Structure du Bloc V, dernier Bloc de la Sourate 21. Neuf ensembles. D’abord la clôture du développement sur les nabī : nul déni pour l’effort du muʾmin, et l’exclusion, pour une cité détruite, de tout retour (S21:94–95). Puis l’ouverture de Yaʾjūj et Maʾjūj depuis chaque hauteur, et l’approche de la promesse vraie qui fige de frayeur les regards de ceux qui ont mécru (S21:96–97). Puis les mushrikūn et ce qu’ils adorent en dehors d’Allaah, déclarés combustible de Jahannam (S21:98–99). Puis, en contraste direct, ceux pour qui al-ḥusnā a déjà précédé, tenus à l’écart, n’entendant pas même le bruissement du Feu, accueillis par les malāʾika (S21:100–103). Puis le Jour où le ciel sera enroulé comme un sijill, et la création recommencée comme une promesse qui engage Allaah Lui-même (S21:104). Puis ce qui fut consigné dans le Zabūr : la terre héritée par les ʿibād ṣāliḥūn (S21:105–106). Puis la déclaration centrale : le nabī envoyé seulement comme raḥma pour les mondes (S21:107). Puis la révélation de l’unicité, le détachement du nabī quant au moment de l’Heure, et la science exhaustive d’Allaah sur ce qui est dit ouvertement et ce qui est dissimulé (S21:108–111). Enfin la clôture de la sourate : l’invocation du nabī, « Mon Rabb, juge en toute vérité », et la dernière désignation d’Allaah dans cette sourate, al-Mustaʿān (S21:112).
Avertissement de méthode. Cette traduction procède par analyse linguistique pure — racines arabes, grammaire, dictionnaires classiques (Kitāb al-ʿAyn, Maqāyīs al-Lugha, Lisān al-ʿArab) — sans recours aux tafsīrs classiques ou modernes ni aux habits culturels déjà posés sur le texte. Deux cruxes lexicographiques et grammaticaux sont isolés dans ce Bloc (S21:95, la double négation ḥarām … lā yarjiʿūn ; S21:104, as-sijill) et nommés sans trancher. Avec ce Bloc, la Sourate 21 (Al-Anbiyāʾ, 112 versets) est intégralement traduite.
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.21:94 | Nul déni pour l’effort du muʾmin |
| S.21:95 | L’exclusion de tout retour pour une cité détruite |
| S.21:96 | Yaʾjūj et Maʾjūj ouverts, se précipitant depuis chaque hauteur |
| S.21:97 | La promesse vraie approchée — les regards figés de frayeur |
| S.21:98 | Vous et ce que vous adorez, combustible de Jahannam |
| S.21:99 | Si elles avaient été des ālihah, elles n’y seraient pas parvenues |
| S.21:100 | Un gémissement rauque, et rien d’autre entendu |
| S.21:101 | Ceux pour qui al-ḥusnā a déjà précédé, tenus à l’écart |
| S.21:102 | Pas même le bruissement du Feu — l’éternité du désir comblé |
| S.21:103 | La plus grande frayeur ne les afflige pas — l’accueil des malāʾika |
| S.21:104 | Le ciel enroulé comme le sijill — la création recommencée |
| S.21:105 | Le Zabūr : la terre héritée par les ʿibād ṣāliḥūn |
| S.21:106 | Une communication suffisante pour un peuple qui adore |
| S.21:107 | « Nous ne t’avons envoyé que comme raḥma pour les mondes » |
| S.21:108 | « Il m’est seulement révélé que votre ilāh est un ilāh unique » |
| S.21:109 | S’ils se détournent — averti à parts égales, ignorant du moment |
| S.21:110 | La science du discours ouvert et de ce qui est dissimulé |
| S.21:111 | Peut-être une épreuve, et une jouissance pour un temps |
| S.21:112 | « Mon Rabb, juge en toute vérité » — al-Mustaʿān |
Nul déni pour l’effort — l’exclusion de tout retour · S21:94–95
S.21:94 · Nul déni pour l’effort du muʾmin
- muʾmin
- conservé en translittération, comme depuis S2.
