلِيمٌ
Lan tanālu l-birra ḥattā tunfiqū mimmā tuḥibbūn — wa-mā tunfiqū min shayʾin fa-inna llāha bihi ʿalīm
Vous n’atteindrez jamais al-birr tant que vous ne dépensez pas de ce que vous aimez — et quoi que vous dépensiez, Allaah le sait parfaitement.
S.3:93
كُلُّ ٱلطَّعَامِ كَانَ حِلًّا لِّبَنِىٓ إِسْرَٰٓءِيلَ إِلَّا مَا حَرَّمَ إِسْرَٰٓءِيلُ عَلَىٰ نَفْسِهِۦ مِن قَبْلِ أَن تُنَزَّلَ ٱلتَّوْرَىٰةُ ۗ قُلْ فَأْتُوا۟ بِٱلتَّوْرَىٰةِ فَٱتْلُوهَآ إِن كُنتُمْ صَـٰدِقِينَ
Kullu l-ṭaʿāmi kāna ḥillan li-banī Isrāʾīla illā mā ḥarrama Isrāʾīlu ʿalā nafsihi min qabli an tunazzala l-tawrātu — qul fa-ʾtū bi-l-tawrāti fa-tlūhā in kuntum ṣādiqīn
Toute nourriture était licite pour les Banū Isrāʾīl, sauf ce qu’Isrāʾīl [Yaʿqūb] s’est lui-même interdit, avant que la Tawrāh ne soit descendue. Dis : « Apportez donc la Tawrāh et récitez-la, si vous êtes véridiques. »
S.3:94–95
فَمَنِ ٱفْتَرَىٰ عَلَى ٱللَّهِ ٱلْكَذِبَ مِنۢ بَعْدِ ذَٰلِكَ فَأُو۟لَـٰٓئِكَ هُمُ ٱلظَّـٰلِمُونَ قُلْ صَدَقَ ٱللَّهُ ۗ فَٱتَّبِعُوا۟ مِلَّةَ إِبْرَٰهِيمَ حَنِيفًا وَمَا كَانَ مِنَ ٱلْمُشْرِكِينَ
Fa-mani ftarā ʿala llāhi l-kadhiba min baʿdi dhālika fa-ulāʾika humu l-ẓālimūn — qul ṣadaqa llāhu — fa-ttabiʿū millata Ibrāhīma ḥanīfan wa-mā kāna mina l-mushrikīn
Quiconque invente alors un mensonge sur Allaah après cela, ceux-là sont les ẓālimūn. Dis : « Allaah a dit vrai » — suivez donc la milla d’Ibrāhīm, ḥanīf — et il n’était pas parmi les mushrikūn.
S.3:96–97
إِنَّ أَوَّلَ بَيْتٍ وُضِعَ لِلنَّاسِ لَلَّذِى بِبَكَّةَ مُبَارَكًا وَهُدًى لِّلْعَـٰلَمِينَ فِيهِ ءَايَـٰتٌۢ بَيِّنَـٰتٌ مَّقَامُ إِبْرَٰهِيمَ ۖ وَمَن دَخَلَهُۥ كَانَ ءَامِنًا ۗ وَلِلَّهِ عَلَى ٱلنَّاسِ حِجُّ ٱلْبَيْتِ مَنِ ٱسْتَطَاعَ إِلَيْهِ سَبِيلًا ۚ وَمَن كَفَرَ فَإِنَّ ٱللَّهَ غَنِىٌّ عَنِ ٱلْعَـٰلَمِينَ
Inna awwala baytin wuḍiʿa li-l-nāsi la-lladhī bi-Bakkata mubārakan wa-hudan li-l-ʿālamīn — fīhi āyātun bayyinātun maqāmu Ibrāhīma — wa-man dakhalahu kāna āminan — wa-lillāhi ʿala l-nāsi ḥijju l-bayti mani staṭāʿa ilayhi sabīlan — wa-man kafara fa-inna llāha Ghaniyyun ʿani l-ʿālamīn
La première Maison établie pour les gens est certes celle qui est à Bakka, bénie et hudā pour les mondes. S’y trouvent des āyāt bayyināt, le Maqām d’Ibrāhīm — quiconque y entre est en sécurité — et il incombe aux gens, envers Allaah, le ḥajj de la Maison, pour quiconque en a les moyens sur le chemin — et quiconque est kāfir, Allaah Se suffit à Lui-même à l’égard des mondes.
