Structure du Bloc V. Quatre ensembles : l'interdiction du ribā et l'appel à se hâter vers le pardon (S3:130–136) ; les sunan des générations passées et le bayān adressé aux gens (S3:137–139) ; le sens donné à l'épreuve subie — l'alternance des jours, le tamḥīṣ (S3:140–145) ; l'exemple des ribbiyyūn qui ont combattu aux côtés des nabiyyūn précédents, et le rappel que Muḥammad n'est qu'un rasūl parmi d'autres (S3:146–148). Ce bloc contient S3:141, verset-pivot du fil « Al-Tamḥīṣ » (le tri par l'épreuve), et S3:137–138, où le terme *bayān* (déclaration manifeste) apparaît sous sa forme nominale, en écho direct au fil de la clarification déjà noté en S3:71, S3:103 et S3:118.
Le ribā, la course vers le pardon · S3:130–136
Note de renvoi méthodologique. S3:130 fait partie des quatre occurrences coraniques du ribā (avec S30:39, S4:161 et S2:275–280) qui font l'objet d'une étude dédiée et approfondie, confrontant les quatre passages pour en tirer une analyse arithmétique complète du seuil condamné. Le verset est donné ici dans son intégralité pour la continuité du bloc, sans reprendre cette analyse — voir l'étude dédiée Ar-Ribā · L'incrément usuraire.
S.3:130–132
يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ لَا تَأْكُلُوا۟ ٱلرِّبَوٰٓا۟ أَضْعَـٰفًا مُّضَـٰعَفَةً ۖ وَٱتَّقُوا۟ ٱللَّهَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ وَٱتَّقُوا۟ ٱلنَّارَ ٱلَّتِىٓ أُعِدَّتْ لِلْكَـٰفِرِينَ وَأَطِيعُوا۟ ٱللَّهَ وَٱلرَّسُولَ لَعَلَّكُمْ تُرْحَمُونَ
Yā-ayyuhā lladhīna āmanū lā taʾkulu l-ribā aḍʿāfan muḍāʿafatan — wa-ttaqu llāha laʿallakum tufliḥūn — wa-ttaqu l-nāra llatī uʿiddat li-l-kāfirīn — wa-aṭīʿu llāha wa-l-rasūla laʿallakum turḥamūn
Ô vous qui avez cru, ne dévorez pas le ribā, en multiples redoublés — prémunissez-vous d’Allaah, peut-être serez-vous parmi les mufliḥūn. Prémunissez-vous du Feu, préparé pour les kāfirūn. Obéissez à Allaah et au rasūl, peut-être bénéficierez-vous de la raḥma.
S.3:133–134
۞ وَسَارِعُوٓا۟ إِلَىٰ مَغْفِرَةٍ مِّن رَّبِّكُمْ وَجَنَّةٍ عَرْضُهَا ٱلسَّمَـٰوَٰتُ وَٱلْأَرْضُ أُعِدَّتْ لِلْمُتَّقِينَ ٱلَّذِينَ يُنفِقُونَ فِى ٱلسَّرَّآءِ وَٱلضَّرَّآءِ وَٱلْكَـٰظِمِينَ ٱلْغَيْظَ وَٱلْعَافِينَ عَنِ ٱلنَّاسِ ۗ وَٱللَّهُ يُحِبُّ ٱلْمُحْسِنِينَ
Wa-sāriʿū ilā maghfiratin min rabbikum wa-jannatin ʿarḍuhā l-samāwātu wa-l-arḍu uʿiddat li-l-muttaqīn — alladhīna yunfiqūna fi l-sarrāʾi wa-l-ḍarrāʾi wa-l-kāẓimīna l-ghayẓa wa-l-ʿāfīna ʿani l-nāsi — wa-llāhu yuḥibbu l-muḥsinīn
Hâtez-vous vers un pardon de votre Seigneur, et un jardin dont la largeur est les cieux et la terre, préparé pour les muttaqūn — ceux qui dépensent dans l’aisance comme dans l’adversité, qui contiennent leur colère et pardonnent aux gens — Allaah aime les muḥsinūn.
