Structure du Bloc V. Six ensembles. D’abord les plaies successives envoyées sur la maison de Firʿawn — années de disette, ṭūfān, sauterelles, qummal, grenouilles, sang — leur endurcissement malgré chaque signe, la demande réitérée d’intercession et le parjure répété, puis la noyade finale (S7:130–136). Puis l’héritage de la terre transmis à ceux qui étaient tenus pour faibles, la traversée de la mer, et la demande — adressée à Mūsā lui-même, aussitôt après ce salut — de leur fabriquer un ilāh à l’image des idoles d’un peuple rencontré en chemin (S7:137–141). Puis le rendez-vous des quarante nuits, le sommet de ce Bloc — la demande de Mūsā de voir Allaah et la réponse qui la suit (S7:142–145) — et les Tables données, exhortation et exposé détaillé. Puis une brève méditation sur ceux qui se détournent des āyāt par orgueil et sur le sort de qui dément la rencontre de l’Ultime (S7:146–147). Puis le grand épisode du veau d’or : le corps sans vie pris pour objet de culte, le retour en colère de Mūsā, la scène avec Hārūn, la prière commune, et la réaction de rejet (ghaḍab) suivie du pardon pour qui se repent (S7:148–153). Enfin les Tables reprises, le choix des soixante-dix hommes et le tremblement qui les saisit, la prière de Mūsā sur la mashīʾa, et la clôture sur une miséricorde qui embrasse toute chose (S7:154–156).
Avertissement de méthode — point majeur. S7:143, la demande de Mūsā : « Mon Rabb, montre-Toi à moi, que je Te contemple » (rabbi arinī anẓur ilayka), et la réponse : « Tu ne Me verras jamais » (lan tarānī), suivie de l’épreuve de la montagne et de la manifestation (tajallā) qui la réduit en poussière. Ce verset touche directement la question de la ruʾya (la vision d’Allaah) — un débat théologique majeur et ancien de la pensée islamique. Ce Bloc s’en tient strictement à ce que le texte affirme et à ce qu’il tait : il ne tranche ni la portée exacte de la négation lan (absolue et définitive en toute circonstance, ou restreinte au cadre précis de cette demande, dans cet état terrestre), ni la nature de la « manifestation » (tajallā) — dont le texte ne décrit que les effets externes (sur la montagne, sur Mūsā), jamais une forme. Voir le callout dédié, très développé, à l’endroit même de ce verset. Trois points secondaires, non théologiques, sont également signalés dans ce Bloc : le sens idiomatique de suqiṭa fī aydīhim (S7:149, « ils furent pris de profonds regrets », une expression figée à ne pas rendre au mot à mot) ; une observation lexicographique sur nuskha (S7:154, la transcription des Tables reprises, sans que ce verset ne précise si les Tables jetées furent brisées) ; et un rapprochement étymologique classique, purement linguistique, entre hudnā ilayka (S7:156, « nous voici revenus à Toi ») et le nom al-Yahūd, rapporté par les lexicographes anciens eux-mêmes.