- kufrāna
- racine *k-f-r* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : le sens premier de cette racine est le fait de couvrir, de recouvrir entièrement une chose ; de là, appliqué à un bienfait reçu, *kufrān an-niʿma* désigne le fait de le recouvrir, de refuser de le reconnaître — le déni, l'absence de reconnaissance — distinct ici du sens le plus fréquent de la même racine (le *kufr*, la dénégation de la foi). **Dit** : le texte affirme qu'aucun effort accompli dans la droiture ne sera recouvert, c'est-à-dire laissé sans reconnaissance ni rétribution.
- saʿyihi
- racine *s-ʿ-y* : la marche résolue vers un but, l'effort engagé.
- kātibūn
- même racine *k-t-b* que *rusulanā yaktubūna* (S10:21) et *katabnā* (S21:105) : la consignation par écrit — ici appliquée directement à l'effort du *muʾmin*, sans qu'aucun intermédiaire ne soit nommé.
S.21:95 · L’exclusion de tout retour pour une cité détruite
Crux grammatical — S21:95, ḥarāmun ʿalā qaryatin ahlaknāhā annahum lā yarjiʿūn. La racine ḥ-r-m (Ibn Fāris, Maqāyīs al-Lugha) porte l’exclusion, l’impossibilité posée comme fermement arrêtée — non un interdit religieux au sens rituel ici, mais une impossibilité décrétée. Lecture A, la plus directement portée par la construction : il est exclu, pour une cité qu’Allaah a détruite, que ses habitants reviennent — soit à la vie d’ici-bas, soit au repentir ; la négation lā yarjiʿūn est alors prise à sa valeur pleine. Lecture B, rapportée par une partie des grammairiens arabes classiques comme une variante syntaxique possible (non un point de tafsīr) : la négation lā après ḥarām serait ici d’un type que certains grammairiens tiennent pour emphatique plutôt que proprement négateur, ce qui inverserait le sens en une affirmation — « il est arrêté, pour une cité détruite, qu’ils reviendront [devant Nous, au Jugement] », ce qui enchaînerait alors directement sur l’évocation de la Résurrection aux versets suivants. Ce Bloc nomme les deux lectures sans en écarter aucune, et ne tranche pas à partir de ce seul verset.
- qarya
- voir S21:74 (*al-qaryatu allatī kānat taʿmalu l-khabāʾith*) : la cité, l'agglomération humaine.
- lā yarjiʿūn
- voir le crux ci-dessus. **Non-dit** : ce seul verset ne précise ni la nature exacte de ce retour empêché, ni son destinataire (ce monde, ou le repentir) au-delà des deux lectures nommées.
Yaʾjūj et Maʾjūj, la promesse vraie approchée · S21:96–97
S.21:96 · Yaʾjūj et Maʾjūj ouverts, se précipitant depuis chaque hauteur
- futiḥat
- racine *f-t-ḥ* au passif, ici appliquée à l'ouverture du passage que le rempart de fer retenait jusque-là (voir Sourate 18 · Al-Kahf · Bloc IV, S18:94–98, où ce même rempart est édifié « entre les deux montagnes » contre Yaʾjūj et Maʾjūj). **Dit** : ce seul verbe, au passif, ne nomme pas explicitement le rempart comme sujet de l'ouverture, mais la continuité avec le récit de Dhū l-Qarnayn est directe.
- ḥadabin
- racine *ḥ-d-b* — Ibn Manẓūr (*Lisān al-ʿArab*) : ce qui est élevé et bombé du sol, une éminence, un tertre.
- yansilūn
- racine *n-s-l* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : sortir rapidement, se précipiter hors d'un lieu (le même verbe désigne, par ailleurs, l'éclosion rapide du jeune animal hors de l'œuf ou du sein maternel).
S.21:97 · La promesse vraie approchée — les regards figés de frayeur
- shākhiṣatun
- racine *sh-kh-ṣ* — Ibn Manẓūr : l'œil qui reste ouvert et fixe, sans ciller, sous l'effet de la frayeur ou de l'agonie.
- yā waylanā
- exclamation présente deux fois plus haut dans cette sourate (voir S21:14 et S21:46).
- ghaflatin
- voir S10:7–8 : l'inattention, l'absence de vigilance.