S.3:135–136
وَٱلَّذِينَ إِذَا فَعَلُوا۟ فَـٰحِشَةً أَوْ ظَلَمُوٓا۟ أَنفُسَهُمْ ذَكَرُوا۟ ٱللَّهَ فَٱسْتَغْفَرُوا۟ لِذُنُوبِهِمْ وَمَن يَغْفِرُ ٱلذُّنُوبَ إِلَّا ٱللَّهُ وَلَمْ يُصِرُّوا۟ عَلَىٰ مَا فَعَلُوا۟ وَهُمْ يَعْلَمُونَ أُو۟لَـٰٓئِكَ جَزَآؤُهُم مَّغْفِرَةٌ مِّن رَّبِّهِمْ وَجَنَّـٰتٌ تَجْرِى مِن تَحْتِهَا ٱلْأَنْهَـٰرُ خَـٰلِدِينَ فِيهَا ۚ وَنِعْمَ أَجْرُ ٱلْعَـٰمِلِينَ
Wa-lladhīna idhā faʿalū fāḥishatan aw ẓalamū anfusahum dhakaru llāha fa-staghfarū li-dhunūbihim wa-man yaghfiru l-dhunūba illā llāhu wa-lam yuṣirrū ʿalā mā faʿalū wa-hum yaʿlamūn — ulāʾika jazāʾuhum maghfiratun min rabbihim wa-jannātun tajrī min taḥtihā l-anhāru khālidīna fīhā — wa-niʿma ajru l-ʿāmilīn
Et ceux qui, lorsqu’ils commettent une fāḥisha ou se font tort à eux-mêmes, se souviennent d’Allaah et implorent le pardon de leurs fautes — et qui d’autre qu’Allaah pardonne les fautes ? — et qui ne persistent pas sciemment dans ce qu’ils ont fait — ceux-là, leur rétribution est un pardon de leur Seigneur, et des jardins sous lesquels coulent les rivières, y demeurant : quelle excellente rétribution pour ceux qui agissent !
Notes lexicales. أَضْعَـٰفًا مُّضَـٰعَفَةً aḍʿāfan muḍāʿafatan — racine ḍ-ʿ-f (redoublement/multiplication) répétée deux fois par intensification — des multiples redoublés, sans que ce verset ne fixe de proportion chiffrée précise (voir l'étude dédiée pour l'analyse complète du seuil). ٱلْكَـٰظِمِينَ ٱلْغَيْظَ al-kāẓimīna l-ghayẓ — racine k-ẓ-m : contenir, retenir en soi sans laisser sortir — image d'une outre fermée. فَـٰحِشَة fāḥisha — racine f-ḥ-sh : ce qui dépasse la mesure convenable, déjà rencontré. يُصِرُّوا۟ yuṣirrū — racine ṣ-r-r : persister avec insistance, refuser de lâcher prise — distinct de la simple répétition. Ce que le texte dit : le pardon suit une reconnaissance immédiate (dhikr d'Allaah) et une absence de persistance délibérée, non une condition de perfection préalable.
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Les sunan des générations passées, al-bayān · S3:137–139
S.3:137–138
قَدْ خَلَتْ مِن قَبْلِكُمْ سُنَنٌ فَسِيرُوا۟ فِى ٱلْأَرْضِ فَٱنظُرُوا۟ كَيْفَ كَانَ عَـٰقِبَةُ ٱلْمُكَذِّبِينَ هَـٰذَا بَيَانٌ لِّلنَّاسِ وَهُدًى وَمَوْعِظَةٌ لِّلْمُتَّقِينَ
Qad khalat min qablikum sunanun fa-sīrū fi l-arḍi fa-nẓurū kayfa kāna ʿāqibatu l-mukadhdhibīn — hādhā bayānun li-l-nāsi wa-hudan wa-mawʿiẓatun li-l-muttaqīn
Des sunan vous ont précédés — parcourez donc la terre et observez quelle a été l’issue de ceux qui ont démenti. Ceci est un bayān pour les gens, un hudā et une exhortation pour les muttaqūn.