S.3:98–99
قُلْ يَـٰٓأَهْلَ ٱلْكِتَـٰبِ لِمَ تَكْفُرُونَ بِـَٔايَـٰتِ ٱللَّهِ وَٱللَّهُ شَهِيدٌ عَلَىٰ مَا تَعْمَلُونَ قُلْ يَـٰٓأَهْلَ ٱلْكِتَـٰبِ لِمَ تَصُدُّونَ عَن سَبِيلِ ٱللَّهِ مَنْ ءَامَنَ تَبْغُونَهَا عِوَجًا وَأَنتُمْ شُهَدَآءُ ۗ وَمَا ٱللَّهُ بِغَـٰفِلٍ عَمَّا تَعْمَلُونَ
Qul yā-ahla l-kitābi lima takfurūna bi-āyāti llāhi wa-llāhu shahīdun ʿalā mā taʿmalūn — qul yā-ahla l-kitābi lima taṣuddūna ʿan sabīli llāhi man āmana tabghūnahā ʿiwajan wa-antum shuhadāʾu — wa-mā llāhu bi-ghāfilin ʿammā taʿmalūn
Dis : « Ô Ahl al-Kitāb, pourquoi êtes-vous kāfirūn envers les āyāt d’Allaah, alors qu’Allaah est shahīd sur ce que vous faites ? » Dis : « Ô Ahl al-Kitāb, pourquoi détournez-vous du chemin d’Allaah celui qui a cru, en cherchant à le rendre tortueux, alors que vous en êtes témoins ? Allaah n’est pas inattentif à ce que vous faites. »
Notes lexicales
- ٱلْبِرّal-birr
- (S2:177, S2:189 : Ibn Fāris, espace ouvert sans clôture ; conservé translittéré, jamais réduit à « vertu » ou « piété » seules).
- حِلًّاḥillan
- racine ḥ-l-l : ce qui est dénoué de toute interdiction, licite.
- مِلَّةmilla
- (S2:130 : la voie tracée, le mode d'être dicté par une orientation fondamentale).
- بَكَّةBakka
- nom propre conservé tel quel ; **non-dit** sur son rapport exact avec le toponyme employé ailleurs dans le corpus (Makka, S48:24) — les deux formes coexistent dans le muṣḥaf sans que ce verset ne les articule.
- مَقَامُ إِبْرَٰهِيمَmaqāmu Ibrāhīma
- le lieu où Ibrāhīm s'est tenu debout ; racine q-w-m.
- حِجّḥajj
- racine ḥ-j-j : se diriger avec intention répétée/délibérée vers un lieu — conservé translittéré, sujet d'une étude dédiée disponible sur ce site (Ḥajj et ʿUmra).
- عِوَجًاʿiwajan
- racine ʿ-w-j : la courbure, ce qui dévie d'une ligne droite.
Ce que le texte dit : al-birr est défini par un critère concret (la dépense de ce qu'on aime), non par une déclaration ; le ḥajj est explicitement conditionné par la capacité (istiṭāʿa), non une obligation absolue et indifférenciée.
Ce que le texte ne dit pas : la nature précise de l'istiṭāʿa requise n'est pas détaillée dans ce verset.
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Cette traduction est conduite selon la méthode islamducoran.fr. Elle n'est pas prescriptive. Elle est révisable à la lumière du texte. L'unique garant de la compréhension est Allaah.
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