Sommaire du bloc
| Réf. | Titre thématique |
|---|---|
| S.7:130 | Les années de disette et la diminution des récoltes |
| S.7:131 | Le bien qu’ils s’attribuent, le mal qu’ils imputent à Mūsā en présage |
| S.7:132 | « Quel que soit le signe, nous ne croirons pas » |
| S.7:133 | Les cinq signes détaillés — ṭūfān, sauterelles, qummal, grenouilles, sang |
| S.7:134 | La demande d’intercession conditionnée à la foi |
| S.7:135 | Le fléau écarté, le parjure aussitôt |
| S.7:136 | La rétribution, la noyade dans la mer |
| S.7:137 | L’héritage de la terre transmis aux tenus-pour-faibles |
| S.7:138 | La traversée de la mer — la demande d’un ilāh comme les idolâtres |
| S.7:139 | Ce en quoi ils se trouvent est voué à l’anéantissement |
| S.7:140 | « Chercherais-je pour vous un ilāh autre qu’Allaah ? » |
| S.7:141 | Le rappel du salut hors de la maison de Firʿawn |
| S.7:142 | Les quarante nuits — Hārūn établi en succession |
| S.7:143 | La demande de voir Allaah, l’épreuve de la montagne — verset pivot |
| S.7:144 | L’élection de Mūsā par les messages et par la parole |
| S.7:145 | Les Tables — exhortation et exposé détaillé |
| S.7:146 | Ceux qui s’enflent d’orgueil détournés des āyāt |
| S.7:147 | Le sort de qui dément la rencontre de l’Ultime |
| S.7:148 | Le veau — un corps sans vie pris pour objet de culte |
| S.7:149 | Le profond regret, la reconnaissance de l’égarement |
| S.7:150 | Le retour de Mūsā en colère — la scène avec Hārūn |
| S.7:151 | La prière commune pour le pardon et la miséricorde |
| S.7:152 | La réaction de rejet promise à qui a pris le veau |
| S.7:153 | Le pardon pour qui se repent après le mal commis |
| S.7:154 | Les Tables reprises, guidance et miséricorde dans leur transcription |
| S.7:155 | Les soixante-dix choisis, le tremblement, la prière sur la fitna |
| S.7:156 | Le bien inscrit ici-bas et dans l’Ultime — la miséricorde qui embrasse tout |
Les plaies d’Égypte, l’endurcissement et le parjure · S7:130–136
S.7:130 · Les années de disette et la diminution des récoltes
- bi-s-sinīn
- racine *s-n-w/y* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) et *Lisān al-ʿArab* : le mot *sana* (année) est attesté, dans l'usage ancien de la langue, avec un sens spécialisé — une année de disette, de sécheresse — distinct du simple compte calendaire. Le texte emploie ce sens idiomatique plutôt que « années » au sens neutre, confirmé par le complément qui suit (*naqṣ mina th-thamarāt*, la diminution des récoltes).
- āla firʿawn
- racine *ʾ-w-l* : la maison, l'entourage proche, ceux qui se rattachent à quelqu'un — le terme désigne l'appareil de pouvoir de Firʿawn, non sa seule personne (voir aussi S7:141, ce Bloc).
S.7:131 · Le bien qu’ils s’attribuent, le mal qu’ils imputent à Mūsā en présage
- yaṭṭayyarū bi-mūsā … ṭāʾiruhum
- racine *ṭ-y-r* (l'oiseau) — *Lisān al-ʿArab* : usage étendu, attesté avant l'islam, de l'observation du vol des oiseaux (pratique divinatoire) au sens dérivé de « présage, sort attaché à un événement ». Le verbe à la forme V (*yaṭṭayyaru*, chercher un mauvais présage) et le substantif *ṭāʾir* (littéralement « l'oiseau », ici « le sort ») portent cette même extension de sens. Dit : le texte réfute explicitement que ce sort dépende de Mūsā, en l'attribuant uniquement à Allaah — sans développer davantage la notion elle-même de *ṭāʾir* au-delà de cette réfutation.
S.7:132 · « Quel que soit le signe, nous ne croirons pas »
- li-tasḥaranā
- même racine *s-ḥ-r* que dans l'épisode des magiciens de Firʿawn (S7:109–120, Bloc IV) — ici anticipée, dans la bouche du même peuple, à propos de tout signe futur.
S.7:133 · Les cinq signes détaillés — ṭūfān, sauterelles, qummal, grenouilles, sang
- aṭ-ṭūfān
- racine *ṭ-w-f* (tourner autour, envelopper entièrement) — conservé en translittération : les lexicographes classiques ne s'accordent pas totalement sur la nature exacte de ce fléau dans ce contexte précis (pluie torrentielle et inondation, ou plus largement tout ce qui submerge et enveloppe sans être nécessairement de nature aqueuse) — ambiguïté signalée sans être tranchée.
- al-qummal
- *Lisān al-ʿArab* rapporte plusieurs identifications distinctes pour ce terme (poux, tiques, ou une variété de sauterelles sans ailes) — ambiguïté lexicographique classique, également signalée sans être tranchée ; conservé en translittération.
- āyātin mufaṣṣalātin
- racine *f-ṣ-l* (voir S6:97–98, Bloc V de la Sourate 6, et l'étude Le Nabī n'est pas législateur, sur S6:114) : des signes donnés distinctement les uns des autres, non fondus en un événement unique.