S.3:139
وَلَا تَهِنُوا۟ وَلَا تَحْزَنُوا۟ وَأَنتُمُ ٱلْأَعْلَوْنَ إِن كُنتُم مُّؤْمِنِينَ
Wa-lā tahinū wa-lā taḥzanū wa-antumu l-aʿlawna in kuntum muʾminīn
Ne faiblissez pas et ne vous affligez pas — vous êtes les plus élevés, si vous êtes muʾminūn.
Notes lexicales. سُنَنٌ sunan — racine s-n-n : des voies/pratiques constantes, un cours régulier des événements — pluriel de sunna, ici appliqué à un ordre observable dans l'histoire, non à une prescription rituelle. بَيَانٌ bayān — racine b-y-n, forme nominale directe : une déclaration rendue manifeste. Troisième occurrence de cette racine dans la sourate (après yubayyinu S3:103 et bayyannā S3:118) — fil de la clarification continûment tissé à travers le bloc. ٱلْأَعْلَوْنَ al-aʿlawna — racine ʿ-l-w, comparatif : les plus élevés. Précision méthodologique : la règle de ce site qui proscrit de traduire al-Aʿlā par « Le Très-Haut » lorsqu'il s'agit d'Allaah, pour éviter toute connotation spatiale appliquée au Créateur, ne s'applique pas ici — ce verset qualifie les croyants eux-mêmes, non Allaah, et la connotation de préséance/prévalence est parfaitement appropriée dans ce contexte humain. Ce que le texte dit : la supériorité affirmée est conditionnée (« si vous êtes muʾminūn »), non acquise de façon inconditionnelle.
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Le sens de l'épreuve, le tamḥīṣ, la mort par permission d'Allaah · S3:140–145
S.3:140–141
إِن يَمْسَسْكُمْ قَرْحٌ فَقَدْ مَسَّ ٱلْقَوْمَ قَرْحٌ مِّثْلُهُۥ ۚ وَتِلْكَ ٱلْأَيَّامُ نُدَاوِلُهَا بَيْنَ ٱلنَّاسِ وَلِيَعْلَمَ ٱللَّهُ ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ وَيَتَّخِذَ مِنكُمْ شُهَدَآءَ ۗ وَٱللَّهُ لَا يُحِبُّ ٱلظَّـٰلِمِينَ وَلِيُمَحِّصَ ٱللَّهُ ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ وَيَمْحَقَ ٱلْكَـٰفِرِينَ
In yamsaskum qarḥun fa-qad massa l-qawma qarḥun mithluh — wa-tilka l-ayyāmu nudāwiluhā bayna l-nāsi wa-li-yaʿlama llāhu lladhīna āmanū wa-yattakhidha minkum shuhadāʾ — wa-llāhu lā yuḥibbu l-ẓālimīn — wa-li-yumaḥḥiṣa llāhu lladhīna āmanū wa-yamḥaqa l-kāfirīn
Si une blessure vous atteint, une blessure semblable a atteint l’autre camp — ces jours, Nous les faisons alterner parmi les gens, afin qu’Allaah distingue ceux qui ont cru, et qu’Il prenne parmi vous des témoins — Allaah n’aime pas les ẓālimūn. Et afin qu’Allaah trie ceux qui ont cru, et efface les kāfirūn.
Note de vigilance méthodologique — tamḥīṣ (S3:141) et shuhadāʾ (S3:140). يُمَحِّصَ yumaḥḥiṣa, racine م-ح-ص, est le verset-pivot du fil « Al-Tamḥīṣ » retenu comme hypothèse de titre pour cette sourate : trier, purifier par passage à l'épreuve, distinguer ce qui résiste de ce qui s'efface. Le verset l'associe explicitement à yaʿlama (qu'Allaah « sache/distingue ceux qui ont cru ») et l'oppose à yamḥaqa (effacer, faire disparaître, appliqué aux kāfirūn) — un contraste voulu entre ce qui subsiste et ce qui s'efface à l'épreuve. Quant à شُهَدَآءَ shuhadāʾ, la racine ش-ه-د couvre dans tout le Coran le sens de « témoin » (au sens de celui qui atteste) ; **non-dit** sur la question de savoir si ce verset, en contexte de combat, restreint ce sens à ceux dont la mort constitue elle-même l'attestation — une lecture intra-coranique complète supposerait de confronter cette occurrence à l'ensemble des emplois de la racine, travail qui dépasse ce bloc. Le terme est donc traduit ici par son sens de base, « témoins », sans ajout d'une catégorie technique non explicitée par le verset lui-même.