Les mushrikūn et ce qu’ils adorent, combustible de Jahannam · S21:98–99
S.21:98 · Vous et ce que vous adorez, combustible de Jahannam
Point de méthode — S21:98, le référent de « ce à quoi vous rendez un culte ». Dit : le texte déclare, de façon générale, que les mushrikūn et ce qu’ils adorent en dehors d’Allaah seront le combustible de Jahannam. Non-dit : ce seul verset ne restreint ni n’étend nommément ce « ce que vous adorez » à une catégorie précise (idoles de pierre, ou tout être qui aurait reçu un culte, y compris malgré lui). Ce Bloc ne tranche pas cette portée de façon autonome — mais relève, par pure cohérence interne au texte, que le développement qui suit immédiatement (S21:101–103) introduit, sans transition brusque, un groupe distinct — ceux pour qui al-ḥusnā a déjà précédé — explicitement tenu à l’écart de ce même Feu : la portée exacte de S21:98 se trouve ainsi elle-même bornée par la suite immédiate du texte, sans qu’aucune identité (humaine, angélique) n’ait à être importée pour établir cette limite.
- ḥaṣab
- racine *ḥ-ṣ-b* — Ibn Manẓūr : ce qui sert à alimenter un feu, le combustible qu'on y jette.
- wāridūn
- même racine *w-r-d* que *wāriduhā* (S19:71–72), où un crux complet est posé entre une lecture A (parvenir au bord, sans entrer) et une lecture B (entrer effectivement) ; voir l'étude Sortir du feu : garantie ou invention ?. **Précision propre à ce verset** : ici, le sujet de *wāridūn* (« vous », les *mushrikūn* eux-mêmes et ce qu'ils adorent, qualifiés l'instant d'avant de *ḥaṣab*, combustible littéralement jeté dans le feu) rend la lecture B (l'entrée effective) plus directement portée par le contexte immédiat que dans le cas général de S19:71 — sans que ce Bloc ne fonde pour autant, à partir de ce seul rapprochement, une réponse au crux plus large posé pour l'autre occurrence.
S.21:99 · Si elles avaient été des ālihah, elles n’y seraient pas parvenues
- ālihatan
- pluriel de *ilāh* (voir S21:59, même emploi) : conservé en translittération. Ce pluriel désigne nommément ce que les *mushrikūn* prennent pour *ilāh* en dehors d'Allaah, non Allaah.
Les deux issues opposées : le combustible, et ceux tenus à l’écart · S21:100–103
S.21:100 · Un gémissement rauque, et rien d’autre entendu
- zafīrun
- racine *z-f-r* — Ibn Manẓūr : l'inspiration pénible, le souffle rauque tiré du fond de la poitrine sous l'effet de la détresse ; à distinguer de *ḥasīs* (S21:102), le bruissement ténu que l'autre groupe ne perçoit, lui, à aucun moment.
- lā yasmaʿūn
- **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas l'objet de cette surdité — ce Bloc ne tranche pas s'il s'agit d'une absence de toute perception sonore extérieure, ou d'une fermeture à toute parole qui pourrait les soulager.
S.21:101 · Ceux pour qui al-ḥusnā a déjà précédé, tenus à l’écart
- al-ḥusnā
- voir S10:26 et S18:87–88 : la forme superlative substantivée de la racine *ḥ-s-n*, le meilleur. **Dit** : le texte ne nomme pas ici les bénéficiaires de ce groupe au-delà de cette désignation — aucune identité (humaine ou angélique) n'est précisée par ce seul verset.
- mubʿadūn
- racine *b-ʿ-d* : être tenu éloigné, mis à distance.
S.21:102 · Pas même le bruissement du Feu — l’éternité du désir comblé
- ḥasīsahā
- racine *ḥ-s-s* : le bruit le plus ténu, le frémissement à peine audible. Voir la note de contraste à S21:100.
S.21:103 · La plus grande frayeur ne les afflige pas — l’accueil des malāʾika
- al-fazaʿu l-akbaru
- racine *f-z-ʿ* : l'effroi soudain. **Non-dit** : ce seul verset ne détaille pas davantage la nature de cette frayeur majeure au-delà de son nom.
- tatalaqqāhumu l-malāʾikatu
- racine *l-q-y* : recevoir, aller à la rencontre de quelqu'un — ici ce sont les *malāʾika* qui accueillent ce groupe (voir, pour la même racine, S6:31).