S.7:134 · La demande d’intercession conditionnée à la foi
- ar-rijz
- racine *r-j-z* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : le tourment répugnant, la souillure qui frappe. Le mot revient à l'identique au verset suivant (S7:135, ce Bloc).
- bi-mā ʿahida ʿindaka
- même racine *ʿ-h-d* que *ʿahd* en S7:102 (Bloc IV, même sourate : « Nous n'avons trouvé, chez la plupart d'entre eux, aucun engagement tenu ») — ici, à l'inverse, un engagement que le peuple de Firʿawn invoque lui-même comme fondement de sa demande.
S.7:135 · Le fléau écarté, le parjure aussitôt
- yankuthūn
- racine *n-k-th* — *Lisān al-ʿArab* : défaire un lien qu'on avait soi-même noué ; d'où le sens dérivé, rompre un engagement formellement pris.
- ajalin hum bālighūhu
- même racine *ʾ-j-l* qu'en S2:282. Non-dit : ce seul verset ne précise pas la durée ni la nature de ce terme.
S.7:136 · La rétribution, la noyade dans la mer
- intaqamnā
- même racine *n-q-m* que *tanqimu* en S7:126 (Bloc IV, même sourate : « Tu ne nous reproches rien d'autre que d'avoir cru ») — ici appliquée à Allaah, non comme reproche mais comme rétribution effective d'un rejet répété.
- al-yamm
- racine *y-m-m* : terme spécifique pour l'étendue d'eau profonde, distinct de *al-baḥr* (la mer, terme plus général, employé au verset S7:138, ce Bloc, pour le même épisode).
L’héritage de la terre, la traversée de la mer, la demande d’un ilāh · S7:137–141
S.7:137 · L’héritage de la terre transmis aux tenus-pour-faibles
- yustaḍʿafūna … awrathnā
- *yustaḍʿafūna* : même racine *ḍ-ʿ-f* que *istuḍʿifa* (S7:75, Bloc III, même sourate). *Awrathnā* : racine *w-r-th* (voir S7:100 et S7:128, Bloc IV, où le thème de l'héritage de la terre structure le Bloc en anneau) — thème repris ici, un cran plus tôt dans la chronologie narrative.
- kalimatu rabbika l-ḥusnā
- racine *k-l-m* — ici au sens de « parole/décret » (un engagement tenu), à distinguer du verbe *kallama* (« adresser la parole directement », S7:143, ce Bloc) que ce même Bloc rencontre plus loin : deux emplois distincts d'une même racine, l'un désignant une promesse accomplie dans l'histoire, l'autre un acte de parole adressée en personne.
- yaʿrishūn
- racine *ʿ-r-sh* (bâtir, élever une construction) — même racine que *ʿArsh* (S7:54, Bloc II, même sourate), mais ici employée à sa forme verbale ordinaire, sans rapport avec ce terme : le texte décrit simplement les édifices que Firʿawn et son peuple élevaient.
S.7:138 · La traversée de la mer — la demande d’un ilāh comme les idolâtres
- yaʿkufūna ʿalā aṣnāmin
- racine *ʿ-k-f* : s'attacher avec constance à une chose, y demeurer fixé. *Aṣnām* : idoles taillées, terme générique pour l'objet de culte fabriqué.
- ijʿal lanā ilāhan kamā lahum ālihatun
- *ilāh*/*ālihah* : conservé en translittération lorsqu'il désigne un objet de culte distinct d'Allaah (voir *lā ilāha illā huwa*, S6:102 et S6:106, Bloc V de la Sourate 6). Dit : cette demande, venant d'un peuple qui vient d'être sauvé par Allaah (S7:137, ce Bloc), est immédiatement rejetée par Mūsā comme relevant de l'ignorance (*jahl*), sans que le texte ne développe ici davantage les motifs de cette demande.
S.7:139 · Ce en quoi ils se trouvent est voué à l’anéantissement
- mutabbarun
- racine *t-b-r* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : briser, réduire à rien, anéantir totalement.