S.3:142–143
أَمْ حَسِبْتُمْ أَن تَدْخُلُوا۟ ٱلْجَنَّةَ وَلَمَّا يَعْلَمِ ٱللَّهُ ٱلَّذِينَ جَـٰهَدُوا۟ مِنكُمْ وَيَعْلَمَ ٱلصَّـٰبِرِينَ وَلَقَدْ كُنتُمْ تَمَنَّوْنَ ٱلْمَوْتَ مِن قَبْلِ أَن تَلْقَوْهُ فَقَدْ رَأَيْتُمُوهُ وَأَنتُمْ تَنظُرُونَ
Am ḥasibtum an tadkhulu l-jannata wa-lammā yaʿlami llāhu lladhīna jāhadū minkum wa-yaʿlama l-ṣābirīn — wa-la-qad kuntum tamannawna l-mawta min qabli an talqawhu fa-qad raʾaytumūhu wa-antum tanẓurūn
Ou avez-vous pensé entrer au jardin, alors qu’Allaah n’a pas encore distingué ceux qui, parmi vous, ont fourni l’effort, et distingué les ṣābirūn ? Vous souhaitiez certes la mort avant de la rencontrer — vous l’avez maintenant vue de vos propres yeux.
S.3:144
وَمَا مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِن قَبْلِهِ ٱلرُّسُلُ ۚ أَفَإِي۟ن مَّاتَ أَوْ قُتِلَ ٱنقَلَبْتُمْ عَلَىٰٓ أَعْقَـٰبِكُمْ ۚ وَمَن يَنقَلِبْ عَلَىٰ عَقِبَيْهِ فَلَن يَضُرَّ ٱللَّهَ شَيْـًٔا ۗ وَسَيَجْزِى ٱللَّهُ ٱلشَّـٰكِرِينَ
Wa-mā Muḥammadun illā rasūlun qad khalat min qablihi l-rusulu — a-fa-in māta aw qutila nqalabtum ʿalā aʿqābikum — wa-man yanqalib ʿalā ʿaqibayhi fa-lan yaḍurra llāha shayʾan — wa-sa-yajzī llāhu l-shākirīn
Muḥammad n’est qu’un rasūl — des rusul l’ont précédé. S’il venait à mourir ou à être tué, retourneriez-vous sur vos talons ? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allaah — et Allaah rétribuera les shākirūn.
S.3:145
وَمَا كَانَ لِنَفْسٍ أَن تَمُوتَ إِلَّا بِإِذْنِ ٱللَّهِ كِتَـٰبًا مُّؤَجَّلًا ۗ وَمَن يُرِدْ ثَوَابَ ٱلدُّنْيَا نُؤْتِهِۦ مِنْهَا وَمَن يُرِدْ ثَوَابَ ٱلْـَٔاخِرَةِ نُؤْتِهِۦ مِنْهَا ۚ وَسَنَجْزِى ٱلشَّـٰكِرِينَ
Wa-mā kāna li-nafsin an tamūta illā bi-idhni llāhi kitāban muʾajjalā — wa-man yurid thawāba l-dunyā nuʾtihi minhā wa-man yurid thawāba l-ākhirati nuʾtihi minhā — wa-sa-najzi l-shākirīn
Il n’appartient à aucune âme de mourir, si ce n’est par la permission d’Allaah, selon une prescription à terme fixé — quiconque veut la rétribution de ce monde, Nous la lui donnons ; quiconque veut la rétribution de l’ākhira, Nous la lui donnons — Nous rétribuerons les shākirūn.