Le ciel enroulé, la création recommencée · S21:104
S.21:104 · Le ciel enroulé comme le sijill — la création recommencée
Crux lexical — S21:104, ka-ṭayyi s-sijilli li-l-kutub. Ibn Manẓūr (Lisān al-ʿArab) rapporte, sans les départager, deux lectures anciennes du mot sijill : (1) un nom commun — un rouleau, un registre sur lequel on écrit, et que le scribe enroule une fois l’écriture terminée ; la comparaison porterait alors sur le geste même d’enrouler un tel rouleau sur ses écrits (li-l-kutub) ; (2) un nom propre — celui d’un scribe particulier auprès du nabī, auquel cas la comparaison porterait sur la façon dont ce scribe enroulait ce qu’il consignait. Ce Bloc retient la première lecture, la plus directement portée par la construction grammaticale (ka-ṭayyi + génitif, « comme l’enroulement de X »), sans écarter la seconde, rapportée par les lexicographes eux-mêmes.
- naṭwi
- racine *ṭ-w-y* : plier, enrouler sur soi-même.
- kamā badaʾnā awwala khalqin nuʿīduhu
- voir S10:34 (*yabdaʾu l-khalqa thumma yuʿīduhu*) : la symétrie entre la première création et la seconde (la résurrection), posée comme preuve rhétorique récurrente.
- waʿdan ʿalaynā
- même construction que *waʿdan ʿalayhi ḥaqqan* (S9:111) — une promesse qu'Allaah pose comme Lui engageant Lui-même (comme dans *kataba ʿalā nafsihi*), non une obligation qui Lui serait imposée de l'extérieur.
- kunnā fāʿilīn
- voir S21:79 (*wa-kunnā fāʿilīn*, à propos des montagnes et des oiseaux assujettis à Dāwūd).
Le Zabūr : la terre héritée · S21:105–106
S.21:105 · Le Zabūr : la terre héritée par les ʿibād ṣāliḥūn
- az-Zabūr
- conservé en translittération (voir S4:163 : *wa-ātaynā dāwūda zabūrā*) : racine *z-b-r*, écrire, consigner par écrit — désignant ce qui fut donné à Dāwūd.
- min baʿdi dh-dhikri
- **Non-dit** : ce seul verset ne précise pas l'identité exacte de ce *Dhikr* antérieur au *Zabūr* — ce Bloc n'importe aucune identification (Torah, ou tout autre écrit antérieur) au-delà du terme lui-même, pris au sens général de ce qui rappelle, ce qui est consigné pour mémoire.
- yarithuhā
- racine *w-r-th* (voir S19:6, S19:40, S19:63, S19:80).
S.21:106 · Une communication suffisante pour un peuple qui adore
- balāghan
- même racine *b-l-gh* que le *tablīgh*, la fonction de transmission du *nabī* (voir l'étude Le Nabī n'est pas législateur, à propos de S7:157) : ce qui parvient à son destinataire de façon suffisante, sans qu'il manque rien à sa transmission.
Une raḥma pour les mondes · S21:107
S.21:107 · « Nous ne t’avons envoyé que comme raḥma pour les mondes »
- raḥmatan
- *raḥma* conservée en translittération, comme depuis S1:1 (voir aussi S21:83–84 et S21:86). **Dit** : ce verset qualifie directement la mission du *nabī* lui-même — non Allaah — de *raḥma* pour les mondes ; il ne s'agit donc pas ici d'un adjectif appliqué à Allaah, mais d'une qualification de ce que représente, pour les mondes, l'envoi même de ce *nabī*.
- lil-ʿālamīn
- voir S1:2 et S21:91 (*āyatan lil-ʿālamīn*).
L’unicité révélée, le détachement du moment de l’Heure · S21:108–111
S.21:108 · « Il m’est seulement révélé que votre ilāh est un ilāh unique »
- innamā yūḥā ilayya
- formule quasi identique à S18:110 (*innamā anā basharun mithlukum yūḥā ilayya annamā ilāhukum ilāhun wāḥid*), reprise aussi en S41:6 : ici sans la précision « je ne suis qu'un être humain comme vous » qui l'accompagne ailleurs. **Dit** : ce qui distingue le *nabī* des autres humains est la révélation qu'il reçoit, non une nature différente — même principe qu'à S18:110.