- bāṭilun
- même racine *b-ṭ-l* que *baṭala mā kānū yaʿmalūn* (S7:118, Bloc IV, même sourate, pour l'œuvre défaite des magiciens) — ici appliquée à l'œuvre des idolâtres eux-mêmes.
S.7:140 · « Chercherais-je pour vous un ilāh autre qu’Allaah ? »
- faḍḍalakum ʿalā l-ʿālamīn
- même racine *f-ḍ-l* qu'en S2:253 (Bloc X de la Sourate 2 : « *faḍḍalnā baʿḍahum ʿalā baʿḍ* », à propos des *rusul*) — ici appliquée collectivement aux Banū Isrāʾīl.
S.7:141 · Le rappel du salut hors de la maison de Firʿawn
- yasūmūnakum sūʾa l-ʿadhāb
- formule quasi identique à S2:49, dans le même rappel adressé aux Banū Isrāʾīl.
- balāʾun … ʿaẓīm
- racine *b-l-w* : mettre à l'épreuve — à distinguer de *fitna* (S7:155, ce Bloc, racine *f-t-n*), qui porte plus spécifiquement un risque de dévoiement dans l'épreuve elle-même ; *balāʾ* désigne ici l'épreuve traversée en tant que telle.
Les quarante nuits, la demande de voir Allaah, les Tables · S7:142–145
S.7:142 · Les quarante nuits — Hārūn établi en succession
- thalāthīna laylatan … arbaʿīna laylatan
- Cohérence intra-coranique : voir S2:51 (« *wa-idh wāʿadnā mūsā arbaʿīna laylatan* », le même rendez-vous de quarante nuits). Ce verset-ci détaille ce que S2:51 mentionne d'un seul chiffre : trente nuits complétées par dix — un complément d'information, non une divergence.
- mīqāt
- racine *w-q-t* : le moment fixé avec précision. Revient à l'identique en S7:143 et S7:155, ce Bloc.
- al-mufsidīn
- voir l'étude Le fasād et les mufsidūn dans le Coran (S5:33), et S7:103 (Bloc IV).
S.7:143 · La demande de voir Allaah, l’épreuve de la montagne — verset pivot
Verset pivot — S7:143, point majeur. Ce verset porte, de façon plus directe qu’aucun autre, sur la question de la ruʾya (la vision d’Allaah) — l’un des débats théologiques les plus anciens et les plus disputés de la pensée islamique. Ce Bloc s’en tient à la méthode appliquée aux autres versets pivots (yad Allaah S5:64 ; lā tudrikuhu l-abṣār S6:103 ; istawā ʿalā l-ʿarsh S7:54) : rapporter ce que le texte affirme et ce qu’il tait, sans importer de synthèse doctrinale postérieure. Dit : Mūsā formule une demande explicite (arinī, « montre-Toi à moi », littéralement « fais-moi voir ») ; la réponse pose une négation catégorique au futur (lan tarānī) suivie d’une épreuve conditionnelle portant sur la montagne ; la manifestation (tajallā, racine j-l-w, rendre manifeste/dévoiler) produit un effet décrit sur deux objets précis — la montagne, réduite en un état nivelé (dakkan) ; Mūsā, qui tombe foudroyé (ṣaʿiqan). Non-dit, de première importance : (1) la portée exacte de la négation lan — ce seul verset ne précise pas si elle est absolue et vaut en toute circonstance (y compris dans l’Ultime), ou si elle est restreinte au cadre précis de cette demande, dans cet état terrestre ; la limitation « en cette vie » que la tradition exégétique majoritaire lui adjoint s’appuie sur d’autres versets et sur des rapports prophétiques, non sur la seule grammaire de ce texte pris isolément — ce Bloc ne tranche donc pas ce point, qui reste un débat théologique ancien et non résolu par ce seul verset. (2) La nature de la « manifestation » (tajallā) : le texte, comme pour kallamahu (S7:143 lui-même, et S4:164 / S2:253 sur kallama llāhu mūsā taklīmā), affirme la réalité de l’acte sans en décrire la modalité — aucune forme, aucune image sensorielle n’est donnée à lire ; seuls des effets externes sont rapportés. (3) L’objet exact du repentir de Mūsā (tubtu ilayka) : ce seul verset ne précise pas s’il se repent d’avoir formulé cette demande, ou si cette formule constitue simplement une déclaration de soumission bouleversée à la suite d’un événement d’une intensité extrême — les deux lectures sont attestées chez les commentateurs classiques, et ce Bloc ne tranche pas entre elles.