Notes lexicales. مُحَمَّدٌ Muḥammad — voir l'étude dédiée Le Nabī Muḥammad dans le Coran pour un traitement complet des occurrences de ce nom. ٱنقَلَبْتُمْ ʿalā aʿqābikum inqalabtum — littéralement « retourner sur ses talons » : revenir en arrière, abandonner une position tenue. كِتَـٰبًا مُّؤَجَّلًا kitāban muʾajjalan — racine ʾ-j-l : un terme fixé, une échéance déterminée à l'avance. ثَوَاب thawāb — racine th-w-b : ce qui revient en retour, la rétribution. Ce que le texte dit : la mort d'un rasūl, y compris Muḥammad lui-même, ne constitue pas une atteinte à la validité du message ni un motif d'abandon ; la mort de toute nafs est soumise à un terme fixé, indépendant des circonstances du combat.
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L'exemple des ribbiyyūn · S3:146–148
S.3:146–148
وَكَأَيِّن مِّن نَّبِىٍّ قَـٰتَلَ مَعَهُۥ رِبِّيُّونَ كَثِيرٌ فَمَا وَهَنُوا۟ لِمَآ أَصَابَهُمْ فِى سَبِيلِ ٱللَّهِ وَمَا ضَعُفُوا۟ وَمَا ٱسْتَكَانُوا۟ ۗ وَٱللَّهُ يُحِبُّ ٱلصَّـٰبِرِينَ وَمَا كَانَ قَوْلَهُمْ إِلَّآ أَن قَالُوا۟ رَبَّنَا ٱغْفِرْ لَنَا ذُنُوبَنَا وَإِسْرَافَنَا فِىٓ أَمْرِنَا وَثَبِّتْ أَقْدَامَنَا وَٱنصُرْنَا عَلَى ٱلْقَوْمِ ٱلْكَـٰفِرِينَ فَـَٔاتَىٰهُمُ ٱللَّهُ ثَوَابَ ٱلدُّنْيَا وَحُسْنَ ثَوَابِ ٱلْـَٔاخِرَةِ ۗ وَٱللَّهُ يُحِبُّ ٱلْمُحْسِنِينَ
Wa-kaʾayyin min nabiyyin qātala maʿahu ribbiyyūna kathīrun fa-mā wahanū li-mā aṣābahum fī sabīli llāhi wa-mā ḍaʿufū wa-mā stakānū — wa-llāhu yuḥibbu l-ṣābirīn — wa-mā kāna qawlahum illā an qālū rabbanā ghfir lanā dhunūbanā wa-isrāfanā fī amrinā wa-thabbit aqdāmanā wa-nṣurnā ʿala l-qawmi l-kāfirīn — fa-ātāhumu llāhu thawāba l-dunyā wa-ḥusna thawābi l-ākhirati — wa-llāhu yuḥibbu l-muḥsinīn
Que de nabī ont combattu, accompagnés de nombreux ribbiyyūn, qui n’ont ni faibli devant ce qui les a atteints sur le chemin d’Allaah, ni fléchi, ni cédé — Allaah aime les ṣābirūn. Leur seule parole était : « Notre Seigneur, pardonne-nous nos fautes et notre excès dans notre affaire, affermis nos pas, et secours-nous contre les gens kāfirūn. » Allaah leur donna la rétribution de ce monde, et la belle rétribution de l’ākhira — Allaah aime les muḥsinūn.
Notes lexicales. رِبِّيُّونَ ribbiyyūn — racine r-b-b, même famille que rabbāniyyīn (S3:79) : lecture double possible — soit « multitudes nombreuses », soit « hommes attachés à leur Seigneur » — **non-dit** sur laquelle de ces deux nuances domine ici ; conservé translittéré. وَهَنُوا۟ / ضَعُفُوا۟ / ٱسْتَكَانُوا۟ wahanū / ḍaʿufū / stakānū — trois verbes proches en gradation (faiblir, s'affaiblir, se résigner par abattement) — accumulation rhétorique niant toute forme de reddition. إِسْرَاف isrāf — racine s-r-f : le débordement, l'excès au-delà de la mesure — déjà connu dans un autre contexte (dépense). Ce que le texte dit : l'invocation rapportée ne comporte aucune demande de victoire immédiate inconditionnelle, mais associe le pardon des fautes, l'affermissement et le secours dans un même mouvement.
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Barāʾa du bloc
Cette traduction est conduite selon la méthode islamducoran.fr. Elle n'est pas prescriptive. Elle est révisable à la lumière du texte. L'unique garant de la compréhension est Allaah.
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