- ilāhukum ilāhun wāḥidun
- voir S2:163 : *wa-ilāhukum ilāhun wāḥid — lā ilāha illā huwa*.
- muslimūn
- conservé en translittération (voir S2:128, S3:19, S3:52) : ceux qui se soumettent (racine *s-l-m*).
S.21:109 · S’ils se détournent — averti à parts égales, ignorant du moment
- ādhantukum ʿalā sawāʾin
- *ādhantu*, racine *ʾ-dh-n* au sens de proclamer, faire savoir (distinct de *idhn*, la permission, qu'on rencontre pour la *shafāʿa*). *ʿAlā sawāʾin* : voir S8:57–58 (l'exigence de dénoncer un pacte « sur un pied d'égalité », avant toute action) ; ici appliqué à l'annonce elle-même — un avertissement donné sans avantage d'information caché, à égalité entre celui qui avertit et ceux qui sont avertis.
- wa-in adrī a-qarībun am baʿīdun mā tūʿadūn
- **Dit** : le *nabī* déclare lui-même ignorer le moment de l'accomplissement de ce qui est promis — le texte ne lui attribue, à cet égard, aucune science qui le distinguerait des autres humains, en cohérence avec S21:108 sur la seule révélation reçue.
S.21:110 · La science du discours ouvert et de ce qui est dissimulé
- al-jahr … taktumūn
- couple voisin de *as-sirra wa-akhfā* (S20:7, où deux lectures du degré de dissimulation étaient nommées) : ici la distinction porte, plus simplement, sur ce qui est dit ouvertement et ce qui est tenu caché.
S.21:111 · Peut-être une épreuve, et une jouissance pour un temps
- fitnatun
- racine *f-t-n* — Ibn Fāris : le passage au feu qui révèle la pureté ou l'impureté d'un métal ; de là, l'épreuve qui révèle la nature de ce qu'elle éprouve. **Non-dit** : le *nabī* lui-même ne sait pas trancher, pour ce délai, entre les deux possibilités qu'il nomme.
- matāʿun
- même racine *m-t-ʿ* que *matāʿa l-ḥayāti d-dunyā* (S10:23) : la jouissance limitée, l'usage temporaire d'un bien qui ne dure pas.
Clôture de la sourate · S21:112
S.21:112 · « Mon Rabb, juge en toute vérité » — al-Mustaʿān
- qāla
- **Note de vérification.** Ce verset clôt la sourate par un déplacement grammatical : après une série d'impératifs adressés au *nabī* (*qul*, « dis », S21:108–109), le texte rapporte, par *qāla* (« il dit »), une parole que le *nabī* adresse lui-même à son Rabb — une invocation, non plus une proclamation aux hommes. Les éditions arabes comparées confirment, après normalisation complète, la même lecture *qāla* ; la forme visuellement proche *qul*, que pourrait suggérer par erreur un *alif* diacritique (*dagger alif*) mal normalisé, a été vérifiée et écartée.
- iḥkum bi-l-ḥaqqi
- racine *ḥ-k-m* (voir l'étude Le Nabī n'est pas législateur) : ici une invocation du *nabī* demandant à Allaah de trancher, en toute vérité (*bi-l-ḥaqq*, voir S10:4), entre lui et ceux qui le démentent.
- al-mustaʿānu
- racine *ʿ-w-n* (voir S1:5, *iyyāka nastaʿīn* : « c'est Toi dont nous implorons le secours »). *Al-Mustaʿān*, forme passive de la même racine, désigne, en clôture de cette sourate, ce dont le secours est imploré face à tout ce que les *mushrikūn* ont dit d'Allaah tout au long du texte — rejet du *walad*, prétentions diverses réfutées. Cette désignation n'est pas rendue par une construction en « Celui qui » : elle est portée ici par une relative introduite par « dont », qui ne présuppose aucun genre ni aucune figure personnifiée.
- taṣifūn
- racine *w-ṣ-f* : décrire, caractériser. **Dit** : le dernier mot de la sourate renvoie, en clôture, à l'ensemble des caractérisations fausses d'Allaah réfutées dans ce texte — le *walad*, le *shirk*, ce qui est pris en dehors de Lui.