- wa-kallamahu rabbuhu
- même racine *k-l-m* qu'en S4:164 (Bloc X de la Sourate 4 : « *wa-kallama llāhu mūsā taklīmā* », « Allaah a parlé à Mūsā d'une parole directe ») et en S2:253 (Bloc X de la Sourate 2 : « *minhum man kallama llāh* »). Ce Bloc reprend le même traitement : le texte affirme la réalité de cette parole directe, sans en préciser ici la modalité.
- arinī anẓur ilayka
- *arinī*, forme causative (« fais-moi voir ») de la racine *r-ʾ-y* ; *anẓur ilayka*, de la racine *n-ẓ-r* (regarder, porter le regard vers, plus proche de la contemplation attentive que de la simple perception visuelle *baṣar*, distinguée en S6:103–104). Dit : la demande de Mūsā est rapportée explicitement, sans qu'aucune réserve ne soit exprimée par le texte sur sa légitimité en tant que demande.
- lan tarānī
- *lan* : particule de négation portant sur le futur, d'une force catégorique reconnue par l'ensemble des grammairiens classiques — mais dont la portée temporelle au-delà du futur immédiat (négation ponctuelle d'un futur donné, ou négation perpétuelle) n'est pas fixée par la particule elle-même indépendamment du contexte. Voir le callout dédié ci-dessus.
- tajallā rabbuhu li-l-jabali
- racine *j-l-w* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : rendre clair, dévoiler ce qui était caché. À la différence de *yad*/*wajh* (des substantifs), il s'agit ici d'un verbe décrivant un acte. Voir le callout dédié ci-dessus sur ce que ce verbe affirme et ce qu'il tait.
- dakkan
- racine *d-k-k* : aplanir entièrement, réduire une élévation à un état nivelé, pulvérisé. L'effet décrit porte exclusivement sur la montagne, non sur Mūsā.
- ṣaʿiqan … afāqa
- racine *ṣ-ʿ-q* (être frappé, perdre conscience sous un choc violent) et racine *f-w-q* (reprendre ses esprits). Dit : le texte rapporte un évanouissement de Mūsā consécutif à la manifestation, sans préciser sa cause exacte (la vue d'un effet, ou un autre mécanisme).
- subḥānaka … awwalu l-muʾminīn
- *subḥānaka* : voir S4:171 (Bloc X de la Sourate 4 : « *subḥānahu* »). *Awwalu l-muʾminīn* : crux non tranché, de même nature que celui relevé pour *awwalu l-muslimīn* (S6:163, Bloc VII de la Sourate 6) — ce seul verset ne précise pas si « premier » vaut absolument, ou parmi le peuple de Mūsā présent à cet instant.
S.7:144 · L’élection de Mūsā par les messages et par la parole
- iṣṭafaytuka
- racine *ṣ-f-w* : choisir en écartant tout ce qui n'est pas pur, élire.
- bi-kalāmī
- même racine *k-l-m* que *kallamahu* (S7:143, ce Bloc) : ce verset referme, par ce substantif, le thème ouvert au verset précédent — la parole directe adressée à Mūsā y est nommément rappelée comme fondement de son élection, aux côtés des *risālāt* (les messages confiés).
S.7:145 · Les Tables — exhortation et exposé détaillé
- al-alwāḥ
- racine *l-w-ḥ* : la planche, la tablette. Revient en S7:150 et S7:154, ce Bloc.
- katabnā … bi-quwwatin
- même racine *k-t-b* qu'en S6:12 et S6:54 (Blocs I et III de la Sourate 6 : « *kataba ʿalā nafsihi* »).
Ceux qui se détournent des āyāt, l’échec de qui ment sur l’Ultime · S7:146–147
S.7:146 · Ceux qui s’enflent d’orgueil détournés des āyāt
- sa-aṣrifu
- même racine *ṣ-r-f* qu'en S6:46 et S6:105 (Blocs III et V de la Sourate 6).
- sabīl ar-rushd … sabīl al-ghayy
- *rushd*, racine *r-sh-d* : la droiture de jugement, la maturité. *Ghayy*, même racine que *aghwaytanī* (S7:16, Bloc I, même sourate, la parole d'Iblīs imputant à Allaah la cause de son propre égarement) — ici, à l'inverse, un chemin que des humains choisissent eux-mêmes en toute connaissance de cause, sans qu'aucune imputation à Allaah ne soit en jeu dans ce verset.
S.7:147 · Le sort de qui dément la rencontre de l’Ultime
- liqāʾ al-ākhira
- même racine *l-q-y* que la distinction posée en S7:51 (Bloc II, même sourate) entre *liqāʾu llāh* (S6:31, Bloc II de la Sourate 6, la rencontre d'Allaah Lui-même) et *liqāʾa yawmihim* (la rencontre de leur Jour) — troisième variante de cette même racine, portant ici sur la rencontre de l'Ultime lui-même ; les trois emplois restent distincts.
- ḥabiṭat aʿmāluhum
- voir S2:217 et S3:22.
Le veau d’or, la colère de Mūsā, le repentir · S7:148–153
S.7:148 · Le veau — un corps sans vie pris pour objet de culte
- jasadan lahu khuwārun
- *jasad*, racine *j-s-d* : un corps constitué, une forme matérielle — sans la vie ni le souffle propre qu'implique *nafs* ou *rūḥ*. *Khuwār* : le meuglement.
- lā yukallimuhum
- même racine *k-l-m* que *kallamahu rabbuhu* et *bi-kalāmī* (S7:143–144, ce Bloc). Contraste voulu par le texte lui-même : la question rhétorique souligne précisément ce que ce corps sans vie ne peut pas faire — parler — à l'endroit même où le Bloc vient d'établir, quelques versets plus haut, la réalité de la parole directement adressée à Mūsā. Le texte oppose ainsi, par la construction même de son récit, la vraie parole reçue et le silence de l'objet adoré.
S.7:149 · Le profond regret, la reconnaissance de l’égarement
- suqiṭa fī aydīhim
- idiome figé attesté par *Lisān al-ʿArab* et Ibn Fāris — littéralement « il tomba dans leurs mains », au passif : décrit l'état de qui, réalisant soudainement une faute commise, se retrouve saisi d'un remords sans recours possible. Ce Bloc rend le sens de l'idiome, dans la structure du français, plutôt qu'une image qui n'aurait aucune portée en français.
- al-khāsirīn
- voir S4:119, S6:31 et S6:140.
S.7:150 · Le retour de Mūsā en colère — la scène avec Hārūn
- ghaḍbāna asifan
- Précision : le *ghaḍab* (colère) est ici appliqué à Mūsā lui-même, un être humain ; pour son emploi à propos d'Allaah, voir S7:152 (ce Bloc) et S1:7. *Asif*, racine *ʾ-s-f* : le regret douloureux, ici combiné à *ghaḍab* pour composer deux registres émotionnels distincts chez Mūsā.
- ibna umma
- vocatif figé attesté en arabe classique (« ô fils de ma mère »), forme abrégée par rapport à la forme pleine *ibn ummī* — un appel pressant à la proximité fraternelle, par lequel Hārūn cherche à désamorcer la colère de Mūsā.
- tushmit
- racine *sh-m-t* : la joie malveillante devant le malheur d'autrui.
- wa-alqa l-alwāḥa
- Non-dit : ce verset rapporte que Mūsā jeta les Tables, sans préciser si ce geste les brisa — voir la note posée en S7:154, ce Bloc, sur *nuskhatihā*.
S.7:151 · La prière commune pour le pardon et la miséricorde
S.7:152 · La réaction de rejet promise à qui a pris le veau
- ghaḍabun min rabbihim
- racine *gh-ḍ-b* : lorsqu'il s'agit d'Allaah, le *ghaḍab* est rendu par « une réaction de rejet, un retrait de la faveur », sans projeter sur Allaah une colère de type humain (voir S1:7, et le même traitement en S5:60, S5:64 et S5:80).
- dhillatun
- racine *dh-l-l* : l'avilissement, l'état de ce qui est rabaissé.
- al-muftarīn
- même racine *f-r-y* que *iftarā ʿala llāhi kadhiban* (S6:21 et S6:144).
S.7:153 · Le pardon pour qui se repent après le mal commis
Les Tables reprises, les soixante-dix, la miséricorde qui embrasse tout · S7:154–156
S.7:154 · Les Tables reprises, guidance et miséricorde dans leur transcription
- sakata ʿan mūsa l-ghaḍabu
- image de l'apaisement : la colère elle-même est ici le sujet grammatical de « se taire » — un idiome que ce Bloc rend de façon rapprochée, sans le forcer davantage.
- nuskhatihā
- racine *n-s-kh* (voir l'étude النَّسْخ — (L'abrogation) Le Naskh : Ibn Manẓūr, « *nasakhtu l-kitāba* : j'ai transcrit le livre »). Note de linguistique pure : le substantif *nuskha* désigne ici le contenu inscrit/transcrit sur les Tables reprises par Mūsā, non un second exemplaire distinct des premières. Non-dit : ce verset ne précise pas si les Tables jetées en S7:150 (ce Bloc) furent brisées par ce geste — le texte se limite à dire que Mūsā « les reprit » (*akhadha l-alwāḥa*), sans détailler cet état intermédiaire ; ce Bloc n'importe aucune des deux lectures possibles (Tables intactes reprises telles quelles, ou Tables brisées puis retranscrites) au-delà de ce que le texte affirme.
- yarhabūn
- même racine *r-h-b* que *ruhbān* (S5:82) et *istarhabūhum* (S7:116, Bloc IV, même sourate) — ici dans un registre distinct : la crainte révérencielle tournée vers le Rabb, non le monachisme ni l'intimidation.
S.7:155 · Les soixante-dix choisis, le tremblement, la prière sur la fitna
- ar-rajfatu
- racine *r-j-f* : le tremblement violent, l'ébranlement.
- as-sufahāʾ
- racine *s-f-h* : l'inconséquence, la légèreté de jugement qui conduit à l'erreur.
- in hiya illā fitnatuka … tuḍillu … tahdī
- *fitna*, racine *f-t-n* : l'épreuve qui comporte un risque de dévoiement — à distinguer de *balāʾ* (S7:141, ce Bloc), l'épreuve traversée en tant que telle. Non-tranché : la construction *tuḍillu bihā man tashāʾu wa-tahdī man tashāʾu* reprend la structure conditionnelle de S6:35, S6:39 et S6:107 (Blocs II–III de la Sourate 6), laissée non tranchée quant au rapport entre la *mashīʾa* d'Allaah et la responsabilité humaine — ce Bloc s'en tient, ici comme là-bas, à ce que ce seul verset affirme.
- anta waliyyunā
- même racine *w-l-y* qu'en S6:127 et S6:129 (Bloc VI de la Sourate 6), et dans la série qui commence en S3:28.
S.7:156 · Le bien inscrit ici-bas et dans l’Ultime — la miséricorde qui embrasse tout
- hudnā ilayka
- racine *h-w-d* — Ibn Fāris (*Maqāyīs al-Lugha*) : le sens premier est le retour, le mouvement de repli vers un point d'origine ; d'où le verbe *hāda*, revenir en repentir. Note de linguistique pure, sans jugement ajouté : *Lisān al-ʿArab* rattache à cette même racine le nom *al-Yahūd*, par un rapport étymologique que les lexicographes classiques associent précisément à ce type de tournure — le « retour » ici même annoncé par les Banū Isrāʾīl à leur Rabb. Ce Bloc rapporte ce rapprochement lexicographique tel qu'attesté, sans en tirer de conséquence au-delà de la remarque purement linguistique.
- raḥmatī wasiʿat kulla shayʾin
- même racine *w-s-ʿ* qu'en S2:255 (Bloc XI de la Sourate 2 : « *wasiʿa kursiyyuhu s-samāwāti wa-l-arḍ* ») — un verbe qui pose une portée totale sans installer d'image spatiale ou de contenant.
- yattaqūn … az-zakāt
- termes conservés en translittération (voir l'étude La simplicité de la Zakāt — Az-Zakāt الزَّكَاة).